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Publié le 19 Octobre 2017

LA DERNIERE CHASSE DE KRAVEN de J. M. DeMatteis & Mike Zeck

Récit emblématique relativement récent (enfin il date à présent d’une trentaine d’années…comme le temps passe !) LA DERNIERE CHASSE DE KRAVEN s’est rapidement imposé comme un véritable classique de l’Homme Araignée. Le récit était d’ailleurs bien aidé par une couverture mémorable et sinistre montrant Spidey sortir de sa tombe après son « assassinat » supposé par Kraven.

Crossover entre les trois séries de Spiderman (« Web of spiderman », « Peter Parker the spectacular spiderman » et « Amazing spiderman »), cette saga en six chapitres eut droit à pas moins de cinq publications en France.

LA DERNIERE CHASSE DE KRAVEN de J. M. DeMatteis & Mike Zeck

L’intrigue montre un Kraven fatigué mais bien décidé à prouver sa supériorité sur son vieil ennemi Spiderman. Il réussit à l’endormir avec une fléchette hypodermique, l’enterre et prend sa place, affublé de son costume. Sauvée d’une agression par Spiderman (donc Kraven), Mary-Jane Watson, épouse de Peter Parker, comprend que quelqu’un d’autre se dissimule sous le masque. Kraven, par la suite, tente de stopper le monstrueux homme-rat Vermine mais Spidey est bien décidé à faire payer au chasseur ces longues journées au fond de son cercueil.

LA DERNIERE CHASSE DE KRAVEN de J. M. DeMatteis & Mike Zeck

Créé par Stan Lee et Steve Dikto en 1964 et souvent considéré comme un second couteau assez ringard, Kraven reste pourtant un personnage intéressant dans la mythologie de Spiderman. Tout d’abord ses motivations sont le plaisir de la chasse et non pas l’argent ou la vengeance. Kraven possède également un code de l’honneur personnel et un background travaillé qui trouve ses sources jusque dans la révolution russe. Ce récit va utiliser ces éléments à bon escient puisque Kraven ne tue pas son ennemi mais se contente de le droguer avant de prendre sa place pour prouver sa supériorité (ce qui annonce le long arc narratif de SUPERIOR SPIDERMAN avec Octopus sous le masque).

Cependant, LA DERNIERE CHASSE DE KRAVEN présente également Kraven sous un jour défavorable puisqu’il perd peu à peu son humanité pour sombrer dans la folie en laissant s’exprimer le côté le plus cruel et animal de sa personnalité. Il faut attendre la fin du récit pour que le Chasseur retrouve son honneur et choisisse la seule voie possible…

La narration, originale et réussie, donne ainsi la vedette au vilain et se focalise essentiellement sur sa personnalité, avec ce mélange de haine mais surtout d’admiration qu’il éprouve envers Spiderman. Les dessins, pour leur part, se révèlent de belle facture et participent activement à la création d’une atmosphère particulière, loin du Spiderman rigolo habituel, qui flirte même avec l’horreur par la présence du monstrueux Vermine.

 

LA DERNIERE CHASSE DE KRAVEN de J. M. DeMatteis & Mike Zeck

Supportant parfaitement de nombreuses lectures, d’une grande richesse thématique, LA DERNIERE CHASSE DE KRAVEN demeure, trente ans plus tard, un des sommets de Spiderman en bandes dessinées. Incontournable !

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Comic Book, #Superhéros, #Marvel Comics, #Spiderman

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Publié le 12 Octobre 2017

CATWOMAN A ROME de Jeff Loeb et Tim Sale

Le dynamique duo composé du scénariste Jeff Loeb et du dessinateur Tim Sale propose une série (originellement publiée en six épisodes) centrée sur le personnage de Catwoman. Sorte de spin-off de leurs deux sagas phares (UN LONG HALLOWEEN et AMERE VICTOIRE), ce voyage en Italie adopte un ton plus décontracté.

Selina Kyle débarque à Rome en compagnie du Sphinx afin de faire la lumière sur ses origines, qu’elles soupçonnent liées à la célèbre famille mafieuse des Falcone. Catwoman va affronter des mafieux équipés d’armes en provenance directe de Gotham, notamment le venin du Joker et le frigo-flingue de Mr Freeze. La belle cambrioleuse reçoit ensuite pour mission de dérober un joyau mythique, la bague du premier parrain de tous les parrains, laquelle donne à son possesseur un pouvoir absolu sur la mafia. Elle doit pour cela pénétrer au Vatican et s’emparer du bijou, caché dans le socle de la Pietà de Michel-Ange. Mais Cheetah débarque pour compliquer la situation.

CATWOMAN A ROME de Jeff Loeb et Tim Sale

Si ce comic-book n’est pas révolutionnaire dans son scénario, cela n’empêche pas l’intrigue de fonctionner efficacement en mettant l’accent sur le romantisme et même l’humour, notamment grâce aux relations conflictuelles entre Catwoman et le Sphynx. Bien sûr, cette histoire, plus légère, ne possède pas la profondeur des deux précédents travaux du duo dans l’univers de Batman mais CATWOMAN A ROME se révèle néanmoins plaisant et largement au-dessus du tout-venant.

