Publié le 26 Janvier 2026

THIRTY MILES SOUTH OF DRY COUNTY de Keelan Patrick Burke

L’Irlandais Keelan Patrick Burke a consacré quatre novellas et un roman à la ville fictive de Milestone. Gagnant du Bram Stocker Award avec ce récit, Burke invite le lecteur à une excursion dans ce patelin étrange, autrefois une ville minière prospère, devenue une ville fantôme non mentionnée sur les cartes. Warwick Tanner, un vieil homme qui « sait lire les gens », s’y rend pour espérer retrouver ses deux amis disparus. Il sait qu’il n’y a pas de miracle à espérer à Milestone mais il y rencontre les derniers habitants, désespérés et fantomatiques, jusqu’à découvrir la vérité sur le village et sa venue.

Milestone n’est pas vraiment une ville maudite, c’est une ville qui « attire le mal » et ceux qui « sont attiré par le mal ». En une centaine de pages, Burke décrit un patelin constamment enveloppé de brouillard, où vivotent des personnages étranges comme cette ancienne beauté fanée à demi prostituée et ce maire mystérieux.

Loin de l’horreur tapageuse, Thirty Miles South of Dry County convoque surtout une atmosphère d’angoisse diffuse, de solitude et laisse au lecteur sentir le temps qui s’écoule tristement, à l’approche de la mort, entre secret oublié et regrets. A l’opposé du splatter punk et des effets grand-guignolesques, Burke installe un climat pesant et prenant totalement maitrisé. Une belle réussite.

 

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Publié le 21 Janvier 2026

DESPATCHES de Lee Murray

Une novella située durant la Première Guerre Mondiale, lors de la bataille des Dardanelles, racontée de manière épistolaire par le journaliste Cassius Smythe. En 1915 chacun est persuadé que la guerre va s’achever d’ici quelques mois. Smythe raconte dès lors le quotidien des soldats, les combats, l’attente, les décisions des gradés qui envoie leurs hommes servir de chair à canon pour s’emparer d’objectifs futiles.

Mais Smythe rencontre plus que la guerre puisqu’il découvre une ancienne légende et l’éveil d’une créature lovecraftienne qui ne fait aucune différence entre les alliés et les ennemis.

En moins de 100 pages, Lee Murray capture l’ambiance belliqueuse et injecte dans le conflit une bonne dose d’horreur cosmique tout en s’attaquant à la propagande. Elle utilise pour cela des techniques immersives bien employées, avec ces comptes-rendus qui doivent passer par la censure et sont donc en partie raturés. Cela permet à certains événements de rester légèrement flous, donnant une impression chorale aux péripéties bien menées qui conduisent logiquement à un final nihiliste témoignant de l’horreur du conflit et de la suprématie des « anciens dieux ».

Un bon renouvellement des thèmes lovecraftien traditionnels par le prisme d’un court roman de guerre qui ne lésine pas sur le pathos et le gore.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Guerre, #Horreur, #Fantastique, #Lovecraft, #Novella (roman court)

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Publié le 16 Janvier 2026

PLANET X: STAR TREK THE NEXT GENERATION - X MEN de Michael Jan Friedman

Si en comic-books, les crossovers se multiplient depuis une vingtaine d’années, les tentatives en roman se montrent plus rares. PLANET X constitue donc une vraie curiosité dans lequel les univers de Star Trek The Next Generation et Marvel se rencontrent. Il s’agit en réalité d’une séquelle au comic-book « Second Contact » qui avait initié ce crossover. Le roman orchestre donc la seconde rencontre entre Picard et les X Men.

