superheros

Publié le 1 Juillet 2022

DAREDEVIL: JAUNE de Jeff Loeb et Tim Sale

Au début du XXIème siècle, Jeff Loeb et le récemment décédé Tim Sale décident de revisiter des événements marquants de l’existence des super-héros emblématiques. Aux côtés de leur chef d’œuvre, SPIDERMAN : BLEU, sort donc ce DAREDEVIL : JAUNE. Nous en sommes au tout début de la carrière de Tête à cornes, alors qu’il porte encore son premier costume jaune (d’où le titre).

Le récit, auto-suffisant, s’affranchit de la continuité et déroule une histoire complète qui peut s’apprécier sans connaissance préalable du personnage. A cette époque, Matt Murdock est obsédé par sa nouvelle secrétaire, Karen Page. Dans la « continuité », Karen sera le premier grand amour de Matt, deviendra ensuite son associée puis rompra avec lui lorsque le justicier lui révélera son identité secrète. Par la suit, Karen deviendra actrice porno avant de tomber dans la drogue et de vendre l’identité secrète de Daredevil au Caïd. Atteinte du Sida elle sera tuée par le Tireur. Loeb ne retrace pas l’entièreté du parcours de Karen, préférant permettre à Matt de se souvenir de leurs premières années. Héros accessible, justicier urbain, Daredevil affronte ainsi le Hibou mais l’essentiel du récit reste focalisé sur son alter-ego. L’avocat aveugle tente de se faire un nom avec son associé, Foggy Nelson, lui aussi amoureux de Karen.

Ce ton tragique n’exclut pas quelques passages plus légers et donne un récit solide et bien charpenté auquel on reprochera seulement une fin un peu expédiée. Dommage que le duo n’ait pas bénéficié d’une cinquantaine de pages supplémentaires pour poursuivre leur exploration du personnage de Karen. Toutefois, ce bémol ne ternit guère un ensemble fort réussi avec des personnages attachants et bien brossés. Les dessins de Tim Sale possèdent, eux, un côté un peu « spécial » et s’éloignent avantageusement du tout-venant : parfois déstabilisants, ils sont, en tout cas, très réussis, détaillés et évocateurs.

En 150 pages, DAREDEVIL : JAUNE constitue donc une excellente introduction à l’univers du héros de Hell’s Kitchen : une histoire efficace, un rythme rapide, une narration parfois elliptique mais qui prend cependant le temps de détailler les interactions entre les protagonistes,… Pourquoi se priver ? Un grand classique et une des meilleures façons de découvrir un des super-héros les plus attachants de la maison des Idées.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Comic Book, #Daredevil, #Marvel Comics, #Superhéros

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Publié le 24 Juin 2022

MARVEL EPIC COLLECTION - CAPTAIN AMERICA: THE BLOODSTONE HUNT

Un nouveau épais tome de la collection Epic. Il comprend les épisodes 351 à 371 de la série Captain America, datant de la toute fin des années ’80. Mark Gruenwald poursuit l’écriture de ce très long run qui s’inscrit dans la suite du précédent et réussi THE CAPTAIN.

Où en sommes-nous ? Steve Rogers est redevenu le Captain America, récupérant son bouclier et son costume. John Walker, son remplaçant, accepte de se mettre en retrait. Mais, lors d’une conférence de presse, Walker est abattu par un sniper. Le Captain, Peggy Carter, Nick Fury et Battlestar mènent l’enquêtent. Ils apprennent que Walker est toujours vivant : le gouvernement lui a donné une nouvelle identité secrète, celle de U.S. Agent. Les intrigues suivantes placent Cap’, à la tête des Avengers, face aux Super Soldats Soviétiques. Redevenu enfant à la suite d’un sortilège, Cap’ infiltre une secte menée par Mother Night.

L’arc qui donne son titre à cette anthologie s’étend sur six épisodes : le Baron Zemo recrute Batroc, l’expert français de la savate à l’accent impayable, Machette et Zaran pour reconstituer une pierre magique. Une pièce très plaisante, qui voit Cap’ associé à une Diamondback chaude comme une baraque à frites. La « bloodstone hunt » est très agréable à lire, plein de rebondissements, d’action et d’aventures, avec le toujours fun Batroc au code de l’honneur particulier qui émaille ces combats de « sacrebleu » et autre « m’sieur ».