 

CATWOMAN A ROME de Jeff Loeb et Tim Sale

Bien rythmé (les chapitres sont autant de jours passés loin de Gotham), très abordable pour le néophyte, délaissant la surenchère super-héroïque au profit d’une ambiance de film noir (la série est d’ailleurs sous-titrée « A murder mystery »), CATWOMAN A ROME met superbement en valeur l’héroïne (et ses formes) grâce à un dessin magnifique et à un travail exemplaire sur la colorisation. Certaines pleines pages, de toute beauté, méritent à elles seule l’achat de cette bande dessinée. Un titre souvent qualifié de mineur mais néanmoins très agréable à lire et à regarder. Et, franchement, des oeuvrettes « mineures » de cette qualité on aimerait en lire plus souvent dans un univers comic actuel encombré de titres boursouflé, incompréhensibles sans posséder cinquante références et interminables. Conseillé !

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Whodunit, #Aventures, #Comic Book, #DC, #Batman

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Publié le 5 Octobre 2017

BATGIRL AND THE BIRDS OF PREY - Qui est Oracle?

Les Birds of Prey, groupe à géométrie variable composé de diverses super-héroïnes de l’univers Batman, a connu bien des bouleversements (résumés dans les deux pages introductives bien pensées pour les novices) au fil des années et des changements dans l’univers DC. Avec le Rebirth, nous avons droit à une nouvelle incarnation des Oiseaux suite à la réunion entre Black Canary, Batgirl et Huntress. Nos trois héroïnes de charme unissent en effet leur force pour traquer un mystérieux Oracle (l’alias sous lequel oeuvrait Barbara Gordon après avoir été paralysée par les balles du Joker) qui semble tout connaitre de nos demoiselles.

BATGIRL AND THE BIRDS OF PREY - Qui est Oracle?

Comme bien des récits servant à poser les bases d’un nouveau groupe et d’un nouveau statu quo, cet arc développe une intrigue assez basique qui constitue surtout un prétexte à rassembler notre trio de charme. Les sœurs Benson, responsables du scénario de la série à succès (mais pourtant bien ennuyeuse) « Les 100 » s’attaquent donc à Batgirl, Black Canary et Huntress afin de les redéfinir pour cette nouvelle continuité basée sur l’ancienne sans toutefois faire totalement table rase de la précédente pour ceux qui suivent et comprennent encore quelque chose à la ligne temporelle à géométrie variable de chez DC. Mais bon, que l’on ait suivi ou pas les séries mettant en scène nos héroïnes, ce récit parvient à convaincre en utilisant une narration sans temps mort, une trame générale policière et mystérieuse et un rythme enlevé qui toutefois laissent nos demoiselles s’exprimer.

BATGIRL AND THE BIRDS OF PREY - Qui est Oracle?

Les révélations du final sont pour leur part inattendues et laissent la porte grande ouverte à un cliffhanger plutôt efficace (quoique plus classique et prévisible) qui démontrent l’indéniable passif (le mot semble bien choisi) de nos scénaristes dans le domaine de la série télévisée pour ados aux intrigues tarabiscotées et interminables. Un bémol finalement léger vu le bon niveau général de ce récit toutefois gâché par des graphismes horribles. En effet, au niveau des planches, celles de Claire Roe sont franchement ratées avec des visages anguleux et disgracieux posés sur des corps mal dessinés. Un amateurisme bâclé qui rend la lecture pénible. Heureusement, à mi-parcours, Roge Antonio prend le relais pour des dessins bien plus réussis que les gribouillages des premiers épisodes et permet de terminer cette histoire sur une impression nettement plus positive.

Rien d’indispensable et aucune chance de voir un jour QUI EST ORACLE ? figurait dans un top des meilleurs récits de DC comics mais un bon moment sans prétention proposé à un prix très attractif. On peut donc s’y risquer si on apprécie les Birds of Prey.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Comic Book, #DC, #Superhéros, #Batman

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Publié le 26 Septembre 2017

POISON IVY - CIRCLE OF LIFE AND DEATH d'Amy Chu

Voici un récit (en six parties) consacré à une des trois principales super vilaines (les deux autres étant Harley Quinn et Catwoman évidemment…qui font d’ailleurs de la figuration dans cette histoire) de l’univers Batman.

Désirant s’éloigner de sa compagne Harley Quinn, Poison Ivy reprend son identité de Pamela Isley et son métier de chercheuse pour les jardins botaniques de Gotham. Ses travaux visent notamment à la création d’hybrides entre l’Homme et le végétal, des êtres dont la longévité seraient exceptionnelles. Elle donne ainsi naissance à deux bébé, Rose et Noisette, qu’elle élève loin des humains. Malheureusement divers scientifiques de son équipe se mettent à décéder de manière violente et Ivy devient rapidement la principale suspecte. Avec l'aide d'Harley, de Catwoman et du défenseur de la Sève Alec Holland (alias Swamp Thing), la belle Ivy essaie de découvrir la vérité sur ces crimes.

CIRCLE OF LIFE AND DEATH constitue, dans l’ensemble, une bonne surprise. En donnant la vedette à Ivy (débarrassée de l’omniprésente Harley qui a droit, néanmoins, à quelques apparitions toujours bien cadrées pour accentuer son côté sexy), le récit confère une réelle profondeur à cette anti-héroïne souvent cantonnée à un rôle de belle plante, voire de potiche. La transition du personnage, amorcée depuis quelques années, est plaisante, Ivy n’étant plus une super vilaine à moitié folle (et à moitié nympho) mais davantage une éco terroriste vaguement justicière à la morale élastique. Ici, elle s’essaie à la maternité et rencontre un certain Darshan Bapna, sorte de punk pacifiste vegan avec lequel elle entretient une relation platonique (faudrait pas rendre jalouse Harley, ça pourrait mal se terminer !).

