Publié le 6 Avril 2022

NAUFRAGE EN ENFER de Guillaume Nicolleau

Après un intéressant mais partiellement inabouti premier roman, L’EMPLOYE DU DIABLE, Guillaume Nicolleau revient avec un second bouquin qui gomme la plupart des défauts de son jet précédent. L’intrigue, ramassée, se montre ainsi plus travaillée et efficace : en reportage la journaliste vedette Rachel et son jeune caméraman, Jake, s’échouent sur une île déserte. Heureusement, ils découvrent sur place des réserves de vivres et peuvent envisager sereinement de passer quelques semaines sur l’île en attendant l’arrivée des secours. Hélas, l’île est utilisée par une organisation secrète comme terrain de chasse à l’homme. Rachel et Jake vont donc se retrouver embarqués dans une course désespérée pour leur survie.

NAUFRAGE EN ENFER c’est du survival rondement mené, très plaisant et addictif. En un peu moins de 250 pages pas le temps de s’ennuyer ni de dévier de l’intrigue : le roman reste tendu, efficace et d’une lecture aisée, l’équivalent littéraire d’une série B d’antan. La plume, elle, est efficace : ni relâchée ni « trop écrite », elle convient parfaitement au bouquin. Malgré une certaine linéarité, l’auteur propose quelques surprises et autres retournements de situation, se permettant d’ailleurs un final inattendu, peut-être un peu trop brutalement amené pour pleinement convaincre mais suffisamment surprenant et mémorable pour emporter l’adhésion. Après une première partie façon « survival » pur et dur, la seconde prend les chemins de la chasse à l’homme, entre les exactions du Comte Zaroff et les massacres à la « Battle Royale ». La violence est bien dosée et le récit avance à bon rythme, le lecteur désirant savoir comment les héros vont se tirer (ou pas) de ce guêpier.

Un bon roman d’aventures et de suspense.

Merci à l’auteur pour l’envoi.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Aventures, #Thriller

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Publié le 4 Avril 2022

TIME LORD VICTORIOUS: THE KNIGHT, THE FOOL AND THE DEAD de Steve Cole

Avant notre univers, avant même le Temps, les lois génériques de l’espace-temps n’existaient pas, seulement une période obscure, les Dark Times, des milliards d’années avant notre ère. Les êtres vivants étaient immortels et les Grands Anciens régnaient. Puis vinrent les Kotturuh qui introduisirent la mort et définirent l’espérance de vie des différentes espèces. Après ses aventures sur Mars, le Dixième Docteur retourne dans les Dark Times et rencontre une jeune femme, Estinee, qui a survécu à l’assaut des Kotturuh. Après d’innombrables péripéties, différentes incarnations du Docteur arrivent dans les Dark Times : le Huitième dirige une escouade de Daleks d’élite tandis que le Neuvième se trouve aux commandes d’un Vaisseau-Cercueil emplis de Vampires. Décidé à faire triompher son point de vue, le Dixième apporte la mortalité aux Kotturuh eux-mêmes, se proclame le Time Lord Victorious et s’apprête à combattre ses deux précédentes incarnations…Le Dixième Docteur sera-t-il réellement le vainqueur de la Dernière Grande Guerre Temporelle ?

Le projet « multiplateformes » TIME LORD VICTORIOUS débute en avril 2020 et se décompose en deux romans, plusieurs nouvelles, des comics, des histoires audio, une série d’animations en cinq épisodes (« Daleks »), un escape-room, une expérience immersive, des jeux,…Bref, autant dire que la lecture des romans ne donne qu’une petite fraction de l’expérience complète. Au risque, bien sûr, de se sentir un peu (beaucoup) perdu…Cependant, comme toutes les histoires à base de Docteurs multiples, ce THE KNIGHT, THE FOOL AND THE DEAD reste hautement divertissant. On évitera de trop penser aux paradoxes temporels pour ne pas se prendre la tête et on lira ce blockbuster littéraire définitivement « bigger than life » où interviennent créatures légendaires, entités immortelles, Vampires, Daleks et pas moins de trois Docteurs. Le tout se déroule à cent à l’heure jusqu’au gros cliffhanger final qui donne évidemment envie d’enchainer immédiatement sur la suite : ALL FLESH IS GRASS.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #science-fiction, #Doctor Who