La suite implique Crossbones, le retour de Crâne Rouge et un détour par le crossover « Acts of Vengeance » (en 3 parties). C’est également plaisant et une lecture des épisodes enchainés gomment certains défauts (c’est parfois trop lent et quelques histoires sont médiocres). Cela reste typique du comic-book de cette époque, avec souvent une narration un peu pesante ou des pensées redondantes des héros dont on pourrait se passer en regardant simplement les images. Mais, dans l’ensemble, le lecteur passe un bon moment.

Le côté plus politique, violent et mâture de THE CAPTAIN s’efface devant des récits surtout basés sur l’action et les combats classiques contre des super méchants. Parfois longuet (le destin de John Walker se devine en 2 pages mais prend plusieurs épisodes), parfois naïf (la romance reste un brin neuneu et Diamondback se la joue vraiment chaudasse émoustillée par Cap’), tout cela possède le charme du bon comics mainstream d’antan.

De leurs côtés, les dessins sont d’un bon niveau général, pas trop détaillé mais pas bâclés non plus. On retrouve évidemment le mélange habituel de mâles très musclés et de femelles sexy portant des tenues improbables et peu pratiques. Rien de honteux et rien de fantastique, du boulot honnête, illustratif mais dynamique.

En récit annexe, le combat entre Cobra et Mr Hyde poursuit le travail du scénariste sur sa Société du Serpent. Un récit « au long cours » sur les super-vilains ophidiens plutôt sympa. En prime, quelques guest stars apparaissent, comme John Jameson en pilote. La Némésis de toujours, Crâne Rouge, est de la partie mais se voir ravir la vedette par le nouveau venu, le redoutable Crossbones.

Bref, BLOODSTONE HUNT demeure un tome sympathique à conseiller aux fans du personnage.

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Publié le 17 Juin 2022

DAREDEVIL TOME 1: CONNAITRE LA PEUR de Chip Zdarsky & Marco Checchetto

En 2019, le scénariste canadien Chip Zdarsky se voit confier la reprise de Daredevil, succédant à Charles Soule et à l’événement DEATH OF DAREDEVIL. Dans ce nouveau statu quo, Matt Murdock se remet de l’accident qui a failli le tuer. Il prend des antidouleurs, drague dans les bars et opère toujours sous l’identité du Diable Rouge. Pendant ce temps, Wilson Fisk, le Caïd autoproclamé, devenu maire de New York, a lancé une vaste croisade contre les encapés et, en particulier, Tête à cornes. Les flics, de leur côté, évitent de mentionner les interventions de DD, lesquels entrainent surtout un surplus de paperasse. Pourtant, l’inspecteur Cole, fraichement débarqué en ville, ne l’entend pas ainsi. Il souhaite coffrer Daredevil, qu’il considère comme un justicier. Matt, lui, souffre encore une fois d’une crise de foi. Il discute avec le père Cathal, qui l’avait déjà aidé après l’accident l’ayant rendu aveugle, de péché, de Dieu, etc. Peu après, sous le costume de Daredevil, il empêche un cambriolage mais tue involontairement un des truands. Cela provoque chez Matt une profonde remise en question de sa mission et de ses méthodes.

Pour cette nouvelle série en forme de soft reboot, le scénariste relance le héros mais tient compte des événements antérieurs. Ces cinq épisodes montrent par conséquent un Matt Murdock peu en forme, en quête d’une relation stable, brisé et prenant des antidouleurs. Il est loin d’être performant en tant que superhéros : il manque de tomber en jouant les acrobates et se fait sérieusement malmené par des petits truands. Au point que le reste des encapés urbains lui conseille de raccrocher les gants et le masque.

Daredevil est sans doute l’un des personnages les plus intéressants de Marvel : ses pouvoirs sont très limités et son principal, son sens radar, compense « simplement » sa cécité. Il a toujours fait partie des héros urbain et réalistes, aux côtés de Luke Cage, Jessica Jones, Punisher et, dans une certaine mesure, Spidey. Bref, Tête à cornes n’est jamais meilleur que lorsqu’il s’occupe de problèmes modestes, « à hauteur d’hommes », loin des conflits cosmiques et des super vilains tout-puissants. Ici, encore une fois, il se débat avec ses doutes, sa foi, ses interrogations sur la réponse à apporter à la criminalité endémique de son quartier, etc.

