uchronie

Publié le 3 Juin 2022

SUPERMAN: RED SON

Publié dans la gamme « elsewhere », donc hors continuité, cette aventure propose une cauchemardesque dystopie uchronique (sauf pour les électeurs décérébrés de la Rance Insoumise). Jugez plutôt : Superman n’atterrit pas au pays de la liberté mais bien en enfer, autrement dit dans un kolkhoze de l’autre côté du rideau de fer. Là ses parents adoptifs lui inculquent les « valeurs » abjectes du communisme et Super Coco devient le fervent zélote de la puante idéologie de Stalline.

Bien des années plus tard, Superman, aussi sûr de son bon droit qu’un Jean-Cul Mélanchon en campagne, devient le serviteur du peuple et surtout de son petit Père. Car notre arme de propagande extra-terrestre se transforme en bras droit tout-puissant du camarade Stalline. A la mort de celui-ci, notre Super Rouge prend carrément sa place et devient chef de l’URSS puis, avec l’aide de la convertie Wonder Woman, de pratiquement tous les pays du monde. Seuls les fiers Etats-Unis résistent encore, cernés de toute part par la peste rouge. La dernière terre de liberté dans un monde pourri par le socialisme triomphant.

Car imaginez si vous le pouvez l’horreur d’un monde où le Soviet Suprême est un extraterrestre quasiment immortel au cerveau empoisonné par le communisme. Ce  n’est plus un reich de mille ans c’est un gauchisme éternel, Fabien Roussel en serait tout émoustillé s’il lisait des comics.

Même le chef du KGB trouve qu’il y a quelque chose de pourri au royaume de Russie. Seul adversaire sur son terrain : un gamin dont les parents ont été abattus par la police soviétique et qui, vingt ans plus tard, combat dans l’ombre sous l’identité du Batman. Pendant ce temps, aux USA, le Daily Planet met la clé sous la porte (les gens ne lisent sans doute plus que l’Huma). Lois, elle, a épousé l’homme le plus intelligent du monde, Lex Luthor, accessoirement candidat à la succession de JFK et probablement le seul type au monde a pouvoir lutter efficacement contre Super Coco.  Luthor multiplie les inventions et créations (Bizarro and co) pour purger le monde du mal et trouve même le valeureux Hal Jordan pour lui confier un anneau étrange afin de l’aider dans sa croisade.

Un grand récit épique, qui montre à quel point l’univers DC a échappé au pire et comment, le cerveau bousillé par une idéologie infecte, Superman passe à l’Ennemi. Heureusement, Luthor finira par triompher dans un happy-end tempéré par un excellent retournement de situation à base de paradoxe temporel. Une bonne histoire, quelques notes d’humour, des clins d’œil et références à l’univers DC bien intégrés et des dessins de qualité pour une très belle réussite.

Un excellent comics et une belle dénonciation d’un régime politique immonde, à conseiller à tous, même aux électeurs de Poutou qui, peut-être ouvrirons les yeux sur leur conception du monde.

Voir les commentaires

Rédigé par hellrick

Publié dans #DC, #DC Comics, #Comic Book, #Superhéros, #Superman, #Uchronie

Repost0

Publié le 4 Février 2022

LE MYSTERE DU TRAMWAY HANTE de P. Djeli Clark

A l’occasion de L’ETRANGE AFFAIRE DU DJINN DU CAIRE nous avions lié connaissance avec les agents du ministère de l’Alchimie, des Enchantements et des Entités surnaturelles. Toujours en Egypte et plus précisément au Caire nous retrouvons, en 1912, ces mêmes agents qui tentent de résoudre une nouvelle affaire. Ainsi Hamed Nasr et Onsi Youssef ont, cette fois, pour tâche de résoudre le problème posé par la hantise d’un tramway. Ils devront recourir à différents spécialistes pour conjurer l’entité présente dans le wagon 15 tandis que, dans les rues du Caire, gronde la contestation des suffragettes qui réclament le droit de vote.

