humour

Publié le 11 Novembre 2022

008 APPRENTI ESPION TOME 2 de Shun Matsuena

Le premier tome de cet amusant manga nous a présenté Eight Akashi (notre apprenti espion 008) refusé par tous les lycées après avoir échoué au concours d'entrée. Désespéré, il se voyait toutefois admis dans une école spéciale visant à former l'élite des services secrets. Le pauvre a subi une série d'épreuves pas piquées des hannetons qui occupaient quasiment les deux cents pages du tome 1. La fin du premier volume accordait à Akashi et ses amis le plaisir de partager un repas revigorant dans le réfectoire de l'école. Après ce court moment de calme les lycéens, drogués, se réveillaient au milieu de l'océan. Ce deuxième tome enchaine sur cette situation problématique et entre immédiatement dans le vif du sujet. Nos gamins échouent sur une île où ils vont devoir faire leurs preuves pour survivre.

008 APPRENTI ESPION poursuit dans la veine du premier opus, sur un ton assez décalé, parfois réaliste et violent, parfois complètement délirant comme en témoigne ce curieux prof à tête de lapin. Incongru mais fun. Inutile donc de chercher une intrigue réellement cohérente, le manga part dans tous les sens et assume ses références (James Bond bien sûr mais ici également BATTLE ROYALE). L'ambition de l'auteur est surtout d'amuser le lecteur et il y parvient assez joyeusement bien qu'il recourt à de grosses ficelles. Le récit, un poil prévisible, aligne les cours, souvent dangereux, que subissent nos apprentis espions, ce qui permet à l'auteur de développer les personnages et de nous les rendre sympathiques. Bien sûr ils restent assez clichés (le ninja porté sur l'honneur, le héros neuneu, l'espionne méga bonne, les profs tous frappés du bocal) mais sans que ce soit préjudiciable à cette histoire trépidante. La recette, sans réelle surprise, fonctionne pourtant plaisamment en mêlant des ingrédients ayant démontrés leur efficacité : de l'action, des héros attachants, des notes d'humour grasses, du délire plus ou moins contrôlé et des gadgets rigolos. Afin de contenter les fans, l'auteur y ajoute une bonne rasade d'érotisme, certes gentillet mais agréable, avec notamment une prof chaudasse experte dans la manipulation mentale des élèves en rut. Les plans culottes et nichons (plus ou moins dévoilés) abondent eux-aussi mais dans une ambiance légère et détendue. Bref, mignonne.

Finalement, ce second tome confirme la bonne humeur et le côté divertissant d'une série sans prétention mais agréable à suivre. La référence à James Bond, certes plaquée, reste acceptable tant le manga passe à la moulinette les fondamentaux de 007 (période pré-années 2000) avec un mélange pétillant de blagues lourdes, de sous-entendus osés, de pauses sexy, de gadgets improbables et d'action décomplexée. N'en attendons pas un classique ou un incontournable et sachons simplement apprécier ce mange pour ce qu'il est, à savoir un divertissement appréciable en ces temps moroses. On poursuivra donc avec le troisième tome en espérant, néanmoins, qu'une véritable intrigue se mette en place.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Manga, #Erotique, #Espionnage, #Humour

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Publié le 25 Octobre 2022

TOO DEAD FOR LOVE de Crazy Crüe

La collection Karnage se poursuit, en digne héritière de Gore. Elle se montre même, peut-être, plus variée au niveau des thèmes abordés par les auteurs francophones ici rassemblés. Ainsi Crazy Crüe rend hommage au heavy glam / sleaze / hair / FM Rock / Metal du milieu des années ’80. Cette démarche rappellera aux lecteurs de Gore le sympathique CLIP DE SANG de Christian Vila. Mais, ici, la manière de procéder se montre nettement plus référentielle. En effet, l’auteur use et abuse avec bonheur d’un name-dropping immédiatement évocateur pour les amateurs de ce courant musical.

Motley Crüe, W.A.S.P, Cinderella, Poison, Twister Sisters, Guns & Roses, Ratt, Quiet Riot, « même Bon Jovi » sont conviés à la fête, sous la tutelle des ancêtres Hanoï Rock et Kiss et le regard bienveillant du Maître Suprême Alice Cooper (« nous ne sommes pas dignes ! »). Entre présentation des musiciens zombifiés, paroles de chansons et références à la glorieuse époque où le glam régnait sans partage sur MTV, le roman rappelle à nos bons (hum !) souvenirs les fameuses campagnes assimilant cette musique à un vacarme satanique (pourtant, on ne parle pas de Venom ou Deicide ici) et les autocollant « explicit lyrics » apposés à la hâte sur les albums.

