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Publié le 18 Juillet 2017

TITAN HUNT de Dan Abnett. Paulo Siqueira, Sandra Hope, Brett Booth et Norm Rapmund.

Nouvel événement DC Comics annonçant le prochain reboot (dénommé rebirth) de cet univers, TITAN HUNT est une mini-série de 8 épisodes (ce qui nous donne donc environ 200 pages de lecture) consacrée à la populaire équipe des Teen Titans. Or, ces derniers ont, semble-t-il, oublié qu’ils furent jadis des héros. Le premier numéro (publié dans Justice League Universe 10) introduit donc l’intrigue et se centre sur le jeune Speedy, devenu un alcoolique (et ancien toxicomane) qui tente de se souvenir de son existence super-héroïque et se voit hanté par différentes visions du passé. Par la suite, au fil des numéros, on découvre les autres ex Titans eux aussi obsédés par des images en provenance d’une vie commune lointaine. Dick Grayson va donc redevenir Nightwing (pour des raisons assez floues), retrouver Aqualad et Wonder Girl et tout ce petit monde va se rassembler pour combattre Mr Twister, leur plus vieil adversaire (apparu lors de leur première aventure dans  les années ’60). Lilith aurait jadis effacé la mémoire des Titans afin de les protéger (de quoi ?  pourquoi ? rien n’est très clair) et de contrecarrer les plans de ce Mr Twister. Mais tout ça ne fait guère sens.

L’intrigue, erratique, avance souvent de manière elliptique et les scénaristes complexifient à outrance une trame pourtant basique et éculée : les Titans ont perdu la mémoire, se sont séparés et doivent à présent se réunir et apprendre à agir de concert pour combattre un ancien ennemi. A partir de là, des développements inattendus se succèdent de manière assez confuse : Lilith, par exemple, convie une organisation pour aider les Titans mais les assassins convoqués se retournent contre les héros. Pourquoi ? Encore une fois la question ne se pose pas (il y a bien une explication mais elle laisse assez perplexe à l’image du scénario dans son ensemble), le récit sacrifiant toute cohérence pour proposer une réunion de personnages emblématiques et de grosses bastons. Enfin, emblématiques c’est vite dit car mis à part Dick Grayson et, dans une moindre mesure, Donna Troy, les différents protagonistes (Speedy, Aqualad, Heraut, Colombe et Faucon, etc.) ne sont pas franchement les plus connus de l’univers DC.

TITAN HUNT se révèle en outre linéaire et répétitif. Lu d’une traite (aidé par une version française qui rassemble les cinq derniers volets dans le N° 13 de Justice League Universe) on mesure davantage les redites d’une intrigue qui bassine à longueur de pages la perte de mémoire des héros et la nécessité pour eux de se réunir. En gros, l’histoire se construit lentement dans le seul but d’aboutir à un final sympathique sous forme de « Titans, rassemblement ! ».

Bien sûr, les scénaristes ne peuvent se dépatouiller des habituels problèmes de continuité plombant la narration « comic book » depuis une trentaine d’années : la première aventure de nos jeunes Titans s’est déroulée en 1964 mais elle est repositionnée opportunément « voici cinq ans ». Donna Troy y a d’ailleurs participé alors que la nouvelle continuité DC en fait une création récente, lorsque Wonder Woman avait accédé à la divinité guerrière. Quant aux raisons de la reprise du costume de Nightwing par un Dick Grayson (« je suis passé par la batcave, je l’ai pris, ça peut servir » déclare-t’il simplement) supposé décédé elles sont aussi abracadabrantes que la mini-série dans son entièreté.

Dans l’ensemble, TITAN HUNT déçoit et apparait comme une production très moyenne à tous les niveaux (dessins, caractérisation des protagonistes, scénario, conclusion) dont la principale motivation est de conduire les protagonistes à remarquer l’absence d’un des membres de l’équipe (Wally West, alias Kid Flash) réintroduit dans la continuité à l’occasion de TITAN REBIRTH.  Un nouvel arc (publié sous la forme d’un « récit complet de la justice league » par Urban) apportant quelques éclaircissements sur la saga TITAN HUNT mais également beaucoup  de nouvelles questions sans réponses.

Plus proche du prologue potable que d’un véritable récit se suffisant à lui-même, TITAN HUNT reste divertissant pour les plus indulgents, aidé par son rythme soutenu et des dessins très corrects. Mais il n’y avait vraiment pas de quoi en faire tout un plat ni se passionner pour le retour inespéré d’une des plus célèbre équipe super-héroïque de la Distinguée Concurrence.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Comic Book, #DC, #Superhéros

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Publié le 29 Mai 2017

ROBIN WAR de divers auteurs

Ce crossover au postulat intéressant se déroule dans un Gotham ayant connu bien des changements : Batman a disparu, remplacé par le commissaire Gordon aux commandes d’une armure et Damian Wayne, alias Robin, revenu à la vie après diverses péripéties, parcourt le monde en quête de rédemption (à lire dans « Robin, Son of Batman »).

