Publié le 11 Mars 2022

HISTOIRE DE L'OEIL de Georges Bataille

Publié sous pseudonyme par un Georges Bataille qui n’en avoua jamais la paternité, HISTOIRE DE L’ŒIL se présente comme un court roman pornographique écrit à l’envers de 170 fiches de lecture de la Bibliothèque Nationale, où l’auteur était conservateur. Il le rédige en pleine cure psychanalytique et le roman se montre peu soucieux de cohérence, allant d’un tableau à un autre sans souci de progression dramatique ou d’une quelconque caractérisation des personnages. Il s’agit d’une suite de séquences « osées » (où l’érotisme, en tant que tel, est souvent absent) qui décrivent diverses perversions avec une prédominance des watersports et autres golden shower. Bref, les deux « héros », emportés dans leurs dépravations baisent beaucoup et, plus encore, se pissent joyeusement dessus. Le narrateur s’associe ainsi à la très délurée Simone avant d’inviter dans leurs orgies la pieuse et virginale Marcelle qui finit par se laisser aller, elle-aussi, à la débauche. Par la suite, Marcelle devient folle, est internée, libérée par notre duo et se pend. Bataille situe la suite du récit en Espagne et démontre sa fascination pour la tauromachie avec des passages étranges, notamment celui où Simone, en assistant à une corrida, s’introduit une couille de taureau. L’histoire se termine par une série de profanation commises dans une église avec un prêtre à qui Simone arrache un œil qu’elle s’enfonce dans le vagin dans un délire de sperme et d’urine.

Difficile de s’intéresser au récit, des critiques sérieux ont cependant démontré le symbolisme de la plupart des scènes. Soit. Admettons. Le dernier chapitre, en effet, explique la manière très psychanalytique dont le roman a été écrit. Cela dit il n’est pas toujours nécessaire de transformer son parcours analytique en bouquin. Le tout, finalement, se limite à un catalogue d’audaces et de provocations : viols, inceste, sadisme, urologie, scatologie, tortures, meurtres,…Au-delà de l’aspect rentre-dedans peu à se mettre sous la dent : on frôle souvent la parodie plus ou moins consciente (« et si j’essayais à tout prix de choquer le bourgeois ? ») mais sans le côté rigolo d’un Apollinaire (LES ONZE MILLE VERGES) ou l’extrémisme d’un Sade (LES 120 JOURNEES DE SODOME). Ca intéressera sans doute les amateurs de surréalisme ou de « jeu littéraire » mais la majorité des lecteurs risquent de rester sur la touche. Un comble pour un livre vendu comme érotique…

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Erotique, #Essai, #Roman court (novella)

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Publié le 7 Mars 2022

SUR LA ROUTE D'ALDEBARAN d'Adrian Tchaikovsky

Le thème de l’exploration d’un artefact extraterrestre, dénommé « gros objet stupide » de manière humoristique, s’est imposé comme un classique de la science-fiction. On citera quelques réussites exemplaires comme RENDEZ VOUS AVEC RAMA d’Arthur C. Clarke, L’ANNEAU MONDE de Larry Niven, LA GRANDE PORTE de Fred Pohl ou la trilogie GAIA de John Varley. Adrian Tchaikovsky s’y essaie à son tour avec ce court roman.

Loin, très loin, aux confins du système solaire, une sonde spatiale découvre un « gros objet stupide », une énorme structure qui présente la même face quelque soit l’angle sous laquelle on l’observe. Cet artefact se voit surnommé le Dieu Grenouille et, pour l’observer et éventuellement l’explorer, l’Humanité dépêche un vaisseau, le Don Quichotte, avec dans ses flancs un équipage de 29 humains en hibernation. Après plusieurs dizaines d’années de voyages, les émissaires peuvent enfin découvrir les secrets de l’artefact.

