polar

Publié le 10 Avril 2020

LE MARI de Dean Koontz

Dean Koontz possède un métier solide, ayant débuté sa carrière littéraire à la fin des années ’60 et ayant multiplié les romans sous d’innombrables pseudonymes. Forcément, après quarante ans d’écriture, la formule est impeccablement rôdée bien qu’il n’échappe pas, parfois, à certains tics et facilités (tout comme son rival Graham Masterton à qui on le rapprochera davantage, pour son côté parfois jusqu’au-boutiste, que de King).

Koontz débute directement dans l’intrigue, sans perdre de temps à présenter ses personnages (ils le seront par la suite) ou à laisser souffler le lecteur. Pendant 400 pages qui se lisent très vite et très facilement (chapitres très courts, retournements de situation nombreux, cliffhangers quasi systématiques), le romancier mène son histoire à cent à l’heure, quitte à sacrifier la crédibilité générale (certains passages apparaissent ainsi assez peu vraisemblables), passant d’une première partie (la plus efficace) toute en mystère et suspense à une seconde plus portée sur l’action avec fusillades et courses poursuites. Le tout après un très gros « twist » à mi-parcours que le lecteur ne verra surement pas venir (quitte, ensuite, à se demander si tout cela est vraiment crédible).

La personnalité du personnage principal et les caractéristiques de son enfance sous l’autorité paternelle tyrannique (Koontz a vécu une enfance également problématique) viennent conférer l’originalité nécessaire à un récit sinon classique (le sujet a beaucoup inspiré le cinéma, encore dernièrement avec la saga « Taken ») qui souffre parfois de quelques digressions et descriptions inutiles. Mais c’est la loi du genre et d’une écriture parfois exagérément « feuilletonnesque ».

Bien sûr, il faut souligner certains bémols : un simple jardinier qui ne connait la violence « que par Hollywood » se transforme en simili John Matrix (celui de « Commando ») pour sauver son épouse, laquelle passe un temps fou à préparer son évasion à l’aide d’un clou qu’elle utilisera avec la dextérité d’un ninja,…La suspension d’incrédulité est requise, tout comme le coté très bras cassés des méchants, lesquels anticipent un peu sur une série comme « Fargo », ce qui donne parfois à l’ensemble un second degré plus ou moins volontaire. Par contre les élucubrations mystiques du chef des criminels se révèlent assez intéressantes et justifient sa réaction lors d’un final sachant ménager quelques surprises. On reste plus circonspect sur le personnage pourtant intéressant du flic fin limier dont Koontz ne semble finalement avoir que faire…dommage.

Enlevé, bien rythmé, tout à fait conforme aux standards du page turner à l’américaine, LE MARI constitue un bon thriller « à la Koontz » avec tous les défauts et qualités d’un bouquin que l’on peut qualifier, sans être le moins du monde péjoratif, de pur « pulp violence ». Pas le meilleur roman de l’auteur mais une très plaisante lecture si on accepte d’enclencher à plusieurs reprises la suspension d’incrédulité nécessaire.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Polar, #Policier, #Thriller, #Dean Koontz

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Publié le 6 Avril 2020

FLETCH (FLETCH AUX TROUSSES) de Gregory McDonald

Second roman de Gregory McDonald (publié dix ans après son premier, RUNNING SCARED), FLETCH (ou FLETCH AUX TROUSSES) devint aussitôt un succès qui amena l’auteur a lui donner de nombreuses suites et dérivés (SON OF FLETCH et les « Flynn »).

Journaliste iconoclaste et très peace & love, Irwin Maurice Fletcher, dit Fletch, déjà deux fois divorcés à 30 ans, ne porte jamais de chaussures et boit beaucoup lorsqu’il ne fume pas des joints. Il est donc le candidat idéal pour une infiltration dans le milieu des drogués vivotant sur les plages américaines. Plus vrai que nature, Fletch se voit abordé par le millionnaire Alan Stanwyck qui le prend pour un vagabond sans le sou et, se disant atteint d’un cancer incurable, lui offre 50 000 dollars pour l’assassiner, ce qui permettrait à son épouse de toucher la prime d’assurances de trois millions de dollars. Mais Fletch soupçonne le coup fourré et décide d’enquêter sur Stanwyck.