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Publié le 1 Avril 2022

CONAN EPIC COLLECTION: OUT OF THE DARKSOME HILLS de Kurt Busiek

Auteur de MARVELS pour laquelle il obtient un Eisner Award, Kurt Busiek s’empare du personnage de Robert Howard au début des années 2000. A cette époque, les droits appartiennent à Dark Horse (ils reviendront ensuite à Marvel) et Busiek raconte la vie du Barbare à la manière d’une biographie. Il prend des libertés avec l’œuvre littéraire pour proposer sa propre interprétation du personnage. Cependant, Busiek adapte certains des récits les plus populaires de Howard, en particulier le bref « La fille du géant du gel » situé au début de son existence, et « Le dieu dans le sarcophage », une aventure en deux parties qui transforme Conan en détective pour résoudre un meurtre mystérieux dans un temple. Les scénarios, dans l’ensemble, sont très bons : que ce soient les adaptations de nouvelles de Howard ou les apocryphes de Busiek, tout fonctionne de belle manière et la lecture en est fort agréable. L’alternance de passages musclés, de fantastique et d’intimiste se montrent excellement effective et les effets de suspense sont, dans l’ensemble, bien gérés, et donnent envie de dévorer ce gros volume.

Le dessin se révèle, lui aussi, de fort belle qualité et immédiatement évocateur de l’univers violent du Barbare : beaux décors, scènes sanglantes,… Le lecteur est plongé dans l’ambiance ! Et puis Conan rencontre pas mal de femmes et celles-ci sont toujours sexy avec peu (ou pas) de vêtements, ce qui n’est pas déplaisant. Le personnage principal reste cependant Conan et ceux qui l’accompagnent se divisent en peu de catégories : les nymphettes assurent le bien mérité repos du guerrier, les amis de rencontre offrent une aide ponctuelle (mais bon, une trahison est toujours possible) et les ennemis méritent un bon coup de hache. Un monde simple. Barbare quoi. Conan, lui, possède à peu près toutes les qualités : puissant, agile, intelligent, rusé, charmant, passionné,…Une force vive de la Nature.

Ces 20 épisodes très divertissants se montrent donc à la hauteur des attentes : « la légende est de retour ! ». A suivre !

 

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Conan, #Aventures, #Comic Book, #Fantasy, #Marvel Comics

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Publié le 30 Mars 2022

COMMENT ECRIRE DE LA FICTION ? de Lionel Davoust

Courant aux Etats-Unis, les livres de conseils pour « écrire de la fiction » ne sont pas nombreux en France. Le pays souffre, selon l’auteur (et il a surement raison) d’un complexe vis-à-vis de la théorie de l’écriture. Pour beaucoup, dans nos régions, on « est » écrivain ou on ne l’est pas. Autrement dit, le romancier a, par chance, vu se pencher sur son berceau les bonnes fées de l’inspiration, de la technique narrative et de la réussite commerciale. Inutile d’essayer d’écrire quelque chose de valable si les muses ne vous ont pas chatouillé l’oreille. Pourtant, comme le précise l’auteur, on accepte d’un guitariste qu’il travaille sa technique, qu’il fasse ses gammes et même qu’il essaie d’imiter les plus grands. L’écrivain, au contraire, se doit de naitre génial. Ce court livre remet donc en perspective pas mal d’idées reçues et propose quelques conseils assez généraux plein de bon sens et de pertinence. Il sépare, notamment, les adeptes du plan détaillé (les architectes) de ceux qui écrivent pratiquement au fil de la plume (les jardiniers) et invite le lecteur à se positionner. Sur de nombreux sujets, l’auteur interpelle donc son « élève » à la manière d’un prof et l’invite à envisager telle ou telle voie. Les chapitres sur les différents points de vue possibles et les temps à privilégier sont particulièrement pertinents. Les exemples choisis, courts et précis, permettent au lecteur de comprendre les positions exprimées par l’auteur. Des exemples souvent tirés des littératures de l’imaginaire d’ailleurs (Star Wars, Lord of the rings, Game of thrones, James Bond, Doctor Who, etc.) et la plupart du temps agrémenté d’une touche d’humour ce qui rend la lecture de ce guide plaisante. Mais les principes s’appliquent à tous les genres, y compris les bouquins sentimentaux.