Sur la planète Xhaldia, des hommes et des femmes subissent des mutations pour devenir des êtres étranges dotées de super-pouvoirs. Evolution ou catastrophe ? La société xhaldienne est menacé, divisée par la peur et les préjugés divisent. Dépêchés sur place pour gérer la crise grandissante, le capitaine Picard et l’équipage du vaisseau spatial Enterprise reçoivent la visite inattendue de mutants venus d’une autre réalité : les X-Men. Tornade, chef de l’équipe, propose son aide pour résoudre la situation, similaire aux conflits entre humains et mutants de leur propre époque. Mais lorsque des extraterrestres hostiles apparaissent en orbite autour de Xhaldia pour tenter d’enlever les métamorphosés et les utiliser comme armes surpuissantes dans une attaque contre la Fédération, l’équipage de Starfleet et les X-Men doivent s’unir pour stopper cette menace grandissante. L’équipe bleu et jaune se compose, à l’époque, de Storm, Shadowcat, Colossus, Wolverine, Banshee et Nightcrawler.

Objectivement, le bouquin est truffé de problèmes : une très longue exposition (une bonne centaine de pages avant que le récit ne commence réellement), des personnages agissant de manière parfois étonnantes (comme dans les comics il faut que l’action avance quitte à verser dans le tortueux), des dialogues pas toujours convaincants (avec un Wolverine forcément balourd et un Archangel techno organique trop beau pour être vrai) et une amorce de romance entre Picard et Storm. On y ajoute des clins d’œil (à Kirby et Dikto notamment, incarnés en agent de sécurité), une dose modérée d’action, des références, et, dans son dernier acte, un déchainement pyrotechnique de super pouvoirs et de combats.

Bref, au final, le roman ressemble exactement à une fan-fiction qui tente, tant bien que mal, de faire coexister deux univers totalement différents. Et qui, contre toute attente, y parvient en jouant la carte du pur divertissement. Nous sommes loin d’un grand roman (y compris dans les bouquins Star Trek qui comptent des titres bien plus réussis) mais, si on aime ces deux univers, difficile de résister à ce fan-service divertissant qui se lit agréablement et se termine par le message de tolérance habituel véhiculé par les X Men.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Star Trek, #Marvel Events - Crossovers, #X Men, #science-fiction

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Publié le 13 Janvier 2026

CORPS A CORPS EN LIBERTE de Julie Bray

Un petit livre érotique composé d’une douzaine de courts récits, racontés par des femmes à la première personne. Nous sommes un peu dans la littérature érotique version youporn : pas de présentation des personnages, pas vraiment d’intrigue, on entre directement (hum) dans le vif du sujet. Il faut dire que les nouvelles font moins de dix pages, donc laissent peu de place au développement.

Généralement l’autrice québécoise nous propose une sorte de saynète fantasmatique et délivre directement la scène osée. La majorité des récits concernent des rencontres saphiques et les autres tournent autour du triolisme. Tout cela est donc assez classique, avec des clichés établis (la femme qui invite une étrangère dans le lit de son mari en guise de cadeau, les bonnes copines qui s’offrent un intermède lesbien, la fille nue sous sa robe, le gode ceinture bien pratique, etc.).

C’est un érotisme traditionnel avec une écriture qui l’est tout autant. Ce n’est pas désagréable mais, malheureusement, tout ça se montre un peu redondant à force de lire « j’avais la chatte toute trempée », « elle toucha mon bouton et me fis jouir » et autre « je voulais son doigt au fond de mon cul ».

Comme précédemment mentionné les histoires se ressemblent un peu toute dans leur construction et le vocabulaire employé, ce qui aboutit à un petit livre sympa mais sans doute un peu trop classique et conventionnel pour emporter l’adhésion.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Erotique, #Nouvelles (recueil)

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Publié le 11 Janvier 2026

MY VAGINA SMELLS LIKE SULFUR de Sea Caummisar

Sea Caummisar semble s’amuser avec les titres de ses courts romans. Après le très efficace et amusant FRUT OF THE LOINS, l’autrice revient avec une novella splatter porn au sujet du dark web. Une de plus puisque le sujet inspire de nombreux auteurs d’horreur extrême. Ici, le récit traite d’une émission underground au sujet d’individus qui se suicident de la manière la plus horrible possible pour accéder à un hypothétique paradis promis par une organisation secrète.