Spécialiste du gros space-opéra (CHIENS DE GUERRE, DANS LA TOILE DU TEMPS), l’auteur ramasse ici son intrigue sur 160 pages. Il déroule deux lignes narratives : celle du héros explorant l’artefact et celle, en flashback, qui raconte sa découverte et les réactions de l’Humanité. Le bouquin sera donc, essentiellement, un catalogue de rencontres étranges et de formes de vie totalement non-humaines que l’auteur se plait à détailler. Toutefois, l’ensemble ne retrouve pas le niveau d’excellence des romans précités sur le même thème et l’exploration tourne un peu en rond. Certes, certains passages fonctionnent agréablement, on trouve quelques références et clins d’œil humoristique, une ambiance assez étouffante et quelques passages qui versent même dans l’horreur mais, finalement, on reste sur une impression mitigée. Le tout évoque une version science-fictionnel du MAGICIEN D’OZ dans le monde d’ALIEN ou, pour prendre une comparaison plus contemporaine, la série PERDU DANS L’ESPACE. La plupart des critiques disponibles étant largement plus positives, faites-vous votre propore avis.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Roman court (novella), #science-fiction

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Publié le 4 Mars 2022

UN NOEL A NEW YORK d'Anne Perry

1904. Jemina Pitt, fille du chef de la police anglaise Thomas, accompagne aux USA son amie Delphinia qui doit prochainement épouser le très riche Brent Albright. Un événement d’importance pour l’aristocratie américaine. Cependant, la mère de Delphinia ne peut être présente. En effet, Maria a abandonné sa fille voici 16 ans. Or, la crainte de la famille Albright est de la voir débarqué lors du mariage pour commettre un scandale. Le frère du marié demande à Jemina de mener l’enquête afin de la retrouver et de la contraindre, si nécessaire avec de l’argent, à se tenir à carreau. Mais lorsque Jemina retrouve la disparue ce-dernière vient d’être assassinée. Et Jemina se retrouve suspectée du meurtre !

En 1979 Anne Perry lance une série d’enquêtes victoriennes menées par Thomas Pitt et Charlotte Ellison. A raison d’un roman chaque année (ou presque), la saga compte aujourd’hui 32 titres. Beaucoup plus tard, au début des années 2000, l’écrivain écrit, chaque Noel, un court roman consacré à un personnage secondaire de ces récits, ici la fille de Thomas Pitt. Le résultat ? Une lecture plaisante et « facile » qui mise sur la description de New York au début du XXème siècle avec l’ambiance des fêtes de Noel et les relations entre les différentes classes sociales. L’énigme policière, de son coté, semble accessoire et l’identité du coupable parait immédiatement évidente. L’important n’est donc pas là. Le roman avance heureusement rapidement et les échanges de dialogues lui donnent suffisamment de vie et de « peps » pour que l’on ne s’ennuie pas. Ce n’est sans doute pas un grand roman, plutôt une petite récréation mais le tout se montre plaisant et donne envie de découvrir d’autres romans d’Anne Perry.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Historique, #Policier, #Roman court (novella), #Whodunit

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Publié le 2 Mars 2022

UNE ROSE POUR L'ECCLESIASTE de Roger Zelazny

Voici un recueil de quatre nouvelles relativement longues (trois d’une cinquantaine de pages, une de quatre-vingt) rassemblées en recueil en 1967 et assorties d’une préface de Sturgeon. Zelazny, aujourd’hui largement (et injustement) résumé à sa monumentale saga des Princes d’Ambre, débuta à 25 ans par une série de nouvelles science-fictionnelles. Publiées au début des années ’60, elles bousculèrent la « SF de papa » en se détournant des thèmes traditionnels du genre. L’auteur se soucie en effet davantage des sentiments de ses personnages que des descriptions de vaisseaux spatiaux et de la technologie. Bref, l’antithèse de la hard-science prisée actuellement. A la fin des sixties, période on le sait marquée par de nombreux bouleversements, Zelazny s’inscrit dans la New Wave, une SF plus audacieuse et plus engagée. Le mouvement et l’auteur s’intéressent plus aux aspects littéraires d’une œuvre et moins aux affabulations pseudo-scientifiques du pulp. UNE ROSE POUR L’ECCLESIASTE rassemble quatre de ses textes, deux ayant été précédemment publiés dans Fiction.

