roman de gare

Publié le 21 Février 2024

OSS 117: COUP DE SANG A CEYLAN de Josette Bruce

Un nouvel et très classique épisode de l’interminable saga littéraire d’OSS 117, alias Hubert Bonisseur de la Bath, gentilhomme américain d’origine française dont la famille s’est jadis établie en Louisiane pour échapper à la boucherie révolutionnaire.

Juste après la Seconde Guerre Mondiale, Jean Bruce se lance dans ce qui deviendra une des premières (et certainement la plus populaire jusqu’à l’arrivée de SAS) série littéraire française d’espionnage. Le premier roman, ICI OSS 117, parait en 1949 et Jean Bruce en écrira plus de 80 avant de mourir dans un accident de voiture, laissant la série à son épouse Josette. Celle-ci développe les titres en forme de calembours et modernise quelque peu le héros, ajoutant davantage d’érotisme et de violences pour satisfaire le public des seventies. Josette en écrira plus d’une centaine avant de laisser la place à ses enfants qui reprendront en main le destin d’OSS 117 jusqu’à la conclusion de la saga. Pour les inconsolables, il reste plus de deux cents bouquins à découvrir.

Comme précédemment mentionné, depuis que les aventures d’Hubert Bonisseur de la Bath ont été reprises par Josette Brute, notre infatigable espion s’est quelque peu « modernisé » et louche davantage vers ses rivaux SAS ou James Bond, lesquels avaient dépassés en popularité notre pauvre OSS 117.

Ainsi le lecteur de COUP DE SANG A CEYLAN assiste à deux ou trois scènes érotiques (d’environ 2 pages, nous ne sommes pas chez DeVilliers), à davantage de violences et à une montre-gadget avec un émetteur miniaturisé, summum de la technologie de communication trente ans avant les téléphones portables. Le roman dispense toujours l’indispensable exotisme, souvenir d’une époque pas si lointaine où la plupart des gens devaient se contenter de voyager par l’entremise des bouquins de gare. C’était avant les tablettes et les compagnies aériennes low cost. Bref, c’est dépaysant même si certainement écrit avec une carte du pays et le guide du routard à la manière de l’impayable et toujours fauché François Merlin. OSS 117 et Bob Saint-Clar, même combat : divertir le lecteur et lui faire oublier, durant 3 heures, les tracas du quotidien.

A part ça rien de vraiment neuf ni de particulièrement palpitant dans ce roman très (trop ?) classique qui se lit sans déplaisir mais ne dépasse jamais l’honnête moyenne de l’espionnage. Au cinéma, on le qualifierait d’ailleurs plus volontiers « d’espionnite » ou de « sous James Bond » tant Josette Bruce, comme les cinéastes italiens de la fin des sixties, parait vouloir à tout prix marcher sur les traces de Fleming. Si elle ne possède pas toujours les moyens de ses ambitions elle réussit néanmoins à ne jamais ennuyer le lecteur. Comme disait le précité Merlin, « dans chacun de mes bouquins il y a 4 ou 5 bonnes pages » et, généralement, ça suffit à laisser une bonne impression générale. Divertissant et gentiment désuet.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #OSS 117, #Aventures, #Espionnage, #Roman de gare

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Publié le 11 Décembre 2023

POUR QUELQUES BARILS DE PLUS de Richard Sapir et Warren Murphy

Une nouvelle aventure particulièrement outrancière et outrageuse pour Rémo ! Tant mieux. Le bouquin tire à boulets rouges sur tout ce qui bouge (les états arabes riches grâce au pétrole, les compagnies pétrolières, les pseudo-hippies antisionistes, etc.) de manière irrévérencieuse et divertissante. Bref, la série reste fidèle à sa manière habituelle : de l’action, beaucoup d’humour et des dialogues savoureux entre Chiun et son disciple, Rémo, dit « oreille de cochon ».

L'État de Lobynia, au Moyen-Orient, fournit du pétrole aux États-Unis depuis des années, mais lorsque le colonel Baraka succède au roi à la suite d'un coup d'État, il change de politique. L'arrêt des livraisons de pétrole menace l'ensemble de l'économie américaine. Baraka a de grands projets, mais aussi de gros ennuis. D'abord Remo a pour mission de rétablir le flux de pétrole avant que l'industrie américaine ne s'arrête. Et Chiun détient un contrat vieux de plusieurs siècles pour protéger les rois de Lobynia, y compris celui chassé par Baraka. Chiun prend ses responsabilités très au sérieux...mais son pendant maléfique Nuihc, s’associe avec Baraka.

