fantastique

Publié le 7 Octobre 2026

CIMETIERRE DE L’EFFROI de Donald Wandrei

Premier roman publié dans la mythique collection « Angoisse » du Fleuve Noir, réédité une première fois dans la Bibliothèque Marabout en 1974 puis chez Néo en 1981 (et une dernière fois dans une anthologie HORROR STORY au Fleuve en 1993). Donald Wandrei était membre de l’informel Lovecraft Club, ami de l’écrivain et fondateur, avec Derleth, d’Arkham House. Ce roman se situe donc clairement sous l’influence de maitre de Providence avec une intrigue de départ et une construction éclatée qui rappelle L’APPEL DE CTHULHU. Cependant, Wandrei innove en ne reprenant pas la mythologie d’HPL, préférant créer la sienne propre avec une race ancienne nommées les Titans.

Tout débute par la mort d’un jeune garçon ayant déterré une statuette maléfique dans le cimetière de son village. Ensuite les parents du gamin décèderont mystérieusement. Carter Graham, archéologue et conservateur de musée, intrigué par cette histoire, enquête et récupère l’artefact. La suite ? Elle sera constituée de nombreuses aventures échevelées qui verront Graham aboutir, par un souterrain secret, à Stonehenge. Il découvrira également l’existence des Titans qui attendent de retrouver leur suprématie perdue sur notre planète. Puis Graham partira vers l’ile de Pâques afin de trouver la solution du mystère tandis qu’une épidémie de folie se répand parmi les artistes et autres initiés.

Si CIMETIERRE DE L’EFFROI construit sa mythologie personnelle, celle-ci n’en demeure pas moins basée sur la cosmogonie lovecraftienne. L’intrigue nous permet ainsi de voyager à travers les hauts lieux du mystère, en particulier Stonehenge et l’île de Pâques. Le héros est un archéologie érudit et solitaire ayant entendu au Tibet des passages d’un livre maudit,…Bref, un protagoniste typiquement lovecraftien.

Le dernier tiers du roman quitte le fantastique pour plonger davantage dans la science-fiction avec le voyage du héros vers un monde étrange où vit une race ancienne au grand savoir…Le roman se rapproche alors des thèses sur les Anciens Astronautes.

Malgré son âge (près d’un siècle), cette aventure rythmée et très pulp s’avère encore fort agréable en dépit de certaines faiblesses et, en particulier, d’un dernier acte plus faible et moins convaincant.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Fantastique, #Horreur, #science-fiction, #Lovecraft, #Pulp

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Publié le 16 Septembre 2026

LES VAMPIRES DE CHICAGO TOME 1: CERTAINES METTENT LES DENTS de Chloé Neill

Ah la bit-lit ! Ou l’Urban Fantasy. Ou la Paranormal Romance. Plusieurs noms pour un seul (sacré) phénomène qui a agité le monde de l’édition durant une dizaine d’années. Toutes les maisons spécialisées s’y sont mis, en particulier Milady qui a inondé le marché jusqu’à saturation. L’apogée du genre se situe vers 2010 et enchante les (surtout) lectrices ayant grandi avec « Twilight ». Près de 20 ans après l’émergence du style, celui-ci existe toujours mais a été largement éclipsé par la dark romance et la romantasy. Il est donc agréable de se replonger dans quelques-unes des sagas phares de la grande époque, comme celle des « Vampires de Chicago » aujourd’hui riche de 20 volumes.

Et on trouve de bonnes choses dans ce tome introductif, notamment un bestiaire fourni qui convie pas mal de créatures originales comme des nymphes ou des fées. Malheureusement, les clichés sont également très présents. L’héroïne a un côté parfois insupportable. Certes elle a été vampirisée contre son gré mais c’était ça ou la mort. Or elle ressasse, elle se vexe…évidemment elle ne sait pas ce qu’elle veut, y compris amoureusement. Elle parait en outre immature pour ses 27 ans (on lui en donne plutôt 17) et, une fois passée dans le monde de la nuit, continue pratiquement sa vie quotidienne sans guère de changements, excepté ses obligations de protectrice de la « Maison » des vampires.

