historique

Publié le 27 Mai 2020

RIO DIABLO de Christophe Lambert

Sous le haut-patronage de ses maitres et modèles (« Rio Bravo » de Hawks, « La nuit des morts vivants » de Romero et « Assaut » de Carpenter), voici un réjouissant mélange de western et de fantastique horrifique. On pense également à l’excellent et plus méconnu « Quand les tambours s’arrêteront » avec ses attaques d’Indiens quasi surnaturelles.

Enquêteur fédéral, Martin Pawley débarque dans le territoire des Indiens Chiricahua pour s’entretenir avec le shaman Tu-Tanka au sujet d’événements mystérieux s’étant récemment déroulés dans la région. Pawley et Tu-Tanka partent donc vers le pays des Blancs mais, sur le chemin, effectuent une courte halte dans le petit bourg de Rio Diablo. Malheureusement, une dispute dégénère et le duo se retrouve emprisonné aux côtés d’un pilleur de banque surnommé Dynamite Jack. Le sorcier indien utilise alors ses pouvoirs pour quitter la prison mais l’opération réveille surtout les morts du cimetière local qui s’en viennent prendre d’assaut le village.

Roman d’horreur destiné aux adolescents mais appréciable pour les adultes, RIO DIABLO constitue le second hommage de l’auteur au western après SOUVIENS TOI D’ALAMO qui mêlait les conventions du genre à celle de la science-fiction. Ici, en 2005, il revisite le « film de siège » et le transforme en un savoureux cocktail de roman western et d’épouvante avant que les zombies ne deviennent à la mode et ne supplantent les vampires comme « personnages » cultes du fantastique.

On repère les clins d’œil aux classiques du genre, comme le scorpion dévoré par les fourmis de la « Horde sauvage », quelques ajouts renvoyant au steampunk (la montgolfière que le savant farfelu souhaite équiper d’un gouvernail pour la transformer en dirigeable) et on imagine très bien les trognes d’une poignée d’acteurs mal rasés (Américains ou Italiens) se démener dans ce bled cerné de morts-vivants. Si les Italiens avaient encore une industrie cinématographique digne de ce nom ils se seraient surement précipités sur le bouquin pour l’adapter…Tant pis, on se contentera de rêver à ce qu’aurait donné à l’écran cette aventure échevelée et sans temps morts. Un fort bon moment à savourer dès 12 ans.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Christophe Lambert, #Fantastique, #Historique, #Horreur, #Jeunesse, #Western

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Publié le 14 Mai 2020

LA TORCHE ARDENTE de Paul Doherty (Paul Harding)

Nouvelle enquête pour le débrouillard et humanistes Frère Athelsan, toujours accompagné de l’emporté et colérique John Cranston, coroner de Londres. Nous sommes ici au début de l’année 1381, par un très froid hiver. L’augmentation des impôts, ordonné par le Régent Jean de Gand, entraine de plus en plus de mécontentement et chacun anticipe une révolte sanglante. Ainsi, dans la taverne de la Torche Ardente, des collecteurs d’impôts sont assassinés de manière incompréhensible : les gardes sont morts mystérieusement et ceux qui s’étaient réfugiés dans une pièce close y ont péri de façon encore plus inexplicable. Un tueur justicier inspiré par Beowulf est-il l’auteur du massacre ?

Pour leur treizième enquête, Athelsan et Cranston sont confrontés à une énigme des plus retorses et un nombre particulièrement élevé d’assassinats (une douzaine !) dont beaucoup difficilement explicables. Absence de témoin et chambres closes sont au programme, ces dernières se révélant assez classiques (des variations sur des procédés bien connus des amateurs) mais bien menées avec suffisamment de misdirection pour égarer le lecteur…lequel pourrait cependant deviner l’identité de l’assassin avec un minimum de réflexion. Toutefois, ce n’est pas le seul intérêt d’un bouquin qui nous emmène au cœur du XIVème siècle anglais, période évidemment peu connue, que l’on découvre de manière très (peut-être trop ?) approfondie avec ses coutumes, ses mœurs, ses modes de vie, sa cuisine même,…Bref, Doherty se la joue historien et le contexte ne constitue pas une simple toile de fond, nous avons davantage affaire à un roman historique complexe et détaillé (avec des machinations politiques et d’espionnages emberlificotée) auquel s’ajoute une enquête policière qu’un « simple » polar historique. La nuance est importante, d’autant que si le roman se lit assez facilement, le style qui use d’un vocable moyenâgeux et désuet, associé à un monde peu connu (Londres en 1381 n’étant pas enseigné à l’école !) nécessite toutefois une attention soutenue pour ne pas se perdre dans la multiplicité des personnages et leurs relations troubles. Les explications finales, nécessaires à résoudre les nombreux mystères, prennent cependant près de 70 pages afin de démêler une situation apparemment inextricable.