POISON IVY - CIRCLE OF LIFE AND DEATH d'Amy Chu

L’intrigue, elle, adopte le ton d’une enquête avec des meurtres et un coupable inattendu révélé durant le dernier chapitre, ponctué d’apparitions de divers super vilains et d’un argument science-fictionnel déjanté (la recherche de l’immortalité par l’hybridation de l’Homme et de la plante). La série se réfère d’ailleurs ouvertement à Scooby-Doo dans son mélange de murder mystery à l’ancienne et de folie douce.

Le récit s’avère donc plaisant quoique tout ne soit pas pleinement réussi pour autant : le personnage de Darshan se montre envahissant, comme si Amy Chu ne parvenait pas à laisser l’intrigue pesait sur les charmantes épaules d’Ivy. Le côté papa de substitution pour les « enfants plantes » se montre de son côté trop expédié pour fonctionner. Dommage car, avec un minimum de développement, cette partie aurait pu être intéressante, de même que les relations compliquées entre les humains et les filles plantes, lesquelles se limitent à une échauffourée en discothèque.

POISON IVY - CIRCLE OF LIFE AND DEATH d'Amy Chu

Bien que sympathique et original, le scénario se montre parfois peu crédible : comment le passé de l’empoisonneuse peut-il ne pas resurgir après qu’elle se soit débarrassée d’un collègue trop entreprenant ? On passera sur ce manque de vraisemblance pour apprécier une histoire globalement bien menée et éloignée des clichés super-héroïques coutumiers.

Sans être indispensable, CIRCLE OF LIFE AND DEATH permet de passer un bon moment. De plus, pour la publication française, Urban soigne le produit : deux pages d’introduction sur le personnage, quelques paragraphes à chaque épisode pour éclairer le novice et une courte histoire (datée de 1988) bonus revenant sur les origines secrètes de Poison Ivy qui bénéficie du talent narratif de Neil Gaiman. Le tout à un prix défiant toute concurrence, surtout celle de Panini. Une bonne affaire pour les admirateurs de la vénéneuse Ivy.

L'édition française chez Urban

L'édition française chez Urban

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Whodunit, #science-fiction, #Comic Book, #DC, #Superhéros, #Batman, #Neil Gaiman

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Publié le 20 Septembre 2017

SECRET INVASION de Brian M. Bendis et Francis Yu

Après l’excellence de HOUSE OF M et CIVIL WAR, deux crossovers parfaitement réussis et dont la richesse autorise plusieurs (re)lectures, l’annonce de SECRET INVASION laissait augurer le meilleur pour la Maison des Idées.

Le concept de base, en effet, se révélait passionnant et intriguant : depuis plusieurs années d’importants héros et alliés (Elektra, le majordome Jarvis, etc.) de la Terre ont été remplacés par des extra-terrestres protéiformes, les Skrulls. Brian Michael Bendis a lancé des pistes à ce sujet depuis plusieurs années au sein de série comme New Avengers et, avec son dessinateur et complice habituel, Leinil Yu, il explore enfin les conséquences de cette lente invasion. 

L’intrigue semblait donc taillée pour une atmosphère de paranoïa grandissante (illustrée par les taglines en partie mensongère comme « who do you trust ? »), de conflit larvé, voire d’infiltration à grande échelle. On pouvait exploiter les répercussions de cette invasion sur la population, voire éclore des mouvements de résistance ou de collaboration puisque les Skrulls promettent un avenir pas forcément sombre aux humains.  Forcément, certains se laissent tenter et les accueillent même à bras ouvert…Des développements intéressants…sauf que la scène dure quelques cases, noyées dans un torrent de bastons inoffensives. Car, à la progression narrative, Marvel préfère le rouleau compresseur des combats et seul Le Fauve suggère un instant « d’arrêter de se frapper pour réfléchir ». Une modération vite balayée, à l’image de ce court moment de réflexion interrompu par un Wolverine qui déclare « on s’en tape ». Ce qui résume malheureusement ce que le lecteur pense d’une SECRET INVASION plus pataude que passionnante. Pourtant, le début de l’histoire promettait beaucoup, entre science-fiction à l’ancienne (Bendis affirmait vouloir rendre hommage aux classiques séries B d’invasion des fifties) et blockbusters d’action plus actuels. Les premières planches donnent ainsi l’impression d’une catastrophe planétaire imminente avec des scènes marquantes comme l’autopsie d’un Skrull ayant pris l’apparence d’Elektra ou le crash récurent d’un héliporteur du Shield.

Elektra était un Skrull!

Elektra était un Skrull!

De l’efficace rondement mené. Mais la suite…ben justement elle ne suit pas. Ayant grillé toutes ses cartouches dans les premières pages, Bendis meuble ensuite par des surprises pas franchement crédibles, des incohérences, de la bagarre sans enjeu, sans émotion, sans…rien ! Des super-méchants protéiformes aux pouvoirs quasi illimités contre les gros vendeurs de la Maison Marvel (Spider Man, Iron Man, Wolverine, etc.) et une conclusion bâclée qui voit s’écrouler en quelques minutes le plan patiemment élaboré par les extra-terrestres. Là on frôle dangereusement le foutage de gueule intégral. Et ce ne sont pas les dessins, corrects mais sans inspiration, qui relèvent le niveau.

L’event offre néanmoins quelques passages sympathiques, comme cette référence lointaine, issue d’un légendaire album des Fantastic Four, à la transformation des premiers Skrulls débarqués sur terre en vaches. Quelques passages, dans un esprit blockbusters pop-corn et régressifs, fonctionnent également, ce qui permet d’arriver au bout de ce comic aussi raté que répétitif.

