fantastique

Publié le 31 Juillet 2026

DEMONICA: PLAISIR DECHAINE de Larissa Ione

Quinze ans après le déferlement de la bit-lit et alors que la communauté « young adult » ne jure plus que par la romance, dark ou non, il est agréable de se replonger dans quelques « classiques » de cette époque. La urban fantasy / paranormal romance / bit-lit semble aujourd’hui délaissée et on retrouve avec plaisir les qualités et les défauts de ses romans qui ont littéralement déferlés dans les librairies (on compte plusieurs centaines de titres publiés !).

DEMONICA constitue un récit archétypal de cette vague mais s’éloigne toutefois des traditionnels vampires et loups-garous pour les moins usités démons. On y découvre une nouvelle héroïne, une tueuse de démons qui, sauvée par un Incube, découvre qu’elle ne connait pas toute la vérité sur les êtres démoniaques. Elle tombe amoureuse et devra, classiquement, choisir son camp dans une intrigue proche des films « Underworld ».

Comme souvent avec ce type de littérature, il y a à boire et à manger ou, ici, à prendre ou à lécher. Bref, beaucoup de passages érotiques ponctuent un récit assez traditionnel, la présence de « démons du sexe » permettant plus d’audaces que la moyenne des romances paranormales. Le tout est parfois un peu too much avec cette héroïne en pamoison devant l’énorme bite du démon (elle a peur de ne pas pouvoir accueillir un membre de cette taille mais en même temps elle mouille comme le Niagara rien qu’à le voir).

Toutefois, le côté porno très prononcé ne fait pas tout et l’autrice prend néanmoins la peine de construire un univers à peu près cohérent et relativement original (en dépit de ses similitudes avec d’autres sagas) où s’affrontent les démons et leurs chasseurs.

Au final, en dépit de longueurs et de passages languissants (pour ce genre de littérature ne pas hésiter à utiliser l’avance rapide ou la lecture en diagonale à la dixième description de la culotte de l’héroïne), DEMONICA se montre plaisant. C’est véritablement de la bit-lit « tout en un » : une romance contrariée, de l’action, une intrigue à base de coups fourrés et de trahisons et des passages sexy à intervalles réguliers. Pour les amateurs nostalgiques voici donc une oeuvrette très « bis » mais plutôt fun. Cela donne même envie de lire quelques autres tomes de la saga en se disant, malgré tout, qu’on ne lira probablement jamais cette série jusqu’au bout (26 volumes !!!).

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Rédigé par hellrick

Publié dans #bit-lit, #Paranormal Romance, #Urban Fantasy, #Fantastique, #Erotique

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Publié le 4 Juin 2026

BRASIERS HUMAINS de John Blackstone

John Brosnam a été publié a plusieurs reprises dans la collection Gore sous ses différents pseudonymes : Ian Chiller, Harry Adam Knight et John Blackstone. Bizarrement son livre le plus connu, CARNOSAUR, ne l’a pas été en dépit du relatif succès, dans les vidéo clubs, de son adaptation cinématographique. Bref, BRASIERS HUMAINS constitue un exemple classique du métier de Brosnam et, vu sa courte pagination (l’original ne fait que 220 pages), il convenait parfaitement au format de la collection. Toutefois on n’y trouve ni érotisme ni vrais passages gore, ce qui pourrait attrister certains.

Le roman s’apparente à un thriller teinté de fantastique et d’horreur et se montre donc nettement moins gore que bien des titres publiés dans la collection. Deux enquêteurs des assurances, souffrant chacun de nombreuses difficultés, enquêtent sur des morts suspectes. Richard, le spécialiste des incendies, s’associe ainsi à Latimer pour découvrir l’origine de brasiers suspects aux Etats-Unis. La sœur d’une des personnes mystérieusement décédées tente elle-aussi de découvrir la vérité. Et celle-ci implique des phénomènes de combustions spontanées, un savant fou et des expérimentations délirantes.