En résumé une lecteur instructive et plaisante dans la lignée des précédents romans de Doherty.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Historique, #Impossible Crime, #Meurtre en chambre close, #Policier

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Publié le 29 Avril 2020

LE VINGT-SIXIEME ROUND de Peter Lovesey

Deuxième enquête du sergent Cribb et deuxième roman pour Peter Lovesey, toujours dans la veine du policier historique « sportif ». Après les courses d’endurance de LA COURSE OU LA VIE, l’auteur nous emmène dans le milieu des pugilistes, autrement dit la boxe à poings nus. Notre détective, après avoir repêché un cadavre décapité bien bâti, se lance dans une enquête dans le cercle fermé des combats « sans gant », interdits depuis une vingtaine d’années en cette fin du XIXème siècle mais toujours prisés des amateurs qui n’hésitent pas à parier des fortunes sur ces lutteurs s’en prenant plein la gueule. Motivé par les dernières méthodes de la police française, Cribb envoie un de ses hommes, le champion de boxe Jago, en infiltration dans ce milieu étrange. Jago tombe sous la coupe et pratiquement sous le charme de l’organisatrice des combats clandestins qui se propose de le faire combattre contre un colosse noir surnommé l’Homme d’ébène.

Si le premier livre consacré à Cribb mélangé avec bonheur intrigue policière, whodunit, description des mœurs victoriennes et approfondissement d’un cercle sportif peu connu et dangereux, ce deuxième volet s’avère quelque peu différent. L’intrigue policière initiale sert surtout de prétexte à l’exploration de l’univers des combats à poings nus, ce qui reste intéressant bien que l’énigme soit reléguée à la portion congrue. A la page 125 (sur 156), Lovesey offre au lecteur un nouveau meurtre avec un petit whodunit classique mais franchement trop vite expédié pour convaincre, à croire qu’il s’agissait d’un passage obligé pour justifier ce qui demeure, essentiellement, un roman sur le sport (même illégal), avec également ses passages obligés comme ce match « truqué » devant rapporter un paquet d’argent à ses organisateurs.

Néanmoins, l’ensemble reste divertissant par son côté historique et ses aspects étonnants comme ces hordes d’amateurs de boxe illégale se rendant en masse à un combat clandestin pour assister à un interminable combat prévu en…26 rounds. Bref, un bouquin historico-sportif agréable mais un roman policier un brin décevant, à lire malgré tout pour les amateurs de Lovesey.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Historique, #Policier, #Roman court (novella)

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Publié le 17 Avril 2020

LA COURSE OU LA VIE de Peter Lovesey

Enseignant anglais, Peter Lovesey écrit ce premier roman pour un concours de livre policier, remportant d’ailleurs le premier prix. Il y invente un de ses personnages récurrents, le sergent Cribb, enquêteur à l’époque victorienne qui reviendra dans sept autres récits et sera adapté à la télévision britannique dans les années 80. Il écrira de nombreux autres « policiers » qui, tous, ressortent du whodunit traditionnel inspiré par le « golden age » du roman d’énigme. Lovesey va récolter, durant sa carrière, la quasi-totalité des distinctions « policières » : Silver Dagger (3 fois), Gold Dagger, Grand prix de littérature policière, Prix du roman d’aventures, etc. En 2018, il est intronisé Grand Master par la Mystery Writers of America.

LA COURSE OU LA VIE se déroule en 1879 dans le monde particuliers des courses d’endurances durant lesquelles les athlètes doivent courir durant six jours, quasiment jusqu’à l’épuisement, pour le plaisir des parieurs. On achève bien les chevaux, pourquoi pas les coureurs, se dit le sergent Cribb lorsque le favori meurt subitement. Accident ? Meurtre, évidemment. Le brave Cribb va dès lors enquêter dans le panier de crabes des coureurs professionnels, entre ringards rêvant de gloire, noble qui courent sur une piste réservée pour ne pas se mêler à la plèbe et, bien sûr, femme fatale délaissée par un sportif trop occupé à s’entrainer.

