historique

Publié le 2 Mars 2026

ASSASSIN's CREED RENAISSANCE d'Oliver Bowden

Après les novélisations de films, voici celles de jeux vidéo avec la fameuse franchise vidéo ludique débutée en 2007. Bonne nouvelle, il n’est pas nécessaire d’y avoir joué pour apprécier ce bouquin divertissant et bien mené dans lequel on ne s’ennuie guère en dépit d’une pagination conséquente (près de 500 pages).

Le côté plus science-fictionnelle des jeux s’efface ici totalement au profit d’un roman de cape et épée teinté de fantasy qui plonge le lecteur dans l’Italie de la fin du XVème siècle. Nous suivons ainsi Ezio Auditore, sorte d’avatar de Monte-Christo dont la famille est massacrée après une infâme trahison. Ezio intègre ensuite les Assassins, reçoit l’aide de Leonard de Vinci qui lui confectionne des gadgets fort utiles (dont une machine volante) et agit un peu comme le Q des James Bond. La suite ? Action, vengeance, quête d’un artefact tout puissant, indices à découvrir pour poursuivre le parcours. Notre héros rencontre de nombreux personnages historiques comme Machiavel ou les Médicis, combat les Templiers (assimilés ici à de grands méchants comploteurs), vieillit, trouve l’amour et se perfectionne dans l’art de tuer en suivant le Crédo des Assassins.

Si l’histoire ne démontre pas une originalité débordante, elle reste fort bien ficelée avec un côté roman feuilleton des plus appréciable. On y trouve un mélange de fantaisie et d’Histoire appréciable, traversé par des personnages historiques « plus grand que nature » dont le très gay Leonard en inventeur génial élaborant les armes du héros.

Le récit s’étale d’ailleurs sur plus de 20 ans et montre l’évolution du héros tandis que le style de l’auteur s’avère fort efficace en dépit de quelques expressions anachroniques. Vocabulaire recherché sans être précieux, termes italiens nombreux permettant de s’immerger plus facilement dans l’ambiance, chapitres nerveux, cliffhangers et autres rebondissements, Oliver Bowden démontre son métier et ne s’encombre pas de descriptions inutiles ni de sous-intrigues. Le romancier va droit à l’essentiel, dans une optique très cinématographique laissant la part belle à l’action mais sans négliger d’offrir, avec Ezio, un héros intéressant et relativement fouillé.

Bien évidemment, nous ne sommes pas dans de la grande littérature réflexive et intelligente mais ce n’est pas ça que le lecteur attendait. Il voulait de l’action, du dépaysement, quelques touches d’humour, un soupçon de romance et un background historique solide agrémenté d’une bonne dose de fantasy. Et, cela tombe bien c’est exactement ce qu’il reçoit avec cet Assassin’s creed renaissance suffisamment emballant pour donner envie de prolonger la saga par une de ses nombreuses suites.

Voir les commentaires

Rédigé par hellrick

Publié dans #Aventures, #Historique, #Fantasy, #Assassin's Creed

Repost0

Publié le 15 Décembre 2025

LES AVENTURES D’UN APPRENTI GENTLEMAN de Mackenzi Lee

Premier volet d’une trilogie de romans d’aventures historiques et de romance teintés d’un soupçon de fantastique, LES AVENTURES D’UN APPRENTI GENTLEMAN se déroule au début du XVIIIème siècle. Henry Montague, dit Monty, est, comme le titre l’indique, un apprenti gentleman et, surtout, un libertin débauché vivant dans le luxe et l’oisiveté. C’en est trop pour son paternel autoritaire, bien décidé à lui remonter les bretelles et à l’obliger à se prendre en main. Après avoir accompli son formateur « tour d’Europe », Monty s’occupera du domaine familial. Le voilà donc parti à l’aventure en compagnie de sa sœur, Felicity, et de son ami Percy, un métis dont il est secrètement amoureux. Mais le voyage ne sera pas de tout repos : Monty dérobe, par jeu, une babiole appartenant au duc de Bourbon. Ce-dernier se lance alors à la poursuite du trio…

Bien documenté, voici un excellent roman historique agrémenté d’une bonne dose d’aventures, d’une romance pas trop envahissante et d’un humour bien dosé. Le livre se termine d’ailleurs par une postface éclairante qui explique les « Tours d’Europe » mais aussi la place des femmes, des métis ou des homosexuels à cette époque.

