polar

Publié le 5 Juin 2022

SABOTAGE AUX 24 HEURES DU MANS de Martin Méroy

Le journaliste et romancier français Charles Ewald adopta l’alias de Martin Méroy pour écrire de nombreux bouquins policiers dans lesquels intervient son détective fétiche…Martin Méroy. Ce-dernier raconte donc ses enquêtes à la première personne et se conforme aux conventions du détective dur-à-cuir : sens de la déduction aiguisé, facilité au coup de poing, secrétaire sexy et disponible pour le repos du guerrier, grand sens de la répartie, dragueur impénitent,…De la fin des 50’s au début des 70’s, Martin Meroy mène donc ses investigations dans la tradition du pulp. Entre le policier traditionnel à énigme et le polar burné, ces petits romans s’avèrent souvent très plaisants, utilisant des énigmes et des whodunit travaillés fréquemment assortis de crimes impossibles ou de meurtres en chambre close. Ici, pas de ça. Il faut dire que nous sommes plutôt dans un lieu ouvert, à l’opposé des lieux clos chers aux romans policiers. Ce qui n’empêche pas le récit de multiplier les rebondissements et les sous-intrigues, lesquelles seront résolues par un privé qui utilise autant ses poings que ses petites cellules grises.

Comme le titre l’indique, Méroy se retrouve aux 24heures du Mans. Il doit y démêler une intrigue tortueuse à souhait : meurtre, vol de voiture, sabotage, coups fourrés en tous genre,…Le lecteur s’y perd mais s’amuse, sachant qu’il est vain de vouloir rivaliser avec le détective.  

L’humour est également de la partie, tout comme le côté sixties plaisant. D’ailleurs Méroy écarte immédiatement toutes les femmes de sa liste de suspects : impossible que l’une d’elles soit coupables puisqu’il faut un minimum de connaissance en mécanique.

Plaisant et léger, ce petit polar avance aussi vite qu’une formule 1 lancée sur le circuit du Mans et n’a d’autre ambition que de divertir le lecteur pendant une soirée. Réussi !  

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Policier, #Polar, #Whodunit, #Roman de gare

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Publié le 14 Mars 2022

A CORPS ET A CRI de Carter Brown

Auteur australien, Carter Brown (1923 – 1985) fut très prolifique et, en particulier dans les années 60 et 70, inonda littéralement la série noire avec des dizaines de polars « de gare » aux titres en forme de jeu de mots et aux couvertures ornées de demoiselles dévêtues.

A CORPS ET A CRI constitue la quarante et unième aventure traduite du lieutenant Al Wheeler dans la ville fictive de Pine City. Une femme est retrouvée poignardée dans le Starlight Hotel. En apparence il s’agit de Virginia Reid, employée et ancienne maitresse de Mike Hardesty. Venue identifier le corps, Donna Barnes, une amie de la défunte, a une sacrée surprise : il ne s’agit pas de Virginia mais bien de Carol, l’épouse de Mike Hardesty ! Virginia, qui avait loué la chambre, est, elle, introuvable. Le lieutenant Wheeler mène donc l’enquête, notamment sur la fortune du précité Mike, lequel s’est lancé dans l’espionnage industriel pour gagner sa vie.

En un peu moins de 200 pages, Carter Brown déroule une enquête solide et riche en rebondissements dans l’univers des partouzeurs de la bonne société. Wheeler se conforme aux clichés de l’enquêteur séducteur, buveur, un brin magouilleur et forcément dragueur et tombeur. Il utilise ses petites cellules grises mais ne dédaigne pas non plus faire le coup de poing pour parvenir à ses fins. L’écriture, sans être d’un très haut niveau, s’avère adaptée au propos : vive, rythmée, agrémentée d’une touche d’humour efficace et de quelques bons moments ma foi bien trouvé. L’aventure avance donc rapidement vers sa résolution, ponctuée d’une touche d’érotisme et d’une bonne rasade de violences. Du polar pulp parfaitement délectable même si rapidement oubliable. A condition de savoir à quoi s’attendre, le lecteur passe un moment divertissant dans le monde de Carter Brown et ce A CORPS ET A CRI donne l’envie d’en lire davantage.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Polar, #Roman de gare, #Whodunit

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Publié le 21 Février 2022

APRES de Stephen King

Stephen King revient avec un roman fantastique assez classique mais très bien mené. L’intrigue n’est pas franchement originale (le gamin précise d’ailleurs qu’il voit les morts mais pas comme dans « Sixième Sens ») mais la maitrise de l’écrivain rend le tout très agréable à lire.

