polar

Publié le 24 Mai 2019

CLIP DE SANG de Christian Vila

Premier roman que Christian Vila a donné à la collection Gore, CLIP DE SANG est également le plus classique et le plus basique, loin de l’épouvante apocalyptique de L’OCEAN CANNIBALE ou du glauque LA MORT NOIRE. Nous sommes ici dans une intrigue simple, efficace et linéaire, pas toujours très crédible ni surprenante mais amusante comme pouvait l’être une série B des années 80. Epoque oblige, Vila joue sur l’esthétique heavy metal et l’imagerie satanique en suivant le groupe Jack The Knife and the Rippers avant leur concert au Zenith de Paris. Le groupe traine une image sulfureuse encore accentuée par la mort récente, violente et mystérieuse de leur bassiste.

Pigiste au journal musical Skull, Pat Camino voit dans la prestation du groupe l’occasion de prendre du galon. Il parvient à décrocher une interview et rencontre les musiciens. Nous avons Jack The Knife, chanteur et bassiste fondu de satanisme, Max Krass, batteur parano complètement à la masse, et Johnny Dark, guitariste prodige prenant tout ce fatras démoniaque à la rigolade. Cependant, une sorcière, Ishtar, va aider Jack à accomplir ses sombres projets. Après le sacrifice d’une groupie durant le tournage d’un clip, elle invoque la Bête, un démon sanguinaire qui possède Pat et lui fait commettre une série de crimes. La bonne sorcière Esther et l’inspecteur Chipalon (qui reviendra dans LA MORT NOIRE) vont s’opposer aux forces du mal.

Sans prétention, CLIP DE SANG constiue un pur Gore de série B, à l’image des nombreux petits films sortis durant les années ’80 qui jouaient sur le mariage horreur / metal : « Rock N Roll Nightmare », « Terror On Tour », « Black Roses », « Trick or treat », « Hard rock zombies », « Rocktober Blood », « Blood Tracks », « Slaughterhouse Rock », « Slumber Party Massacre 3 »,... Le sujet était définitivement dans l’air du temps, avant que MTV cesse d’être une chaine musicale et que rap et autre electrodanse ne s’imposent sur les ondes. Ces films, tout comme CLIP DE SANG, s’inspiraient des frasques de Venom ou des mises en scènes guerrières de ManOwar, sans oublier les ancêtres Kiss et Alice Cooper. Bref, c’était le bon temps et CLIP DE SANG apparait aujourd’hui, nostalgie oblige, sans doute plus distrayant qu’en 1986.

Le bouquin de Vila surfe donc sur cette vague, sans beaucoup s’intéresser à ses personnages (à vrai dire on éprouve souvent quelques difficultés à comprendre leurs actions et motivations) et les péripéties sont parfois téléphonées. On peine ainsi à les trouver crédibles à l’image de ce nain – baptisé Gore – allant tout droit dans la gueule du loup…ou les bras de la sorcière. Le récit en lui-même se montre très classique avec son quidam précipité dans l’horreur et son enquête policière rudimentaire afin de lier les événements disparates survenant durant 150 pages menées à bride abattues.

Pas un grand bouquin, ni même un grand Gore, mais l’assurance d’un divertissement plaisant pour les amateurs d’horreur sanglante, d’érotisme (pas mal de scènes chaudes typiques des auteurs français de la collection) et de musique bruyante. Y a pire moyen de tuer deux heures de son temps mais sinon il reste Joséphine ange gardien.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Erotique, #Gore, #Horreur, #Polar, #Roman de gare

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Publié le 22 Mai 2019

SKIN TRADE de George R.R. Matin

Forcément, au début des années 2000, le phénomène “Game of Thrones” a poussé les éditeurs à publier des titres encore inédits de George R.R. Martin comme ce SKIN TRADE pourtant lauréat du World Fantasy Award 1989. Un quart de siècle plus tard, le (court) roman débarque chez nous précédé de l’inévitable mention « par l’auteur du TRONE DE FER » et ce même si nous sommes dans un tout autre registre, bien loin de la Fantasy politique de Westeros. L’intrigue est classique: Willie Flambeaux découvre le meurtre d’une jeune femme dans des circonstances étranges. Il confie l’affaire à la détective privée Randi Wade qui s’aperçoit rapidement que les meurtriers ne sont peut-être pas tout à fait humains…