P. Djeli Clark approfondit ici l’univers d’urban fantasy uchronique mâtiné de steampunk (oui, tout ça !) débuté dans L’ETRANGE AFFAIRE DU DJINN DU CAIRE : l’Egypte est devenue une grande puissance depuis qu’un sorcier a ouvert un portail. Mais, au passage, il a libéré dans notre monde différentes créatures magiques, certaines bienveillantes et d’autres non. Des enquêteurs du surnaturel sont chargés de combattre les entités maléfiques. Le duo de « détectives de l’étrange », joliment typé, associe classiquement un individu chevronné à un débutant tandis que l’intrigue combine, elle, policier et fantastique. L’utilisation des magies et mythologies orientales change agréablement de la sorcellerie occidentale mais le cadre reste traditionnel : l’irruption du surnaturel opère un profond changement sociétal. Ici, globalement, l’évolution est positive puisque l’Egypte connait un nouvel âge d’or de libertés. Seuls certains désagréments, consécutifs à la présence des créatures magiques, demande l’intervention de spécialistes. L’auteur observe également les changements dans les mentalités et l’importance grandissante des femmes dans la destinée du pays. Bien sûr cela perturbe certains individus, notamment l’un des deux détectives qui éprouve quelques difficultés à s’adapter au « nouveau monde ».

En peu de pages, LE MYSTERE DU TRAMWAY HANTE fonctionne de manière très efficace : aventure, fantastique, considération sociale, touche d’humour, intrigue policière,…de la bel ouvrage !

Après trois novellas réussies et bardées de prix, espérons que P. Djeli Clark confirme avec son passage au roman, toujours dans le même univers, via MAITRE DES DJINNS.

Voir les commentaires

Rédigé par hellrick

Publié dans #Fantastique, #Fantasy, #Roman court (novella), #Uchronie

Repost0

Publié le 23 Décembre 2021

SUR L'EPAULE DU GRAND DRAGON d'Alain Paris

Alan Paris poursuit sa vaste saga de la Terre Creuse avec ce troisième tome toujours aussi réussi. Nous sommes en l’an 802 du Reich, dans l’attente du retour du Premier (autrement dit Adolf) en messie au terme des milles ans prédits. L’intrigue se complexifie encore : Arno Von Hagen, toujours décidé à se venger, est devenu Seigneur des Runes. Une nouvelle mission lui est confiée : récupérer auprès des agents du Vril des cartes du monde. Il part donc à Nuremberg, poursuivi par la police secrète de la Sainte-Vehme. En effets, cette organisation refuse la thèse officielle concernant la mort de Nepomuk (dans le tome précédent) et interroge, à sa manière brutale, quelques individus. Entre également dans la danse le Stern, groupe résistant secret qui combat le Reich depuis des siècles.

Alan Paris poursuit sa vaste fresque dans une Europe uchronique entre médiéval fantastique et steampunk. La Sainte-Vehme, un mouvement extrémiste tient le monde dans sa main de fer, à la manière de l’Inquisition. La Fraternité des Runes se complait dans la guerre, le Vril se compose de pseudo-scientifiques partagés entre sciences exactes et superstitions. Le roman va à l’essentiel en dépit des manigances de nombreuses forces antagonistes. La priorité reste le divertissement et l’auteur ne se perd pas (heureusement !) dans d’interminables description de son « système ». Au lecteur de combler les manques et de reconstituer l’évolution de cet univers ayant dévié de sa route voici huit siècles. Le romancier évoque brièvement la situation du reste du monde, partagé entre divers « empires » mais l’essentiel demeure les rebondissements, l’action, le souffle de la grande aventure avec un sens de l’épique indéniable. Nous sommes à la croisée de bien des genres « populaires » : aventure donc mais aussi cape et épées, fantasy, uchronie, steampunk, science-fiction,…agrémenté d’une bonne dose de roman feuilleton avec toutes les conventions indispensables (cliffhanger, protagonistes qui entrent et sortent de l’histoire pour croiser la route du héros, retournements de situation, poursuites, duels, bagarres, mystère,…). Le vaste tableau d’Alan Paris prend encore davantage d’ampleur et ne laisse jamais au lecteur le temps de souffler. Un bouquin précis, haletant, qui avance rapidement et ne cherche qu’une chose : offrir trois heures d’évasion sans le moindre ennui. Ce que devrait toujours être la littérature. En des temps encombrés de cycles « fantasy » interminables plus soucieux de décrire un château sur un chapitre (ou de préciser la couleur de la culotte de l’héroïne), la concision d’Alan Paris fait un bien fou. Et une fois le tome 3 terminé on n’a qu’une envie : entamer le suivant !

