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Publié le 23 Octobre 2017

LES TENEBRES ET L'AURORE de George Allan England

Avec DARKNESS AND DAWN nous plongeons aux origines de la science-fiction puisque la première publication de ce roman date de 1912. Le succès fut d’ailleurs au rendez-vous et l’auteur enchaina avec deux séquelles, le tout formant une trilogie fréquemment rééditée outre-Atlantique et tenue à présent pour un incontournable de « l’âge d’or ».

L’ingénieur Allan Stern et la secrétaire Beatrice Kendrick se réveillent dans un New York dévasté. Ils découvrent qu’ils sont, en apparence, les derniers survivants d’un cataclysme indéterminé. Mystérieusement plongés en animation suspendue durant huit siècles, nos héros vont devoir se battre pour rester en vie dans ce monde retourné à la barbarie hanté par des tribus de féroces mutants cannibales.

Voici de la science-fiction typique du pulp, avec son rythme soutenu, ses héros dénués du moindre défaut, sa romance désuète et son style littéraire rudimentaire. Les incongruités du roman feront, bien sûr, sourire aujourd’hui : les denrées sont toujours comestibles après huit siècles (car elles sont conservées dans des bocaux en verre !), les pistolets fonctionnent toujours sans difficulté, etc.

On note aussi la naïveté générale (seuls et à demi nu nos héros mettent des semaines - et tout le bouquin – pour se donner un bisou) et le côté « plus grand que nature » de notre valeureux dernier survivant masculin. Ce-dernier sait à peu près tout faire et n’a rien à envier aux plus grands experts survivalistes, bref avec un tel spécimen d’Humain nul doute que la civilisation puisse repartir rapidement sur de bonnes bases. L’américano centrisme se révèle, lui-aussi, amusant puisque nos Adam et Eve du futur admettent rapidement (et à vrai dire sans aucune preuve) être les seuls survivants de l’apocalypse : en effet, s’il en existait d’autres ces derniers seraient, forcément, venus vivre à New York, capitale mondiale de l’art et de la civilisation.

Evidemment, époque oblige, le roman développe un racisme décomplexé : nos héros découvrent, horrifiés, que les êtres simiesques sont non seulement des cannibales, des mutants et des dégénérés mais, que, pire que tout, ce sont des….Noirs. Heureusement ceux-ci se souviennent, texto, « du pouvoir et de la domination de l’homme Blanc ». Quoiqu’ils utilisent des sagaies et tapent sur des bambous (pardon des tamtams) preuve évidente de leur barbaries (« ce sont des sauvages » déclare  immédiatement l’héroïne), nos pseudo Morlocks respectent les coups de pistolets de leurs maîtres : « nous n’avons rien à craindre, nous sommes des dieux pour eux ».

Tout cela peut paraitre atrocement daté mais, en réalité, ces éléments incongrus confèrent un charme suranné à ce petit bouquin sinon très classique. Quoique l’auteur s’inspire manifestement de LA MACHINE A EXPLORER LE TEMPS, il anticipe sur de futurs classiques de la science-fiction (notamment LA PLANETE DES SINGES) et, plus encore, sur les bouquins « post nuke » qui fleurirent dans les halls de gare des années ’80 comme la série LE SURVIVANT. On constate, en effet, qu’en près d’un siècle rien n’a changé dans la littérature post-apocalyptique : deux survivants qui ne se connaissent ni d’Eve ni d’Adam (hum !) vont s’organiser, partir à la chasse (au propre comme au figuré), rassembler les vestiges fracassés de la civilisation, tenter de découvrir d’autres humains et se heurter à des tribus de mutants cannibales dont ils finissent par triompher en usant de la force mais aussi de leurs connaissances scientifiques.

L’auteur étant un fervent socialiste (nul n’est parfait), le bouquin se conclut logiquement par un vibrant discours censé donner le rouge au cœur du lecteur : l’homme du futur se promet d’abattre « l’oisiveté de l’aristocratie » et de bâtir une société plus juste et égalitaire. Bref, le matin du grand soir est enfin arrivé et, finalement, cette apocalypse (dont on ne saura rien) n’apparait pas si négative puisqu’elle a permis le triomphe du socialisme. C’est tellement beau que, pour un peu, on se mettrait à chanter « c’est la turlute finale ».

Si DARNESS AND DAWN peut sembler complètement ringard, dépassé, anachronique ou ridicule, il offre, malgré tout, une lecture divertissante et efficace, bien aidé par une longueur judicieuse (un peu moins de 150 pages). Pour un petit roman « pulp » de plus d’un siècle, le tout fonctionne encore agréablement dans les limites de ses ambitions. Pas sûr que beaucoup d’oeuvrettes du même style mais beaucoup plus récentes supportent aussi bien l’épreuve du temps. Un bon moment pour les curieux, à redécouvrir en français dans l’anthologie de Jacques Sadoul « les meilleurs récits de Famous Fantastic Mysteries » qui, pour rester dans le ton de ce magazine, agrémente ce roman de trois nouvelles de Francis Stevens, Abraham Merritt et Ray Cummings.