Le récit reste cependant léger, sans lourdeur didactique ou militante, déroulant une très agréable aventure qui permet au lecteur de voyager à travers l’Europe du début du XVIIIème siècle à la poursuite d’un secret alchimique apportant une petite touche de fantastique bienvenue.

Les trois personnages principaux sont fort bien brossés et loin des héros « tout d’un bloc » souvent croisés dans ce genre de récit. Le bouillonnant, impulsif et parfois capricieux Monty est loin d’être parfait : il se montre irréfléchi, exubérant, provocateur, protégé par son titre et sa fortune. Il se refuse d’ailleurs à y renoncer, même par amour. A ses côté, le posé et bien conscient de sa situation peu enviable Percy apporte le contre-point nécessaire pour calmer ses exubérances. Enfin, la « belle et rebelle » Felicity rêve de poursuivre des études inaccessibles à une femme. Ils croisent des nobles français retors, des bandits de grand chemin et même une très charmante bande de pirates, véritables bras cassés des mers en quête de pardon. L’évolution des protagonistes est réelle mais également réaliste tout au long de l’intrigue et Monty apparait comme bourré de défauts sans jamais perdre son côté attachant. Les relations et les dialogues sont également réalistes : Felicity accepte l’homosexualité de son frère mais sans vraiment la comprendre ou l’encourager. Elle ne vit pas non plus de romance annexe et garde, tout au long du livre, son côté frondeur et énergique.

Notons également que pour un roman estampillé « Young Adult » la plume de l’autrice se montre élégante, raffinée sans tomber dans la pédanterie pseudo-historique, et qu’elle gère fort bien le rythme d’un récit au long cours de plus de 500 pages. D’autant qu’à la fin on a envie de poursuivre immédiatement avec le second tome, cette fois centré sur Felicity, la « lady rebelle ».

Voir les commentaires

Rédigé par hellrick

Publié dans #Aventures, #Historique, #Fantastique, #Young Adults, #romance, #LGBT

Repost0

Publié le 30 Septembre 2025

TERRE NOIRE 2: LE BRAS DE LA VENGEANCE de Michel Honaker

Et voici donc le second volet de cette trilogie historique à base de vengeance dans la Russie prérévolutionnaire. Bref, une sorte de relecture du comte de Monte-Cristo. Nous suivons dès lors notre héros, Stepan, rebaptisé en hommage à son domaine perdu, Terre-Noire, durant son exil et d’abord les cinq années qu’il passe en Italie, de 1887 à 1892. Là, sous le pseudonyme de Terra Nova, il dirige des bandits surnommés les Nègres de Toscane qui agissent un peu à la manière de Robin des Bois. Il explique ses motivations au journaliste Gandolfi et résume les motifs de sa vendetta, motivée entre autres par deux meurtres durant le carnaval. Par la suite, forcé d’abandonner cette identité, il se réfugie en Egypte où il attire l’attention d’une veuve de 40 ans, Lady Agatha. Cette dernière échappe à un kidnapping grâce à l’intervention de notre héros, cette fois rebaptisé Ahmed ou Stéphane de Terre-Noire puisqu’il se prétend Français.

Toujours construit de manière épistolaire, le roman alterne compte-rendu journalistiques, missives échangées entre Lady Agatha et sa sœur et journaux intimes, avec les pensées de Natalia qui milite en Russie pour gracier Stepan auprès de nouveau Tsar. Le rythme se montre de nouveau soutenu, nous voyageons de pays en pays au gré des changements d’identité du héros de plus en plus obsédé par sa vengeance, auquel il est prêt à tout sacrifier, même une vie paisible rendue possible par sa grâce.

Voici donc un deuxième tome tout aussi réussi que le premier, qui ferme de nombreuses portes dans le récit mais en laisse suffisamment d’ouvertes pour la conclusion attendue. Un très bon roman d’aventures historiques, fort bien écrit par un spécialiste de la littérature populaire, pour une œuvre estampillée « jeunesse » mais qui s’adresse en réalité à tous les publics et se lit très aisément.