L’argument ? Une épidémie sexuellement transmissible, un vilain virus mortel refilé aux stars de la musique rock qui tombent comme des mouches. Les coupables ? Des groupies lobotomisées à la suite des discours d’un gourou évangéliste comme l’Amérique en a le secret. Une partie des contaminés décèdent, dans de grandes explosions de tripailles façon « Street Trash », les autres deviennent des sortes de zombies putréfiés à la bite à moitié décomposée. Beaucoup sont touchés mais l’auteur nous cligne de l’œil avec un Mick Mars bien vivant mais qui parait plus mort que ses comparses. Ou un Rob Halford qui se chope le virus alors qu’on connait ses préférences. Les deux interviews du groupe fictif Royal Mercury qui ouvrent et ferment le roman sont, elles aussi, bien fun pour le fan de glam.

Le roman ne se perd pas en digressions inutiles et file à l’essentiel avec le quota requis de sexe et de gore. Toutefois, rien de malsain ici, plutôt un rappel du gore déjanté et rigolard du milieu des années ’80, période propice à « Re-Animator », « Toxic Avenger », etc. L’écriture se montre efficace et jamais bâclée sans verser dans la « grande littérature qui se regarde le nombril ». L’auteur cherche (et trouve) la bonne manière de raconter cette histoire déjantée qui se termine sur une note amusante. Bref, avec TOO DEAD FOR LOVE le lecteur s’amuse et passe un bon moment, en particulier s’il aime les chevelus drogués des eighties.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Gore, #Horreur, #Humour, #Karnage, #Musique

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Publié le 16 Août 2022

LES DAMES DE MARLOW ENQUÊTENT: MORT COMPTE TRIPLE de Robert Thorogood

Créateur de la série “Meurtres au paradis”, Robert Thorogood nous propose un policer d’enquête teinté d’humour, un classique récit “cozy” à déguster au coin du feu.

Héritière de Miss Silver et Miss Marple, Judith Potts est une Anglaise de 77 ans quelque peu excentrique, le genre à se baigner nue dans la Tamise ou à se payer une cuite au whisky. Lorsqu’elle surprend un bruit bizarre dans la maison de son voisin elle est certaine que ce dernier a été assassiné. Bien sûr la police ne croit pas notre gentille toquée. Du coup elle se lance dans le métier de détective. Après tout résoudre une enquête c’est un peu comme faire un mot croisé, non ? Aidée de la femme du vicaire et de la pipelette du village, notre apprentie limier part en chasse.

Après avoir revisité toutes les façons de commettre un crime parfait d’apparence impossible (en chambre close et autre) avec sa série des « Meurtres au paradis » et les romans qui en découlent, Thorogood reprend le cliché de la « vieille dame (in)digne ». Cette dernière en sait beaucoup sur son petit patelin et, sans avoir besoin de méthodes compliquées ou de technologies, elle aborde les énigmes, uniquement armée de son bon sens et de sa connaissance de l’âme humaine. Depuis Silver, Marple ou la (plus jeune) Agatha Raisin, ce type de personnage gentiment excentrique et anachronique a nourri bien des intrigues. Judith Potts, la principale protagoniste, se voit ici accompagnée de deux co-détectives un brin loufoque. Ce trio va pouvoir résoudre une intrigue assez touffue mais qui se lit facilement. Admettant volontiers l’influence d’Agatha Christie, le romancier multiplie les suspects, les fausses pistes, les retournements de situation, etc. Finalement, l’héroïne explique, longuement, comment / par qui / pourquoi le meurtre a été commis.

