historique

Publié le 20 Juin 2022

LES AVENTURES AMOUREUSES DE MADEMOISELLE DE SOMMERANGE de Pierre Mac Orlan (Pierrre du Bourdel)

Comme le précise la préface, voici un des meilleurs romans de son auteur. On fera confiance à cette introduction laudative à défaut d’avoir lu toute la production de Pierre Mac Orlan (1882 – 1970) signataire d’une centaine de romans. Beaucoup sont repris dans une monumentale « Œuvres complètes » en vingt-cinq volumes. Cependant l’auteur du fameux QUAI DES BRUMES n’a pas inclus dans cette rétrospective ses « érotiques ». Dommage car ces AVENTURES AMOUREUSES DE MADEMOISELLE DE SOMMERANGE, sous-titré fort justement « les aventures libertines d’une demoiselle de qualité sous la Terreur », reste un bon récit publié sous le pseudo de Pierre du Bourdel.

Loin des « érotiques » actuels style mommy porn soporifique, ce roman se veut picaresque, avec un ton libertaire, libertin et cru mais toujours dans une optique amusante. Notre Mademoiselle de qualité traverse donc, telle Angélique ou Caroline Chérie, la Terreur et donne beaucoup de sa personne. Bonnes sœurs fouettées, fessées puis sodomisées avec un navet, passages scatologiques, lavements à répétition du fondement de l’héroïne avec trois litres d’eau croupie, etc. l’auteur reste dans la tradition d’un certain porno excessif et délirant, à l’image des ONZE MILLE VERGES ou de certains bouquins du Marquis de Sade. L’imagination est donc au pouvoir et le lecteur pourra se délecter des nombreux viols et humiliations que subira notre Miss de Sommerange. Le roman est donc très divertissant mais, toutefois, tout finira bien et l’héroïne trouvera l’amour au cours d’un happy-end bienvenu. Cette fin joyeuse succède à une très longue et très déjantée scène de viol collectif.  Véritable plat de résistance du roman (à l’image de l’orgie finale qui termine bien des films pornos), la scène voit notre Mademoiselle, soumise, en compagnie de trois compagnes d’infortunes, aux turpitudes d’une douzaine de Hussards décidés à profiter, tour à tour, de chacun de ses orifices.

LES AVENTURES AMOUREUSES DE MADEMOISELLE DE SOMMERANGE se montre par conséquent distrayant, délirant et amusant. La brièveté du récit, associée à de nombreuses péripéties et à un paquet de scènes chaudes originales, empêchent tout ennui et le lecteur passe un bon moment avec ce bouquin d’aventures historiques, humoristiques et pornographiques.

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Publié le 4 Mars 2022

UN NOEL A NEW YORK d'Anne Perry

1904. Jemina Pitt, fille du chef de la police anglaise Thomas, accompagne aux USA son amie Delphinia qui doit prochainement épouser le très riche Brent Albright. Un événement d’importance pour l’aristocratie américaine. Cependant, la mère de Delphinia ne peut être présente. En effet, Maria a abandonné sa fille voici 16 ans. Or, la crainte de la famille Albright est de la voir débarqué lors du mariage pour commettre un scandale. Le frère du marié demande à Jemina de mener l’enquête afin de la retrouver et de la contraindre, si nécessaire avec de l’argent, à se tenir à carreau. Mais lorsque Jemina retrouve la disparue ce-dernière vient d’être assassinée. Et Jemina se retrouve suspectée du meurtre !

En 1979 Anne Perry lance une série d’enquêtes victoriennes menées par Thomas Pitt et Charlotte Ellison. A raison d’un roman chaque année (ou presque), la saga compte aujourd’hui 32 titres. Beaucoup plus tard, au début des années 2000, l’écrivain écrit, chaque Noel, un court roman consacré à un personnage secondaire de ces récits, ici la fille de Thomas Pitt. Le résultat ? Une lecture plaisante et « facile » qui mise sur la description de New York au début du XXème siècle avec l’ambiance des fêtes de Noel et les relations entre les différentes classes sociales. L’énigme policière, de son coté, semble accessoire et l’identité du coupable parait immédiatement évidente. L’important n’est donc pas là. Le roman avance heureusement rapidement et les échanges de dialogues lui donnent suffisamment de vie et de « peps » pour que l’on ne s’ennuie pas. Ce n’est sans doute pas un grand roman, plutôt une petite récréation mais le tout se montre plaisant et donne envie de découvrir d’autres romans d’Anne Perry.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Historique, #Policier, #Roman court (novella), #Whodunit

