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Publié le 18 Novembre 2022

DAREDEVIL : AU BOUT DE L’ENFER de Chip Zdarsky

Quatrième tome du run de Chip Zdarsky…Les différentes lignes narratives sont toujours bien développées et donnent beaucoup d'intérêt à ces nouvelles aventures de tête à cornes. Pourtant Matt Murdock a renoncé au costume écarlate de Daredevil au risque de voir Hell’s Kitchen tomber entre les mains de la pègre et notamment du Hibou, décidé à s’emparer de ce territoire. Elektra, de retour dans la vie de Matt, observe, elle aussi, la dégradation de la situation. Il semble d'ailleurs que Wilson Fisk, l’ancien Caïd du crime, soit un des seuls qui puisse empêcher le bain de sang. Izzy Libris, elle, ne prend pas de gant et doit composer avec Hammerhead lui aussi décidé à ramasser une part du gâteau new-yorkais. De son côté, le flic Cole North refuse de continuer à s’occuper des affaires super-héroïques tout comme il n’accepte plus que les flics restent à l’écart des événements. Cela constitue le gros de ce volume avec trois chapitres qui poursuivent l'arc "l'enfer"

Dans sa seconde moitié, ce tome introduit l’arc « inferno », plus spectaculaire, avec la révélation de l’identité de sœur Marie et le débarquement d’une bande de super-criminels bien connus (le Rhino, l’Homme aux échasses,…) menés par l’inévitable Bullseye. Quoique Murdock n'ait pas encore totalement accepté de redevenir le Protecteur de Hell's Kitchen il doit empêcher les criminels de mettre le quartier à feu et à sang.

Ce tome se divise clairement en deux avec trois épisodes très marqués polar, réalistes et efficaces et deux épisodes qui renouent avec le côté super-héroïque pour un affrontement urbain spectaculaire. Voir le « frêle » Daredevil se débarrasser du colossal Rhino, lutter au milieu des explosions contre un Homme aux échasses pour une fois menaçant (et non pas ridicule) ou recevoir l’aide du Caïd dans une ville transformée en champ de bataille reste un grand moment.

Les dessins, eux, sont de haut niveau, ils dynamisent bien le récit, dans un réalisme de bon aloi pour un héros urbain comme Daredevil. Beaucoup de détails enrichissent chaque planches, entre le côté "noir" des premiers chapitres et les cases plus colorées des deux derniers.

Une fois encore, ce tome confirme la qualité de ce run et la richesse du personnage de Daredevil, probablement un des meilleurs héros de la Maison des Idées. Le cliffhanger final rend difficile de ne pas immédiatement enchainer par la lecture du tome suivant.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Daredevil, #Marvel Comics, #Superhéros

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Publié le 23 Septembre 2022

JE SUIS DAREDEVIL de Stan Lee, Ann Nocenti, Frank Miller, etc.

Riche volume à prix raisonnable, JE SUIS DAREDEVIL reprend la formule à présent bien connue des anthologies publiées par Panini sur des héros emblématiques de la Maison des Idées. La difficulté réside, évidemment, à choisir des histoires qui se tiennent seules et peuvent se lire indépendamment de la continuité. Mission délicate mais remplie de manière acceptable avec ce recueil qui commence, logiquement, par le tout premier numéro consacré à l’atypique et attachant super héros aveugle. « Les origines de Daredevil », daté d’avril 1964, nous conte donc le triste destin de Matt Murdock devenu aveugle mais ayant hérité, en parallèle, de super-sens et d’un « radar » capable de suppléer à sa cécité.

On enchaine avec une de ses bastons anthologiques dont Marvel à le secret, un véritable David contre Goliath puisque DD se frotte carrément à l’immensément puissant Namor, prince d’Atlantis. Ce-dernier finit par l’emporter mais le courage de Tête à cornes fait réfléchir Namor sur l’Humanité.

Les épisodes suivants voient se succéder scénaristes (Stan Lee, Gerry Conway, Jim Shooter) et dessinateurs (Gene Colan, Gil Kane) jusqu’à parvenir à la version de Frank Miller qui redéfinit le personnage au début des années ’80. Avec « Elektra », le personnage et le comic book devient sérieux, violent, mâture. L’anthologie nous offre en prime le long épisode « Dernière carte » pour illustrer une seconde fois le run de Miller.