LES TENEBRES ET L'AURORE de George Allan England

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Golden Age, #science-fiction, #Aventures, #Roman de gare, #anticipation

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Publié le 13 Octobre 2017

L'EXECUTEUR: PLUIE DE COKE A OCEAN BEACH de Frank Dopkine

Si la série de l’Exécuteur fut lancée par Don Pendleton à la fin des années ’60, elle fut poursuivie par la suite par de nombreux auteurs américains restés anonymes, du moins sur la couverture des livres puisque les fans les ont, aujourd’hui, identifiés pour la plupart.

Les choses se compliquent lorsque la série, publiée chez Gérard de Villiers, évolue vers l’aventure guerrière et s’éloigne de ses fondamentaux (une période désignée sous le terme de « guerre à la mafia »). Selon les rumeurs, de Villiers ne souhaite pas voir l’Exécuteur emprunter cette voie, qu’il juge concurrentiel pour son propre SAS.

Quoiqu’il en soit, l’Exécuteur cesse d’être traduit pour être « adapté ». Autrement dit, la plupart des romans soi-disant « traduits » sont, en réalité, directement écrits par des Français, toujours sans les signer. A l’époque, le « roman de gare » se trouve déjà en perte de vitesse et les ventes diminuent, ce qui n’empêche pas la série de se poursuivre de longues années. Elle compte plus de 300 bouquins en français et se poursuit toujours aux Etats-Unis où, en comptant les spin-off, elle approche du millier de livres consacrés à Mack Bolan et ses alliés.

Outre Gérard Cambri (connu pour son coup de gueule contre l’éditeur), Frank Dopkine, vieux routier de la littérature populaire croisés à la Brigandine, fut un des pourvoyeurs de ces romans « Exécuteur » officiellement toujours attribués à un Don Pendleton pourtant décédé.

PLUIE DE COKE A OCEAN BEACH revient donc au classique affrontement de l’implacable Mack Bolan contre la Mafia. Cependant, le Guerrier (ou la Grande Pute comme le surnomme affectueusement les » pourris ») y a un temps de présence plus restreint que de coutume. Voici, en effet, Bolan embarqué, une fois de plus, dans une guerre de gangs, les anciens mafiosi se voyant dessouder par de nouveaux venus aux dents longues. Le tout se déroule dans le milieu du surf, avec les habituels passages d’action, les explosions de bateaux, les enlèvements et autres tortures.

Tout cela est certes convenu mais donne au lecteur ce qu’il est venu chercher, à savoir une bonne dose d’action et de violences plutôt agréablement troussée (pour ce genre de bouquin). Ce n’est certes pas de la grande littérature mais l’écriture est efficace et l’intrigue un peu plus solide que les sempiternels massacre de mafieux auquel l’Exécuteur nous a habitué.

Les amateurs de ce justicier impitoyable passeront donc un bon moment sous cette PLUIE DE COKE plutôt plaisante.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Policier, #Roman de gare, #Thriller, #Gérard de Villiers, #Exécuteur

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Publié le 22 Septembre 2017

LE MERCENAIRE - LA LOI DU SILENCE d'Axel Kilgore (Jerry Ahern)

Jerry Ahern (1946 – 2012), surtout connu pour avoir lancé la saga du SURVIVANT et, par conséquent, toute une littérature post apocalyptique et survivaliste, a également publié, sous le génial pseudonyme d’Axel Kilgore, une vingtaine de romans consacrés à Hank Frost, dit le Mercenaire. Ressemblant à un pirate avec son bandeau noir qui lui couvre l’œil, Frost n’est ni aussi impitoyable que l’Exécuteur ni aussi drôle que l’Implacable mais on sent Kilgore sous l’influence de ces séries à succès.

Dans cette septième aventure, Hank Frost doit protéger une jeune femme ayant décidé de témoigner contre des grands pontes de la Mafia. Evidemment, cela va lui attirer de nombreux ennuis et Hank devra la protéger de (très) près durant un voyage qui la verra régulièrement menacée par des tueurs pas gentils du tout.

Série plaisante mais assez routinière, LE MERCENAIRE (réédité ensuite sous l’appellation de « Hank le mercenaire ») constitue une classique « men’s adventure ». Autrement dit, le roman est court (un peu plus de 200 pages), rythmé, découpé en brefs chapitres et linéaire.

Cette aventure reprend un schéma des plus convenus qui a déjà servi à de nombreux romans de gare mais également à des kilos de séries B d’action, citons simplement pour le plaisir le trop décrié et pourtant ultra divertissant COBRA. Une demoiselle, forcément jeune et jolie, menacée, un baroudeur chargé de la protéger : dues rebondissements prévisibles (en particuliers les trahisons de l’un ou l’autre), deux ou trois passages érotiques entre la belle et la brute, des scènes d’action violentes, etc.