Petit roman concis et efficace, SKIN TRADE revisite le mythe du métamorphe, du change-forme,…bref du loup-garou au travers d’un récit mêlant fantastique, polar et horreur. Avec son héroïne bad-ass et son acolyte lycanthrope, le récit s’apparente quelque peu à de la bit-lit avant l’heure et, quoique le mélange de genre ne soit pas nouveau, Martin parvient à une fusion plaisante entre l’enquête policière et les passages plus portés sur l’épouvante. Bien sûr, tout n’est pas parfait : en dépit de sa brièveté on sent parfois certaines baisses de rythmes, quelques passages pas franchement aboutis et un scénario à la fois prévisible (jusque dans ses twists) et pas toujours cohérent ou crédible. On peut également penser que le livre aurait mérité soit davantage de concisions, soit au contraire davantage de développements (l’univers possède une certaine richesse à peine effleurée)

Enfin, on peut s’interroger sur le World Fantasy récolté par le bouquin. Un prix à la fois attirant (choisir des livres primés n’est pas une si mauvaise option vu la masse de publication actuelle) et décevant (car SKIN TRADE est certes un bon petit bouquin de polar pulp horrifico-fantastique mais il ne méritait peut-être pas un tel honneur).

Toutefois, le style de Martin (simple et efficace, c’est déjà beaucoup dans ce genre de romans voir certaines horreurs mal torchées publiées dernièrement dans le registre de l’« urban fantasy »), le rythme globalement soutenu, les passages plus glauques (ou l’expression « changeurs de peau » prend tout son sens), les quelques touches d’humour assez noirs et les rapports intéressants entre les deux principaux protagonistes rendent la lecture de SKIN TRADE agréable. On passera donc un meilleur moment qu’avec (au hasard…car il y a bien pire hélas) le tome 78 d’Anita Blake ou de Riley Jenson.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Fantastique, #Horreur, #Polar, #Roman court (novella)

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Publié le 26 Avril 2019

J-77 (Dernier meurtre avant la fin du monde tome 2) de Ben H. Winters

Ben H. Winters livre ici le second volet de sa trilogie apocalyptique débutée avec DERNIER MEURTRE AVANT LA FIN DU MONDE.

Un gigantesque astéroïde va percuter la Terre et anéantir la quasi-totalité de l’Humanité. Nous sommes à 77 jours de l’impact…. Bruce Willis n’étant pas disponible la population se résout à l’inévitable, sachant que la plupart vont mourir. Pour les rares survivants ce sera de toutes façons l’enfer. Du coup chacun baisse les bras et se décide à vivre au maximum avec tous les excès que cela implique. Hank Palace, un flic à la retraite anticipée, accepte pourtant d’aider son ancienne nourrice à retrouver son mari mystérieusement disparu…

Ce deuxième épisode de la saga de Ben H. Winters s’avère de bonne facture mais, néanmoins, en deçà du premier. Evidemment, l’originalité de la situation n’est plus de mise ce qui constitue un sacré défi tant le mélange de thriller et de récit catastrophe rendait le premier volet passionnant.

Toutefois, la situation a évolué : là où le premier roman décrivait un monde essayant de continuer « bon gré mal gré », ce J-77 nous montre une planète à l’abandon. Découragement généralisé, marché noir pour trouver les dernières denrées disponibles, excès en tous genres, émeutes et explosions de violences… Et, bien sûr, émergence de pseudo sectes comme ces étudiants vaguement hippie qui virent le personnel de leur université, déclarent la « république » et passent leurs dernières journées dans le sexe, la drogue et le rock&roll tout en gardant des préoccupations politiquement correctes complètement stupides (calculer le pourcentage d’interventions émanant des personnes de couleur par exemple).