Le reste navigue de Ann Nocenti à D.G. Chichester avant de plonger dans le XXIème siècle et le relaunch du héros sous la plume de Brian M. Bendis, Ed Brubaker ou Mark Waid. Bref, un sacré « casting » de scénaristes, Daredevil ayant souvent bénéficié des services d’écrivains chevronnés qui permirent de tirer le meilleur parti de ce héros hors-normes. Au fil du temps, Matt Murdock devient d’ailleurs plus souvent le véritable « héros » de ces récits avec ses problèmes personnels, ses seconds rôles attachants (Foggy), ses conquêtes diverses (Black Widow, Elektra, Karen Page, etc.), sa foi catholique, sa culpabilité, etc.

Evidemment, de grandes sagas manquent à l’appel : « Renaissance », « L’homme sans peur », « Sous l’aide du diable », « Le procès du siècle », « Shadowland », etc. Des titres longs à savourer dans leur intégralité et impossible à découper pour une anthologie.

Un tome très réussi et assorti de nombreux textes explicatifs venant apporter des précisions bienvenues pour aborder une « carrière » de plus de cinquante ans. Le seul défaut (ou qualité ?) de l’anthologie c’est qu’après lecture on a envie de se plonger dans les runs complets des auteurs précités.

Une bonne manière de découvrir le personnage…avant d’acheter des volumes plus conséquents.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Daredevil, #BEST OF, #BD, #Comic Book, #Marvel Comics, #Superhéros

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Publié le 9 Septembre 2022

DAREDEVIL TOME 3: L'ENFER de Chip Zdarsky

Suite du run de Chip Zdarsky sur le Diable de Hell’s Kitchen. Ou plutôt sur Matt Murdock puisque son alter-ego costumé se montre pratiquement absent du récit. Avec ce troisième tome, le scénariste poursuit son approche « à la Bruce Lee » : Matt refuse de reprendre le costume. Il n’est pas « venu pour se battre ». Bien sûr, le lecteur sait que le moment libérateur finira par arriver et ces cinq épisodes continuent de faire monter la pression, bien servi par des dessins précis, réalistes et riches en détails.

L’intrigue reste assez classique : les difficultés de Murdock à conjuguer sa foi catholique et son identité de justicier ne sont pas neuves. Qu’importe, c’est bien mené. La quête de respectabilité de Wilson Fisk qui veut se reconvertir dans le commerce et la légalité (en investissant massivement dans le cannabis juste avant la légalisation) est également un classique. Là encore c’est bien ficelé, en particulier lorsque le Caïd est invité à diner par une famille aussi riche que puissante qui prend plaisir à l’humilier. Mais on sait que le Wilson, aussi gros nounours qu’il puisse paraitre, il vaut mieux ne pas lui chercher des poux sur la calvitie. Sous peine de finir transformer en steak tartare dans une salle de bain !  

On suit aussi les aventures de la famille Libris : la dangereuse Izzy, le fils Thomas et la libraire Mindy, accessoirement engagée dans une relation extra conjugale avec Matt. Autre intervenant habituel des récits consacrés à Tête à Cornes : Elektra. Celle-ci décide de prendre un rôle de mentor (façon Stick) vis-à-vis d’un DD un peu trop mollasson. Le final laisse d’ailleurs clairement comprendre que le DD n’est plus aussi mou de partout et ce n’est pas Elektra qui s’en plaindra.

L’inspecteur Cole est toujours de la partie, en butte à la corruption et au laxisme de la police new yorkaise. Il se demande s’il doit privilégier la justice (légale) ou ce qui est juste (moral). Spiderman vient d’ailleurs, avec un peu d’humour, discuter du sujet. Des interrogations déjà vues dans la série (on se souvient des rencontres entre DD et le Punisher) mais toujours plaisantes.

Leland Owsley, alias le Hibou, apparait de son côté menaçant et violent. Loin du vilain bedonnant de seconde zone, il est réinventé en ambitieux criminel et prêt à grimper aux sommets de la pègre sans aucun respect pour ses adversaires.

Enfin, Foggy Nelson pointe son nez à plusieurs reprises dans une relation, comme toujours, amicale mais un peu problématique avec Matt.

Un bon « casting » qui assure tout le sel de cette histoire certes traditionnelle (la chute et la renaissance sont bien connues de DD depuis le passage de Frank Miller sur le titre voici quarante ans) mais aux dialogues crédibles qui lui confèrent le réalisme nécessaire.