Les premières pages annoncent du splatter punk classique mais potable. Malheureusement la suite tourne au n’importe quoi absolu et (plus ou moins) assumé. L’intrigue n’a aucun sens, les personnages sont ridicules, stupides et aucunement développés, chaque chapitre semble écrit dans l’unique but de surenchérir dans les tortures sexuelles vomitives, sans aucune volonté de progression dramatique. Les twists proposés sont complètement ridicules et la fin n’en est pas une, laissant le lecteur terminer (péniblement) un bouquin qui, heureusement, ne compte qu’une centaine de pages.

Le livre aurait pu être un minimum sauvé par un style percutant ou une certaine recherche mais la grammaire et le vocabulaire sont d’une pauvreté consternante. Si on proposait à un adolescent de douze ans d’écrire « l’histoire la plus dégueulasse possible » on aboutirait probablement à un court roman dans ce style. Et probablement meilleur.

Le splatterpunk / porn dans toute sa gratuité la plus nulle et le degré zéro de la littérature d'horreur. 

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Publié le 8 Janvier 2026

CASSE CLOWN de Violaine de Charnage

Le « méchant clown » est devenu, en quelques années, un incontournable de l’épouvante. Depuis le Pennywise de Stephen King (dans ça), nous avons eu le Art des Terrifiers, les sagas des Killjoy et Camp Blood, dernièrement, Un clown dans un champs de maïs. Violaine de Charnage nous en propose donc sa déclinaison dans sa dernière livraison, Casse-Clown, publié dans sa bien nommée collection « Le diable au gore ». Nous y avions découvert les excellents « Slasher Island » (et sa téléréalité revisitée de manière sanglante) et » Croak Creek Maniacs » (hommage gluant à Hershell Gordon Lewis).

Ce nouveau (court) roman se montre cette fois plus axé sur le fantastique et délaisse quelque peu l’érotisme explicite et le gore. Il reste toutefois réservé à un public averti. Le pitch ? Quelques quidams adeptes des Coulrophobes Anonymes décident, un jour, que la peur doit changer de camp. Ils partent donc rendre justice et, comme le titre l’indique, s’en vont « casser du clown ». Hélas pour eux, nos apprentis vengeurs s’en prennent à des adeptes de la magie noire issus d’un cirque déliquescent façon Massacres dans le train-fantôme

L’intrigue étant plus classique que dans les précédentes œuvres de Violaine, l’autrice bouleverse la structure pour maintenir l’intérêt. Alternance de point de vue entre les coulrophobes et leurs victimes, aller-retour entre le présent et le passé, origine des frayeurs, etc. Pas le temps de souffler durant ces 150 pages bien tassées qui se lisent d’une traite. Une fois encore, Violaine de Charnage conjugue références cinéphiliques, clins d’œil, touches d’humour (les coulrophobes se désolent de la sortie prochaine de Petrifier 11), fantastique démoniaque, horreur sanglante et rebondissements jusqu’à la conclusion surprenante et ironique. Une belle réussite.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Horreur, #Novella (roman court), #Gore, #Humour

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Publié le 5 Janvier 2026

THE ROYAL COVEN de Juno Dawson

Présenté comme une alternative à Harry Potter, THE ROYAL COVEN se révèle, en réalité, surtout une attaque en règle contre J.K. Rowling camouflé derrière un récit d’urban fantasy. Les premiers chapitres se montrent plutôt réussis et agréables, avec ce « coven » secret de sorcières et les relations qu’elles nouent entre elles et le possible avènement d’un maléfique sorcier, un garçon surnommé L’Enfant Impur. Malheureusement, une fois le « twist » dévoilé, tout part en sucette. Car Théo ne peut être ce méchant garçon puisqu’il se sent fille et demande à intégrer la sororité des sorcières. Ces dernières sont d’accord, surtout si elles sont noires, asiatiques ou lesbiennes…A l’exception d’Helena, la méchante sorcière blanche hétéro cis-genre qui n’accepte pas de considérer Théo comme une fille et lui refuse l’entrer dans le monde des sorciers.

