roman court (novella)

Publié le 4 Juillet 2024

MALEDICTIONS TOME 2: LE SECRET de R.L. Stine

R.L. Stine poursuit sa saga familiale entre les Fear et les Goode avec ce second opus de sa trilogie consacrée aux origines de cette malédiction séculaire et à la « Fear Street ».

Nous suivons ainsi Edward Fear, son jeune fils Ezra et sa cousine Mary tentaient d’échapper à l’anathème lancée par William Goode. Quelques années plus tard, Ezra cherche à retrouver le dernier fils encore vivant de William, George. Avec sa famille il retourne dans le petit village de Wickham, dans le Massachussetts, à présent uniquement « peuplé » de cadavres victimes d’une mystérieuse épidémie. La famille Fear s’installe dans la demeure abandonnée des Goode…

Dans la tradition des romans « gothiques », Stine poursuit son exploration des deux familles rivales, se permettant parfois de longues ellipses (il faut « boucler » le roman dans les limites d’une pagination restreinte) et effectuant un jeu de ping-pong entre les protagonistes victimes de la malédiction à travers les siècles. La recette ne change guère depuis le premier tome : romances contrariées, jeunes filles belles et pauvres tombant amoureux de jeunes hommes riches peu recommandables (ou vice versa), jeu d’amour et de haine qui se propage de générations en générations, amulette maléfique qui contient un pouvoir surnaturel enterré sous un arbre et retrouvé opportunément un siècle plus tard.

LE SECRET souffre parfois de transitions abruptes d’une époque à une autre ou de facilités scénaristiques (coïncidences énormes, actes peu crédibles des protagonistes,…) mais, dans l’ensemble, le court roman reste plaisant et prenant, dans le haut du panier du « fantastique légèrement horrifique pour adolescents » cher à Stine et à sa série Fear Street.

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Publié le 1 Juillet 2024

MALEDICTIONS: LA TRAHISON de R.L. Stine (Fear Street Saga tome 1)

Quelle est la raison des événements maléfiques qui se déroulent dans la rue Fear, la rue maudite ? Pour le savoir, replongeons aux origines de la malédiction qui pèse depuis des siècles sur deux familles, les Fear et les Goode. Nora nous raconte donc l’histoire de ces deux ennemis héréditaires, depuis le début des problèmes, en 1692. Là, William Goode assiste à la mort de sa fille Susannah, accusée injustement d’être une sorcière après être tombée amoureuse d’Edward Fear. Il lance alors une malédiction qui va poursuivre les Fear, et par ricochet les Goode, à travers les siècles.

En remontant à l’époque des Puritains, Stine élabore une complexe saga familiale qui explique les manifestations surnaturelles observées à notre époque à Shadyside. Si le roman reste ancré dans le fantastique / épouvante à destination des adolescents, l’intrigue est nettement plus élaborée que de coutume et plus « effrayante » que dans les Chairs de poule, destinés aux plus jeunes. Il faudra d’ailleurs trois tomes à l’auteur pour raconter complètement ces MALEDICTIONS. Le roman peut donc s’apprécier par les plus jeunes mais aussi les plus âgés. Bien sûr, l’horreur y reste feutrée et peu graphique mais l’atmosphère est mâture et les rebondissements crédibles. Les détails sur la chasse aux sorcières et le background historique, quoique succinct, sont également vraisemblables et sonnent authentiques ou, du moins, se conforment à ce que le lecteur a pu en voir dans des films comme « Le grand inquisiteur » ou « La marque du diable ».

Avec son nombre de pages restreints, LA TRAHISON se lit forcément très vite et manque un peu de « muscles » (les personnages restent stéréotypés, l’intrigue quelque peu linéaire et prévisible, etc.) mais Stine connait son métier et chaque chapitre se conclut par un cliffhanger plus ou moins réussi qui donne envie de poursuivre la lecture. Ce n’est pas de la grande littérature et ça ne peut rivaliser avec les chefs d’œuvres du fantastiques signés Stephen King ou Peter Straub mais cette TRAHISON n’en demeure pas moins une très agréable lecture. Dans le genre (le fantastique teinté d’horreur pour adolescents d’une quinzaine d’années) c’est même une valeur sûre et une vraie réussite.