Si le premier volet s’inscrivait résolument dans le polar teinté d’anticipation catastrophique, ce J-77 prend davantage le chemin d’un roman apocalyptique et l’enquête policière, pas toujours très intéressante, semble accessoire. Elle sert surtout à justifier les déambulations du héros et ses rencontres avec divers personnages haut en couleur. L’auteur pose aussi la question des réactions face à l’inéluctable et pour le héros, droit dans ses bottes, il est « impossible de trahir ses promesses simplement parce que c’est la fin du monde ». Guère optimiste sur l’Humanité (mais surement très réaliste), l’auteur observe la dissolution complète de la civilisation à l’approche de l’anéantissement total. Malgré les défauts de ce second volume en demi-teinte on est suffisamment impatient pour ne pas trainer à lire l’ultime volet, IMPACT.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Polar, #Policier, #Thriller, #anticipation, #Catastrophe

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Publié le 8 Mars 2019

L’OUTSIDER de Stephen King

Après FIN DE RONDE, le lecteur a dit adieu à Bill Hodges mais pas à son amie détective Holly, laquelle n’intervient cependant qu’à la moitié de ce nouveau roman qui débute à la manière d’un « policier » classique. Du pur « procédural », avec la découverte du corps d’un petit garçon violé et assassiné dans un parc de Flint City et l’enquête, minutieuse, pour retrouver le coupable. Les témoignages et empreintes accusent rapidement l’entraineur de l’équipe sportive local, Terry Maitland, homme marié sans histoires aimé de tous. Si tout l’accuse, Terry possède pourtant un alibi parfait : sa présence, au moment du meurtre, à une conférence donnée à plus de 100 km par Harlan Coben. Terry a même été filmé et un livre trouvé sur place porte ses empreintes. Un alibi trop parfait ? Comment Terry aurait-il pu être à deux endroits à la fois ? L’inspecteur Ralph Anderson soupçonne que tout n’est pas normal dans cette histoire…de là à croire en des entités surnaturelles proches des vampires vus dans des films d’horreur mexicains il y a cependant un pas. Un pas qu’Holly, elle, peut franchir car elle a jadis été confrontée au paranormal.

King revient ici à un mélange de fantastique et de policier très efficace, un subtil équilibre entre le rationnel et le surnaturel qui commence à la manière d’un thriller pour basculer dans le fantastique teinté d’épouvante. Le King s’appuie à présent sur cinquante ans de métier et autant de romans avec, certes, quelques ratés mais une incroyable collection de classiques incontournables. Il maitrise toutes les ficelles de la narration et livre un condensé de son œuvre, passant du fantastique quelque peu tapageur de ses débuts au polar noir plus subtil qu’il semble priser depuis une bonne dizaine d’années. L’OUTSIDER n’est donc pas sans rappeler les grandes réussites de son rival Dean Koontz qui s’était un temps spécialiser dans ce style de récit aux indéniables qualités de « page turner ». Alors bien sûr l’écrivain se laisse parfois aller à délayer son récit, l’étirant sur près de 600 pages là où un rythme plus resserré (et un plus raisonnable 400 pages) n’aurait pas été de refus. Mais c’est devenu à ce point une habitude chez King de « prendre son temps » qu’on peut difficilement encore considérer cela comme un défaut. On parlera donc plus volontiers d’un style personnel, sans doute volontairement plus lent, plus posé, plus travaillé aussi, notamment dans la construction des personnages, que la majorité des thrillers fantastiques actuels. A plus de 70 ans, King ne changera sans doute plus sa méthode, sa recette pourrait-on dire, mais comme il reste le meilleur pour cuisiner ce genre de plat le lecteur ne s’en plaindra pas.

Dans L’OUTSIDER, forcément, Holly vole la vedette à l’inspecteur Anderson, sorte de substitut à Bill Hodges, pourtant bien campé. Mais rien à faire, on préfère Holly. Holly et ses manies, ses tics, ses petits carnets dans lesquels elle note les milliers de films qu’elles visionnent (notamment les Kubrick mais pas « Shining »… qu’elle n’aime pas évidemment).

