western

Publié le 19 Janvier 2022

LES GRIFFES DE LA FORET (L'Agende Pendergast vol. 4) de Christophe Lambert

En cette toute fin du XIXème siècle, dans le Wyoming, des animaux ont été massacrés et le responsable pourrait être le légendaire Big Foot. Dans une ambiance western, la petite troupe de l’Agence Pendergast débarque donc dans un village typique du Far-West. Mais le « Grands Pieds » n’est pas la seule créature à roder dans la région. Dès lors que vont faire Sean, Celia et Joe ? Dans quel camp se ranger puisque rester neutre semble impossible ?

Quatrième opus de Christophe Lambert pour sa série de l’agence Pendergast, une équipe spécialisée dans l’élimination des « paranormaux », autrement dit des créatures surnaturelles qui vivent aux côtés des humains. Un thème classique du fantastique mais toujours agréable, l’intérêt résidant dans les personnages et ceux-ci sont, à nouveau, bien brossés et attachant. Nous avons ainsi Sean, le jeune adolescent : la nouvelle recrue de l’agence, amoureux de Célia, la gitane tireuse de cartes. N’oublions pas Joe, l’Indien musclé capable de donner un coup de main si nécessaire. Et Mr Pendegarst, ici peu présent, le responsable de l’équipe. La troupe se retrouve dans le Wyoming à la fin du XIXème siècle et, forcément, les conventions du western sont bien présentes, pour la plus grande joie des petits et des grands. Le lecteur assiste à un voyage par le « Cheval de fer », explore une ville minière et rencontre un Baron teuton à l’accent à couper au couteau décidé à ajouter le Big Foot à son tableau de chasse (et accessoirement Célia),… Au fil des péripéties et après la rencontre avec des créatures fameuses du bestiaire fantastique, nos amis commencent à questionner leurs agissements. Ils se demandent par exemple si traquer et tuer (ou enfermer à vie) des « paranormaux » constitue vraiment une bonne action. Qui décide des « bons » et des « méchants » ? Leur confrontation avec le Big Foot, finalement inoffensif, et des lycanthropes qui souhaitent simplement vivre en paix, les amènent à se poser diverses questions et à réévaluer leurs certitudes. Un questionnement qui s’oppose aux visées du chasseur allemand dont l’unique objectif reste d’abattre le « Grands Pieds ».

Comme toujours, Christophe Lambert offre un roman bien mené, divertissant, saupoudré de quelques considérations poussant le lecteur à la réflexion mais sans la moindre pesanteur. L’aventure et le dépaysement demeurent l’essentiel et les 160 pages se dévorent d’une traite. Si le livre peut se lire dès 9 ans il saura plaire aux plus âgés et même aux adultes par la pertinence de ses thèmes, les références aux classiques du western et l’efficacité de la narration. Enfin, mentionnons des illustrations plaisantes qui agrémentent joliment les pages. Une nouvelle réussite pour l’auteur !

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Aventures, #Christophe Lambert, #Fantastique, #Historique, #Jeunesse, #Western

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Publié le 16 Avril 2021

THE SIXTH GUN TOME 2: A LA CROISEE DES CHEMINS de Cullen Bunn et Brian Hurtt

Agrémenté d’un très complet résumé qui nous rappelle les événements survenus dans le premier tome, ce nouveau recueil débute à la Nouvelle Orléans. Drake Sinclair, rongé par la culpabilité et se sentant responsable de la mort de Billjohn, s’enfonce dans les marécages pour trouver des réponses à ses questions. Betty, de son côté, rencontre un séduisant as de la gâchette, Kirby Hale, tout aussi intéressé par la demoiselle que par ses armes maudites. Enfin, Gord essaie d’en apprendre davantage sur les six révolvers.

Ce deuxième recueil poursuit avec bonheur l’intrigue amorcée dans le premier tome mais change quelque peu la donne et l’ambiance : l’action se fait moins frénétique tandis que le climat devient plus lourd et poisseux. Nous sommes à la Nouvelle-Orléans avec tout ce que cela implique au niveau des maléfices vaudou, des loas et autres esprits maudits qui hantent un bayou peuplé de gigantesques alligators. Nous avons droit également à un nouvel adversaire, « Marinette aux bras secs », à des scènes de possession et à quelques combats, sans oublier un twist assez surprenant en ce qui concerne la cachette des révolvers dissimulés par Drake.

