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Publié le 20 Juin 2022

LES AVENTURES AMOUREUSES DE MADEMOISELLE DE SOMMERANGE de Pierre Mac Orlan (Pierrre du Bourdel)

Comme le précise la préface, voici un des meilleurs romans de son auteur. On fera confiance à cette introduction laudative à défaut d’avoir lu toute la production de Pierre Mac Orlan (1882 – 1970) signataire d’une centaine de romans. Beaucoup sont repris dans une monumentale « Œuvres complètes » en vingt-cinq volumes. Cependant l’auteur du fameux QUAI DES BRUMES n’a pas inclus dans cette rétrospective ses « érotiques ». Dommage car ces AVENTURES AMOUREUSES DE MADEMOISELLE DE SOMMERANGE, sous-titré fort justement « les aventures libertines d’une demoiselle de qualité sous la Terreur », reste un bon récit publié sous le pseudo de Pierre du Bourdel.

Loin des « érotiques » actuels style mommy porn soporifique, ce roman se veut picaresque, avec un ton libertaire, libertin et cru mais toujours dans une optique amusante. Notre Mademoiselle de qualité traverse donc, telle Angélique ou Caroline Chérie, la Terreur et donne beaucoup de sa personne. Bonnes sœurs fouettées, fessées puis sodomisées avec un navet, passages scatologiques, lavements à répétition du fondement de l’héroïne avec trois litres d’eau croupie, etc. l’auteur reste dans la tradition d’un certain porno excessif et délirant, à l’image des ONZE MILLE VERGES ou de certains bouquins du Marquis de Sade. L’imagination est donc au pouvoir et le lecteur pourra se délecter des nombreux viols et humiliations que subira notre Miss de Sommerange. Le roman est donc très divertissant mais, toutefois, tout finira bien et l’héroïne trouvera l’amour au cours d’un happy-end bienvenu. Cette fin joyeuse succède à une très longue et très déjantée scène de viol collectif.  Véritable plat de résistance du roman (à l’image de l’orgie finale qui termine bien des films pornos), la scène voit notre Mademoiselle, soumise, en compagnie de trois compagnes d’infortunes, aux turpitudes d’une douzaine de Hussards décidés à profiter, tour à tour, de chacun de ses orifices.

LES AVENTURES AMOUREUSES DE MADEMOISELLE DE SOMMERANGE se montre par conséquent distrayant, délirant et amusant. La brièveté du récit, associée à de nombreuses péripéties et à un paquet de scènes chaudes originales, empêchent tout ennui et le lecteur passe un bon moment avec ce bouquin d’aventures historiques, humoristiques et pornographiques.

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Publié le 11 Mai 2022

NE DIS PAS QUE TU AIMES CA de Céline Tran

Un témoignage intéressant de la vie mouvementée de Céline Tran qui, de Vietnamienne de bonne famille réussissant à l’école, décide de devenir hardeuse. Elle prend ce métier comme un autre, avec ses bons et ses mauvais côtés, accepte de devenir un « objet » et gravit les échelons en ne disant non à aucune pratique. Elle décrit également son amitié avec le spécialiste du porno crad franchouillard, le célèbre Alan Payet.

Céline Tran, ex Katsuni, ex Katsumi (elle perd un procès avec une homonyme) plutôt que continuer tranquillement sciences-po se lance donc dans le X à 20 ans. Elle réussit à y percer et, ce qui est encore plus difficile, à en sortir. Strip-tease, photos coquines puis porno. Dès ses débuts, elle bénéficie d’un film à sa gloire, signé par Payet, L’AFFAIRE KATSUMI. Elle restera dans le circuit pendant une douzaine d’années et des dizaines de vidéos avant sa reconversion dans le «trad » (une apparition dans la série télé METAL HURLANT CHRONICLE et, surtout, un des rôles principaux de l’excellent thriller martial JAIL BREAK). Même en ayant seulement vu les trois prestations précitées (alors qu’elle compte 360 crédits sur imdb mais il doit y avoir pas mal de remontages divers), Céline Tran reste un cas à part dans le hard, ne serait-ce que par ses origines asiatiques. Dans une industrie de plus en plus encombrée de bimbos interchangeable (les mutations du secteur avec l’arrivée du net sont abordées), elle reste aussi un des derniers « visage » reconnaissable, avec les Ovidie, Oksana, Clara Morgane et Laure Sainclair. Un témoignage de l’époque, début des années 2000, où les hardeuses étaient invitées sur les plateaux de télé dans les émissions de seconde partie de soirée.