Avec ses 340 pages, le roman peut toutefois sembler un poil trop long : le dernier tiers verse plus volontiers dans le comique de situation au détriment de l’humour plus subtil et british des précédents chapitres. Un petit bémol mais l’ensemble reste suffisamment frais et divertissant pour assurer un bon moment de lecture. Si la recette n’est pas encore parfaitement maîtrisée nul doute que la suite, annoncée pour 2023, saura corriger les quelques défauts de cette première livraison. Un pur roman détente qui s’appréciera tout autant sur la plage que dans un fauteuil par une soirée d’hiver.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Cosy Mystery, #Humour, #Policier, #Whodunit

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Publié le 10 Août 2022

M. JE SAIS TOUT: CONSEILS IMPURS D'UN VIEUX DEGUEULASSE de John Waters

Le vieux dégueulasse, Mr John Waters, se livre dans ce bouquin réjouissant. Il alterne souvenirs biographiques, anecdotes sur le tournage de ses films les plus récents et considérations diverses. A mi-chemin entre le dandy provocateur, le punk distingué et le pince sans rire, Waters se raconte et se met en scène, pas dupe de son statut d’icône et de pape du trash. Il évoque « Hairspray », « Serial Mom », etc. puis discute de la valeur monétaire des œuvres d’art réalisées par des singes ou effectue une sorte de guide touristique des sex shop et autre glory hole gay.

Waters travaille sa prose et sacrifie parfois l’autobiographie au bon mot ou à la punchline de (bon) mauvais goût. Ce qui rend l’ensemble amusant et divertissant vu qu’il passe d’un sujet à un autre avec vivacité. Waters livre presque son « guide du parfait gentleman » à lui. Mais, dans sa version du gentleman, il importe de péter, roter. Bref, son gentleman pue un peu la merde, à l’image des pastilles odorantes de « Polyester » mais, finalement, cette odeur ragaillardit en ces temps de trous du cul de la cancel culture et autres offusqués éveillés.

Toutefois, Waters oublie parfois de jouer au clown et s’accorde une pause tendresse. Mélancolique et nostalgique, sentant le temps qui passe et la mort qui s’approche, le dandy décadent se reprend in extrémis et se paie un trip au LSD pour fêter son entrée dans le troisième âge. Car, bon, Waters est aujourd’hui accepté par l’intelligentsia et voit ses films édités dans de prestigieuses éditions chez Criterion notamment, ce qui ne l’empêche pas de vouloir encore, de temps en temps, mettre un bon coup de bite dans le cul du politiquement correct.

Comme il le dit lui-même : « je suis devenu quelqu’un de respectable. Je me demande bien comment. Le dernier film que j’ai réalisé s’est fait descendre par la critique et a été interdit aux moins de dix-sept ans. Six de mes contacts personnels ont été condamnés à la réclusion à perpétuité. Et puis j’ai produit une œuvre d’art intitulée Douze trous de balle et un pied sale, composée de gros plans extraits de films pornos, et un musée l’a acquise pour sa collection permanente sans que personne se fâche. Qu’est-ce qui a bien pu se passer, bordel ?”

Que l’on aime ou pas son oeuvre, difficile de ne pas trouver cette vraie / fausse autobiographie aussi drôle que necessaire (le mot est lâché) en cette période de censure de l’humour où certains illumines viennent decider de quoi on peut rire (ou pas).

Bref, un bon moment de divertissement (plus ou moins) intelligent servi aux petits oignons par cette vieille tarlouze détraquée de Waters! Long live the shit!

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Biographie, #Cinéma, #Chroniques, #Cinéma Bis, #Humour, #LGBT

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Publié le 6 Août 2022

FUTURS PAS POSSIBLES présenté par Isaac Asimov

Isaac Asimov présente…divers futurs possibles. Un nom porteur pour des anthologies d’intérêt variable mais qui eurent le mérite de présenter une poignée de nouvelles au grand public. Ce recueil comprend sept textes et quelques grands noms de la SF. Ils furent généralement publiés, en VO, dans le magazine d’Asimov, d’où la « caution » apportée par le Bon Docteur.

« Dilemme » joue ainsi la carte de l’humour et de l’hommage à Asimov. Signé Connie Willis, on le retrouvera également dans LES FILS DE FONDATION. Ce petit récit plein d’humour égratigne affectueusement le très prolifique Bon Docteur et propose un plaisant « name dropping » des géants de la SF de l’âge d’or.

En parlant de géant, Silverberg ne démérite pas avec « Jouvence », récit de la quête de la fontaine miraculeuse. Un mélange de SF et d’aventures historiques fort convaincant.

George Alec Effinger propose ensuite une nouvelle, « Le cyborg sur la montagne », situé dans son univers fétiche, celui d’un Moyen Orient futuriste et cyberpunk. Un texte entre anticipation et polar d’action typique de l’auteur mais rondement mené. Du bon boulot en peu de pages.