Le recueil varie les décors. Dans la première nouvelle, « les Furies », trois hommes dotés de pouvoirs paranormaux, avatars modernes des Furies, traquent à travers la galaxie un redoutable criminel. Dans « Le cœur funéraire », peut-être le meilleur des quatre récits, nous suivons quelques nantis à la poursuite de l’immortalité. Le récit questionne le lecteur et lui demande s’il est prêt à sacrifier son présent pour une vaine quête d’immortalité afin de jeter un œil sur le futur. Une nouvelle pertinente et marquante à condition d’entrer dans l’intrigue qui, au départ, peut déstabiliser. Gagnant du prix Nebula, « Les portes de son visage, les lampes de sa bouche » suit la traque d’un Leviathan dans les océans de Vénus. Quant à la nouvelle-titre, elle expédie un linguiste sur Mars avec une rose et de la poésie en guide de remède à l’apocalypse acceptée par les Martiens. Une histoire poétique dépouillée des oripeaux traditionnels de la SF, un récit plutôt triste mais dont la conclusion est porteuse d’espoir.

L’auteur avait de l’ambition, il le démontre par un style travaillé, riche, parfois à l’excès. Il avait également des idées fortes et savait composer des protagonistes intéressants. La forme courte lui permet de donner la pleine mesure de son talent en combinant prospective, visions du futur, érudition, poésie et considérations philosophiques. Une bonne introduction à l’un des auteurs majeurs de la SF du XXème siècle.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Prix Nebula, #Recueil de nouvelles, #science-fiction

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Publié le 28 Février 2022

BIGFOOT WARS d'Eric S. Brown

Eric S. Brown appartient à cette génération d’auteurs de romans d’horreur « pulp » dans la tradition des plus vénérables Guy N. Smith, Richard Laymon ou le James Herbet des débuts. Ayant écrit une quarantaine de bouquins (mais souvent à la pagination réduite), Brown touche le gros lot avec son BIGFOOT WARS.

Si l’intrigue n’est pas très originale, l’important n’est pas là, Brown livre juste un roman de gare horrifique amusant. Une petite ville, Babble Creek, en Caroline du Nord, est la cible d’une attaque massive de Bigfoots. Les monstres débarquent et commettent un carnage tandis que les habitants se barricadent. Le roman se limite, grosso-modo, à ce pitch aussi simple qu’efficace. Tout comme les auteurs précités, Brown sacrifie les notions de développement et de caractérisation des personnages pour privilégier l’action pure. D’un court chapitre à l’autre (le roman effectue des allers-retours entre divers protagonistes), le roman avance à un rythme tellement soutenu qu’il se passe quasiment d’intrigue. BIGFOOT WARS se limite donc à une série d’attaques sanglantes : les créatures finissent par prendre la ville d’assaut tels les zombies de « La nuit des morts vivants » et le sang gicle joyeusement. Le roman souffre forcément de nombreux défauts : une grammaire parfois approximative, un style pauvre, des dialogues plats et une linéarité préjudiciable mais, inexplicablement, l’ensemble divertit. Les 128 pages n’autorisent de toutes façons aucune subtilité : pas de place pour le doute ou pour « Les Bigfoots n’existent pas » : très vite la menace se dévoile et frappe de manière gentiment gore à la manière d’une série B des années ’80 (style « Night of the demon »). Le lecteur n’a pas réellement le temps de réfléchir ni de s’offusquer des invraisemblances et autres facilités. BIGFOOT WARS avance si rapidement qu’on finit la lecture avant d’être irrité par les répétitions et les ratés d’un roman finalement plutôt plaisant. Le bouquin eut même droit à une adaptation cinématographique à petit budget en 2015 et le romancier, surement satisfait, multiplia les séquelles comme un Guy N. Smith tombé dans le panier de CRABS. Bref, voici 30 ans, ce genre de livre aurait été immédiatement traduit (et « adapté » car ça manque un peu de cul !) chez Gore. Eric S. Brown ne révolutionne pas le genre mais donne cependant l’envie de lire l’une ou l’autre des nombreuses suites qu’il a écrites.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Gore, #Horreur

