espionnage

Publié le 11 Novembre 2022

008 APPRENTI ESPION TOME 2 de Shun Matsuena

Le premier tome de cet amusant manga nous a présenté Eight Akashi (notre apprenti espion 008) refusé par tous les lycées après avoir échoué au concours d'entrée. Désespéré, il se voyait toutefois admis dans une école spéciale visant à former l'élite des services secrets. Le pauvre a subi une série d'épreuves pas piquées des hannetons qui occupaient quasiment les deux cents pages du tome 1. La fin du premier volume accordait à Akashi et ses amis le plaisir de partager un repas revigorant dans le réfectoire de l'école. Après ce court moment de calme les lycéens, drogués, se réveillaient au milieu de l'océan. Ce deuxième tome enchaine sur cette situation problématique et entre immédiatement dans le vif du sujet. Nos gamins échouent sur une île où ils vont devoir faire leurs preuves pour survivre.

008 APPRENTI ESPION poursuit dans la veine du premier opus, sur un ton assez décalé, parfois réaliste et violent, parfois complètement délirant comme en témoigne ce curieux prof à tête de lapin. Incongru mais fun. Inutile donc de chercher une intrigue réellement cohérente, le manga part dans tous les sens et assume ses références (James Bond bien sûr mais ici également BATTLE ROYALE). L'ambition de l'auteur est surtout d'amuser le lecteur et il y parvient assez joyeusement bien qu'il recourt à de grosses ficelles. Le récit, un poil prévisible, aligne les cours, souvent dangereux, que subissent nos apprentis espions, ce qui permet à l'auteur de développer les personnages et de nous les rendre sympathiques. Bien sûr ils restent assez clichés (le ninja porté sur l'honneur, le héros neuneu, l'espionne méga bonne, les profs tous frappés du bocal) mais sans que ce soit préjudiciable à cette histoire trépidante. La recette, sans réelle surprise, fonctionne pourtant plaisamment en mêlant des ingrédients ayant démontrés leur efficacité : de l'action, des héros attachants, des notes d'humour grasses, du délire plus ou moins contrôlé et des gadgets rigolos. Afin de contenter les fans, l'auteur y ajoute une bonne rasade d'érotisme, certes gentillet mais agréable, avec notamment une prof chaudasse experte dans la manipulation mentale des élèves en rut. Les plans culottes et nichons (plus ou moins dévoilés) abondent eux-aussi mais dans une ambiance légère et détendue. Bref, mignonne.

Finalement, ce second tome confirme la bonne humeur et le côté divertissant d'une série sans prétention mais agréable à suivre. La référence à James Bond, certes plaquée, reste acceptable tant le manga passe à la moulinette les fondamentaux de 007 (période pré-années 2000) avec un mélange pétillant de blagues lourdes, de sous-entendus osés, de pauses sexy, de gadgets improbables et d'action décomplexée. N'en attendons pas un classique ou un incontournable et sachons simplement apprécier ce mange pour ce qu'il est, à savoir un divertissement appréciable en ces temps moroses. On poursuivra donc avec le troisième tome en espérant, néanmoins, qu'une véritable intrigue se mette en place.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Manga, #Erotique, #Espionnage, #Humour

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Publié le 11 Avril 2022

SABRE AU CLAIR ET PIED AU PLANCHER de Gérard De Villiers

Créateur du super-espion SAS et enfant terrible de la littérature de gare, éditeur de dizaines de séries qui firent les beaux jours des présentoirs avec leur couverture bariolée où se retrouvaient invariablement filles dénudées et armes de guerre, De Villiers nous raconte sa vie dans cette autobiographie fort plaisante. Il aligne évidemment toutes les outrances attendues (l’Homme, le Vrai, se vante à longueur de pages de ses innombrables conquêtes) mais, de manière plus instructive, revient sur ses débuts dans le journalisme. Il écrit d’abord pour un hebdomadaire d’extrême-droite puis dans diverses publications où il œuvre en tant que paparazzi, réexpliquant quelques-uns de ses « coups » les plus fumants, notamment la fameuse rumeur d’une Sheila ayant changé de sexe ! Certes, on eut aimé que De Villiers parle davantage de ses publications et de SAS mais le bonhomme n’est pas avare d’anecdotes, souvent amusantes, qui rendent la lecture de cette autobiographie plaisante. De plus, sa haine viscérale du communisme (et de la gauche de manière plus générale) le rend bien sympathique.

