thriller

Publié le 26 Février 2024

LES SECRETS MAYAS de Thomas Perry et Clive Cussler

Encore une saga sous la plume (ou du moins la « supervision ») de Clive Cussler, celle des Fargo, entamée par Grant Blackwood avec L’OR DE SPARTE. Bon, comme c’est le cinquième opus de la série on zappe les présentations sans toujours comprendre ce que sont vraiment nos Fargo. On note simplement qu’il s’agit d’un couple d’aventuriers milliardaires et apprentis archéologues, adeptes des vins très chers et des vêtements de prix, bref une sorte de déclinaison moderne de la série télé « Pour l’amour du risque » (pour nos plus vieux lecteurs). Mais les Fargo ont grand cœur et après un dévastateur tremblement de terre au Guatemala ils portent assistance à la population en leur fournissant vivres et denrées de premières nécessités. Ils s’emparent également d’un Codex maya mystérieux qu’ils font sortir du pays pour éviter de le voir tomber dans des mains malavisées. Ce qui contrarie fortement une businesswoman peu scrupuleuse associée à des trafiquants de drogue. Les Fargo voient donc leur tête mise à prix et vont devoir ruser pour se sortir de cette dangereuse situation.

Typique de l’école Cussler, le roman débute par un flashback historique avant de se poursuivre à notre époque dans un mélange d’aventures et de thrillers influencés par la vague ésotérique / conspirationniste. Les Fargo ne sont toutefois pas les protagonistes les plus intéressants croisés dans un « Cussler » : ils sont unidimensionnels, possèdent toutes les qualités, n’hésitent même pas une seconde à refuser une somme faramineuse pour un artefact archéologique et se sortent de toutes les situations par leur talent, la chance et leurs relations. On ne trouve aucun érotisme dans le roman, ce qui est un « plus » ou un « moins » selon les sensibilités. Evidemment Rémi, l’héroïne, est d’une beauté renversante, tout le monde s’en doute. Bref, les Fargo c’est quand même le niveau zéro de la caractérisation. Ils sont super riches, super beaux, super intelligents et super bien entourés, au point qu’il parait impossible de ne pas les voir réussir tout ce qu’ils entreprennent. A côté Bob Morane et Doc Savage sont des protagonistes complexes.

Cette caractérisation à la serpe passerait probablement mieux si le récit n’était pas aussi simpliste. L’argument « maya » parait d’ailleurs un simple gimmick. Comme la super criminelle s’adonne aussi au trafic de drogue cet ajout reste anecdotique. Nous sommes loin des meilleurs « Cussler » dans lesquels les aspects historiques et l’aventure moderne se combinent harmonieusement. Evidemment, le véritable auteur, Thomas Perry, est le responsable de ce semi-échec. Néanmoins ne soyons pas trop sévère : le roman se lit sans déplaisir, avec ses chapitres courts, ses rebondissements (parfois téléphonés) et son côté page-turner sans génie toutefois mitonné de manière professionnel. En définitive un bouquin potable, dans une honnête moyenne, quoique décevant en regard des possibilités et du nom de Cussler en gros caractères sur la couverture.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Action, #Aventures, #Thriller, #Clive Cussler

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Publié le 3 Octobre 2023

WEEK END FATAL de Christopher Pike

Publié dans la collection d’angoisses pour ados « Peur Bleue », voici un bon thriller du spécialiste Christopher Pike, un de ses romans façon whodunit dans lesquels les protagonistes cachent de lourds secrets.

Voici un an, une dizaine de jeunes gens se retrouvent pour une soirée festive à base de flirts et d’alcool. Cependant, les choses tournent mal et une des participantes, Robin, boit un verre de bière empoisonné. Elle s’en sort de justesse mais avec de graves lésions aux reins qui lui demandent des dialyses quotidiennes dans l’attente d’une greffe. Aujourd’hui, tous les jeunes se retrouvent pour une fête de classe. Bizarrement, à l’exception d’un mystérieux nouveau venu, tout ceux qui répondent à l’invitation étaient déjà présents lors de la tragédie antérieure. Se pourrait-il qu’ils soient réunis pour enfin établir la vérité sur la tentative de meurtre à l’encontre de Robin ?