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Publié le 11 Février 2022

LA DERNIERE ENQUETE DU CHEVALIER DUPIN de Fabrice Bourland

Créé par Edgar Allan Poe et héros de trois enquêtes (la plus célèbre restant « Double assassinat dans la rue Morgue »), le chevalier Auguste Dupin fut, à l’image de son successeur Sherlock Holmes, ensuite repris par divers continuateurs. Pour son troisième roman, Fabrice Bourland s’empare du personnage et tente de résoudre le mystère entourant son décès, ainsi que ceux du poète Gérard De Nerval et même…d’Edgar Poe. La solution se situerait dans les daguerréotypes qui pourraient, selon certaines, théories, capturer l’âme pour créer un double spectral qui, par divers rituels, peut ensuite prendre vie et remplacer l’original. Le romancier puise son inspiration dans divers évènements insolites mais avérés concernant les personnages mis en scène afin d’élaborer une intrigue où se mêle fantastique, policiers et références littéraires.

Prototype du « armchair detective », le chevalier cogite longuement dans son appartement et se livre à quelques tours de déduction proche de Sherlock Holmes (lequel ne le portait guère dans son cœur). En associant le docteur Pau, le corbeau et la poésie voici que Dupin semble deviner les pensées de son ami Carter Randolph, lequel songe à Edgar Poe. Carter Randolph est une création plus récente, l’équivalent d’un Watson pour Holmes, dont le nom se réfère directement au Randolph Carter de Lovecraft. Clin d’œil encore ! Outre les précités, le détective rencontre également Alexandre Dumas et, par un subtil jeu littéraire très « méta » (comme on dit aujourd’hui), le détective inventé par Poe finit par s’interroger sur les causes du décès de…Poe. Une réflexion en boucle aussi référentielle qu’amusante.

En 128 pages et avec une préface en forme de boutade qui nous invite à questionner la véracité du récit, l’auteur ne développe guère son intrigue ni ses protagonistes mais offre une plaisante récréation entre l’hommage distancé, la comédie policière et le fantastique. Pas indispensable mais suffisamment plaisant pour occuper le lecteur durant deux heures.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Fantastique, #Historique, #Policier, #Whodunit

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Publié le 24 Janvier 2022

LE FANAL DE LA MORT de Paul Doherty

Le moine Athelsan et le coroner John Cranston (« grande gueule et gros cul ») reviennent pour une nouvelle enquête historique aux frontières du possible. Car, comme toujours, Paul Doherty aime le mystère et concocte une fois de plus quelques « impossibilités » que devront expliquer notre duo d’investigateur : un cambrioleur insaisissable, une disparition inexplicable de trois matelots sur un navire, des crimes étranges,…Le tout dans le Londres froid et crasseux de 1379, alors que des pirates français menacent et que l’ambiance se fait lourde, bien que Cranston reste, lui, fidèle à ses habitudes. Bref, il boit (et même beaucoup), s’endort dans les brumes de l’alcool, ripaille, conte inlassablement ses exploits dans les tavernes, etc. Cela ne l’empêche pas d’être efficace et intelligent. Athelsan, de son côté, demeure calme, posé, réfléchi, adepte d’une méthode quasi scientifique et, osons l’anachronisme, holmésienne avant l’heure. Autrement dit, une fois toutes les pistes envisagées et l’impossible éliminé ne reste que la vérité aussi invraisemblable qu’elle puisse paraitre.