Rien de bien neuf mais un indéniable savoir-faire dans le registre du roman de gare, vite écrit, vite lu, vite oublié mais plaisant sur le moment. Jerry Ahern possède du métier et ne se fiche pas du public : si le récit est sans surprise (on note pas mal de similitudes avec l’époque « guerre à la mafia » de L’EXECUTEUR) il offre au lecteur exactement ce qu’il est venu chercher, à savoir trois heures de divertissement mêlant avec efficacité sexe et violence.

Pas grand-chose d’autre à dire sur ce roman sans prétention (auquel on peut préférer le plus énergique et original LE COMMANDO DU QUATRIEME REICH dans la même série) mais, dans ce genre de littérature, LE MERCENAIRE reste une valeur sûre. Ces petits bouquins besogneux encombraient jadis les présentoirs des supermarchés mais, aseptisation oblige, ne peuvent plus se dénicher, aujourd’hui, qu’au fond des caisses poussiéreuses des brocantes. Bizarrement, le temps s’est montré clément et ils ont, à présent, gagné un réel charme nostalgique.

Pas indispensable mais, si on cherche un roman « viril » et rondement mené, il y a bien pire que cette LOI DU SILENCE.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Aventures, #Roman de gare, #Thriller, #Gérard de Villiers, #Jerry Ahern

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Publié le 28 Août 2017

OBSESSIONS de Christophe Bier

Afin de célébrer les 20 ans de l’émission Mauvais Genre (diffusée sur France Culture), l’indispensable Christophe Bier compile 132 chroniques enregistrées entre septembre 2003 et juin 2016.

Grand connaisseur du cinéma populaire, auteur d’un monumental DICTIONNAIRE DES LONGS MÉTRAGES FRANÇAIS PORNOGRAPHIQUES ET ÉROTIQUES, admirateur de comédiens typés (comme Daniel Emilfork), passionné par les nains, collaborateur sur de nombreux fanzines et magazines (dont, jadis, Mad Movies), réalisateur d’un documentaire sur Eurociné et acteur pour des cinéastes aussi divers que Jean-Pierre Mocky, Norbert Moutier, John B. Root ou Ovidie (il tient le rôle principal, celui d’un sexologue distingué, dans l’excellent « Pulsion »), Bier, en touche à tout enthousiaste, nous propose ici un véritable catalogue du « mauvais genre ».

OBSESSIONS de Christophe Bier

Que recouvre cette expression ? Difficile à dire. Disons simplement que tout ce qui n’a généralement pas droit de citer à la radio ou à la télévision, tout ce qui est ignoré du grand public et méprisé par l’intelligentsia (quoique cela soit, heureusement, en train d’évoluer) intéresse ce fin connaisseur. En empruntant les chemins de traverse de la culture « mainstream », Bier ne se cantonne pas dans un domaine mais, au contraire, brosse un large panorama du « mauvais goût » assumé. Avec, cependant, quelques points de repère, quelques jalons placés sur cet itinéraire insolite: la censure, l’érotisme (sans véritable distinction entre le soft et le hard), le fétichisme, la provocation, les freaks, les destins tragiques et les personnalités oubliées. Beaucoup de chroniques, forcément, prennent la forme d’un hommage, épitaphe gravée à la mémoire de seconds rôles disparus des écrans, de starlettes du X, de troisième couteau à la gueule immédiatement reconnaissable, de cinéastes besogneux négligés par la théorie des auteurs. Avec les années qui s’écoulent et la standardisation culturelle imposée disparaissent peu à peu, inéluctablement, les artisans ayant œuvrés dans le péplum fauché, le western spaghetti, le mondo movie crapoteux, l’érotisme bizarre, l’horreur excessive, l’exploitation non politiquement correcte, etc.

OBSESSIONS de Christophe Bier

Littérature, bande dessinée, peintures, films, expositions, etc. Bier brasse tout un pan de la sous-culture (quel vilain mot !) de ces cent dernières années : il s’intéresse aussi bien aux serials réputés « perdus » qu’à Alain Payet, chantre du hard crad français, à Mickey Hargitay, bodybuilder sadique du délirant « Vierges pour le bourreau », qu’à des bandes d’explotation comme « Super Nichons contre mafia ». Pour ne citer qu’une poignée d’exemples, la démarche de Bier étant de refuser le consensuel académisme des César pour leur préférer « l’imaginaire délirant » de l’horreur sanglante et de la pornographie.

Et, sur papier, notre érudit redécouvre les trésors du roman noir, du fumetti, invitant le curieux à fouiller les vide-greniers afin d’y dénicher du Erich von Götha, un livre de cul publié chez Media 1000 (« le cloaque de l’édition ») ou même à relire un BRIGADE MONDAINE, ces pseudo polars bardés de scènes chaudes aux titres ronflants et aux couvertures suggestives que l’on trouvait, voici une vingtaine d’années, dans les supermarchés et les relais d’autoroute. Avant qu’ils soient remplacés par des mamie porn consternants ou un énième Marc Levy.