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Publié le 30 Octobre 2023

LE DRIVE-IN de Joe Lansdale

Surtout connu pour ses polars mettant en scène le duo Hap et Leonard, Joe Lansdale a pourtant bien d'autres cordes à son arc: steampunk, western, aventure de Tarzan, horreur,…

Dans ce court roman il élabore une intrigue déjantée sous forme d'horreur cosmique quelque peu lovecraftienne. Des milliers d'ados se rendent dans un gigantesque drive-in pour une grande nuit de l'horreur où six films sont projetés sur écrans géants. L'idéal pour une soirée de frissons, de pop-corn, de rigolade et, avec un peu de chance, de sexe. Tout le monde se mélange, dans la joie et la bonne humeur, une véritable reproduction en miniature de l'Amérique des années '80: des punks, des bimbos, des bourgeois tranquilles, de vieux hippies faisandés, des geeks fans de films gore, des cowboys, des gamins, etc.

Nos milliers de teenagers se retrouvent cependant inexplicablement coincés dans le drive-in suite au passage d'une comète qui génère une sorte de mur noir infranchissable. Dès lors, comme dans le film "Dead End Drive-In", le lieu devient un microcosme coupé du monde où l'existence de chacun n'est plus rythmée que par la diffusion des films et le passage au marchand de pop-corn.

Rapidement la société s'effondre, entre la secte des chrétiens devenus cannibales, les adolescents fondus en une masse informe s'autoproclamant "roi du popcorn" pour nourrir ses fidèles en vomissant du popcorn et les manifestations tentaculaires, difficile de survivre.

Lansdale s'amuse et le lecteur aussi. Il ne faut chercher aucune cohérence, aucune intrigue tenue et surtout pas une progression véritable. Après quelque pages (et la présentation de nos "héros"), tout part en vrille. Pourquoi? Pas d'explication. Ca arrive, c'est tout. Et à la fin ça s'arrête. Ne cherchons pas trop de solutions, l'important est ailleurs, dans la situation proposée qui déraille totalement, à la manière d'un film d'horreur de série Z tourné sous acide. Si on apprécie le cinéma d'exploitation, LE DRIVE IN s'avère fort plaisant. Le seul bémol se trouve dans la traduction farfelue des titres de films proposés: The Toolbox Murders = la foreuse sanglante et non pas "les meurtres de la boite à outils".

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Horreur, #Cinéma Bis, #Humour, #Roman court (Novella)

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Publié le 20 Octobre 2023

L'ANTRE DE L'ENFER de Michael Scott

Michael Scott est un romancier irlandais spécialiste des mythes et légendes de son pays. On lui doit la saga consacrée à Nicolas Flamel et bien d’autres romans pour « young adult » dans des genres variés (horreur, fantasy, etc.)

L’ANTRE DE L’ENFER, publié dans la collection Peur Bleue de chez J’ai lu constitue un exemple de fantastique destiné aux adolescents.

L’auteur nous convie à Newgrange, un lieu de culte plus ancien que Stonehenge mais aussi un tombeau et la prison d’une entité surnaturelle. Lorsque deux ados, Patrick et Claire, font une petite blague innocente lors d’une visite à Newgrange, ils ne se rendent pas compte des conséquences de celle-ci. Le couple lance une série d’événements qui menacent non seulement leur propre vie, mais aussi l'existence même de la race humaine.

En dépit d’un déroulé assez classique, L’ANTRE DE L’ENFER se révèle un bon petit roman fantastique, un peu plus mâture que les « Chair de poule » mais sans verser dans le gore ou le malaisant. Nous avons donc des manifestations surnaturelles, deux personnages dépassés par ce qu’ils ont enclenchés, quelques frissons et un final apocalyptique. Le décorum irlandais apporte un plus indéniable (quoiqu’il aurait pu être davantage développé) et le tout ressemble à une version édulcorée (sans que ce soit péjoratif) des romans d’horreur britanniques des années ’80 comme ceux de Graham Masterton ou James Herbert. Agréable.

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Publié le 9 Septembre 2023

MEG: ORIGINS de Steve Alten

Avec le retour de la saga au cinéma, voici l'occasion de se replonger dans cette préquelle signée par Steve Alten voici une douzaine d'années. Avec une pagination aussi réduite (80 pages), pas le temps de s'ennuyer mais la lecture n'est pas vraiment excitante pour autant.