Jamie est un enfant tranquille, élevé par Tia, sa mère célibataire, un agent littéraire en galère. Sa particularité est qu’il peut voir les morts avant que ceux-ci disparaissent dans « l’après ».  Sa mère lui demande de cacher ce don mais lorsque son principal auteur décède avant d’avoir terminé l’ultime volet de sa grande saga romanesque, le don de Jamie devient soudain très utile. En effet, les morts ne peuvent mentir. Liz, la copine flic de sa mère, décèle aussi le potentiel de ce don : empêtrée dans la corruption et accro à la drogue, Liz a besoin de redorer son blason. Quoi de mieux pour cela d’empêcher un malade de faire exploser une bombe ? Jamie va l’y aider et, ensuite, son existence ne sera plus du tout tranquille.

Avec APRES le King donne dans la concision et offre un roman court, volontairement aux limites du pulp, qui mélange drame social, récit d’apprentissage, polar et fantastique. Le King se place avec beaucoup de réussite aux côtés d’un jeune garçon pas comme les autres et se montre pleinement convaincant dans l’exercice par un style très vivant et crédible. L’intrigue, classique, avance néanmoins sur un rythme alerte, par de courts chapitres bien troussés qui donnent un véritable plaisir de lecture à ce bouquin bouclé en un peu plus de 300 pages. Quoiqu’il œuvre dans le pulp, le King n’en oublie pas de dresser, comme toujours, un portrait peu flatteur de l’Amérique à la dérive après la crise des subprimes. L’héroïne a tout perdu, ou presque, dans les combines de son frère, à présent terrassé par une sénilité précoce, et parqué dans un mouroir. Elle tente de se remettre à flot en compagnie d’une femme flic mais le couple se déchire sur la politique, Obama, etc. Et puis la policière est un peu trop adepte de la drogue et des pots-de-vin. Ce qui permet aussi au romancier d’évoquer les opioïdes utilisés par les Américains pour supporter le quotidien. Enfin, il égratigne le milieu littéraire en taillant un costard à un auteur de best-sellers romantico-érotico-historiques dont les « personnages sont perpétuellement en chaleur » ce qui permet une scène de sexe « toute les cinquante pages ».

Pour le lecteur ou l’écrivain, APRES s’apparente pratiquement à une récréation mais on aurait tort de bouder ce bouquin au prétexte qu’il est « mineur ». Une fois de plus, le King démontre son talent et sa maitrise complète de la construction narrative, de la caractérisation des protagonistes et de l’équilibre entre les éléments réalistes et le fantastique. Un grand cru camouflé en petit roman !

 

 

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Fantastique, #Polar

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Publié le 1 Février 2022

LES MECANOS DE VENUS de Joe Lansdale

Publiée en 1990, voici la première aventure de Hap Collins et Leonard Pine. Le premier est un blanc tranquille, ancien hippie ayant purgé quelques mois de prison pour avoir refusé d’aller au Vietnam. Le second est un Noir musclé, vétéran de cette même guerre et homo. Ils vivotent au Texas en acceptant des petits boulots mal payés. Mais lorsque débarque Trudy, l’ex-femme de Hap, la situation se complique. Sexy, manipulatrice, voulant ressusciter l’esprit des sixties, elle affirme connaitre la planque d’une grosse somme d’argent, cachée dans une voiture échouée au fond des marécages. En dépit des avertissements de Léonard, Hap, complètement mené par le bout de la queue, accepte de l’aider. Peu après, Trudy revient avec son nouveau mari et une petite bande de révolutionnaires d’opérettes qui croient encore aux conneries babacool, aux idéaux révolutionnaires et au triomphe du gauchisme. C’est dire si ça va mal dans leur tête. Bref, notre troupe de ringards se voit bien acheter des armes une fois le pognon planqué retrouvé. Eh oui, ils espèrent encore qu’arrive enfin le matin du grand soir ! Mais devant autant d’argent chacun tire la couverture à lui et les notions d’amitié n’ont pas plus d’importance que la parole donnée. Hap et Leonard auront bien du mal à sortir de ce guépier et à rester en vie.