OBSESSIONS de Christophe Bier

C’est la grande force de ces OBSESSIONS : le lecteur pourra piocher dans ces pages ce qui l’intéresse et, peut-être, poursuivre son exploration des recoins insalubres des cinémas de quartier ou des bibliothèques, se mettre à la recherche de « Drôles de zèbres », la comédie désolante de Guy Lux ("dans ce délire accablant mais frénétique, Sim se travestit bien sûr en Baronne de la Tronche en Biais, se balance à une liane et croise Coluche, Patrick Topaloff, Michel Leeb, Claude François et les Clodettes, Léon Zitrone, un nonce apostolique et un singe qui parle"), ou de « la doctoresse à des gros seins », mètre étalon (hum) de la démesure porno d’Alain Payet ("les physiques les plus variés dessinent les contours d’un univers baroque, entre Fellini et Mocky, peuplé de nains, de vieillards lubriques, de transsexuelles, de fat mamas comme celles de Miss Gélatine et ses copines"). Heureusement, certains films sortent aujourd’hui des limbes grâce au travail de passionnés comme Ecstasy of Films, Le Chat qui fume ou Bach Films, petits éditeurs dvd auxquels Bier rend également hommage.

A ces obsessions, sommes toutes attendues, on en ajoutera d’autres, plus curieuses, comme cet ode au magicien gaffeur Garcimore ou les références gay de la mythique série télévisée « Les Mystères de l’Ouest ».

Sans ordre (on devine que l’auteur lui préfère le chaos) autre que chronologique, ces 132 chroniques constituent une mine d’informations à dévorer !

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Publié le 7 Août 2017

L'IMPLACABLE: MARCHE OU CREVE de Richard Sapir & Warren Murphy

Dans ce onzième roman de l’interminable série consacrée à Remo Williams (surnommé en anglais The Destroyer et en français L’implacable) l’organisation gouvernementale secrète Cure, dirigée par Harold Smith, voit son existence menacée. Ses secrets risquent d’être révélés, ce qui compromettrait l’intégrité politique des Etats-Unis et même l’autorité du président en personne. Par conséquent, pour éviter le désastre, Smith doit démanteler l’organisation et rompre tous les liens l’unissant à Chiun, le Maître du Sinanju, et son disciple Remo. Ce-dernier se montre d’abord ravi d’être ainsi forcé à la retraite anticipée. Mais, très vite, il culpabilise et décide d’aider un Smith au bord du suicide. Sans ressources, isolé et contraint à agir rapidement, Remo se lance dans la politique pour redresser une situation désespérée. Son idée consiste à faire élire à la mairie de Miami un doux rêveur inoffensif, Mac Polaney, sorte de baba cool quinquagénaire qui aime la pêche, s’est déjà présenté (sans succès) plus de quarante fois aux élections et ne vote pour personne, pas même pour lui. L’Implacable et Chiun vont user de toutes les méthodes pour persuader les électeurs du bien-fondé de leur projet saugrenu.

Quoique la recette générale soit à présent connue, MARCHE OU CREVE s’éloigne des standards habituels de la série pour proposer un récit moins porté sur l’action et davantage orienté vers la satire politique. L’humour, comme toujours, se montre donc bien présent et réserve son lot de scènes amusantes. Ainsi, Chiun aime se déplacer avec des dizaines de bagages tout en se donnant l’apparence d’un frêle vieillard peu aidé par son ingrat de fils adoptif. D’où les réactions outragées d’une bande de femmes mûres voyant Remo refuser de lui porter ses valises. Par la suite, l’Oriental, toujours aussi friand de feuilletons télévisés à l’eau de rose, découvre, estomaqué, la médiocrité d’une série martiale qui, sacrilège, donne une bonne image des moines Shaolin.

Les considérations politiques occupent ici l’essentiel d’une intrigue franchement pauvre en action selon les standards de la série. On peut juger la charge sans finesse mais, pourtant, elle semble plus que jamais d’actualité et, dans l’ensemble, pertinente. « Les trois éléments les plus importants d’une élection sont le candidat, le candidat et le candidat » annonce-t-on à Remo qui rétorque « bien sûr que non, c’est l’argent, l’argent et l’argent ». Et voilà les deux plus grands assassins du monde, escorté d’une myriade de « femmes d’un certain âge » en campagne pour conduire à la mairie un anarchiste sur le retour. Son unique slogan, rapidement adopté par la foule conquise, est « le soleil c’est bien plus beau, les fleurs c’est bien plus doux » tandis que ses meetings politiques consistent en des démonstrations de ses (lamentables) talents à la scie musicale. Mais, quoiqu’il arrive, nul ne le fera taire !

Ces événements permettent à Chiun de s’étonner de la stupidité du processus démocratique : l’accession au pouvoir d’un candidat est déterminée par la beauté de son badge de campagne ou par l’avis d’une célébrité quelconque invitée à s’exprimer sur le sujet. Lorsque le vieil Oriental suggère d’engager un expert, son émule lui répond que « nul ne s’y connait en politique, les experts encore moins que les autres. Tout le système est tellement dingue que n’importe quel fou a une chance de gagner ». La suite du roman prouvera à Remo la justesse de cette assertion et, de toute façon, l’Histoire a prouvé à maintes reprises que les gens votent souvent « pour quelqu’un qui a sa tête à la place de son cul ». Bien évidemment en soudoyant quelques personnalités haut placées, en menaçant quelques criminels influents et en s’assurant le soutien d’une centaine de femmes âgées qui trouvent leur candidat « tellement gentil » Remo et Chiun finissent par s’assurer de son élection. Et à sauver la mise (et la tête) de leur Empereur Smith.

