clive cussler

Publié le 29 Avril 2021

CORSAIRE de Jack Du Brul & Clive Cussler

Jack Du Brul, parrainé par Clive Cussler, poursuit les aventures de l’Orégon, un navire surarmé camouflé en vieux rafiot et occupé par l’élite des mercenaires mené par Juan Cabrillo. Cette fois, une conférence de paix pourrait faire évoluer positivement la situation au Moyen-Orient. Mais la secrétaire d’état américaine est capturée par des terroristes. Juan et ses hommes vont tenter de la retrouver et, parallèlement, mettre la main sur les écrits d’un musulman qui, à la fin de sa vie, aurait rédigé un traité visant à la coexistence pacifique des religions.

Après le traditionnel prologue en pleine bataille navale avec corsaires barbaresques et coups de canon, le roman se recentre à l’époque actuelle. La majeure partie de l’action aura lieu en Lybie et le terrorisme va se trouver dans la ligne de mire des deux romanciers, par l’intermédiaire de leur héros, Juan Cabrillo.

Du Brul maitrise manifestement les ficelles du page-turner et, en dépit de quelques longueurs, l’écriture fluide et sans fioriture, maintient le suspense durant 502 pages. Les recettes ne changent guère : le roman alterne les aventures et les points de vue, avançant à un rythme soutenu avec des chapitres relativement courts, toujours nerveux et régulièrement ponctués de cliffhangers. Comme toujours, le côté serial de l’intrigue voisine avec des scènes d’action spectaculaires à la manière des gros budgets hollywoodiens. L’aspect cinématographique de l’intrigue, complètement assumé, multiplie d’ailleurs les références attendues à James Bond et Indiana Jones auquel s’ajoute une sous-intrigue à base de trésor et d’ésotérisme dans la lignée d’un Dan Brown. Toutefois, la série Orégon se distingue de la saga « mère » consacrée à Dirk Pitt en privilégiant l’action pure au détriment du mystère et de l’émerveillement teinté, parfois, d’un soupçon de science-fiction ou de fantastique. Là où Pitt doit résoudre des énigmes, découvrir l’Atlantide ou renflouer le Titanic, Cabrillo se « contente » de combattre les barbus et de sauver le monde à la manière d’un héros de roman de gare façon Exécuteur. C’est véritablement les romans d’aventures populaires (dit « pour hommes ») qu’évoque ce CORSAIRE avec leur qualité (rythme enlevé, explosions et fusillades à foison) mais aussi leurs défauts (linéarité de l’intrigue, prévisibilité des rebondissements et méchants fort caricaturaux), défauts évidemment accentués par une pagination conséquente. Toutefois ne boudons pas notre plaisir : CORSAIRE demeure un bon mélange d’action, d’aventures et de techno thriller agrémenté d’une touche historique et d’un soupçon de théologie (les dernières lignes s’avèrent d’ailleurs fort réussies et bien trouvées).

Bref, un épais bouquin popcorn, bien huilé, facile à lire et globalement satisfaisant. S’il ne peut se hisser à la hauteur des meilleurs « Cussler », CORSAIRE reste l’assurance d’un divertissement efficace et plaisant qui saura contenter les fans de l’auteur (et de ses « collaborateurs » variablement doués).

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Aventures, #Technothriller, #Clive Cussler

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Publié le 2 Août 2018

DERIVE ARCTIQUE de Clive et Dirk Cussler

Clive Cussler, grand spécialiste du roman d’aventures maritimes, nous propose, avec l’aide de son fiston, une nouvelle intrigue mettant en scène son increvable héros Dirk Pitt.

Rappelons que la série débuta en 1973 avec MAYDAY pour se poursuivre au rythme soutenu d’un titre tous les deux ans. DERIVE ARCTIQUE, publié en 2008, constitue le vingtième volet de cette saga. Une des particularités de Dirk Pitt réside dans son vieillissement au fil des années. Forcé d’adopter un rôle moins prédominant, le directeur de l’agence NUMA se trouve, depuis déjà quelques épisodes, accompagné de ses enfants, Dirk Pitt Jr et Summer.