Doherty reste fidèle à sa méthode, rodée dans d’innombrables best-sellers : il plonge le lecteur dans le Londres médiéval avec une précision d’historien mais sans sombrer dans le didactisme. Autant dire que son Moyen-âge se montre plus réaliste que la vision véhiculée par les films de chevalerie hollywoodiens. Ici, les rues sont sales, les vêtements tout aussi crasseux, les voleurs courent les rues, les ribaudes appâtent le client, les jurons volent et la ville, disons-le tout net, pue la merde. L’auteur nous offre donc un petit cours d’Histoire, assorti de considérations sur la situation politique et sociale de l’époque. Pour ne pas effrayer les allergiques aux « purs » romans historiques, Doherty concocte une énigme, comme toujours complexe, tordue et bien menée, assortie de crimes « impossibles » adroitement confectionnés. Un côté paillard et un humour assez gras confèrent au texte un ton plaisant et fait de ce FANAL DE LA MORT une nouvelle réussite à l’actif de l’écrivain.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Historique, #Impossible Crime, #Policier, #Whodunit

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Publié le 19 Janvier 2022

LES GRIFFES DE LA FORET (L'Agende Pendergast vol. 4) de Christophe Lambert

En cette toute fin du XIXème siècle, dans le Wyoming, des animaux ont été massacrés et le responsable pourrait être le légendaire Big Foot. Dans une ambiance western, la petite troupe de l’Agence Pendergast débarque donc dans un village typique du Far-West. Mais le « Grands Pieds » n’est pas la seule créature à roder dans la région. Dès lors que vont faire Sean, Celia et Joe ? Dans quel camp se ranger puisque rester neutre semble impossible ?

Quatrième opus de Christophe Lambert pour sa série de l’agence Pendergast, une équipe spécialisée dans l’élimination des « paranormaux », autrement dit des créatures surnaturelles qui vivent aux côtés des humains. Un thème classique du fantastique mais toujours agréable, l’intérêt résidant dans les personnages et ceux-ci sont, à nouveau, bien brossés et attachant. Nous avons ainsi Sean, le jeune adolescent : la nouvelle recrue de l’agence, amoureux de Célia, la gitane tireuse de cartes. N’oublions pas Joe, l’Indien musclé capable de donner un coup de main si nécessaire. Et Mr Pendegarst, ici peu présent, le responsable de l’équipe. La troupe se retrouve dans le Wyoming à la fin du XIXème siècle et, forcément, les conventions du western sont bien présentes, pour la plus grande joie des petits et des grands. Le lecteur assiste à un voyage par le « Cheval de fer », explore une ville minière et rencontre un Baron teuton à l’accent à couper au couteau décidé à ajouter le Big Foot à son tableau de chasse (et accessoirement Célia),… Au fil des péripéties et après la rencontre avec des créatures fameuses du bestiaire fantastique, nos amis commencent à questionner leurs agissements. Ils se demandent par exemple si traquer et tuer (ou enfermer à vie) des « paranormaux » constitue vraiment une bonne action. Qui décide des « bons » et des « méchants » ? Leur confrontation avec le Big Foot, finalement inoffensif, et des lycanthropes qui souhaitent simplement vivre en paix, les amènent à se poser diverses questions et à réévaluer leurs certitudes. Un questionnement qui s’oppose aux visées du chasseur allemand dont l’unique objectif reste d’abattre le « Grands Pieds ».

Comme toujours, Christophe Lambert offre un roman bien mené, divertissant, saupoudré de quelques considérations poussant le lecteur à la réflexion mais sans la moindre pesanteur. L’aventure et le dépaysement demeurent l’essentiel et les 160 pages se dévorent d’une traite. Si le livre peut se lire dès 9 ans il saura plaire aux plus âgés et même aux adultes par la pertinence de ses thèmes, les références aux classiques du western et l’efficacité de la narration. Enfin, mentionnons des illustrations plaisantes qui agrémentent joliment les pages. Une nouvelle réussite pour l’auteur !

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Aventures, #Christophe Lambert, #Fantastique, #Historique, #Jeunesse, #Western

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Publié le 11 Janvier 2022

A LA POINTE DE L'EPEE d'Ellen Kushner

Catalogué dans la « Fantasy », ce roman s’ancre surtout dans le domaine du « cape et épée ». Si le cadre relève de l’imaginaire, il pourrait en effet se situer dans une quelconque nation européenne existante. Richard Saint-Vière, un célèbre épéiste, gagne sa vie comme mercenaire : il vend ses talents au plus offrant et se charge de tuer ses adversaires en duel. Cependant, dans cette époque troublée où les intrigues se multiplient entre factions rivales, Richard aura fort affaire pour rester vivant et protéger son compagnon, l’étudiant fauché Alec, toujours prompt à s’attirer des ennuis.