Sous une couverture hideuse de Topor se cache un honnête petit bouquin agréable à suivre et bien servi par un rythme rapide. La crédibilité du récit n’est en revanche pas toujours optimale et le tout sombre parfois dans le risible au point qu’il faut enclencher la suspension d’incrédulité pour apprécier l’histoire proposée. Mais, dans le genre, on a vu bien pire et les personnages sont suffisamment développés et intéressants pour faire oublier les facilités du roman et une conclusion légèrement décevante.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Horreur, #Fantastique, #Gore, #Collection Gore Fleuve Noir

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Publié le 24 Mars 2026

LA MAISON DE L'HORREUR de Frédéric Dard

Publié en 1952 sous le pseudonyme de Frédéric Charles dans la collection « la loupe », LA MAISON DE L’HORREUR sera rééditée quarante ans plus tard dans un volume intitulé ROMANS D’EPOUVANTE sous le véritable nom de Frédéric Dard. L’auteur de SAN ANTONIO a, en effet, écrit dans ses jeunes années une poignée de titres d’inspiration horrifique comme cette MAISON DE L’HORREUR plutôt classique mais efficace de par sa brièveté (144 pages !). L’intrigue débute par un accident de voiture impliquant deux jeunes gens. L’un périt, l’autre survit mais, désorienté, cherche refuge dans une étrange demeure pourvue de divers systèmes dissuadant les visiteurs d’y entrer et, surtout, d’en sortir. Le maitre de maison, un nain mégalomane, y poursuit d’étranges expériences et l’infortuné accidenté devient son cobaye.

Quelque peu « rétro » dans son déroulement, le roman adopte un côté très feuilletonnesque et pulp appréciable avec les conventions coutumières : maison isolée pleine de pièges farfelus, expérimentations délirantes d’un savant fou, surprises diverses et retournements de situation jusqu’au twist final. Ce-dernier s’avère aujourd’hui galvaudé mais suffisamment bien amené pour emporter l’adhésion. Le métier de Frédéric Dard suffit à assurer la réussite d’un livre sans doute mineur mais plaisant. On y retrouve en réalité la nostalgie des séries B horrifiques des années ’40 (sans doute une inspiration de l’auteur) proposée par les petits studios à la suite des succès de la Universal avec ses grands monstres. Le bouquin convoque donc les images de Bela Lugosi et autre Boris Karloff occupés à tripatouiller des produits chimiques dans un laboratoire constitué de bric et de broc. Et, dans l’ensemble, cela fonctionne et permet de passer un bon moment.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Horreur, #Fantastique, #Pulp, #Thriller

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Publié le 24 Février 2026

LES CONTES INTERDITS: LA REINE DES NEIGES de Simon Rousseau

Les Contes Interdits furent une entreprise littéraire visant à revisiter, de manière horrifique et souvent érotique, les contes de féés de notre enfance. Ici, l’auteur, un familier de la collection, reprend à son compte la Reine des neiges mais s’inspire, comme précisé dans l’introduction, de l’œuvre originale et non pas de sa relecture par Walt Disney. Cependant, le romancier glisse quelques clins d’œil à la fameuse version animée, notamment en donnant à ses personnages les prénoms d’Anna et Elsa.

L’intrigue est classique mais efficace et prenante, liant la mort d’un ancien prêtre, la libération d’une entité maléfique, un chamane, une fille à la recherche de la vérité, etc.

Avec moins de 200 pages au programme, le récit avance vite et se lit avec plaisir. Si le tout reste prévisible dans ses grandes lignes, les détails et digressions proposées par l’auteur donnent à l’ensemble un certain cachet.

Beaucoup moins extrême que d’autres romans de cette collection, LA REINE DES NEIGES s’apparente à un roman fantastico-horrifique bien mené qui plaira aux connaisseurs du contes mais également à ceux qui ne l’ont jamais lu. On retrouve, dans la présence d’un Amérindien et avec la libération d’une force maléfique, une intrigue proche de celle de Graham Masterton à ses débuts. Les dialogues et expressions canadiennes confèrent, enfin, une coloration originale à ce roman bien ficelé et divertissant.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Fantastique, #Horreur, #Novella (roman court), #Contes Interdits

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Publié le 5 Février 2026

NORTHERN GOTHIC de Nick Mamatas

Une novella intéressante par son thème mais assez décevante à la lecture. L’auteur propose une construction assez étrange, basée sur deux lignes temporelles distinctes. La première relate les émeutes new yorkaise de 1863, la seconde se situe plus d’un siècle plus tard, en 1998. Dans le passé, un immigrant irlandais tente d’échapper à la conscription dans un monde en train de s’écrouler, victime de la guerre, de la violence et du racisme. Il essaie de rassembler les 300 dollars nécessaires pour ne pas aller combattre. Pendant ce temps la foule, de plus en plus hostile, s’en prend aux Noirs jusqu’à l’intervention de l’armée.

Dans la seconde le jeune Noir gay Ahmadi essaie de trouver sa place à New York. Apprenti acteur désargenté il reçoit des « messages » du passé, commence à ressentir le feu, la peur et la haine qui, a plus d’un siècle de distance, menace de l’atteindre.