On le sait, comme il le répète, De Villiers était « trop engagé, c’est-à-dire pas assez à gauche ». Or, hélas, « la gauche est l’arbitre des élégances, elle dit qui admirer et qui vilipender ». Il affirme aussi que les deux périodes les plus douloureuses de son existence furent l’Occupation et l’arrivée des socialistes au pouvoir. Il fit front (national bien sûr), sachant que ça ne durerait pas tout en se lamentant de l’empoisonnement de la France par la pensée gauchiste. Nul doute qu’il aurait été ravi de voir aujourd’hui le PS plus bas que terre.

Finalement, De Villiers livre l’autobiographie qu’on espérait de lui : rythmée, nerveuse, haineuse, pleine d’aventures sexuelles, saupoudrée d’une louche d’humour et surtout hargneuse. L’auteur est véritablement déchainé et s’en prend radicalement à un paquet de personnalités : tout ce qui est bobo gaucho démago se voit dézingué rageusement avec une énergie qui donne le sourire au lecteur.

Mais le bonhomme, en dépit de ses outrances, s’avère souvent sympa et même touchant, notamment lorsqu’il étrille la « grande littérature » (« Proust n’a aucun intérêt, avec ces interminables digressions il y a de quoi vous dégouter de la lecture ») ou les « auteurs contemporains nombrilistes typiquement franchouillard ». Qui pourrait lui donner tort ?

De toutes manière, quoique l’on pense du bonhomme et de ses œuvres, un homme qui détestait à ce point la gauche ne saurait être totalement mauvais.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Espionnage, #Erotique, #Essai, #Gérard de Villiers, #Autobiographie

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Publié le 1 Janvier 2022

OSS 117 EN CONFLIT A BALI de Josette Bruce

Ecrit en 1974, cette énième aventure d’Hubert débute donc Indonésie et propose, dans son premier tiers, un descriptif touristique des quartiers chauds de Djakarta. A la façon du « guide du routard », Josette Bruce nous balade du côté des prostituées, des travestis, des mafieux, des petites frappes, etc. La romancière explique les habitudes culinaires des Indonésiens, propose une promenade touristique dans les lieux réputés et se plie aux conventions du dépaysement à l’ancienne, avant la démocratisation des voyages aériens, lorsque le lecteur devait recourir à ce genre de petit bouquin pour s’offrir sa dose d’exotisme. Puis, l’autrice nous fait rencontrer d’anciens déserteurs de l’armée US qui vivotent sous les tropiques. Tout un côté pittoresque et colonial de bon aloi. Enfin, le récit d’espionnage proprement dit débute et se conforme aux conventions attendues : trahisons, jolies filles, coups de poings et fusillades,… Rien de neuf pour l’infatigable OSS 117.

Difficile dans dire davantage ou de détailler ce roman très conventionnel. Josette Bruce reprend les recettes établies par son défunt mari (Jean Bruce) au fil de dizaines de bouquins quasiment interchangeables mais souvent plaisants. Hubert Bonisseur de la Bath parcourt le monde, chaque pays étant exploré de manière rapide au gré d’histoires très classiques. Les titres, avec leur jeu de mot un peu facile, et les couvertures, avec une demoiselle dénudée, annoncent immédiatement la couleur, nous sommes dans la littérature de gare. Pour le pire mais aussi le meilleur.