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Publié le 26 Février 2022

DEVOLUTION de Max Brooks

Max Brooks s’est fait connaitre avec le best-seller WORLD WAR Z. Il nous revient dix ans plus tard avec un nouveau livre qui laisse, il faut l’avouer, une impression mitigée. Le début est amusant : des bobos très riches mais aussi très « éveillés » s’en vont vivre dans une communauté près de Seattle, Greenloop. Dans cette version moderne des réunions de hippies, les privilégiés peuvent vivre en communion ave la Nature tout en gardant accès à tous les avantages de la technologie : livraison par drone, maisons connectées, etc. Miam le bon quinoa ! Tout irait pour le mieux si le Mont Rainier, un volcan jusque là endormi ne décidait soudainement de se réveiller. Et voici Greenloop coupé du monde. Pas de réserve de nourriture, pas de distraction (les bouquins sont sur le cloud tout comme la musique et les films du coup lorsqu’Internet rend l’âme c’est la cata),…bref il faut s’organiser, se rationner, apprendre à découper du lapin même si on est végétarien, planter dans le potager, etc. Car nous sommes au début de l’automne et il faut passer l’hiver. Cette partie est amusante et Max Brooks s’en donne à cœur joie à l’encontre de nos bobos d’abord si heureux de rentrer en communion avec la nature et puis complètement dépassé par un environnement qui ne leur offre aucun cadeau. Le bouquin adopte en outre une construction éclatée et originale : extraits de journaux intimes, interview avec un ranger, extrait de livres, etc. Dans la seconde moitié, un prédateur inattendu surgi : le Sasquatch ou Bigfoot, légendaire singe anthropoïde des Etats-Unis. Cette fois il ne s’agit plus de tenir jusqu’au printemps mais bien de survivre aux assauts des monstres poilus. Max Brooks nous décrit l’effondrement de la civilisation devant la perspective d’être dévoré. Nos écolos se rendent compte qu’ils ont été éjectés du haut de la chaine alimentaire. Du coup la dévolution est rapide. Jusqu’à ceinturer leur maison / refuge de pieu trempés dans leur merde, afin de blesser et d’infecter les Bigfoots.

DEVOLUTION ne se veut pas subtil : il s’agit d’une satire camouflée en roman d’horreur façon survival. Cependant, si l’ensemble demeure plaisant, le bouquin déçoit : trop de longueurs et une intrigue prévisible. Quelques considérations bien senties, quelques remarques réussies et un final à l’ambigüité efficace ne compensent pas totalement une construction linéaire.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Aventures, #Horreur, #Fantastique

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Publié le 23 Février 2022

LA SAISON DE LA SORCIERE de Roland C. Wagner

Roland C. Wagner fut une plume majeure de la SF française à qui on doit, notamment, la très chouette série policière d’anticipation « Les futurs mystères de Paris ». LA SAISON DE LA SORCIERE s’annonce donc sous les meilleurs auspices et se dévoile sous une magnifique couverture sur laquelle une sorcière est poursuivie par des avions de chasse. Le verso, tout aussi enthousiasmant, nous annonce un récit déjanté dans lequel se croisent agents du gouvernement, magiciens et créatures géantes (ptérodactyles, kaiju,…) venant détruire des monuments emblématiques comme la Tour Eiffel. Bref, le lecteur s’attend à un mélange d’urban fantasy, de délires proches des bandes dessinées à la Adelle-Blanc-Sec et de blockbuster à la GODZILLA. Hélas on déchante rapidement tant Wagner s’éloigne de ce postulat pour verser dans une satire politique assez indigeste et convenue.