Entre romance (gay), mélodrame, cape et épée, aventure et une touche de fantasy, A LA POINTE DE L’EPEE semble prometteur et les critiques se montrent, dans l’ensemble dithyrambique. Et, en effet, le début captive par une écriture talentueuse, accrocheuse, précise et ciselée. Hélas, il y a un « mais » : le roman, malheureusement, n’est pas exempt de défauts. Or, les critiques laudatives reçues donnent au lecteur des attentes très élevées. Trop sans doute. Car, en premier lieu, l’ensemble parait bien longuet. L’intrigue, minimale, se perd ainsi dans des circonvolutions « politiques » avec des rivalités entre nobles rivaux qui occupent une (trop) large portion des conséquentes 400 pages du bouquin. La relation entre les deux principaux protagonistes est heureusement réussie, vivante et crédible, ce qui permet de maintenir un minimum d’intérêt. Mais le cadre est beaucoup moins intéressant. On apprécie donc la romance développée entre ce maitre d’épée légendaire et ce petit jeune impulsif qui semble attirer les ennuis par son comportement puéril.

Hélas, ça ne suffit pas à passionner sur la (trop longue) distance. Pourquoi d’ailleurs ce choix d’un cadre « fantasy » qui, au final, n’apporte rien ? Quel intérêt à situer son intrigue dans un monde imaginaire si ce-dernier sert simplement de décor sans jamais être réellement exploré. D’ailleurs, A LA POINTE DE L’EPEE ne relève pas de la Fantasy a proprement parlé, le lecteur n’y retrouvant aucune des conventions habituelles. Le roman prend simplement place dans une période post-Moyenâgeuse alternative, une Renaissance différente où s’appliquent des règles complexes d’affrontements organisés sous forme de duels entre champions de l’épée. Mais l’autrice n’approfondit guère cet univers et ne livre que des informations éparses sur le fonctionnement de ces combats. Pourquoi, alors, n’avoir pas opté pour le roman historique pur et dur ? Au moins le lecteur aurait appris sa leçon de manière ludique, à la manière de l’excellent film de Ridley Scott « Les duellistes ».

Apparemment la mention « livre d’Histoire » effraie tandis que l’étiquette Fantasy attire. Ce ne serait pas dramatique si A LA POINTE DE L’EPEE ne manquait cruellement de palpitant. Bref, en dépit de quelques (indéniables) qualité comme la relation entre les deux héros et l’écriture soignée, ce roman (trop) attendu déçoit.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Aventures, #Fantasy, #Historique, #LGBT

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Publié le 1 Décembre 2021

SERPENT de Paul Kemprecos & Clive Cussler

Paul Kemprecos lance, avec SERPENT, une nouvelle série dérivée de l’univers développé par Clive Cussler dans ses romans consacrés à la Numa. Il introduit ici un nouveau héros, Kurt Austin, lequel sauve une archéologue, Nina, attaquée au large du Maroc par de mystérieux individus. Une enquête détermine qu’elle n’est pas la seule membre d’une équipe archéologique à avoir été attaquée après une découverte. Mais quelle découverte est assez dangereuse pour justifier ces attentats ? La réponse ne se trouve-t’elle pas au fond des eaux, dans l’épave du paquebot italien Andrea Doria ?

Né en 1939, Kemprecos écrit des thrillers et des romans d’aventures (la plupart non traduits) depuis le début des années ’90. En 1999 il rédige, sous la houlette bienveillante de Cussler, le premier bouquin des « Dossiers de la Numa ». Kemprecos écrira les huit premiers avant de laisser la place à Graham Brown. Une autre série dérivée, centrée sur Juan Cabrillo et son navire l’Oregon sera lancée début des années 2000.