Voir les commentaires

Rédigé par hellrick

Publié dans #Aventures, #Fantasy, #science-fiction, #Uchronie, #steampunk

Repost0

Publié le 15 Novembre 2021

JARDINS DE POUSSIERE de Ken Liu

Nouvelle valeur montante de la SF (on peut même, déjà, parler de valeur sûre), Ken Liu choisit le plus souvent la forme courte pour s’exprimer, comme en témoignait son anthologie fort récompensée, LA MENAGERIE DE PAPIER. Ce second recueil, JARDINS DE POUSSIERE, rassemble 25 nouvelles, assorties d’un avant-propos et d’une bibliographie, pour 544 pages de lecture. Il s’agit ici des nouvelles courtes, allant de deux pages à une quarantaine, les « romans courts » de l’auteur (le plaisant LE REGARD et le formidable L’HOMME QUI MIT FIN A L’HISTOIRE) étant par ailleurs disponibles dans la collection Une Heure lumière.

Certains des textes ici rassemblés ont été précédemment publiés dans diverses anthologies (« La fille cachée » dans EPEES ET MAGIE, « Sept anniversaires » dans le hors-série de la collection précitée « Une Heure lumière ») ou revues (« Souvenir de ma mère », « le Fardeau », « Une brève histoire du tunnel transpacifique » dans Bifrost qui a toujours mis en avant Ken Liu, « Long courrier » et « Nœuds » dans Galaxies), les autres sont inédits.

Après le court et poétique « Jardin de poussière », nous embrayons avec « La fille cachée », récit de Fantasy proche de la « chevalerie » des films Wu Xia Pian de la Shaw Brothers. « Bonne chasse » reste dans le domaine de la fantasy chinoise avec le personnage de la Renarde (vu dans pas mal de films) dont le héros tombe amoureux, à la manière des « Histoires de fantômes chinois ». Un récit agrémenté d’une réflexion sur le temps qui passe et la mort de la magie dans une ambiance steampunk. Autre réussite, « Rester » traite du monde d’après la Singularité, alors que la majorité de l’humanité a choisi de laisser mourir son corps physique pour ne plus exister qu’à l’état de simulation dans le cyberspace »…Nouvelle illusion ou immortalité ? Le récit s’intéresse surtout à ceux qui, comme le titre l’indique, on choisit de « rester » et de continuer à vivre physiquement…mais jusqu’à quand pourront-ils maintenir un semblant de civilisation ? Le recueil se poursuit sur d’autres récits qui évoquent la Singularité et le post-humanisme, envisageant un monde dans lequel 300 milliards d’humains ont été digitalisé et stockés pour une nouvelle vie éternelle. Le très court « Souvenir de ma mère » joue de la relativité du temps pour permettre à une mère atteinte d’un mal incurable d’accompagner sa fille tout au long de sa vie.

Plus léger mais tout aussi réussi, « Le Fardeau » montre des archéologues étudier une vaste saga épique découverte dans les ruines d’une lointaine planète. Bien que ses habitants aient disparus depuis un million d’années, le poème philosophique continue d’inspirer les Terriens et suscite même l’émergence de nouvelles religions basées sur cette sagesse ancestrale. Mais une jeune femme découvrira la vérité sur ce récit. Un récit très « âge d’or » (on imagine très bien les Grands Anciens comme Asimov ou Clarke tentés par le sujet) à la chute savoureuse.

Dans « Nul ne possède les cieux », un homme commet un sacrilège en disséquant un faucon sacré, ce qui va entrainer le de développer les dirigeables et assurer à son pays la suprématie sur les airs et de nombreuses victoires militaires.

 

La nouvelle uchronique « Une brève histoire du tunnel transpacifique » constitue une autre indéniable réussite avec ce monde qui a choisi, pour échapper à la Grande Dépression, de creuser un tunnel sous le Pacifique, donnant ainsi un emploi aux nombreux chômeurs.