Céline Tran parle également de sa vie de famille, de ses aventures amoureuses compliquées, de la difficulté à séparer la femme de l’artiste. La vision du X est plutôt positive (contrairement à celle d’un PORN VALLEY par exemple), Céline Tran / Katsumu semble n’avoir pas connu d’expérience pénible (excepté sur un tournage où Rocco prendra sa défense) et avoir pris du plaisir dans le hard. On a un peu de mal à croire à cette vision presque idyllique de l’industrie : si les tournages sur les productions « de prestige » sont évoqués, les vidéos gonzos se passaient-elles de manière aussi « cool », entre adultes consentants ? Laissons à l’autrice le bénéfice du doute dans une histoire quelque peu « conte de fées pour jeunes filles libertines ».

Cette autobiographie reste donc intéressante en dépit de quelques réserves sur le côté édulcoré du monde du hard. Toutefois, l’écriture est efficace, fort plaisante, agréable à lire, une plume convaincante pour une artiste à présent reconvertie dans de nombreuses autres activités et que l’on peut retrouver, transformée en héroïne de BD gore, dans les DOGGY BAGS.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Autobiographie, #Cinéma, #Cinéma bis., #Erotique, #Porno

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Publié le 8 Février 2022

DJINN de Sam West

Sam West est un auteur britannique spécialisé dans le splatterpunk, l’extrême horreur et le porno-gore. Dans DJINN, le romancier nous présente Pam Wilkins, laquelle n’a pas gagné le grand prix au jeu du destin. Grosse, moche, sans ambition, elle se fait battre par son petit copain et nettoie les toilettes pour gagner son misérable salaire. Comme disait Kurt « elle se déteste et veut crever ». Toutefois, un jour, elle découvre une lampe magique. Et qui en sort ? Un génie bien sûr, ou plutôt un djinn, autrement dit un démon oriental qui lui promet tout ce qu’elle désire. Ou presque : il lui accorde six vœux à condition d’accomplir différentes tâches dégradantes. Le djinn lui demande ainsi de boire l’eau croupie des toilettes. Pam accepte. Ce n’est qu’un début, évidemment.

Splatterpunk et porno-gore ne sont pas réputé pour leur finesse et DJINN ne cherche pas à revitaliser le genre ni à se montrer particulièrement original. Le déroulement de l’intrigue se montre ainsi très prévisible et linéaire avec un développement quasi nul. Quoique le personnage principal occupe toutes les scènes, le lecteur n’aura pas beaucoup de précisions la concernant. Elle est juste vénale, détestable et immonde. Si Divine était encore de ce monde elle pourrait jouer son rôle dans une adaptation signée John Waters. Bref, si la première moitié du bouquin reste correcte et propose les passages classiques du genre (viols, tortures, etc.), la suite peine à convaincre. Ainsi, après une partie relativement sobre qui se montre distrayante et relativement bien menée, la suite se vautre dans la surenchère et la scatologie. Quitte à perdre toute crédibilité et à sombrer dans l’excès pour l’excès, l’auteur se fait plaisir et en rajoute dans le trash total. Notre héroïne se fait sauter par un clochard, est « gangbangée » par trois voyous, suce six kikis, boit des litres de sperme et permet à un chien de l’enculer. Pour les habitués de l’extrême, rien de très novateur, juste la routine du porno gore crasseux. Mais les descriptions sont très longues, au point que la narration – plutôt convaincante dans les soixante premières pages – se délie complètement et donne envie de survoler en diagonale l’énième dégueulasserie imaginée par le romancier.

