Publié le 31 Juillet 2019

LE CHANT DU DRAGON d'Anne McCaffrey

La vaste saga de Pern se poursuit avec ce nouvel épisode (le troisième publié, en 1976) qui débute la trilogie dite des « harpistes », une série qui se déroule à la même époque (précisément sept ans plus tard) que la trilogie initiale entamée avec LE VOL DU DRAGON. McCaffrey, à la demande de son éditeur, proposa donc trois nouveaux romans destinés aux « young adult » et susceptibles d’attirer un public à la fois jeune et féminin. L’écrivain va reprendre certains éléments d’une série de nouvelles qui formeront ultérieurement sa trilogie consacrée à la CHANTEUSE CRISTAL.

Dans LE CHANT DU DRAGON nous suivons la vie de Menolly, musicienne émérite qui a enseigné aux enfants du Fort de Mer les ballades des harpistes après le décès de maitre Petiron. Mais ses parents estiment que ce métier n’est pas approprié à une femme et ils lui intiment de ne plus chanter, composer ou jouer de la musique. Menolly finit par s’enfuir en dépit de la menace des Fils qui pèsent sur Pern et découvre les légendaires lézards de feu, des petites créatures proches des fameux Dragons.

Anne McCaffrey offre ici une science-fantasy plaisante, destinée aux adolescents mais lisible par tous les âges, qui questionne la place des femmes dans son univers médiéval, ces dernières ne pouvant accéder à la profession de harpiste. Or ceux-ci ont la tâche de transmettre l’Histoire et les connaissances aux enfants dans une société ayant globalement renoncé à la technologie. McCaffrey explore ici l’univers des harpistes, leur importance dans cet univers jusqu’ici dominé par les Chevaliers Dragons (héros des précédents romans), et déroule une histoire assez linéaire et prévisible mais cependant plaisante à suivre,  notamment de par sa pagination restreinte (environ 250 pages). Agréable et relativement original dans la Fantasy cette histoire centrée sur le pouvoir de la musique devrait contenter les amateurs du vaste univers de Pern.

Voir les commentaires

Rédigé par hellrick

Publié dans #Aventures, #Fantasy, #Jeunesse, #science-fiction

Repost0

Publié le 30 Juillet 2019

IXYGRECZED de Jacques Colombo (Henri Vernes)

Au début des années ’80, Henri Vernes, sous pseudonyme, propose à la demande du Fleuve Noir une sorte de clone de Bob Morane (du moins physiquement) avec Giovanni Mazzini, petit fils et héritier potentiel de Don Mazzini, le capo di tutti capi, bref le grand maître de la Mafia. Giovanni Mazzini, également surnommé Don, vivra onze aventures dans lesquelles Vernes se permet ce qu’il ne pouvait écrire dans ses Bob Morane : « Danger. Erotisme. Violence ». Par contre, si Don ressemble physiquement à Bob, il en est plutôt l’antithèse dans son comportement puisqu’il recourt systématiquement à la brutalité et collectionne les aventures érotiques. En résumé, ce petit bouquin se complait donc joyeusement dans le sexe et la violence débridés.

L’intrigue, assez simple, consiste pour Don à identifier un mystérieux espion surnommé XYZ (ou Ixygreczed), ce qui suffit à aligner scènes d’action, bagarres et passage olé olé. En vieux routier de la littérature populaire, Vernes ménage toutefois un petit suspense concernant l’identité du fameux espion Ixygreczed et se permet un twist final légèrement prévisible mais bien amené et convaincant.

IXYGRECZED ne possède aucune prétentions littéraires (quoique l’on y retrouve le goût de l’auteur pour placer quelques mots recherchés et peu usités dans son texte) mais parvient à distraire le lecteur durant environ 200 pages. Nous sommes complètement dans la littérature de gare de consommation courante comme en proposait à la pelle le Fleuve Noir et Gérard de Villiers durant les années ’80, une sorte de synthèse de tous les héros machos de l’époque comme SAS, James Bond, l’Exécuteur, etc.

Pour tous les adolescents qui, ayant grandi, veulent retrouver les plaisirs simples d’une aventure « à la Bob Morane » mais additionnée d’une bonne dose de brutalités et d’une poignée de passages osés, ce bouquin sympathique constituera une lecture tout à fait plaisante.