Avec sa construction habile qui plonge directement le lecteur dans l’ambiance puis lui propose un long flash-back, WEEK END FATAL déroule une intrigue de vengeance parfois capilotractée mais indéniablement fun, dans l’esprit d’un « Souviens-toi l’été dernier ». Les personnages sont bien brossées sans trop s’éloigner des stéréotypes : la bimbo salope, le bad boy, la fille sensible en connexion avec la nature, le surfeur abruti mais sympa,…Nous avons droit aux rivalités adolescentes, aux blagues de mauvais goût et, lors du dernier acte, à de dangereux serpents convoqués pour démasquer le coupable. On note une vague touche fantastique avec la présence d’un étrange corbeau et même le classique « Sorcier Peau-Rouge » effectue une apparition. Sans oublier quelques notes d’humour. Un parfait cocktail pour une lecture détente destiné aux amateurs de thriller / fantastique / slasher pour « young adults ».

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Thriller, #Horreur, #Fantastique, #Young Adults, #Jeunesse

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Publié le 20 Juin 2023

LA CHASSE de Bernard Minier

Fin octobre 2020. Samuel Patty vient d’être assassiné. Manu 1er va annoncer le reconfinement. Trump croit encore qu’il peut gagner les élections. Et une jeune racaille de banlieue est flingué par des adeptes de la chasse à l’homme. Heureusement Servaz est mis sur l’affaire et la résout en deux temps trois mouvements…Mais en blablatant beaucoup.

La France de Minier n’est pas très plaisante, entre racailles fouteurs de merde, petits dealers qui gagnent des fortunes dans les cités, islamistes toujours plus agressifs, squatteurs impossibles à déloger et profs aveuglés par le vivre-ensemble, la repentance et le gauchisme satisfait. Flic c’est vraiment un boulot de merde, plus personne ne veut le faire. Ceux qui s’accrochent se font ridiculiser par des gamins ayant déjà 50 arrestations au cul que des juges s’empressent de relâcher, convaincus par leur avocat qu’en fait ils ont juste eu la malchance de naitre au mauvais endroit. Bon, tout ça alourdit quand même pas mal l’intrigue de digressions sociopolitiques lourdingues que les personnages, même secondaires, aiment déclamer de manière littéraire (parfois un peu trop pour la crédibilité générale). Le commandant nous interroge le chef d’un squat et hop, un discours sur l’indigénisme, le colonialisme, etc. Il part discuter avec la prof de la victime et celle-ci nous explique l’islamisme qui progresse dans les lycées et les salles de sports. Minier ancre son récit dans le réel, instaure un climat en zappant d’une chaine d’infos à une autre, d’autant que nous sommes en période électorale américaine et à quelques jours de l’annonce d’un reconfinement, ce qui permet en plus de parler masques (« symbole d’une société muselée ») et hygiène à de nombreuses reprises.

En poche le bouquin pèse 500 pages. On enlèverait les passages anti-masques / anti-confinement on retomberait à 400. Mais si on supprimait toutes les considérations socio-politiques Minier aurait bien du mal à dépasser les 200 pages tant l’intrigue se révèle fine comme du papier clope. Les coupables sont connus immédiatement, leurs motivations évidentes et le suspense quasiment inexistant. Minier donne l’impression de réécrire la novelisation de « Chasse à l’homme » avec Van Damme combiné à « Magnum Force » et d’y ajouter 300 pages sociopolitiques pour « élever » le sujet.