La recette, immuable, débute par une séquence située en Arctique, en 1847. L’expédition Franklin tente de découvrir le passage du nord-ouest mais les deux navires, le Terror et l’Erebus, sont bloqués par les glaces tandis que l’équipage sombre dans la folie.

De nos jours, une équipe de la Numa composée de Dirk Pitt et ses enfants, ainsi que du fidèle Al Giordino, tente de retrouver l’épave du Terror, lequel transportait une grosse quantité d’un mystérieux métal, proche du platine, qui pourrait servir à stopper le réchauffement climatique catastrophique. Cependant, un millionnaire cupide freine les recherches et n’hésite pas à commettre plusieurs attentats pour empêcher que celles-ci aboutissent. Et la situation entre le Canada et les Etats Unis s’enveniment au point qu’une guerre potentiellement mondiale se profile…

Roman écologiste s’attaquant frontalement au réchauffement climatique et aux compromis des puissants pour continuer à s’enrichir en dépit de la multiplication des catastrophes, DERIVE ARCTIQUE déroule le scénario typique des aventures de Pitt. Nous avons droit aux déductions de l’intelligence artificielle Max, aux scènes de poursuites et aux fusillades quoique l’ensemble soit moins « monumental » qu’ONDE DE CHOC, CYCLOPE ou ATLANTIDE. Ici, le récit se veut plus réaliste (bien qu’il faille à nouveau jouer de la suspension d’incrédulité) mais reste dans la lignée des précédents, une sorte de mélange de James Bond (version cinéma) et d’Indiana Jones, bref un cocktail d’aventures, d’action, d’énigme, d’espionnage, et de politique-fiction saupoudré d’une pincée d’anticipation science-fictionnelle pour un techno thriller épais (plus de 600 pages) mais d’une lecture aisée. Cussler use ainsi de toutes les techniques du « page turner » en multipliant les intrigues parallèles, les chapitres courts (une centaine, souvent longs de quatre ou cinq pages seulement) et les mystères finalement résolus dans les dernières pages.

Solidement documenté, l’écrivain s’appuie sur des références historiques et sur la tragédie des navires Terror et Erebus (laquelle inspira à la même époque Dan Simmons pour son roman THE TERROR) dont les épaves seront évidemment découvertes par Pitt (elles le seront, dans la réalité, en 2016).

Cependant, les intrigues parallèles entre Dirk Pitt et ses enfants semblent parfois quelque peu déconnectées, comme si le lecteur se trouvait face à deux livres en un seul. Il faudra attendre la toute fin pour que les deux récits aboutissent à une vraie cohérence. Dirk Junior manque également d’une vraie personnalité, il ressemble trop à une copie aseptisée (ou « rebootée pour le XXIème siècle ») de son paternel. Néanmoins, la transition annoncée s’opère progressivement et le passage de témoin parait plus proche que jamais entre Pitt Sr et Jr. Espérons qu’il soit plus convainquant que celui entre Indiana Jones et son gamin dans LE ROYAUME DUCRANE DE CRISTAL.

S’il n’est peut-être pas le meilleur roman de son auteur (une certaine lassitude peut logiquement poindre pour un vingtième roman, sans compter les séries dérivées similaires comme « les dossiers de la Numa » ou « Oregon »), DERIVE ARCTIQUE demeure un divertissement intelligent et rondement mené. On y trouve sans doute moins d’action et d’émerveillement que dans les plus belles réussites de l’auteur (comme SAHARA ou ODYSSEE) mais, dans l’ensemble et en dépit de quelques longueurs, le contrat est en grande partie rempli. Au suivant !

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Aventures, #Thriller, #Technothriller, #Clive Cussler

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Publié le 4 Décembre 2017

MIRAGE de Clive Cussler & Jack Du Brul

Clive Cussler, né en 1931, écrit depuis 50 ans (son premier roman publié fut MAYDAY ! quoique le premier écrit soit VORTEX). Par la suite, il poursuivit les aventures de son héros récurent, Dirk Pitt, avec ICEBERG et RENFLOUEZ LE TITANIC (adapté de manière assez médiocre à l’écran sous le titre « La Guerre des abîmes »). La saga, toujours en cours, compte à présent 24 livres dont les derniers furent co-écrits par son fils, Dirk Cussler.