Le récit, très court (128 pages), égrène les six jours de la compétition pour multiplier fausses pistes, meurtres et faux semblants jusqu’à l’inévitable dénouement au cours duquel Cribb démasque le coupable. Bref, un whodunit de très bonne cuvée qui à le mérite de ne souffrir d’aucune longueurs et de se dérouler dans un milieu très particuliers (et authentique !), celui des courses d’endurance. Lancées dans années 1870 (avec des championnats du monde en 1879), les « courses de six jours » tombèrent en disgrâce dès 1890, remplacées par les courses cyclistes, avant qu’elles ne soient relancées un siècle plus tard. Un roman policier instructif, amusant et fort bien mené, avec un mystère solide, une très bonne entrée en matière pour Lovesey qui s’imposa rapidement comme un des maitres du whodunit.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Historique, #Policier, #Roman court (novella), #Whodunit

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Publié le 17 Janvier 2020

LE DETECTION CLUB de Jean Harambat

Le Detection Club est un authentique club anglais réunissant les principaux auteurs de romans policiers du Golden Age (club qui existe d’ailleurs toujours aujourd’hui). Or, voici que ses membres sont invités par le richissime Roderick Ghyll à une étonnante démonstration, dans sa vaste villa sur une île, d’un automate capable à coup sûr de deviner l’auteur d’un crime. De quoi mettre les membres du Detection Club dans l’embarras, si ce n’est au chômage. Mais Ghyll est assassiné dans sa chambre forcément close…Agatha Christie, Chesterton, Dorothy Sayers, John Dickson Carr et les autres vont devoir mettre leurs capacités de déduction à l’épreuve dans la vraie vie.

Dans cette bande dessinée, Chesterton et Christie sont évidemment les personnages principaux, à tel point que les autres romanciers du Club s’en trouvent réduits au statut d’acolytes ou de faire-valoir, John Dickson Carr restant le plus intéressant avec son obsession des cartes et autres plans. Les piques entre les différents romanciers, qui semblent se jalouser gentiment, fonctionnent plaisamment, l’auteur multipliant les remarques acides et autres vacheries des uns et des autres.

Le mystère, pour sa part, s’avère très classique, sorte de variation sur les DIX PETITS NEGRES agrémenté d’un meurtre en chambre close à la Carr. La présence d’un automate aux étonnantes capacités (il peut, notamment, deviner le coupable de tous les romans policiers au simple énoncé des faits) rend le tout un peu original et élève la BD au-delà du simple pastiche. L’explication, fantaisiste, reste toutefois cohérente et satisfaisante, terminant le récit sur une note positive. Dommage que le trait soit assez simple et échoue à retrouver l’ambiance coutumière des romans mystères de cette époque.

Dans l’ensemble ce roman graphique n’en reste pas moins agréable, sans être exceptionnel il permet de passer un bon moment avec une énigme sympathique, des références bien amenées et un humour efficace.

LE DETECTION CLUB de Jean Harambat

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Publié le 16 Janvier 2020

LE PROCES DE LA SORCIERE de Robert McCammon

Robert McCammon fut jadis un des principaux pourvoyeurs des collections « Terreur » et « J’ai lu épouvante » (MARIE TERREUR, L’HEURE DU LOUP, etc.), recevant notamment trois fois le prestigieux Prix Bram Stoker. Après LE MYSTERE DU LAC, considéré par beaucoup comme son chef d’œuvre, McCammon fit une pause de dix ans avant de revenir aux affaires avec le diptyque « le chant de l’oiseau de nuit », écrit en 2002 et traduit en 2008. Depuis McCammon a publié cinq autres romans mais aucun ne furent traduit en français.

Première partie de ce « chant de l’oiseau de nuit », LE PROCES DE LA SORCIERE a été décrit comme la rencontre de « Sleepy Hollow » et du « Nom de la Rose ». Il s’agit, comme le titre l’indique, d’un roman de procès, un « procedural » comme disent les Américains. Sauf que l’action se déroule à l’approche de l’an 1700 (qui comme toutes les fins de siècle annoncent, pour certain, l’Apocalypse), dans un village du Nouveaux Monde, Fount Royal. Rachel, une métisse trop belle pour sa propre sécurité, se voit accusée par les villageois de faire commerce avec Satan et d’avoir tué son mari ainsi que le révérend. Un juge, Isaac Woodward, est chargé d’un procès dont l’issue ne fait pas le moindre doute. Pourtant, son clerc, le jeune Matthews, croit à l’innocence de Rachel et va s’employer à la démontrer…quitte à fouiller un peu trop dans les secrets de la petite ville.