Josette, contrairement à son rival Gérard DeVilliers, n’a sans doute jamais mis les pieds dans les contrées décrites. Les cinéphiles convoqueront dès lors, davantage que les récentes adaptations parodiques avec Jean Dujardin, l’univers du « Magnifique » dans lequel Bebel expédie son héros, « pagayant comme un fauve », d’un coin à l’autre d’une terre parcourue par l’écrivain à coup de cartes et de guides touristiques. Mais qu’importe ! Les OSS 117 restent distrayant et ne cherchent pas à concurrencer les intrigues tarabiscotées et la politique fiction de SAS. Nous sommes ici dans « l’espionnite » basique, proche des longs-métrages fauchés qui, à la fin des sixties, cherchaient à rivaliser avec James Bond, les moyens en moins.

Manichéen, vite fait bien fait (dans les limites de ce genre de roman de gare), riche en action, ponctué d’une louche d’érotisme et d’une pincée de violence sadique, OSS 117 donne au lecteur ce qu’il souhaite : de l’évasion facile. EN CONFLIT A BALI reste fidèle à la formule et n’apporte donc aucune surprise, ni bonne ni mauvaise. Parfois, cela suffit pour passer trois heure de lecture tranquille.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Aventures, #Cinéma, #Espionnage, #Roman de gare

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Publié le 19 Août 2021

OSS 117: ARIZONA ZONE A de Jean Bruce

Ecrit en 1959 et réédité à plusieurs reprises, voici un roman original pour OSS 117, lequel quitte le temps d’une aventure, les terres de l’espionnage pour frayer avec la science-fiction. Le résultat n’est malheureusement pas très convaincant.

Hubert Bonnisseur de la Bath doit enquêter sur des événements étranges : des soucoupes volantes aperçues par plusieurs témoins apparemment dignes de foi dans un coin perdu de l’Arizona. Hubert rencontre par la suite un médecin, Howard T. Hanks. Ce-dernier a autopsié un extraterrestre et peut renseigner OSS 117 sur leur morphologie, semblable à celle des humains mais avec quelques différences permettant de les distinguer et les identifier. Hubert continue ses investigations sur les « Intrus » et découvre que l’alien décédé avait refusé de donner son sang lors d’une collecte organisée sur son lieu de travail. Il ne prenait pas, non plus, sa nourriture à la cantine. Voici donc un moyen de repérer les autres extraterrestres implantés aux USA. A force d’enquête, Hubert rencontre le chef des extraterrestres qui lui annonce une prochaine attaque de la Russie contre les Etats-Unis !

La suite ? Et bien la suite rappelle grandement les romans « à la Jimmy Guieu » (notamment les fameux E.B.E.), avec le plan improbable des aliens pour conduire à une guerre mondiale entre les Rouges et les USA. Pourquoi ? Pour posséder un monde dévasté mais encore colonisable évidemment. Tout cela n’est pas très crédible, ni très passionnant et cette tentative de plonger un héros de roman d’espionnage dans un univers science-fictionnel laisse dubitative. Quelques passages sympathique, un début plutôt réussi dans sa volonté de mystère (anticipant les « X Files » de quatre décennies) ne compensent pas une deuxième partie ratée. ARIZONA ZONE A possède néanmoins un côté nostalgique parfois appréciable. Mais le tout se montre plus daté que suranné et si les informations dispensées par l’auteur (qui s’est manifestement documentés sur le sujet) pouvaient intéresser les lecteurs du début des sixties, elles paraitront probablement lues et relues aujourd’hui.

Bruce livre toutefois l’une ou l’autre scène efficaces, voire étranges. Hubert ne se prive pas, par exemple, de tenter une expérience sexuelle avec une belle alien afin, bien sûr, de faire progresser la connaissance entre les peuples. Un roman déstabilisant, unique dans la série, qui marque au moins une tentative de Jean Bruce de renouveler les recettes établies. Même si le résultat ne fonctionne pas vraiment, on apprécie donc cet essai en rageant toutefois que ce mix improbable d’espionnage, de thriller conspirationniste et de science-fiction ne soit pas plus mémorable.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Aventures, #Espionnage, #Roman de gare, #science-fiction, #OSS 117