Manifestement écrit dans la foulée du 11 septembre, le roman traduit les peurs sécuritaires post attentat et imagine un monde uchronique dictatorial dans lequel les Etats-Unis (pardon, les U$A – bonjour la finesse) ont envahi la France. Des petits voyous de banlieues s’érigent alors, presque par hasard, comme les terroristes libérateurs de la nation sous couvert d’une pseudo armée clandestine. Et la ligne narrative consacrée aux attentats magiques et aux sorcières ? Elle intéresse beaucoup moins l’auteur que sa satire politique à gros sabots. On se demande d’ailleurs quel est le but premier d’un roman qui ne semble avoir été écrit que pour envoyer des piques régulières envers les USA et leurs méthodes de « lutte contre la Terreur ». Les USA c’est le Mal, la France c’est pas bien, l’Europe guère mieux. Des pays pas gentils qui exploitent le reste du monde.

Finalement, le bouquin (pourtant couronné par les prix Rosny Ainé et Bob Morane) peine à convaincre et l’amateur qui espérait une fantasy déjantée se retrouve avec un pamphlet politique anarcho gauchiste (beurk) tirant à boulet rouge sur l’impérialisme américain et le capitalisme. Bref les pires travers de la science-fiction française engagée (forcément toute à gauche) : courage camarade le matin du grand soir n’est pas encore venu mais grâce à la repentance perpétuelle, le triomphe du communisme se rapproche. Le tout s’avère pénible mais heureusement en partie sauvé par une pagination réduite (220 pages) et quelques notes d’humour qui parviennent à alléger un récit bien médiocre. C’est peu mais ça pourra divertir les derniers hippies du Larzac, les Parisiens qui fréquentent la fête de l’Huma, les électeurs de Mélanchon ou les adeptes des merdes Woke, cancel culture et pardonnez nous on a été très vilain blablabla. Les autres peuvent s’abstenir et espérer qu’un jour la science-fiction française en termine enfin avec sa crise d’adolescente et se débarrasse de cette idéologie gauchiste complètement obsolète, manichéenne et ridicule.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #science-fiction

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Publié le 21 Février 2022

APRES de Stephen King

Stephen King revient avec un roman fantastique assez classique mais très bien mené. L’intrigue n’est pas franchement originale (le gamin précise d’ailleurs qu’il voit les morts mais pas comme dans « Sixième Sens ») mais la maitrise de l’écrivain rend le tout très agréable à lire.

Jamie est un enfant tranquille, élevé par Tia, sa mère célibataire, un agent littéraire en galère. Sa particularité est qu’il peut voir les morts avant que ceux-ci disparaissent dans « l’après ».  Sa mère lui demande de cacher ce don mais lorsque son principal auteur décède avant d’avoir terminé l’ultime volet de sa grande saga romanesque, le don de Jamie devient soudain très utile. En effet, les morts ne peuvent mentir. Liz, la copine flic de sa mère, décèle aussi le potentiel de ce don : empêtrée dans la corruption et accro à la drogue, Liz a besoin de redorer son blason. Quoi de mieux pour cela d’empêcher un malade de faire exploser une bombe ? Jamie va l’y aider et, ensuite, son existence ne sera plus du tout tranquille.