Lauréat du Prix Edgar Poe du meilleur roman (tout comme sa suite), FLETCH AUX TROUSSES s’avère une excellente réussite, offrant un enquêteur particulièrement original évoluant dans un monde bien typé, celui du début des années ’70 aux Etats-Unis. L’auteur alterne donc la description du milieu bohème des drogués et autres prostituées bloqués sur les plages depuis la fin du rêve hippie avec l’exploration du monde des ultra-riches qui passent leur temps en mondanité, cocktails après le tennis et coucheries diverses. Etonnamment, Fletch parvient à se montrer aussi à l’aise dans les deux univers, deux enquêtes apparemment indépendantes (qui fournit la drogue sur la plage ? Que veut vraiment le supposé agonisant millionnaire ?) mais qui, bien sûr, se rejoindront pour une conclusion cynique et amorale typique de l’époque.

Truffé de moments décalés et humoristiques qui en font une plaisante comédie policière, le roman s’appuie cependant sur une énigme fort bien construite, à mi-chemin entre le « policier » classique et le polar « rentre-dedans ». Le meilleur des deux mondes ? Assurément ! Bref, vite…la suite !

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Humour, #Polar, #Policier, #Whodunit

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Publié le 1 Avril 2020

LA MOISSON ROUGE de Dashiell Hammett

Grand classique du roman policier « noir » tendance « gangsters », LA MOISSON ROUGE fait aujourd’hui figure d’incontournable largement apprécié. On peut donc se permettre quelques critiques en guise de bémol. Tout d’abord l’intrigue est fort complexe et tortueuse avec un grand nombre de personnages qui se croisent, se recroisent, s’associent, se trahissent, s’entretuent, etc. Pas évident de s’y retrouver, seul le héros parait capable de suivre les méandres d’une enquête alambiquée à souhait, l’énigme reste d’ailleurs réduite et on devine que Hammett, sans doute en réaction au whodunit alors en vogue dans le policier, ne se soucie guère de préciser « qui a fait quoi » ou même « qui a tué qui ».

Autre bémol, peut-être dû à la traduction : le vocabulaire argotique et les tournures de phrases très « old school » rend la lecture un brin fastidieuse aujourd’hui. Il aurait sans doute fallu opter pour une traduction révisée et moins marquée par les ans, telle celle proposée en 2008…Tant pis, j’ai opté pour la version « historique » du bouquin, certes charmante par ses termes rétro mais cependant fatigante sur la longueur.

Enfin, le roman semble moins intéressant dans son dernier tiers, normalement l’apothéose en policier  / polar avec une multiplication des tueries et autres guerres de gangs un brin lassantes (le héros comptabilise 16 meurtres à quelques chapitres de la fin !) qui finit par diluer la réussite de la première moitié.

Cependant, LA MOISSON ROUGE demeure un roman intéressant et plutôt plaisant par sa simplicité même qui deviendra archétypale dans le polar « hard boiled » : un détective anonyme narrant l’intrigue entre deux rencontres avec une femme fatale et quelques verres d’alcool, un refus du manichéisme (en fait tout le monde est pourri, le héros y compris), une suite d’entourloupes plus ou moins farfelues (le passage où le héros démonte la combine d’un match de boxe truqué s’avère savoureux) et une volonté de notre personnage principal de nettoyer (par le vide et à la sulfateuse) cette petite ville crasseuse et corrompue dans une véritable « moisson de sang ».

Malgré son âge et les bémols précédemment cités, une lecture instructive et quasiment nécessaire pour les amateurs de romans « noirs ».

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Golden Age, #Polar

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Publié le 27 Février 2020

BAIGNADE ACCOMPAGNEE de Serge Brussolo

Dans ce roman nous retrouvons Peggy Meetchum rencontrée précédemment dans LES ENFANTS DU CREPUSCULE et revue par la suite dans ICEBERG Ltd. Les trois livres peuvent toutefois se lire de manière indépendante.

Comme toujours avec Brussolo, les intrigues sont nombreuses, l’imagination fourmille et le récit prend différents tours et détours, proposant suffisamment de matière pour alimenter trois ou quatre gros bouquins d’un romancier « classique ». Brussolo, pour sa part, préfère empiler les sous-intrigues et remplir ses 200 pages de surprises sans laisser le temps au lecteur de souffler.