Epais roman, LE PROCES DE LA SORCIERE se prolonge avec LE VISAGE DU MAL, les deux livres constituant une seule histoire. Autrement dit, c’est du costaud, pratiquement mille pages au total, pour une enquête dans la droite ligne des « polars historiques ». Le fantastique y est discret. Est-il présent ou pas ? Le lecteur l’ignore à l’issue de ce premier tome. Rachel est-elle une sorcière ? Sans doute pas mais l’auteur laisse penser qu’un véritable sorcier (ou sorcière) se cache dans le village. Sinon comment expliquez certains événements ? Rationnel ou fantastique…la réponse (peut-être) dans le tome 2. Sinon McCammon a toujours un style bien huilé, il sait poser son ambiance, ne lésine pas sur les détails scabreux qui devaient être monnaie courante dans ce genre de patelin (adultère, commérage, trafic de relique et même zoophilie, l’inceste aussi sans doute). Tout ce côté historique, bien documenté, est fascinant. Cela dit il faut avouer que le roman comporte quelques longueurs préjudiciables. On aimerait, parfois, un peu plus de nervosité, davantage de retournements de situation dans cette enquête que seul le jeune Matthew semble vouloir faire aboutir. Près de 500 pages sans avoir véritablement avancé peut sembler décourageant…Mais, dans l’ensemble, le livre se lit agréablement et les derniers chapitres voient (enfin) une montée de la tension (et donc de l’attention du lecteur) qui encourage à lire rapidement la suite afin de recevoir (on l’espère !) les réponses aux nombreuses questions posées par cette longue (mais agréable) entrée en matière.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Fantastique, #Policier, #Historique

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Publié le 10 Janvier 2020

ROSEE DE FEU de Xavier Mauméjean

Etrange roman que ce ROSEE DE FEU, écrit par un Mauméjean féru d’histoire. Le romancier s’attaque ici à la guerre du pacifique et décrit les défaites successives des Japonais après leurs premières victoires, notamment à Pearl Harbour. Les Nippons ont alors recours aux kamikazes, ces fameux pilotes lancés dans des missions suicides pour tenter de couler les navires américains.

Xavier Mauméjean aurait pu tirer de cette fascinante histoire un roman historique « de guerre » traditionnel sur le sens du sacrificie mais il a choisi une approche différente. Le romancier livre, en effet, une étrange uchronie et remplace les avions japonais par des dragons. Ce sera, étrangement, le seul élément fantasy introduit dans l’histoire (ou l’Histoire), d’ailleurs assez peu développé quoique l’auteur s’attarde sur le lien qui unit les créatures à leur pilote, un peu à la manière de la BALLADE DE PERN. On aurait aimé davantage de divergence entre cette Histoire et la notre suite à la présence des dragons mais, dans l’ensemble, il n’y a pas d’altérations majeures.

Au-delà de cet aspect fantastique, beaucoup de faits historiques sont donc présents et peu (ou pas) romancés, certains connus, d’autres nettement moins. Le livre revient ainsi sur l’anecdote du soldat ne sachant pas que la guerre est terminée depuis des décennies. Mauméjean décrit aussi le massacre de Nankin (immortalisé au cinéma dans « City of life and death » mais aussi dans le très déviant « Black Sun »), les exactions de la fameuse Unité 731 (vue dans les films d’exploitations « Men behind the sun »), la création des kamikazes, etc. Les grandes figures historiques de l’époque répondent également présentes à côté de personnages fictifs, ROSEE DE FEU suivant les points de vue de trois protagonistes principaux : un jeune soldat idéaliste qui découvre la guerre dans toute sa violence, son jeune frère, resté au pays et plein d’admiration pour lui et, enfin, un gradé qui lance le projet kamikaze. Ils représentent, comme nous le dit l’auteur dans la postface, les trois éléments (terre, air, feu), rejoints par le quatrième (l’eau) à la toute fin du roman, en signe d’harmonie retrouvée.