L’analogie est claire ? Sans doute pas pour tout le monde puisque l’autrice la resasse durant tout le reste du roman. Et c’est bien là le problème : l’intrigue passe totalement au second plan, remplacé par un prêchi prêcha inclusif d’une lourdeur pachydermique. THE ROYAL COVEN aurait pu être un récit de Fantasy saupoudré d’un message « trans friendly » mais ici c’est tout le contraire : le message, asséné sans la moindre nuance ou finesse, occupe tout l’espace, relégant l’histoire à la portion congrue. Lorsque l’autrice se décide enfin à reprendre son récit elle expédie sa conclusion voulue explosive en quelques pages.

Un autre problème réside dans la caractérisation très juvénile des protagonistes : après avoir vécu de nombreux événements traumatiques et alors qu’elles sont âgées d’une quarantaine d’années, nos sorcières se comportent comme des adolescentes immatures, ce qui permet de balancer des références incessantes à la pop-culture (avec les Spice Girls en étendard !). Elles paraissent en outre uniforme et Juno Dawson semble incapable d’imaginer un personnage neutre ou nuancé : d’un côté nous avons toutes les gentilles sorcières issues de la diversité et des minorités (notamment sexuelles), de l’autre la très vilaine Helena. Entre les deux ? Personne !

En résumé, THE ROYAL COVEN aurait pu être intéressant si l’autrice avait proposé un véritable univers de fantasy au lieu de simplement livrer un décalque d’Harry Potter qui apparait surtout comme un véritable assaut à l’encontre de J.K. Rowling. Sous ce pesant « agenda politique » se niche sans doute un roman intéressant mais le message est trop présent, trop peu nuancé et trop bavard pour que l’on ait envie de poursuivre la saga, en particulier vu la médiocrité du final.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Fantasy, #LGBT, #Young Adults

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Publié le 3 Janvier 2026

QUAND NOS OS RETOURNERONT A LA TERRE de V. E. Schwab

Attention gros pavé et lecture captivante ! V. E. Schwab signe ici une très vaste saga qui s’étale sur près de 800 pages et cinq siècles.

Jeune étudiante lesbienne, Alice voit son destin basculer le soir où elle rencontre Lottie: après une nuit en compagnie de cette dernière, Alice se découvre vampire et assoiffée de sang ! Elle tente alors de retrouver la trace de la femme qui l’a transformée…Lottie, alias Charlotte, a, de son côté, rencontrée son amante au début du XIXème siècle, Sabine. La rebelle Lottie, après un chagrin d’amour, part à Londres pour la « Saison ». Lors d’un de ses bals des célibataires, elle rencontre Sabine, dont elle refuse d’être séparée. Celle-ci exauce son vœu en la changeant en vampire. Mais l’amour peut-il vraiment durer éternellement ?

QUAND NOS OS RETOURNERONT A LA TERRE alterne les points de vue de trois femmes qui vont se croiser, s’aimer puis se détester au fil des siècles. Car l’amour de Lottie pour Sabine finit par pourrier. Leur relation devient toxique, la première essayant d’échapper à l’emprise de la seconde sans toutefois pouvoir lui faire du mal. En effet, les vœux prononcés par les vampires les engagent à jamais. Et Sabine refuse de voir Lottie aimer quelqu’un d’autre…

En dépit de quelques longueurs, pratiquement inévitables vu l’épaisseur du récit, le roman offre un plaisir de lecture quasi constant. L’écriture est très agréable et les chapitres s’enchainent de manière fluide, dans une optique « young adults » mais avec un riche vocabulaire, des phrases plaisantes et beaucoup d’émotions, sans que l’ensemble ne soit jamais pesant. Le lecteur parcourt les années, de 1532 à 2019 en passant par 1827, les trois dates clés de l’intrigue, qui correspondent à la mort et à la renaissance des trois héroïnes.