« Loterie macabre » de S.P. Somtow détonne dans ce recueil avec une intrigue entre fantastique et épouvante : deux jeunes ados, en Thaïlande, s’apprête à passer la nuit dans un cimetière afin qu’un fantôme leur donne les numéros gagnants de la loterie. Pas mal et indéniablement exotique, notamment en ce qui concerne les coutumes, superstitions et légendes locales.

Deux autres textes, plus longs, sont signés Tiptree et Charles Sheffield mais la pièce de résistance reste la courte et excellente « le jour où les ours ont découvert le feu » de Terry Bisson. Récompensé par le Hugo, le Nebula, le Locus, le Sturgeon et le Asimov (excusez du peu !), voici une nouvelle où la SF sert simplement de décor (à la suite de l’événement décrit dans le titre) pour un récit intimiste d’une grande originalité.

Comme toutes les anthologies de ce style, il y a donc à boire et à manger mais, dans l’ensemble, les textes rassemblés ici sont d’une grande qualité et méritent la lecture.

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Publié le 8 Juin 2022

TRAQUEMORT: TOME 1 - LE PROSCRIT de Simon R. Green

Golgotha, capitale de l’infâme Empire Galactique, sous le joug de Lionnepierre, dite la Garce de Fer. Les puissants écrasent toutes possibilités de révolte et se délectent des combats de gladiateurs dans les arènes. Owen Traquemort appartient aux privilégiées et se satisfait de son existence, partagée entre les plaisirs de la vie et l’étude de l’Histoire. Jusqu’au jour où, sur une lubie de Lionnepierre, il perd tout et devient un proscrit. Erudit peu concerné par les combats et la politique, Owen doit fuir vers l’unique planète qui échappe à l’Empire, Brumonde, repère des pires contrebandiers et crapules de la galaxie. De là, peut-être, pourra t’il lancer la rébellion.

Saga en huit tomes, chacun de 700 pages bien tassées, TRAQUEMORT débute rapidement par la chute de son héros, lequel passe de notable tranquille à proscrit. Déboussolé, il doit s’allier avec quelques personnages peu recommandables : une jeune criminelle, une chasseuse de primes, un révolutionnaire légendaire mais à bout de course, etc. Première étape dans le plan de révolte de Traquemort : ramené à la vie son ancêtre, le « Premier Guerrier » d’antan, placé en stase depuis près d’un millénaire. Et ensuite trouver une arme mythique. Et une armée. Oui, ça ne sera pas simple !

Traquemort (Deathstalker en VO, nom emprunté à une tétralogie de Conaneries à petit budget très sympathiques) ne cherche pas à réinventer la roue mais aligne aux contraires les conventions de la SF spectaculaire avec une bonne santé réjouissante. On y retrouve une bande de vauriens cools et d’aristocrates associés pour combattre un Empire tout puissant, un noble cinglé adepte de toutes les drogues possibles, des êtres modifiés dotés de pouvoirs psy (les Espis), des clones, des IA impertinentes, des combats dans l’Arène, un tout puissant Gladiateur Masqué à l’identité mystérieuse, un héros légendaire ramené à la vie après plus de neuf siècles, des intrigues de palais et des rivalités claniques qui se résolvent dans le sang, des combats à l’épée (car les pistolasers c’est efficace mais ils nécessitent deux minutes entre chaque tir pour redevenir opérationnels),…

Simon R. Green délivre un roman très feuilletonnant, mélange de science-fiction et de fantasy dans une ambiance proche du péplum décadent avec un gros parfum de cape et épée. Space et Planet Opera dominent le récit, avec les références attendues : « Star Wars » bien sûr, « Dune » évidemment et même les plus anciens « John Carter », « Flash Gordon », etc. Une touche d’Albator (parallèle accru par la couverture), une pincée des vénérables ROIS DES ETOILES et autres space op’ d’antan à la Leigh Brackett ou E.E. Doc Smith, des héros fatigués mais encore vaillants à la Gemmell pour lesquels ne restent que l’honneur. Green ratisse large et convoque aussi les grands ancêtres façon TROIS MOUSQUETAIRES, les intrigues du TRONE DE FER ou les rivalités familiales des PRINCES D’AMBRE, le tout dans une ambiance fiévreuse pleine de bruit et de fureur façon Robert E. Howard etc.