L’inclusion des éléments fantasy dans ROSEE DE FEU produit, au final, une impression étrange. D’un côté le lecteur peut les trouver superflus. De l’autre, il peut aussi avouer que sans la présence de dragons sur la magnifique couverture il serait passé à côté d’un roman historique instructif et réussi. A découvrir en sachant à quoi s’attendre…

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Aventures, #Fantasy, #Historique, #science-fiction, #Uchronie

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Publié le 17 Décembre 2019

L'ENTERREMENT DES RATS de Bram Stoker

Avec ce petit recueil à « pas cher », voici l’occasion de découvrir un auteur souvent résumé à son seul DRACULA.

La première nouvelle, qui donne son titre au recueil, suit un Anglais de passage à Paris en 1950. Il quitte les voies balisées et s’enfonce dans le quartier de Montrouge, peuplé d’une foule de chiffonniers façon cours des miracles. Notre touriste de la misère espère entendre des récits de la Révolution mais il tombe dans un piège et sur une bande de détrousseurs qui balancent les corps de leurs victimes aux rats. Une nouvelle à l’intrigue certes rudimentaires (une course poursuite dans les rues parisiennes les plus crasseuses entre un Anglais nantis et une horde de loqueteux assassins) mais à l’ambiance fort bien rendue avec cette horde de monstrueux miséreux plus agressifs qu’une meute de morts vivants. Très sympa.

« Une prophétie de bohémienne » traite donc, on s’en doute, de l’annonce faite par une bohémienne à un homme : il va tuer sa femme. C’est un court récit où le fantastique se réduit à cette clairvoyance et qui se veut surtout humoristique. Ca se lit, ça s’oublie mais ce n’est pas désagréable.

« Les sables de Crooken” joue aussi la carte de l’humour mais plus subtilement. Le récit rappelle un peu le point de départ du récent film “Le daim” avec cet Anglais suffisant qui, parti en Ecosse, veut absolument porter le magnifique costume traditionnel. Sauf qu’il se rend ridicule mais, par vanité, continue de le porter en dépit des moqueries. Une histoire de double (doppelganger), de fantôme et de malédiction planant sur des sables mouvants ajoute un élément fantastique à ce récit.

La dernière nouvelle, « Le secret de l’or qui croit » emprunte beaucoup à Poe mais annonce également d’innombrables récits ultérieurs (pensons simplement aux comics façon TALES FROM THE CRYPT) avec ses cheveux d’une jeune femme assassinée sortant des murs du salon où son amant l’a dissimulée.

Dans l’ensemble, ce petit recueil permet de découvrir Stoker, écrivain très connu grâce à DRACULA mais dont la popularité du Seigneur de la Nuit a aujourd’hui totalement occulté le reste de l’œuvre. Or on apprécie ces nouvelles agréables, bien écrites, au style joliment recherché mais facile d’accès et pas du tout vieillot. Plaisant.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Fantastique, #Historique, #Horreur, #Recueil de nouvelles

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Publié le 20 Novembre 2019

LES AVENTURIERS DU NIL de Christophe Lambert

1798. Les Français débarque en Egypte sous le commandement de El Kebir, autrement dit Bonaparte. Un jeune Egyptien, Omar, espère pouvoir approcher le plus grand conquérant depuis Alexandre. Il va rencontrer Hubert de Saint Vincent, un scientifique membre de l’expédition accompagnant l’armée française. Devenus amis, les deux hommes vont tenter de parvenir, avant les Anglais, au trésor enfoui d’Alexandre le Grand et ainsi empêcher les Britanniques de financer la guerre.  

Lecture plutôt orientée « jeunesse » (dès 10 ans à mon avis) mais parfaitement appréciable par les plus âges, LES AVENTURIERS DU NIL bénéficie d’un décor très original, celui de la campagne égyptienne de Napoléon. Christophe Lambert creuse donc le contexte historique d’une période post révolutionnaire troublée à travers les yeux d’un adolescent égyptien admiratif de Napoléon mais dont l’opinion à l’égard du « grand homme » sera modifiée par la réalité des massacres. Entre l’idolâtrie vouée au glorieux conquérant et la tuerie finale d’innombrables prisonniers dont Napoléon ne veut pas s’encombrer, Omar aura surtout vécu une grande aventure à une époque de découvertes scientifiques : utilisation des montgolfière, recherche d’un trésor légendaire (le final nous dire de quoi il s’agit), capture et évasion, combat, complot, trahison,…Il y a dans ce roman le parfum de l’aventure avec (au choix) un peu de Tintin, de Bob Morane ou d’Indiana Jones dans ce périple au cœur du désert. Très rythmé, LES AVENTURIERS DU NIL se lit d’une traite en une soirée et le seul reproche réside dans le côté parfois « à 100 à l’heure » du récit. Si les plus jeunes apprécieront la rapidité du voyage, les plus âgés pourront regretter que l’auteur n’ai pu davantage développer ses protagonistes et son background car le cadre est passionnant, comme en témoigne les quelques notes explicatives placées en fin de volume. Quoiqu’il en soit voici un excellent divertissement dépaysant à souhait.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Aventures, #Historique, #Jeunesse