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Publié le 2 Juin 2021

CHASSE A LA PANTHERE de René Charvin

Eve Miller, alias la Panthère, reçoit la visite d’un type en fuite, Boris, qui a simulé sa mort et essaie d’empêcher un attentat à l’encontre d’hommes politiques. Une magouille autour du cuivre pourrait, en effet, entrainer de nombreux remous aux conséquences désastreuses. La Panthère croise la route du Triangle Rouge, une organisation qui regroupe ce que le monde possède de pire : des communistes. Les uns affiliés à Moscou, les autres à Cuba, les derniers à la Chine. Bref, un triangle du mal à anéantir à tout prix. Le bouquin s’oriente donc vers une course poursuite éperdue avec, comme le dit la couverture « des situations hors du commune, des bagarres épiques, des amours singulières (comprenez un intermède saphique plus ou moins imposé à notre féminin félin), etc. ».

Le tout nous permet de voyager, du Chili jusqu’à la cordillère des Andes. Notons toutefois que notre super espionne se fera capturer trois (trois !) fois au cours de cette aventure, qu’elle découvrira la cachette des méchants de manière très fortuite et qu’il faudra l’intervention providentielle de son disciple, le Léopard, pour la tirer d’un très mauvais pas. La Panthère n’est donc pas infaillible mais le roman se lit agréablement quoiqu’il s’agisse bien sûr de littérature de gare typique de son temps (la fin des sixties). Le lecteur a donc droit à une bonne dose d’exotisme, une pincée d’érotisme, une rasade de violence, quelques tortures saignantes, des rebondissements relativement attendus et une poignée de scènes d’action. Le tout en un peu plus de 200 pages conduites à vive allure.

René Charvin fut un de ces besogneux du roman populaire qui œuvra dans l’érotisme, le policier et l’espionnage, ainsi que la littérature religieuse nous apprend sa page wikipedia. Sa prose, surement kilométrique et alimentaire (la Panthère vécu des dizaines d’aventures, de même que sa « Belle » héroïne de bouquins sexy écrits à la pelle), n’en reste pas moins efficace et d’un niveau très correct dans le domaine de la gare. Le côté le plus intéressant reste sans doute le pragmatisme fataliste de notre Panthère, complètement désabusée par son boulot et qui tue sans état d’âme tout ceux (ou celles) qui pourraient entraver son enquête.

Le final frappe d’ailleurs par son ton ironique : « Ces deux là nous doivent la vie » dit la Panthère tandis que son adjoint rétorque « il y en a tant d’autres qui nous doivent la mort, cela fait une moyenne ». Une lecture suffisamment plaisante pour donner envie d’accompagner notre Panthère dans d’autres récits.

 

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Aventures, #Espionnage, #Roman de gare

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Publié le 24 Avril 2021

COPLAN SUR DES CHARBONS ARDENTS de Paul Kenny

Lors de la grande vague de l’espionnage, chaque maison d’édition souhaite « son » personnage et lorsque Jean Bruce quitte le Fleuve Noir, emportant avec lui OSS 117, une place se libère pour un nouvel héros. Deux écrivains belges, Gaston Vandenpanhuyse (1913 – 1981) et Jean Libert (1913 – 1995) inventent ainsi, au début des années 50, l’agent secret français Francis Coplan, dit FX 18, de la SDECE. Le duo d’auteurs adopte le pseudo collectif de Paul Kenny, repris ensuite par leur successeur, Serge Jacquemart, qui écrira les aventures de Coplan de 1989 à 1996. En tout 237 bouquins seront publiés et connaitront un énorme succès, encore accentué par six films puis une série télé.