DJINN possédait un certain potentiel et sa thématique, certes traditionnelle, laissant espérer une réelle originalité. Malheureusement le bouquin retombe dans les travers du splatterpunk et l’impression reste mitigée. Censé donner la nausée, le livre suscite surtout l’ennui. Parfois trop c’est juste…trop.

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Publié le 12 Janvier 2018

LE BATON ET LA CAROTTE d'Esparbec

George Paillier, dit Esparbec, se définit comme le dernier des pornocrates, il s’assume en tant que véritable romancier porno et non pas « érotique », mot à la mode pour désigner de minables romances agrémentées de l’une ou l’autre scènes vaguement osées. George Paillier écrit depuis des années, publiant sous divers pseudonymes ou sous la bannière Esparbec des bouquins que ce soit chez Media1000 ou chez La Musardine.

L’histoire est classique : deux très jeunes filles pas si innocentes vont transformer un homme (évidemment consentant) en objet sexuel total. Pour cela elles ne vont pas y aller par quatre chemins et son éducation gentiment sale ce fera, notamment, à grands coups de bâton et de carotte dans le cul. Dès lors, nos deux gamines, emportées dans un grand tourbillon de perversions en tout genre, vont se déchainer sur notre pauvre (?) homme objet.

Pas la peine de prendre des gants avec Esparbec : pas de place pour la suggestion, le gentillet, l’érotisme chic ou le mommy porn vendu par paquet de dix (plus un gratuit) chez Carrefour. Esparbec s’en fiche et, osons le dire, il s’en bat les couilles. La crédibilité ou la psychologie des personnages ne l’intéressent pas davantage et, quelque part, il a sans doute raison, le sujet n’est pas là. Il préfère multiplier les scènes pornographiques bien déviantes, à la manière d’un explorateur de la perversion. S’il était cinéaste Esparbec ferait du hard crad, pas du porno classe, bref il serait plutôt Alain Payet que Francis Leroi.

Le porno de l’écrivain n’est pas nécessairement érotique d’ailleurs tant il va loin dans ses excès, certains passages pourront choquer ou rebuter le lecteur. C’est probablement voulu, le bonhomme n’ayant que faire des « zones de confort », en particuliers dans ce BATON ET LA CAROTTE ouvertement pédophile. Car Esparbec repousse les limites et joue des tabous (sadomasochisme, humiliations variées, viol, inceste, etc.). L’érotisme de bon goût n’a pas court chez lui et on imagine la tête d’une lectrice de 50 NUANCES DE GREY découvrant cette œuvre dont les héroïnes, âgées de 12 ans, démontrent une imagination débordante.

A vrai dire, LE BATON ET LA CAROTTE, comme tous les autres Esparbec apparemment (LA PHARMACIENNE y allait déjà franco) accumule les scènes crades (ne manquent d’ailleurs que les odeurs) écrites avec un véritable style, quelque part entre la description gynécologique la plus crue et une certaine préciosité héritée des romans clandestins d’antan. 

Cru, déviant mais aussi empreint d’un humour au second degré fort plaisant, d’un côté Vaudeville cochon appréciable et d’une énergie impressionnante, la littérature d’Esparbec s’inscrit dans la tradition des romans pornos de Sade ou Apollinaire, à la manière des 120 JOURS DE SODOME ou des ONZE MILLE VERGES. Sans se soucier du politiquement correct et des rigueurs d’une censure qui aimerait cadenasser jusqu’aux fantasmes, l’écrivain se permet toutes les audaces et toutes les transgressions. En ces temps de retour du puritain, du féminisme agressif et des outragés de tous bord, la littérature d’Esparbec se révèle, quoiqu’on en dise, bien plus nécessaire que les best-sellers bien-pensants ayant droits à une belle couverture médiatique.

Même si on n’en lira pas tous les jours (il faut avouer que le bouquin s’avère un poil – de cul – répétitif), Esparbec démontre que la pornographie pure et dure a toujours droit de citer malgré Youporn. Et qu’elle peut être divertissante et amusante à lire.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Roman de gare, #Erotique, #Esparbec, #Porno

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