Avec APRES le King donne dans la concision et offre un roman court, volontairement aux limites du pulp, qui mélange drame social, récit d’apprentissage, polar et fantastique. Le King se place avec beaucoup de réussite aux côtés d’un jeune garçon pas comme les autres et se montre pleinement convaincant dans l’exercice par un style très vivant et crédible. L’intrigue, classique, avance néanmoins sur un rythme alerte, par de courts chapitres bien troussés qui donnent un véritable plaisir de lecture à ce bouquin bouclé en un peu plus de 300 pages. Quoiqu’il œuvre dans le pulp, le King n’en oublie pas de dresser, comme toujours, un portrait peu flatteur de l’Amérique à la dérive après la crise des subprimes. L’héroïne a tout perdu, ou presque, dans les combines de son frère, à présent terrassé par une sénilité précoce, et parqué dans un mouroir. Elle tente de se remettre à flot en compagnie d’une femme flic mais le couple se déchire sur la politique, Obama, etc. Et puis la policière est un peu trop adepte de la drogue et des pots-de-vin. Ce qui permet aussi au romancier d’évoquer les opioïdes utilisés par les Américains pour supporter le quotidien. Enfin, il égratigne le milieu littéraire en taillant un costard à un auteur de best-sellers romantico-érotico-historiques dont les « personnages sont perpétuellement en chaleur » ce qui permet une scène de sexe « toute les cinquante pages ».

Pour le lecteur ou l’écrivain, APRES s’apparente pratiquement à une récréation mais on aurait tort de bouder ce bouquin au prétexte qu’il est « mineur ». Une fois de plus, le King démontre son talent et sa maitrise complète de la construction narrative, de la caractérisation des protagonistes et de l’équilibre entre les éléments réalistes et le fantastique. Un grand cru camouflé en petit roman !

 

 

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Fantastique, #Polar

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Publié le 18 Février 2022

NAMOR THE SUBMARINER - MARVEL EPIC COLLECTION - ENTER THE SUBMARINER

Comme tous les recueils consacrés à un personnage - au-départ - secondaire (Moon Knight, Venom, Punisher,…), cette première intégrale des aventures de Namor s’avère quelque peu fourre-tout. En effet, il apparait clairement que la Maison des Idées ne sait pas vraiment quoi faire du protagoniste durant ses premières apparitions. Souverain des Sept Mers, il philosophe sur son trône aquatique, se la joue tyran sympathique puis décide d’attaquer la surface pour des motifs souvent futils. Dès le quatrième épisode des Fantastic Four, notre homme-poisson vient semer la zizanie, d’autant que Jane n’est pas insensible à son charme et décèle, sous la brutalité du conquérant, la noblesse du prince. Il importe donc de le stopper mais en rappelant au lecteur que notre simili Aquaman n’est pas vraiment méchant. Ce scénario ressert, sans grandes modifications, dans plusieurs aventures : Namor s’ennuie, se prend d’une colère envers le monde de la surface, attaque avec ses troupes, les FF interviennent, le match tourne au nul, Jane s’en mêle, l’Atlante s’attendrit et repart chez lui. Du coup Jane s’interroge, ne l’aime t’elle pas davantage que Reed ? Rendez-vous au prochain épisode du soap pour découvrir la suite de ce triangle amoureux. « Il vit selon un code différent que nous ne pouvons comprendre. Ce qu’il a fait c’était par amour » déclare notre blondinette. Bon d’accord mais en attendant, Namor provoque pas mal de dégâts collatéraux. Lors du premier annual des FF, l’intrigue reste, à nouveau, inchangée mais prend de l’ampleur, l’épisode étant adéquatement nommé « Sub-mariner vs the human race ». Dans d’autres épisodes, Namor tombe sous la coupe du Puppet Master, s’associe à Hulk ou à Fatalis, rejoint la Confrérie de Magneto et affronte, alternativement, les Avengers, les X-Men ou Daredevil. Bref, pour un mutant très intelligent (qui intègrera, bien des années plus tard, les Illuminati), Namor se laisse quand même facilement manipuler. Pas grave : quoique daté et répétitif, l’ensemble se lit agréablement. On excusera les dialogues parfois redondants ou le trop plein d’informations écrites alors que, souvent, les dessins (fort réussis dans un style rétro) se suffisent à eux-mêmes.