Rien qui n’ait été abordé précédemment dans la série mais ce premier tome reste néanmoins une belle réussite, joliment écrit, très crédible et fort bien dessiné. Un très bon départ pour ce renouveau.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #BD, #Comic Book, #Marvel Comics, #Superhéros, #Daredevil

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Publié le 10 Juin 2022

MARVEL EPIC COLLECTION - CAPTAIN AMERICA: THE CAPTAIN de Mark Gruenwald

Encore un épais volume de la « Epic Collection ». Il succède à deux collections sympathiques, SOCIETY OF SERPENTS et JUSTICE IS SERVED, poursuivant l’idée d’un Steve Rogers jetait dehors par le Gouvernement. Du coup Steve poursuit sa croisade mais sous le sobriquet plus sobre de Captain. Pendant ce temps, John Walker, alias Super Patriote, est engagé pour reprendre le flambeau et, surtout, le bouclier.

En 20 épisodes pour 520 pages, THE CAPTAIN développe ce récit et suit, en parallèle, les deux incarnations de la Bannière Etoilée. Steve Rogers se retrouve ainsi entouré du Faucon, de Demolition Man, de Nomade et de la totalement inutile Vagabond. Walker, de son côté, sombre dans la folie furieuse lorsque son identité est dévoilée et ses parents assassinés. La Society Of Serpents revient également sur le devant de la scène avec une Diamondback chaudasse et une multiplication des méchants amusante. Une vingtaine de vilains « reptiliens » se disputent la tête de l’organisation sur laquelle Viper lance une sorte d’OPA. Les membres de la Société sont vraiment divers, ils vont de gugusses costumés sans véritable pouvoir à des super criminels plus dangereux et puissants. Leur réunion fait donc sourire mais retrouve le côté outrancier et divertissant des comics d’antan.

Conspirations, combat de Captain contre Iron Man (en pleine guerre des armures), affrontement avec l’un ou l’autre vilains de seconde zone, passages WTF (Ronald Reagan transformé en serpent monstrueux après avoir été drogué par la Société),…beaucoup de choses se passent et, franchement, la plupart d’entre elles sont fun et énergiques. Bien sûr, on n’échappe pas à quelques passages risibles, à une caractérisation parfois fluctuante ou minimale des personnages (Nomade est pénible, Vagabond devrait recevoir un autocollant « sert à rien » sur le front, Diamondback a des yeux qui crient braguettes à chaque apparition d’un encapé musclé), à des costumes tout en excès, etc. Les bulles de pensées, un peu trop nombreuses, ralentissent souvent l’intrigue et sont redondantes par rapport aux dessins. La qualité est également en dent de scie : si la plupart des épisodes sont réussis d’autres restent anecdotiques. Heureusement, les premiers sont plus nombreux que les seconds.

Bref, si on supporte les bémols habituels des comics des années ’80 (tout en poses iconiques et en dialogues grandiloquents), ces défauts n’en sont, en réalité, pas vraiment.  Ils servent simplement à accroitre le potentiel d’une intrigue dans l’ensemble bien gérée malgré une longueur conséquente (près de deux ans de publication quand même !).

Si le récit ne cherche pas à se montrer plus profond qu’il ne l’est, l’auteur s’attaque assez frontalement aux excès du patriotisme et du vigilantisme. Il pose aussi la question de la problématique des héros costumés et la nécessité de protéger leur identité (anticipant CIVIL WAR). Bref, THE CAPTAIN combine le côté déjanté des comics (costumes folkloriques et plans de domination absurdes) avec leurs aspects plus sérieux. D’ailleurs, pour un comic Marvel mainstream, l’ensemble ne détourne pas les yeux de la violence lorsque le nouveau Cap’ se déchaine et se venge des meurtriers de ses parents.