Bon, c’est courant dans le polar / thriller de digresser. Mais ici le lecteur a parfois l’impression que la véritable digression c’est l’enquête proprement dite et que la seule chose qui intéresse Minier c’est de blablater sur l’état de la société. En effet, le gros du bouquin se compose de ces réflexions sur le monde qui « s’ensauvageone » et ne « va pas bien ». Les personnages, en plus, ne sont pas très intéressants, exceptés les anciens militaires qui reprennent la justice en main mais bien sûr Minier ne prend pas leur parti. Et le final, quelque peu expédié, laisse une impression de « tout ça pour ça ». Et surtout l’ensemble, après un début efficace, se montre bien ennuyeux.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Thriller

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Publié le 13 Février 2023

LEGION: A FLEUR DE PEAU de Brandon Sanderson

Le retour de Stephen, détective souffrant d'un syndrome de personnalités multiples : il voit des "aspects", c'est-à-dire des personnes qui n'existent pas et qui sont autant de facettes de lui-même. Pourtant, ces "créations" aident Stephen dans ses enquêtes, chacune disposant de compétences exclusives: expertise en combat, psychologie, tir au révolver, etc.

Brandon Sanderson reprend le principal protagoniste de sa longue nouvelle LEGION pour une nouvelle enquête, cette fois d'un peu plus de 200 pages. Ce court roman peut néanmoins se lire de manière indépendante puisque l'auteur débute doucement son récit, rappelant subtilement au lecteur le concept.

L'énigme, de son côté, donne plus classiquement dans le policier mais revisité par la science-fiction tendance cyberpunk. Stephen recherche ici un homme transformé, après sa mort, en une sorte de disque dur géant où sont stockées des informations importantes.

A FLEUR DE PEAU ne traine pas en route: avec sa pagination restreinte, l'auteur, pourtant réputé pour ses pavés, doit aller vite et assurer un rythme enlevé. Le côté polar l'oblige à avancer sans trainer vers la résolution du mystère et les éléments science-fictionnels ou les questionnements plus philosophiques (au sens large) se greffent naturellement sur le récit.

L'exploration de la "maladie" du héros se fait par petites touches, permettant au lecteur de s'intéresser davantage à ce personnage attachant, voire fascinant par ses personnalités multiples bien trempées et parfois tentées par une certaine indépendance. Ces velléités d'émancipation ajoutent quelques notes d'humour qui allègent la lecture et la rendent très plaisante.

Avec ce deuxième tome plus consistant que le premier, Sanderson réussit un beau patchwork entre science-fiction, comédie, thriller et mystère policier traditionnel. Vivement conseillé!

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Novella (roman court), #Thriller, #Cyberpunk, #science-fiction

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Publié le 9 Février 2023

RELIC de Preston & Child

La première enquête de Pendergast se distingue des suivantes, ne serait-ce que parce que l’inspecteur n’y a finalement qu’un rôle secondaire. Nous sommes dans le musée d’Histoire naturelle de New York où se produit une série de meurtres sanglants et inexplicables. Au fil des pages la vérité se fait jour : le responsable s’avère une créature hybride, un mutant tenant à la fois du gecko et du primate, suffisamment intelligent pour hanter les couloirs du musée depuis des années sans être repéré. Classiquement, « façon Dents de la mer » (et surement même avant), les responsables tentent d’étouffer l’affaire sous peine de perturber le lancement d’une ambitieuse exposition consacrée aux superstitions et qui, logiquement, devraient attirer de nombreux curieux.

Le roman se divise grosso modo en deux parties : une mise en place un brin languissante avec présentation des personnages et de leurs problèmes, hypothèses scientifiques et recherches dans le style policier pour découvrir l’auteur des meurtres. Le tout additionné de querelles internes et autres luttes de pouvoir. D’abord entre les différents chercheurs qui se tirent dans les pattes, certains estimant, par exemple, la future exposition comme trop sensationnaliste et pas assez sérieuse. Cette première partie est quand même un peu ennuyeuse avec beaucoup de description et des tas de passages scientifiques parfois laborieux. Ensuite l’arrivée de Pendergast génère de nouveaux conflits et même un véritable bras de fer entre ce policier posé du Sud (bref, un plouc pour les savants du musée) et les responsables de l’exposition qui refusent de reporter son inauguration. A partir de là, RELIC commence à se montrer plus nerveux et intéressant.