La suite reste globalement de très bon niveau (« Dolly ») avec des interrogations très actuelles, notamment sur la discrimination positive (« Vrais visages » qui prouve l’absurdité de vouloir gommer son genre et son ethnie) mais aussi sur le clonage et les manipulations génétiques dans le but d’engendrer des hybrides humains / animaux (« Animaux exotiques »,) dignes du docteur Moreau. L’auteur parle aussi réchauffement climatique (« Message du berceau » et sa visite d’une Boston engloutie sous les eaux), transhumanisme (« Sept anniversaires » et ses humains débarrassés de leur identité corporelle pour devenir des avatars numériques immortels).

Quoiqu’il utilise des thèmes classiques et n’hésite pas à proposer une SF exigeante et « hard », Ken Liu ne renonce pas, pour autant, à l’émotion et au « sense of wonder », quitte à parfois vouloir « faire pleurer dans les chaumières » (« Dolly », « Animaux exotiques », « La dernière semence »,…). Mais pourquoi y voir un défaut ? La SF ne doit pas être toujours aussi froide que celle de Stephen Baxter ! Avec Ken Liu le lecteur éprouvera un panel d’émotions et de réflexions qui confirment la place de l’auteur chinois au sommet de son art. Si on aime la science-fiction, impossible de ne pas aimer Ken Liu et ce recueil imparable en constitue une nouvelle preuve.

Voir les commentaires

Rédigé par hellrick

Publié dans #Fantasy, #Hard Science, #Recueil de nouvelles, #Uchronie, #science-fiction

Repost0

Publié le 3 Octobre 2021

SEIGNEUR DES RUNES (Le monde de la terre creuse 2) d'Alain Paris

Alain Paris (1947 – 2019) propose le second volume de son ambitieuse saga de « la terre creuse ». Dans le précédent, SVASTIKA, nous faisions connaissance avec un monde uchronique dans lequel le Reich s’apprêtait à fêter son huit centième anniversaire. Des célébrations en grande pompe en attendant la gigantesque fête prévue pour le millénaire du Reich (souvenez-vous du fameux « Reich de mille ans »), année promise du retour à la vie du Premier (autrement dit Adolph !). La famille d’un dignitaire, le Graf Ulrich von Hagen, est cependant massacrée au cours d’une purge et son fils, Arno, se voit réduit en esclavage. Il jure, évidemment, de se venger. SEIGNEUR DES RUNES poursuit cette grande fresque uchronique. Arno se voit engagé par la Fraternité et grimpe les échelons pour devenir Seigneur des Runes, accomplissant, tout en cachant son identité, une partie de sa vengeance. D’un autre côté, Urien, ancien astrologue au service du défunt von Hagen, tente, lui aussi, de s’emparer d’une partie du pouvoir.

Alain Paris continue de développer son univers, dans une inspiration quelque peu steampunk (bien que nous soyons bien des siècles après le monde Victorien) avec les gigantesques dirigeables qui parcourent les cieux, la démesure du Reich, les liens des descendants d’Hitler avec l’occulte (ici, la recherche d’un hypothétique tunnel menant à l’intérieur de la terre supposée creuse), etc.

L’univers est donc riche, documenté, agréable et original. Le système de castes imaginés s’inspire des anciennes divisions hitlériennes : la SS, l’Ordre Noir, la Gestapo, etc., lesquelles sont devenues la Fratenité, la Sainte-Vehmen…

Alain Paris nous offre un second tome tout aussi réussi que le premier. Les contraintes du Fleuve Noir, notamment en terme de pagination, obligent l’auteur à trouver le juste équilibre entre l’action et la description. Les deux fils conducteurs maintiennent classiquement l’intérêt du lecteur qui suit ainsi les deux protagonistes en parallèle, chacun désirant augmenter sa puissance et trouver sa place dans le Reich.

L’originalité du cadre donne, au final, tout son sel à cette intrigue de vengeance savamment machinée, sorte de Comte de Monte Christo du XVIIIème siècle dans une utopie nazie teintée d’occultisme et de théories pseudoscientifiques. Du très bon boulot pour un excellent divertissement qui fait honneur à la collection Anticipation du Fleuve Noir. D’ailleurs, le talent évident et l’imagination du romancier invite non seulement à poursuivre la série (10 tomes en tout !) mais également à explorer les autres cycles de Paris (comme PANGEE ou LES CHRONIQUES DE LA LUNE ROUGE). Vivement conseillé !