Voir les commentaires

Rédigé par hellrick

Publié dans #Aventures, #Erotique, #Espionnage, #Roman de gare, #Bob Morane

Repost0

Publié le 29 Juillet 2019

LE GUIDE DE L'UCHRONIE de Bertrand Campeis & Karine Gobled

L’uchronie est il un genre en tant que tel ou une variante de la science-fiction ? En tout cas il connait actuellement un regain de popularité, ne serait-ce que par son versant steampunk. Mais il existe depuis l’Antiquité et depuis que des Hommes se sont demandé ce qui se serait passé « si… ». A ce petit jeu on connait les classiques : « et si l’Empire romain n’était pas tombé », « et si la peste avait décimé entièrement l’Europe » et, forcément, la tarte à la crème du genre, le fameux « et si Hitler avait gagné la guerre ».

Nous avons droit, avec ce guide simple et pratique, a une partie théorique qui tente d’expliquer les caractéristiques du genre et revient sur les divers points de divergence entre notre Histoire officielle et celle, officieuse, que l’on trouve dans les romans uchroniques. L’auteur détaille aussi différentes variantes comme l’uchronie personnelle, l’uchronie dans les œuvres de fiction (on se souvient des comics Marvel « Et si… »), l’histoire alternative, etc. Tout cela se trouve enrichi de nombreux entretiens pertinents avec des écrivains (Silverberg, Jo Walton, Richard D. Nolane, etc.), des historiens, etc.

Evidemment le gros morceau de ce guide consiste en une longue liste de romans et nouvelles qui tournent autour de l’uchronie. On y trouvera à boire et à manger mais, à chaque fois, le bouquin est présenté en quelques lignes suivi d’un avis et de pistes de lecture supplémentaires ce qui permet de se constituer des « Pile A Lire ». Alors non, tout n’y est pas. Mais il y a suffisamment d’idées lectures pour occuper un gros lecteur pendant de très nombreuses soirées et, à moins d’être un incollable absolu, le GUIDE donne la possibilité de combler ses lacunes, de découvrir des classiques et d’emprunter quelques chemins de traverse à travers des titres moins connus.

Ces petits guides ne visent jamais à l’exhaustivité mais se veulent un parcours global qui envisage un sujet sous ses différentes formes donc inutile de râler car tel jeu, tel série, tel BD, n’y figure pas. Les auteurs n’ont aucune prétention encyclopédique : en moins de 400 pages ce serait absolument impossible. Si la littéraire se taille la part du lion il est toutefois agréable de voir figurer le manga, la musique, les comics, les jeux de rôles et de plateau, le cinéma, les séries télévisées, etc. Certes de manière succincte mais cela ouvre déjà suffisamment de pistes pour occuper le curieux pendant de longues années. Bref, pari gagné pour ce GUIDE DE L’UCHRONIE.

Voir les commentaires

Rédigé par hellrick

Publié dans #Uchronie, #science-fiction, #Guide

Repost0

Publié le 19 Juillet 2019

69 (anthologie SF Q)

Publiée en 2009 pour fêter les quarante ans de la fameuse « année érotique », cette anthologie variée se relit agréablement dix ans plus tard, alors que les médias fêtent les victoires d’Eddy Merckx, l’été psychédélique, Woodstock, la libération sexuelle ou les premiers pas de l’Homme sur la lune. Sous une jolie couverture très pop typique des sixties, Charlotte Volper rassemble ici douze textes de l’imaginaire francophone teintés d’érotisme.

Stéphane Beauverger ouvre le bal avec un plaisant “Eddy Merckx n’est jamais allé à Vérone” qui revient sur cette fameuse année 1969. Pas de science-fiction dans ce récit de littérature générale néanmoins plaisant qui constitue en tout cas une belle introduction à ce recueil.

La suite est diverse avec quelques thématiques classiques mais plutôt bien menées. Evolution de la sexualité grâce à divers « améliorations » façon sex toys futuristes, androïdes de plaisir, cinéma interactif permettant de se replonger au temps de l’empire romain en l’an 69 (ou LXIX pour faire plus local), hantise, succube, vampirisme, sabbat, potion « magique », relations entre hommes et extraterrestres,…

A partir du thème classique du succube (y a t’il thématique plus banale pour un récit érotico fantastique ?), Jean-Marc Ligny livre ainsi un très efficace « Vestiges de l’amour ». Autre thème bateau, les lunettes magiques qui titillent la libido du savant fou du très référentiel et délicieusement désuet « Louise ionisée » de Norbert Merjagnan, auteur de la fameuse saga des TOURS DE SAMARANTE. Toujours délicate, Mélanie Fazi propose un texte de « dresseuse d’automate » subtil et réussi, lauréat du prix Masterton, « Miroir de porcelaine ».