Si on peut rapprocher  QUAND NOS OS RETOURNERONT A LA TERRE des chroniques vampiriques d’Anne Rice, le récit possède suffisamment de nouveautés et de variations pour maintenir l’intérêt. Les pouvoirs des vampires sont, eux aussi, agréablement développés, notamment la manière de « revendiquer » un territoire ou les serments qui engagent les créatures de la nuit de manière indéfectible.

Une très belle réussite !

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Fantastique, #Horreur, #LGBT, #Young Adults, #Paranormal Romance

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Publié le 30 Décembre 2025

LE TRONE DE VERRE de Sarah J. Maas

Deuxième essai pour la “reine » (hum !) de la romantasy Young adult. Evidemment ça ne pouvait être pire qu’UN PALAIS D’EPINES ET DE ROSE ? Pas si sûr. Nous avons droit une nouvelle fois à une intrigue d’une lenteur exaspérante qui s’étale sur 500 pages et ne constitue que le premier dixième d’une saga en dix volumes.

Et, une fois de plus, ça part mal. Nous avons une héroïne, Keleana, âgée d’à peine 18 ans et présentée comme la meilleure assassineuse (oui ça doit être le féminin inclusif branché d’assassin, bref) du royaume. Elle a passé une année dans les mines de sel où nul ne survit plus qu’une poignée de semaines. Elle a failli réussir à s’en évader mais a été reprise après avoir tué plus de gardiens qu’un John Wick en colère. Elle est alors conduite devant le Prince. Elle est toute sale mais s’en fiche…enfin pendant deux pages car ensuite elle est tout honteuse de se retrouver ainsi devant sa majesté. Heureusement la voici apprêtée, maquillée et pomponnée pour retrouver sa beauté. Mais attention, Keleana n’est pas simplement belle comme toute héroïne de romantasy qui se respecte, elle est d’une « beauté stupéfiante ». Elle fait tourner les têtes de tous les hommes et suscite la jalousie de toutes les femmes.

Mais il se passe bien quelque chose dans ce livre ? Non, pas vraiment. Nous avons droit au classique triangle amoureux entre Keleana, le prince et le capitaine des gardes. Elle hésite la coquine. Beaucoup. Tout le temps. Il faut dire aussi que le premier est très beau et aime la lecture. Et que le deuxième est très beau et…bon il est très beau quoi.

Donc, voici notre assassineuse forcée d’assassiner, dans un tournoi absurde organisé par le Roi qui se cherche un champion. Au lieu d’engager une vingtaine de super guerriers il les fait s’entretuer pour n’en garder qu’un seul. Logique. Bien sur Keleana n’aime pas ça. Elle a beau être soi-disant la meilleure tueuse du monde, avoir débuté son entrainement à 8 ans, elle se désole de devoir tuer. Enfin parfois. Car le personnage évolue d’un chapitre à l’autre au gré des envies de l’autrice qui ne sait pas trop quoi en faire. Elle pourrait s’évader (elle le répète souvent) mais si elle le faisait l’histoire se terminerait. Donc elle ne le fait pas. Notre assassineuse voulue super badass trop forte se révèle en fait une pimbêche immature, capricieuse, stupide et insupportable qui passe son temps à rougir, vomir (l’émotion !) et lancer des œillades aguicheuses à ses deux prétendus prétendants. Et, comme il s’agit du premier tome d’une décalogie (oh mon Satan !) on referme ce premier pavé sans avoir beaucoup avancé dans une intrigue insipide. Bref, poubelle et Sarah J. Maas aussi.

Certes, on pourrait excuser l’autrice vu son jeune âge au moment de la rédaction de cette histoire (16 ans) mais on admet moins facilement qu’elle n’ait rien amélioré (ou, si elle l’a fait, on n’ose imaginer la version initiale) lorsqu’elle a finalement publier le bouquin dix ans plus tard. Car en plus de proposer une intrigue risible et une héroïne insupportable, LE TRONE DE VERRE croule sous les redites et l’écriture a un niveau de vocabulaire pitoyable qui rend le tout proprement imbuvable. A fuir !