Voir les commentaires

Rédigé par hellrick

Publié dans #Aventures, #Fantasy, #Uchronie, #science-fiction, #Steampunk

Repost0

Publié le 29 Septembre 2021

LES TAMBOURS DU DIEU NOIR de Phenderson Djèlí Clark

Phenderson Djèlí Clark nouveau venu dans le domaine du fantastique, est un historien et professeur américain qui débute en littérature en 2011, publiant sa première nouvelle majeure, « L’étrange affaire du djinn du Caire » en 2016. On la retrouve dans ce recueil qui se compose également d’une novella, « les tambours du dieu noir ».

« Les tambours du dieu noir » se situe à la Nouvelle-Orléans, peu avant les célébrations du Mardi Gras, dans une Amérique dévastée par une guerre de Sécession interminable. La Nouvelle-Orléans, devenu territoire libre, abrite une arme magique mystérieuse, les fameux tambours divins, qui attisent les convoitisent de nombreux malandrins. La jeune voleuse adolescente Jacqueline LaVrille, aidée d’une capitaine pirate lesbienne, tentent de découvrir l’arme en question et se plongent dans une suite de complots et trahisons tandis qu’une apocalypse menace de détruire la cité. Voici un court roman enlevé et bien rythmé, dont on regrettera simplement une conclusion un rien hâtive. L’auteur aurait facilement pu développer sur quelques dizaines de pages supplémentaires son univers sans donner l’impression de tirer à la ligne. Quoiqu’il en soit, ce mélange de fantasy urbaine, de fantastique classique et d’uchronie dans un esprit steampunk reste très agréable à lire. On mettra quand même une réserve sur la traduction très « petit nègre » du parler créole, laquelle se montre parfois un peu pénible.

« L’étrange affaire du djinn du Caire » se révèle au moins aussi réussi avec son mélange d’enquête surnaturelle, de fantasy, d’uchronie et de fantastique oriental. Nous sommes en 1912, au Caire. Des êtres surnaturels se sont imposés, chassant l’Anglais et vivant en compagnie des humains. Djinn, Efrit, Anges,… Une jeune femme, membre du Ministère de l’Alchimie, des Enchantements et des Entités surnaturelles, mène une investigation suite à la mort d’un Djinn, être normalement immortel qui se serait peut-être suicidé. Exploration d’un univers uchronique avec quelques touches Hellboy / Lovecraft dans cette confrontation entre des spécialistes du surnaturel et des créatures extra-dimensionnelles, le récit est conduit par une jeune femme habillée à l’occidentale devant faire face à l’hostilité des hommes musulmans qui doutent de ses compétences.

Deux textes efficaces, classiques dans leur thème mais originaux de part la nature de leurs protagoniste principaux et l’univers développé, en particulier dans la seconde novella qui explore un merveilleux très « mille et une nuits » convaincant. Conseillé !

Voir les commentaires

Repost0

Publié le 23 Juillet 2021

VERSAILLES OF THE DEAD - TOME 1 de Kumiko Suekane

Nouvelle série manga, VERSAILLES OF THE DEAD démarre de belle manière avec son thème uchronique (assez proche de la piteuse série Netflix « La révolution ») : quelque temps avant la Révolution, Marie Antoinette est conduite à Versailles pour devenir reine de France. Attaquée par des zombies, elle est décapitée et seul son frère jumeau, Albert, survit. Ce-dernier décide de prendre sa place et de vivre dans le luxe à la Cour. Toutefois, il apparait rapidement qu’Albert est plus qu’un homme : il ne peut mourir, comme en témoigne sa survie après une agression au cours de laquelle il est transpercé par une épée.

Mené tambour battant, ce premier tome ne nous laisse guère le temps de souffler : en dix pages le monde est défini, Albert prend la place de la Dauphine et l’histoire continue sur ses rails divergents. Pourquoi Albert joue-t-il ce rôle ? Qui est-il réellement ? Comment a pris naissance cette épidémie de non-morts ? Nous ne le saurons pas au terme de ces premiers chapitres qui proposent plus de questions qu’ils n’apportent de réponses.