Avec COPLAN SUR DES CHARBONS ARDENTS, écrit par Jacquemart, nous sommes dans le roman de gare certes écrit à la chaine mais qui ne se moque pas de son public. Le bouquin se montre en tout cas fort divertissant et c’est bien l’essentiel. Nous avons droit à toutes les conventions : des complots d’espionnage, des agents doubles, de belles espionnes chaudasses, etc. Pour détourner l’attention des jeux d’espion, s’ajoute en outre un tueur en série obsédé par la dépravation qui pense trouver la pureté auprès d’une touriste hollandaise obèse qui aime ça « par derrière ». Lorsqu’il comprend que la jeune femme (100 kilos sur la balance !) n’est pas aussi pure qu’escompté, notre homme l’étrangle en pleine action. Capturé mais refusant d’avouer ses crimes, le maniaque est balancé dans une cellule d’une prison turque peuplée de dizaines d’homosexuels en rut qui le prennent non-stop par tous ses orifices. Du coup il finit par craquer ! Coplan, de son côté, aboutit dans le harem d’un cinglé mégalomane : s’identifiant à un sultan il se constitue une cour féminine parfaite et enlève des jeunes filles issues d’à peu près tous les pays. Coplan, pour sa part, doit finir eunuque une fois qu’un chirurgien pas net l’aura soulagé de ses bourses. Bref, c’est excessif à tous les étages et le roman se rapproche davantage des aventures de Bob Sainclair évoquées dans « Le magnifique » que de John Le Carré.

Plus ludique et délirant qu’un OSS 117, nettement moins sérieux et politisé qu’un SAS, encore plus déjanté que le James Bond le plus délirant, ce Coplan parait construit de bric et de broc. Un écrivain plus consciencieux ou moins pressé par le temps aurait probablement pu en tirer trois romans différents (l’un d’espionnage, l’un consacré au sultan fou et un dernier centré sur le tueur en série) mais, à la place, notre « Paul Kenny » (ici, Serge Jacquemard donc), préfère mélanger toutes les intrigues possibles pour en tirer un brouet pas toujours très subtil mais incontestablement nourrissant. Très fun !

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Aventures, #Espionnage, #Roman de gare

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Publié le 29 Mars 2021

LE MERCENAIRE - LES PAVOTS DE LA MORT de Paul Edwards

Sous le pseudonyme de Paul Edwards se dissimule trois écrivains s’étant relayés sur la série « John Eagle », alias Le mercenaire. L’inconnu Paul Eiden se charge de quatre romans (apparemment) de la série dont LES PAVOTS DE LA MORT, classique histoire d’espionnage.

John Eagle est un agent au service d’une compagnie secrète mais également un fier combattant Apache, un amant hors pair, un homme, un vrai. Eagle est envoyé en mission sous couverture (comme Bond il passera une partie de sa mission dans un lit donc…) en Russie afin de dérober un prototype d’avion qu’il doit ramener dans le monde occidental. Il laisse donc derrière lui sa copine, Loup Solitaire, qui apprécie une existence simple à la manière indienne, pour partir vers Moscou avec à son bras une montre digitale Pulsar II. Probablement le top dans les 70’s, « un mini-ordinateur de poignet ». Bref, Eagle apprend en deux mois les rudiments du pilotage sur un 707 afin de s’emparer d’une copie russe, le Tu-350. En Russie, notre Apache rencontre Ludmilla la veuve d’un romancier s’étant montré trop critique envers le régime (le KGB ne rigole pas avec ça !). Donc elle est veuve. Et charmante. Avec des seins tellement énormes que même John Eagle en reste tout esbaudi. Bien sûr, le sex-appeal d’Eagle agit et la belle tombe dans ses bras. La suite consistera à voler l’avion…ce qui se produit au deux tiers d’un bouquin pourtant pas très longs (190 pages environ). Du coup que faire pour meubler durant le dernier tiers ? Et bien lancer une intrigue totalement différente et pratiquement déconnectée de la précédente qui voit John Eagle débarquer en Turquie pour détruire un trafic de drogue. D’où, enfin, l’explication du titre.