Sans doute pas le plus représentatif ni le plus mouvementé des romans consacrés à l’Implacable, MARCHE OU CREVE demeure un divertissement rondement mené riche en passages fort drôles et en dialogues efficaces. Très sympathique à condition de ne pas en attendre l’action échevelée et délirante des autres tomes de la série.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Aventures, #Roman de gare, #Gérard de Villiers, #Implacable

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Publié le 13 Juillet 2017

LE SURVIVANT - GUERRE TOTALE de Jerry Ahern

Expert en arme et écrivain prolifique, Jerry Ahern (1946 – 2012) reste essentiellement connu pour sa longue saga littéraire consacré à l’agent de la CIA John Thomas Rourke, alias « Le Survivant ». Sous le formidable pseudonyme d’Axel Kilgore on lui doit également la série du « Mercenaire », elle aussi publiée en France chez Gerard De Villiers. En tout, Ahern écrivit plus de 80 bouquins dont 29 appartiennent à la saga du « Survivant » débutée en 1981 avec ce premier tome, GUERRE TOTALE.

Dans ce roman nous faisons la connaissance de notre valeureux héros, John Thomas Rourke, un as de la CIA revenant d’une mission au Moyen-Orient. Persuadé que le monde court à sa perte, Rourke s’est familiarisé avec les techniques de survie et a construit un abri antiatomique pour sa famille. La situation au Pakistan semble donner raison à Rourke et la tension s’accroit entre les Etats-Unis et la Russie. Malgré les efforts de paix des deux nations, l’escalade militariste conduit à un holocauste nucléaire qui dévaste la quasi-totalité de la planète. Lorsque les missiles frappent le sol américain, Rourke est à bord d’un avion. Les pilotes sont aveuglés par la déflagration mais l’agent de la CIA parvient à poser l’appareil tant bien que mal. Avec un autre survivant, Paul Rubinstein, il se dirige vers la ville la plus proche, Albuquerque, où il espère trouver un soutien. Pendant ce temps, son épouse Sarah emmène ses enfants vers ce qu’elle espère être la sécurité…

Lançant la mode fructueuse (en particuliers au cinéma) du « post nuke », LE SURVIVANT – GUERRE TOTALE n’est, bien sûr, pas le premier roman à traiter du thème de la survie après une guerre nucléaire mais il est sans doute responsable des nombreuses imitations ultérieures qui allaient encombrer les halls de gare durant les années ’80, en particulier la série « Doomsday Warrior ».

Ce premier tome se veut réaliste et se consacre, durant une centaine de pages, à la situation géopolitique en passe de se dégrader irrémédiablement. Les efforts de la Russie pour stopper l’expansion du fondamentalisme islamiste conduisent à une riposte américaine menant elle-même à la guerre totale. Les temps ont changés… Ou pas ? Moins manichéen que la plupart de ses collègues œuvrant dans le roman de gare, Aherm présente des personnages certes stéréotypés mais néanmoins intéressants. Bien sûr, Rourke constitue le parfait exemple d’invincible héros du roman de gare, un mercenaire capable d’affronter à lui seul 40 bikers sans subir la moindre  égratignure. Précurseur  des combattants inflexibles du cinéma musclé, défenseur émérite des valeurs américaines menacées par la pourriture communiste, Rourke combine Mad Max, John Rambo et le Chuck Norris d’ « Invasion USA » afin de protéger sa famille et ce qu’il reste du monde libre. Alternant de manière classique mais toujours aussi efficace les différents points de vue des protagonistes, GUERRE TOTALE avance à un rythme ultra soutenu qui ne laisse aucunement le temps de souffler au lecteur. Les dernières pages, encore plus imprégnées d’action, annoncent les outrances à venir et anticipent largement sur « Mad Max 2 » et le cinéma post-nuke de  cette époque puisque Rourke se venge d’une horde de sanguinaires hell’s angels auxquels il tient tête avec sa bite, son couteau et ses pistolets automatiques.

Comme souvent avec ce genre de série paralittéraire, les tomes ultérieurs s’éloigneront progressivement de ces bases réalistes pour verser plus frontalement dans une science-fiction débridée incluant cryogénie, mutants et autres cannibales. En France, seuls les premiers tomes eurent droit à des traductions respectueuses du matériel originel, les bouquins furent, par la suite, écrits par d’illustres inconnus qui étirèrent la saga jusqu’au tome 51.

Pour les nostalgiques de la Guerre Froide, les fans de post-nuke ou les simples amateurs de bouquins d’action vite écrits et vite lus, GUERRE TOTALE s’impose comme une réussite étonnamment plaisante et d’une rare efficacité que l’on n’a pas envie de lâcher avant la fin (provisoire évidemment). Rondement mené et vivement conseillé !