Les lecteurs de MEG connaissent déjà les évènements ayant conduits à la découverte d'un Mégalodon planqué depuis des millénaires au fond de la fosse des Mariannes. La première rencontre entre le héros, Jonas, et le Meg, constitue forcément le point d'orgue de ce récit quelque peu bâclé. En effet, cette lecture se montre sans grand intérêt pour ceux qui connaissent déjà la "mythologie" de la série. Ils n'apprendront pas grand-chose. Mais, pour les néophytes, cette novella se montre passable. Elle est désormais ajoutée en "bonus" de l'édition du roman originel (MEG), ce qui lui convient parfaitement: MEG ORIGINS s'avère simplement un petit "plus" que les amateurs de la série liront avec plaisir mais sans aucune passion. Il est d'ailleurs conseillé, pour ceux qui débutent la saga, de commencer par ORIGINS et d'enchainer ensuite sur le roman principal.

Reste dans cette histoire vite emballée (et vite lue) un bon climat de camaraderie virile à la manière d'une série B des 80's avec des protagonistes qui rigolent beaucoup, causent nichons et lancent des blagues douteuses y compris lorsque leur vie est menacée. Pas de doute, Steve Alten avait le cinéma en ligne de mire et sa persévérance finit par payer puisque les deux (pour l'instant) long-métrages tirés de ses romans connurent un beau succès commercial.

Sans prétention, les MEG constituent des divertissements agréables. Des variations un peu plus sérieuses et travaillées des innombrables sharksploitations à bases de squales préhistoriques géants qui ont inondés les chaines câblées depuis le début des années 2000. Cette novella demeure fidèle aux fondamentaux de la série et offre une heure et demie de détente. On peut s'en contenter.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Animal Attacks, #Sharksploitation, #Aventures, #Roman court (Novella)

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Publié le 18 Janvier 2023

AZTEQUES de Vonda McIntyre

Née en 1948, Vonda McIntyre est une romancière américaine ayant récolté nombre de prix prestigieux comme le Nebula et le Hugo (pour LE SERPENT DU REVE). Elle reste pourtant assez méconnue en Europe. Son premier roman, LOUE SOIT L’EXIL, fut publié en 1975. Peu prolifique, McIntyre n’a écrit qu’une douzaine de romans originaux (dont deux situés dans l’univers Star Trek et un dans la galxie Star Wars) auxquels s’ajoutent trois novelisations (encore de la saga « Star Trek ») et un grand nombre de nouvelles, courtes ou longues. AZTEQUES appartient à cette dernière catégorie et, avec ses 70 et quelques pages, se rapproche de ce que les Anglo-Saxons appellent une novella. En France, AZTEQUES fut publiée dans une intéressante mais éphémère collection, « Etoile Double », sous la bannière de Denoel. Le principe était simple : publier deux longues nouvelles (ou courts romans) n’ayant souvent aucun lien entre eux exceptés leur longueur. AZTEQUES fut ainsi accolé à l’excellent LA FOSSE DES ETOILES de Delany.

L’œuvre de McIntyre s’inscrit, elle aussi, dans le cadre du space-opéra et débute par ses mots intriguant : « c’est de très bon cœur qu’elle abandonna son cœur ». Nous suivons Laenae, laquelle rêve d’aventures et souhaite rejoindre la classe des Pilotes. Pour cela elle doit sacrifier son cœur humain et subir une opération visant à lui implanter un organe artificiel afin de permettre à son corps de supporter les voyages dans l’espace. Elle devient rapidement fière de la nouvelle appartenance à cette caste mystérieuse, exhibant crânement la cicatrice qui témoigne de sa nouvelle vie.

En peu de pages et avec une belle économie de mots, McIntyre construit un space-opéra contemplatif, où l’action se fait rare. La psychologie de la principale protagoniste est ici plus importante que les voyages dans le vide stellaire. Une histoire d’amour contrariée avec un homme au patronyme étrange (Radu Dracul) fournit l’épaisseur nécessaire à un récit centré sur la perte d’humanité acceptée par l’héroïne. L’auteur nous permet donc de suivre la nouvelle vie (notamment sexuelle) de cette apprentie astronaute une fois qu’elle s’est intégrée aux pilotes.

Un texte court mais riche (comme quoi il n’est pas toujours nécessaire de pondre des centaines de pages pour réussir de la belle science-fiction) et réussi pour un bel exemple de cette nouvelle vague plus mature et humaniste (voire féministe) apparue durant les seventies. McIntyre en tira d’ailleurs quelques années plus tard un roman plus développé, SUPERLUMINAL.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Roman court (Novella), #science-fiction, #Space Opera

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Publié le 28 Novembre 2022

LA BABY SITTER de Gudule (Anne Duguël)

La Bruxelloise Anne Dugüel, alias Gudule (1945 – 2015) donne un nouveau sens au terme prolifique puisqu’elle a écrit plus de 200 livres, tant pour les adultes que pour les plus jeunes.