La seconde partie (qui occupe environ un tiers du roman) donne davantage dans le thriller fantastique légèrement teinté d’horreur à la manière de « Alien » ou, pour reprendre une des accroches d’un « Jurassic Park en plein New York ». Le bouquin, jusque-là assez lent, devient davantage un page-turner classique. Peut-être une conséquence de l’écriture à quatre mains, comme si un des auteurs s’intéressait davantage au récit scientifique et à la « vie » d’un musée tandis que l’autre se préoccupait surtout d’action. Dès lors, durant environ 150 pages, la bestiole sème la mort dans le musée et les héros tentent de la supprimer à la manière d’un bon vieux film de monstre. C’est d’ailleurs l’option choisie par l’adaptation cinématographique.

En résumé, un roman sympathique et agréable à lire en dépit d’une mise en place qui eut mérité d’être dégraissée. Mais le dernier acte, efficace et nerveux, rachète en partie ses scories et termine ce RELIC sur une note positive.  

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Preston & Child, #Pendergast, #Thriller, #Fantastique

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Publié le 29 Janvier 2023

LA CLE DE L'APOCALYPSE de James Rollins

Voilà du blockbuster littéraire qui pourrait même titiller la queue de Michael Bay si celui-ci daignait ouvrir un bouquin. Car James Rollins ne lésine pas sur l’action explosive durant près de 600 pages. Les aventures de la Sigma Force c’est du costaud, un mélange entre James Bond, Dan Brown, Clive Cussler et la Delta Force de Chuck Norris.

Au programme ? La fin du monde, l’apocalypse et tutti Chianti comme dirait Hannibal Lecter. Car nous ne sommes pas là pour rigoler : Saint Malachie l’a prédit, dans sa très douteuse prophétie des papes, Rome va bientôt être détruite. Extinction générale, le dernier qui meurt éteint les lampes en partant. Sur le terrain de la guerre totale nous avons d’un côté les gentils (l’agence américaine secrète de la Sigma Force venue donner une bonne branlée aux vilains) et de l’autre les méchants (La Guilde, une société tout aussi secrète mais pas cool) avec au milieu des sociétés agricoles bien intentionnées mais aux moyens légèrement radicaux. En gros on tue beaucoup de gens pour que ceux qui survivent n’aient plus de soucis d’alimentation. L'auteur ajoute à ce schéma le côté religieux et mystique devenu indispensable à tout gros thriller page turner digne de ce nom depuis le succès du Da Vinci Code. Donc manuscrit disparu depuis des années, eschatologie, prêtre louche sur les bords,…Nos héros, eux, partent à la chasse au trésor autour du monde : grottes inexplorées, pièges bien vicelards, cavernes cachées, armes super sophistiquées, etc. Le lecteur voyage, effectue un détour par l’abbaye de Clervaux puis part détruire une partie du Colisée. Finalement on se retrouve en Scandinavie, dans le « grenier de la planète », là où sont conservées des millions de graines pour relancer la vie en cas de catastrophe majeure. Et on case même Merlin et Avalon parce que c'est toujours sympa.

Bref, l’auteur reprend les recettes d’un Clive Cussler ou d’un Dan Brown en poussant davantage les curseurs de l’action pure. Mais les mécanismes restent d’une grande efficacité : exotisme, ésotérisme, une touche de romance, un mystère peu à peu dévoilé, de nombreux lieux visités, des anecdotes historiques habilement distillées et, surtout, beaucoup de poursuites, de fusillades et d’explosion. Ca avance vite, ça pétarade et le lecteur n’a jamais le temps de s’ennuyer devant ce déferlement de destructions massives. Si le roman n’évite pas les tics traditionnels de ce genre de « page turners » (en dépit des péripéties incessantes et des rebondissements nombreux l’intrigue demeure classique et linéaire, sans véritable surprise), le tout permet de passer un bon moment.