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Publié le 14 Juin 2017

LA LOQUE A TERRE de Georges de Lorzac (Jean-Pierre Bouyxou)

Le Bordelais Jean-Pierre Bouyxou (né en 1946) est un touche-à-tout bien connu des amateurs de cinéma bis et de paralittérature. Il a écrit pour les revues les plus diverses, de Ciné Revue à Métal Hurlant en passant par l’Echo des savanes, Sex Star System, Siné Hebdo, Paris-Match ou Lui. On le retrouve également acteur (dans la plupart des films de Rollin), scénariste (pour « Les raisins de la mort » de Jean Rollin et quelques pornos), réalisateur (notamment du « fameux » film X « Entrez vite, vite je mouille » en 1979).

Sous divers pseudo, Bouyxou livre une foultitude de romans pour les éditions du Bébé Noir ou de la Brigandine dont ce très étrange LA LOQUE A TERRE, lequel dénote l’amour de l’écrivain pour le fantastique du quotidien et l’angoisse. Le livre aurait, en effet, très bien pu figurer dans la légendaire collection « Angoisse » du Fleuve Noir. Ce récit d’errance débute par l’arrivée de Laurent, mec de 34 ans sans emploi régulier venant d’être largué par sa copine Christine, devant une haute tour d’immeuble. L’ascenseur est en panne et ses parents résident au dernier étage. Du coup, Laurent entreprend l’ascension du HLM par les escaliers. Manquant d’exercice physique et à court de cigarette, le jeune homme s’épuise rapidement et finit, assoiffé, par sonner à la porte d’une quadragénaire, Zizou, avec qui il fait l’amour sans en ressentir ni envie ni plaisir. Par la suite, Laurent quitte l’appartement et continue de grimper les étages…Le temps s’écoule, interminable, au rythme des volées d’escaliers, vers un dernier étage en apparence inaccessible.

LA LOQUE A TERRE constitue un pur roman d’angoisse et de fantastique au sens le plus noble du terme puisque le héros perd contact avec la réalité qui se disloque peu à peu sous ses pas, d’un palier au suivant. Il grimpe, grimpe, grimpe toujours mais semble incapable d’arriver au sommet de l’immeuble, revenant inexplicablement sur ses pas. Bien qu’il tambourine à différentes portes, aucun occupant ne lui ouvre et il ne croise personne dans son errance. Les seules rencontres qu’il fera au cours de cette journée conduisent aux deux scènes sexuelles du roman (lesquelles, bien que riches en descriptions pornographiques, se révèlent étonnamment non érotiques voire même dépressives). Dans la première, Laurent couche avec Zizou en essayant de se souvenir de son ex. Dans la seconde, il tombe aux mains d’un couple de lesbiennes complètement folles qui menacent de le castrer. Zizou vient d’ailleurs s’en mêler. D’où le vertige de notre héros lorsqu’il se rend compte que la dite Zizou vit deux étages en dessous…alors qu’il lui a semblé gravir des dizaines d’escaliers.

Le dernier acte du roman plonge encore plus dans le sordide, convoque Sigmund Freud (« ce con », dixit le chapitre qui lui est dédié) pour un final purement psychanalytique échappant à toute tentative de rationalisation.

Saupoudré de quelques réflexions gauchisantes (heureusement point trop envahissantes) et d’un humour absurde sympathique (le héros s’imagine vivre un rêve, faire un mauvais trip au LSD et se dit, avant de basculer totalement dans la « folie » qu’il tirerait bien un bouquin de cette aventure insolite), LA LOQUE A TERRE constitue une belle réussite à redécouvrir dans le recueil « Trois romans érotiques de la Brigandine » récemment publié par les dignes héritiers de la Musardine.

LA LOQUE A TERRE de Georges de Lorzac (Jean-Pierre Bouyxou)

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Erotique, #Roman de gare

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Publié le 1 Juin 2017

ALERTE ROUGE A WASHINGTON de "Don Pendleton"

Crée par Don Pendleton, le vétéran du Viet Nam devenu justicier Mack Bolan eut rapidement une vie propre : après les 38 premiers romans (rassemblés sous la domination de « Guerre à la Mafia »), l’Exécuteur fut repris par de nombreux auteurs qui en firent une sorte de super agent aux services secrets de l’Amérique. Lorsque la nation ne peut agir de manière officielle, elle peut compter sur le Guerrier pour défourailler de la racaille, du petit trafiquant au terroriste international, Bolan ne fait pas dans le détail.

Edité en France par les éditions Gerard De Villiers, « l’homme à la combinaison noire » vécut également des aventures originales qui ne furent pas traduites mais bien entièrement écrites par des romanciers hexagonaux. Souvent non crédités (lorsqu’ils le sont c’est uniquement en tant que « traducteur et adaptateur »), ils s’effacent pudiquement devant la légende (avec ses nombreuses séries dérivées on approche du millier de romans !!!) comme cette ALERTE ROUGE A WASHINGTON plutôt efficace.