Polar classique mais adroitement ficelé, emballé dans un esprit très « nouveau western », LES MECANOS DE VENUS, première de la quinzaine d’aventures de Hap et Leonard (qui connurent également trois saisons de série télé), se base surtout sur des dialogues précis, tour à tour drôles et grossiers, bien enlevés et pertinents. Une suite de répliques façon Tarantino dirait-on, tant l’amitié bourrue et virile entre les deux héros anime une intrigue certes conventionnelle mais fort plaisante. Les amitiés mises à mal par un gros paquet de pognon et une femme fatale, ça reste quand même l’ingrédient principal du polar. Mais lorsque le cuisinier est doué, comme c’est le cas ici, le plat se montre nourrissant et le lecteur en ressort satisfait.

Quelque part, Joe R. Lansdale affirme aussi la mort de l’utopie sixties et les efforts complètement vains de ranimer, vingt ans plus tard, cette pensée révolutionnaire gaucho bobo (beurk !) totalement à la ramasse à la charnière des années ’80 et ’90. Comme disait l’autre devant cette bande de branquignols en quête d’argent pour financer une révolution dans un quelconque pays pourri d’Amérique du Sud, « un bon hippie est un hippie mort ».

En résumé voici un roman rythmé, avec de l’action, des péripéties, des retournements de situation, des bagarres, des fusillades et des « punchlines » qui fusent dans la joie et la bonne humeur. Très distrayant ! On en redemande !

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Humour, #Polar, #Thriller, #LGBT

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Publié le 12 Décembre 2021

VIEUX DEMONS de Simon R. Green

John Taylor est un détective privé spécialisé dans la recherche d’objets perdus, un don né de ses origines puisque Taylor est natif du Nightside, le côté obscur ignoré de tous de Londres. Comme tous les privés, Taylor connait des fins de mois difficiles et l’arrivée de la très riche Joanna Barrett lui apparait donc comme providentielle. Joanna, en effet, lui propose une forte somme pour retrouver sa fille, adolescente fugueuse partit s’encanailler dans le Nightside. Taylor accepte donc de retourner dans ce territoire incertain…à ses risques et perils.

Avec ce premier tome de la saga Nightside, Simon Green n’invente rien mais démontre son talent évident pour sublimer ses influences. Son John Taylor (un hommage au bassiste de Duran Duran?) ressemble à John Constantine et il déambule dans un univers d’urban fantasy inspiré à la foi par le NEVERWHERE de Nail Gaiman et les classiques du polar comme LE FAUCON MALTE. Personnages peu recommandables, femme fatale entreprenante, magouilles, trahisons et rebondissements s’invitent donc tout au long de ses 250 pages de littérature divertissante plutôt bien troussée.

Le Nightside lui-même, quoiqu’à peine effleuré(laissons d’autres découvertes pour les prochains tomes), se montre convaincant avec son obscurité perpétuelle (il y est toujours 3 heures du mat’) et sa galerie de “freaks” déambulant dans ses ruelles inquiétantes. Plusieurs époques et lieux se côtoient avec plus ou moins de Bonheur dans ce quartier magique niché au coeur de Londres. Simon Green parsème l’intrigue de références plus ou moins évidentes, d’emprunts à la culture anglaise (celle, plus fantasmée que réelle ancrée dans l’inconscient collectif depuis “Chapeau melon et botte de cuir” ou “James Bond”) et d’arguments rock & roll, son héros rencontrant notamment le Dieu Punk du Rasoir ou s’enfilant une bière dans un pub bloqué à jamais dans les swingin’ sixties.