Difficile d’écrire du neuf sur cette série. Certes tous les romans se ressemblent dans leurs mécanismes mais (à de rares exceptions près), ils sont tous de bonne qualité : des intrigues simples mais efficaces, des répliques humoristiques qui font mouche, des scènes d’action rondement menées et, surtout, deux héros impayables dont les joutes verbales rendent la lecture mémorable. POUR QUELQUES BARILS DE PLUS y ajoute un fond socio-politique plus développé et encore davantage de cynisme pour un résultat très sympa qui donne le sourire au lecteur.

L’implacable est vraiment une saga fun et décomplexée, sans prise de tête et toujours agréable. Pour une série comptant plus d’une centaine de titres, il est plaisant de constater qu’elle reste d’un bon niveau, offrant l’assurance d’un divertissement bien emballé et souvent drôle. Ce n’est pas de la littérature pour prix parisiens ou pour bobos, c’est juste deux cents et quelques pages de plaisir venu tout droit des halls de gare !

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Action, #Humour, #Implacable, #Roman de gare

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Publié le 30 Novembre 2023

DOC SAVAGE: LA TERREUR DU POLE SUD de Kenneth Robeson

Un Doc Savage dans la bonne moyenne mais quelque peu languissant, en particulier durant sa seconde moitié. Le début du roman fonctionne plaisamment et introduit un mystère efficace d’autant que Doc est supposé décédé dans un piège diabolique. La suite propose des voyages autour du monde jusqu’au Pôle Sud où le bouquin plonge frontalement dans le pulp avec des méchants utilisant leur super-science pour conquérir le monde.

Doc Savage reste l’archétype du divertissement rétro, au charme certes suranné mais finalement plaisant : la galerie de héros, leurs animaux de compagnie et leurs différents QG, sans oublier la Forteresse de Solitude de Doc, ses armes non léthales et ses techniques de « conversion » des méchants,…Tout ça démontre une imagination foisonnante et un art certain du récit feuilletonnesque. En dépit de certaines faiblesses évidentes, ce roman, comme la plupart des Doc Savage, avance à bonne cadence façon serial avec suffisamment de rebondissements pour ne jamais ennuyer le lecteur.

Difficile de développer davantage tant la série est fermement placée sur ses (bons) rails : la plupart des romans proposent une intrigue quasi interchangeable où se multiplie les attendus. Les disputes entre les compagnons de Doc, les répliques fantaisistes (« je suis superamalgamé »), les descriptions de l’entrainement de Doc ou de ses inventions…Tout ça se répète certes d’un roman à l’autre et pourtant le tout demeure plaisant et énergique. Du bon divertissement nostalgique à déguster en 2 ou 3 heures avec un whisky.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Aventures, #Pulp, #Roman de gare, #science-fiction, #Doc Savage

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Publié le 27 Octobre 2023

L'HOMME QUI EBRANLA LA TERRE de Kenneth Robeson

Un Doc Savage mi-figue mi-raisin. Certes il est toujours agréable de se replonger dans ces aventures pulp échevelées. Voulues prospectives et science-fictionnelle à leur sortie, dans les années ’30, elles apparaissent aujourd’hui délicieusement surannées et rétro, avec leurs inventions improbables (pour la plupart largement dépassées par la technologie des décennies ultérieures) et leur naïveté confondante. A vrai dire, à présent, elles pourraient passer pour des romans de rétro fiction, presque steampunk (bien qu’ils se situent un demi-siècle après l’époque classique du genre).

Doc Savage est toujours infaillible, invincible, asexué, un mélange de Superman et de Tintin possédant toutes les qualités imaginables. A se demander pourquoi il s’encombre de ces 5 acolytes, présentés comme des génies mais qui, en réalité, passent leur temps à se chamailler et à se vanner assez stupidement. Bref, pas grave, l’aventure avance à belle allure et le lecteur n’a guère le temps de s’ennuyer même, comme ici, lorsque le récit part dans tous les sens au risque de devenir brouillon. Nous avons donc un super-vilain mystérieux qui tire les ficelles et provoque des séismes. Il trouve sur sa route Savage et sa clique, lesquels partent le traquer jusqu’au Chili. 