Forcément, notre demoiselle est très belle, fait tourner les têtes et démontre aussi ses connaissances, notamment grâce à ses études sur l’amour courtois. Et, bien sûr, le maitre vampire, Ethan, est immédiatement attiré par cette nouvelle venue. La tension sexuelle grimpe avec Ethan et tout ça se montre prévisible. Vu l’épaisseur du bouquin (on approche des 500 pages quand même), le lecteur doit passer outre les nombreuses longueurs et autres baisses de rythme. Cela manque d’action et l’enquête policière typique de la bit-lit passe au second plan pour laisser la place à une romance torride très clichée elle aussi.

Cependant l’autrice donne l’impression de s’être fait plaisir. Elle imagine une sorte de pot-pourri façon fan-fiction entre « Buffy », « Twilight » et « Anita Blak », ce qui, avouons-le, caractérise beaucoup (trop) de bouquins bit-lit du début du XXIème siècle.

Nous sommes donc dans un tome introductif sympathique mais pas transcendant : beaucoup de romance, un peu d’action, un brin d’humour et une touche sexy. Une recette déjà bien rodée. Malgré ses défauts et son côté balisé, le tout se lit toutefois plaisamment à condition de ne pas s’attarder sur certains passages rébarbatifs ou sur des descriptions laborieuses et peu utiles. Comme bien des œuvrettes de ce style, le livre aurait gagné à se voir élaguer d’une centaine de pages (éditeur fait ton boulot) mais l’ensemble accroche suffisamment pour donner envie de poursuivre la saga. C’est déjà ça.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #bit-lit, #Urban Fantasy, #Paranormal Romance, #Fantastique, #Vampires

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Publié le 21 Août 2026

BIENVENUE A STURKEYVILLE de Bob Leman

Quelque peu survendu comme un classique oublié du fantastique, voici un recueil de Bob Leman, écrivain fort méconnu. Cet auteur de nouvelles a été publié dans « Fiction » entre 1977 et 1988. Une dizaine de récits d’inspiration lovecraftienne et proche de ce que pouvait publier Weird Tales. Leman (1922 – 2006) n’a pourtant commencé à publier qu’à la toute fin des sixties. Toutes ses nouvelles furent réunies dans un recueil anglais « Feesters in the Lake and Other Stories » en 2002.

En France, voici donc le premier « best of » de l’auteur, composé de six nouvelles se déroulant dans la ville fictive de Sturkeyville. « Entre Twin Peaks et Lovecraft » nous promet la publicité. Effectivement, il y a de ça. Leman aime les petites villes peuplées de personnages pittoresques, les ambiances étranges et les créatures tapies dans l’ombre. Nous sommes vraiment dans le climat poisseux de « L’appel de Cthulhu » ou du « Cauchemar d’Innsmouth » avec ces endroits viciés, ses personnages dégénérés par la consanguinité (notamment avec des êtres inhumains), et une revisite des thèmes classiques du fantastique. Car Leman mise moins sur l’horreur cosmique chère à HPL que sur les monstres plus traditionnels comme les vampires.

BIENVENUE A STURKEYVILLE mérite t’il toutes les éloges reçus ? Difficile à dire. D’un côté les histoires sont intéressantes et agréables, le livre constitue un bel objet avec des illustrations de qualité. De l’autre cela manque d’un petit « quelque chose » indéfinissable. Les 6 récits sont inquiétants, intrigants, parfois amusants (Leman a un second degré inconnu d’HPL) mais laissent quelque peu le lecteur sur sa faim.

En résumé tout ça se lit vite et facilement mais ne laisse pas un souvenir impérissable. Peut-être que les attentes, trop élevées, sont en cause mais BIENVENUE A STURKEYVILLE constitue  seulement une demi-réussite.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Fantastique, #Horreur, #Lovecraft, #Recueil de nouvelles

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Publié le 31 Juillet 2026

DEMONICA: PLAISIR DECHAINE de Larissa Ione

Quinze ans après le déferlement de la bit-lit et alors que la communauté « young adult » ne jure plus que par la romance, dark ou non, il est agréable de se replonger dans quelques « classiques » de cette époque. La urban fantasy / paranormal romance / bit-lit semble aujourd’hui délaissée et on retrouve avec plaisir les qualités et les défauts de ses romans qui ont littéralement déferlés dans les librairies (on compte plusieurs centaines de titres publiés !).