Visuellement, THE CAPTAIN bénéficie de planches classiques avec des compositions traditionnelles et des dessins efficaces : propres et nets sans être fulgurants, ils servent le récit pour un résultat souvent enthousiasmant. A l’image de cette collection de belle tenue, à conseiller aux amateurs de la Sentinelle de la Liberté.

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Publié le 3 Juin 2022

SUPERMAN: RED SON

Publié dans la gamme « elsewhere », donc hors continuité, cette aventure propose une cauchemardesque dystopie uchronique (sauf pour les électeurs décérébrés de la Rance Insoumise). Jugez plutôt : Superman n’atterrit pas au pays de la liberté mais bien en enfer, autrement dit dans un kolkhoze de l’autre côté du rideau de fer. Là ses parents adoptifs lui inculquent les « valeurs » abjectes du communisme et Super Coco devient le fervent zélote de la puante idéologie de Stalline.

Bien des années plus tard, Superman, aussi sûr de son bon droit qu’un Jean-Cul Mélanchon en campagne, devient le serviteur du peuple et surtout de son petit Père. Car notre arme de propagande extra-terrestre se transforme en bras droit tout-puissant du camarade Stalline. A la mort de celui-ci, notre Super Rouge prend carrément sa place et devient chef de l’URSS puis, avec l’aide de la convertie Wonder Woman, de pratiquement tous les pays du monde. Seuls les fiers Etats-Unis résistent encore, cernés de toute part par la peste rouge. La dernière terre de liberté dans un monde pourri par le socialisme triomphant.

Car imaginez si vous le pouvez l’horreur d’un monde où le Soviet Suprême est un extraterrestre quasiment immortel au cerveau empoisonné par le communisme. Ce  n’est plus un reich de mille ans c’est un gauchisme éternel, Fabien Roussel en serait tout émoustillé s’il lisait des comics.

Même le chef du KGB trouve qu’il y a quelque chose de pourri au royaume de Russie. Seul adversaire sur son terrain : un gamin dont les parents ont été abattus par la police soviétique et qui, vingt ans plus tard, combat dans l’ombre sous l’identité du Batman. Pendant ce temps, aux USA, le Daily Planet met la clé sous la porte (les gens ne lisent sans doute plus que l’Huma). Lois, elle, a épousé l’homme le plus intelligent du monde, Lex Luthor, accessoirement candidat à la succession de JFK et probablement le seul type au monde a pouvoir lutter efficacement contre Super Coco.  Luthor multiplie les inventions et créations (Bizarro and co) pour purger le monde du mal et trouve même le valeureux Hal Jordan pour lui confier un anneau étrange afin de l’aider dans sa croisade.

Un grand récit épique, qui montre à quel point l’univers DC a échappé au pire et comment, le cerveau bousillé par une idéologie infecte, Superman passe à l’Ennemi. Heureusement, Luthor finira par triompher dans un happy-end tempéré par un excellent retournement de situation à base de paradoxe temporel. Une bonne histoire, quelques notes d’humour, des clins d’œil et références à l’univers DC bien intégrés et des dessins de qualité pour une très belle réussite.

Un excellent comics et une belle dénonciation d’un régime politique immonde, à conseiller à tous, même aux électeurs de Poutou qui, peut-être ouvrirons les yeux sur leur conception du monde.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #DC, #DC Comics, #Comic Book, #Superhéros, #Superman, #Uchronie

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Publié le 22 Avril 2022

MARVEL EPIC COLLETION: CAPTAIN AMERICA VOL. 12: SOCIETY OF SERPENTS

Tome 12 de la collection « Marvel Epic » qui permet de revisiter à prix modique l’Histoire de Marvel, voici donc les épisodes 302 à 317 de Captain America, associé à une courte histoire « sociale » tirée de Marvel Fanfare. Coscénarisée et dessinée par Frank Miller, cette intrigue à base d’incendiaires fonctionne agréablement avec un ton sérieux et un message patriotique et positif bien géré.