En 192 pages, n’espérez pas le guide ultime et parfait susceptible de transformer n’importe qui en pondeur de best-sellers. En réalité, Davoust explore surtout la manière dont un roman est construit, prenant l’exemple des personnages, de l’intrigue (« une histoire ce sont des gens intéressants qui veulent quelque chose et c’est compliqué »). Plus qu’un précis pour apprendre à écrire, Davoust montre comment la plupart des romans sont structurés. Ce n’est pas tout à fait la même chose. Disons qu’on a un peu l’équivalent d’un « making of » et non pas le plan Ikea dont certains rêvaient peut-être.

Cependant, les conseils dispensés s’avèrent suffisamment judicieux pour, au minimum, donner envie de réfléchir aux apprentis écrivains sur les raisons de leurs pages blanches. Dommage que l’auteur se sente obliger de recourir à cet infâme charabia d’écriture inclusive, tous ces points médians merdiques donnant envie de passer le texte au correcteur orthographique. Un comble pour un livre sur la littérature !

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Essai

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Publié le 28 Mars 2022

DOCTOR WHO: LA MOISSON DU TEMPS d'Alastair Reynolds

Fer de lance de la hard SF et du nouveau space opéra (avec Peter Hamilton et Stephen Baxter), Alastair Reynolds s’empare du Troisième Docteur pour un plaisant bouquin dans l’univers « Doctor Who ». Emprisonné depuis des millions d’années par les Seigneurs du Temps, les Sild sont libérés et, depuis la Fin des Temps, s’apprêtent à lancer un assaut contre le passé afin de réécrire l’Histoire. Sur Terre, le Docteur et les forces de UNIT sont conviés à enquêter sur de mystérieux incidents sur une plateforme pétrolière en mer du Nord. Mais, bizarrement, le Brigadier commence à perdre la mémoire concernant le célèbre Maitre, actuellement prisonnier au sein de UNIT.

Roman efficace et rondement mené, LA MOISSON DU TEMPS bénéficie du bagage de l’auteur : il crédibilise son intrigue, n’hésite pas à épaissir les personnages ou à contextualiser le récit mais recourt cependant à quelques clichés hérités de la série télévisée. Voyage dans le temps, arme formidablement puissante, paradoxes, blabla pseudo-scientifique,…Le romancier apprécie manifestement l’univers et évite de prendre de haut son sujet. N’étant pas obligé de limiter son imagination par les contraintes budgétaires et n’ayant pas à se soucier de matérialiser le tout avec des effets spéciaux rudimentaires, Reynolds joue le jeu de la démesure : guerre temporelle massive et combats nombreux. Les personnages ne sont pourtant pas oubliés : Jo Grant, le Brigadier, le Docteur et le Maitre sont bien caractérisés et les dialogues échangés par les meilleurs ennemis du monde possèdent l’intelligence et l’humour typique de la série. Jo Grant et le Brigadier jouent cependant un rôle plus secondaire, la star ici reste le Maitre, toujours fascinant, parfois touchant. Et bien sûr le Docteur qui compte toujours autant sur la chance que sur son intelligence et parvient à improviser de manière à parvenir à ses fins.

LA MOISSON DU TEMPS se montre globalement réussi, les références au background de la série sont inévitables et le roman plaire essentiellement aux fans, les autres se sentiront sans doute un peu largués. Pas grave, il s’agit clairement d’un bouquin conçu pour les amateurs de la série par quelqu’un qui la connait très bien. Et comme il s’agit d’un des auteurs les plus réputés de la SF actuelle, le Docteur est entre de bonnes mains. On peut juste regretter quelques longueurs, Reynolds se permettant de prendre son temps (un peu plus de 400 pages) alors qu’un rythme plus ramassé aurait sans doute mieux convenu. Mais rien de grave, l’ensemble reste plaisant et engageant pour une bonne lecture détente qui ne verse jamais dans la facilité.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #science-fiction, #Doctor Who

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Publié le 25 Mars 2022

STAR WARS – TOME V – LA GUERRE SECRETE DE YODA de Jason Aaron et Salvador Larroca

En guise de hors d’œuvre, ce tome nous propose l’annual BASH centré sur un nouveau personnage, Bash, une ouvrière qui refuse de choisir son camp. Les événements vont décider pour elle puisqu’elle sauve la princesse Leia et se trouve, par conséquent, obliger de rejoindre la rébellion.

Voilà une petite intrigue très classique et prévisible, avec quelques notations intéressantes quoique peu originales : pour la majorité des « petites gens » l’Empire et la Rébellion se ressemblent, ce sont deux nuisances différentes qui causent des dommages collatéraux et impactent l’existence quotidienne des simples citoyens. Le tout se lit avec plaisir mais ne renouvelle rien. Ce n’est pourtant pas désagréable et certainement bien plus distrayant que la suite.