Elle nous conte ici les aventures de Lucy, une baby-sitter particulière qui aime raconter des histoires aux enfants dont elle a la garde. Parfois, elle se laisse emporter par son personnage et les contes de fées deviennent un peu trop macabres. Venue s’occuper de deux jumeaux, Cyril et Violette, dans une maison isolée des Cévennes, Lucy va, durant un week-end, leur conter d’étranges histoires…quitte à devenir elle-même un avatar de l’Ogre ou du Grand Méchant Loup.

Ce court roman a l’apparence d’un conte de fées macabre : l’auteur prend le soin de brouiller les pistes entre les victimes et les bourreaux, faisant tour à tour pencher la sympathie du lecteur vers sa baby-sitter au douloureux passé ou vers ses bambins (peut-être) pas si innocents qu’ils ne le paraissent.

Voici donc une lecture agréable dont il y a finalement peu à dire car mieux vaut aborder ce court roman sans trop savoir dans quoi on se lance. Le lecteur n’en sera que davantage surpris. L’ensemble alterne, forcément, une atmosphère enfantine puisée dans les contes et un climat horrifique qui n’hésite pas à donner dans le malsain. C'est donc un roman glauque et divertissant, teinté d'humour très noire, une ré-visitation sanglante des contes de fées dans leurs versions non édulcorées, du Hansel & Gretel réactualisé pour 1001 nuits macabres.

Une bonne surprise pour une lecture efficace dont la brièveté est appréciable au long de ces 160 pages bien tassées et sans gras superflu. Publié une première fois sous le (vrai) nom d'Anne Duguël dans la Collection Frayeurs de Jean Rollin, le roman a été réédité dans une intégrale chez Bragelonne, "Le club des petites filles mortes".

 

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Fantastique, #Horreur, #Roman court (Novella)

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Publié le 26 Novembre 2022

LA MAISON DES JEUX TOME 2: LE VOLEUR de Claire North

Deuxième volet de la trilogie consacrée à la Haute Loge, une maison de jeux où tout peut être misé, y compris des connaissances ou des années d'existence. Le premier tome se situait à Venise au XVIIème siècle, celui-ci effectue un bond de 300 ans pour nous plonger dans la Thaïlande de 1938. Remy Burke accepte une partie de cache-cache contre le très retors Abhik Lee, prêt à tout pour l'emporter. Déjà, Remy s'est fait piéger dans les grandes largeurs par son adversaire: éméché, il a accepté de mettre en jeu toute sa mémoire dans une partie de cache-cache à travers la Thaïlande. Un pays où il ne connait personne et où son apparence occidentale l'empêche de se dissimuler. Abhik Lee, de son côté, joue sur son territoire et dispose d'importants moyens pour l'emporter. Ce qui implique que la partie est faussée dès le départ. Dès lors pourquoi la Maison des Jeux, réputée pour sa neutralité, l'a-t-elle acceptée?

Deuxième roman court de Claire North sur ces "casinos" d'un genre très particuliers, LE VOLEUR débute de manière quelque peu longuette tandis que le héros déboussolé essaye de se cacher de son adversaire. Une partie déstabilisante, façon "étranger en terre étrangère", qui pose les bases d'un récit comme toujours sibyllin. Néanmoins, l'intrigue se met en place progressivement, au fil des rencontres du principal protagoniste avec d'autres joueurs. Il doit, en effet, impérativement trouver de l'aide pour espérer l'emporter face à son très déterminé adversaire.

Avec cette deuxième livraison, le lecteur en apprend un peu plus sur la Haute Loge, organisation qui régit la destinée du monde depuis des lustres. Mais l'auteur ne distille les informations qu'au compte-gouttes, gardant une large part de mystères sur les mécanismes de fonctionnement de cette Maison des Jeux. Les joueurs disposent de "cartes" qu'ils peuvent jouer aux moments opportuns et qui, généralement, représentent des individus susceptibles de leur apporter leur aide. Dès lors, l'Histoire se revisite de manière complotiste puisque la Maison des Jeux existe de tout temps et en tout lieu, influençant les événements du monde dans un but secret. Le premier tome adoptait le principe classique du candide: il suivait une nouvelle joueuse découvrant les bases de ces parties épiques, le second tome, également classiquement, nous place aux côtés d'un joueur expérimenté mais ici dépouillé de ses avantages. D'où un affrontement à la façon de David contre Goliath tandis qu'en coulisse la Haute Loge, soi-disant neutre, tire les ficelles et avance ses pions en vue, probablement, d'un champ de bataille planétaire à venir. Réponses (?) aux nombreuses questions en suspens dans le dernier volet…