On se perd un peu avec ces vrais / faux John Acres (le chef de la police – pas si – secrète) et le climax est malheureusement expédié un peu rapidement, comme si l’auteur avait atteint le maximum de pages disponibles et ne savait pas trop comment conclure ce roman. Mais, dans l’ensemble, le contrat de divertissement est rempli.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Action, #Aventures, #Doc Savage, #Novella (roman court), #Pulp, #Roman de gare

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Publié le 11 Octobre 2023

L'EXECUTEUR - MARDI MASSACRE de Don Pendleton

Deuxième jour pour la dernière semaine de la lutte de Mack Bolan contre la mafia. Le Grand Homme retourne donc en Californie avec son nouvel amour, Rose d’Avril, pour détruire les criminels encore vivants. La série continue de manière classique. Mack et Bolan sont à présent super amoureux (après deux jours !) et Rose est à nouveau capturée par les méchants. Mack viendra évidemment la sauver. Excepté un plan machiavélique orchestré par un des bad guy (quelque peu prévisible cependant) rien de fondamentalement novateur dans ce MARDI MASSACRE.

Le récit est cependant rapide et nerveux, avec simplement quelques références littéraires (en particulier à « Don Quichotte ») pour ralentir l’action. Sinon cela reste très linéaire avec l’extermination attendue des mafieux et des flics corrompus. La romance ajoutée n’est pas réellement une valeur ajoutée (justement !) et ressemble à une love story pour midinette quelque peu incongrue au sein d’une telle série d’action. Les dialogues et les jeux amoureux entre nos tourtereaux évoquent d’ailleurs la caractérisation rudimentaire des comic-book plutôt qu’une véritable passion romantique.

Bref, ce MARDI MASSACRE ne fait guère avancer le récit global. Sans être désagréable, cet « épisode » est donc dispensable mais les fans de la série le liront sans ennui même si on a connu Pendleton plus inspiré.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Action, #Roman de gare, #Pulp, #Exécuteur

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Publié le 25 Septembre 2023

La maison d'édition Les Saturnales s'était donné pour mission, à la fin des années 2010, de relancer la littérature "pulp" ou de gare via des collections hommages aux grandes heures de Gérard De Villiers. De la déclinaison de l'EXECUTEUR (vec KIRA B) en passant par l'espionnage façon Coplan / SAS ( MURAT) jusqu'à cette série SECTION MŒURS, sorte de croisement modernisé des mythiques BRIGADE MONDAINE et POLICE DES MŒURS. D'ailleurs Serge Penger avait précédemment travaillé sur cette dernière série. Il en reprend ici quelque peu le principe mais de manière plus actuelle. L'idée générale reste du polar musclé teinté d'érotisme (plus léger et moins gratuit / envahissant que dans les titres édités par DeVilliers) et d'une bonne dose de violences.

De manière amusante pour le lecteur belge, les héros de cette série sont des flics de chez nous, ce qui change agréablement des histoires situées en France ou aux USA. Notre duo de choc emprunte donc la E40 et part bosser à Bruges, d'où choc culturel et opposition avec les locaux (comprendre les Flamouches). L'enquête, elle, reprend un schéma plus classique avec des nantis qui, lassés des orgies et autres partouzes, se lancent dans les "murder party"…à la différence que les victimes restent bel et bien mortes, tuées à la manière de leur idole Jack l'Eventreur.

Si DE MORT ET D'EAU FRAICHE ne cherche pas à glaner des prix littéraires ou à des commentaires élogieux dans les journaux de bon goût (beurk!), il reste très plaisant. Le récite, certes balisé, est cohérent, efficace et rondement mené. Les personnages sont attachants et crédibles, loin des bites sur pates façon Boris Corentin (de la BRIGADE DE MŒURS), mais empêtrés dans leurs problèmes quotidiens, leurs soucis avec les collègues, la hiérarchie, etc. Une vision sans doute moins "série B / pouet Pouet / chatte nichons" des enquêtes de la section mœurs mais, au final, le lecteur passe un bon moment, au point d'avoir envie de retrouver ces personnages dans une future enquête. Ca tombe bien avant de mettre la clé sous le paillasson (?), les Saturnales en ont sortis 4 ou 5 autres…

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Polar, #Erotique, #Les Saturnales, #Pulp, #Roman de gare

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Publié le 11 Septembre 2023

DIRTY HARRY: PANIQUE SUR LA VILLE de Dane Hartman

A la suite des déclarations de Clint lors de la sortie de "L'inspecteur ne renonce jamais", la Warner se désole…Harry, c'est fini! Du moins au cinéma. Car le studio décide de poursuivre la saga sous forme romanesque avec une petite troupe d'auteurs camouflés sous le pseudo collectif de Dane Hartman.