DEMONICA constitue un récit archétypal de cette vague mais s’éloigne toutefois des traditionnels vampires et loups-garous pour les moins usités démons. On y découvre une nouvelle héroïne, une tueuse de démons qui, sauvée par un Incube, découvre qu’elle ne connait pas toute la vérité sur les êtres démoniaques. Elle tombe amoureuse et devra, classiquement, choisir son camp dans une intrigue proche des films « Underworld ».

Comme souvent avec ce type de littérature, il y a à boire et à manger ou, ici, à prendre ou à lécher. Bref, beaucoup de passages érotiques ponctuent un récit assez traditionnel, la présence de « démons du sexe » permettant plus d’audaces que la moyenne des romances paranormales. Le tout est parfois un peu too much avec cette héroïne en pamoison devant l’énorme bite du démon (elle a peur de ne pas pouvoir accueillir un membre de cette taille mais en même temps elle mouille comme le Niagara rien qu’à le voir).

Toutefois, le côté porno très prononcé ne fait pas tout et l’autrice prend néanmoins la peine de construire un univers à peu près cohérent et relativement original (en dépit de ses similitudes avec d’autres sagas) où s’affrontent les démons et leurs chasseurs.

Au final, en dépit de longueurs et de passages languissants (pour ce genre de littérature ne pas hésiter à utiliser l’avance rapide ou la lecture en diagonale à la dixième description de la culotte de l’héroïne), DEMONICA se montre plaisant. C’est véritablement de la bit-lit « tout en un » : une romance contrariée, de l’action, une intrigue à base de coups fourrés et de trahisons et des passages sexy à intervalles réguliers. Pour les amateurs nostalgiques voici donc une oeuvrette très « bis » mais plutôt fun. Cela donne même envie de lire quelques autres tomes de la saga en se disant, malgré tout, qu’on ne lira probablement jamais cette série jusqu’au bout (26 volumes !!!).

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Rédigé par hellrick

Publié dans #bit-lit, #Paranormal Romance, #Urban Fantasy, #Fantastique, #Erotique

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Publié le 4 Juin 2026

BRASIERS HUMAINS de John Blackstone

John Brosnam a été publié a plusieurs reprises dans la collection Gore sous ses différents pseudonymes : Ian Chiller, Harry Adam Knight et John Blackstone. Bizarrement son livre le plus connu, CARNOSAUR, ne l’a pas été en dépit du relatif succès, dans les vidéo clubs, de son adaptation cinématographique. Bref, BRASIERS HUMAINS constitue un exemple classique du métier de Brosnam et, vu sa courte pagination (l’original ne fait que 220 pages), il convenait parfaitement au format de la collection. Toutefois on n’y trouve ni érotisme ni vrais passages gore, ce qui pourrait attrister certains.

Le roman s’apparente à un thriller teinté de fantastique et d’horreur et se montre donc nettement moins gore que bien des titres publiés dans la collection. Deux enquêteurs des assurances, souffrant chacun de nombreuses difficultés, enquêtent sur des morts suspectes. Richard, le spécialiste des incendies, s’associe ainsi à Latimer pour découvrir l’origine de brasiers suspects aux Etats-Unis. La sœur d’une des personnes mystérieusement décédées tente elle-aussi de découvrir la vérité. Et celle-ci implique des phénomènes de combustions spontanées, un savant fou et des expérimentations délirantes.