Dans cette aventure, l’auteur (donc anonyme) attaque la collusion entre le pouvoir américain et la Mafia, imaginant (peu avant le 11 septembre) une sorte d’énorme complot entre des militaires assoiffés de pouvoir et les organisations maffieuses afin de générer un conflit au Moyen-Orient qui servirait, en quelque sorte, de test grandeur nature pour observer les réactions du monde à une guerre nucléaire localisée. Sympathique et plutôt novateur, cela change agréablement des massacres répétitifs d’amichi d’une ville à l’autre du globe.

Cependant, si l’intrigue se révèle plus consistante que de coutume et constitue un hybride assez réussi entre les deux périodes (polar anti mafieux et action / espionnage pour résumer succinctement) de l’interminable saga (Bolan fait ici la guerre à la Mafia mais il s’associe avec une poignée de militaires vétérans pour débarrasser les hautes sphères politiques de la corruption), avec Mack Bolan, pas de subtilité ni de grande analyse politique, place au nettoyage par le vide. La série n’a jamais fait dans le subtil mais a souvent gardé le cap en jouant sur un rythme frénétique qui multiplie les explosions, fusillades et autres massacres de crapules. Du divertissement très efficace totalement dévoué à la testostérone et à l’hémoglobine sans perdre de temps en considérations psychologiques ni en érotisme (contrairement à ce que veulent faire croire les couvertures françaises). Bref, ça déménage et ça emporte tout sur son passage, avec une écriture très brute et une grande économie de moyens : phrases courtes, chapitres ramassés en quelques pages, nombreux synonymes pour varier les descriptions (un brin répétitives) de mafiosi abattus par notre héros. Des recettes qui doivent autant à la littérature brute de décoffrage de Mickey Spillane qu’aux polars d’action musclés des seventires (genre JUSTICE SAUVAGE ou LA TRAHISON SE PAYE CASH).

Bref, L’EXECUTEUR, en dépit de son aspect ultra codifié (qui, mine de rien, a fini par générer une mythologie sommaire avec son lot de personnages récurrents comme en témoignent ici les nombreuses notes de bas de page renvoyant le lecteur à une aventure antérieure) reste une valeur sûre du roman de gare moderne et une des seules séries de ce style (jadis si populaires) à continuer à perdurer en ce vingt-et-unième siècle. Très plaisant.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Aventures, #Roman de gare, #Exécuteur, #Gérard de Villiers

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Publié le 19 Mai 2017

CHERRY O CHEZ MAO de Glen Chase

La saga de CHERRY O, alias « Cherry Delight, Sexecutioner » (tout un programme) fut un classique des halls de gare durant les années ’70 au même titre que le similaire O.S.S.E.X. (autrement dit « The Lady from L.u.s.t ».) Ces deux séries étaient écrites respectivement par Glen Chase et Rod Gray. En réalité, un seul homme se dissimulait derrière ses deux pseudonymes : Gardner Fox, personnalité incontournable du comic-book américain.

Gardner Fox participa, en effet, à la conception de quelques-uns des plus célèbres super-héros de l’éditeur DC Comics, notamment Hawkman, The Flash, Doctor Fate, Batgirl ou encore Sandman, sans oublier la création de la Justice League. On lui doit aussi l’écriture, en 1961, de ce qui reste une des plus célèbres aventures du Flash avec l’excellent « Flash of two worlds » qui introduisait le concept du multivers devenu central au cours des décennies suivantes pour le monde DC. Fox rédigea aussi de nombreuses nouvelles pour les pulps, fut publié par Weird Tales et créa un musculeux émule de Conan en la personne du barbare Kothar.

Est-il donc étonnant de le retrouver à la tête de deux sagas de sexpionnage, autrement dit d’un mélange très roman de gare entre l’espionnage à la James Bond, l’érotisme exotique façon porno chic et une légère science-fiction ponctuée d’une violence décomplexée ? Pas vraiment tant ce sous-genre fut populaire durant les années ’70, résultat conjoint de la libération des mœurs, de l’arrivée du cinéma X et du succès de l’agent 007.

Dans cette nouvelle aventure, Cherry O, agent du SPASM (le Service Spécial anti maffia et anti stupéfiant, rien que ça !) doit retrouver les trois meurtriers d’un agent secret. Si les deux premiers sont facilement éliminés, le dernier se trouve en Chine communiste (horreur !) où il s’associe avec la secte Tongs pour tenter de mettre la main sur le fabuleux trésor du Khan (celui-là même que le Dirk Pitt finira par trouver bien des années plus tard sous la plume de Clive Cussler). Sur place, Cherry O retrouve un autre espion du SPASM, Derek Guyfford, afin de boucler sa mission et de déboucler sa ceinture.

Classique, CHERRY O CHEZ MAO déroule une histoire de traque déjà lue et relue dans le domaine de l’espionnage. Le récit s’avère donc sans surprise mais relativement plaisant dans sa narration très feuilletonesque. Si ce n’est pas vraiment de la grande littérature, on ne voit pas le temps passer et c’est le principal objectif de ce genre de bouquins aussi tassés qu’un bon café (moins de 200 pages) que l’on lisait auparavant le temps d’un trajet de train et aujourd’hui d’une soirée puisque « la littérature de gare n’existe plus : les plus longs voyages durent trois heures et les voyageurs regardent un film sur leur tablette plutôt que d’ouvrir un bouquin ».