Douze romans vont sortir en rafale à raison d'environ deux titres par an, la série étant stoppée par l'annonce du quatrième film, "Sudden Impact".

Dans PANIQUE SUR LA VILLE nous retrouvons tout le charme seventies / début eighties du polar burné, avec un Harry toujours monolithique mais qui se soucie de son partenaire, une nouvelle fois gravement blessé durant "l'action". Et cette action est, cette fois, double puisque Dirty Harry enquête à la fois sur un psychopathe tueur de femmes et un cinglé qui s'attaque aux sans-abris. Le premier assassin donnera du fil à retordre à notre flic dur à cuire et découvrir son identité lui demandera près de 200 pages. Le second partira pour un carnage déguisé tel la Mort et armé d'une faux le soir de la parade d'Halloween, d'où une ambiance quelque peu slasher dans un ensemble bien ancré dans le polar burné.

Scènes de violence sanglantes, répliques bien senties assénées par un Harry imperturbables, intermèdes olé olé typiques du roman de gare de cette époque,…nous ne sommes pas dans de la grande littérature bien sûr mais pour ceux qui aiment ce style de roman pulp mené à vive allure et sans temps mort PANIQUE SUR LA VILLE constitue l'assurance d'un divertissement fort appréciable.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Polar, #Cinéma, #Action, #Roman de gare, #Pulp, #Dirty Harry

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Publié le 5 Septembre 2023

JAG LE FELIN - JAG LE MONDE FRACTURE - TOME 1 de Zeb Chillicothe

Sous le pseudonyme de Budy Matieson, Christian Mantey livre au Fleuve Noir, au début des années 80, deux romans de science-fiction dans un style post-apocalypse: SURVIVANCE et SHEA, inspiré par "Mad Max" et ses déclinaisons littéraires comme L'AUTOROUTE SAUVAGE ou la saga du SURVIVANT.

Mantey revient sur le sujet en 1985 avec une nouvelle série située dans un monde similaire, JAG LE FELIN, pour laquelle il s'associe au Belge Pierre Dubois, le spécialiste des Elfes. Signé Zeb Chillicothe, la série connaitre 34 numéros, certains cosignés par Serge Brussolo, Joel Houssin ou quelques autres. Elle s'interrompt en 1995, l'auteur passant alors au semblable BLADE.

JAG LE FELIN constitue donc un bon post-apocalypse ou plutôt pré-apocalypse puisque celle-ci n'a pas encore eu lieu…mais sera définitive. L'univers se rétracte et se voit condamné à brève échéance…La civilisation s'écroule et les humains régressent, ce qui permet de développer un monde entre la Fantasy barbare à la CONAN, le médiéval fantastique, le western spagh' et le post-nuke façon Mad Max. Pas toujours pleinement cohérent mais certainement divertissant.

Les péripéties sont quelques peu prévisibles et traditionnelles mais nombreuses et plaisantes: rencontre avec un mentor qui finira assassiné, enlèvement par des bandits qui le réduisent en esclavage puis le vendent à un paysan, prise de muscle, combats féroces, lutte pour la liberté, etc.

La série propose quelques touches de violence ou d'érotisme mais cela reste léger pour du Gérard De Villiers. Le style se montre, lui, travaillé, avec un vocabulaire recherché et des tournures littéraires soignées, provoquant un contraste efficace entre les thématiques (du pur roman pulp dans la tradition des années '30) et les aspirations des auteurs. Une volonté évidente d'élever le propos.

Bref, JAG LE FELIN constitue un bon début pour la saga et ce "monde fracturé" qui se précipite vers sa fin annoncée en sombrant dans la violence et la barbarie. Dans son genre ("roman de gare action / SF"), une bonne pioche!

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Publié le 31 Août 2023

L'EXECUTEUR: LUNDI LUNCEULS L'EXECUTEUR: LUNDI LUNCEULS

C’est la fin de la guerre pour Mack Bolan. Enfin la fin de la première guerre, celle contre la Mafia, qui l’occupe depuis 32 numéros. Le Président lui accorde l’amnistie à condition de pouvoir ensuite employer ses talents dans d’autres guerres, à plus grande échelle, notamment contre le terrorisme. Mack accepte de se ranger des voitures, ayant supprimés suffisamment de mafieux pour contenter sa soif de vengeance. Mais, avant de raccrocher les gants, il demande une dernière faveur et une dernière semaine de carnage. Il repart en croisade et passe la deuxième couche, afin de faucher les jeunes pousses tentées de remplacer les capi décédés.