Un troisième tome d’excellente tenue pour un run pour l’instant impeccable.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Daredevil, #Marvel Comics, #Superhéros, #Comic Book

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Publié le 8 Juillet 2022

DAREDEVIL TOME 2: AUCUN DIABLE, JUSTE UN DIEU de Chip Zdarsky

Matt Murdock ne veut plus être Daredevil. Il ne veut même plus être avocat. Le voilà, par conséquent, plongé dans une nouvelle crise de foi. Le Caïd, de son côté, renonce à son empire du crime et redevient Wilson Fisk, décidé à entrer dans la légalité et à s’occuper davantage de ses fonctions de maire de New York. De son côté, Cole, le flic intègre, se frotte à ses collègues, tant ceux qui trouvaient bien pratique de laisser Tête à cornes effectuer l’essentiel du boulot que ceux qui appréciaient les pots de vin.

Ce deuxième tome de Daredevil aurait dû s’appeler Matt Murdock puisque lui seul apparait le long de ces 112 pages. Le récit prend son temps, sorte de « Daredevil no more », étalé sur cinq épisodes. Car même si on sait que Daredevil finira par reprendre du service, pour l’instant il reste aux abonnés absents. Comme dans ces vieux kung-fu dans lesquels Bruce Lee ou Wang Yu attendaient la dernière bobine pour rendre coup pour coup, DD apprécie sa retraite. Et, bien évidemment, il part draguer une libraire malheureuse en ménage. Sans savoir qu’elle appartient à un « clan » mafieux.

Ce deuxième tome approfondit la mythologie du principal protagoniste avec une approche adulte et sérieuse. Pas de vilains costumés, pas de grosses bastons d’encapés,…Juste un type qui a décidé de raccrocher le pyjama et se pose des questions sur Dieu, la justice, la place de la police, la manière de résoudre des problèmes par la force ou non, etc.

Dès lors, l’intrigue évolue lentement avec un côté feuilletonesque, voire soap : le flirt de Matt avec Mindy la libraire, la reconversion légale de Fisk, les démêlées de l’intègre Cole avec ses collègues ripoux, etc. Murdock, bien présent mais en quelque sorte un peu en retrait, reste toujours perturbé par ses contradictions. Il continue de professer sa foi catholique tout en reconnaissant l’état déplorable du monde. Un constat à mettre en parallèle avec sa défense du système judiciaire dont il est pourtant forcé de reconnaitre les faiblesses. Et avec sa mission de justicier qui l’oblige à prendre cette même justice en main, devant ainsi recourir à des méthodes qu’il désapprouve.

Venu de l’Inde, Lalit Kumar Shama propose des dessins de bonne facture, certes en deçà de ceux de son prédécesseur mais néanmoins agréablement maitrisés, surtout au niveau des ambiances et des décors, les personnages étant un peu moins bien brossés. Rien de grave, nous sommes loin des horreurs d’un Ramos sur Spiderman ou du photo réalisme mal digéré d’un Larocca sur Star Wars.

Malgré quelques bouffées d’action, l’essentiel de ce tome se consacre donc à cette exploration des sentiments du héros et à ses interrogations théologiques, philosophiques et existentialistes. Daredevil a toujours été un des protagonistes les plus intéressant, attachant et « torturé » de la Maison des Idées. De plus, il a souvent eu la chance de bénéficier de scénaristes talentueux qui ont livrés des prestations remarquées. Dans cette tradition (établie par Frank Miller et sa révision définitive de DD), Chip Zdarsky poursuit un run pour le moment exemplaire. L’auteur démontre, si besoin était, que les comics ont sacrément évolués dans le bon sens depuis les petites histoires emballées en 20 pages où le héros se contentait de savater le « vilain de la semaine ». On attend la suite, annoncée par un cliffhanger en guise de dernière planche, avec impatience.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #BD, #Daredevil, #Marvel Comics, #Superhéros

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Publié le 1 Juillet 2022

DAREDEVIL: JAUNE de Jeff Loeb et Tim Sale

Au début du XXIème siècle, Jeff Loeb et le récemment décédé Tim Sale décident de revisiter des événements marquants de l’existence des super-héros emblématiques. Aux côtés de leur chef d’œuvre, SPIDERMAN : BLEU, sort donc ce DAREDEVIL : JAUNE. Nous en sommes au tout début de la carrière de Tête à cornes, alors qu’il porte encore son premier costume jaune (d’où le titre).

