Publié le 16 Janvier 2026

PLANET X: STAR TREK THE NEXT GENERATION - X MEN de Michael Jan Friedman

Si en comic-books, les crossovers se multiplient depuis une vingtaine d’années, les tentatives en roman se montrent plus rares. PLANET X constitue donc une vraie curiosité dans lequel les univers de Star Trek The Next Generation et Marvel se rencontrent. Il s’agit en réalité d’une séquelle au comic-book « Second Contact » qui avait initié ce crossover. Le roman orchestre donc la seconde rencontre entre Picard et les X Men.

Sur la planète Xhaldia, des hommes et des femmes subissent des mutations pour devenir des êtres étranges dotées de super-pouvoirs. Evolution ou catastrophe ? La société xhaldienne est menacé, divisée par la peur et les préjugés divisent. Dépêchés sur place pour gérer la crise grandissante, le capitaine Picard et l’équipage du vaisseau spatial Enterprise reçoivent la visite inattendue de mutants venus d’une autre réalité : les X-Men. Tornade, chef de l’équipe, propose son aide pour résoudre la situation, similaire aux conflits entre humains et mutants de leur propre époque. Mais lorsque des extraterrestres hostiles apparaissent en orbite autour de Xhaldia pour tenter d’enlever les métamorphosés et les utiliser comme armes surpuissantes dans une attaque contre la Fédération, l’équipage de Starfleet et les X-Men doivent s’unir pour stopper cette menace grandissante. L’équipe bleu et jaune se compose, à l’époque, de Storm, Shadowcat, Colossus, Wolverine, Banshee et Nightcrawler.

Objectivement, le bouquin est truffé de problèmes : une très longue exposition (une bonne centaine de pages avant que le récit ne commence réellement), des personnages agissant de manière parfois étonnantes (comme dans les comics il faut que l’action avance quitte à verser dans le tortueux), des dialogues pas toujours convaincants (avec un Wolverine forcément balourd et un Archangel techno organique trop beau pour être vrai) et une amorce de romance entre Picard et Storm. On y ajoute des clins d’œil (à Kirby et Dikto notamment, incarnés en agent de sécurité), une dose modérée d’action, des références, et, dans son dernier acte, un déchainement pyrotechnique de super pouvoirs et de combats.

Bref, au final, le roman ressemble exactement à une fan-fiction qui tente, tant bien que mal, de faire coexister deux univers totalement différents. Et qui, contre toute attente, y parvient en jouant la carte du pur divertissement. Nous sommes loin d’un grand roman (y compris dans les bouquins Star Trek qui comptent des titres bien plus réussis) mais, si on aime ces deux univers, difficile de résister à ce fan-service divertissant qui se lit agréablement et se termine par le message de tolérance habituel véhiculé par les X Men.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Star Trek, #Marvel Events - Crossovers, #X Men, #science-fiction

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Publié le 13 Janvier 2026

CORPS A CORPS EN LIBERTE de Julie Bray

Un petit livre érotique composé d’une douzaine de courts récits, racontés par des femmes à la première personne. Nous sommes un peu dans la littérature érotique version youporn : pas de présentation des personnages, pas vraiment d’intrigue, on entre directement (hum) dans le vif du sujet. Il faut dire que les nouvelles font moins de dix pages, donc laissent peu de place au développement.

Généralement l’autrice québécoise nous propose une sorte de saynète fantasmatique et délivre directement la scène osée. La majorité des récits concernent des rencontres saphiques et les autres tournent autour du triolisme. Tout cela est donc assez classique, avec des clichés établis (la femme qui invite une étrangère dans le lit de son mari en guise de cadeau, les bonnes copines qui s’offrent un intermède lesbien, la fille nue sous sa robe, le gode ceinture bien pratique, etc.).

C’est un érotisme traditionnel avec une écriture qui l’est tout autant. Ce n’est pas désagréable mais, malheureusement, tout ça se montre un peu redondant à force de lire « j’avais la chatte toute trempée », « elle toucha mon bouton et me fis jouir » et autre « je voulais son doigt au fond de mon cul ».