Depuis le début des années 2000, Cussler a également multiplié les collaborations, inscrivant la plupart de ses récits dans un « univers partagé » plus vaste : il lance ainsi « les dossiers de la NUMA », « Oregon », « Fargo », « Isaac Bell »,…Difficile d’estimer ce qui est véritablement écrit par Cussler dans ces séries aux « co-auteurs » (nègres ?) interchangeables comme Craig Dirgo, Paul Kempos, Jack Du Brul, Boyd Morrison, Paul Garrison, etc.

En tout cas, Cussler occupe adroitement l’espace médiatique puisque trois ou quatre romans sortent chaque année, l’auteur étant devenu une marque à la manière de Tom Clancy ou Robert Ludlum. Tout comme ces derniers, il est probable que même la mort ne puisse empêcher la sortie, pour encore de nombreuses années, de nouveaux romans « signés » Clive Cussler.

MIRAGE appartient à la saga de l’Oregon, dont il constitue le neuvième épisode, et conte les aventures de Juan Cabrillo, président de l’organisation « Corporation » et capitaine d’un navire ultra sophistiqué, l’Oregon, camouflé en vieux rafiot. Cabrillo, qui possède une jambe artificielle truffée d’armes et de gadgets, intervient en tant que mercenaire pour sauvegarder la paix mondiale. L’Oregon et son équipage apparurent pour la première fois dans RAZ DE MAREE (de la série « Dirk Pitt ») mais possèdent à présent une « existence » propre quoique les romans ne perdent jamais une occasion d’effectuer quelques clins  d’œil à Pitt, la Numa ou d’autres protagonistes de Cussler.

MIRAGE se réfère à la légendaire expérience de Philadelphie, laquelle visé à rendre invisible un navire, le USS Eldridge, mais aurait abouti à sa téléportation avec des conséquences désastreuses pour la santé physique et mentale des marins. Le roman reprend certains éléments fréquemment associés à cette « théorie du complot », notamment l’utilisation d’une invention inconnue du fameux Nikola Tesla, devenu, dans la culture populaire, synonyme de génie incompris ayant mis au point la téléportation, la réplication de la matière, les rayons de la mort, etc.

A la manière d’un James Bond, MIRAGE débute par un « prégénérique », une longue scène qui voit Cabrillo s’infiltrer dans une prison sibérienne afin de libérer son ami Borodin, emprisonné par le dangereux Pytor Kenin. Au cours de l’opération, Borodin meurt et ses dernières paroles lancent Cabrillo sur les traces d’un mystère maritime de plus d’un siècle et d’un bateau inventé par Nikola Tesla. Après avoir récupéré une colossale fortune, l’équipage de l’Oregon tente d’empêcher une nouvelle guerre sino-japonaise et de détruire des navires furtifs menaçant la paix mondiale.  

« En matière de technologie ce qui était impossible hier sera sur le marché demain. Ton téléphone mobile a plus de capacités de calcul que l’atterrisseur qui a permis à l’homme de poser le pied sur la lune ». Voilà qui donne le ton d’un roman que l’on pourrait facilement qualifier d’invraisemblable ou de délirant. La principale qualité de MIRAGE réside dans l’incorporation, au sein du récit, des théories complotistes concernant Tesla et, en particulier, de la célèbre « expérience de Philadelphie » (qui donna lieu à un très plaisant long-métrage en 1984). Toutefois, certaines sous-intrigues semblent plaquées sur l’histoire principale afin d’allonger la sauce. Ainsi la récupération d’une fortune dans le « container » - quoique divertissante - parait n’avoir aucune relation avec le récit et aurait pu servir de base à un tout autre bouquin. Cependant, ce défaut mineur n’entame pas la réussite de MIRAGE qui demeure un « page tuner » efficace dans la tradition de Cussler : un mélange d’aventures maritime, d’action et d’espionnage saupoudré d’une touche de science-fiction (ou d’anticipation). Si l’ensemble s’avère linéaire et quelque peu prévisible, ce roman reste un bon cru hautement distrayant qui maintient l’attention du lecteur durant plus de 400 pages bien tassées.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Thriller, #anticipation, #Technothriller, #Clive Cussler