Nick Mamatas propose ici un récit souvent puissant et prenant mais dont la conclusion déçoit. Les deux lignes temporelles ne se heurtent jamais réellement et l’ensemble parait ne faire que survoler son sujet. L’idée centrale, qui semble être la permanence du Mal à travers le temps, reste pertinente mais, dans l’ensemble, ce court roman reste moins réussi qu’espérait. L’éclairage historique sur les émeutes s’avère toutefois intéressant et justifie la lecture. Mais on en espérait davantage.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Horreur, #Fantastique, #Novella (roman court), #LGBT

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Publié le 26 Janvier 2026

THIRTY MILES SOUTH OF DRY COUNTY de Keelan Patrick Burke

L’Irlandais Keelan Patrick Burke a consacré quatre novellas et un roman à la ville fictive de Milestone. Gagnant du Bram Stocker Award avec ce récit, Burke invite le lecteur à une excursion dans ce patelin étrange, autrefois une ville minière prospère, devenue une ville fantôme non mentionnée sur les cartes. Warwick Tanner, un vieil homme qui « sait lire les gens », s’y rend pour espérer retrouver ses deux amis disparus. Il sait qu’il n’y a pas de miracle à espérer à Milestone mais il y rencontre les derniers habitants, désespérés et fantomatiques, jusqu’à découvrir la vérité sur le village et sa venue.

Milestone n’est pas vraiment une ville maudite, c’est une ville qui « attire le mal » et ceux qui « sont attiré par le mal ». En une centaine de pages, Burke décrit un patelin constamment enveloppé de brouillard, où vivotent des personnages étranges comme cette ancienne beauté fanée à demi prostituée et ce maire mystérieux.

Loin de l’horreur tapageuse, Thirty Miles South of Dry County convoque surtout une atmosphère d’angoisse diffuse, de solitude et laisse au lecteur sentir le temps qui s’écoule tristement, à l’approche de la mort, entre secret oublié et regrets. A l’opposé du splatter punk et des effets grand-guignolesques, Burke installe un climat pesant et prenant totalement maitrisé. Une belle réussite.

 

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Publié le 21 Janvier 2026

DESPATCHES de Lee Murray

Une novella située durant la Première Guerre Mondiale, lors de la bataille des Dardanelles, racontée de manière épistolaire par le journaliste Cassius Smythe. En 1915 chacun est persuadé que la guerre va s’achever d’ici quelques mois. Smythe raconte dès lors le quotidien des soldats, les combats, l’attente, les décisions des gradés qui envoie leurs hommes servir de chair à canon pour s’emparer d’objectifs futiles.

Mais Smythe rencontre plus que la guerre puisqu’il découvre une ancienne légende et l’éveil d’une créature lovecraftienne qui ne fait aucune différence entre les alliés et les ennemis.

En moins de 100 pages, Lee Murray capture l’ambiance belliqueuse et injecte dans le conflit une bonne dose d’horreur cosmique tout en s’attaquant à la propagande. Elle utilise pour cela des techniques immersives bien employées, avec ces comptes-rendus qui doivent passer par la censure et sont donc en partie raturés. Cela permet à certains événements de rester légèrement flous, donnant une impression chorale aux péripéties bien menées qui conduisent logiquement à un final nihiliste témoignant de l’horreur du conflit et de la suprématie des « anciens dieux ».

Un bon renouvellement des thèmes lovecraftien traditionnels par le prisme d’un court roman de guerre qui ne lésine pas sur le pathos et le gore.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Guerre, #Horreur, #Fantastique, #Lovecraft, #Novella (roman court)

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Publié le 3 Janvier 2026

QUAND NOS OS RETOURNERONT A LA TERRE de V. E. Schwab

Attention gros pavé et lecture captivante ! V. E. Schwab signe ici une très vaste saga qui s’étale sur près de 800 pages et cinq siècles.

Jeune étudiante lesbienne, Alice voit son destin basculer le soir où elle rencontre Lottie: après une nuit en compagnie de cette dernière, Alice se découvre vampire et assoiffée de sang ! Elle tente alors de retrouver la trace de la femme qui l’a transformée…Lottie, alias Charlotte, a, de son côté, rencontrée son amante au début du XIXème siècle, Sabine. La rebelle Lottie, après un chagrin d’amour, part à Londres pour la « Saison ». Lors d’un de ses bals des célibataires, elle rencontre Sabine, dont elle refuse d’être séparée. Celle-ci exauce son vœu en la changeant en vampire. Mais l’amour peut-il vraiment durer éternellement ?