Mélange de polar façon série noire retro, d’urban fantasy horrifique gluante et d’humour bien senti, VIEUX DEMONS constitue une plaisante découverte, une lecture “facile” mais très agréable qui donne envie de se plonger rapidement dans la suite.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Fantastique, #Fantasy, #Horreur, #Polar

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Publié le 21 Novembre 2021

LA BELLE NUIT POUR UN HOMME MORT d'Henri Vernes

Ouvrage délirant, déjanté, rageur et rageux, LA BELLE NUIT POUR UN HOMME MORT porte la signature de  Charles-Henri Dewisme. Ecrit juste après la guerre et publié en 1949, encensé par Léo Mallet, le roman disparait ensuite des radars pour être republié soixante ans plus tard, sous le pseudonyme plus connu d’Henri Vernes. Car, en effet, le créateur de Bob Morane a également rédigé ce bouquin à ne pas mettre entre toutes les mains. Un condensé de cruauté, de nihilisme et de désespoir, parfaitement résumé par son titre explicite.

Brand va mourir, il l’a décidé. Il lui reste une nuit à passer sur terre, plus précisément dans un Paris postapocalyptique. Le jeune homme déambule, rencontre divers protagonistes et passe quelques temps aux côtés d’une demoiselle innocente qu’il s’amuse à pervertir et souiller à plaisir. Pourquoi ? Pour qu’elle accepte, par amour, de se sacrifier elle-aussi. Le bouquin s’avère noir, noir comme la mort, noir comme le souvenir. Et rouge sang. C’est de la littérature inclassable, coup de poing et coup de pied dans les burnes. Du polar brutal, une sorte de version déjantée et teintée de science-fiction (ou de fantastique) du fameux J’IRAIS CRACHER SUR VOS TOMBES de Vian.

L’œuvre est courte (140 pages), l’intrigue est mince, l’essentiel réside dans la charge au vitriol, le côté cruel (tout le temps), érotique (parfois), gore même… Nous sommes à l’opposé du côté gentillet et boyscout des Bob Morane. Ici, Henri Vernes se lâche, n’a jamais peur d’aller trop loin et de déverser sa bile, voire de vomir sa haine. Un flot dévastateur dont l’unique but semble être de tout emporter sur son passage, dans un tourbillon de rage. Du roman punk, qui crache à la gueule du lecteur avant de lui asséner un bon coup dans les valseuses.

Bref, une belle efficacité pour ce roman qui emprunte tout à la fois à la littérature « noble » (prétentions « littéraires » et considérations existentialistes incluses) et à tous les mauvais genres littéraires imaginables (polar, thriller, horreur, gore, fantastique, porno, science-fiction,…). Sa lecture n’est pas particulièrement agréable, ce tir de barrage laisse le lecteur quelque peu épuisé voir groggy. D’où sans doute l’envie ensuite de se replonger dans un bon vieux Bob Morane pour se détendre. Mais, dans l’ensemble, cette expérience reste mémorable et intéressante. A découvrir !

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Publié le 27 Septembre 2021

L'HERITAGE GREENWOOD de Jacques Sadoul

Carol Evans, ancienne agent de la CIA, spécialiste des arts martiaux, mise en congé forcé pour « folie homicide », se repose à Los Angeles en cet été des années ’80. Elle y est témoin d’une tentative d’enlèvement sur Amanda Greenwood, riche héritière dont le frère, Baynard, sera ensuite assassiné. Très intéressée par Amanda, Carol va jouer à la détective amatrice pour résoudre l’énigme…

Premier roman du cycle « Carol », L’HERITAGE GREENWOOD fonctionne très plaisamment, avec son intrigue tortueuse et riche en rebondissement, bien ramassée sur un peu plus de 200 pages. Sadoul combine ici le polar « hard boiled » et le whodunit. Dans le premier on tape plus souvent qu’on ne cause et les coups de poings sont plus nombreux que les instants de réflexion. Dans le second l’auteur donne la priorité au puzzle avec suspects, interrogatoires de coupables potentiels et révélations finales. Des conceptions en apparence antinomiques du « policier » mais adroitement mélangée par un Sadoul inspiré qui reprend en quelque sorte le meilleur des deux mondes, retrouvant la verve et l’efficacité des « detective novels » des Grands Anciens à la Chandler ou des bouquins plus récents de Bill Pronzini ou Gregory McDonald.