Joel Wintrebert, avec le plus long « Camélions » développe en une vingtaine de pages un autre thème récurrent (au moins depuis PJ Farmer) de la « sexe-fiction » avec cette planète étrange et ces unions (contre nature ?) entre une jeune femme et des créatures extraterrestres.

Au final, cette anthologie (parue à la même époque que l’intéressante mais plus inégale COSMIC EROTICA) constitue une jolie réussite allant du fantastique à la science-fiction en passant par l’épouvante et la fantasy, tous les textes étant empreints d’un érotisme allant, pour sa part, du plus délicat au plus cru.

Conseillé.

Voir les commentaires

Rédigé par hellrick

Publié dans #Erotique, #Fantastique, #Fantasy, #Recueil de nouvelles, #science-fiction

Repost0

Publié le 15 Juillet 2019

AUX CONFINS DE L'ETRANGE de Connie Willis

Sorti dans sa version originale en 1993, ce recueil de Connie Willis (couronné par le Locus) succède aux VEILLEURS DU FEU et rassemble, après une préface de Gardner Gozoi, onze titres assortis, à chaque fois, d’une courte présentation. Nous débutons avec le célèbre « le dernier des Winnebago » lauréat du Nebula, du Hugo et du Prix Asimov dans la catégorie des « romans courts ». Il s’agit d’un texte mélancolique sur la fin d’un monde (le nôtre) plus que sur la fin du monde puisque celle-ci se déroule chaque jour et voit disparaitre diverses espèces. L’auteur effectue ainsi un parallèle entre la fin des caravanes Winnebago, symbole d’une Amérique disons post-soixante-huitarde et l’extinction de certains animaux comme les chiens.

On continue avec une nouvelle récompensée par le Nebula, le Hugo, le Locus et le Asimov (!) : « Même sa majesté », texte humoristique anti féministe écrit par une femme, une belle réussite souvent très drôle.

« Ado » est un autre excellent texte court humoristique, une des histoires les plus mémorables imaginées par Connie Willis au sujet de la censure des œuvres littéraires par diverses associations bien pensantes style Social Justice Warriors et autres abrutis. Immanquable et terriblement actuel.  

Le court roman « Pogrom spatial », récompensée par le prix Asimov, ne m’a pas spécialement convaincu mais n’est pas mauvais pour autant juste (à mon sens) un peu longuet. « Temps mort » et ces abracadabrantes théories sur le voyage temporel assorties de romance (on pense parfois à la très chouette rom-com science-fictionnel « About time ») fonctionne de plus belle manière mais peut apparaitre un peu confuse au lecteur. Le début semble également un peu long à se mettre en place (voire laborieux) et il faut attendre les dernières pages pour que la construction narrative de Willis se déploie réellement.

« A la fin du crétacé » constitue une autre nouvelle humoristique, ou plutôt satirique, qui vise les Universités américaines. Malgré quelques notes amusantes elle risque de laisser sur le carreau les lecteurs moins familiers avec cet univers et apparait comme anecdotique. « Conte d’hiver » et « Hasard », plaisants, pâtissent de la comparaison avec l’excellent « Rick ». Situé dans le cadre de Londres durant le blitz, un univers bien connu de l’écrivaine puisqu’elle le revisitera dans son fameux diptyque BLACK OUT / ALL CLEAR (BLITZ), cette longue nouvelle (80 pages) revisite avec brio un thème classique du fantastique. Prenant son temps pour aborder le « genre », le récit montre que, durant la dernière guerre  mondiale, certains trouvèrent leur vocation, de la jeune fille soudainement entourée de soupirants au sauveteur cachant une créature bien connue du « bestiaire ».

Enfin, « Au Rialto », gagnant du Nebula, termine ce recueil sur une nouvelle note humoristique en effectuant un parallèle entre deux mondes incompréhensibles : la physique quantique et Hollywood. Les théories des physiciens paraissent aussi délirantes que les tentatives d’apprentis réceptionnistes / comédiens de percer dans la cité des Anges. Cette nouvelle, dans lequel le lecteur se sent logiquement perdu, permet de passer un bon moment et termine sur une note positive un recueil forcément inégal mais dans l’ensemble très plaisant. A noter que les trois textes primés se retrouveront logiquement dans l’anthologie « best of » LES VEILLEURS.