Kurt Austin n’est guère différent de Dirk Pitt : séducteur, collectionneur d’armes anciennes, courageux et patriote, il vit dans un hangar à bateau et se tient prêt, lorsque le monde est menacé, à partir en guerre contre les génies du mal et autres cinglés mégalomanes. Bref, toujours le même héros inflexible, entre James Bond, Indiana Jones et les super-aventuriers du pulp (Bob Morane et autres). Le principe à l’œuvre dans les « Pitt » se retrouve ici : l’auteur part d’un événement maritime authentique (ici le naufrage de l’Andrea Doria) et brode une intrigue mêlant aventures, techno-thriller et histoire, donnant à son lecteur un paquet d’informations sur les expéditions de Christophe Colomb. Tout comme Dan Brown (ce n’est pas un gros mot !), l’équipe de Cussler interpénètre faits réels, événements historiques, rumeurs et légendes pour aboutir à un bouquin rondement mené qui parvient à remplir à merveille sa mission de divertissement. On regrette toutefois une fin un peu expédiée qui se conforme à tous les clichés du genre (on n’échappe pas au méchant mégalo très satisfait de longuement exposé son plan plutôt que supprimer nos héros) et manque un peu de l’ampleur apocalyptique d’autres « Cussler » comme CYCLOPE ou RAZ DE MAREE.

Alors pour le fan de Cussler, SERPENT peut sembler très classique (son intrigue « bondienne » parait avoir déjà servi pour de nombreux romans de l’auteur) mais les chapitres courts et façonnés sur le mode du page-turner, à la manière des antiques serials (révélations, suspense et cliffhangers de rigueur) rend le tout distrayant. Pas le meilleur livre signé (hum) Cussler mais un bon départ pour les aventures maritimes de Kurt Austin.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Aventures, #Historique, #Technothriller

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Publié le 15 Octobre 2021

MORIARTY, TOME 9 de Ryosuke Takeuchi

Et revoilà la famille Moriarty au grand complet, prête pour de nouvelles aventures dans lesquelles, cette fois, n’intervient pas Sherlock. Après s’être occupé de l’affaire Jack l’Eventreur et avoir engagé Irène Adler (rebaptisée pour l’occasion…James Bond !), nos frères organisent un thé, prétexte à un épisode amusant où ils seront courtisés par toutes les célibataires entreprenantes de la région. Un chapitre très léger mais plaisant avant le retour aux affaires sérieuses grâce à Milverton, lequel s’était signalé brièvement à la fin de l’affaire sur Jack. Ici, le voici bien décidé à percer l’énigme du « prince du crime ». Voici le prétexte à une histoire en deux chapitres sur l’enfance des Moriarty. James et William sont à l’orphelinat mais imagine déjà les grandes lignes de leur projet de lutte contre la noblesse pourrie d’Angleterre. Nous aurons droit à un étrange procès basé sur le principe du Marchand de Venice, un récit quelque peu décalé et forcément théâtral avec intervention d’avocat, plaidoiries et objections ! L’intrigue est ingénieuse, les rebondissements nombreux, c’est bien ficelé, référencé sans sombrer (comme cette série le fait parfois un peu trop, surtout dans les derniers volumes) dans le fan-service à base de citations quasi parodiques.

Le dernier épisode annonce la suite en présentant un « chevalier blanc », un député soucieux d’égalité qui va croiser les Moriarty et Milverton. Est-il sincère ? Va-t-il s’en sortir ? Il faudra attendre le tome 10 pour la conclusion de cet arc intéressant.

A la fois respectueux et innovant, n’hésitant pas à opérer un mix de mythologie proche des traditions du steampunk (c’est la bonne époque alors on ne dira rien), MORIARTY constitue jusqu’ici une saga fort appréciable qui a, certes, connu des hauts et des bas mais, demeure, dans l’ensemble divertissante et efficace. Agréable, futé et bien charpenté, ce tome donne encore envie de prolonger l’aventure.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Historique, #Policier, #Sherlock Holmes, #Manga

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Publié le 13 Octobre 2021

ELEMENTAIRE MON CHER CONAN DOYLE

Quatre nouvelles, tirées et traduites d’une imposante anthologie anglo-saxonne consacrée aux pastiches, épigones et autres apocryphes du « canon » (THE BIG BOOK OF SHERLOCK HOLMES STORIES). La première est particulière puisque signée de Conan Doyle en personne. Elle revient sur les capacités de déductions exceptionnelles de Sherlock et la manière dont « Watson comprit le truc », autrement dit comment il tente de singer la fameuse méthode du détective. Une petite récréation, très courte, qui démontre surtout que Conan Doyle avait bien le droit de se moquer gentiment de ses personnages. D’autres le firent de manière moins réussie.