L’originalité vient également du personnage de Carol elle-même, agent secret aux pulsions meurtrières (« je ne tue pas par plaisir mais je ne peux pas m’en empêcher ») attirée par les femmes, ce qui, dans le polar des années 80, n’était pas si courant. Elle a un côté anti-héros prononcé, n’hésite pas à recourir à des méthodes disons discutables pour avancer dans son enquête, semble parfois prête à disjoncter ou à sombrer dans une psychopathie sanglante. Bref, elle n’est pas un personnage parfait, elle a ses contradictions et ses défauts mais son épaisseur la rend attachante

Le style, pour sa part, se montre net, sans bavures ni fioriture, bref une efficacité au service de l’action et du récit, sans circonvolutions stylistiques ou envolées lyriques, sans commentaires sociétaux comme dans de trop nombreux polars français dit « engagés » (à gauche bien sûr, Carol étant, elle, plutôt à droite). L’auteur avance dans son récit sans se perdre en route, le rythme enlevé étant directement hérité du roman pulp avec ses retournements de situation savamment distillés toutes les 20 ou 30 pages.  

Le cycle de Carol (et cet HERITAGE GREENWOOD) constitue un très bon exemple de polar d’énigme avec, déjà, un léger parfum nostalgique (années 80 oblige). Des enquêtes rondement menées, pleines de péripéties, souvent brutales voire violentes mais sans négliger une ironie bien présente et une touche de second degré salutaire ainsi qu’un côté sexy assumé sans se montrer inutilement démonstratif. De la littérature populaire, dans le meilleur sens du terme, qui ne vise qu’à divertir sans prendre le lecteur pour un idiot. On en redemande !

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Jacques Sadoul, #Polar, #Policier, #Whodunit, #LGBT

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Publié le 26 Juillet 2021

POUR QUI RICANENT LES HYENES de David Rome (Joël Houssin)

Le Scum revient ! Toujours piloté par Joel Houssin, dissimulé sous le pseudo de David Rome, l’équipe de mercenaires d’élite corvéables et sacrifiables à l’envi, véritables ancêtres déjantés des Expendables, s’en va chasser du Nazi à Abidjan. Et le lecteur ne peut que se désoler du temps qui passe, nous privant des meilleurs méchants que la littérature populaire puisse utiliser : les savants fous ayant survécus à la fin du Reich et souhaitant tuer la majorité de la population mondiale en lâchant un super virus hautement (et sexuellement) transmissible. D’où une histoire abracadabrante de putes infectées prêtes à contaminer la moitié de la planète que les agents du Scum (dans le désordre des tarés sadiques, des tortionnaires nymphos et des baroudeurs assoiffés de sang) vont venir dézinguer. Parce que le scum ne fait pas dans le détail et tant pis pour les dommages collatéraux, « ils viennent démolir, ils viennent détruire ». Mitrailleuses et lance-flammes gagnent le droit de s’exprimer, discuter vient ensuite. Ou jamais. ;

David Rome défouraille toujours de manière aussi énergique, pas vraiment de temps à perdre, l’intrigue doit être bouclée en 185 pages et il faut y caser des tortures, de la violence, des scènes de sexe,…Bref, les éléments nécessaires à un bon roman de gare des eighties, sauf que Rome / Houssin pousse le curseurs dans le rouge comme il avait pu le faire avec son DOBERMANN. Le bonhomme ne se refuse rien et l’ensemble, outrancier à souhait, acquiert au final un second degré réjouissant et, pour les plus pervers, un humour des plus noirs. Politiquement incorrect jusqu’au bout des ongles, le livre vomit ses « salopes », « nègres », « putes », à la chaine et ne se soucie aucunement de correction, de langage châtier ou de style littéraire relevé. Bref, comme les précédents opus, POUR QUI RICANENT LES HYENES aligne les poings dans la gueule, les balles dans la tête et les bites dans le cul. Ames sensibles, bobos et social justice imbéciles s’abstenir.  