Baston!!!!!!!!

Baston!!!!!!!!

Si SECRET INVASION se résume à une série de combats sans grande originalité là où il aurait fallu, au contraire, une terreur paranoïaque dans l’esprit (toutes proportions gardées) de L’INVASION DES PROFANATEURS ou THE THING, le dénouement, vite expédié, conduit cependant à un nouveau statu quo intéressant. Ainsi Iron Man, désavoué, se voit destitué de son poste et remplacé par Norman Osborn qui accède à un pouvoir quasi absolu et convoque aussitôt sa cour, composée de Fatalis, Hood, Loki, Emma Frost et Namor. Le tout annonce le prochain event, la prochaine ère Marvel, Dark Reign qui (spoilers !) ne tiendra pas les promesses de cette introduction intrigante.

Le titre s’étant bien vendu (250 000 exemplaires du N°1 ce qui, à notre époque, constitue un beau chiffre) en dépit de critiques souvent mitigées voire hostiles, Marvel a – logiquement - poursuivi dans sa folie du crossover et de l’event tout azimut, aboutissant à l’inextricable situation actuelle dans laquelle toutes les séries sont en état de « crossover permanent » au mépris de tout réel investissement narratif.
 

Bref, SECRET INVASION c’était (déjà) la fin d’un bref renouveau / âge d’or qualitatif de Marvel au début du XXIème siècle.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #science-fiction, #Comic Book, #Marvel Comics

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Publié le 15 Septembre 2017

ANNIHILATION CONQUEST (tomes 1 & 2) de Dan Abnett et Andy Lanning

Vu le succès mérité du crossover cosmique ANNIHILATION, Dan Abnett et Andy Lanning proposent une saga similaire, ANNIHILATION CONQUEST, publiée en 2007. Aux côtés de la mini-série principale, Marvel a forcément publié de séries annexes. Les deux tomes français (originellement édités en version « deluxe » puis repris dans le format plus abordable du « select ») comprennent donc (dans le tome 1) « Annihilation Conquest Prologue », les quatre numéros de « Annihilation Conquest : Star Lord », les quatre épisodes de « Annihilation Conquest : Quasar » et les numéros 4 et 5 de « Nova » auxquels s’ajoutent (dans le tome 2) les quatre chapitres consacrés à « Spectre », deux épisodes supplémentaires de « Nova » et la mini-série « Annihilation Conquest » en elle-même (et en six parties). Ouf, un menu copieux pour de longues heures de lecture !

Cette fois, le Phalanx menace la galaxie, aidé par les Chevaliers de l’Espace « convertis » au mal. L’Empire Kree est menacé et différents héros (notamment Quasar, Star Lord et Ronan l’accusateur, à présents bien connus) se liguent pour juguler cette nouvelle invasion.

Au fil des pages, le lecteur découvre des personnages peu connus dont certains sont amenés à un bel avenir, notamment cinématographique, comme l’arbre vivant Groot et le raton laveur mutant Rocket Ragoon, membres fondateurs des nouveaux Gardiens de la Galaxie.

On retrouve également Phila-Vell, fille du décédé Captain Marvel qui a repris le flambeau, le costume et le nom de papa. Elle fait équipe avec sa compagne, Moondragon, laquelle devient finalement un authentique dragon, transformant le récit en une sorte d’heroic-fantasy futuriste pas désagréable auquel s’ajoute une histoire d’amour homosexuelle (encore assez peu courante dans les comics Marvel de l’époque).

ANNIHILATION CONQUEST (tomes 1 & 2) de Dan Abnett et Andy Lanning

Le nouveau venu Spectre, un mutant Kree avide de venger son père, complique la donne et tous les personnages principaux, auxquels s’ajoutent les revenants (Adam Warlock, le Super Skrull, Gamora, Captain Universe, Blaastar, etc.) se rassemblent pour affronter le Phalanx mené par le toujours charismatique et impitoyable Ultron. Les victimes du Phalanx sont, pour leur part, contaminées par une sorte de virus qui les intègre à l’entité collective tout en gardant un minimum de libre-arbitre. Bref, ils sont assimilés par des parasites cosmiques assez proches des célèbres Borg de « Star Trek » (on note les évidentes similitudes entre cette saga Marvel et « Star Trek Premier Contact »).

Dans l’ensemble ANNIHILATION CONQUEST s’avère un honnête divertissement malgré sa longueur (600 pages bien tassées) et ses longueurs. Le grand nombre de protagonistes rend parfois le tout un brin confus et la publication en volume laisse de côté certaines séries annexes, d’où des ellipses agaçantes. Cependant, elles ne sont pas vraiment problématiques, la saga restant, dans ses grandes lignes, globalement accessibles avec un minimum de connaissances de l’univers cosmique de la Maison des Idées. Bien sûr, Panini reste fidèle à ses habitudes en proposant, au niveau éditorial, le strict minimum : aucune contextualisation du récit, aucun texte explicatif et pour une unique bonus quelques couvertures reproduites en fin de volume. N’est pas Urban qui veut.

On peut chipoter en arguant (avec raison) qu’ANNIHILATION CONQUEST constitue, finalement, une simple redite moins inspirée d’ANNIHILATION (aucune des séries n’arrivent à égaler celles de ce titre phare du renouveau Marvel) mais, à tout prendre, on passe malgré tout un agréable moment avec cette vaste épopée alliant space-opéra, fantasy, science-fiction et super héros.