Voir les commentaires

Repost0

Publié le 13 Juillet 2019

SORCELAME d'Alexandre Malagoli

Un adolescent orphelin ayant vécu de manière insouciante doit ainsi quitter son village après l’arrivée des cruels membres de la Fraternité. Il part sur les routes avec son amie d’enfance, rencontre un maitre Harpiste mystérieux ayant renoncé à la violence

Ce premier tome d’une tétralogie constitue une fantasy plaisante que l’on pourrait dédaigneusement qualifier de « big commercial fantasy ». On y retrouve, en effet, tous les éléments classiques du genre, l’auteur semblant calquer une partie de sa narration sur l’insurpassable modèle que demeure LE SEIGNEUR DES ANNEAUX.

Trolls, nains, elfes, fraternité malfaisante, princesse en révolte contre son tyrannique papa, élu partant à l’aventure, prophétie, adversaire tout puissant, arme magique,… SORCELAME ne révolutionne pas la Fantasy mais propose un récit plaisant, très orienté « young adult » (les deux principaux protagonistes ont d’ailleurs 15 ans), qui se lit sans aspérité. Le style se montre ainsi simple, les chapitres courts (33 pour un peu plus de 220 pages grand format) et l’alternance entre les parcours des deux héros (un jeune berger orphelin et une princesse entrainée aux arts martiaux les plus létaux) permet de maintenir l’intérêt du lecteur en conférant à l’ensemble un rythme soutenu.

Bien évidemment nos protagonistes se retrouvent dans le dernier acte au cours duquel l’auteur se lâche dans la grosse Fantasy avec la découverte (qui tombe un peu comme un cheveu sur la soupe pour permettre à l’intrigue d’avancer) d’une épée magique appelée Sorcelame, la révélation (attendue) de leur rôle dans cette histoire et le réveil d’un pouvoir maléfique ancien symbolisé par la Mère Stérile. Un combat quelque peu expédié termine ce premier opus.

Tous les ingrédients étant à présent en place l’histoire peut sereinement se poursuivre dans le deuxième tome. Et, si ce premier volume très classique laisse le lecteur quelque peu sur sa faim, le roman reste suffisamment rythmé et agréable pour susciter le désir de découvrir la suite, LA SEPTIME ETOILE.

Voir les commentaires

Rédigé par hellrick

Publié dans #Aventures, #Fantasy, #Jeunesse

Repost0

Publié le 12 Juillet 2019

LES 9 PRINCES D'AMBRE de Roger Zelazny

Œuvre la plus célèbre et ambitieuse de Zelazny, la vaste saga d’Ambre se compose de dix tomes (quatre autres furent ajoutés par divers auteurs après le décès de l’écrivain qui avait envisagé trois cycles romanesques) divisés en deux cycles de cinq volumes chacun. Le premier, entamé en 1975, s’est poursuivi jusque 1980 sous l’intitulé de « Cycle de Corwin ». En 1986 Zelzany débuta un second cycle dit « de Merlin » moins réputé.

Ambre constitue le seul monde authentique, dont tous les autres, dont la Terre, ne sont que le pâle reflet. Ambre est dominée depuis des éternités par une famille royale toute puissante sous l’autorité d’Obéron, aujourd’hui disparu. Un amnésique, Carl Corey, se réveille dans une clinique privée. Il s’enfuit et trouve refuge chez sa sœur qui lui apprend qu’il est en réalité un des neuf princes du royaume magique d’Ambre. Tous s’affrontent afin de s’emparer du trône.

En 200 pages très denses Zelazny ne laisse aucunement le temps de souffler au lecteur et démontre l’évolution de la Fantasy : aujourd’hui un écrivain tirerait (à la ligne) surement un bon millier de pages de cette histoire touffue. Mais ici pas de temps morts, pas de description et peu d’explications : le lecteur se trouve plongé dans un univers radicalement différent qu’il va explorer avec le héros (l’amnésie constituant le prétexte pour dévoiler Ambre au principal protagoniste). Bien des clichés de la Fantasy sont également instaurés ici : les combats entre différents héritiers royaux, le jeu de Tarot aux propriétés mystérieuses, la vengeance façon Monte Christo des derniers chapitres, les univers multiples.