Donc la suite, le plat de résistance (hum !), se scinde en quatre chapitres lus par Luke dans le journal du Vieux Ben. Tout de suite apparaissent les principaux problèmes de ce type de récit : il traite de Yoda mais ce dernier n’est jamais nommé (puisque le récit se situe avant l’Episode V et que Luke ne l’a pas encore rencontré) et rien n’a beaucoup d’importance…En effet, si cela avait eu de véritables conséquences, nous en aurions entendu précédemment. Cela suffit à démontrer la supériorité inévitable des récits consacrés à Aphra (ou même aux manigances de Vador) qui se détachent davantage de la ligne narratrice établie par le « canon » et permettent, forcément, de plus grandes libertés vis-à-vis de la trilogie initiale.

Ici, Yoda se retrouve sur une planète perdue. Il devient le disciple d’un gamin doté de pouvoir sur la pierre, une variante de la force que Yoda décide de maitriser sans que l’on comprenne très bien ses raisons. Pour étoffer cette intrigue rachitique, le tout propose aussi une guéguerre entre différentes tribus pas franchement intéressante. Tout part ensuite dans un grand gloubi-boulga entre science-fiction mystique et Heroic Fantasy tendance new age, un fatras indigeste complètement déconnecté de l’intrigue principale établie dans les précédents épisodes. Et puis, depuis le temps, Luke aurait pu terminer sa lecture, on parle d’un petit bouquin écrit par le Vieux Ben, pas du cycle complet de DUNE.

SI LA GUERRE SECRETE DE YODA constitue une sorte de récréation et, peut-être, un moyen pour le scénariste de s’offrir un petit plaisir à la marge des fondamentaux de la saga spatiale difficile de ne pas considérer l’ensemble comme anecdotique. Bref, un tome à réserver aux complétistes, les autres peuvent aisément faire l’impasse sur ce récit. Le problème étant que l’on peut répéter ce constat pour une (trop) grande partie des comics STAR WARS récents.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Cinéma, #Space Opera, #science-fiction, #Star Wars

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Publié le 22 Mars 2022

MORTE SAISON de Jack Ketchum

Ce roman fut d’abord publié dans la collection « Gore » dans une version largement raccourcie, passant de 280 pages aux 150 permettant de tenir dans le format de la collection. Alors titré SAISON DE MORT, le bouquin est ensuite réédité dans sa version intégrale, celle qui lui avait valu de sévères critiques au début des années ’80. Jack Ketchum, fer de lance du mouvement splatterpunk, y allait trop loin selon l’opinion des gens de bon goût. Son crime ? Avoir transposé un fait divers du XVIème siècle pour aboutir à une sorte de décalque rentre-dedans de « La colline a des yeux » mâtiné de « Massacre à la tronçonneuse ». Soit la déclinaison littéraire des « survivals » si populaires dans les années ’70 (« Survivance », « The Final Terror », « Rituals » et, bien sûr, le plus réputé et respectable « Délivrance »). Ketchum présente donc six copains s’en allant passer un week-end tranquille dans le Maine. Une fois sur place, ils tombent aux mains d’un clan de dégénérés cannibales qui entend bien les utiliser à bon escient : les femmes à la reproduction et les hommes au barbecue.

Avec MORTE SAISON, Ketchum offre un récit très classique, très gore et très cul, cependant moins malsain que son UNE FILLE COMME LES AUTRES. A l’horreur psychologique de ce-dernier, il substitue de nombreuses descriptions vomitives et une réelle sauvagerie. « Le cauchemar ne s’arrête jamais » pourrait constituer le sous-titre d’un roman qui, après une entrée en matière un brin longuette, opte dans sa seconde partie pour une accumulation de passages gore qui laisse peu de répit au lecteur. Assez linéaire, l’intrigue voit les assiégés d’abord attaqués de toutes part finirent par réagir et contre-attaquer de manière également primitive : huile bouillante, couteaux et autres armes improvisés jusqu’au final plutôt déprimant.

Bouquin d’horreur archétypal, MORTE SAISON peut quelque peu décevoir par rapport à sa réputation (surtout que ce genre de survival a été exploité jusqu’à la corde tant au cinéma qu’en littérature) mais reste un jalon important du gore et sa lecture demeure vivement conseillée pour parfaire sa culture.