Au début du roman, le lecteur découvre ainsi Peggy Meetchum en pleine combine en compagnie de son plus jeune amant, Brandon. La jeune femme organise des escapades sous-marines dans une épave engloutie façon Titanic, en réalité une mascarade fabriquée par Peggy elle-même afin de tromper ses clients tout heureux de découvrir les restes d’une fictive tragédie maritime. Mais elle croise sur sa route une sorte de secte d’illuminés, le Club des Dévorés Vifs, dont tous les membres ont été victimes d’attaques de requins. A présent diminués physiquement et menés par un psychopathe impuissant aux airs de grand gourou, nos dévorés vifs rêvent de vengeance. Leur but : obliger Peggy à leur capturé un requin afin de le massacrer en un rite purificateur. Brandon, de son côté, aimerait utiliser une drogue découverte dans l’épave (laquelle sert de point de rendez-vous à des trafiquants) et pouvant augmenter les capacités de son utilisateur. Ce-dernier se déplace nettement plus vite, ce qui encourage Brandon à imaginer de braquer une banque façon Superman sans que nul ne puisse le stopper. Mais une mafia criminelle ne l’entend pas de cette oreille et délègue des ninjas pour récupérer la précieuse substance. Se sentant épié, Brandon la balance dans un enclos à requin, transformant un squale en coffre-fort. Peggy va devoir monter une opération « serrure carnivore » pour remettre la main sur la drogue…

Comment ne pas aimer un roman dans lequel on trouve à la fois des requins (L’auteur semble en connaitre un bout sur le sujet) et des ninjas ? Voici un thriller alerte, nerveux, bien mené, avec un soupçon de science-fiction grâce à cette drogue augmentant les capacités de ses utilisateurs, et qui fonce à cent à l’heure, un flot d’énergie et d’inventivité qui balaie tous les reproches (certaines situations sont un peu grosses ou invraisemblables…mais qu’importe !) pour divertir le lecteur durant une bonne soirée de suspense. Efficace à souhait !

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Aventures, #Polar, #Thriller, #science-fiction

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Publié le 14 Février 2020

JUSTUS, MALONE & Co de Craig Rice

Holly Inglehart a découvert le corps de sa tante Alexandria dans une maison dont toutes les horloges indiquent 3 heures. Immédiatement suspecte, Holly reçoit l’aide de Jake Justus et Hélène Brand, bien décidés à la disculper. Pour cela, ils ont besoin d’un avocat de choc et ce sera la star du barreau de Chicago John Joseph Malone.

Le cul entre deux chaises, Craig Rice (une femme contrairement à ce que son nom laisse penser), écrit, à la fin du Golden Age et juste avant la Seconde Guerre Mondiale, ce bouquin situé entre le classique whodunit de l’école britannique et le polar musclé à l’américaine. L’intrigue débute ainsi par le traditionnel crime d’une personne pas vraiment sympathique et y ajoute diverses situations déroutantes (en particuliers l’arrêt de toutes les horloges à 3 heures du matin).

Les « usual suspects » sont bien présents : domestiques qui cachent quelque chose, héritiers en passe d’être déshérités, etc. On attend aussi l’arrivée de l’inévitable maitre chanteur qui finira en seconde victime pour avoir voulu monnayer ses renseignements. Mais, très vite, le bouquin emprunte également au polar à la Hammett / Chandler avec ses personnages truculents (ils passent toute l’enquête à se bourrer la gueule sous prétexte que l’ivresse les aide à mieux réfléchir), ses rebondissements improbables (une évasion rocambolesque), sa suspension d’incrédulité continuelle et assumée et ses réparties amusantes. Car le roman se veut également humoristiques et navigue entre Vaudeville et Screwball comedy en avançant à pleine vitesse. Craig Rice ayant l’habitude de travailler sans plan préalable, le lecteur ne doit pas s’attendre à une construction policière rigoureuse mais, dans l’ensemble, le divertissement fonctionne…du moins jusqu’à la moitié du livre. Car ensuite, tout cela commence à patiner, avec sa multiplication de situations improbables, d’indices découverts fort opportunément et d’informations soudainement découvertes (quoique d’importance capitale personne ne songeait à les révéler auparavant) tandis que les saouleries continuelles fatiguent les plus indulgents. Au final le détective joue les Sherlock Holmes inversé : si-ce dernier n’inventait rien et déduisait tout notre Malone ne déduit rien, il invente tout, fabrique une théorie de bric et de broc et découvre, satisfait, qu’elle tient la route (à condition de ne pas y regarder de trop près).

