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Publié le 29 Septembre 2017

FLEURS D'EPOUVANTE de Lewis Mallory

Peu d’informations sont disponibles sur Lewis Mallory qui a publié trois romans chez Gore : LES PORTES DE L’EFFROI, CAUCHEMAR QUI TUE et ce FLEURS D’EPOUVANTE. Apparemment, il n’a rien écrit d’autre, étant venu et aussitôt réparti dans le petit monde de l’horreur sanglante. FLEURS D’EPOUVANTE appartient donc à cette vague du pulp horrifique anglais très vivace au début des années ’80. Plus porté sur le climat d’angoisse et l’atmosphère pesante que sur les scènes sanglantes et sexuelles ayant assurés la réputation de la collection « Gore », le bouquin comporte néanmoins une poignée de passages brutaux et se permet de martyriser des enfants, fait rare y compris dans le domaine de l’horreur transgressive.

Divertissant, FLEURS D’EPOUVANTE développe une intrigue intéressante, très série B dans l’esprit, et rappelle à la fois le film « La petite boutique des horreurs » et le cinéma catastrophe des années ’70 à base de révolte de la nature courroucée à la manière de DAY OF THE ANIMALS ou PROPHECY.

Le domaine de Kelsted Hall sert aux expériences d’un scientifique, le fou et génial professeur Durrant, qui crée des fleurs carnivores géantes. A sa mort, la propriété passe aux mains de ses héritiers, lesquels s’y installent et découvrent la vérité sur l’étrange nurserie. Nous suivons aussi la découverte progressive du secret de Kelsted Hall par une jeune femme qui y engagée, Belinda. Entre les nurses errant dans les couloirs, les nourrissons élevés pour des motifs inavouables l’horreur se dévoile peu à peu.

Tout cela avance sur un rythme posé (on peut dire lent mais ce serait trop péjoratif pour une œuvre misant surtout sur l’atmosphère d’angoisse) et de manière plutôt linéaire. Si les révélations se montrent assez attendues on prend néanmoins plaisir à suivre les péripéties de ce petit roman qui, tradition oblige, se termine de manière très ouverte en laissant supposer que le pire reste à venir.

L’œuvre étant courte (160 pages dans sa version originale anglaise), on peut supposer qu’elle n’a aucunement souffert de la traduction.

Pas grand-chose d’autres à ajouter sur ces FLEURS D’EPOUVANTE sympathique qui démontrent une fois de plus que la Collection Gore ne se limitait pas à des romans alignant à un rythme métronomique les scènes chaudes et sanglantes mais savait aussi proposer des bouquins d’épouvante plus classique et plus « noble ». A redécouvrir, le tout donne d’ailleurs envie de se pencher sur les deux autres livres de Lewis Mallory édité par le Fleuve.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Fantastique, #Horreur, #Gore

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Publié le 23 Août 2017

L’HORREUR AUX MILLES VISAGES de Bill Garnett

Publié chez Gore, L’HORREUR AUX MILLES VISAGES est un roman efficace qui intéressera davantage les lecteurs friands d’une intrigue solide que les inconditionnels de la boucherie littéraire.

Peter Stone, le manager d’une agence de voyage en plein essor, aime engager des secrétaires ne craignant pas les heures supplémentaires, de préférence à l’horizontale. Il porte ainsi son dévolu sur la trop jolie Roszina Janosi avec laquelle il entame une liaison torride. Hélas, Peter se lasse et, décidé à reprendre son couple en main, annonce à la demoiselle qu’il met un terme à leur idylle. Pour se venger, Rosznisa absorbe une grande quantité de médicaments et lui adresse une lettre expliquant les raisons de son geste. Ce coup de bluff se termine mal puisque la jeune femme décède. Sa mère, Magda, a connu pour sa part son lot de souffrances sous la botte des Nazis puis des Communistes. Lorsque meurt Rosznisa, sa dernière joie dans l’existence disparait. Magda entame alors un rituel afin d’évoquer une « chose » sanguinaire qu’elle lance aux trousses de Peter.

Sympathique roman gore au rythme enlevé (sans doute involontairement aidé par une traduction qui sacrifie une cinquantaine de pages sur les 215), L’HORREUR AUX MILLES VISAGES se montre fort plaisant à suivre. Au passage, le titre ne craint pas l’hyperbole puisque le monstre en question se limitera à une dizaine de visages, la « chose » changeant de forme au fur et à mesure du récit. Dès lors, le « héros » infidèle va affronter, au cours d’une excursion touristique le menant du Moyen-Orient jusqu’au Kenya, une série de manifestations horrifiques : serpent, vautour aux ailes gigantesques, etc. Une belle manière de renouveler les périls qui le menacent et d’offrir au lecteur une variété de manifestations épouvantables.