En un peu moins de deux cents pages, l’auteur livre donc un récit touffu (presque trop !) qui mélange fantastique et histoire, avec magouilles politiques, jeux de pouvoir (notamment par Madame du Barry) et quelques touches plus légères, quasiment humoristiques, lorsque Albert voisine les belles dames de la Cour et découvre les fastes de Versailles.

Les zombies, eux, sont présents et confirment le côté uchronique de l’intrigue mais sans qu’ils deviennent envahissant. Un point positif à une époque où les morts vivants ont un peu trop tendance à être cuisinés à toutes les sauces.

Niveau dessin, ce manga est également très réussi avec des traits certes typiques du genre mais fins et précis. Les visages sont joliment dépeints, les proportions impeccables, les décors attrayants et montrent l’application de l’auteur qui ne s’est pas contenté d’arrière-plans hâtivement brossés mais a, au contraire, soigné la présentation et le décorum.

En résumé, ce premier volume très satisfaisant et intriguant donne envie de connaitre la suite, d’autant que la saga complète sera bouclée en cinq tomes, ce qui devrait éviter tout délayage inutile. Conseillé !

Voir les commentaires

Rédigé par hellrick

Publié dans #Fantastique, #Historique, #Horreur, #Uchronie, #Manga

Repost0

Publié le 5 Juillet 2020

LES DERNIERS JOURS DU PARADIS de Robert Charles Wilson

Robert Charles Wilson s’est imposé comme un des maitres de la science-fiction du XXième siècle. Il semble avoir digéré aussi bien les auteurs classiques que les petits nouveaux portés sur la hard-science ou la spéculation anticipative. Ses romans combinent en quelques sortes le meilleur de ces mondes : intrigue très solide, personnages intéressants, fonds scientifiques pointu mais abordable, sense of wonder et conséquences bien étayées des prémices souvent vertigineuses. SPIN (récompensé par le Hugo), l’hallucinant LES CHRONOLITHES, le superbe A TRAVERS TEMPS, l’efficace BLIND LAKE,…que du bonheur pour l’amateur ! Malheureusement, LES DERNIERS JOURS DU PARADIS, ne se hisse pas à la même hauteur que les titres précités. Il s’agit d’un roman nettement plus mineur et plus faible. Pourtant, la « recette » de Robert Charles Wilson semble cuisinée avec les mêmes ingrédients.

Le point de départ, tout d’abord, interpelle : nous sommes en 2014, dans un monde uchronique vivant dans une paix mondiale (certes relative) depuis un siècle. L’Amérique s’apprête à célébrer l’Armistice de 1914 qui a mis fin à toutes les guerres. Mais quelques scientifiques triés sur le volet et appartenant à une mystérieuse Correspondance Society, soupçonne la vérité : la radiosphère entourant la terre est, en réalité, un être vivant symbiotique (ou parasitaire, le débat reste ouvert) baptisé hypercolonie ayant mené l’humanité à la paix…Mais dans quel but ? L’hypercolonie dépêche des êtres artificiels, dit simulacres, pour supprimer les savants s’approchant trop près de la vérité. Cassie, dont les parents ont jadis été tués, doit fuir les « sims » avec une poignée d’individus connaissant la réalité concernant l’hypercolonie. Mais fuir vers où ?

L’auteur se place ici sous les influences de John Wyndham (en guise de clin d’œil un personnage porte d’ailleurs ce patronyme), Philip K. Dick et autres spécialistes de la SF parano dans laquelle les protagonistes évoluent dans des « mondes truqués ». Le cinéphile peut également, même si la référence fait moins sérieux, évoquer la saga « Terminator » dans cette fuite permanente devant une entité toute puissante qui délègue des simulacres pour assurer sa sécurité. Dès lors, le roman prend des allures de road movie (ou road book ?) puisque les personnages sont perpétuellement en mouvement, poursuivi par les simulacres. Et c’est là que le bouquin montre, hélas, ses limites. Car il n’échappe pas à une réelle monotonie et se montre souvent répétitif. De plus, les enjeux restent souvent limités à quelques personnages et les côtés uchroniques s’avèrent quasiment occultés : nous en apprendrons peu sur ce monde pacifié. Si LES CHRONOLITHES, par exemple, combinait les destins individuels des personnages et des événements grandioses, LES DERNIERS JOURS DU PARADIS parait manque un peu d’ampleur. Ce n’était pas le but rétorqueront les enthousiastes ! Certes, mais la frustration du lecteur est réelle.