ANNIHILATION CONQUEST (tomes 1 & 2) de Dan Abnett et Andy Lanning

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Rédigé par hellrick

Publié dans #science-fiction, #Comic Book, #Superhéros, #Marvel Comics

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Publié le 11 Août 2017

ANNIHILATION (Au commencement + Les Hérauts de Galactus) de Keith Giffen

Grand crossover ayant relancé le versant « cosmique » (bien mal en point) de Marvel au cours de l’année 2006, ANNIHILATION a été (plusieurs fois) republié par Panini en deux gros volumes bien épais. L’événement débute en effet par un prologue centré sur Drax le Destructeur avant de se prolonger par quatre mini-séries de quatre épisodes chacune consacrées aux principaux personnages du récit (Nova, Silver Surfer, Ronan l’accusateur et le Super Skrull). La saga principale, « Annihilation », se découpe ensuite en six épisodes, ce qui nous donne une intrigue épique et riche :

Annihilus envoie, depuis la Zone Négative, une armée de vaisseaux de combats surnommé la Vague d’Annihilation. De nombreuses planètes sont dévastées, notamment Xandar, berceau de la force de maintien de l’ordre galactique du Nova Corps. Ces « flics de l’espace » sont anéantis, laissant pour seuls survivants le terrien Richard Rider accompagné de Drax le Destructeur et la jeune terrienne combative Cammi. Après cette entrée en matière prometteuse, la saga se consacre à ses quatre principaux protagonistes.

Nous commençons avec Nova, alias Richard Rider, dernier survivant du corps spatial Nova Corps, qui reçoit dans son esprit toute la puissance cosmique et les souvenirs des Xandariens avant de devenir Nova Prime. Avec l’aide de Drax et Cammi, Richard parcourt l’espace, bientôt rejoint par Quasar, et défend ceux qui fuient devant la Vague d’Annihilation. Voici une grande aventure épique, un space opera au scénario intéressant et aux dessins très réussis. Bref, du tout bon pour entamer la série.

La suite, consacrée au Silver Surfer, s’avère tout aussi efficace et suit les aventures de notre magnifique héros (graphiquement, le Surfer a toujours été une réussite exceptionnelle d’une grande pureté et il est ici superbement mis en valeur) associés à d’autres anciens hérauts de Galactus comme Firelord. Nous assistons également à la mort d’Air-Walker et à la capture de Terrax et de Morg. Le Surfer va devoir retrouver son ancien statut afin de protéger le Dévoreur de Mondes, remplaçant même Stardust tandis que Firelord mène le combat contre la Vague d’Annhilation. Pendant ce temps Thanos, le Titan fou, s’allie avec Annihilus. Encore une belle réussite pour ce grand affrontement spatial plein d’énergie mais également de passages plus intimistes efficaces. Le tout est servi par un dessin de grande qualité qui rend la lecture de cette mini -série très attrayante.

La suite (qui conclut le premier recueil) présente Ronan l’Accusateur, un personnage assez peu connu (du moins à l’époque puisqu’il fait aujourd’hui partie du Marvel Cinematographic Universe et apparait dans « Les Gardiens de la Galaxie »). Ces quatre épisodes sont en-deçà du reste de la saga, que ce soit au niveau du scénario (un peu confus) et du dessin (avec un rendu pas très plaisant entre le cartoon et le manga). Si ce n’est pas désagréable, on éprouve quelques peines à s’intéresser au sort de Ronan, à son tour accusé à tort et en fuite afin d’échapper aux Krees. Il compte sur Tana Nile pour prouver son innocence mais celle-ci meurt dans un combat contre la Vague d’Annihilation…Ronan doit alors sauver l’empire Kree sans pouvoir prouver son innocence.

 

ANNIHILATION (Au commencement + Les Hérauts de Galactus) de Keith Giffen

Le second recueil s’ouvre sur la mini-série consacrée au Super-Skrull, personnage assez travaillé et joliment caractérisé. Jadis transformé par les savants de l’empire Skrull afin d’acquérir les pouvoirs combinés des Fantastiques, le fameux héros Kl’rt, alias le Super-Skrull, tente de sauver son fils, lequel vit sur une planète menacée par la Vague d’Annihilation. Aidé par un gamin Skrull, R’Kin, le Super-Skrull tente de neutraliser un immense vaisseau capable d’anéantir des planètes entières… Si les dessins, une fois encore d’inspiration cartoons et pas toujours très soignés, gâchent le plaisir de lecture, cette intrigue donnant, pour une fois, la vedette à un super-vilain se révèle bien écrite et riche en rebondissements dont certains franchement inattendus. En plaçant en tête d’affiche du récit un criminel galactique comme le Super-Skrull, la série évite le manichéisme et peut proposer des passages plus violents et cruels que de coutume, notamment lorsque notre « héros », trahi, se venge. De la belle ouvrage avant d’entamer le plat de résistance, à savoir les six chapitres de la mini-série « Annihilation » proprement dite.