Certains passages paraissent étranges, le lecteur sera parfois dérouté, il devra s’accrocher lors de la présentation, très succincte, des différents princes mais, dans l’ensemble, LES 9 PRINCES D’AMBRE constitue une lecture aisée, prenante, très abordable (y compris pour les néophytes en Fantasy) qui pose agréablement la situation et se termine par un cliffhanger donnant immédiatement envie de poursuivre la saga.

Voir les commentaires

Rédigé par hellrick

Publié dans #Aventures, #Fantasy

Repost0

Publié le 11 Juillet 2019

L’EPEE ENCHANTEE de Marion Zimmer Bradley

Situé dans le vaste univers de Ténébreuse (qui compte des dizaines de romans), cette intrigue suit Andrew Carr, terrien échoué et perdu sur cette planète qui possède le « laran », un don de télépathie “brut” lui permettant de communiquer avec Callista, prisonnière des Hommes Chats. Immédiatement amoureux de la captive, notre héros se lance à la recherche de la jeune fille en compagnie de Damon Ridenow.

Voici un court roman objectivement assez faible mais cependant de lecture plaisante. Ramassée sur 220 pages, l’histoire convoque tous les ingrédients de la (science) Fantasy avec son épée enchantée, sa princesse captive, son héros amoureux,… On y trouve aussi beaucoup de mièvrerie pseudo romantique (ah ce héros qui tombe immédiatement en pamoison devant une inconnue vue en « rêve »), quelques bonnes idées (un bretteur paralysé utilise un homme valide comme « marionnette » afin de guider son bras durant les combats), d’autres intéressantes mais inexploitées (les Hommes Chats se contentent d’apparaitre pour contrarier le héros mais ne possèdent aucun background),…

L’EPEE ENCHANTEE a aujourd’hui vieilli mais s’est également recouvert d’une patine sympathique qui en rend la lecture agréable en dépit de ses nombreux défauts. Tout cela est assez bavard et plutôt mou (très peu d’action et les rares combats sont rapidement expédiés) mais l’ensemble fonctionne toutefois pour les lecteurs indulgents et donne envie de poursuivre l’exploration de cette immense saga. C’est le principal.

Voir les commentaires

Rédigé par hellrick

Publié dans #Aventures, #Fantasy, #science-fiction

Repost0

Publié le 10 Juillet 2019

MARLON BRANDO - LES STARS DURENT 10 ANS d'Arthur Cerf

Petit livre au petit format mais contenu dense et intéressant pour cette chronique de la vie de Brando, sorte de biographie fragmentaire qui survole certains épisodes clés de la star. En seize chapitre l’auteur nous raconte l’ascension de Brando, sa période de gloire planétaire où il est considéré comme le meilleur acteur du monde puis sa chute et ses sursauts des seventies (avec bien sûr « Le parrain » et « Apocalypse Now »). On découvre une personnalité contradictoire qui donne parfois l’impression d’être continuellement en représentation, on explore l’homme caché derrière le mythe envahissant. Un individu parfois lucide (notamment sur sa célébrité forcément éphémère), curieux, grand lecteur mais aussi manipulateur et infernal avec ses partenaires de jeunes ou ses metteurs en scène.

Le livre revient donc sur ses tics et excès qui le rendirent insupportable à bien des réalisateurs, on évoque ainsi l’excellent « Les mutinés du Bounty » devenu une vraie mutinerie de la part de l’égocentrique comédien. On continue sur ses apparitions purement vénales, sur son engagement pour les Afro-américains et les Indiens, sur ses tragédies familiales répétées (avec ses enfants Christian et Cheyenne), sur sa bisexualité débridée.

Epoque Metoo oblige le livre traite du cas du soporifique « Dernier Tango » et de sa scène de viol plus ou moins simulée imaginée par Brando et Bertolucci qui conduisit l’actrice Maria Schneider à la dépression. On évoque aussi l’anecdote amusante (mais fantasmée) de son road-trip post 11 septembre avec Michael Jackson et Liz Taylor. Trop beau pour être vrai…on aimerait donc y croire.