QUAND NOS OS RETOURNERONT A LA TERRE alterne les points de vue de trois femmes qui vont se croiser, s’aimer puis se détester au fil des siècles. Car l’amour de Lottie pour Sabine finit par pourrier. Leur relation devient toxique, la première essayant d’échapper à l’emprise de la seconde sans toutefois pouvoir lui faire du mal. En effet, les vœux prononcés par les vampires les engagent à jamais. Et Sabine refuse de voir Lottie aimer quelqu’un d’autre…

En dépit de quelques longueurs, pratiquement inévitables vu l’épaisseur du récit, le roman offre un plaisir de lecture quasi constant. L’écriture est très agréable et les chapitres s’enchainent de manière fluide, dans une optique « young adults » mais avec un riche vocabulaire, des phrases plaisantes et beaucoup d’émotions, sans que l’ensemble ne soit jamais pesant. Le lecteur parcourt les années, de 1532 à 2019 en passant par 1827, les trois dates clés de l’intrigue, qui correspondent à la mort et à la renaissance des trois héroïnes.

Si on peut rapprocher  QUAND NOS OS RETOURNERONT A LA TERRE des chroniques vampiriques d’Anne Rice, le récit possède suffisamment de nouveautés et de variations pour maintenir l’intérêt. Les pouvoirs des vampires sont, eux aussi, agréablement développés, notamment la manière de « revendiquer » un territoire ou les serments qui engagent les créatures de la nuit de manière indéfectible.

Une très belle réussite !

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Fantastique, #Horreur, #LGBT, #Young Adults, #Paranormal Romance

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Publié le 20 Décembre 2025

AMITYVILLE: L'ENQUETE ULTIME de David Didelot

Tous les « fantasticophiles » connaissent Amityville, paisible station balnéaire de la lointaine banlieue new-yorkaise jumelée avec Le Bourget. Pour les historiens, c’est de là que partit Lindbergh pour sa première traversée transatlantique. Pour les afficionados de l’épouvante, la bourgade reste célèbre pour une autre raison : la demeure d’Ocean Avenue, située au N°112, supposée hantée. Probablement l’affaire la plus connue du paranormal, au point que le logis a été surnommé « la maison la plus hantée d’Amérique ».

Résumons en quelques lignes : dans la nuit du 13 novembre 1974, Ronald DeFeo, âgé d’une vingtaine d’années, exécute ses parents et ses quatre frères et sœurs. Il sera condamné à six fois la perpétuité et mourra en prison en 2021. En 1975, une nouvelle famille, les Lutz, emménage dans la maison. Ils y restent seulement 28 jours puis affirment qu’ils furent harcelés pratiquement constamment par une force démoniaque. Jay Anson en tire un récit soi-disant authentique, devenu best-seller, suivi par une dizaine de livres (pour la plupart écrit par John G. Jones). L’affaire prend une envergure mondiale avec la sortie du film de Stuart Rosenberg, Amityville la maison du diable, en 1979. Son succès entraine sept séquelles d’un intérêt variable (Amityville 2 reste un des meilleurs métrages de possession) puis deux reboots en 2005 et 2017. Sans oublier plus de cinquante (!) petits budgets qui tentent de grapiller des miettes du succès et virent souvent dans le n’importe quoi assumé (Amityville In Space, Amityville Shark House, Amityville Emmanuelle,…). De nombreux livres d’enquête furent également publiés. David Didelot, fanéditeur et romancier bien connu, s’avoue obsédé par cette histoire à laquelle il a déjà consacré plusieurs zines et un excellent roman (« Destination Amityville »). Cette fois, il affiche l’ambition de livrer le compte-rendu définitif sur cette affaire et d’en démêler le vrai du faux.

Dans Amityville, l’auteur revient d’abord longuement sur le sextuple meurtre de DeFeo, probablement commis avec la complicité de sa sœur et rappelle les liens de cette famille avec la Mafia. Car, derrière la façade paisible, se cache une réalité moins reluisante composée de non-dits et de violence : fascination des armes, drogues, alcoolisme, délinquance,… L’auteur s’intéresse ensuite aux Lutz, soi-disant victimes de « 28 jours de terreurs » à Ocean Avenue. Là encore des individus moins parfaits que l’image d’Epinal ensuite véhiculée par le cinéma. Le gros morceau, « un formidable canular », annonce la couleur et tant pis pour ceux qui continuent de croire à cette histoire extravagante. David Didelot reprend la chronologie, les faits, les enquêtes des spécialistes du paranormal (dont les fameux époux Warren vu sans la saga The Conjuring), les contradictions des uns et des autres. A coup de citations toujours documentées et précises, il pointe les changements dans les témoignages des Lutz et révèle la vérité sur George Lutz, bien loin de l’innocent ignorant qu’il a présenté à la presse dans les années ’70.