En filigrane au fantastique, King scrute toujours l’Amérique, et reste toujours à l’écart des grandes villes : après le Maine il voyage cette fois vers le Texas aux côtés d’un paquet d’« Américains moyens », ni ange ni démon, qui ont subi les effets du 11 septembre et de la crise de 2008 sans s’en remettre vraiment. Des Américains prompts à lyncher le coupable désigné dans des scènes frisant l’hystérie collective. Mais des personnages bien brossés et loin de la caricature.

S’il n’est pas le meilleur livre de son auteur, L’OUTSIDER prouve néanmoins que le roi du fantastique en a encore sous le capot. D’ailleurs, dans son domaine, il ne connait aucun rival.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Fantastique, #Horreur, #Polar, #Policier, #Thriller

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Publié le 1 Mars 2019

LE REGARD de Ken Liu

Après l’exceptionnel L’HOMME QUI MIT FIN A L’HISTOIRE, Ken Liu (chouchou des éditions Le Belial) revient dans la formidable collection « Une heure lumière » avec une novella de haute volée mélangeant polar cyberpunk et anticipation.

L’écrivain nous propose ici de découvrir une détective, Ruth Law, « améliorée et augmentée » par diverses technologies illégales qui accroissent ses capacités. Elle porte aussi un « régulateur », un gadget capable de gérer ses émotions et de lui assurer une neutralité complète lors de ses enquêtes. Le seul moyen pour Ruth de surmonter un drame personnel. Le « régulateur » ne peut, normalement, être utilisé qu’un temps limité par jour mais Ruth le laisse fonctionner en permanence afin d’anesthésier totalement ses émotions. Cela va lui être bien utile pour une nouvelle investigation : retrouver le meurtrier d’une prostituée asiatique énuclée par un serial killer mystérieux. Mais cela risque également de la détruire psychologiquement.

Avec cette longue nouvelle (ou court roman) situé à Boston dans un futur proche, Ken Liu s’inscrit dans la tradition des polars science-fictionnelles conjuguant une ambiance de films noirs à l’anticipation cyberpunk. A la manière du classique BLADE RUNNER ou des plus récents CARBONE MODIFIE et QUANTUUM, Ken Liu empreinte aux policiers « hard boiled » d’antan (Chandler, Spillane, etc.) une intrigue complexe (meurtre de prostituées par un tueur en série aux motivations apparaissant peu à peu) et l’infuse dans un univers à la fois futuriste et crédible. Sa principale innovation réside dans ce « régulateur » d’émotions portée par l’enquêtrice, forcément dépressive et marquée par un tragique événement personnel. Une manière d’apporter l’originalité de la SF cyberpunk à un récit sinon classique quoique très efficace.

Si l’auteur n’évite pas certains clichés, il démontre également sa capacité à ficeler une intrigue à la fois intelligente et divertissante auquel on pardonnera, par conséquent, l’une ou l’autre invraisemblance ou facilités. En alternant les points de vue de la détective « augmentée » et ceux du tueur en série, Ken Liu maintient l’intérêt au fil d’un récit enlevé qui, sous couvert d’une enquête classique, pose des questions sur le futur proche de l’humanité et ce fameux transhumanisme si cher aux auteurs cyberpunk.

Beaucoup moins ambitieux que L’HOMME QUI MIT FIN A L’HISTOIRE, ce REGARD n’en demeure pas moins un texte très plaisant qui confirme tout le bien que l’on pense de ce nouveau cador de la science-fiction.

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Publié le 30 Novembre 2018

AVIS DE TEMPÊTE (LES DOSSIERS DRESDEN TOME 1) de Jim Butcher

Peu de nouveauté pour cette série d’Urban Fantasy assez proche de la Bit-Lit : on y retrouve d’ailleurs bien des tares de ce genre (qui doivent être des qualités pour les afficionados) avec ce cocktail de polar, de fantastique et de romance plutôt convenu et souvent bavard.