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Aventures, #Erotique, #Polar, #Roman court (novella), #Roman de gare, #Thriller

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Publié le 14 Juillet 2021

BRIGADE MONDAINE: LA BÊTE DU LUBERON de Michel Brice

La Brigade Mondaine. Une institution du roman de gare, débutée par Bernard Touchais et Gérard de Villiers en 1975. Elle se poursuivra jusqu’à la mort du genre, tué par les tablettes et autres conneries, près de quarante ans plus tard. Parmi les belles plumes dissimulées sous le pseudonyme collectif de Michel Brice : le philosophe réactionnaire Didier Goux, le journaliste sportif Jean-Philippe Chatrier, l’essayiste Philippe Muray, etc. 280 bouquins qui firent les belles heures des halls de gare avec leur titre explicite et leur couverture racoleuse. Beaucoup de déchets, forcément, dans ces intrigues abracadabrantes mêlant polar et érotisme, souvent violent et sadomaso. Mais, également, quelques bonnes pioches bis comme cette BETE DU LUBERON particulièrement déjantée.

Les héros sont toujours les mêmes clichés ambulants : le commissaire Boris Corentin, idéal du mâle alpha musclé au zob surdimensionné, sosie d’Alain Delon qui tombe toutes les filles entre 18 et 48 ans. Et son adjoint « Mémé » Brichot, bon père de famille pantouflard qui enquête mollement entre deux biberons et se désole de n’être pas en compagnie de ses enfants plutôt que sur la route du vice. L’originalité vient donc des méchants, souvent des aristocrates décadents qui organisent des partouzes ou zieutent des snuff. Cependant, ceux-ci s’avèrent, dans le cas présent, plus gratinés que de coutume. Nous avons ainsi un richard tenté par la politique qui adore assister à des spectacles zoophiles privés orchestré par un chatelain dans sa réserve naturelle. Mais il y a mieux : une scientifique façon Ilsa espère créer une « sous-race du sous-prolétariat » en fécondant des femmes par des…gorilles ! D’ailleurs, histoire d’entrainer le grand singe à remplir son…office, notre jeune femme s’offre régulièrement à l’animal en rut. Comme on dit…gare au gorille !

Le récit, débuté classiquement sur le modèle habituel des « Brigade Mondaine » (viol, chantage, suicide, etc.) bascule donc dans un n’importe quoi réjouissant. A la manière d’un film de science-fiction horrifique des années ’40 (style « The Ape Man ») revisité par un Ed Wood converti au porno sado-maso le roman délire pas mal et ne refuse rien. Mention spéciale également au tournage d’un film X par un cinéaste sur le retour qui investit la réserve pour tourner une orgie menée par des figurants maquillés façon hommes préhistoriques. Une vraie guerre du feu aux fesses.

Bref, LA BÊTE DU LUBERON c’est donc très con mais aussi très sexe, bien sadique et complètement déjanté. Avec la particularité appréciable de bénéficier d’un réel talent d’écriture, loin de la banalité d’une (trop) large portion des productions estampillées Gérard de Villiers. Ici, le lecteur sent l’application, comme si les auteurs voulaient soigner un maximum la forme pour compenser l’inanité du fond. Bien sûr, il faut se farder les habituelles manœuvres de séduction de l’irrésistible Boris Corentin, lesquels permettent des passages olés olés placés à intervalles réguliers mais dénués de la moindre originalité. L’enquête policière en elle-même se révèle aussi palpitante qu’un épisode de série télé allemande de fin d’après-midi. Beaucoup de bémols donc. Toutefois, le côté outrageux du récit et ce plan farfelu (remplacer les ouvriers par des hybrides hommes-singes engendrés par des esclaves sexuelles fécondées par des gorilles, carrément mon bon monsieur si c’est pas malheureux que fait la CGT ?) rend le tout distrayant.