Du roman bien burné, qui sent la testostérone à cent mètres et donne envie de lire d’autres aventures de cette Sigma Force. Fun et sans prétention.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Action, #Aventures, #Thriller, #Technothriller, #James Rollins, #Sigma Force

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Publié le 24 Janvier 2023

GORE STORY de Gilles Bergal

Avec une idée de base entre LA PART DES TENEBRES et MISERY, Gilles Bergal livre un nouveau roman Gore après ceux publiés dans la mythique collection du Fleuve Noir (CAMPING SAUVAGE et l’excellent CAUCHEMAR A STATEN ISLAND) et les « retrouvés » disponibles à la Rivière Blanche (AMOK et LA NUIT DES HOMMES LOUPS).

Auteur de polar sous son nom de Gilbert Gallerne, l’auteur propose, chez Trash Editions, ce bon récit qui se lit très vite. L’intrigue est classiquement efficace, rondement menée et rythmée. Ramassée sur 150 pages, elle alterne avec bonheur suspense, humour et scènes sanglantes.

Fabien, l’auteur de la saga à succès de Bloody Marie a décidé, au terme de dizaines d’aventures, de supprimer son héroïne envahissante. Pour quoi faire? Se consacrer au « grand roman » qui lui vaudra les honneurs de la critique et le plaisir des soirées cocktails / petits fours. Les fans de la tueuse sadique ne sont, de leur côté, guère heureux de cette décision. Bientôt l’entourage de Fabien se voit décimé par un cinglé. Ce-dernier s’amuse à reproduire, dans la réalité, les pires crimes de Bloody Marie. Fabien va-t-il craquer et ressusciter la meurtrière littéraire ? Ou découvrir l’identité de l’assassin avant qu'il n'en soit, lui-même, la victime ?

Amusant et saignant, GORE STORY retrouve le style des précédents bouquins horrifiques de l’auteur, loin de la surenchère vomitive (et souvent stérile) de nombre de ses confrères francophones de l'époque Gore.

Ici l’intrigue se tient parfaitement, à la manière d’une enquête policière effective avec ses suspects, ses victimes et ses rebondissements bien amenés. Le gore se pose sur le récit comme une couche supplémentaire de divertissement macabre et grand-guignolesque sans jamais sombrer dans le répugnant. La résolution se montre convaincante et les dernières lignes, teintées d’humour très noir, achèvent sur une note largement positive ce très plaisant roman populaire gore et fun. Une bonne pioche!

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Gore, #Polar, #Roman de gare, #Thriller, #Trash Editions

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Publié le 5 Janvier 2023

LEGION de Brandon Sanderson

Spécialiste des romans très (mais alors très) longs, Sanderson propose parfois des novellas comme ce LEGION qui se centre sur Stephen Ledds. Un personnage profondément atypique et dérangé qui vit entouré d’une troupe d’hallucinations générées par ses personnalités multiples. Ces « avatars » sont dotés, comme Ledds, de capacités incroyables qui amène ce / ces héros (« nous sommes plusieurs ») à enquêter sur une invention révolutionnaire capable de photographier le passé. Dès lors, Ledds voisine avec ces différents « aspects » de lui-même, passant du calme savant au déjanté adepte du flingue. Chaque hallucination lui apporte son aide, ce qui lui sera bien utile au cours d'un récit mené tambour battant.


L’intrigue, elle, fonctionne comme un techno-thriller en vogue avec son invention mystérieuse, ses questionnements philosophico-historico—religieux (que faire de cette découverte permettant de prouver l’exactitude, ou non, des faits historiques?), ses méchants terroristes, son énigme à l’américaine (Jésus qui es-tu ?) et son rythme enlevé. Mais là où Dan Brown, Clive Cussler ou Steve Berry se répandent souvent sur 500 pages bien tassées, Sanderson se contente de 100 pages pour emballer son récit. Une contrainte à la fois agréable (le court roman se lit en moins de deux heures) et frustrante car l'idée de départ aurait permis davantage de développements. Même si l'auteur reviendra ultérieurement à son protagoniste "multiple", on en ressort un peu frustré.


Victime de sa concision, LEGION n'en reste pas moins une lecture divertissante, dans l’esprit d’un pilote de série télé rondement menée, entre polar, aventure, énigme et science-fiction. Une agréable récréation à déguster d'une traite.
 