Bref, Didelot démonte la supercherie et l’exploitation commerciale très lucrative de ce canular élaboré au cours d’une soirée bien arrosée. Mais il ne peut conclure sans évoquer la place prise par « l’icône des maisons hantées » dans l’inconscient collectif. Dès lors, la dernière partie du livre énumère la descendance littéraire de l’affaire et les (trop) nombreux films qui en furent tirés. Pour tous les amateurs de déconstruction du paranormal et les curieux de cette incroyable histoire, voici donc un ouvrage indispensable, rigoureux et très documenté qui met un point final à cinquante ans d’élucubrations et de charlatanisme.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Cinéma, #Fantastique, #Histoire vraie, #Paranormal

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Publié le 15 Décembre 2025

LES AVENTURES D’UN APPRENTI GENTLEMAN de Mackenzi Lee

Premier volet d’une trilogie de romans d’aventures historiques et de romance teintés d’un soupçon de fantastique, LES AVENTURES D’UN APPRENTI GENTLEMAN se déroule au début du XVIIIème siècle. Henry Montague, dit Monty, est, comme le titre l’indique, un apprenti gentleman et, surtout, un libertin débauché vivant dans le luxe et l’oisiveté. C’en est trop pour son paternel autoritaire, bien décidé à lui remonter les bretelles et à l’obliger à se prendre en main. Après avoir accompli son formateur « tour d’Europe », Monty s’occupera du domaine familial. Le voilà donc parti à l’aventure en compagnie de sa sœur, Felicity, et de son ami Percy, un métis dont il est secrètement amoureux. Mais le voyage ne sera pas de tout repos : Monty dérobe, par jeu, une babiole appartenant au duc de Bourbon. Ce-dernier se lance alors à la poursuite du trio…

Bien documenté, voici un excellent roman historique agrémenté d’une bonne dose d’aventures, d’une romance pas trop envahissante et d’un humour bien dosé. Le livre se termine d’ailleurs par une postface éclairante qui explique les « Tours d’Europe » mais aussi la place des femmes, des métis ou des homosexuels à cette époque.

Le récit reste cependant léger, sans lourdeur didactique ou militante, déroulant une très agréable aventure qui permet au lecteur de voyager à travers l’Europe du début du XVIIIème siècle à la poursuite d’un secret alchimique apportant une petite touche de fantastique bienvenue.

Les trois personnages principaux sont fort bien brossés et loin des héros « tout d’un bloc » souvent croisés dans ce genre de récit. Le bouillonnant, impulsif et parfois capricieux Monty est loin d’être parfait : il se montre irréfléchi, exubérant, provocateur, protégé par son titre et sa fortune. Il se refuse d’ailleurs à y renoncer, même par amour. A ses côté, le posé et bien conscient de sa situation peu enviable Percy apporte le contre-point nécessaire pour calmer ses exubérances. Enfin, la « belle et rebelle » Felicity rêve de poursuivre des études inaccessibles à une femme. Ils croisent des nobles français retors, des bandits de grand chemin et même une très charmante bande de pirates, véritables bras cassés des mers en quête de pardon. L’évolution des protagonistes est réelle mais également réaliste tout au long de l’intrigue et Monty apparait comme bourré de défauts sans jamais perdre son côté attachant. Les relations et les dialogues sont également réalistes : Felicity accepte l’homosexualité de son frère mais sans vraiment la comprendre ou l’encourager. Elle ne vit pas non plus de romance annexe et garde, tout au long du livre, son côté frondeur et énergique.

Notons également que pour un roman estampillé « Young Adult » la plume de l’autrice se montre élégante, raffinée sans tomber dans la pédanterie pseudo-historique, et qu’elle gère fort bien le rythme d’un récit au long cours de plus de 500 pages. D’autant qu’à la fin on a envie de poursuivre immédiatement avec le second tome, cette fois centré sur Felicity, la « lady rebelle ».

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Aventures, #Historique, #Fantastique, #Young Adults, #romance, #LGBT

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