L’ensemble fonctionne donc plaisamment (d’autres titres de la collection reposent, malheureusement sur des intrigues routinières écrites au kilomètre) et se révèle une lecture étonnamment divertissante dans les limites de ses modestes prétentions.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Erotique, #Polar, #Roman de gare

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Publié le 28 Juin 2021

TU EN VOMIRAS TES TRIPES de Serge Jacquemard

Serge Jacquermard (1928 – 2006) débute sa carrière au début des années ’70 et devient rapidement un pilier du Fleuve Noir. Il publie beaucoup dans les collections phares, la « Spéciale Police » et « Espionnage » avec des titres qui donnent immédiatement envie : SAFARI SANG ET SEXE, MARIAGES BLANCS ET GARCES JAUNES, ESPIONS SECTION SEXE, EN SOUVENIR D’UN BORDEL SS. En 1980, il lance sa propre saga, celle des « Flics de choc » (qui sera adapté au cinéma dans un petit polar gentiment crapuleux typique des années ’80 au niveau sexe et violence). Là aussi, les titres annoncent la couleur : LA MARQUISE DU SEXE, CINE PORNO, PUTES CONNECTION, SEXO MANIAQUE, etc. Il endosse également, en 1987, l’identité fluctuante de Paul Kenny pour poursuivre jusqu’à son terme (à la fin des années ’90) les aventures de l’agent secret Francis Coplan.

TU EN VOMIRAS TES TRIPES est donc un des nombreux volumes des « Flics de choc » et on y retrouve une intrigue particulièrement invraisemblable et délirante. Donc bis et marrante. Parce que les polars de gare traditionnels et sans surprise c’est sympa deux minutes mais ensuite le lecteur en veut davantage. Et donc ici il se trouve confronté à deux intrigues qui, forcément, finiront par se rejoindre. Mais après beaucoup de circonvolutions improbables. D’un côté un truand à l’ancienne, du genre « ni arme ni haine ni violence », surnommé Maestro, cherche à monter un braquage dans une riche propriété. Mais pour cela il lui faut un expert en coffre-fort et le meilleur est pour le moment en prison. Qu’à cela ne tienne, il envisage de le faire évader. Or, son avocate, tombée amoureuse du voyou, a d’autres ambitions : le bonhomme ira au bout de sa peine et dans un an, libéré délivré, il deviendra un honnête homme. Ca c’est la première intrigue, classique mais déjà embrouillée. La seconde, elle, délire beaucoup plus : un mec complètement frappé sombre dans le sadisme le plus effréné. Il fréquente des prostituées qu’il flagelle joyeusement mais, peu à peu, ses sens s’émousse. Le bonhomme en veut plus. Il imagine donc d’infecter les belles de nuit avec le virus de la rage, bidouillé par ses soins pour devenir plus rapidement fatal. Les décès des putes passent inaperçus jusqu’au jour où le sadique tombe sur une riche héritière complètement maso qu’il infecte à son tour. Et voilà notre nymphette qui décède en bavant et en mordant. Comprenant la situation, la cousine de la défunte cherche à étouffer l’affaire, incinère le corps et lance son garde du corps sur les traces du détraqué pour résoudre le problème de manière expéditive.

En dépit d’un argot déjà difficilement compréhensible aujourd’hui, TU EN VOMIRAS TES TRIPES reste un polar rondement mené, bien ficelé en dépit du côté farfelu du récit. C’est rythmé, violent, saupoudré d’une petite touche sexy, parfois carrément saignant, et ça avance à plein gaz vers sa résolution où, de manière presque incroyable, les différents fils narratifs se rejoignent de manière satisfaisante. Alors bien sûr tout ça n’est pas de la grande littérature, on sent parfois un peu trop les ficelles de l’auteur qui se place surement en pilotage automatique pour toutes les scènes « d’enrobages » (les relations compliquées entre les différents flics par exemple) mais soigne suffisamment les passages chocs pour emporter l’adhésion. Trois heures de divertissement agréable qui donne envie d’en reprendre une louche et donc de lire l’un ou l’autre Flics de Choc supplémentaires.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Polar, #Roman de gare

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