Par la suite, le recueil propose quelques intrigues au long cours. Dans la première Cap’, aidé de son partenaire Nomad, s’oppose à l’impayable mercenaire français Batroc (« sacre bleu ! ») lequel a réussi à lui voler son bouclier afin que Stane (l’ennemi d’Iron Man qui, à cette époque, a pris le contrôle de Stark Industries) recrée le fameux alliage indestructible. Jack Monroe, alias Nomad, est un de ses personnages mineurs à l’histoire compliquée : il fut le troisième Bucky avant de devenir le nouveau Nomad, un super héros terne au costume quelque peu ridicule. Son histoire personnelle a été retcon plusieurs fois mais tenter de suivre tout cela est fatigant et sans grand intérêt. On se contentera de dire que son partenariat avec Cap’ ne laisse pas de souvenirs notables.

Toutefois, ces épisodes restent agréables : Batroc – lui aussi assez risible – est un adversaire amusant, avec un code de l’honneur intéressant et une élocution hilarante à base de « m’sieu » et autres expressions datées se voulant franchouillardes. Il ne lui manque qu’une baguette et un accordéon. Bref, tout ça n’est pas spécialement génial mais, dans l’ensemble, cet arc se lit agréablement et offre au lecteur un bon moment : du comic-book divertissant, quelque peu old school (voire suranné) et des dessins de qualité.

Les dix épisodes suivants se consacrent à la Société des Serpents, un regroupement de super vilains inspirés par les reptiles. Nous avons également droit à l’apparition d’un autre vilain bizarre, Madcap, qui utilise un pistolet à bulles euphorisant, une sorte de dingue dans la tradition du Joker. Armadillo s’ajoute à la liste des criminels délirants : après une expérience il acquiert une force augmentée et une armure biologique qui le rend invulnérable. Il s’engage ainsi dans une fédération de catch utilisant des lutteurs avec des super pouvoirs (une idée géniale !). Le grand méchant ennemi du nationalisme, l’infâme Flag Smasher, est également présent et s’attaque carrément à la bannière étoilée ! Cap, forcément, voit rouge lorsqu’on s’en prend ainsi au symbole de la liberté ! Et les Serpents dans tout ça ? Ils se vendent au plus offrant, une belle bande de super-putes (pardon, de super mercenaires) qui commencent par assassiner Modok afin de se faire un nom dans le crime organisé. Ils manquent un peu de caractérisation mais le gimmick ophique s’avère amusant.

Les intrigues de Mark Gruenwald sont, dans l’ensemble, plaisantes mais n’évitent pas certains écueils en particulier l’abondance du texte, souvent redondant par rapport aux dessins. Le lecteur peut souvent survoler ces pavés textuels puisque les dessins, de qualité, se suffisent à eux-mêmes : à quoi bon décrire en trois phrases ce que l’on nous présente d’une simple image ? Mark Gruenwald invente pratiquement l’audiodescription dans la bande dessinée, sans doute pour affirmer qu’il œuvre dans le littéraire et le raffiné. Les membres de cette Société du Serpent sont haut en couleur (au propre comme au figuré) avec des costumes peu pratiques, voyant, flashy,…leurs pouvoirs sont, également, variables : l’acrobate de cirque Princesse Python ou Diamondback n’ont que des gadgets tandis que Asp et Rattler paraissent plus redoutables. Néanmoins, toute cette petite bande parait peu dangereuse (on pense aux vilains folkloriques de la série télé « Batman ») et le scénariste se concentre surtout sur les problèmes personnels du Cap. Alors qu’il est déjà épuisé par sa double vie de justicier et de dessinateur de comics, il s’installe une « hotline » afin de pouvoir agir dans toute l’Amérique, quitte à sacrifier sa vie amoureuse déjà bien perturbée. Le côté réflexif du dessinateur de Captain America (le comic book) qui, en réalité, est Cap lui-même amuse également mais se montre trop peu développé pour pleinement convaincre.

Dans l’ensemble, ce Marvel Epic fonctionne agréablement : rien de vraiment mémorable mais rien de mauvais ni même de moyen : une suite de bonnes histoires qui dosent habilement le mélodrame, l’intimiste, le spectaculaire et l’action. Un tome finalement très estimable et, surtout, très distrayant et fun, ce qui est (ou devrait être) la base pour un comic-book super héroïque.