Débuté sur les chapeaux de roue et de manière amusante, JUSTUS, MALONE & CO finit par s’enliser et à perdre son intérêt au point que l’on termine ce livre avec plus de soulagement que de satisfaction. Les romans ultérieurs étant réputés meilleurs on réservera son avis sur une auteur souvent louée par les Américains.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Golden Age, #Humour, #Policier, #Polar, #Whodunit

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Publié le 12 Décembre 2019

J'AURAI TA PEAU de Mickey Spillane

Ecrit juste après la Seconde Guerre Mondiale, ce roman a lancé la carrière de Mickey Spillane, à son époque le plus gros vendeur de bouquin des USA (« il n’avait d’autre concurrent que lui-même » a-t-on même dit). Après avoir scénarisé des comics pour Marvel (comme Captain America), Spillane se lance dans le pulp et, à même pas 30 ans, crée le personnage emblématique de Mike Hammer dont le patronyme laisse deviner les méthodes musclées. C’est d’ailleurs le grand intérêt des romans de Spillane tant Hammer incarne le stéréotype du héros viril, raciste, sexiste et macho comme on n’en fait plus (pratiquement un James Bond ou un SAS avant l’heure). L’oppose d’un héros politiquement correct d’aujourd’hui.

Mike méprise les gays (« pédales ») et les minorités (divisées entre les « bâtards jaunes » et les « nègres », mais les femmes adorent. D’ailleurs, elles se jettent toutes à ses pieds et Hammer les fait toutes craquer : sa secrétaire ultra canon se désespère de le mettre dans son lit (Miss Moneypenny ?), deux jumelles dont une nymphomane insatiable s’offrent à lui (mais devant cette avance « trop facile », Hammer passe son tour) et une psychiatre chaude comme la braise lui fait immédiatement des propositions indécentes. « Entourée d’homme sans virilité elle aspirait à un vrai homme ». Mike souhaite d’ailleurs l’épouser : elle devra bien sûr arrêter de travailler et rester à la maison pour qu’il sache toujours où la trouver et notre demoiselle qui n’en peut plus (Mike refuse de coucher avec elle avant le mariage !) réclame à grand cri sa bague ! Même lorsque Mike prend un raccourci par le parc, il croise des nurses qui lui adressent « un sourire plein d’espoir ». Son enquête s’interrompt donc régulièrement le temps de satisfaire ses dames.

Au rayon enquête et détection, Hammer ne la joue pas non plus Hercule ou Sherlock, préférant laisser parler ses poings et y aller franco niveau menaces, intimidations et coups et blessures. Pas question de chercher des indices et on le trouvera plus volontiers le 45 en main que la loupe.

Il faut dire que Mike a des raisons d’être en rogne car Jack, son meilleur copain, vient d’être assassiné. Un brave type ce Jack, il aurait même donné son bras pour Mike, d’ailleurs il l’avait fait au sens propre en s’embrochant sur une baïonnette destinée à notre héros durant la guerre. Ca forge une amitié, dur comme l’acier (ou la bite à Hammer). Du coup Mike veut coincer le meurtrier avant les flics, pas question que l’assassin se retrouve en cabane ou même sur la chaise, Mike veut le voir souffrir un maximum avant de l’abattre comme un chien. Mike est « le juge, le juré et l’exécuteur » et rien ni personne ne l’arrêtera dans sa mission. Pendant ce temps les morts s’accumulent…

J’AURAI TA PEAU (un titre presque aussi réussi que le « I, The Jury » original) constitue une bonne cure pour se laver du polar actuel à prétentions sociales. Ici le lecteur plonge dans le « pulp hard boiled » originel dans le style de Raymond Chandler mais en plus percutant, en plus série B avec tout ce que cela implique de machisme satisfait, de vulgarité assumée et de violences gratuites. Mike Hammer annonce à la fois James Bond, un justicier dans la ville, l’Exécuteur et l’Inspecteur Harry. Bref, comme disait l’autre « c’est du brutal ». Rafraichissant, plaisant et hautement divertissant.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Policier, #Roman de gare, #Polar, #Whodunit

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Publié le 26 Novembre 2019

AU PETIT POIL d'A.A. Fair (Erle Stanley Gardner)

Erle Stanley Gardner, célèbre créateur de l’avocat Perry Mason, a également signé, sous le pseudo de A.A. Fair, une série de romans consacrés aux détectives privés Bertha Cool et Donald Lam. De plaisants petits bouquins de gare (comme on disait avant) entre énigme classique, polar coup de poing et roman « pulp ».