MORTE SAISON de Jack Ketchum

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Gore, #Horreur, #Splatterpunk

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Publié le 20 Mars 2022

THE PIG d'Edward Lee

Quasiment inventeur de l’horreur hardcore, du splatterpunk et du pornogore, Edward Lee livre régulièrement des petits bouquins très méchants qui bousculent joyeusement les tabous. Contrairement à la plupart de ses collègues, Lee possède surtout un sens de l’humour certes tordu mais appréciable. Et une imagination suffisante pour élever ses romans au-delà du simple étalage de boucherie sexuelle. Alors, évidemment, nous sommes très loin de l’horreur « grand public » jadis publiée dans des collections de prestige comme « Terreur » ou « J’ai lu Epouvante ». Edward Lee aurait davantage eu sa place chez Gore…quoiqu’il ne soit même pas certain qu’il aurait été accepté là-bas !

THE PIG est pourtant souvent drôle (mais si !) à la manière d’un film des frères Coen. Si ces derniers, après « Fargo », avait décidé de se tourner vers le porno et l’horreur extrême nous aurions eu un métrage proche de THE PIG. Car l’écrivain nous présente une série de personnages sacrément déjantés embarqués dans une intrigue complètement horrible mais aussi loufoque.

Nous sommes dans la seconde moitié des années ’70 avec la « bande son » et les références obligées au punk. Le naïf Leonard désire percer dans la mise en scène. Son rêve ? Réaliser un grand film, quelque part « entre Bergman et Polanski avec un peu d’Hitchcock et de Fulci ». Un bon programme. Mais, suite à diverses péripéties tragi-comiques, le pauvre prend de nombreuses mauvaises décisions, passe 18 mois en prison (avec intermède sodomie inévitable) et se retrouve incapable de rembourser une grosse somme d’argent à la mafia. Comme Leonard est doué avec une caméra, le Parrain éponge sa dette à la condition qu’il tourne des films pour lui. Et voilà Leonard plongé dans le monde du porno underground : golden shower, scatologie, déformations sexuelles et toute une série d’animaux. Car la spécialité de Leonard est la zoophilie. Leonard accueille ainsi les « stars » de sa dernière production : deux junkies à la dérive et un énorme cochon. Or, ce dernier a été volé à une secte religieuse. Et il est maudit. Ce qui avait mal commencé ne peut donc qu’encore plus mal se terminer…

THE PIG s’affirme comme un bel exemple de la « méthode » d’Edward Lee : il ne cherche pas à effrayer, simplement à provoquer une réaction viscérale qui oscille entre la répulsion et le rire. Bien sûr, son humour est sacrément malsain et ce court roman (une centaine de pages) franchit joyeusement toutes les limites avec un barrage continuel de viols, tortures, scènes zoophiles et carnages en tout genre. Le tout de manière très « Grand Guignol » dans ses excès. Le dernier acte vire au fantastique pure avec l’influence du cochon maudit : après avoir été dévoré par le héros le porc de l’angoisse transforme celui-ci en un monstrueux Hulk démoniaque. Si THE PIG sera réservé aux estomacs bien accroché, THE PIG est plutôt fun à condition de suivre l’auteur dans son délire !

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Gore, #Horreur, #Humour, #Erotique, #Splatterpunk

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Publié le 17 Mars 2022

KILLER CRABS: THE RETURN de Guy N. Smith

Pour l’amateur d’horreur pulp, l’œuvre de Guy N. Smith (pléthorique) se résume souvent à ses bouquins d’agressions animales, le bonhomme ayant rendu dangereux la moindre bestiole. Si on pousse plus loin, sa carrière peut même être synthétisée en un mot : crabes ! Car Guy N. Smith touche le pactole avec NIGHT OF THE CRABS, petit classique de l’horreur anglaise publié en 1976 à la suite du séminal LES RATS de James Herbert. Par la suite Shaun Huston (LA MORT VISQUEUSE) et bien d’autres emboitèrent le pas à cette déferlante de créatures féroces. Beaucoup furent traduits chez Gore d’ailleurs. Malheureusement, NIGHT OF THE CRABS resta inédit dans la collection alors qu’il aurait pu y figurer tant sa construction s’y prêtait : personnages hâtivement brossés, certes variés mais surtout stéréotypés, attaques animales bien sanglantes sans verser dans le vomitif, scènes érotiques placées à intervalles réguliers… Difficile de faire plus conventionnels, l’auteur ayant coché avec application toutes les cases du « sexy gory pulpy novel ». Avec, avouons-le, une belle efficacité qui en rend la lecture agréable.