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Publié le 8 Avril 2022

FLASH REBIRTH 3: LE RETOUR DES LASCARS

Le grand retour des Lascars ! L’arc principal (en quatre épisodes) de cette troisième fournée du rebirth du bolide écarlate bat le rappel de ses méchants les plus emblématiques, une équipe de vilains ayant connu de nombreuses itérations mais toujours dirigée par l’ambigu Captain Cold. Les Lascars, en effet, possède un code de l’honneur prononcé et se posent en voleurs non violents mais aussi en défenseurs de Central City. Ces derniers temps beaucoup les ont même considérés comme des héros, notamment lorsqu’ils ont combattu aux côtés de Flash les troupes simiesques de Gorilla Grodd.

L’intrigue n’est donc pas vraiment originale puisqu’elle reprend la classique opposition entre Flash et Cold, sans doute plus proches qu’ils ne voudront jamais l’admettre, avec le « vilain » décidé à partir en beauté après un dernier gros coup. Le rythme est sympathique (parfois un peu rapide dans sa dernière partie assez expédiée), les dessins inégaux (on passe de planches soignées à d’autres presque bâclées ce qui s’explique par l’intervention de pas moins de quatre dessinateurs différents), les relations entre les Lascars bien gérées, avec quelques révélations efficaces (en particuliers concernant Heatwave),…Bref cela se lit avec plaisir quoiqu’on ne trouve ici rien de fondamentalement novateur : après tout Flash combat les Lascars depuis plus d’un demi-siècle. L’écriture, elle, reste simpliste : les événements se succèdent de manière prévisible (Flash feint d’être tué par Heatwave pour le suivre et trouver le repaire des Lascars) et le tout manque de véritables enjeux. Néanmoins, les dialogues sont corrects et les relations entre les protagonistes crédibles, ce qui constitue déjà un bon point pour ce genre de comics « mainstream ».

Pour compléter le sommaire, ce tome 3 propose un petit arc (deux épisodes) consacré à la recherche du père de Wally West. Ce n’est pas très passionnant, on n’échappe pas aux facilités (Kid Flash maitrise instantanément les boomerangs aussi bien que Captain Boomerang) mais, finalement, l’intrigue principale marque enfin une évolution avec la révélation par Flash de sa véritable identité.

Enfin un petit « standalone » consacré à Iris clôt ce tome. Une enquête assez quelconque mais pas déplaisante au sujet de la mystérieuse disparition des victimes de Godspeed qui se conclut par un twist final attendu depuis une dizaine de numéros.

En résumé, FLASH REBIRTH TOME 3 constitue une lecture agréable mais son manque de véritables enjeux empêche d’emporter une totale adhésion. De plus, les lignes narratives sans surprise et les dessins inégaux diminuent l’enthousiasme procuré par des récits globalement plaisants et une bonne gestion des relations entre les différents protagonistes. On attend donc la suite sans impatience excessive mais en se promettant d’être néanmoins au rendez-vous.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Comic Book, #DC, #Superhéros

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Publié le 7 Janvier 2022

MOON KNIGHT EPIC COLLECTION : BAD MOON RISING

Moon Knight, ou le Chevalier de la Lune pour les francophones, est un personnage secondaire assez intéressant de la Maison des Idées. Sorte d’imitation du Batman de la Distinguée Concurrence, il apparait pour la première fois en 1975 dans le rôle d’un chasseur de loup-garou confronté au Werewolf By Night. De son vrai nom Marc Spector, ce milliardaire se voit doté d’une armure et de nombreux gadgets afin de capturer le lycanthrope. De plus, ses capacités athlétiques et ses dons dans les arts martiaux en font un redoutable mercenaire également expert dans le maniement des armes. Certains auteurs suggèrent également qu’il possède une force surhumaine qui évolue selon les phases de la lune suite à une morsure du Werewolf By Night. Mais tout ça n’est pas très clair : au fil de ses aventures, ses origines et ses pouvoirs ont changés à plusieurs reprises. Marc Spector adopte également divers alias, ce qui sera par la suite assimilé à un trouble dissociatif de la personnalité, il faut dire que sa manière de changer d’apparence à tout bout de champs peut déstabiliser. Bref, Marc Spector n’a pas l’air complètement serein dans sa tête mais compense par une vie de luxe. Là encore, toutes ressemblances avec un certain Dark Knight est surement fortuite.