Nous sommes 205 jours après le début des hostilités et Richard Rider mène la résistance contre la Vague d’Annihilation en rassemblant ses forces composées de Peter Quill, l’ancien Star-Lord des Gardiens de la Galaxie, Drax, Ronan et Gamora, aidé par les anciens hérauts de Galactus à savoir Firelord, Red Shift, et Stardust. Annihilus, après avoir capturé Galactus et le Surfer, se lance sur la piste des autres hérauts du Dévoreur de Monde afin de s’emparer du Pouvoir cosmique. Le reste de l’histoire va montrer les différents jeux d’alliances entre les forces en présence et fera intervenir de nombreux personnages comme Moondragon et Phyla-Vell. Une belle mini-série, au souffle épique indéniable, que retranscrit un découpage très cinématographique et en version scope puisque les planches sont souvent constituées de cinq cases horizontales, lesquelles donnent l’ampleur nécessaire à un récit entrecoupé de pleines pages effectives, notamment lors des nombreuses mises à mort.

Pour conclure cet important event, le second volume se termine avec la mini-série Les Hérauts de Galactus, intéressante pour connaitre la destinée de ces personnages mais dans l’ensemble assez anecdotique.

ANNIHILATION (Au commencement + Les Hérauts de Galactus) de Keith Giffen

Pour les amateurs de grande saga cosmique avec des super-héros aux pouvoirs incommensurables dont les actes entrainent, forcément, des destructions gigantesques (on parle ici de systèmes planétaires entiers anéantis), ANNIHILATION demeure, dix ans après sa sortie, la manière idéale d’aborder le versant spatial de l’univers Marvel. La réussite, commerciale et critique, de la série entraina une séquelle (ANNIHILATION CONQUEST), une nouvelle saga consacrée à Nova et une incarnation modernisée des Gardiens de la Galaxie sur laquelle se base les long-métrages cinéma.

Une belle réussite en dépit de ses scories (des intrigues secondaires évidemment inégales, un dessin pas toujours approprié et, fatalement, quelques longueurs puisque le récit approche, dans sa globalité, les 600 pages).

ANNIHILATION (Au commencement + Les Hérauts de Galactus) de Keith Giffen

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Rédigé par hellrick

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Publié le 18 Juillet 2017

TITAN HUNT de Dan Abnett. Paulo Siqueira, Sandra Hope, Brett Booth et Norm Rapmund.

Nouvel événement DC Comics annonçant le prochain reboot (dénommé rebirth) de cet univers, TITAN HUNT est une mini-série de 8 épisodes (ce qui nous donne donc environ 200 pages de lecture) consacrée à la populaire équipe des Teen Titans. Or, ces derniers ont, semble-t-il, oublié qu’ils furent jadis des héros. Le premier numéro (publié dans Justice League Universe 10) introduit donc l’intrigue et se centre sur le jeune Speedy, devenu un alcoolique (et ancien toxicomane) qui tente de se souvenir de son existence super-héroïque et se voit hanté par différentes visions du passé. Par la suite, au fil des numéros, on découvre les autres ex Titans eux aussi obsédés par des images en provenance d’une vie commune lointaine. Dick Grayson va donc redevenir Nightwing (pour des raisons assez floues), retrouver Aqualad et Wonder Girl et tout ce petit monde va se rassembler pour combattre Mr Twister, leur plus vieil adversaire (apparu lors de leur première aventure dans  les années ’60). Lilith aurait jadis effacé la mémoire des Titans afin de les protéger (de quoi ?  pourquoi ? rien n’est très clair) et de contrecarrer les plans de ce Mr Twister. Mais tout ça ne fait guère sens.

L’intrigue, erratique, avance souvent de manière elliptique et les scénaristes complexifient à outrance une trame pourtant basique et éculée : les Titans ont perdu la mémoire, se sont séparés et doivent à présent se réunir et apprendre à agir de concert pour combattre un ancien ennemi. A partir de là, des développements inattendus se succèdent de manière assez confuse : Lilith, par exemple, convie une organisation pour aider les Titans mais les assassins convoqués se retournent contre les héros. Pourquoi ? Encore une fois la question ne se pose pas (il y a bien une explication mais elle laisse assez perplexe à l’image du scénario dans son ensemble), le récit sacrifiant toute cohérence pour proposer une réunion de personnages emblématiques et de grosses bastons. Enfin, emblématiques c’est vite dit car mis à part Dick Grayson et, dans une moindre mesure, Donna Troy, les différents protagonistes (Speedy, Aqualad, Heraut, Colombe et Faucon, etc.) ne sont pas franchement les plus connus de l’univers DC.

TITAN HUNT se révèle en outre linéaire et répétitif. Lu d’une traite (aidé par une version française qui rassemble les cinq derniers volets dans le N° 13 de Justice League Universe) on mesure davantage les redites d’une intrigue qui bassine à longueur de pages la perte de mémoire des héros et la nécessité pour eux de se réunir. En gros, l’histoire se construit lentement dans le seul but d’aboutir à un final sympathique sous forme de « Titans, rassemblement ! ».

Bien sûr, les scénaristes ne peuvent se dépatouiller des habituels problèmes de continuité plombant la narration « comic book » depuis une trentaine d’années : la première aventure de nos jeunes Titans s’est déroulée en 1964 mais elle est repositionnée opportunément « voici cinq ans ». Donna Troy y a d’ailleurs participé alors que la nouvelle continuité DC en fait une création récente, lorsque Wonder Woman avait accédé à la divinité guerrière. Quant aux raisons de la reprise du costume de Nightwing par un Dick Grayson (« je suis passé par la batcave, je l’ai pris, ça peut servir » déclare-t’il simplement) supposé décédé elles sont aussi abracadabrantes que la mini-série dans son entièreté.