A ses côtés, pour cette dernière mission, April Rose, sexy lady et experte en informatique qui va mettre l’Exécuteur au parfum des dernières nouveautés technologiques. Forcément, une relation se noue entre la nymphette et le vieux guerrier, entre attraction mutuelle et amitié platonique, pour ne pas dire virile. Le duo fonctionne bien, avec quelques dialogues inspirés parfois humoristiques, parfois disons « philosophiques ». L’auteur (le vrai Don Pendleton à cette époque) semble toutefois hésiter sur la direction future de cette romance et le personnage change parfois de comportement de manière désordonnée, au gré de la plume du romancier.

L’essentiel reste cependant la guerre menée par Bolan qui flingue à tout va mais semble plus apaiser, allant jusqu’à laisser vivre certains de ses ennemis « moins pires que d’autres ».

SI cet opus ne change pas fondamentalement une recette bien établie (il faudra attendre le renouveau par d’autres auteurs et avec l’option « guerre mondiale contre le terrorisme »), tous les éléments s’emboitent adroitement et font de cette aventure une belle réussite du polar pulp.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Action, #Polar, #Exécuteur, #Pulp, #Roman de gare

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Publié le 12 Avril 2023

BRIGADE MONDAINE: L'APPRENTIE SORCIERE de Michel Brice

Un « Brigade Mondaine » assez inhabituel qui change des standards coutumiers de la série : Boris Corentin, le Alain Delon au membre surdimensionné qui tombe toutes les filles et son acolyte, le fidèle et rougissant Brichot, n’y ont qu’un rôle secondaire. Pas d’enquête (ou si peu), dans ce récit centré sur la figure de l’apprentie sorcière.

Elles sont, en réalité, deux. D’un côté Monique, la femme d’un médecin abattue par l’ennemi public numéro 1, Ragu, qui se laisse embarquer dans un périple sanguinaire par ennui. Du coup elle nique, notre Monique jusqu’ici réservée. Et puis elle joue aussi du flingue. Monique se doute que tout ça va mal finir mais s’imagine en Bonnie se payant une sortie sanglante avec son Clyde. En enfer, à coups de révolver. En attendant Monique nique nique.

Et l’autre apprentie sorcière ? Typhaine, jeune fille de bonne famille qui, elle aussi, s’ennuie dans son vaste château familial. Elle y invite, par provocation, une bande de petites frappes locales menées par son amant Lionel, adepte du masochisme brutal. Le couple de tueurs en fuite et la réunion des voyous dégénère façon « maison des otages » jusqu’à l’arrivée inopinée d’un Boris qui a beaucoup piné. Notre flic est flanqué d’une journaliste prête à tout (et même davantage) pour s’offrir un scoop.

L’APPRENTIE SORCIERE modifie un peu la donne d’une série souvent enlisée dans la banalité. Ici on quitte le côté enquête pépère pour une sorte de polar noir crasseux qui reprend les ingrédients nécessaires à un repas épicé : violence, érotisme, sadisme et action.

Plutôt bien écrit par des auteurs anonymes au CV conséquent désireux de soigner un minimum le produit, ces romans ne volent pas bien haut mais en donnent au lecteur pour son argent. C’est rythmé, violent parfois jusqu’au gore et cul à n’en plus finir avec souvent des passages sadiques. Et, évidemment, des viols complaisants mais aussi très plaisants destinés à exciter le lecteur mâle cis-genre non déconstruit. Les « Brigades mondaines » s’apprécient pour ce qu’ils sont : de petits « classiques » des halls de gare, loin de la grande littérature faisandée pour magasine bobo.  

La scène marquante (puisqu’il en faut une pour chaque opus histoire de pouvoir les différencier) intervient dès l’entame : un tueur en fuite oblige deux frères ayant violé sa compagne à reproduire entre eux tout ce qu’ils ont fait précédemment subir à la demoiselle.

L’APPRENTIE SORCIERE constitue donc un « bon Brigade Mondaine », à déguster avec le sourire.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Brigade Mondaine, #Polar, #Erotique, #Roman de gare

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