LES PAVOTS DE LA MORT s’affirme comme un roman de gare assez bizarre : la première partie est avare en action mais parvient à divertir en dépeignant la Russie des années ’70 avec une certaine acuité. Nous sommes dans l’espionnage feutré, les jeux de chat et de souris, les trahisons et les agents doubles. L’ensemble rappelle les premiers volumes de SAS, du temps où Malko Linge se montrait humain. Par la suite, le bouquin adopte un côté plus entrainant, avec davantage d’action et de rebondissements. John Eagle semble peu à son élément ici, il se demande même ce qu’il vient faire dans cette galère d’espionnage. Le personnage accomplit pourtant son job dans la grande tradition de la littérature virile : une bonne dose de James Bond, une louche d’Implacable, une pincée d’Exécuteur,… Le bouquin se lit vite et avec plaisir, ponctué de quelques scènes érotiques pas trop envahissantes et, au final, le lecteur en ressort satisfait avec l’assurance d’avoir passé un bon moment de détente. Trois heures d’évasion, du sexe, de la violence, de l’action, de la bagarre,…la recette des bouquins « pour mecs » de la grande époque des halls de gare. On en redemande !

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Aventures, #Espionnage, #Erotique, #Roman de gare

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Publié le 15 Mars 2021

ALEX RIDER TOME 4: JEU DE TUEUR d'Anthony Horowitz

Le James Bond adolescent reprend la route pour une quatrième mission dans laquelle il hérite même d’un super vélo aussi blindé de gadgets que l’Aston Martin de son modèle. Pourtant, au départ, notre héros goûte des vacances bien méritées aux cotés de sa petite amie Sabina Pleasure (un nom typiquement « bondien » !) dans le sud de la France. Mais, rapidement, un attentat détruit la maison de sa copine et blesse gravement son père. Pour Alex, pas de doute, la personne visée c’était lui. Il va donc mener son enquête et, rapidement, soupçonner la pop star philanthrope Damian Cray d’être l’auteur de cette attaque. Or Cray s’apprête à lancer sur le marché une console de jeux vidéo révolutionnaire.

L’adversaire d’Alex est, cette fois, une pop star milliardaire, sorte de compromis entre Paul McCartney et Bono mâtiné de Sting et d’Elton John. Le genre de vedette qui serre la main de la reine, donne avec le sourire la moitié de ses gains et multiplie les actions caritatives. Insoupçonnable, même pour le MI6 qui refuse de croire Alex…lequel devra, par conséquent, agir seul. Notre héros, dans la tradition de l’espionnage, va donc voyager du Sud de la France à Paris, sans oublier Amsterdam et Londres.

Dans la droite ligne des précédents, ce quatrième tome constitue un divertissement bien calibré pour le public adolescent mais capable d’intéresser également les plus grands. Intrigue d’espionnage mâtiné de techno thriller et d’une pointe d’anticipation / science-fiction, passages d’action rondement menés, personnages bien typés dont un Alex que l’on connait de mieux en mieux, révélations faisant avancer l’histoire générale de notre héros et final efficace qui annone la suite, SCORPIA.

Plus sombre et plus « violent » que les trois premiers volumes, la saga Alex Rider, à l’image des Harry Potter, semble vieillir avec son public et délaisse le côté « aventure merveilleuse » pour rappeler que l’espionnage, au-delà des gadgets et des demoiselles en détresse, c’est également un monde de coups fourrés, de crimes pour raison d’état et de retournements de veste en fonction du vent soufflant sur les relations internationales.

Un bon cru.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Aventures, #Espionnage, #Jeunesse, #Thriller, #Technothriller

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Publié le 12 Mars 2021

KILLERS (KI - 6) de B. Clay Moore et Fernandi Dagnino

Colin King est un des principaux personnages de l’univers Valiant sous l’identité de l’agent secret et guerrier de l’ombre Ninjak. Lancé dans la série Bloodshot de 1993 il s’impose rapidement comme un espion hors pair dans ses propres aventures. Récemment, le personnage est revenu dans une saga largement inspirée par James Bond qui nous révèle l’existence de nombreux agents ninjas chargés de défendre l’Angleterre. Ninjak devient ainsi Ninja K, « K » étant son matricule, ce qui suppose qu’une dizaine de héros l’ont précédé. L’idée de présenter ces anciens individus, pour la plupart à la retraite, et de les rappeler pour une aventure collective a, forcément, titillé les scénaristes de Valiant. L’histoire débute donc en suivant Blindside, alias Ninja G, rangée des affaires et vivant tranquillement en compagnie de sa copine. Lorsque cette dernière se fait assassiner, Ninja G reprend du service et s’en va menacer le patron du MI6 afin de tirer l’affaire au clair. Mais d’autres agents, comme Ninja-J, se font également attaquer.