Harry Dresden est magicien, comme Potter et Houdini. Et lorsque la police de Chicago se trouve confrontée à un cas qui dépasse ses compétences c’est à lui qu’elle s’en remet pour lutter contre les forces ténébreuses.

Sorte de pendant masculin des héroïnes séduisantes et pleines de ressources de la bit-lit, Harry Dresden mène donc l’enquête au fil des pages mais cet aspect polar s’avère très classique. On retrouve l’habituel mélange de premier et de second degré qui se joue des clichés du détective privé en saupoudrant l’enquête d’un trait d’humour. Malheureusement l’énigme policière en elle-même se révèle très mince et pas vraiment passionnante malgré la présence de tous les éléments traditionnels de la série noire : présence menaçante de la pègre, coups bas et trahisons dans le milieu du crime organisé, sans oublier les relations conflictuelles du héros avec les forces de l’ordre. Classique.

Le côté fantastique convoque, pour sa part, les créatures coutumières de la Urban Fantasy avec des fées, des démons et des magiciens auxquels s’ajoutent des philtres d’amour et des potions diverses. Un bestiaire pas spécialement original.

Enfin, la romance tente d’épaissir la personnalité de Harry Dresden mais reste convenue, on remarque simplement l’inversion des codes habituelles de la bit-lit : ici on dépeint un héros masculin quelque peu loser confronté à plusieurs belles femmes qui viennent troubler son existence routinière. Jim Butcher éviter l’érotisme (pratiquement inexistant pour une fois) mais reste dans les clichés du genre.

Au final, si les aventures d’Harry Dresden ne sont pas déplaisantes et permettent de passer un relatif bon moment de détente, elles ne s’éloignent guère des schémas établis par les cadors de la fantasy urbaine ou de la romance paranormale. Bref, ce décalque masculin des premiers Anita Blake (avant le grand basculement sexuel) demeure agréable mais peut-être pas suffisamment original ou convaincant pour qu’on ait envie de se plonger dans les tomes suivants.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Fantastique, #Fantasy, #Polar, #bit-lit, #Urban Fantasy

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Publié le 28 Novembre 2018

L'EXECUTEUR: SANG POUR SANG A SAN SALVADOR de Chuck Rogers

Mack Bolan part pour le San Salvador afin de stopper les agissements d’un redoutable gang mafieux. Mais la situation est encore pire que prévue puisque les criminels se sont associés avec des terroristes arabes d’Al Quaida afin d’infecter les Etats Unis avec le virus de la variole. La course contre la montre débute pour empêcher l’apocalypse bactériologique promise !

Datant de 2006, le roman, comme bien d’autres « EXECUTEUR » de cette époque illustre le changement de paradigme de la série (du moins en ce qui concerne les romans américains et non pas les « adaptations » françaises): Bolan n’est plus seulement le tueur de mafieux des premiers volumes, il est à présent un agent du gouvernement décidé à contribuer à la « guerre contre la terreur » en zigouillant du terroriste arabe à tour de bras.

Toujours emballé en environ deux cents pages, l’ensemble se veut un classique divertissement « pour hommes » focalisé sur une action toujours soutenue et souvent très violente. Le prolifique auteur Chuck Rogers, une fois de plus inspiré, déroule son intrigue à cent à l’heure et multiplie les passages explosifs à la manière d’un blockbuster hollywoodien (le roman donnerait certainement un film super excitant) qui ne laisse aucunement le temps de souffler au lecteur, lequel pardonne ainsi certaines invraisemblances ou passages un peu trop tirés par les cheveux. Mais qu’importe, n’est-ce pas une constance du genre depuis la glorieuse époque de la Cannon, compagnie qui eut surement rêvé de porter à l’écran les aventures de Bolan. Comme dans « Delta Force » ou « Invasion USA », notre invincible héros surgit toujours là où le terrorisme menace le mode de vie américain afin d’en découdre avec tous les ennemis du monde libre.