 

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Fantasy, #Romantasy, #romance

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Publié le 20 Décembre 2025

AMITYVILLE: L'ENQUETE ULTIME de David Didelot

Tous les « fantasticophiles » connaissent Amityville, paisible station balnéaire de la lointaine banlieue new-yorkaise jumelée avec Le Bourget. Pour les historiens, c’est de là que partit Lindbergh pour sa première traversée transatlantique. Pour les afficionados de l’épouvante, la bourgade reste célèbre pour une autre raison : la demeure d’Ocean Avenue, située au N°112, supposée hantée. Probablement l’affaire la plus connue du paranormal, au point que le logis a été surnommé « la maison la plus hantée d’Amérique ».

Résumons en quelques lignes : dans la nuit du 13 novembre 1974, Ronald DeFeo, âgé d’une vingtaine d’années, exécute ses parents et ses quatre frères et sœurs. Il sera condamné à six fois la perpétuité et mourra en prison en 2021. En 1975, une nouvelle famille, les Lutz, emménage dans la maison. Ils y restent seulement 28 jours puis affirment qu’ils furent harcelés pratiquement constamment par une force démoniaque. Jay Anson en tire un récit soi-disant authentique, devenu best-seller, suivi par une dizaine de livres (pour la plupart écrit par John G. Jones). L’affaire prend une envergure mondiale avec la sortie du film de Stuart Rosenberg, Amityville la maison du diable, en 1979. Son succès entraine sept séquelles d’un intérêt variable (Amityville 2 reste un des meilleurs métrages de possession) puis deux reboots en 2005 et 2017. Sans oublier plus de cinquante (!) petits budgets qui tentent de grapiller des miettes du succès et virent souvent dans le n’importe quoi assumé (Amityville In Space, Amityville Shark House, Amityville Emmanuelle,…). De nombreux livres d’enquête furent également publiés. David Didelot, fanéditeur et romancier bien connu, s’avoue obsédé par cette histoire à laquelle il a déjà consacré plusieurs zines et un excellent roman (« Destination Amityville »). Cette fois, il affiche l’ambition de livrer le compte-rendu définitif sur cette affaire et d’en démêler le vrai du faux.

Dans Amityville, l’auteur revient d’abord longuement sur le sextuple meurtre de DeFeo, probablement commis avec la complicité de sa sœur et rappelle les liens de cette famille avec la Mafia. Car, derrière la façade paisible, se cache une réalité moins reluisante composée de non-dits et de violence : fascination des armes, drogues, alcoolisme, délinquance,… L’auteur s’intéresse ensuite aux Lutz, soi-disant victimes de « 28 jours de terreurs » à Ocean Avenue. Là encore des individus moins parfaits que l’image d’Epinal ensuite véhiculée par le cinéma. Le gros morceau, « un formidable canular », annonce la couleur et tant pis pour ceux qui continuent de croire à cette histoire extravagante. David Didelot reprend la chronologie, les faits, les enquêtes des spécialistes du paranormal (dont les fameux époux Warren vu sans la saga The Conjuring), les contradictions des uns et des autres. A coup de citations toujours documentées et précises, il pointe les changements dans les témoignages des Lutz et révèle la vérité sur George Lutz, bien loin de l’innocent ignorant qu’il a présenté à la presse dans les années ’70.

Bref, Didelot démonte la supercherie et l’exploitation commerciale très lucrative de ce canular élaboré au cours d’une soirée bien arrosée. Mais il ne peut conclure sans évoquer la place prise par « l’icône des maisons hantées » dans l’inconscient collectif. Dès lors, la dernière partie du livre énumère la descendance littéraire de l’affaire et les (trop) nombreux films qui en furent tirés. Pour tous les amateurs de déconstruction du paranormal et les curieux de cette incroyable histoire, voici donc un ouvrage indispensable, rigoureux et très documenté qui met un point final à cinquante ans d’élucubrations et de charlatanisme.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Cinéma, #Fantastique, #Histoire vraie, #Paranormal

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