Avec B. Clay Moore au scénario et Fernandi Dagnino aux planches, Valiant tient une nouvelle réussite, le genre de comics bien ficelé et dynamique qui se lit rapidement et avec beaucoup de plaisirs. Les 120 pages ne laissent, en effet, guère le temps de souffler au lecteur, lequel a droit à des rebondissements, des cliffhangers de fin de chapitres, de l’action bien entrainante et un mystère qui se dévoile progressivement. Les différents ninjas nous sont présentés tour à tour, chacun avec son pouvoir « ki » particuliers. L’intrigue d’espionnage se transforme donc au fil des cases en aventure super-héroïque jusqu’à aboutir à un climax explosif puisqu’une fois les fils de l’intrigue démêlés, les ninjas démontrent leurs talents martiaux et leurs aptitudes surnaturelles.

 

KILLERS (KI - 6) de B. Clay Moore et Fernandi Dagnino

Ce récit complet prend dès lors des allures de blockbusters et le lecteur imagine facilement le long-métrage spectaculaire qui pourrait en être tiré. Certes, ce n’est pas d’une originalité folle et on a connu Valiant plus novateur, plus audacieux ou, tout simplement, plus complexe mais cette histoire possède les qualités de ses défauts : carrée, menée à cent à l’heure, explosive et rythmée elle se dévore facilement et génère son content de fun. De plus, elle ne nécessite pas de background important pour être appréciée, constituant une nouvelle porte d’entrée accessible à l’univers Valiant, riche de personnages bien typés et d’intrigues efficaces. Hautement divertissant et tout à fait plaisant, donc recommandable !

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Publié le 10 Février 2021

JAMES BOND: SCORPIUS de John Gardner

Une secte de fanatiques, les Doux, qui ne le sont pas du tout (doux !), que du contraire. Un grand gourou cinglé, le Père Valentine. Un méchant mystérieux, Vladimir Scorpius. Des terroristes qui se font exploser un peu partout pour détruire le mode de vie occidental. Voilà les nouveaux ennemis de James Bond !

John Gardner a livré un paquet de romans consacrés à Bond et celui-ci démontre une certaine originalité : l’intrigue dévie quelque peu de la « norme » des aventures de 007…une qualité et un défaut car, pendant une grande partie du bouquin, SCORPIUS ne ressemble pas vraiment à ce qu’on attend d’un Bond (littéraire ou cinématographique). Cependant, les derniers chapitres retrouvent la voie toute tracée de l’affrontement entre l’espion et le grand méchant mégalomane tout heureux d’exposer son plan. Si les thématiques sont plus « modernes » (terrorisme aveugle, dérives sectaires et religieuses,…), l’ensemble n’est pourtant pas pleinement convaincant et le rythme laisse souvent à désirer.

En dépit du ton sérieux (davantage que dans les autres Bond de Gardner), l’auteur ajoute quelques pincées d’humour et au moins un clin d’œil évident à Sean Connery, « l’acteur préféré de Bond ». Des initiatives louables mais qui ne parviennent pas vraiment à compenser une intrigue finalement prévisible et un manque regrettable de scènes d’action marquantes.

Notons également que la traduction est médiocre avec des tournures de phrases souvent bien lourdes et une impression d’amateurisme assez prégnante, davantage dans la lignée d’une traduction de fan trouvée sur le net (comme celle de KILLING ZONE par exemple) que d’un bouquin édité. Cela gâche la lecture, la rendant même parfois pénible, et n’aide guère à se faire une juste opinion d’un roman que, dans l’attente d’une version plus soignée et révisée, on qualifiera de peu palpitant. A réserver aux complétistes du Bond littéraire…Les autres passeront leur chemin sans regret.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Aventures, #James Bond, #Espionnage

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