On note aussi quelques clins d’œil typiquement bis puisque le grand méchant se nomme Jess Franco et qu’il est aidé dans ses œuvres par la séduisante et dangereuse Soledad Miranda Korda. Les connaisseurs apprécieront le clin d’œil. Bref, du divertissement rondement mené et l’assurance d’une lecture tout à fait plaisante pour les fans de l’Exécuteur.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Aventures, #Exécuteur, #Gérard de Villiers, #Polar, #Thriller, #Espionnage

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Publié le 11 Octobre 2018

L'EXECUTEUR TOME 2: MASSACRE A BEVERLY HILLS de Don Pendleton

Dans ce deuxième tome de la saga, l’Exécuteur décide de s’adjoindre une équipe composée d’anciens du Viet-Nam tous doués de capacités particulières : spécialiste en armes lourdes, en explosifs, en gadgets électroniques, etc. Nos dix guerriers, sous la direction de Mack Bolan, vont aller « blitzer » les mafieux corrompus de Beverly Hills protégés par des flics forcément ripoux.

Sorti en 1969 (eh oui !) ce roman (au titre original plus approprié de Death Squad) diffère des habituels titres de la période « guerre à la Mafia » en plaçant Bolan en retrait et en offrant un temps de présence relativement important à chacun des membres de l’équipe. C’est peut-être le regret que peut avoir le lecteur : les protagonistes sont intéressants et bien définis, leurs relations ne manquent pas de piquant (avec quelques réparties amusantes) mais, au final, peu survivront à la mission. Il est regrettable que le roman se termine par un tel jeu de massacre : l’auteur aurait pu épargner davantage de personnages pour qu’ils puissent revenir dans les bouquins ultérieurs. Publié ultérieurement, nul doute que le romancier aurait pris plusieurs volumes afin d’agrandir progressivement son équipe, ici la présentation des dix héros reste trop rapide pour convaincre pleinement. De même voir une telle bande de guerriers d’élite exterminée en une vingtaine de pages parait improbable.

Quoiqu’il en soit, ce MASSACRE A BEVERLY HILLS s’apparente à une sorte de western urbain (entre LA HORDE SAUVAGE et LES 7 MERCENAIRES) revisitant les opérations commando à la 12 SALOPARDS. Par son originalité relative comparé aux autres bouquins de la « guerre à la mafia » et son côté parfois outré (un certain parfum entre la bande dessinée et le cinéma d’exploitation se fait sentir, préfigurant un film comme VIGILANTE), MASSACRE A BEVERLY HILLS demeure une lecture franchement plaisante dans laquelle on ne s’ennuie pas une seconde.

L'EXECUTEUR TOME 2: MASSACRE A BEVERLY HILLS de Don Pendleton

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Publié le 3 Octobre 2018

LE VISON MITE d'Erle Stanley Gardner

Cette nouvelle aventure de l’avocat détective Perry Mason débute de manière insolite : Mason et sa secrétaire, Della Street, observent, dans un restaurant, une serveuse, Dixie. Celle-ci s’éclipse en laissant derrière elle un manteau de vison certes mité mais cependant d’une grande valeur. Peu après la police débarque pour leur apprendre que la jeune femme a été percutée par une voiture. La fuite de Dixie s’explique car elle pense avoir été impliquée dans un meurtre. Bref, la situation se complique rapidement et rend le bouquin quelque peu confus tant les rebondissements et retournements de situation se succèdent. Par exemple, le vison mité du titre conduit l’avocat sur la trace d’un révolver ayant servi à commettre un crime et relance le récit. Mason défendra finalement la pauvre Dixie engluée dans une affaire qui la dépasse complètement. Tout comme le lecteur qui devra attendre les dernières pages pour débrouiller, avec l’aide de Perry Mason, les fils de l’intrigue.

LE VISION MITE constitue le 39ème (!) roman mettant en scène l’avocat justicier Perry Mason. Evidemment, le romancier avait établi depuis longtemps sa formule gagnante et ce récit n’échappe pas à la règle, les différentes sous-intrigues (embrouillées) étant entremêlées afin d’égarer le lecteur jusqu’aux ultimes chapitres. Comme toujours Mason, cette fois en qualité de témoin, est appelé à la barre pour contrer les arguments de l’inévitable Ham(ilton) Burger. Et, comme toujours, l’avocat use d’effets de manche et des inévitables « objections votre honneur » pour que triomphe la vérité.