Au fil des pages, la Rousse explosive et nymphomane détaille ses turpitudes sexuelles, lesquelles occupent un bon tiers du roman avec toutes les figures imposées : duo, scène saphique, orgie, etc. L’auteur y ajoute un certain humour pince sans rire, une pointe bienvenue d’anticommunisme, un soupçon d’exotisme façon guide touristique et une large rasade de tortures. Un ensemble plaisant, sans prise de tête et finalement assez amusant, beaucoup moins sérieux ou politisé qu’un SAS mais tout aussi divertissant pour les amateurs d’action virile. De là à lire toute la série qui compte trente-sept titres (dont certains ne furent d’ailleurs pas écrits par Fox mais par les « traducteurs » de l’édition française) il y a cependant un pas…

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Aventures, #Roman de gare, #Espionnage, #Erotique, #Sexpionnage

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Publié le 29 Avril 2017

L'IMPLACABLE: FATALE FINALE de Richard Sapir & Warren Murphy

Les années ’70 furent sans doute les plus favorables aux « romans d’aventures pour hommes » (men’ss adventure novels en anglais dans le texte), de courts récits (entre 200 et 250 pages généralement) centrés sur les exploits d’un héros viril sauvant le monde et tombant les filles. Ces épigones de James Bond se nommaient l’Exécuteur Mack Bolan, le Pénétrateur Mark Hardin ou S.A.S le Prince Malko. Parmi bien d’autres ayant sombrés dans l’oubli.

Crée en 1971 par Richard Sapir et Warren Murphy, Remo Williams, dit l’Implacable, s’inscrit dans cette lignée mais ses aventures sont plus portées sur le second degré que celles de ses concurrents. Elles sont également souvent empreintes d’un côté fantastique ou science-fictionnelle délirant hérité des romans pulp des précédentes décennies. Si la violence y est très présente (quoique plus cartoonesque que sadique), l’érotisme se montre par contre quasi absent. La série compte aujourd’hui plus de 150 romans (elle se poursuit encore malgré le décès de ses deux créateurs), auxquels s’ajoutent plusieurs comics (chez Marvel), un film plutôt divertissant dans les limites de ses ambitions (REMO SANS ARME ET DANGEREUX tourné en 1985) et un épisode-pilote pour une série télé avortée en 1988.

L’intrigue générale (telle que résumée dans le premier bouquin, IMPLACABLEMENT VOTRE puis à nouveau dans le reboot LA FIN DU COMMENCEMENT) suit les pas d’un jeune policier, Remo Williams, exécuté sur la chaise électrique pour un meurtre dont il est innocent. En réalité, Remo est engagé pour rejoindre une organisation secrète, Cure, dirigée par Harold Smith, afin de protéger les Etats-Unis contre des menaces qui ne peuvent être combattues de manière légale. Remo sera donc formé aux disciplines de combat par un Coréen, Chiun, grand maitre de Sinanju, petit village dont sont originaire tous les arts martiaux.

L’originalité de L’IMPLACABLE réside dans l’antagonisme entre Remo, fier représentant de l’Occident bouffeur de hamburgers, et Chiun, défenseur des valeurs orientales dont la seule faiblesse réside dans son addiction aux séries télévisées à l’eau-de-rose et en particulier au soap hospitalier « Quand tourne les planètes », unique contribution valable, selon lui, de l’Occident à la culture mondiale.

Dans ce FATALE FINALE nous assistons à une série d’attaques commises à l’encontre de Remo, ce qui le laisse gravement blessé. Pendant ce temps, Chiun retourner à Sinanju afin de défendre son village contre des militaires agressifs. La situation se complique lorsque l’ancien élève de Chiun vient lui contester son titre de Maitre de Sinanju…Les deux disciples devront en découdre.

Moins porté sur l’humour que la moyenne de la série, FATALE FINALE n’en demeure pas moins un excellent bouquin, d’ailleurs hautement apprécié par les fans de Remo, puisqu’il nous permet de découvrir enfin le village de Sinanju, la Perle de l’Orient. L’émotion domine (étonnant pour ce genre de romans « de gare ») et développe la relation entre Chiun et Remo jusqu’au duel final, dans un esprit très seventies, entre kung fu de série B et western spaghetti. Le roman aurait d’ailleurs donné un film très efficace (avis auc cinéastes !) avec quelques passages spectaculaires, notamment lorsque Chiun se bat à mains nues contre un tank. Tout l’excès de la littérature populaire résumé en une scène mémorable !

Une très belle réussite pour cette série culte (de toute manière nous sommes rarement déçu à la lecture d’un IMPLACABLE, des récits toujours enlevés, inventifs et amusants) quoique ce ne soit définitivement pas un titre « traditionnel » de la saga. A découvrir.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #implacable, #Aventures, #Roman de gare

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