L’auteur ne se prive jamais de références parfaitement assumées, entre hommage, ré imagination et clins d’œil (« Nouvel Espoir ») et y ajoute des éléments fun, soit hérités de la SF d’antan soit tout aussi référentiels mais plus proches de la fantasy ou du fantastique. Ainsi des combattants assoiffés de sang sont nommés des Wampyres, des mutants féroces comme des loups sont, forcément, surnommés les Garous, etc. Green n’a pas peur de la surenchère ni de la grandiloquence. Vulgairement on pourrait même résumer ce tome 1 par un « plus épique tu meurs ». Les héros cherchent quand même une arme trop puissante…et quand on dit puissante c’est le niveau au-dessus de l’Etoile Noire, c’est plutôt du registre de l’Anéantisseur Ultime des Marvel Comics. Une arme capable d’anéantir des milliers d’étoiles d’un coup. Heureusement elle est cachée dans un dédale qui rend fou tous ceux qui osent s’y aventurer.

Avec TRAQUEMOT, Simon Green propose un livre-univers attrayant avec énormément de personnages, certains très sympas et d’autres vraiment très méchants. Beaucoup de péripéties, de voyages d’un bout à l’autre de galaxie, de duels à l’épée, de fantaisie et d’imagination. Certes il touille une tambouille connue mais le plat est si bien cuisiné qu’on le déguste et qu’on en redemande. Les 750 pages passent d’ailleurs comme une lettre à la poste, grâce également à l’humour de l’auteur, parfois noir et parfois absurde : « british » dirait-on pour simplifier (comme en témoigne aussi sa saga fantasy de HAVEN),… Quelques défauts bien sûr, l’une ou l’autre longueurs (vu la taille de la brique c’est quasi inévitable), un sentiment parfois de « trop plein »… mais un rythme soutenu et des péripéties prenantes. Bref une saga enthousiasmante et un premier tome qui donne envie de poursuivre rapidement avec le deuxième opus de la saga.

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Publié le 20 Mars 2022

THE PIG d'Edward Lee

Quasiment inventeur de l’horreur hardcore, du splatterpunk et du pornogore, Edward Lee livre régulièrement des petits bouquins très méchants qui bousculent joyeusement les tabous. Contrairement à la plupart de ses collègues, Lee possède surtout un sens de l’humour certes tordu mais appréciable. Et une imagination suffisante pour élever ses romans au-delà du simple étalage de boucherie sexuelle. Alors, évidemment, nous sommes très loin de l’horreur « grand public » jadis publiée dans des collections de prestige comme « Terreur » ou « J’ai lu Epouvante ». Edward Lee aurait davantage eu sa place chez Gore…quoiqu’il ne soit même pas certain qu’il aurait été accepté là-bas !

THE PIG est pourtant souvent drôle (mais si !) à la manière d’un film des frères Coen. Si ces derniers, après « Fargo », avait décidé de se tourner vers le porno et l’horreur extrême nous aurions eu un métrage proche de THE PIG. Car l’écrivain nous présente une série de personnages sacrément déjantés embarqués dans une intrigue complètement horrible mais aussi loufoque.

Nous sommes dans la seconde moitié des années ’70 avec la « bande son » et les références obligées au punk. Le naïf Leonard désire percer dans la mise en scène. Son rêve ? Réaliser un grand film, quelque part « entre Bergman et Polanski avec un peu d’Hitchcock et de Fulci ». Un bon programme. Mais, suite à diverses péripéties tragi-comiques, le pauvre prend de nombreuses mauvaises décisions, passe 18 mois en prison (avec intermède sodomie inévitable) et se retrouve incapable de rembourser une grosse somme d’argent à la mafia. Comme Leonard est doué avec une caméra, le Parrain éponge sa dette à la condition qu’il tourne des films pour lui. Et voilà Leonard plongé dans le monde du porno underground : golden shower, scatologie, déformations sexuelles et toute une série d’animaux. Car la spécialité de Leonard est la zoophilie. Leonard accueille ainsi les « stars » de sa dernière production : deux junkies à la dérive et un énorme cochon. Or, ce dernier a été volé à une secte religieuse. Et il est maudit. Ce qui avait mal commencé ne peut donc qu’encore plus mal se terminer…