L’ouvrage introduit également la confrérie de l’Epée d’Abrahams, menée par Frère Roberto, des prêtres mystérieux et aux motivations floues décidés à détruire les six révolvers. Les auteurs développement lentement mais surement leur mythologie, convoquant toujours différents genres (fantastique, fantasy, horreur, aventures) dans un cadre western intéressant et crédible.

Si on peut considérer ce deuxième tome comme moins réussi que le premier l’ensemble reste néanmoins dans le haut du panier du comics. Le tout demeure un divertissement aussi prenant qu’efficace et on se plait à imaginer la très bonne série que cette saga pourrait donner pour peu qu’un scénariste daigne se pencher sur ce récit.

THE SIXTH GUN TOME 2: A LA CROISEE DES CHEMINS de Cullen Bunn et Brian Hurtt

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Aventures, #Comic Book, #Fantasy, #Western

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Publié le 13 Janvier 2021

SANS APPEL de Lewis B. Patten

Un des nombreux romans de Lewis B. Patten, SANS APPEL fut publié à la Série Noire (avec la mention « western ») ce qui n’est pas vraiment mensonger puisque, si le décor s’avère typique de l’Ouest, l’intrigue aurait pu se dérouler à de nombreuses époques.

L’essentiel du roman se résume à l’interrogation morale du principal protagoniste car, comme l’a chanté les Manic Street Preachers il y a bien longtemps « if you tolerate this then your children will be next ». Faut-il poursuivre le procès coûte que coûte et rendre un verdict d’acquittement pour échapper aux menaces et aux risques de représailles ou faut-il se diriger vers une condamnation avec l’éventualité de voir le sang couler ? Plus complexe qu’on le pense : si le héros laisse le méchant s’en tirer sans qu’il doive répondre de ses actes il sauve provisoirement sa fille kidnappée.. mais il sait également que plus personne ne sera ensuite en sécurité dans sa petite ville. Rassurés et se sentant invulnérables, les malfrats feront alors de la région un véritable enfer soumis à leur seul dictat. Le problème consiste donc à rendre justice tout en sauvant la jeune fille menacée.

Véritable spécialiste du western, Lewis B. Patten (1915 – 1981) a aussi signé des romans historiques ou destinés à la jeunesse. Dans le domaine de l’Ouest il se montra fort prolifique avec une centaine de bouquins publiés au Masque ou à la Série Noire. SANS APPEL, condensé en moins de 200 pages, se révèle fort efficace : il mélange des éléments de thrillers, d’action (avec une opération commande pour délivrer l’héroïne), de policier « procédural » avec le déroulé du procès et de questionnement sur la justice. Le tout se lit facilement grâce à des péripéties nombreuses, des personnages bien typés en quelques lignes évocatrices et des dialogues vivants et crédibles. Une réussite.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #western

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Publié le 27 Mai 2020

RIO DIABLO de Christophe Lambert

Sous le haut-patronage de ses maitres et modèles (« Rio Bravo » de Hawks, « La nuit des morts vivants » de Romero et « Assaut » de Carpenter), voici un réjouissant mélange de western et de fantastique horrifique. On pense également à l’excellent et plus méconnu « Quand les tambours s’arrêteront » avec ses attaques d’Indiens quasi surnaturelles.

Enquêteur fédéral, Martin Pawley débarque dans le territoire des Indiens Chiricahua pour s’entretenir avec le shaman Tu-Tanka au sujet d’événements mystérieux s’étant récemment déroulés dans la région. Pawley et Tu-Tanka partent donc vers le pays des Blancs mais, sur le chemin, effectuent une courte halte dans le petit bourg de Rio Diablo. Malheureusement, une dispute dégénère et le duo se retrouve emprisonné aux côtés d’un pilleur de banque surnommé Dynamite Jack. Le sorcier indien utilise alors ses pouvoirs pour quitter la prison mais l’opération réveille surtout les morts du cimetière local qui s’en viennent prendre d’assaut le village.

Roman d’horreur destiné aux adolescents mais appréciable pour les adultes, RIO DIABLO constitue le second hommage de l’auteur au western après SOUVIENS TOI D’ALAMO qui mêlait les conventions du genre à celle de la science-fiction. Ici, en 2005, il revisite le « film de siège » et le transforme en un savoureux cocktail de roman western et d’épouvante avant que les zombies ne deviennent à la mode et ne supplantent les vampires comme « personnages » cultes du fantastique.