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Novella (roman court), #Polar, #Thriller, #science-fiction

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Publié le 16 Novembre 2022

LES SAINTES RELIQUES de Steve Berry

Et hop! Du thriller d'aventures historico-politico-ésotérique! Steve Berry est déjà une valeur sûre de la littérature de divertissement depuis une vingtaine d'années avec son personnage de Cotton Malone, sorte de croisement entre James Bond et Indiana Jones qui aurait beaucoup lu Dan Brown et Clive Cussler.

L'intérêt de ce nouveau bouquin? Il débute à Bruges et toute sa première partie prend place en Belgique. Car Malone, en visite pour acheter des livres anciens dans la Venise du Nord, décide d'aller observer le Saint Sang, une des plus précieuses reliques chrétiennes. Depuis le XIIème siècle, Bruges abrite en effet l'ampoule contenant le sang de Jésus, recueilli par Joseph d'Arimathie. Or, la relique est volée par des hommes armés et Malone apprend que d'autres vestiges sacrés ont subi dernièrement le même sort. Quel peut-être le lien entre les "sept armes christiques" et l'agitation politique en cours en Pologne qui vise à exercer un chantage à l'encontre de son président? Malone se retrouve entre différents agents secrets et entame une course contre la montre dont peut dépendre la sécurité mondiale.

Avec LES SAINTES RELIQUES (un titre légèrement trompeur car l'essentiel de l'intrigue tourne surtout autour des tensions grandissantes entre la Pologne, les Etats-Unis et la Russie), Steve Berry concocte un thriller page turner comme les Américains (et quelques Français) en possèdent le secret. Clive Cussler, Dan Brown, Giacometti / Ravenne, James Rollins, Raymond Khoury et quelques autres ont balisé les grandes lignes de ces aventures trépidantes et érudites. L'auteur nous emmène ainsi de Bruges à Cracovie, nous offre de plaisantes leçons d'histoire et mitonne des rebondissements à intervalles réguliers, dans une manière de procéder héritée du serial. Le héros se trouve ainsi régulièrement en mauvaise posture et les cliffhangers de fin de chapitre obligent à poursuivre la lecture. D'autan que le romancier use classiquement d'une narration alternée qui permet de varier les points de vue et entremêle adroitement les différentes sous-intrigues.

Le roman remet également en mémoire toute l’horreur du communisme, l’auteur rappelant la condition des Polonais soumis à l’abjecte peste rouge d’un régime gangréné par la corruption. Toutefois, Steve Berry solde les comptes en campant un président des Etats-Unis complètement stupide, belliqueux et riche, un Warner Fox antipathique à souhait. Toute ressemblance avec un personnage existant serait bien sûr volontaire.

Le style est simple, sans prétention, mais efficace et soignée, du travail propre qui ne cherche pas à épater le lecteur, simplement à le plonger dans l'action à la manière des romans de gare de jadis mais en plus travaillé. Ainsi, les dernières pages reviennent sur les évènements du livre et décortiquent la réalité de la fiction avec honnêteté.

Passons au négatif! La construction de l'ouvrage, un peu étrange, laisse parfois penser à deux intrigues différentes qui ne s'accordent pas tout à fait, comme si l'auteur avait voulu écrire un roman sur les reliques chrétiennes pour comprendre, à mi-parcours, qu'il ne possédait pas la matière nécessaire à tenir 500 pages. Ainsi, malgré le rythme, Berry semble parfois délayer quelque peu un récit qui aurait pu être raccourci d'une centaine de pages pour devenir encore plus tendu. Mais qu'importe ces bémols car le lecteur passe un bon moment et les chapitres courts (encore une caractéristique du genre) s'enchainent à vivre allure pour relancer la machine à chaque baisse de régime.

Un bon thriller politique, historique et (un peu) ésotérique avec toute la science d’un auteur de page-turner qui brocarde également, à mot couvert, à la fois la présidence américaine et la pourriture communiste. Ce qui ne fait jamais de mal à une époque où la bête immonde de l’extrême-gauche relève sa tête infâme.