Sous une couverture hideuse de Topor se cache un honnête petit bouquin agréable à suivre et bien servi par un rythme rapide. La crédibilité du récit n’est en revanche pas toujours optimale et le tout sombre parfois dans le risible au point qu’il faut enclencher la suspension d’incrédulité pour apprécier l’histoire proposée. Mais, dans le genre, on a vu bien pire et les personnages sont suffisamment développés et intéressants pour faire oublier les facilités du roman et une conclusion légèrement décevante.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Horreur, #Fantastique, #Gore, #Collection Gore Fleuve Noir

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Publié le 24 Mars 2026

LA MAISON DE L'HORREUR de Frédéric Dard

Publié en 1952 sous le pseudonyme de Frédéric Charles dans la collection « la loupe », LA MAISON DE L’HORREUR sera rééditée quarante ans plus tard dans un volume intitulé ROMANS D’EPOUVANTE sous le véritable nom de Frédéric Dard. L’auteur de SAN ANTONIO a, en effet, écrit dans ses jeunes années une poignée de titres d’inspiration horrifique comme cette MAISON DE L’HORREUR plutôt classique mais efficace de par sa brièveté (144 pages !). L’intrigue débute par un accident de voiture impliquant deux jeunes gens. L’un périt, l’autre survit mais, désorienté, cherche refuge dans une étrange demeure pourvue de divers systèmes dissuadant les visiteurs d’y entrer et, surtout, d’en sortir. Le maitre de maison, un nain mégalomane, y poursuit d’étranges expériences et l’infortuné accidenté devient son cobaye.

Quelque peu « rétro » dans son déroulement, le roman adopte un côté très feuilletonnesque et pulp appréciable avec les conventions coutumières : maison isolée pleine de pièges farfelus, expérimentations délirantes d’un savant fou, surprises diverses et retournements de situation jusqu’au twist final. Ce-dernier s’avère aujourd’hui galvaudé mais suffisamment bien amené pour emporter l’adhésion. Le métier de Frédéric Dard suffit à assurer la réussite d’un livre sans doute mineur mais plaisant. On y retrouve en réalité la nostalgie des séries B horrifiques des années ’40 (sans doute une inspiration de l’auteur) proposée par les petits studios à la suite des succès de la Universal avec ses grands monstres. Le bouquin convoque donc les images de Bela Lugosi et autre Boris Karloff occupés à tripatouiller des produits chimiques dans un laboratoire constitué de bric et de broc. Et, dans l’ensemble, cela fonctionne et permet de passer un bon moment.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Horreur, #Fantastique, #Pulp, #Thriller

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Publié le 24 Février 2026

LES CONTES INTERDITS: LA REINE DES NEIGES de Simon Rousseau

Les Contes Interdits furent une entreprise littéraire visant à revisiter, de manière horrifique et souvent érotique, les contes de féés de notre enfance. Ici, l’auteur, un familier de la collection, reprend à son compte la Reine des neiges mais s’inspire, comme précisé dans l’introduction, de l’œuvre originale et non pas de sa relecture par Walt Disney. Cependant, le romancier glisse quelques clins d’œil à la fameuse version animée, notamment en donnant à ses personnages les prénoms d’Anna et Elsa.

L’intrigue est classique mais efficace et prenante, liant la mort d’un ancien prêtre, la libération d’une entité maléfique, un chamane, une fille à la recherche de la vérité, etc.

Avec moins de 200 pages au programme, le récit avance vite et se lit avec plaisir. Si le tout reste prévisible dans ses grandes lignes, les détails et digressions proposées par l’auteur donnent à l’ensemble un certain cachet.

Beaucoup moins extrême que d’autres romans de cette collection, LA REINE DES NEIGES s’apparente à un roman fantastico-horrifique bien mené qui plaira aux connaisseurs du contes mais également à ceux qui ne l’ont jamais lu. On retrouve, dans la présence d’un Amérindien et avec la libération d’une force maléfique, une intrigue proche de celle de Graham Masterton à ses débuts. Les dialogues et expressions canadiennes confèrent, enfin, une coloration originale à ce roman bien ficelé et divertissant.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Fantastique, #Horreur, #Novella (roman court), #Contes Interdits

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Publié le 5 Février 2026

NORTHERN GOTHIC de Nick Mamatas

Une novella intéressante par son thème mais assez décevante à la lecture. L’auteur propose une construction assez étrange, basée sur deux lignes temporelles distinctes. La première relate les émeutes new yorkaise de 1863, la seconde se situe plus d’un siècle plus tard, en 1998. Dans le passé, un immigrant irlandais tente d’échapper à la conscription dans un monde en train de s’écrouler, victime de la guerre, de la violence et du racisme. Il essaie de rassembler les 300 dollars nécessaires pour ne pas aller combattre. Pendant ce temps la foule, de plus en plus hostile, s’en prend aux Noirs jusqu’à l’intervention de l’armée.