Ici, Lam seul accepte une affaire confiée par Clayton Dawson dont la fille est accusée d’avoir participé à un accident avec délit de fuite. Dawson demande à Lam de retrouver la victime et de lui proposer un arrangement monétaire à l’amiable afin d’éviter d’éventuelles poursuites judiciaires à l’encontre de sa fille. Bertha, de son côté, insiste sur le caractère très risqué de cette opération : quasiment illégale elle pourrait coûter sa licence à Lam. Mais, têtu, ce dernier prend néanmoins l’affaire en main. Bien sûr, rien ne s’avère conforme à ce qu’il parait de prime abord et Lam met à jour un panier de crabes dont il aura bien du mal à se dépêtrer.

Vingt-septième épisode de la série, AU PETIT POIL multiplie les twists quasiment jusqu’à l’absurde au risque de perdre le lecteur (ce qui, peut-être, est le but de l’auteur) : Dawnson n’est pas celui qu’il prétend être, sa fille n’est pas sa fille, la victime de l’accident est une arnaqueuse professionnelle, etc. Bref, ça « bouge »…

L’intrigue, complexe et même confuse, sera néanmoins expliquée de manière globalement satisfaisante durant le dernier chapitre au cours duquel notre détective résout l’affaire. Le tout avance à un rythme haletant, dans la grande tradition du pulp, en ménageant un rebondissement quasiment à chaque chapitre pour ne pas perdre l’intérêt du lecteur. Fair / Gardner remplit son bouquin au maximum et les fausses pistes sont légion mais l’ensemble fonctionne plaisamment et se montre même un peu instructif sur les mécanismes typiquement ricains d’arrangement avec la justice pour éviter les procès.

Le tout possède suffisamment d’action pour satisfaire les adeptes de la méthode « hard boiled » et une intrigue suffisamment tarabiscotée pour contenter les amateurs d’énigme. Si ce n’est pas « le meilleur des deux mondes », AU PETIT POIL reste un divertissement tout à fait correct pour une bonne soirée placée sous le signe du polar d’antan.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Polar, #Policier, #Roman court (novella), #Roman de gare

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Publié le 22 Octobre 2019

Simon R. Green - Les jeux sont faits (Hawk & Fisher tome 2)

Simon Green poursuit sa saga de fantasy policière avec un deuxième tome dans lequel nous retrouvons nos gardes Hawk & Fisher, mari et femmes, bretteurs émérites et seuls guerriers incorruptibles dans cette ville pourrie de Haven. Ville d’ailleurs en ébullition puisque les élections approchent. Outre quelques candidats mineurs et folkloriques le duel semble se dessiner entre le Conservateur Hardcastle et les Réformateurs menés par James Adamant. Ce-dernier demande la protection de nos deux gardes tandis que les attaques, physiques et magiques, se multiplient à son encontre.

Après avoir vu mourir Blackstone, le précédent chef de l’opposition, Hawk & Fisher sont plus que jamais décidé à laisser les élections se dérouler sans encombre quoiqu’ils aient peu d’espoir de voir la situation réellement évolué à Haven. La politique ça reste quand même une affaire de magouilles, quelque soit le camp qui l’emporte.

Ecrivain britannique né en 1955, Simon R. Green s’est fait une spécialité du mélange des genres, notamment dans sa série de l’Histoire secrète parodiant les James Bond ou ses polars paranormaux du NightShade. Hawk & Fisher constitue une autre de ses sagas au long cours, entamée en 1990 et entretenant des liens étroits avec une autre série de l’auteur, la Lune Bleue.

Ce second volet des aventures de nos deux gardes de Haven est paru en 1991 et se veut une continuation directe du précédent dont on retrouve l’environnement, les protagonistes et plusieurs événements qui auront une grande importance dans ces JEUX SONT FAITS. Toutefois, si le premier volume constituait un pur récit d’enquête « cosy » dans un univers fantasy, celui-ci s’oriente davantage vers l’action et prend des allures de buddy-movie médiéval fantastique. L’intrigue est donc nettement plus simple mais reste plaisante à suivre : pas de temps à perdre, l’aventure avance à cent à l’heure entre complots, machinations, retournements de situation (attendus) et romance. Pas vraiment le temps de détailler les protagonistes ou de complexifier l’univers décrit (dans lequel se glisse des références à la cocaïne ou au christianisme quelque peu incongrues), l’important étant d’aller vite, avec un ton cynique et humoristique qui frôle souvent l’autoparodie. On peut préférer l’enquête complexe du premier volet mais ce roman façon polar hardboiled rigolard dans un contexte fantasy s’avère suffisamment divertissant pour ne jamais ennuyer le lecteur. Dommage que le combat final contre le sorcier maléfique soi-disant super puissant soit expédié en quelques lignes…