Dans l’ensemble, TITAN HUNT déçoit et apparait comme une production très moyenne à tous les niveaux (dessins, caractérisation des protagonistes, scénario, conclusion) dont la principale motivation est de conduire les protagonistes à remarquer l’absence d’un des membres de l’équipe (Wally West, alias Kid Flash) réintroduit dans la continuité à l’occasion de TITAN REBIRTH.  Un nouvel arc (publié sous la forme d’un « récit complet de la justice league » par Urban) apportant quelques éclaircissements sur la saga TITAN HUNT mais également beaucoup  de nouvelles questions sans réponses.

Plus proche du prologue potable que d’un véritable récit se suffisant à lui-même, TITAN HUNT reste divertissant pour les plus indulgents, aidé par son rythme soutenu et des dessins très corrects. Mais il n’y avait vraiment pas de quoi en faire tout un plat ni se passionner pour le retour inespéré d’une des plus célèbre équipe super-héroïque de la Distinguée Concurrence.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Comic Book, #DC, #Superhéros

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Publié le 3 Juillet 2017

UNIVERSE X d'Alex Ross, Jim Krueger et Doug Braithwaite.

Après le succès de l’excellent KINGDOM COME pour DC Comics, Alex Ross imagine, en 1997, le futur forcément dystopique de l’univers Marvel, un monde dans lequel tous les individus, affectés par les brumes terratogènes libérées par Flèche Noire et les Inhumains, ont acquis des super pouvoirs. Pour réaliser cela, Flèche Noir a rendu aveugle Uatu, le Gardien de la Terre, et ce-dernier se voit forcé de choisir comme remplacement le robot vivant X 51, alias Machine Man.

Que deviennent les autres personnages bien connus ? Captain America quitte les Avengers, Spiderman prend sa retraite, Namor tue la Torche, Susan Richards meurt en compagnie du Dr Fatalis. Reed, pour sa part, s’exile en Latverie où il prend la place laissée vacante par son ennemi.

L’Homme Absorbant, le plus dangereux super vilain de cet univers, est détruit par la Vision tandis que Galactus arrive sur Terre pour dévorer un œuf implanté par les Célestes au cœur de la planète. Il est finalement révélé que Galactus n’est autre que Franklin Richards…

L’intrigue d’UNIVERSE X peut débuter, alors que des perturbations climatiques sans précédents ont tués des millions de personnes. Une secte d’adeptes fanatiques de l’Homme Absorbant rassemble également les membres épars du criminel décédé afin de le ramener à la vie et de détruire les torches créées par Richards afin de débarrasser l’atmosphère des brumes terratogènes et rendre leur humanité aux peuples de la Terre. Mais le veulent-ils ? Pendant ce temps Mar-Vell (autrement dit Captain Marvel) se réincarne sous la forme d’un enfant sur lequel veille un Captain America désabusé.

Bien que la trilogie EARTH X / UNIVERSE X / PARADISE X ait été, au départ, envisagé comme le futur « officiel » de l’univers Marvel, les révélations successives sur la destinée des principaux personnages ont conduit à ce qu’elle soit rétroactivement retirée de la continuité. La saga doit donc s’envisager comme une histoire alternative, un présent possible mais différent, similaire aux Elsewhere de la Distinguée Concurrence.

UNIVERSE X s’étend donc sur plus de 700 pages bien tassées, assez pauvres en action puisque largement consacrées aux dialogues entre le Gardien et Machine Man, ce qui donne un récit très bavard voulu philosophique, adulte et intelligent. Malheureusement, l’impression dominante reste souvent l’ennui devant ces dizaines de pages de développement parfois abscons agrémentés d’appendices littéraires (deux ou trois pages de textes concluent chaque chapitres, censés clarifier le récit, elles le rendent en réalité encore moins compréhensible). L’intrigue reste nébuleuse, confuse, brouillonne. Elle se veut ambitieuse, brasse des dizaines de héros (certains connus d’autres complètement obscurs), les réinvente dans des versions altérées (Thor est devenu une femme suite aux manipulations de Loki, Hulk et Bruce Banner sont dissociés, la fille de Peter Parker a fusionné avec Venom), se déplace de notre monde à un au-delà très guerrier où s’affrontent héros et vilains, imagine des réalités alternatives dans lesquelles Franklin Richards est Galactus et où Mephisto (le Diable ?) a transformé Kurt Wagner en Belasco.

Tout cela démontre un réel foisonnement imaginatif, parfois mégalomane dans sa volonté d’offrir une vision définitive de l’univers Marvel futur, mais n’évite pas un côté hautement rébarbatif pour ne pas dire indigeste sur la longueur. Il est difficile de se passionner pour cette intrigue trop vaste et trop embrouillée pour ne pas en décrocher lorsqu’on se rend compte que les auteurs ne vont nulle part. A moins d’avoir une connaissance encyclopédique de l’univers Marvel cette suite de vignettes d’un intérêt très variable semblera donc peu engageante quoique certaines surnagent, notamment celle consacré à un Magneto privé de ses pouvoirs et asservi par le Crapaud. Les dessins (sans égaler ceux d’Alex Ross qui se charge uniquement des couvertures, de quelques illustrations et de l’idée de base) s’avèrent très corrects et évitent le rejet total de cette vaste épopée plus prometteuse sur le papier que concluante dans sa réalisation.