Inspirés par le partenaire du Chevalier Noir, différents personnages, pour la plupart jeunes et sans expériences, vont, tels les « real life super heroes » apparus dans diverses métropoles américaines, s’affubler d’un costume jaune, rouge et vert pour lutter contre la criminalité. Se surnommant les Robin, ils jouent aux justiciers plein de bonne volonté et d’enthousiasme mais leur manque d’entrainement se fait rapidement sentir. Ainsi, l’arc narratif débute par la mort accidentelle, lors d’un braquage, d’un flic venu en intervention. Le mouvement « We are Robin » se voit dès lors immédiatement déclaré hors la loi et des lois répressives sont édictées afin d’arrêter tous les jeunes en collant tentés par le « vigilantisme ». Le contexte nécessite le retour à Gothma des différents Robin originels qui, tous, prennent une position contrastée par rapport à ce mouvement populaire qu’ils ont, indirectement, initiés. Red Robin, Red Hood, Grayson et Damain Wayne, l’actuel tenant du titre, convergent ainsi vers Gotham où ils vont devoir lutter contre les redoutables Ergots, des tueurs déshumanisés au service de la Cour des Hiboux, véritable société secrète régnant, dans l’ombre, sur la cité.

Le crossover va se déployer dans diverses publications, débutant par « Robin War 1 » pour continuer dans « Grayson 15 » puis « Detective Comics 47 » et « We Are Robin 7 » avant « Robin, Son of Batman 7 » et, enfin, « Robin War 2 » qui conclut l’intrigue. Les francophones pourront, eux, avantageusement se procurer les numéro 7, 8 et 9 du mensuel BATMAN UNIVERS chez Urban comics pour disposer de l’entièreté de l’événement.

L’intrigue est originale, crédible (quoique l’on eut aimé davantage de développement sur la manière dont ce groupe de Robin s’est constitué et organisé) et avance sur un rythme soutenu, avec de bons passages, notamment l’introduction de « Robin War 1 » (la scène de braquage et le gamin qui répète « je suis Robin ») et les scènes d’entrainement des futures recrues dans « Grayson 15 » qui bénéficie de dessins travaillés de toute beauté. Malheureusement, la suite ne sera aucunement à la hauteur. L’épisode de « Detective Comics » convie le bat-robot-lapin du commissaire Gordon à se rallier, après des atermoiements très conventionnels, aux Robin enfermés dans des cages suite à la promulgation de lois liberticides qui ne semblent pas gêner grand monde. L’épisode de « We Are Robin » est correct, tant au niveau de l’intrigue (un peu statique malgré les nombreuses bastons) que du dessin : le découpage des planches et la manière de représenter les personnages ne plairont pas à tout le monde mais, au moins, on découvre en Carmine Di Giandomenico un artiste avec un trait personnel qui change de la routine super-héroïque habituelle. La suite, dans « Robin, Son of Batman », ne se montre pas vraiment à la hauteur des attentes. Tout l’épisode ressemble à une longue transition amenant à un cliffhanger attendu. Du remplissage à base de batailles diverses entre les Robin et la Cour des Hiboux, le tout souffrant en outre de dessins approximatifs. On termine cet arc par un épisode double qui multiplie les lignes narratives et les dessinateurs au point d’apparaitre confus et peu passionnant. Les enjeux restent obscurs, les retournements de veste de Damian interviennent simplement pour faire progresser une intrigue enlisée et la conclusion, dans son ensemble, manque de puissance et d’originalité.

L’idée de départ de ce ROBIN WAR promettait beaucoup et laisser espérer une histoire assez mâture et dramatique, basée sur le groupe de jeunes recrues rêvant d’incarner Robin, avec les notions de manque d’entrainement et les risques qui en découlent. Les deux premiers épisodes, de haute volée, annonçaient une belle réussite mais, hélas, tout ce dégonfle comme une baudruche percée en privilégiant les « vrais Robin » aux détriments de leurs épigones réduits à l’état de silhouettes interchangeables et sacrifiables.

Les scénaristes paraissent dès lors s’être vautrés dans la facilité d’une énième confrontation avec la Cour des Hiboux (décidément mise à toutes les sauces depuis sa création !) qui ne débouche sur rien, excepté l’annonce d’un futur retour de Nightwing. Et ce ne sont pas les dessins, très inégaux, qui rattraperont un crossover aussi prometteur dans sa conception que globalement raté dans sa réalisation. Dommage.