Comme précédemment mentionné les histoires se ressemblent un peu toute dans leur construction et le vocabulaire employé, ce qui aboutit à un petit livre sympa mais sans doute un peu trop classique et conventionnel pour emporter l’adhésion.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Erotique, #Nouvelles (recueil)

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Publié le 11 Janvier 2026

MY VAGINA SMELLS LIKE SULFUR de Sea Caummisar

Sea Caummisar semble s’amuser avec les titres de ses courts romans. Après le très efficace et amusant FRUT OF THE LOINS, l’autrice revient avec une novella splatter porn au sujet du dark web. Une de plus puisque le sujet inspire de nombreux auteurs d’horreur extrême. Ici, le récit traite d’une émission underground au sujet d’individus qui se suicident de la manière la plus horrible possible pour accéder à un hypothétique paradis promis par une organisation secrète.

Les premières pages annoncent du splatter punk classique mais potable. Malheureusement la suite tourne au n’importe quoi absolu et (plus ou moins) assumé. L’intrigue n’a aucun sens, les personnages sont ridicules, stupides et aucunement développés, chaque chapitre semble écrit dans l’unique but de surenchérir dans les tortures sexuelles vomitives, sans aucune volonté de progression dramatique. Les twists proposés sont complètement ridicules et la fin n’en est pas une, laissant le lecteur terminer (péniblement) un bouquin qui, heureusement, ne compte qu’une centaine de pages.

Le livre aurait pu être un minimum sauvé par un style percutant ou une certaine recherche mais la grammaire et le vocabulaire sont d’une pauvreté consternante. Si on proposait à un adolescent de douze ans d’écrire « l’histoire la plus dégueulasse possible » on aboutirait probablement à un court roman dans ce style. Et probablement meilleur.

Le splatterpunk / porn dans toute sa gratuité la plus nulle et le degré zéro de la littérature d'horreur. 

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Publié le 8 Janvier 2026

CASSE CLOWN de Violaine de Charnage

Le « méchant clown » est devenu, en quelques années, un incontournable de l’épouvante. Depuis le Pennywise de Stephen King (dans ça), nous avons eu le Art des Terrifiers, les sagas des Killjoy et Camp Blood, dernièrement, Un clown dans un champs de maïs. Violaine de Charnage nous en propose donc sa déclinaison dans sa dernière livraison, Casse-Clown, publié dans sa bien nommée collection « Le diable au gore ». Nous y avions découvert les excellents « Slasher Island » (et sa téléréalité revisitée de manière sanglante) et » Croak Creek Maniacs » (hommage gluant à Hershell Gordon Lewis).

Ce nouveau (court) roman se montre cette fois plus axé sur le fantastique et délaisse quelque peu l’érotisme explicite et le gore. Il reste toutefois réservé à un public averti. Le pitch ? Quelques quidams adeptes des Coulrophobes Anonymes décident, un jour, que la peur doit changer de camp. Ils partent donc rendre justice et, comme le titre l’indique, s’en vont « casser du clown ». Hélas pour eux, nos apprentis vengeurs s’en prennent à des adeptes de la magie noire issus d’un cirque déliquescent façon Massacres dans le train-fantôme

L’intrigue étant plus classique que dans les précédentes œuvres de Violaine, l’autrice bouleverse la structure pour maintenir l’intérêt. Alternance de point de vue entre les coulrophobes et leurs victimes, aller-retour entre le présent et le passé, origine des frayeurs, etc. Pas le temps de souffler durant ces 150 pages bien tassées qui se lisent d’une traite. Une fois encore, Violaine de Charnage conjugue références cinéphiliques, clins d’œil, touches d’humour (les coulrophobes se désolent de la sortie prochaine de Petrifier 11), fantastique démoniaque, horreur sanglante et rebondissements jusqu’à la conclusion surprenante et ironique. Une belle réussite.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Horreur, #Novella (roman court), #Gore, #Humour

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Publié le 5 Janvier 2026

THE ROYAL COVEN de Juno Dawson

Présenté comme une alternative à Harry Potter, THE ROYAL COVEN se révèle, en réalité, surtout une attaque en règle contre J.K. Rowling camouflé derrière un récit d’urban fantasy. Les premiers chapitres se montrent plutôt réussis et agréables, avec ce « coven » secret de sorcières et les relations qu’elles nouent entre elles et le possible avènement d’un maléfique sorcier, un garçon surnommé L’Enfant Impur. Malheureusement, une fois le « twist » dévoilé, tout part en sucette. Car Théo ne peut être ce méchant garçon puisqu’il se sent fille et demande à intégrer la sororité des sorcières. Ces dernières sont d’accord, surtout si elles sont noires, asiatiques ou lesbiennes…A l’exception d’Helena, la méchante sorcière blanche hétéro cis-genre qui n’accepte pas de considérer Théo comme une fille et lui refuse l’entrer dans le monde des sorciers.