La dernière partie du recueil reprend les premiers numéros de « Tales to astonish ». Cette fois Namor est un véritable héros. Il part en quête et recherche le trident de Neptune afin de regagner son trône, usurpé par le vilain tyran Krang. Très classique avec son récit typique de la Fantasy mais agréable.

En résumé, ENTER THE SUBMARINER constitue une lecture plaisante en dépit du côté très inégal des histoires proposées, de leur côté répétitif et d’une naïveté aujourd’hui surannée mais excusable vu l’âge vénérable de ces comics sortis au début des sixties.  

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Aventures, #Comic Book, #Fantasy, #Marvel Comics

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Publié le 14 Février 2022

FIRENZE ROSSA de David Didelot

Fanéditeur bien connu, David Didelot revient à la collection Karnage dont il avait signé le volume initial (sous le pseudo de Talion), SANCTIONS. Après ce premier méfait très « porno-gore », FIRENZE ROSSA rend, cette fois, hommage à deux des grandes passions de Didelot, le giallo et le Monstre de Florence. L’auteur met ainsi en scène, quoique de manière détournée, le plus célèbre des tueurs en série italiens. Actif pendant une vingtaine d’années, « il mostro » entame sa croisade meurtrière en 1968 en tuant un jeune couple (un crime que certains refusent néanmoins de lui imputer). Huit ans plus tard, il récidive, tuant un autre couple occupé à faire l’amour dans leur voiture. La fille est défigurée par 97 coups de couteau et une branche de vigne enfoncée dans son intimité. Après une longue éclipse, le monstre de Florence revient sur le devant de la scène en juin 1981 : six couples seront tués, de manière similaire, en quelques années. En septembre 1985, « il mostro » disparait. Son identité ne sera jamais révélée.

Le journaliste Mario Spezi (devenu, dans le roman, Mario Brezzi) rédige, en 1983, un livre non fictionnel qui relate cette affaire. Plusieurs films parleront également de l’enquête, de manière beaucoup plus libre : « Il mostro di Firenze », « The killer is still among us », « Hannibal » (adapté du roman de Thomas Harris), etc. Mario Spezi, associé à l’auteur de thriller Douglas Preston, revient sur l’affaire en 2008 avec LE MONSTRE DE FLORENCE. David Didelot, qui a déjà écrit un zine complet sur le sujet, s’en inspire cette fois, mêlant à ce « true crime » son amour du giallo, de l’érotisme et des bandes dessinées pour adultes italiennes (les fumetti). Pour l’amateur, c’est donc un festival de références aux actrices du « cinéma rose » (soft ou hard) comme Lili Carati, Laura Gemser et quelques autres, sans oublier les érotiques de Joe d’Amato, une poignée de giallo (avec même une référence au pire d’entre eux via un titre de journal) en particulier les plus crasseux (« Giallo a Venezia » ou « Play Motel »), la bande dessinée porno, etc.

L’auteur nous invite donc à suivre une enquête bien sanglante qui plonge dans les bas-fonds de Florence, au cœur de la fange, avec clubs libertins, viols sordides, urologie, partouzes, etc. Guère étonnant qu’une sorte d’ange de la vengeance vienne s’incruster dans le paysage pour nettoyer tout ça à coup de scalpels.

Moins extrême que SANCTIONS (mais, cependant, fort sanglant et cul, que l’on se rassure !), ce deuxième roman se montre plus maitrisé avec plusieurs intrigues en parallèles qui, forcément, se rejoignent lors d’un final satisfaisant. L’auteur n’hésite pas à plier la réalité à sa plume pour imaginer un monde où le monstre est démasqué, terminant son récit de manière classique et effective. Un bel hommage au giallo dont nous aurions tort de nous priver !

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Erotique, #Gore, #Horreur, #Policier, #Thriller, #Splatterpunk

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