Toutefois, l’intrigue prend son temps durant sa première partie afin de présenter des personnages relativement travaillés (dans les limites du peu de pages impartis, évidemment) : un sale type arriviste, son épouse résignée, sa maitresse qui rêve du grand amour et la mère de cette dernière, une sorcière assoiffée de vengeance victime d’un passé tragique. Tout cela reste réaliste, soigné et crédible, le roman parvenant à intéresser le lecteur avec des histoires sommes toute banale d’adultère et les coucheries d’un patron volage. Par la suite, l’épouvante se manifeste de manière plus frontale. Hélas, le voyage autour du monde du « héros », certes plaisant, s’avère un peu trop rapidement expédié (des coupes sombres dans le texte originel peut-être ?) pour pleinement passionner. Un léger bémol atténué par une fin ironique attendue mais joliment amenée, à l’humour noir efficace dans la tradition des récits « à chute » façon E.C. Comics. L’assurance de quitter le récit sur une note positive.

Bill Garnett fut l’un des nombreux écrivaillons s’étant lancé dans la mode juteuse de l’horreur dans les années ’70 et ’80 mais L’HORREUR AUX MILLES VISAGES est, à ce jour, le seul de ses romans à avoir eu l’honneur d’une traduction française. Dommage car ce bouquin, certes classique et linéaire, se montre divertissant : un fantastique traditionnel à base de monstre sanguinaire et de malédiction ancestrale saupoudré de quelques passages « chocs » réussis.

L’atmosphère, bien rendue et effective, prédomine largement sur le gore (fort rare) et l’érotisme (une longue scène chaude pour contenter l’amateur) mais le tout se lit d’une traite et sans le moindre ennuit.

Dissimulé sous une couverture peu attrayante, voici une belle réussite pour une collection à l’époque vilipendée et aujourd’hui enfin réhabilitée ! A découvrir !

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Fantastique, #Horreur, #Gore

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Publié le 16 Août 2017

HURLEMENTS de Gary Brandner

Réalisé par Joe Dante en 1980, « Hurlements » s’est imposé comme un des classiques modernes du film de loup-garou. Il est donc intéressant de se replonger dans le roman l’ayant inspiré. Si la trame générique se montre similaire, le roman et le long-métrage diffèrent cependant sur plusieurs points. Notons d’ailleurs que le film « Hurlements IV », entre séquelle et remake, suit plus fidèlement le premier roman. Quoique publié dans la collection Gore, le livre de Gary Brandner se montre avare en scènes horrifiques ou érotiques et se conforme davantage à la tradition du fantastique en proposant une angoisse feutrée et une épouvante allusive. Brander (1930 – 2013) écrivit environ vingt-cinq romans horrifiques mais, comme souvent, nous n’avons pu découvrir qu’une partie restreinte de sa production : outre la trilogie HURLEMENTS (publiée chez Gore) on citera CARRION et la novelisation du remake de « La Féline » (paru chez J’ai lu) et, enfin, MASSACRES D’OUTRE-TOMBE édité dans la collection Maniac.

Après avoir été violée dans sa maison de Los Angeles, Karyn ne supporte plus le contact de son mari, Roy. Pour tenter de surmonter le traumatisme, le couple déménage dans un petit village campagnard, Drago, où ils louent une maison isolée dans les bois. Roy doit effectuer de fréquents déplacements pour son travail et Karyn reste souvent seule à Drago. Elle constate différentes bizarreries comme l’absence d’enfants et le climat de méfiance des habitants à son égard. Diverses rumeurs circulent également concernant de mystérieuses disparitions de campeurs. De plus de sinistres hurlements, attribués à un coyote, retentissent chaque nuit et le petit chien du couple est tué par une bête mystérieuse. Une amie de Karyn évoque même la légende du loup-garou, créature maudite issue d’Europe qui se change en animal pour dévorer ses victimes. Roy ne prend guère toutes ces fadaises au sérieux mais se montre, par contre, fortement attirée par Marcia, la tenancière d’un petit magasin de Drago. Alors que les relations entre Karyn et son époux s’enveniment, la jeune femme se tourne vers son ami Chris afin qu’il vienne l’emmener loin de Drago.