 

Ordre de lecture:

  • Robin War #1
  • Grayson #15
  • Detective Comics #47
  • We Are Robin #7
  • Robin: Son of Batman #7
  • Robin War #2

 

ROBIN WAR de divers auteurs

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Comic Book, #DC, #Batman

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Publié le 13 Mai 2017

BATMAN: POIDS LOURD  de Scott Snyder & Greg Capullo

Dernier grand arc narratif avant le Rebirth de l’univers DC, POIDS LOURD (« Superheavy » en VO) s’est étalé sur près d’un an de publication, soit dix épisodes et plus de 300 pages de bandes dessinées. Alors, vaste épopée réussie ou coup publicitaire raté ? Un peu des deux…

Suite à « Endgame », le précédent arc narratif de la série scénarisée par Scott Snyder, Batman est apparemment mort lors d’un ultime combat contre le Joker. Cependant, Gotham doit toujours être protégé par un Batman et la société Powers réfléchit au problème en construisant une impressionnante bat-armure destinée à être pilotée par un homme d’élite. C’est le commissaire Gordon qui est finalement choisi pour endosser le costume et assurer la difficile succession du Caped Crusader face à un nouvel ennemi, Mr Bloom.

Ce n’est pas la première fois que Batman, supposé mort ou disparu, doit être remplacé par un successeur comme en témoigne le fameux « Knightfall ». Plus récemment (en 2009), la mort supposée de Bruce Wayne des mains de Darkseid (lors de « Final Crisis ») avait entrainé une véritable guerre de succession développée dans la série limitée « Battle for the cowl ». Après diverses péripéties et une quarantaine de numéro de la revue régulière « Batman », DC Comics relance l’idée d’un nouveau héros sous le costume de la Chauve-Souris. Incroyablement, le quadragénaire moustachu James Gordon, ancien Marines mais également flic (ancien) fumeur fort peu athlétique, est choisi pour reprendre le rôle du Chevalier Noir. Cela surprend mais, en dépit d’un soupçon de second degré (le costume cybernétique se voit régulièrement raillé pour son aspect plus proche d’un lapin que d’un chiroptère), cela reste peu crédible. Passe encore lorsque le vieux flic pilote l’armure mais que dire lorsqu’il intervient, simplement vêtu d’une combinaison moulante, et accomplit des exploits physiques totalement aberrants ?

Comme toujours avec Snyder, l’arc traite essentiellement de Gotham, cette ville tentaculaire et empoisonnée qui corrompt ses habitants. Un nouvel ennemi, Mister Bloom, se charge de la menacer et Gordon doit le combattre tandis qu’un Bruce Wayne amnésique coule des jours heureux en compagnie d’une jeune demoiselle, Julie Madison. Une sous-intrigue assez anecdotique vient compliquer cette romance improbable : le père de Julie, Mallory Madison, risque d’obtenir sa libération conditionnelle. Il serait l’homme qui vendit jadis le révolver avec lequel Joe Chill tua les parents de Bruce. Beaucoup de digressions pour aboutir, au final, à pas grand-chose, tout comme les discussions, sur le banc d’un parc, entre Bruce et un étrange Joker.

De son côté, Mister Bloom n’est pas le super-vilain le plus réussi de l’histoire : cet antagoniste vaguement végétal, sorte de pendant monstrueusement mutant de Poison Ivy, ne convainc pas et ses desseins dominateurs restent aussi sommaires que brumeux pour le lecteur. L’arc se dirige néanmoins vers un combat final attendu mais explosif entre Gordon et un Bloom gigantesque, sorte d’hommage à toute la tradition nippone du super sentaï. L’affrontement est sympathique, visuellement réussi mais quand même assez inopportun dans une série se voulant sérieuse et dramatique. Passons.

Pendant ce temps Bruce Wayne recouvre la mémoire, se souvient qu’il est le Batman et demande à Alfred de le conduire à la batcave où il veut utiliser sa machine à clonage pour se reprogrammer lui-même. Au terme de dix épisodes et de près de 300 pages, les choses rentrent dans l’ordre et retournent au statu quo. Autrement dit Bruce redevient Batman et Gordon range le robot…ne parlons pas de spoiler puisque chacun savait, dès le départ, qu’il ne pouvait y avoir d’autre conclusion à cette histoire, d’où un « tout ça pour ça » compréhensible.