Ce premier recueil, épais de 505 pages (485 pages de comics plus une vingtaine de dessins bonus), rassemble donc ses exploits accomplis entre 1975 et 1981. A ses débuts, Moon Knight agit en « guest star » et ce volume reprend ses apparitions dans « Werewolf by Night », « Marvel Spotlight », « Marvel Two-In-One », « Peter Parker the Spectacular Spiderman », « Defenders » et « Hulk Magazine ». Nous avons droit également aux quatre premiers volets de sa propre revue, « Moon Knight ».

Ses origines, dans « Werewolf by Night », sont plaisantes mais la suite alterne le bon et le moins bon. Ses premières aventures possèdent toutefois un côté pulp et rétro appréciables avec ce méchant mégalo, Conquer Lord, qui dispose d’une maison piégée : chausse-trappes emplies d’alligators et échiquiers géants aux cases explosives. Du pur roman de gare façon BD ! La saga des Defenders associés à Nick Fury et opposés à Scorpio et à ses sbires du Zodiaque fonctionne de belle manière mais Moon Knight n’y effectue que de la figuration. Même constat pour les épisodes qui unissent Spider-Man et notre Chevalier contre les criminels de la Maggia. La suite donne davantage dans le polar et combine des intrigues typiques des récits de détection avec de l’action bien ficelée. Marc Spector se montre alors mieux défini et les personnages secondaires bénéficient de plus d’épaisseur, du majordome Frenchie (un peu trop décalqué sur Alfred) en passant par Marlène, laquelle passe cependant la majorité des récits à attendre son homme en barbotant à poil dans une piscine. Les histoires les plus réussies convoquent le frère de Marc, un psychopathe armé d’une hache qui s’en prend à diverses infirmières et finit par envoyer Marlène à l’hôpital.

Un premier tome très inégal, tant au niveau des scénarios que des dessins et même de l’implication du héros, lequel ne fait parfois que de la figuration, mais, dans l’ensemble, une lecture agréable qui permet de mieux connaitre un personnage souvent sous-exploité.  

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Comic Book, #Marvel Comics, #Superhéros

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Publié le 3 Décembre 2021

WHO WILL JUDGE THE HULK? d'Archie Goodwin, Harlan Ellison et Roy Thomas

Un demi-siècle ! Voici un beau voyage en arrière aux temps lointains de la Maison des Idées, ce que l’on dénomme à présent l’Age de Bronze. Pourtant, la plupart des scénarios ici proposés ne semblent pas datés et tiennent encore très bien la route. On y trouve évidemment quelques facilités et autres naïvetés d’un temps plus « simple » et sans doute plus manichéen. Mais cela ne gène pas le plaisir de lecture tant les différents chapitres sont enlevés et inventifs. Ils capturent la condition de Hulk, moins super-héros / vilain que paria en quête d’un remède à sa condition (comme le Werewolf by Night ou Man Wolf)…bref le Hulk évolue dans un univers qu’il craint de détruire, d’où ses difficultés à poursuivre sa relation avec Betty Ross. Les tentatives du Général Ross de le retransformer en Bruce Banner occupent, par conséquent, une bonne partie de ce run surtout que Mr Fantastic essaie lui aussi de lui rendre son apparence humaine. Souvent, malheureusement pour le Titan Vert, l’expérience fonctionne mais une menace l’oblige à se « sacrifier » pour laisser de nouveau parler la bête.

Les vilains rencontrés sont, eux, variés : le Leader, un cafard soumis à une évolution accélérée, le Caméléon et Hydra. Il aboutit également dans un monde subatomique dans lequel il tombe amoureux d’une souveraine à la peau verte, Jarella. Le Hulk se confronte également à quelques héros, notamment Doc Samson, les anciens X-Men Havok et Polaris, les Avengers (à l’occasion d’un crossover en deux parties), Ant-Man.