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Publié le 8 Septembre 2019

AU FIL DU TEMPS de George R.R. Martin

Enième recueil de nouvelles de George R.R. Martin, celui-ci comprend sept textes dont quatre figurent au sommaire du monumental R.R.RETROSPECTIVE : « la forteresse », « Et la mort est son héritage », « variantes douteuses » et « assiégés ». On retrouve également « Week-end en zone de guerre » dans un recueil ultérieur, publié en 2018, NIGHTFLYERS ET AUTRES RECITS.

Les textes les plus intéressants pour le fan sont donc « Une affaire périphérique » et « Vaisseau de guerre » puisqu’il fallait, pour les lire, se plonger dans deux n° de « Fiction » paru au début des années ’80. Autant dire que cette republication tombe à pic pour les amateurs de Martin.

« Une affaire périphérique », écrite en 1971 dans le but de donner lieu à une série de nouvelles (seule une deuxième sera finalement écrite) raconte le réchauffement des hostilités entre la Terre et les KwanDelliens après une paix de 50 ans. Mais ce qui paraissait au départ une attaque des KwanDelliens envers un vaisseau d’exploration terrien va rapidement prendre une tournure plus étrange.

Nous sommes en plein space opéra à l’ancienne, le genre de nouvelles qui valut à Martin sa réputation d’auteur néo-classique pas vraiment en phase avec les bouleversements post-soixante-huitard de la new wave. Une nouvelle distrayante assortie d’une petite énigme (comment prouver qu’un Terrien s’est emparé d’un vaisseau spatial pour son propre usage ?) résolue dans les dernières lignes de manière humoristique. Un demi-siècle plus tard, la prose de Martin reste bien plus plaisante et lisible qu’une bonne partie de la SF « new wave » précitée, y compris dans ce texte pourtant mineur.

Quarante-deux ! Quarante -deux c’est quoi à part la réponse à la question ultime ? C’est le nombre de refus cumulés pour « Vaisseaux de guerre » avant son acceptation…comme quoi il faut parfois persévérer quoiqu’il s’agisse d’une nouvelle assez moyenne.

« Variantes douteuses » est le texte le plus long, quasiment un roman court (oui la phrase semble paradoxale). Une des passions de Martin a toujours été les échecs et il souhaitait publier une anthologie sur le sujet. Il contacta divers auteurs dont Fred Saberhagen, lequel avait eu la même idée…Finalement Martin écrira pour son collègue cette novella incluse dans le recueil « Pawn to Infinity ».

Le recueil se clôt sur « Assiégés », une véritable curiosité puisqu’il s’agit d’une nouvelle version, entièrement réécrite quinze ans plus tard et sous forme science-fictionnelle de la nouvelle historique « Forteresse ». Un cas sans doute pas unique mais cependant suffisamment rare pour mériter le coup d’œil d’autan qu’AU FIL DU TEMPS (le titre est donc bien trouvé) nous présente les deux versions afin de faciliter les comparaisons. Le récit n’est pas le meilleur de Martin mais les interactions entre les personnages sont adroitement gérées et l’intrigue, proche du cycle de LA GUERRE MODIFICATRICE de Fritz Leiber, fonctionne bien avec ses protagonistes qui, en cas de réussite de leur mission d’altération temporelle, cesseront tout simplement d’exister.

Une série de récits plaisants qui permettent de mesurer l’évolution de l’auteur quoiqu’aucun ne soient au niveau des « rois des sables » ou de « Une Chanson pour Lya ». Néanmoins agréable et globalement réussi.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Historique, #Recueil de nouvelles, #science-fiction, #Space Opera

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