Guy N. Smith livra ensuite un paquet de déclinaisons de son bouquin le plus connu (et, on le suppose, le plus vendu) : KILLER CRABS, ORIGIN OF THE CRABS, CRABS ON THE RAMPAGE, CRABS’ MOON, HUMAN SACRIFICE et, en 2012, ce KILLER CRABS : THE RETURN. Ce-dernier s’apparente à un « soft reboot » qui reprend une continuité alternative débutée à partir du second roman, KILLER CRABS. Parmi les victimes de l’attaque des crustacés de 1978 figurait, en effet, le chasseur Harvey Logan. Trente-cinq ans plus tard, son fiston, Brock, reste persuadé qu’un jour ou l’autre les bestioles reviendront (ils sont restés silencieux dans cette ligne temporelle). Et il veut sa revanche.

Tous les bouquins de la saga sont en-dessous de 200 pages (celui-ci ne fait pas exception avec ses 160 pages) et l’auteur ne peut donc se permettre de trainer en route. Dès les premiers chapitres nous avons droit à une rapide scène sexy qui se conclut par la mort des partenaires bouffés par les crabes géants. Ça rappelle NIGHT OF THE CRABS ? Effectivement. Mais on ne change pas une recette qui marche et Guy N. Smith se contente donc de rejouer pour la septième (!) fois la même partition. Le procédé ne change pas : on présente rapidement les personnages (pardon les futures victimes), on observe les crabes cliqueter et on attend que coule le sang. Un grand roman ? Non ! Un bon petit bouquin qui aurait mérité une édition chez Gore (il en a exactement la bonne pagination) ? Oui ! Un classique dont on se souviendra ? Certainement pas. L’assurance de 2 ou 3 heures de divertissement ? oui !

Bref, c’est court, c’est gore, c’est fun et, surtout, c’est sans prétention (ni ambition) mais l’ensemble permet de passer un bon moment. Parfois c’est suffisant.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Fantastique, #Gore, #Horreur, #Roman court (novella), #Roman de gare

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Publié le 14 Mars 2022

A CORPS ET A CRI de Carter Brown

Auteur australien, Carter Brown (1923 – 1985) fut très prolifique et, en particulier dans les années 60 et 70, inonda littéralement la série noire avec des dizaines de polars « de gare » aux titres en forme de jeu de mots et aux couvertures ornées de demoiselles dévêtues.

A CORPS ET A CRI constitue la quarante et unième aventure traduite du lieutenant Al Wheeler dans la ville fictive de Pine City. Une femme est retrouvée poignardée dans le Starlight Hotel. En apparence il s’agit de Virginia Reid, employée et ancienne maitresse de Mike Hardesty. Venue identifier le corps, Donna Barnes, une amie de la défunte, a une sacrée surprise : il ne s’agit pas de Virginia mais bien de Carol, l’épouse de Mike Hardesty ! Virginia, qui avait loué la chambre, est, elle, introuvable. Le lieutenant Wheeler mène donc l’enquête, notamment sur la fortune du précité Mike, lequel s’est lancé dans l’espionnage industriel pour gagner sa vie.

En un peu moins de 200 pages, Carter Brown déroule une enquête solide et riche en rebondissements dans l’univers des partouzeurs de la bonne société. Wheeler se conforme aux clichés de l’enquêteur séducteur, buveur, un brin magouilleur et forcément dragueur et tombeur. Il utilise ses petites cellules grises mais ne dédaigne pas non plus faire le coup de poing pour parvenir à ses fins. L’écriture, sans être d’un très haut niveau, s’avère adaptée au propos : vive, rythmée, agrémentée d’une touche d’humour efficace et de quelques bons moments ma foi bien trouvé. L’aventure avance donc rapidement vers sa résolution, ponctuée d’une touche d’érotisme et d’une bonne rasade de violences. Du polar pulp parfaitement délectable même si rapidement oubliable. A condition de savoir à quoi s’attendre, le lecteur passe un moment divertissant dans le monde de Carter Brown et ce A CORPS ET A CRI donne l’envie d’en lire davantage.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Polar, #Roman de gare, #Whodunit

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