L’HORREUR AUX MILLES VISAGES de Bill Garnett

Publié le 23 Août 2017

L’HORREUR AUX MILLES VISAGES de Bill Garnett

Publié chez Gore, L’HORREUR AUX MILLES VISAGES est un roman efficace qui intéressera davantage les lecteurs friands d’une intrigue solide que les inconditionnels de la boucherie littéraire.

Peter Stone, le manager d’une agence de voyage en plein essor, aime engager des secrétaires ne craignant pas les heures supplémentaires, de préférence à l’horizontale. Il porte ainsi son dévolu sur la trop jolie Roszina Janosi avec laquelle il entame une liaison torride. Hélas, Peter se lasse et, décidé à reprendre son couple en main, annonce à la demoiselle qu’il met un terme à leur idylle. Pour se venger, Rosznisa absorbe une grande quantité de médicaments et lui adresse une lettre expliquant les raisons de son geste. Ce coup de bluff se termine mal puisque la jeune femme décède. Sa mère, Magda, a connu pour sa part son lot de souffrances sous la botte des Nazis puis des Communistes. Lorsque meurt Rosznisa, sa dernière joie dans l’existence disparait. Magda entame alors un rituel afin d’évoquer une « chose » sanguinaire qu’elle lance aux trousses de Peter.

Sympathique roman gore au rythme enlevé (sans doute involontairement aidé par une traduction qui sacrifie une cinquantaine de pages sur les 215), L’HORREUR AUX MILLES VISAGES se montre fort plaisant à suivre. Au passage, le titre ne craint pas l’hyperbole puisque le monstre en question se limitera à une dizaine de visages, la « chose » changeant de forme au fur et à mesure du récit. Dès lors, le « héros » infidèle va affronter, au cours d’une excursion touristique le menant du Moyen-Orient jusqu’au Kenya, une série de manifestations horrifiques : serpent, vautour aux ailes gigantesques, etc. Une belle manière de renouveler les périls qui le menacent et d’offrir au lecteur une variété de manifestations épouvantables.

Toutefois, l’intrigue prend son temps durant sa première partie afin de présenter des personnages relativement travaillés (dans les limites du peu de pages impartis, évidemment) : un sale type arriviste, son épouse résignée, sa maitresse qui rêve du grand amour et la mère de cette dernière, une sorcière assoiffée de vengeance victime d’un passé tragique. Tout cela reste réaliste, soigné et crédible, le roman parvenant à intéresser le lecteur avec des histoires sommes toute banale d’adultère et les coucheries d’un patron volage. Par la suite, l’épouvante se manifeste de manière plus frontale. Hélas, le voyage autour du monde du « héros », certes plaisant, s’avère un peu trop rapidement expédié (des coupes sombres dans le texte originel peut-être ?) pour pleinement passionner. Un léger bémol atténué par une fin ironique attendue mais joliment amenée, à l’humour noir efficace dans la tradition des récits « à chute » façon E.C. Comics. L’assurance de quitter le récit sur une note positive.

Bill Garnett fut l’un des nombreux écrivaillons s’étant lancé dans la mode juteuse de l’horreur dans les années ’70 et ’80 mais L’HORREUR AUX MILLES VISAGES est, à ce jour, le seul de ses romans à avoir eu l’honneur d’une traduction française. Dommage car ce bouquin, certes classique et linéaire, se montre divertissant : un fantastique traditionnel à base de monstre sanguinaire et de malédiction ancestrale saupoudré de quelques passages « chocs » réussis.

L’atmosphère, bien rendue et effective, prédomine largement sur le gore (fort rare) et l’érotisme (une longue scène chaude pour contenter l’amateur) mais le tout se lit d’une traite et sans le moindre ennuit.

Dissimulé sous une couverture peu attrayante, voici une belle réussite pour une collection à l’époque vilipendée et aujourd’hui enfin réhabilitée ! A découvrir !

Rédigé par hellrick

Publié dans #Fantastique, #Horreur, #Gore

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