Au final un petit livre très plaisant et rythmé qui cerne suffisamment son sujet sans se disperser en considérations biographiques (que l’on réservera aux inconditionnels). Entre anecdotes, rumeurs démenties, citations et repères chronologiques, voici un beau portrait d’un monument du cinéma.

Voir les commentaires

Rédigé par hellrick

Publié dans #Cinéma, #Biographie

Repost0

Publié le 8 Juillet 2019

LES CONTES DE LA FEE VERTE de PoppY Z. Brite

Les nouvelles de Poppy Z. Brite tournent souvent autour des mêmes thématiques : perversions, homosexualité débridée, violence, glauque, gothisme, noirceur, sadomasochisme… Si elle / il recourt aux créatures légendaires de la bit-lit (vampires en tête), Poppy préfère jouer la carte de l’horreur extrême, pas question donc de se laisser aller à un romantisme malvenu ou à décrire les dessous de dentelles de ses héroïnes. On y retrouve, à chaque fois, un mélange d’exotisme poisseux qui pue la sueur rance, le sexe et la mort (avec pour décor la Nouvelle Orléans ou Calcutta) et d’érotisme hard. Bien sûr, toutes ses nouvelles ne sont pas également réussies mais cette appréciation est, de toutes façons, purement personnelle. Pour ma part j’en ai apprécié certaines tandis que d’autres m’ont laissé dubitatif.

« Anges » et ses siamois incomplets depuis leur séparation (une sorte de variation sur le thème du très gore long-métrage « Basket Case ») constitue une belle réussite. On en retrouve les protagonistes dans la plus quelconque « Prise de tête à New York ».

« Sa bouche aura le goût de la fée verte » constitue un hommage à un classique de Lovecraft, « le molosse », revisité de manière bien plus brutal et (homo)érotique.

La courte « Xénophobie » et l’étrange « musique en option pour voix et piano » s’avèrent également intéressantes mais la plus percutante des histoires reste sans doute « La sixième sentinelle ». Une histoire d’amour avec corps putréfié, jeune gothique strip teaseuse et suicidaire, fantôme aux desseins pervers,…

La très brutale « Paternité » et la nauséeuse « Calcutta, seigneur des nerfs” fonctionnent agréablement dans leur regirstre, la seconde ne racontant pas grand chose mais bénéficiant d’une belle ambiance grâce à des phrases aussi radicales et bizarrement poétiques que celle-ci: "Le monde est une putain et Calcutta est sa chatte. Quand le monde s'accroupit et écarte les jambes, c'est Calcutta que l'on découvre, ce sexe moite d'où s'élèvent mille odeurs aussi exquises que nauséabondes."

Encore une fois nous ne sommes pas chez Harlequin comme en témoigne cet autre court extrait : « Nous attachions leurs poignets et leurs chevilles avec des dentelles noires, nous lubrifiions et pénétrions leurs moindres orifices, nous leur procurions des plaisirs qui leur faisaient honte. Je me souviens de Félicia, une beauté aux cheveux mauves, qui parvint à un orgasme sanglotant, sauvage, grâce à la langue râpeuse d'un chien errant ».

Cependant, on peut se lasser de la similitude des thèmes abordés et des obsessions de Poppy Z. Brite, de son attrait pour les homos gothiques sado masos plus ou moins tarés ou de ses fins ouvertes qui laissent un goût d’inachevé. On peut néanmoins apprécier la qualité de sa plume, qui oscille entre un fantastique poétique à l’ancienne et une méticulosité dans les descriptions croustillantes n’ayant rien à envier aux plus violents pornocrates. Bref, une série de nouvelles enivrantes comme un grand verre d’absinthe qui devraient satisfaire les amateurs d’horreur érotiques loin de la mièvrerie de bien des auteurs actuels du fantastique. Et ce en dépit d’une poignée de textes pas vraiment convaincants.

Ce recueil, originellement publié en 1993, reste donc une bonne porte d’entrée dans l’univers de Poppy Z. Brite. Les curieux iront ensuite s’abreuver de SANG D’ENCRE et AMES PERDUES, les plus pervers apprécieront ses deux anthologies EROS VAMPIRE et les plus endurcis tenteront LE CORPS EXQUIS, sans doute un des romans les plus « jusqu’au boutiste » de ces dernières décennies.

Voir les commentaires

Rédigé par hellrick

Publié dans #Erotique, #Fantastique, #Gore, #Horreur, #Recueil de nouvelles, #Splatterpunk

Repost0