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Publié le 12 Septembre 2017

LES VAISSEAUX DE LA LIBERTE de Christophe Lambert

Dernier tome de la trilogie que Christophe Lambert consacre à l’univers d’Arkhadie, LES VAISSEAUX DE LA LIBERTE constitue un final épique à souhait à ce vaste space opéra.

Nous retrouvons nos héros, le contrebandier Lohn Kossayan, le moine guerrier David Cunkel et le soldat Dogmaël peu après leur évasion du terrible Bagne de Mephisto (cf. tome précédent). La Reine Blanche, de son côté, souhaite emmener son peuple vers la terre promise, loin de la domination des Hommes Lézards Pyrhusiens. Pour cela, il faut passer par un tunnel spatial, à travers le portail de l’Ekluse. Mais ce-dernier se trouve sous la domination des cruels Entropistes.

Destiné à un public adolescent mais pouvant s’apprécier des adultes, LES VAISSEAUX DE LA LIBERTE constitue un hommage enamouré à la saga STAR WARS dont Lambert est un grand fan. Mais on peut également y voir une version actualisée des romans de space-opera ou de fantasy de l’Age d’Or, ceux-là même auxquels se référait George Lucas lors de la mise en place de son univers.

LES VAISSEAUX DE LA LIBERTE dévoile ainsi une mythologie riche et un bestiaire développé qui renvoie à des sagas littéraires fameuses élaborées par les Grands Anciens de la science-fiction littéraire. Citons le cycle du FULGUR de E.E. « Doc » Smith, l’excellent LES ROIS DES ETOILES d’Edmond Hamilton (également auteur du CAPITAINE FUTURE) ou la saga martienne de JOHN CARTER signée Edgar Rice Burroughs. A cela s’ajoute les bandes dessinées à la Flash Gordon et l’heroic-fantasy d’antan pour un cocktail très divertissant.

Moine guerrier, méchants hommes lézards, gentils félins humanoïdes (les chats de Tyndalos en référence discrète à Lovecraft), reine en détresse, pirate de l’espace, etc. Ils sont venus, ils sont tous là pour une conclusion riche en action, le roman accélérant encore le rythme (déjà soutenu) des deux précédents pour un tome qui ne laisse jamais au lecteur le temps de souffler. Et comme Lambert possède un solide métier, il use de chapitres courts et enlevés qui alternent les actes des différents protagonistes jusqu’à la spectaculaire bataille finale.

Le style est vif, les phrases souvent courtes et l’écriture très visuelle confère un côté immédiatement cinématographique à ce space opéra grandiose qui n’attend plus que le metteur en scène capable de le porter à l’écran pour la plus grande joie des petits et des grands.

Alors, bien sûr, LES VAISSEAUX DE LA LIBERTE n’est sans doute pas le plus original des Christophe Lambert et, parfois, le clin d’œil envers l’Empire se montre un peu trop appuyé. La trilogie d’Arkhadie dans son ensemble peut paraitre trop proche de STAR WARS pour susciter un enthousiasme débordant. Ce n’est pas tout à fait faux. Mais l’art de l’auteur à concocter un récit sans temps morts permet d’oublier ce bémol et la lecture de ce troisième tome se révèle délectable. Alors ne chipotons pas et ne boudons pas notre plaisir, embarquons avec nos valeureux héros sur ces VAISSEAUX DE LA LIBERTE fort estimables.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Aventures, #science-fiction, #Jeunesse, #Christophe Lambert

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Publié le 2 Août 2017

TITANIC 2012 de Christophe Lambert

Publié à la fin du XXème siècle puis réédité en 2012 (l’auteur s’en amuse d’ailleurs : d’anticipatif le roman devient le récit d’une Histoire parallèle avant que le temps ne le transforme inévitablement en uchronie), TITANIC 2012 constitue un récit très divertissant inspiré (surprise ?) par la tragédie du Titanic. Cette dernière a nourri bien des œuvres de fiction : en littérature citons l’excellent policier de John Dickson Carr, LE NAUFRAGE DU TITANIC et le « blockbuster » de Clive Cussler RENFLOUEZ LE TITANIC (malheureusement très médiocrement adapté à l’écran). Profitons de cette chronique pour signaler également LES MEURTRES DU TITANIC de Max Allan Collins donnant la vedette à Jacques Futrelle, écrivain américain créateur d’un émule de Sherlock Holmes surnommé « La machine à penser » menant l’enquête sur le Titanic, navire sur lequel Futrelle trouva réellement la mort. Au cinéma, la superproduction de James Cameron et le plus ancien mais minutieux « Atlantique Latitude 41° » de Roy Ward Baker demeurent les longs-métrages de référence.