Reste heureusement les qualités habituelles du romancier : chapitres courts rondement menés, idée de départ impressionnante, personnages attachants, rythme efficace (en dépit, ici, de quelques longueurs), toile de fond mystérieuse donnant envie de poursuivre la lecture. A tout cela s’ajoute, ici, un hommage à peine voilé à cette SF des sixties qui, du VILLAGE DES DAMNES à L’INVASION DES PROFANATEUR, a beaucoup contribué aux théories paranoïaques et complotistes de ces dernières années. Malheureusement, au fil des pages, l’intérêt s’étiole et le dernier tiers du bouquin manque de mordant pour maintenir l’attention du lecteur. Seul l’épilogue tempère un peu ce jugement sévère.

En résume, un roman potable, avec quelques bonnes idées et l’un ou l’autre passages réussi mais hélas décevant de la part de Robert Charles Wilson. On se consolera avec le suivant…

Voir les commentaires

Rédigé par hellrick

Publié dans #science-fiction, #Uchronie

Repost0

Publié le 21 Février 2020

VOYAGE - TOME 1 de Stephen Baxter

Quoique divisé en deux tomes pour des questions de longueur, VOYAGE raconte une histoire unique : à la fin du tome 1 il faudra donc impérativement poursuivre la lecture avec le tome 2. Voici donc un très gros pavé de près de 900 pages dans son édition de poche !

VOYAGE inaugure la « trilogie de la NASA » et célèbre les astronautes décidés à explorer, quel que soit le prix à payer, « l’espace, frontière de l’infini ». La science-fiction y est donc minimale une fois le principe de base établi : JFK a réchappé à sa (tentative) d’assassinat à Dallas et les USA n’ont pas abandonné leurs projets de conquête spatiale. Le vol vers Mars, envisagé dès les années ‘60 par la Nasa, n’a pas été mis de côté par Nixon, contrairement aux sondes spatiales inhabitées et à la navette réutilisable.

Nous allons donc suivre la grande aventure de ces héros qui partent vers la planète rouge la tête remplie de la prose de Wells, Clarke, Bradbury, Heinlein et les autres. Baxter choisit deux trames pour illustrer son propos : la première s’intéresse à la réalisation proprement dite du projet avec les magouilles politiques (on parle par exemple de la « marre aux requins de la politique de la Nasa »), les jeux d’influence et de pouvoir, la sélection des astronautes puis leur entrainement, etc. Sans oublier les aspects économiques et le souhait de ménager l’électeur pour qui tout ça ne sert pas à grand-chose, excepté à planter un drapeau sur un tas de poussière à des millions de kilomètres.

La seconde ligne narrative prend place à bord de la fusée Arès ave le quotidien des astronautes finalement choisis pour ce voyage de deux ans (avec seulement un petit mois sur la planète rouge…mais ce premier tome ne nous permet pas encore de nous y poser).

VOYAGE pourrait sans doute donner lieu à une bonne série TV tant Baxter en reprend les éléments clés (avant que ceux-ci ne deviennent la norme scénaristique) : vaste intrigue générale et multitude de petites sous-intrigues, plus personnelles, avec le parcours des différents protagonistes.

Beaucoup de personnages sont ainsi conviés à l’aventure : astronautes, responsables de projet, scientifiques, ingénieurs, etc. On s’y perd parfois et certains passages, très techniques (mais parfaitement abordables contrairement à d’autres romans hard-science où interviennent des notions très pointues), peuvent ennuyer un brin par leur jargon et leur précision maniaque sur chaque détail du projet, accompagnés de nécessaires mais parfois lourdes notes de bas de page.  