THE PIG s’affirme comme un bel exemple de la « méthode » d’Edward Lee : il ne cherche pas à effrayer, simplement à provoquer une réaction viscérale qui oscille entre la répulsion et le rire. Bien sûr, son humour est sacrément malsain et ce court roman (une centaine de pages) franchit joyeusement toutes les limites avec un barrage continuel de viols, tortures, scènes zoophiles et carnages en tout genre. Le tout de manière très « Grand Guignol » dans ses excès. Le dernier acte vire au fantastique pure avec l’influence du cochon maudit : après avoir été dévoré par le héros le porc de l’angoisse transforme celui-ci en un monstrueux Hulk démoniaque. Si THE PIG sera réservé aux estomacs bien accroché, THE PIG est plutôt fun à condition de suivre l’auteur dans son délire !

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Gore, #Horreur, #Humour, #Erotique, #Splatterpunk

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Publié le 1 Février 2022

LES MECANOS DE VENUS de Joe Lansdale

Publiée en 1990, voici la première aventure de Hap Collins et Leonard Pine. Le premier est un blanc tranquille, ancien hippie ayant purgé quelques mois de prison pour avoir refusé d’aller au Vietnam. Le second est un Noir musclé, vétéran de cette même guerre et homo. Ils vivotent au Texas en acceptant des petits boulots mal payés. Mais lorsque débarque Trudy, l’ex-femme de Hap, la situation se complique. Sexy, manipulatrice, voulant ressusciter l’esprit des sixties, elle affirme connaitre la planque d’une grosse somme d’argent, cachée dans une voiture échouée au fond des marécages. En dépit des avertissements de Léonard, Hap, complètement mené par le bout de la queue, accepte de l’aider. Peu après, Trudy revient avec son nouveau mari et une petite bande de révolutionnaires d’opérettes qui croient encore aux conneries babacool, aux idéaux révolutionnaires et au triomphe du gauchisme. C’est dire si ça va mal dans leur tête. Bref, notre troupe de ringards se voit bien acheter des armes une fois le pognon planqué retrouvé. Eh oui, ils espèrent encore qu’arrive enfin le matin du grand soir ! Mais devant autant d’argent chacun tire la couverture à lui et les notions d’amitié n’ont pas plus d’importance que la parole donnée. Hap et Leonard auront bien du mal à sortir de ce guépier et à rester en vie.

Polar classique mais adroitement ficelé, emballé dans un esprit très « nouveau western », LES MECANOS DE VENUS, première de la quinzaine d’aventures de Hap et Leonard (qui connurent également trois saisons de série télé), se base surtout sur des dialogues précis, tour à tour drôles et grossiers, bien enlevés et pertinents. Une suite de répliques façon Tarantino dirait-on, tant l’amitié bourrue et virile entre les deux héros anime une intrigue certes conventionnelle mais fort plaisante. Les amitiés mises à mal par un gros paquet de pognon et une femme fatale, ça reste quand même l’ingrédient principal du polar. Mais lorsque le cuisinier est doué, comme c’est le cas ici, le plat se montre nourrissant et le lecteur en ressort satisfait.

Quelque part, Joe R. Lansdale affirme aussi la mort de l’utopie sixties et les efforts complètement vains de ranimer, vingt ans plus tard, cette pensée révolutionnaire gaucho bobo (beurk !) totalement à la ramasse à la charnière des années ’80 et ’90. Comme disait l’autre devant cette bande de branquignols en quête d’argent pour financer une révolution dans un quelconque pays pourri d’Amérique du Sud, « un bon hippie est un hippie mort ».

En résumé voici un roman rythmé, avec de l’action, des péripéties, des retournements de situation, des bagarres, des fusillades et des « punchlines » qui fusent dans la joie et la bonne humeur. Très distrayant ! On en redemande !