Dans l’ensemble, et quoiqu’il ne soit pas un indispensable de l’auteur, ce roman remplit son contrat de divertissement rondement mené, Erle Stanley Gardner conduisant l’enquête sur un rythme soutenu. Il utilise une écriture très simple mais efficace (parait-il largement améliorée par la traduction) et laisse la part belle aux discussions entre les protagonistes semblables à des joutes verbales agréables à suivre. Du roman policier très « pulp » qui se savoure sans arrière-pensée et se dévore en une soirée. Sympathique.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Policier, #Whodunit, #Golden Age, #Roman de gare, #Polar, #Perry Mason

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Publié le 23 Août 2018

DIRTY HARRY - LA MORT EST AU RENDEZ-VOUS de Dan Hartman

Lorsque Clint Eastwood annonce, après la sortie de « L’inspecteur ne renonce jamais » qu’il ne fera plus de « Dirty Harry », la Warner, dépitée, décide de permettre à un auteur officiant sous le pseudonye collectif de Dane Hartman de continuer la saga. Douze romans seront ainsi publiés au tout début des années ’80, la sortie de « Sudden Impact – le retour de l’inspecteur Harry » y mettant un terme en 1984.

Sous le nom de Dane Hartman se cachent au moins trois auteurs différents dont Leslie Alan Horvitz et Ric Meyers (auteur de plusieurs bouquins sur les films d’exploitation, de kung fu, et également romancier pour les séries L’IMPLACABLE et NINJA MASTER).

Les recettes des films ne changent guère pour ce cinquième livre de la série (elle en compte douze mais seuls neuf furent traduits en France durant les 90’s).

Dès son arrivée à Boston, où il vient rendre visite à sa nièce apparemment menacée par un tueur en série, Harry doit batailler. Encore dans l’avion il bouzille la radio d’un indélicat (ce qui lui vaut directement le numéro de chambre de l’hôtesse). Un peu plus tard, il retrouve le même mélomane accompagné de ses potes, toujours aussi agressif. Harry résout le problème à sa manière, à grand coup de poings dans la gueule.

Evidemment, Harry se heurte à la bureaucratie et à tous les empêcheurs de tabasser en rond. Les petites crapules sont relâchées par une justice trop laxiste, se plaignent de brutalités policières ou menacent de convoquer leur avocat pour porter plainte contre la police. Harry, de son côté, ne peut que soupirer en appliquant sa méthode : une bonne balle de Magnum 44 dans la tête !

LA MORT EST AU RENDEZ-VOUS constitue un polar de gare distrayant et sévèrement burné, ancré dans son époque par ses références (Harry visionne « Superman 2 » mais ne perd pas son temps devant le sympathique « Survivance » qualifié de navet) et très classique dans son déroulement. Tueurs en série, hypnose, nymphomanes, sectes zarbies,…la tatouille habituelle est resservie une fois de plus. Le personnage est de toutes façons devenus un tel archétype du flic dur à cuire réactionnaire qu’il inspira des dizaines d’imitations, tant au cinéma qu’en bouquin comme en témoigne les autres bouquins de cette éphémère collection « Supercops ».

Si l’originalité ne constitue pas la principale qualité de ce petit roman, ce-dernier se lit néanmoins avec plaisir pour les amateurs de l’inspecteur le plus efficace des Etats-Unis. Ca court, ça flingue, ça charcle et l’action ne faiblit guère, ne laissant guère de répit au lecteur. Seules les dernières pages, où l’auteur explique l’affaire policière, passablement embrouillée, se montrent décevantes et même unbrin ennuyeuses, voire confuses.

Malgré tout, l’amateur de polar d’action passera un bon moment au fil de ses deux cents pages de courses poursuites musclées et de fusillades saignantes. De quoi donner envie d’en lire un autre…

« Go ahead, make my day »

 

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Policier, #Roman de gare, #Polar, #Cinéma et TV

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