L’intrigue, connue, suit grosso modo celle du long-métrage de Joe Dante. On pourrait, bien sûr, s’amuser à comparer ou à lister les différences mais cela n’aurait guère d’intérêt. Disons simplement que même en connaissant l’adaptation cinématographique on prend plaisir à lire ce petit bouquin agréablement troussé. L’écriture, sans fioriture, s’avère pourtant limpide et Brandner possède un certain talent pour les chapitres courts et les phrases accrocheuses. Nous sommes dans le « page turner » typique, aidé par le format ramassé de la collection (150 pages bien tassées au lieu des 215 de la version originale) : un prologue annonce immédiatement la couleur, une progression rapide des événements et un climax fort réussi sur le modèle habituel mais toujours efficace du « récit de siège ». Tout comme le film, le roman ne peut éviter un certain manque de crédibilité et, évidemment, ce qui passe relativement bien à l’image (lorsque le spectateur, pris par l’action, s’abandonne à la désormais célèbre suspension d’incrédulité) s’avère plus problématique sur papier. Ainsi les personnages, présentés comme rationnels et totalement ignorants des légendes consacrées à la lycanthropie (confondues avec le vampirismes), acceptent bien trop facilement l’existence des loup-garous. Le personnage de Chris, le bon copain qu’on appelle en cas de coup dur, en constitue l’exemple le plus frappant : après un coup de fil de l’héroïne (dépressive et traumatisée par son viol), il se précipite vers l’armurerie la plus proche, commande une douzaine de balles d’argent et se lance à la chasse au loup debout. Dur à avaler tout comme la transformation un peu trop brutale de Roy, lequel passe d’époux aimant à crétin agressif afin de consommer son adultère auprès d’une lycanthrope sexy.

Excepté ses scories finalement excusables (on peut même les considérer, à leur manière, comme charmantes et dans la tradition de la série B horrifique), HURLEMENTS demeure un roman prenant et hautement divertissant qui se dévore (hum !) en une soirée. De préférence de pleine lune. Brandner écrivit d’ailleurs deux séquelles, toutes deux publiées au Fleuve Noir.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Fantastique, #Horreur, #Gore, #Loup-garou

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Publié le 31 Juillet 2017

TERREUR DELIQUESCENTE de Harry Adam Knight

 

Harry Adam Knight était le pseudonyme de l’auteur australien John Brosnan (1947 – 2005) surtout connu pour son roman CARNOSAUR adapté au cinéma pour une trilogie horrifique à petit budget largement inspirée de « Jurassic Park » (notons cependant que le roman précédait de six ans celui de Michael Crichton). Prolifique, Brosnan écrivit également divers novelisations, des comics, de nombreux bouquins sur le cinéma (JAMES BOND IN THE CINEMA, THE STORY OF SPECIAL EFFECTS IN THE CINEMA, etc.).

Mais, chez nous, Brosnan fut surtout un auteur régulier de la collection Gore : on lui doit le sympathique VRILLES ! (publié sous le pseudo de Simon Ian Chiller tout comme LES PARASITES DE LA HAINE fut édité chez Maniac), le plaisant BRASIERS HUMAINS (sous le nom de James Blackstone) et L’IMMONDE INVASION (sous l’alias Harry Adam Knight). Bref, Brosnan fut un des romancier non francophones les mieux représenté par la collection aux côtés de Richard Laymon ou Shaun Hutson. Il faut d’ailleurs signaler que ces écrits, tous construits sur le thème d’une « immonde invasion » (hum !) semblaient tailler pour la collection par leur format restreint et leur nombreux passages horrifiques ou sexy.

Associé à l’auteur de fanzine anglais Leroy Kettle, Brosnan livre avec TERREUR DELIQUESCENTE (« slimer » en version originale, laquelle compte 156 pages, on peut donc supposer que la traduction fut, pour une fois, fidèle) une pure série B qui mélange concepts science-fictionnels, angoisse paranoïaque et horreur sanglante. Les mauvaises langues diront (avec raison) que le résultat ressemble beaucoup à un remake à peine déguisé de « The Thing » assorti de quelques scènes érotiques indissociables de la collection. « C’est pas faux » comme disait l’autre mais le bouquin s’avère cependant très plaisant.

L’originalité vient des protagonistes : trois couples de retour du Maroc où ils ont trafiqué de l’herbe (et également, pour l’un d’eux, de l’héroïne). Après le naufrage de leur bateau, nos survivants dérivent jusqu’à atteindre une station de forage pétrolière perdue en pleine mer du Nord. Sur place, les naufragés ne découvrent que des vêtements épars, la plateforme semblant déserte. Rapidement, ils se rendent compte que des scientifiques s’y livraient à diverses expériences sur les mutations. Et le produit de l’une d’elle, une sorte de monstre polymorphe créé à partir d’un grand requin blanc (!) erre à présent à la recherche de nourriture…