L’analogie est claire ? Sans doute pas pour tout le monde puisque l’autrice la resasse durant tout le reste du roman. Et c’est bien là le problème : l’intrigue passe totalement au second plan, remplacé par un prêchi prêcha inclusif d’une lourdeur pachydermique. THE ROYAL COVEN aurait pu être un récit de Fantasy saupoudré d’un message « trans friendly » mais ici c’est tout le contraire : le message, asséné sans la moindre nuance ou finesse, occupe tout l’espace, relégant l’histoire à la portion congrue. Lorsque l’autrice se décide enfin à reprendre son récit elle expédie sa conclusion voulue explosive en quelques pages.

Un autre problème réside dans la caractérisation très juvénile des protagonistes : après avoir vécu de nombreux événements traumatiques et alors qu’elles sont âgées d’une quarantaine d’années, nos sorcières se comportent comme des adolescentes immatures, ce qui permet de balancer des références incessantes à la pop-culture (avec les Spice Girls en étendard !). Elles paraissent en outre uniforme et Juno Dawson semble incapable d’imaginer un personnage neutre ou nuancé : d’un côté nous avons toutes les gentilles sorcières issues de la diversité et des minorités (notamment sexuelles), de l’autre la très vilaine Helena. Entre les deux ? Personne !

En résumé, THE ROYAL COVEN aurait pu être intéressant si l’autrice avait proposé un véritable univers de fantasy au lieu de simplement livrer un décalque d’Harry Potter qui apparait surtout comme un véritable assaut à l’encontre de J.K. Rowling. Sous ce pesant « agenda politique » se niche sans doute un roman intéressant mais le message est trop présent, trop peu nuancé et trop bavard pour que l’on ait envie de poursuivre la saga, en particulier vu la médiocrité du final.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Fantasy, #LGBT, #Young Adults

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Publié le 3 Janvier 2026

QUAND NOS OS RETOURNERONT A LA TERRE de V. E. Schwab

Attention gros pavé et lecture captivante ! V. E. Schwab signe ici une très vaste saga qui s’étale sur près de 800 pages et cinq siècles.

Jeune étudiante lesbienne, Alice voit son destin basculer le soir où elle rencontre Lottie: après une nuit en compagnie de cette dernière, Alice se découvre vampire et assoiffée de sang ! Elle tente alors de retrouver la trace de la femme qui l’a transformée…Lottie, alias Charlotte, a, de son côté, rencontrée son amante au début du XIXème siècle, Sabine. La rebelle Lottie, après un chagrin d’amour, part à Londres pour la « Saison ». Lors d’un de ses bals des célibataires, elle rencontre Sabine, dont elle refuse d’être séparée. Celle-ci exauce son vœu en la changeant en vampire. Mais l’amour peut-il vraiment durer éternellement ?

QUAND NOS OS RETOURNERONT A LA TERRE alterne les points de vue de trois femmes qui vont se croiser, s’aimer puis se détester au fil des siècles. Car l’amour de Lottie pour Sabine finit par pourrier. Leur relation devient toxique, la première essayant d’échapper à l’emprise de la seconde sans toutefois pouvoir lui faire du mal. En effet, les vœux prononcés par les vampires les engagent à jamais. Et Sabine refuse de voir Lottie aimer quelqu’un d’autre…

En dépit de quelques longueurs, pratiquement inévitables vu l’épaisseur du récit, le roman offre un plaisir de lecture quasi constant. L’écriture est très agréable et les chapitres s’enchainent de manière fluide, dans une optique « young adults » mais avec un riche vocabulaire, des phrases plaisantes et beaucoup d’émotions, sans que l’ensemble ne soit jamais pesant. Le lecteur parcourt les années, de 1532 à 2019 en passant par 1827, les trois dates clés de l’intrigue, qui correspondent à la mort et à la renaissance des trois héroïnes.

Si on peut rapprocher  QUAND NOS OS RETOURNERONT A LA TERRE des chroniques vampiriques d’Anne Rice, le récit possède suffisamment de nouveautés et de variations pour maintenir l’intérêt. Les pouvoirs des vampires sont, eux aussi, agréablement développés, notamment la manière de « revendiquer » un territoire ou les serments qui engagent les créatures de la nuit de manière indéfectible.

Une très belle réussite !

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Fantastique, #Horreur, #LGBT, #Young Adults, #Paranormal Romance

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