On repère les clins d’œil aux classiques du genre, comme le scorpion dévoré par les fourmis de la « Horde sauvage », quelques ajouts renvoyant au steampunk (la montgolfière que le savant farfelu souhaite équiper d’un gouvernail pour la transformer en dirigeable) et on imagine très bien les trognes d’une poignée d’acteurs mal rasés (Américains ou Italiens) se démener dans ce bled cerné de morts-vivants. Si les Italiens avaient encore une industrie cinématographique digne de ce nom ils se seraient surement précipités sur le bouquin pour l’adapter…Tant pis, on se contentera de rêver à ce qu’aurait donné à l’écran cette aventure échevelée et sans temps morts. Un fort bon moment à savourer dès 12 ans.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Christophe Lambert, #Fantastique, #Historique, #Horreur, #Jeunesse, #Western

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Publié le 5 Décembre 2017

THE SIXTH GUN TOME 1: DE MES DOIGTS MORTS de Cullen Bunn et Brian Hurtt
THE SIXTH GUN TOME 1: DE MES DOIGTS MORTS de Cullen Bunn et Brian Hurtt

Récit en 50 épisodes, THE SIXTH GUN se déroule dans un univers « western » fantastique, dans une réalité alternative située peu après la fin de la Guerre de Sécession. Un pistolero, Drake Sinclair, cherche à rassembler six révolvers aux pouvoirs magiques. Ces armes ont existés de tout temps, quoique sous des formes différentes. Elles exercent un attrait irrépressible sur le Général Hume, un militaire zombifié qui a légué quatre des armes à ses « cavaliers de l’apocalypse », et son épouse, laquelle possède l’un des six révolvers, celui qui confère l’immortalité.

Drake porte secours à une jeune femme, Betty Montcrief, en possession de la sixième arme, hérité de son père adoptif, un pasteur récemment abattu par les hommes de Hume. Le révolver de Betty lui permet d’entrevoir l’avenir et la jeune femme décide de se rendre vers un fort mystérieux surnommé le Maw. Accompagnée par Drake et quelques autres, Betty y apprend la véritable nature des six révolvers.

THE SIXTH GUN TOME 1: DE MES DOIGTS MORTS de Cullen Bunn et Brian Hurtt

THE SIXTH GUN constitue une excellente bande dessinée qui mélange adroitement western, fantasy et horreur en assumant complètement ses côtés « pulp ».  Nous sommes dans un univers riche, avec comme fil conducteur la quête de six artefacts maléfiques aux pouvoirs redoutables (ramener les morts à la vie, cracher une maladie mortelle, tirer avec la puissance d’un canon, etc.) et des personnages intéressants. La troupe disparate est menée par Drake Sinclair : ambigu, comme tout bon pistolero de l’Ouest, cet anti-héros en quête d’argent ou de rédemption (la suite nous éclairera sur ses motivations) appartenait jadis à la bande de Hume. Au terme de divers péripéties, le rapport de force s’inverse et Drake entre en possession de quatre des six révolvers bien qu’il n’ait guère envie de s’encombrer d’un tel fardeau. Betty, elle non plus, ne se montre pas enchantée à l’idée de garder son arme. Toutefois, tel Frodon et son Anneau, la jeune femme devra le garder hors de portée des forces ténébreuses qui souhaitent s’en emparer.

THE SIXTH GUN TOME 1: DE MES DOIGTS MORTS de Cullen Bunn et Brian Hurtt

Le récit est alerte, fort rythmé, et ne perd pas de temps en route : plutôt qu’une longue présentation, l’auteur nous plonge directement au cœur de l’action . Il parsème l’intrigue de flashbacks ou d’explications, toujours brèves, qui ne ralentissent pas le déroulement de l’histoire mais approfondissent les relations entre les différents personnages. Quoique de nombreuses questions restent sans réponses, le récit se termine sur une conclusion provisoire mais satisfaisante qui boucle efficacement ce premier arc narratif de qualité.  

Le dessin, pour sa part, se montre classique, efficacement classique même, proche de l’école européenne dans le découpage, assez sobre, et la caractérisation des personnages, bien typés.

Une bande dessinée enthousiasmante qui supporte très bien la relecture. Hautement conseillé !

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Fantastique, #Aventures, #Comic Book, #Horreur, #Western

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