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Aventures, #Fantasy, #Polar

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Publié le 23 Septembre 2019

LES MUTILES de Gwenn Aël

 

A 35 ans, Gabriel quitte Paris pour Laval, dans le Tarn, un petit village perdu où la criminalité se résume à quelques bagarres le samedi soir et à l’assassinat d’une poignée de volailles. Il semble heureux de couper avec le rythme de la capitale et de savourer cette quasi retraire. Pourtant, peu après, un homme est découvert le crane éclaté dans un bois. Gabriel, persuadé d’avoir affaire à un tueur en série, va devoir le coincer avant qu’il ne récidive tout en se confrontant à ses propres démons intimes.

Fan de Masterton, la romancière, après avoir livré deux romans d’horreur (d’ailleurs tous deux finalistes du Prix Masterton), semble ici plus proche d’un Dean Koontz. En effet, elle propose cette fois un thriller horrifique teinté de fantastique basé sur une ambiance sombre et oppressante. Nous plongeons dans l’enquête au côté d’un capitaine de police torturé devant faire face à son passé et à ses erreurs, lesquelles reviennent le hanter (au sens propre ou figuré ? le lecteur jugera). C’est surtout sur ce personnage que se concentre la plume de Gwenn Ael puisqu’elle va disséquer ses pensées et plonger au plus profond de sa culpabilité. Les thèmes de la culpabilité, tout comme celui des erreurs passées, des regrets et de la solitude traversent d’ailleurs le roman qui prend son temps pour installer son climat poisseux.

Après une introduction relativement posée, le rythme monte ensuite crescendo en dépit d’une pagination conséquente (plus de 500 pages) jusqu’à une dernière partie nerveuse dans laquelle tous les secrets enfouis sont, évidemment, dévoilés.

Dans la tradition de Maxime Chattam  (pour prendre un exemple immédiatement parlant) voici un très efficace thriller sur le sujet des « tueurs en série », ponctué de passages violents mais surtout intéressant pour son côté psychologique fouillé et convaincant.

 

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Fantastique, #Horreur, #Polar, #Thriller

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Publié le 9 Août 2019

L'EXECUTEUR: RETOUR A PITTSFIELD de Mike Newton

Parmi les fans de l’Exécuteur, RETOUR A PITTSFIELD tient une place particulière. C’est, tout d’abord, le 101ème épisode de la saga et il s’agit d’un véritable hommage au premier roman, GUERRE A LA MAFIA, sorti dix huit ans auparavant. Comme le titre l’indique Mack Bolan revient à Pittsfield, là où tout a commencé, pour terminer sa croisade contre la Mafia, poursuivi par un tueur qui semble toujours posséder un coup d’avance, le Chasseur.

A partir de ce schéma classique, Mike Newton livre un très plaisant roman. La sous-intrigue avec le flic Al Weatherbee, devenu malgré lui le spécialiste de Bolan, s’avère intéressante avec, évidemment, un mélange d’admiration pour le justicier et un refus de céder à ses méthodes musclées. Moins porté sur l’action que la moyenne des « EXECUTEUR », ce roman compense par un scénario soigneusement agencé, des séquences intimistes crédibles, une progression dramatique bien gérée et un côté « policier » plus développé que de coutume. Bref, un bouquin quelque peu à part qui s’éloigne des conventions de la saga tout en réussissant l’exploit de rendre hommage à toute la mythologie établie en une centaine de publication. Encore une réussite de la part d’un des meilleurs romanciers de la série, Mike Newton.

Efficace, ce RETOUR A PITTSFIELD aurait sans doute pu constituer une conclusion idéale pour L’EXECUTEUR. Evidemment ce ne fut pas le cas. Par la suite Mack Bolan cessa de vieillir et se transforma, d’anti-héros justicier, en authentique super espion à la James Bond pour vivre des aventures de plus en plus explosives et déjantées.

Quoiqu’il en soit RETOUR A PITTSFIELD reste une manière très divertissante de « boucler la boucle » en accompagnant une fois de plus Bolan dans sa ville natale pour un baroud d’honneur sanglant.

L'EXECUTEUR: RETOUR A PITTSFIELD de Mike Newton

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Aventures, #Exécuteur, #Polar, #Policier, #Roman de gare

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