Le récit, auto-suffisant, s’affranchit de la continuité et déroule une histoire complète qui peut s’apprécier sans connaissance préalable du personnage. A cette époque, Matt Murdock est obsédé par sa nouvelle secrétaire, Karen Page. Dans la « continuité », Karen sera le premier grand amour de Matt, deviendra ensuite son associée puis rompra avec lui lorsque le justicier lui révélera son identité secrète. Par la suit, Karen deviendra actrice porno avant de tomber dans la drogue et de vendre l’identité secrète de Daredevil au Caïd. Atteinte du Sida elle sera tuée par le Tireur. Loeb ne retrace pas l’entièreté du parcours de Karen, préférant permettre à Matt de se souvenir de leurs premières années. Héros accessible, justicier urbain, Daredevil affronte ainsi le Hibou mais l’essentiel du récit reste focalisé sur son alter-ego. L’avocat aveugle tente de se faire un nom avec son associé, Foggy Nelson, lui aussi amoureux de Karen.

Ce ton tragique n’exclut pas quelques passages plus légers et donne un récit solide et bien charpenté auquel on reprochera seulement une fin un peu expédiée. Dommage que le duo n’ait pas bénéficié d’une cinquantaine de pages supplémentaires pour poursuivre leur exploration du personnage de Karen. Toutefois, ce bémol ne ternit guère un ensemble fort réussi avec des personnages attachants et bien brossés. Les dessins de Tim Sale possèdent, eux, un côté un peu « spécial » et s’éloignent avantageusement du tout-venant : parfois déstabilisants, ils sont, en tout cas, très réussis, détaillés et évocateurs.

En 150 pages, DAREDEVIL : JAUNE constitue donc une excellente introduction à l’univers du héros de Hell’s Kitchen : une histoire efficace, un rythme rapide, une narration parfois elliptique mais qui prend cependant le temps de détailler les interactions entre les protagonistes,… Pourquoi se priver ? Un grand classique et une des meilleures façons de découvrir un des super-héros les plus attachants de la maison des Idées.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Comic Book, #Daredevil, #Marvel Comics, #Superhéros

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Publié le 17 Juin 2022

DAREDEVIL TOME 1: CONNAITRE LA PEUR de Chip Zdarsky & Marco Checchetto

En 2019, le scénariste canadien Chip Zdarsky se voit confier la reprise de Daredevil, succédant à Charles Soule et à l’événement DEATH OF DAREDEVIL. Dans ce nouveau statu quo, Matt Murdock se remet de l’accident qui a failli le tuer. Il prend des antidouleurs, drague dans les bars et opère toujours sous l’identité du Diable Rouge. Pendant ce temps, Wilson Fisk, le Caïd autoproclamé, devenu maire de New York, a lancé une vaste croisade contre les encapés et, en particulier, Tête à cornes. Les flics, de leur côté, évitent de mentionner les interventions de DD, lesquels entrainent surtout un surplus de paperasse. Pourtant, l’inspecteur Cole, fraichement débarqué en ville, ne l’entend pas ainsi. Il souhaite coffrer Daredevil, qu’il considère comme un justicier. Matt, lui, souffre encore une fois d’une crise de foi. Il discute avec le père Cathal, qui l’avait déjà aidé après l’accident l’ayant rendu aveugle, de péché, de Dieu, etc. Peu après, sous le costume de Daredevil, il empêche un cambriolage mais tue involontairement un des truands. Cela provoque chez Matt une profonde remise en question de sa mission et de ses méthodes.

Pour cette nouvelle série en forme de soft reboot, le scénariste relance le héros mais tient compte des événements antérieurs. Ces cinq épisodes montrent par conséquent un Matt Murdock peu en forme, en quête d’une relation stable, brisé et prenant des antidouleurs. Il est loin d’être performant en tant que superhéros : il manque de tomber en jouant les acrobates et se fait sérieusement malmené par des petits truands. Au point que le reste des encapés urbains lui conseille de raccrocher les gants et le masque.

Daredevil est sans doute l’un des personnages les plus intéressants de Marvel : ses pouvoirs sont très limités et son principal, son sens radar, compense « simplement » sa cécité. Il a toujours fait partie des héros urbain et réalistes, aux côtés de Luke Cage, Jessica Jones, Punisher et, dans une certaine mesure, Spidey. Bref, Tête à cornes n’est jamais meilleur que lorsqu’il s’occupe de problèmes modestes, « à hauteur d’hommes », loin des conflits cosmiques et des super vilains tout-puissants. Ici, encore une fois, il se débat avec ses doutes, sa foi, ses interrogations sur la réponse à apporter à la criminalité endémique de son quartier, etc.

Rien qui n’ait été abordé précédemment dans la série mais ce premier tome reste néanmoins une belle réussite, joliment écrit, très crédible et fort bien dessiné. Un très bon départ pour ce renouveau.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #BD, #Comic Book, #Marvel Comics, #Superhéros, #Daredevil

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