De son côté, Christophe Lambert imagine un complexe hôtelier construit au fond des eaux, Le Cœur de l’Océan, projet mégalomane du milliardaire Murray Hamilton. Celui-ci a, en partie, restauré l’épave du Titanic et, pour le centenaire du naufrage, convie de nombreux invités dont quelques célébrités comme Leonardo DiCaprio, Stephen King et Stirling Silliphant, âgé de 109 ans et dernier survivant du désastre. Les mesures de sécurité sont, normalement, parfaites et doivent empêcher tout problème lors de l’inauguration. Seule l’océanographe Katherine Wells ne partage pas l’enthousiasme général et soupçonne les responsables de la sécurité d’avoir quelque peu rogné sur le budget, ce qui pourrait entrainer de terribles conséquences lors du passage prochain d’un puissant cyclone. Elle tente de convaincre un agent d’assurance, Paul Lomat, du danger. Mais un tueur à gages est envoyé sur leurs traces. Tout ce petit monde se retrouve au Cœur de l’océan pour la grande soirée d’inauguration…

Ce bon thriller maritime reprend le schéma éprouvé du « cinéma catastrophe » des années ’70 (« L’aventure du Poséidon » vient immédiatement à l’esprit) en débutant par une rapide présentation des protagonistes suivi de leurs vaines tentatives pour éviter le désastre. Le dernier tiers du roman, consacré à la catastrophe proprement dite, accélère le rythme déjà soutenu (une alternance de chapitres courts fort efficaces) jusqu’au final quelque peu inattendu (on eut aimé le voir plus développé) et la confrontation entre les « bons » et les « méchants ». Si le récit est forcément prévisible (une fois encore l’auteur en est pleinement conscient et s’en amuse : pourquoi allez voir un film comme « Titanic » dont tout le monde connait la fin ?), il évite l’écueil de la linéarité en multipliant les points de vue et les personnages. Ces derniers sont intéressants quoique les héros (l’océanographe et l’agent d’assurance auquel on ajoutera le fils du concepteur du complexe aquatique) se révèlent moins intéressants que le tueur à gage fatigué engagé pour les supprimer et tenté par l’accomplissement d’une bonne action susceptible d’effacer sa lourde ardoise. Enfin, le personnage de Silliphant, dernier survivant de la catastrophe pressentant un nouvel accident mais acceptant de participer à cette « mascarade » pour aider son petit-fils, s’avère, lui-aussi, joliment brossé. Là encore on eut apprécié davantage de développement mais cela aurait peut-être nuit à l’implacable avancée d’une intrigue qui ne laisse guère au lecteur le temps de souffler.

De manière ludique, Christophe Lambert ajoute à son roman quelques clins d’œil à destination des initiés. Ainsi un groupe musical se nomme IG 88 and the Assassination Droids et deux de ses membres, cinéphiles avertis, discutent des mérites respectifs de « Meteor » et « Tremblement de terre » ou de l’implication réelle d’Irwin Allen dans la réussite de « La Tour infernale ». L’auteur énonce également les trois principales règles pour survivre à une catastrophe, la plus importante étant évidemment de rester près du chien (à défaut un chat ou, éventuellement, un enfant peuvent s’y substituer) puisqu’il est bien connu que les canidés s’en sortent toujours. Le romancier nomme également l’unique survivant du Titanic Stirling Silliphant en référence au célèbre scénariste responsable de quelques classiques comme « La tour infernale », « L’aventure du Poséidon » ou « L’inévitable catastrophe ». Dans le même esprit le milliardaire entêté ayant bâti le Cœur de l’Océan se nomme Murray Hamilton, tout comme l’acteur qui joue le maire obstiné refusant la fermeture des plages des « Dents de la mer ». De petits clins d’œil sympathiques qui rendent très divertissant ce bouquin rondement mené sur 250 pages bien tassées auxquels Christophe Lambert ajoute quelques notes, références et pistes de réflexion pour son public, jeune et moins jeune.

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