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Fantastique, #Roman court (Novella), #science-fiction

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Publié le 7 Novembre 2022

RETOUR AU PAYS de Robin Hobb

Ce très court roman (ou longue nouvelle) constitue un prélude aux deux cycles les plus connus de Robin Hobb, LES AVENTURIERS DE LA MER et L'ASSASSIN ROYAL. Pour qui souhaite découvrir cet auteur sans se lancer dans des cycles énormes, RETOUR AU PAYS s'avère une introduction acceptable.

Dame Carillon part avec sa famille et ses possessions pour établir une colonie dans un lieu lointain. Hélas, la voilà obligée de cohabiter avec sa servante au fond d'une cale. En réalité, notre dame est contrainte à l'exil par suite des conspirations de Monsieur contre le gouverneur. Après quelques péripéties, elle se retrouve dans le très inhospitalier Désert des Pluies. Le récit prend donc l'aspect d'un apprentissage, l'héroïne devant renoncer à ses privilèges pour survivre dans cet environnement peu accueillant.

Agréable et bien mené, avec la plume efficace coutumière de Robin Hobb, cette novella narrée à la première personne, à la manière d'un journal intime, se lit avec plaisir. L'évolution du personnage principal et sa découverte progressive des dangers du Désert des Pluies en font une lecture rapide et plaisante. Toutefois, les amateurs de fantasy épiques courageux poursuivront la saga avec le monumental cycle des AVENTURIERS DE LA MER.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Aventures, #Fantasy, #Roman court (Novella)

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Publié le 23 Octobre 2022

HOUSTON, HOUSTON, ME RECEVEZ-VOUS? de James Tiptree Jr

Cette célèbre novella (qui valut le Hugo et le Nebula à James Tiptree Jr) s’intéresse à trois astronautes mâles de retour vers la Terre. Alors qu’ils essaient de contacter Houston, nos voyageurs de l’espace entrent en communication avec quelques femmes et se rendent compte qu’ils ont effectué un bond dans le temps. Les voici projeté quelques trois cents ans dans l’avenir. Avec l’aide des femmes, nos astronautes entreprennent de modifier leur trajectoire pour se diriger, en toute sécurité, vers le plancher des vaches. Mais, rapidement, ils se rendent compte qu’on leur cache quelque chose…

James Tiptree Jr dissimule en réalité Alice Sheldon, témoignage d’une époque où la science-fiction comptait peu d’auteurs féminines. Tiptree / Sheldon se distingua surtout par de nombreuses nouvelles (« Comme des mouches » obtient par exemple le Hugo dans cette catégorie) et quelques novellas ou romans courts réputés comme UNE FILLE BRANCHEE (lui aussi gagnant du Hugo), LA SEULE CHOSE A FAIRE (Locus) ou ce HOUSTON, HOUSTON ME RECEVEZ-VOUS, sans doute son œuvre la plus célèbre qui remporta le Hugo, le Nebula et l’éphémère Prix Jupiter.

Le récit, mené à bon rythme par sa brièveté, n’est sans doute pas franchement surprenant (le lecteur devine assez rapidement les tenants et aboutissants de l’intrigue), mais se suit néanmoins avec intérêt et fonctionne avec une efficacité éprouvée. Assez précurseur, ce court roman présente une société matriarcale, traite de la violence masculine, évoque les problèmes environnementaux et questionne la place de la religion. Le tout en 150 pages. Comme quoi il n’est pas toujours nécessaire d’étirer une intrigue sur plusieurs tomes pour accoucher d’un bouquin à la fois divertissant et intelligent. Il est amusant de noter que le livre, d’abord taxé d’outrancièrement machiste (à l’époque où il était signé James Tiptree Jr) pour son discours voyant les Hommes comme des prédateurs sexuels insatiables, se trouve à présent encensé par les féministes qui font d’Alice Sheldon un fer de lance de l’anti-masculinisme radical. Qu’importe les interprétations ou le sous-texte du récit, l’ensemble constitue simplement du bel ouvrage devenu un classique de la science-fiction ! A redécouvrir.

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