Avec cette longue saga, sommes clairement dans la continuité thématique du long (et controversé) run de Snyder sur le personnage : le souci d’introduire de nouveaux concepts et de lier différentes sous-intrigues en une ambitieuse toile labyrinthique (avec la mystérieuse Cour des Hiboux œuvrant dans l’ombre) mais, également, des conclusions narratives souvent décevantes, des facilités parfois fatigantes et des digressions inabouties. Au final, l’impression dominante est que tout cela ne reste qu’une parenthèse susceptible de créer le buzz (Batman est mort ! Gordon est Batman !) mais vite refermée (après quatre années de publication mensuelle !) lors d’un épilogue qui remet à plat la mythologie (Bruce Wayne renait vierge de toutes cicatrices et même l’infirme Alfred récupère son bras manquant) avant le prochain « rebirth » du personnage.

Si on demeure sur une impression mitigée, ce « Poids lourd » (édité chez Urban Comics dans les mensuels BATMAN UNIVERS 1 à 11 ou en deux recueils sous le titre LA RELEVE, 1ère et 2ème PARTIE) s’avère une lecture globalement satisfaisante et aux dessins (de Greg Capullo) de grande qualité. Un arc qu’il vaut mieux aborder d’une traite et qui constitue, avec ses hauts et ses bas, une conclusion acceptable à cette longue page de l’histoire du Chevalier Noir.

BATMAN: POIDS LOURD  de Scott Snyder & Greg Capullo

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Comic Book, #DC, #Superhéros, #Batman

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Publié le 7 Mai 2017

SAGA OF THE SWAMP THING - BOOK 3 d'Alan Moore

Créé par Lein Wein et le récemment disparu Bernard Albert Wrightson, Swamp Thing (ou la créature du marais pour les francophones) est d’abord apparu dans un récit isolé en juillet 1971 avant d’intégrer la continuité de l’univers DC. Sorte de monstre mi-homme mi-plante, Swamp Thing défend les marécages et, plus généralement, l’environnement, faisant de lui un des premiers « super héros » écolo. La créature, inspiré d’un ancien héros (The Heap) entretient d’évidentes similitudes avec Man Thing que venait de concevoir Marvel Comics.

La sortie du décevant long-métrage de Wes Craven, LA CREATURE DU MARAIS, amène en 1982 l’éditeur DC Comics à relancer une série régulière intitulée SAGA OF THE SWAMP THING notable pour être le premier titre grand public à se passer de l’approbation du Comic Code.

Ses origines seront quelques peu modifiées à l’arrivée d’Alan Moore qui va transformer Swamp Thing en une sorte d’entité élémentaire ayant absorbé une partie de la personnalité d’un scientifique décédé, Alec Holland.

Ce troisième recueil comprend les épisodes 35 à 42 de la série et revisite quelques monstres classiques du répertoire fantastique. A l’exception de l’épisode 40, les autres constituent des histoires en deux ou trois parties (nous sommes loin des scénarios actuels de comics pouvant s’étaler sur des dizaines d’épisodes !).

Les 35 et 36 se consacrent aux dangers du nucléaire avec l’apparition d’un antagoniste irradié, NukeFace, dans un récit plus proche de l’horreur que des conventions habituelles du comic super héroïque.

La suite (épisodes 37 à 39) introduit un personnage qui deviendra central dans l’univers « magique » de DC et qui connaitre par la suite une immense popularité : il s’agit du mystérieux mage (ou escroc) John Constantine. Swamp Thing, pour sa part, gagne la ville inondée de Rosewood où il se confronte à d’originaux vampires aquatiques.

Pour l’épisode 40, c’est un autre monstre traditionnel qui est convié, mais de manière intelligemment détournée puisque nous voyons apparaitre un lycanthrope femelle et que les auteurs lient menstruation et malédiction lunaire de manière novatrice.

Le recueil se conclut sur une intrigue encore une fois intéressante dans sa manière de recycler les conventions de l’épouvante : le tournage d’une série télévisée sur l’esclavage est perturbé par l’apparition d’anciens esclaves zombifiés.

En reprenant des motifs connus mais en les détournant avec intelligence, SAGA OF THE SWAMP THING BOOK 3 se révèle très réussi et satisfaisant, combinant des thématiques horrifiques traditionnels avec un commentaire socio-politique pertinent. Les dessins sont dans l’ensemble excellents avec un sens de l’encrage et des ombrages évidents quoique l’on puisse trouver les couleurs excessives et à présent un peu datées. Un modeste bémol pour ce recueil de grande qualité qui s’impose comme un incontournable du run d’Alan Moore sur le personnage.

SAGA OF THE SWAMP THING - BOOK 3 d'Alan Moore

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Horreur, #Fantastique, #Superhéros, #DC, #Comic Book

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