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Humour, #Polar, #Thriller, #LGBT

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Publié le 9 Janvier 2022

BABY TRAP de Patrice Herr Sang

Troisième livraison pour Karnage, la collection qui succède à Gore, Maniac et Trash auprès des amateurs d’horreur pulp extrême. Patrice Herr Sang, alias Patrice Lamare, est une figure bien connue du milieu bis, rock et punk avec sa librairie parisienne Hors Circuit. Au milieu des années ’80, il livre pour la collection Gore un premier bouquin, LA GALERIE DES HORREURS, hommage au Grand Guignol façon Hershell Gordon Lewis. Par la suite il s’attaque aux agressions animales avec LES GRIFFES DE SANG et s’inspire du giallo à la Argento pour SIX CADAVRES DANS UN CERCLE. Guère étonnant de le retrouver au programme de la collection Karnage avec ce roman à l’humour noir prononcé. Après le très brutal SANCTIONS de Talion et le référentiel / porno / gore ACID COP de Zaroff, voici ici une nouvelle manière d’envisager la collection, dans un esprit beaucoup plus ludique. Cela ne veut pas dire, bien sûr, que l’auteur ait renoncé aux scènes sanglantes et choquantes mais, dans l’ensemble, cette rafale de gore se veut plus amusante que scandaleuse. Le thème, cependant, reste sans concession avec ces bébés exécutés sans pitié. Des parents à bout ? L’enquête est confiée à un policier dur à cuir typique qui remonte la piste. Comme toujours, le tout est emballé en 160 pages bien serrées qui ne trainent pas en route mais offrent, à intervalles réguliers, un passage bien saignant.

BABY TRAP propose donc une intrigue solide, un côté déjanté par sa thématique originale, un peu de sexe et pas mal de violence, le tout saupoudré d’une large rasade d’humour noir. Cela se lit vite, sans ennui et avec le sourire (sans provoquer de hauts le cœur !). Bref, du bon Karnage qui pourrait ouvrir la collection à un public plus large et moins jusqu’au-boutiste que les deux premiers volumes. On appréciera cette troisième livraison qui démontre l’ouverture des titres proposés en attendant le suivant, plus axé science-fiction : COSMOS CANNIBALE.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Gore, #Horreur, #Humour, #Roman de gare

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Publié le 4 Janvier 2022

QUI A TUE SON EDITEUR? de Josh Lanyon

Après la chick-lit, voici une nouvelle niche littéraire, le cosy mystery gay humoristique. Les patronymes des héros appuient immédiatement la référence et le titre annonce la couleur : le monde de l’édition va en prendre pour son grade. Christopher « Kit » Holmes anime depuis seize ans les aventures de la détective Miss Butterwith, une vieille fille accompagnée de son chat Pinkerton. Hélas, les ventes s’effritent. Holmes accepte donc de participer à une réunion d’auteurs et réfléchit, sur les conseils de son agent, Rachel, à de nouvelles possibilités pour relancer ses ventes déclinantes. Par exemple un bouquin mêlant polar et démons aux temps de la Régence. A la convention des écrivains, Holmes retrouve un de ses ex, le toujours séduisant et arrogant Moriarity. Mais il tombe également sur un cadavre de femme manifestement assassinée. Lorsqu’une tempête isole la propriété, Holmes se dit qu’il est le mieux placé pour enquêter.

QUI A TUE SON EDITEUR ? débute de manière rapide, avec une succession de scènes amusantes, des répliques qui fusent façon Boulevard, et des considérations plutôt drôles sur les modes qui, dans l’édition comme ailleurs, vont et viennent. Les relations entre Holmes et Moriarity (notez le « i » supplémentaire) donnent la saveur particulière du bouquin, entre attirance, vacheries et coup de b… vite fait bien fait. Le mélange d’humour caustique (mais sans excès) et de romance fonctionne donc plaisamment, les deux personnages, quoique stéréotypés, étant agréables à suivre, en particulier ce flamboyant Holmes qui se réfère à sa détective façon Miss Marple. Les références littéraires et cinématographiques sont donc nombreuses et animent une intrigue par contre un peu faible. L’enquête tourne vite en rond en dépit d’un inévitable deuxième meurtre (comme on le sait avec le whodunit, une fois que l’on a commencé à tuer il est difficile de s’arrêter pour couvrir ses arrières) et l’identité du coupable parait à la fois évidente et sortie d’un chapeau. Au lieu d’interrogatoires rigoureux et de déductions complexes, l’autrice joue surtout la carte du babillage avant la réunion finale des suspects et la désignation de l’assassin par le héros. Pour les amateurs, trois scènes érotiques ponctuent le récit mais sans que cet aspect ne soit envahissant. Une première partie plaisante et une seconde trop banal, linéaire et bavarde aboutit, au final, à un roman potable mais quelque peu décevant.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Policier, #Whodunit, #LGBT, #Humour

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