Dans la seconde le jeune Noir gay Ahmadi essaie de trouver sa place à New York. Apprenti acteur désargenté il reçoit des « messages » du passé, commence à ressentir le feu, la peur et la haine qui, a plus d’un siècle de distance, menace de l’atteindre.

Nick Mamatas propose ici un récit souvent puissant et prenant mais dont la conclusion déçoit. Les deux lignes temporelles ne se heurtent jamais réellement et l’ensemble parait ne faire que survoler son sujet. L’idée centrale, qui semble être la permanence du Mal à travers le temps, reste pertinente mais, dans l’ensemble, ce court roman reste moins réussi qu’espérait. L’éclairage historique sur les émeutes s’avère toutefois intéressant et justifie la lecture. Mais on en espérait davantage.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Horreur, #Fantastique, #Novella (roman court), #LGBT

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Publié le 26 Janvier 2026

THIRTY MILES SOUTH OF DRY COUNTY de Keelan Patrick Burke

L’Irlandais Keelan Patrick Burke a consacré quatre novellas et un roman à la ville fictive de Milestone. Gagnant du Bram Stocker Award avec ce récit, Burke invite le lecteur à une excursion dans ce patelin étrange, autrefois une ville minière prospère, devenue une ville fantôme non mentionnée sur les cartes. Warwick Tanner, un vieil homme qui « sait lire les gens », s’y rend pour espérer retrouver ses deux amis disparus. Il sait qu’il n’y a pas de miracle à espérer à Milestone mais il y rencontre les derniers habitants, désespérés et fantomatiques, jusqu’à découvrir la vérité sur le village et sa venue.

Milestone n’est pas vraiment une ville maudite, c’est une ville qui « attire le mal » et ceux qui « sont attiré par le mal ». En une centaine de pages, Burke décrit un patelin constamment enveloppé de brouillard, où vivotent des personnages étranges comme cette ancienne beauté fanée à demi prostituée et ce maire mystérieux.

Loin de l’horreur tapageuse, Thirty Miles South of Dry County convoque surtout une atmosphère d’angoisse diffuse, de solitude et laisse au lecteur sentir le temps qui s’écoule tristement, à l’approche de la mort, entre secret oublié et regrets. A l’opposé du splatter punk et des effets grand-guignolesques, Burke installe un climat pesant et prenant totalement maitrisé. Une belle réussite.

 

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Publié le 21 Janvier 2026

DESPATCHES de Lee Murray

Une novella située durant la Première Guerre Mondiale, lors de la bataille des Dardanelles, racontée de manière épistolaire par le journaliste Cassius Smythe. En 1915 chacun est persuadé que la guerre va s’achever d’ici quelques mois. Smythe raconte dès lors le quotidien des soldats, les combats, l’attente, les décisions des gradés qui envoie leurs hommes servir de chair à canon pour s’emparer d’objectifs futiles.

Mais Smythe rencontre plus que la guerre puisqu’il découvre une ancienne légende et l’éveil d’une créature lovecraftienne qui ne fait aucune différence entre les alliés et les ennemis.

En moins de 100 pages, Lee Murray capture l’ambiance belliqueuse et injecte dans le conflit une bonne dose d’horreur cosmique tout en s’attaquant à la propagande. Elle utilise pour cela des techniques immersives bien employées, avec ces comptes-rendus qui doivent passer par la censure et sont donc en partie raturés. Cela permet à certains événements de rester légèrement flous, donnant une impression chorale aux péripéties bien menées qui conduisent logiquement à un final nihiliste témoignant de l’horreur du conflit et de la suprématie des « anciens dieux ».

Un bon renouvellement des thèmes lovecraftien traditionnels par le prisme d’un court roman de guerre qui ne lésine pas sur le pathos et le gore.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Guerre, #Horreur, #Fantastique, #Lovecraft, #Novella (roman court)

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