Leslie S. Kinger (un spécialiste de Sherlock) propose ensuite une bizarre « affaire de la caisse en bois » au sujet d’un bras tranché retrouvé… dans une caisse de bois (d’où le titre !). Holmes résoudra évidemment cette énigme surprenante sur fond de cannibalisme. Bien emballé et dans l’ensemble efficace et prenant, quoique le lecteur devine assez rapidement où l’auteur veut en venir.

Avec Barry Day et son « affaire du curieux canari », nous suivons le détective dans ses déductions afin de résoudre un étrange meurtre en chambre close assez joliment orchestré. L’auteur a écrit cinq autres romans pastiches dédiés à Holmes. L’histoire est habile, bien charpentée, la résolution quelque peu attendue (l’auteur ne triche pas avec le lecteur) et en dépit d’explications un rien bavarde bien menée. Cela se suit donc avec plaisir.

La dernière nouvelle (« L’énigme de la main invisible ») se montre la plus originale, la plus documentée et sans doute la plus passionnante, elle capture excellement l’ambiance des récits de Conan Doyle en confrontant Sherlock à Bertillon. Français pionnier de la police scientifique et de la rigueur dans les enquêtes, Bertillon s’oppose néanmoins à Sherlock au sujet des empreintes digitales, qu’il juge inutile pour découvrir un coupable. Le récit s’épanouit sur plusieurs années et permet au détective consultant d’œuvrer à l’innocence de Dreyfuss et même à résoudre l’énigme de l’assassinat du président français Félix Faure. Une longue nouvelle qui justifie à elle-seule la lecture de ce recueil de qualité. Une lecture rapide, fun et érudite qui plaira aux amateurs du détective.

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Publié le 29 Septembre 2021

LES TAMBOURS DU DIEU NOIR de Phenderson Djèlí Clark

Phenderson Djèlí Clark nouveau venu dans le domaine du fantastique, est un historien et professeur américain qui débute en littérature en 2011, publiant sa première nouvelle majeure, « L’étrange affaire du djinn du Caire » en 2016. On la retrouve dans ce recueil qui se compose également d’une novella, « les tambours du dieu noir ».

« Les tambours du dieu noir » se situe à la Nouvelle-Orléans, peu avant les célébrations du Mardi Gras, dans une Amérique dévastée par une guerre de Sécession interminable. La Nouvelle-Orléans, devenu territoire libre, abrite une arme magique mystérieuse, les fameux tambours divins, qui attisent les convoitisent de nombreux malandrins. La jeune voleuse adolescente Jacqueline LaVrille, aidée d’une capitaine pirate lesbienne, tentent de découvrir l’arme en question et se plongent dans une suite de complots et trahisons tandis qu’une apocalypse menace de détruire la cité. Voici un court roman enlevé et bien rythmé, dont on regrettera simplement une conclusion un rien hâtive. L’auteur aurait facilement pu développer sur quelques dizaines de pages supplémentaires son univers sans donner l’impression de tirer à la ligne. Quoiqu’il en soit, ce mélange de fantasy urbaine, de fantastique classique et d’uchronie dans un esprit steampunk reste très agréable à lire. On mettra quand même une réserve sur la traduction très « petit nègre » du parler créole, laquelle se montre parfois un peu pénible.

« L’étrange affaire du djinn du Caire » se révèle au moins aussi réussi avec son mélange d’enquête surnaturelle, de fantasy, d’uchronie et de fantastique oriental. Nous sommes en 1912, au Caire. Des êtres surnaturels se sont imposés, chassant l’Anglais et vivant en compagnie des humains. Djinn, Efrit, Anges,… Une jeune femme, membre du Ministère de l’Alchimie, des Enchantements et des Entités surnaturelles, mène une investigation suite à la mort d’un Djinn, être normalement immortel qui se serait peut-être suicidé. Exploration d’un univers uchronique avec quelques touches Hellboy / Lovecraft dans cette confrontation entre des spécialistes du surnaturel et des créatures extra-dimensionnelles, le récit est conduit par une jeune femme habillée à l’occidentale devant faire face à l’hostilité des hommes musulmans qui doutent de ses compétences.

Deux textes efficaces, classiques dans leur thème mais originaux de part la nature de leurs protagoniste principaux et l’univers développé, en particulier dans la seconde novella qui explore un merveilleux très « mille et une nuits » convaincant. Conseillé !

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