L’auteur de focalise davantage sur ces trois astronautes : Phil Stone, Ralph Gershon et Natalie York. Avec quelques classiques de la narration pour compenser le côté très froid et documentaire du récit : les relations extraconjugales et les hésitations sentimentales de son héroïne, Natalie York, géologue décidé coute que coute à poser le pied sur Mars même si elle doit, pour cela, sacrifier dix ans de sa vie. On comprend aussi les difficultés quotidiennes de la vie d’un astronaute : chaque petits gestes devient une bataille à mener (prendre sa douche, manger, aller aux toilettes, dormir,…). Ca ne donne pas franchement envie de s’embarquer et Baxter, bien qu’épaté par l’entreprise titanesque décrite, semble questionner la futilité d’un tel vol habité. Il faut attendre près de 400 pages pour que la tension monte d’un cran avec les défaillances d’une capsule Apollo N. Le roman prend alors, durant quelques dizaines de pages, les allures d’un récit catastrophe à la « Apollo 13 » (ou aux « Naufragés de l’espace » pour les plus vieux)

Linéaire dans son déroulement (en dépit des deux époques envisagées), VOYAGE convie le sense of wonder pour une expédition réaliste qui pourrait constituer la suite du grand film « L’étoffe des héros ». On peut cependant estimer que le roman aurait gagné à se voir élaguer d’une bonne centaine de pages pour le rendre plus digeste.

En dépit d’évidentes longueurs et de scènes un brin fastidieuses (un défaut aggravé par le côté technique des descriptions, associé à un style d’écriture purement fonctionnel), ce premier tome s’avère suffisamment intéressant pour donner envie de poursuivre le voyage. Peut-être pas vers l’infini et au-delà mais au moins jusqu’aux montagnes martiennes…et au tome 2.

Voir les commentaires

Rédigé par hellrick

Publié dans #Hard Science, #anticipation, #Uchronie, #science-fiction

Repost0

Publié le 10 Janvier 2020

ROSEE DE FEU de Xavier Mauméjean

Etrange roman que ce ROSEE DE FEU, écrit par un Mauméjean féru d’histoire. Le romancier s’attaque ici à la guerre du pacifique et décrit les défaites successives des Japonais après leurs premières victoires, notamment à Pearl Harbour. Les Nippons ont alors recours aux kamikazes, ces fameux pilotes lancés dans des missions suicides pour tenter de couler les navires américains.

Xavier Mauméjean aurait pu tirer de cette fascinante histoire un roman historique « de guerre » traditionnel sur le sens du sacrificie mais il a choisi une approche différente. Le romancier livre, en effet, une étrange uchronie et remplace les avions japonais par des dragons. Ce sera, étrangement, le seul élément fantasy introduit dans l’histoire (ou l’Histoire), d’ailleurs assez peu développé quoique l’auteur s’attarde sur le lien qui unit les créatures à leur pilote, un peu à la manière de la BALLADE DE PERN. On aurait aimé davantage de divergence entre cette Histoire et la notre suite à la présence des dragons mais, dans l’ensemble, il n’y a pas d’altérations majeures.

Au-delà de cet aspect fantastique, beaucoup de faits historiques sont donc présents et peu (ou pas) romancés, certains connus, d’autres nettement moins. Le livre revient ainsi sur l’anecdote du soldat ne sachant pas que la guerre est terminée depuis des décennies. Mauméjean décrit aussi le massacre de Nankin (immortalisé au cinéma dans « City of life and death » mais aussi dans le très déviant « Black Sun »), les exactions de la fameuse Unité 731 (vue dans les films d’exploitations « Men behind the sun »), la création des kamikazes, etc. Les grandes figures historiques de l’époque répondent également présentes à côté de personnages fictifs, ROSEE DE FEU suivant les points de vue de trois protagonistes principaux : un jeune soldat idéaliste qui découvre la guerre dans toute sa violence, son jeune frère, resté au pays et plein d’admiration pour lui et, enfin, un gradé qui lance le projet kamikaze. Ils représentent, comme nous le dit l’auteur dans la postface, les trois éléments (terre, air, feu), rejoints par le quatrième (l’eau) à la toute fin du roman, en signe d’harmonie retrouvée.

L’inclusion des éléments fantasy dans ROSEE DE FEU produit, au final, une impression étrange. D’un côté le lecteur peut les trouver superflus. De l’autre, il peut aussi avouer que sans la présence de dragons sur la magnifique couverture il serait passé à côté d’un roman historique instructif et réussi. A découvrir en sachant à quoi s’attendre…

Voir les commentaires

Rédigé par hellrick

Publié dans #Aventures, #Fantasy, #Historique, #science-fiction, #Uchronie

Repost0