La caractérisation des personnages reste rudimentaire mais ne sombre pas dans la caricature : avec un drogué violent et obsédé sexuel en guise de principal protagoniste le roman évite la facilité et ne présente pas un héros traditionnel, fort et sûr de lui. A force de se serrer les coudes, l’un des couples réussira cependant à vaincre la créature en utilisant une méthode originale et bien trouvée. Toutefois, pour respecter la tradition, TERREUR DELIQUESCENTE s’achève sur une fin semi-ouverte. Elle laisse entendre que le monstre n’est pas vraiment mort et que, par conséquent, la menace peut ressurgir à tout moment. Habilement, les romanciers développent une atmosphère d’angoisse et de suspicion, chacun craignant que ses amis ne soient plus eux-mêmes mais de simples « marionnettes humaines » contrôlées par la créature mutante. Là encore, ils s’inspirent ouvertement de « The Thing » et « Alien » mais les déambulations de nos naufragés dans les couloirs désertés de la station offrent aux lecteurs réceptifs leur lot de frisson.

Dans l’ensemble et malgré quelques facilités dans la construction (assez linéaire et prévisible) du récit, TERREUR DELIQUESCENTE constitue un bon roman d’horreur. Simple, efficace et bien rythmé, avec suffisamment de passages horrifiques et sexy pour contenter les inconditionnels de la collection sans rebuter les lecteurs davantage friands d’épouvante classique que de boucheries pures, le tout donne une bonne lecture dans laquelle on peut même replonger sans déplaisir pour un second tour de piste.

Le livre fut, par la suite, adapté (certains disent massacré) au cinéma sous le titre « Protheus » par Bob Keen.

TERREUR DELIQUESCENTE de Harry Adam Knight

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Rédigé par hellrick

Publié dans #science-fiction, #Horreur, #Fantastique, #Gore

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Publié le 24 Juillet 2017

LES GRIFFES DE LA MORT de Michael Wolfitt

Ecrit par l’anglo-saxon Mike Fredman sous le pseudonyme de Michael Wolfitt, l’intrigue de ces GRIFFES DE LA MOT se concentre sur une jeune femme, Hilary, et son époux Roger. Victimes d’un accident de voiture, le couple est conduit à l’hôpital où Hilary perd son bébé, lequel n’était pas tout à fait normal. Le médecin Willis affirme même à Roger qu’il était sans doute préférable que l’enfant ne naisse pas. De plus, Hilary ne pourra plus avoir d’enfant, du moins est-ce l’opinion du monde médical car la jeune femme semble persuadée du contraire. Peu après, elle recueille également un chat, baptisé Râ, sur lequel elle reporte son affection. Dès lors le couple se trouve au centre d’une série de morts sanglantes liées à d’antiques malédictions égyptiennes.

Récit horrifique mélangeant divinités antiques, malédictions, meurtres sanglants et agressions animales commises par de petits chats, LES GRIFFES DE LA MORT combine des éléments classiques pour aboutir à une décoction relativement originale. On y retrouve quelques influences allant de « La Féline » aux premières œuvres de James Herbert, maitre tutélaire des apprentis romanciers anglais en mal d’horreur durant les années ‘80.

L’adjonction des références mythologiques égyptiennes et la place des félidés dans cette civilisation confèrent une réelle plus-value à ce petit bouquin pas toujours réussi mais indéniablement attachant. L’atmosphère prime ici sur les débordements sanglants, une constance dans la plupart des romans anglo-saxons publiés dans la collection « Gore ». Le déroulement, quelque peu prévisible, n’empêche pas de prendre plaisir à ce récit dont la conclusion s’avère étonnante. Notons cependant quelques défauts, en particuliers une caractérisation schématique des protagonistes, quelques incohérences et, surtout, l’une ou l’autre sous-intrigues qui tournent courts. Ainsi, le chat réveille la sexualité d’un couple lors d’une scène saugrenue : l’épouse découvre la collection de gadget érotique de son mari et, d’abord choquée, se décide ensuite à porter une tenue sexy et à l’accueillir de manière provocante avant de lui administrer une fessée. Un passage (très soft) qui remplit le cahier des charges (décharge ?) de l’épouvante mais n’aboutit finalement à rien. A moins qu’il s’agisse d’un problème de traduction ? Le livre n’a, apparemment, pas trop souffert de son adaptation aux standards de la collection (la version anglaise comporte 216 pages, la française 160 en petits caractères) mais peut-être que cette sous-intrigue était, à l’origine, plus étoffée. Quoiqu’il en soit, LES GRIFFES DE LA MORT démontre que les romans publiés chez Gore abordaient des sujets variés et ne se limitaient pas à une suite de séquences pornographiques ou sanguinaires. Sans être une grande réussite, ce bouquin sympathique se lit sans le moindre déplaisir, ce qui n’est déjà pas si mal pour ce genre de produit horrifique de consommation courante.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Fantastique, #Horreur, #Gore

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