 

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Publié le 27 Juin 2022

DIRTY WEEK END de Helen Zahavi

Travailleuse du sexe d’une vingtaine d’années, Bella est harcelée par un type, Tom, qui s’amuse à lui passer des appels téléphoniques obscènes avant de l’agresser dans un parc. Devant l’impuissance et l’indifférence de la police, Bella décide de réagir. Elle s’introduit dans l’appartement du harceleur et lui fracasse la tête à coups de marteau. L’acte, libérateur, la pousse à s’acheter une arme. Un week-end sauvage débute, scandé par les meurtres d’une poignée d’hommes qui croisent le chemin de la justicière.

Premier roman d’Helen Zahavi, DIRTY WEEK END fut violemment attaqué par la critique. Le Sunday Times suggéra même que l’autrice était folle. De son côté, Salma Rushdie n’apprécia guère ce livre « immoral ». Une députée britannique milita même pour son interdiction, ce qui lui valut son petit succès de scandale, aucun autre roman n’ayant, depuis, subi pareil sort. Le bouquin était « malsain », « dangereux » et surtout (horreur pour les fragiles !) « réactionnaire ». Bref, il n’était « pas bien ». Bizarrement, depuis, il est vu comme une métaphore féministe qui annonce metoo. Bref, il est devenu « bien ». On le reprend même comme lecture indispensable pour comprendre notre époque. Comme disait MC Claude, « les temps changent ».

Bref, à l’époque, le roman était plutôt voué aux gémonies et condamné à brûler avec son autrice. D’ailleurs, la polémique ne se calma pas lorsque, deux ans plus tard, Zahavi signa le scénario de son adaptation cinématographique. En plus sous la caméra de Michael « Un justicier dans la ville » Winner, pas spécialement en odeur de sainteté chez la critique bien-pensante. Vous savez celle qui regarde ce genre de film la pince à linge sur le nez et se demande quel nouvel synonyme à facho elle va pouvoir placer dans son compte-rendu. Comme dit précédemment, depuis le roman a été adoubé par le féminisme contemporain radical (pléonasme). Le film, lui, a plus ou moins sombré dans l’oubli.

Dans son œuvre, Zahavi n’y va pas par quatre chemins : tous les mecs sont des ordures, pas l’un pour rattraper l’autre. People = shit ! Et la seule solution pour les pauvres femmes exploitées consiste à les abattre sans pitié. Bref, DIRTY WEEK END se montre extrême et violent mais, finalement, divertit comme un bon film d’auto justice ou un « rape and revenge ». Car, au-delà du style (phrases courtes, rythme nerveux, écriture hachée, redondances volontaires) que l’on pourrait qualifierait volontiers d’« élaboré dans son relâchement » (ou de relâcher dans sa recherche), le livre avance rapidement. En deux-cents et quelques pages pas le temps de s’ennuyer. Pas vraiment le temps pour un pamphlet non plus, ni de véritables introspections psychologiques. Tant mieux ! L’intrigue, basique et efficace, se suffit à elle-même. L’héroïne se confronte à la violence constante du mâle et y réagit par une violence encore supérieure. Du coup ça charcle. Glorification de la violence, de la loi du talion et de la justice expéditive renchérissent les critiques coincés. Bof ! Rien de bien neuf en réalité, juste l’équivalent littéraire de films comme « L’ange de la vengeance » ou « I spit on your grave », mètre / maitres étalons du rape and revenge cinématographique. Mais le tout s’avère bien emballé et efficace, rythmé, brutal, sanglant et nerveux.

Un roman en réalité nettement plus proche du « bis brutal » que du manifeste féministe socio-politique engagé qu’on nous en vend aujourd’hui. Et, en réalité, c’est bien mieux comme ça ! Le lecteur passe un bon moment et l’intrigue évolue de « Run ! Bitch run ! » à « Tue ! Salope tue ! ». Energique et fun.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Thriller

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