Que l’on aime ou pas UNIVERSE X nous sommes forcé d’admettre que la série, par sa démesure, son ambition et son écriture très littéraire, tranche avec le tout venant du comic super héroïque et s’impose comme une date importante de la bande dessinée américaine. Les enthousiastes parleront sans doute d’une œuvre foisonnante, les déçus d’un gros foutoir et d’une accumulation de bonnes idées mal exploitées. Décevant mais pas inintéressant, au final, même si, pour être honnête, se taper les 700 pages quasi d’une traite n’est sans doute pas une bonne idée, le tout étant, il faut l’avouer, assez imbuvable.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Comic Book, #Uchronie, #Alex Ross, #Marvel Comics

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Publié le 29 Mai 2017

ROBIN WAR de divers auteurs

Ce crossover au postulat intéressant se déroule dans un Gotham ayant connu bien des changements : Batman a disparu, remplacé par le commissaire Gordon aux commandes d’une armure et Damian Wayne, alias Robin, revenu à la vie après diverses péripéties, parcourt le monde en quête de rédemption (à lire dans « Robin, Son of Batman »).

Inspirés par le partenaire du Chevalier Noir, différents personnages, pour la plupart jeunes et sans expériences, vont, tels les « real life super heroes » apparus dans diverses métropoles américaines, s’affubler d’un costume jaune, rouge et vert pour lutter contre la criminalité. Se surnommant les Robin, ils jouent aux justiciers plein de bonne volonté et d’enthousiasme mais leur manque d’entrainement se fait rapidement sentir. Ainsi, l’arc narratif débute par la mort accidentelle, lors d’un braquage, d’un flic venu en intervention. Le mouvement « We are Robin » se voit dès lors immédiatement déclaré hors la loi et des lois répressives sont édictées afin d’arrêter tous les jeunes en collant tentés par le « vigilantisme ». Le contexte nécessite le retour à Gothma des différents Robin originels qui, tous, prennent une position contrastée par rapport à ce mouvement populaire qu’ils ont, indirectement, initiés. Red Robin, Red Hood, Grayson et Damain Wayne, l’actuel tenant du titre, convergent ainsi vers Gotham où ils vont devoir lutter contre les redoutables Ergots, des tueurs déshumanisés au service de la Cour des Hiboux, véritable société secrète régnant, dans l’ombre, sur la cité.

Le crossover va se déployer dans diverses publications, débutant par « Robin War 1 » pour continuer dans « Grayson 15 » puis « Detective Comics 47 » et « We Are Robin 7 » avant « Robin, Son of Batman 7 » et, enfin, « Robin War 2 » qui conclut l’intrigue. Les francophones pourront, eux, avantageusement se procurer les numéro 7, 8 et 9 du mensuel BATMAN UNIVERS chez Urban comics pour disposer de l’entièreté de l’événement.

L’intrigue est originale, crédible (quoique l’on eut aimé davantage de développement sur la manière dont ce groupe de Robin s’est constitué et organisé) et avance sur un rythme soutenu, avec de bons passages, notamment l’introduction de « Robin War 1 » (la scène de braquage et le gamin qui répète « je suis Robin ») et les scènes d’entrainement des futures recrues dans « Grayson 15 » qui bénéficie de dessins travaillés de toute beauté. Malheureusement, la suite ne sera aucunement à la hauteur. L’épisode de « Detective Comics » convie le bat-robot-lapin du commissaire Gordon à se rallier, après des atermoiements très conventionnels, aux Robin enfermés dans des cages suite à la promulgation de lois liberticides qui ne semblent pas gêner grand monde. L’épisode de « We Are Robin » est correct, tant au niveau de l’intrigue (un peu statique malgré les nombreuses bastons) que du dessin : le découpage des planches et la manière de représenter les personnages ne plairont pas à tout le monde mais, au moins, on découvre en Carmine Di Giandomenico un artiste avec un trait personnel qui change de la routine super-héroïque habituelle. La suite, dans « Robin, Son of Batman », ne se montre pas vraiment à la hauteur des attentes. Tout l’épisode ressemble à une longue transition amenant à un cliffhanger attendu. Du remplissage à base de batailles diverses entre les Robin et la Cour des Hiboux, le tout souffrant en outre de dessins approximatifs. On termine cet arc par un épisode double qui multiplie les lignes narratives et les dessinateurs au point d’apparaitre confus et peu passionnant. Les enjeux restent obscurs, les retournements de veste de Damian interviennent simplement pour faire progresser une intrigue enlisée et la conclusion, dans son ensemble, manque de puissance et d’originalité.

L’idée de départ de ce ROBIN WAR promettait beaucoup et laisser espérer une histoire assez mâture et dramatique, basée sur le groupe de jeunes recrues rêvant d’incarner Robin, avec les notions de manque d’entrainement et les risques qui en découlent. Les deux premiers épisodes, de haute volée, annonçaient une belle réussite mais, hélas, tout ce dégonfle comme une baudruche percée en privilégiant les « vrais Robin » aux détriments de leurs épigones réduits à l’état de silhouettes interchangeables et sacrifiables.

Les scénaristes paraissent dès lors s’être vautrés dans la facilité d’une énième confrontation avec la Cour des Hiboux (décidément mise à toutes les sauces depuis sa création !) qui ne débouche sur rien, excepté l’annonce d’un futur retour de Nightwing. Et ce ne sont pas les dessins, très inégaux, qui rattraperont un crossover aussi prometteur dans sa conception que globalement raté dans sa réalisation. Dommage.

 

Ordre de lecture:

  • Robin War #1
  • Grayson #15
  • Detective Comics #47
  • We Are Robin #7
  • Robin: Son of Batman #7
  • Robin War #2

 

ROBIN WAR de divers auteurs

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Comic Book, #DC, #Batman

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