Dans un épisode mémorable, le Hulk est mis en jugement par une grande partie de la communauté super-héroïque mais trouve un défenseur en la personne de l’avocat Matt Murdock. La question n’est plus de séparer l’homme de l’artiste mais bien l’homme du Hulk. Autre réussite, le chapitre où, après avoir absorbé les particules Pym, notre géant se retrouve à la taille d’un Playmobil et doit combattre les rats lancés à ses trousses par Hydra. Très fun, d’autant que l’arc se poursuit dans le monde de Jarella où le Hulk devient une sorte de libérateur anticipant l’excellent PLANET HULK publié plusieurs décennies plus tard !

Si le pathos peut sembler pesant par moment (surtout lorsque l’on lit les différents épisodes à la suite), la qualité des scénarios proposés, l’art du montage et l’enchainement des cases emportent l’adhésion, aidés par des dialogues très convaincants qui ne sombrent jamais dans le ridicule. Cerise sur le gâteau de cette excellente collection, les dessins sont souvent formidables et constituent le meilleur de cette époque : dynamiques, précis et incroyablement expressifs par l’utilisation totalement maitrisée des ombres et autres lignes de mouvement.

WHO WILL JUDGE THE HULK s’avère donc un témoignage de la qualité que pouvait atteindre le comic « mainstream » au début des années ’70 et le lecteur serait bien en peine de trouver un seul épisode réellement faible dans cet épais recueil. Hautement recommandé !

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Comic Book, #Marvel Comics, #Marvel Epic Collection, #Superhéros, #Hulk

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Publié le 19 Novembre 2021

CAPTAIN AMERICA: LA LEGENDE VIVANTE de John Byrne et Roger Stern

Petit Marvel Pocket pas cher, BLOOD ON THE MOORS a donné en France le plus luxueux LA LEGENDE VIVANTE. Dans les deux cas, le comic rassemble des épisodes qui, à l’époque, célébraient les 40 ans de la Légende Vivante. Nous avons don l’intégralité du court run de John Byrne et Roger Stern sur le personnage et, franchement, c’est une belle surprise. Tous les récits proposés sont intéressants et réussis, fait rare.

La confrontation entre Cap’ et le mercenaire français Batroc, associé au lunatique Mr Hyde, s’avère un grand moment. Pris dans sa folie meurtrière Hyde demande à New York une rançon d’un milliard, faute de quoi il expédiera un pétrolier sur la ville, provoquant une explosion digne d’Hiroshima. Batroc l’aide mais ne peut se résoudre à passer à l’acte une fois la rançon versée, le mercenaire n’agissant que pour l’argent et possédant un curieux sens de l’honneur. Il se retourne donc contre le puissant Hyde et s’associe à Cap’, ponctuant ses phrases d’expressions en français approximatifs, de « sacre bleu ! » à « Nom du chien » en passant par des « voilà » et autre « m’sieur » répété à l’envie. Très fun et cependant mâture dans sa description des états d’âme du mercenaire, lequel montre une complexité morale assez inhabituelle à une époque où le manichéisme dominait encore le comic mainstream ! Les personnages possèdent une réelle épaisseur et les dialogues sont convaincant.

La traque d’un ancien ennemi de Cap’, le Baron Blood, un vampire nazi, possède le côté outrancier et pulp nécessaire à ce genre d’histoire sans sombrer dans le ridicule même lorsque les auteurs convient le très âgé Union Jack, un allié de la Sentinelle de la Liberté durant la Seconde Guerre Mondiale. Le thème de la recherche des origines, la nostalgie, le passé qui s’efface pour tous avec un Cap voyant ses amis d’antan disparaitre alors que lui reste jeune est également abordé, d’autan que le héros retrouve ses souvenirs après une période troublée (faux souvenirs implantés dans la pure tradition des imbroglios du comic).

Autre bon moment, l’épisode qui voit le peuple se masser derrière Cap, espérant le voir se présenter à la présidence. Là encore, c’est plus subtil qu’on ne le pense et plutôt bien écrit, dommage que cette intrigue ne soit pas plus longue, on eut aimé davantage de développements. Mais ne boudons pas notre plaisir pour autant.

L’épisode final se consacre à une nouvelle relecture des origines de Cap pour réactualiser ses premiers pas dans le business super héroïque et sert d’apothéose aux quatre premières décennies d’aventure de la Bannière Etoilée. Un vrai classique du comic book !

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Aventures, #Comic Book, #Marvel Comics, #Superhéros, #Captain America

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