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Publié le 24 Avril 2017

TEMPETE POLAIRE de Clive Cussler et Paul Kamprecos

 

Auteur américain, Clive Cussler crée au début des années 70 le personnage de Dirk Pitt, aventurier baroudeur employé par la Numa (l’Agence nationale américaine marine et sous-marine). Série phare du romancier (nous en sommes actuellement à 24 romans), la saga prend de l’ampleur, passant au fil des ans de romans d’aventures maritimes à des techno-thrillers spectaculaires, équivalents littéraires des James Bond cinématographiques mâtinés d’Indiana Jones. A l’orée du vingt-et-unième siècle (Cussler ayant alors 70 ans), il s’associe avec une poignée d’auteurs pour proposer des spin-off basés sur d’autres héros, eux-aussi affiliés à la Numa, comme Kurt Austin ou Juan Cabrillo, lesquels ont à présent vécus une douzaine d’aventures autonomes. Dans la plupart d’entre-elles la menace se fait mondiale et implique souvent un grand méchant mégalomane là aussi fortement influencé par les antagonistes de l’agent 007.

Pour sa sixième apparition (écrite en 2005), Kurt Austin apprend qu’un riche businessman associé à un groupuscule anarchiste radical, les Fils de Lucifer, s’apprête à utiliser les théories d’un génial savant, Lazlo Kovaks (disciple du fameux Nikola Tesla), pour provoquer une inversion des pôles (à la manière du film 2012). Une catastrophe qui, une fois déclenchée, pourrait entrainer la fin du monde. Austin et les autres membres de la Numa

Reprenant une formule à présent bien rodée (un prologue historique, ici situé durant la Seconde Guerre Mondiale, des chapitres courts avec nombreux cliffhangers), TEMPETE POLAIRE n’en dévie pas un instant: le héros sauve le monde, tombe la demoiselle (intelligente, intrépide et « aussi belle que la plus belle des top-modèles ») et les méchants sont punis (le final avec sa catastrophe avortée semble d’ailleurs un rien précipité).

L’écriture, pour sa part, est professionnelle, alerte et adopte les techniques classiques du bestseller d’action avec ses personnages nombreux, ses sous-intrigues farfelues (dont la découverte d’une espèce de mammouth nains ayant survécus jusqu’à notre époque dans une cité préhistorique souterraine) et ses chapitres courts (souvent en dessous de dix pages) qui relancent l’intérêt. On peut se demander quelle est la part réelle de Cussler à ce roman (comme à tous ceux écrits en « collaboration ») quoique son nom soit écrit en caractères beaucoup plus gros que celui de Paul Kamprecos, sans doute le véritable auteur.

L’ensemble, entre aventures, science-fiction, récit catastrophe et « espionnage » tient en haleine mais manque un peu d’originalité pour réellement passionner.  Cela reste un bon divertissement typique du style Cussler, capable de plaire aux fans avec ses clins d’œil et « caméos » bien amenés (Dirk Pitt effectue une apparition en fin de récit) sans toutefois totalement les combler. L’aspect répétitif des schémas narratif apparait en effet dans les bouquins publiés depuis le début du XXIème siècle et on n’y retrouve pas l’invention constante des meilleurs Cussler (comme CYCLOPE ou SAHARA).

Toutefois, malgré ces réserves, TEMPETE POLAIRE reste un bon « blockbuster littéraire » qui ne laisse guère le temps de souffler à son lecteur emporté dans une série d’aventures échevelées, entre tourmente océanique et gigantesques vagues scélérates (un phénomène naturel rare mais authentique) menaçant d’engloutir la terre entière.

 

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Thriller, #Technothriller, #Aventures, #Clive Cussler

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