Voir les commentaires

Rédigé par hellrick

Publié dans #Aventures, #Historique, #Jeunesse

Repost0

Publié le 23 Septembre 2025

TERRE NOIRE: LES EXILES DU TSAR de Michael Honaker

Premier tome d’une trilogie « jeunesse » mais en réalité destinée à tous les publics, LES EXILES DU TSAR se situe en Russie à la toute fin du XIXème siècle. Dans cette période prérévolutionnaire où les terroristes s’en prennent au Tsar nous suivons la famille Danilov qui, en raison de problèmes financiers, quitte l’Ukraine pour Saint-Petersbourg. La vieille baronne, sentant sa fin proche, refuse de revenir sur sa décision d’accorder un domaine, celui de Terre-Noire, à son fils adoptif Stepan. Ce-dernier, jeune compositeur fort apprécié semble avoir tout l’avenir devant lui. Mais le fils de la baronne ne l’entend pas ainsi. Il profite de l’amitié de Stepan avec des étudiants épris de liberté pour le faire accuser de trahison. Condamné à l’exil, Stepan prépare sa vengeance.

Entre roman historique et roman d’aventures, LES EXILES DU TSAR rejoue la grande histoire de la revanche d’un pauvre homme injustement accusé et trahi par une partie de sa famille. Michael Honaker, spécialiste de la littérature populaire ayant œuvré dans à peu près tous les mauvais genres possibles (thrillers, science-fiction, gore,…) dresse ainsi une fresque familiale classique mais prenante. Il emmène le lecteur à la suite d’une poignée de personnages intéressants et traite le récit sous forme de journaux intimes, passant ainsi d’un point de vue à un autre avec facilité.

Les chapitres, narrés à la première personne, alternent entre Stepan, le héros en exil, et sa sœur adoptive, Natalia. Ils sont donc courts et rythmés, avec un style très fluide et suffisamment de rebondissements pour rester alertes, dans un style « jeunesse » efficace. En parallèle, l’intrigue historique dépeint les transformations sociétales de l’Europe à la charnière du XIXème et du XXème siècle. Du bon divertissement intelligent !

Voir les commentaires

Rédigé par hellrick

Publié dans #Aventures, #Historique, #Jeunesse

Repost0

Publié le 24 Janvier 2025

LE SIECLE TOME 3: AUX PORTES DE L'ETERNITE de Ken Follett

Troisième tome, encore plus épais, de la colossale saga du « Siècle » qui se propose de retracer toues les grands événements du XXème siècle au travers du destin de dizaine de personnages. Le premier tome s’intéressait à la Révolution russe et la Première Guerre Mondiale, le second à la Seconde Guerre Mondiale, cet ultime volume traite, lui, de la Guerre Froide. L’occasion de rappeler toute l’abomination du communisme, cet infâme tyrannie que certains voudraient ressusciter.

Nous retrouvons donc nos familles (allemande, anglaise, américaine, russe) qui vont se croiser durant trois décennies, de la construction du Mur de Berlin à sa chute. Lorsque le roman débute le monde se trouve « aux portes de l’éternité », menacé de destruction totale alors que l’URSS et les USA se regardent, prêts à appuyer sur le bouton. Ken Follett intègre dans sa narration de nombreux personnages historiques (les Kennedy, Martin Luther King, puis Gorbatchef, Walesa, etc.) qui rencontre ses protagonistes : un avocat noir se battant pour les droits civiques, un exilé d’Allemagne de l’Est devenu rock-star, etc. On peut regretter quelques longueurs ou l’une ou l’autre redites (le destin des différentes familles semblent toujours de se déchirer à coups de coucheries, tromperies et éventuellement réconciliation) mais l’ensemble possède un souffle romanesque indéniable. Evidemment, ces presque 1300 pages demandent une certaine patiente et certaines sous-intrigues sembleront sans doute plus intéressantes que d’autres (celle sur le groupe de musique qui traverse les époques, se sépare et se reforme est très plaisante) mais AUX PORTES DE L’ETERNITE permet de réviser ses connaissances en histoire du XXème siècle et de mesurer le chemin parcouru entre la ségrégation raciale qui débute l’intrigue et l’élection d’Obama à peine quarante ans plus tard. Bien sûr on peut regretter une première partie un peu longue qui se focalise sur les Kennedy et Martin Luther King tandis que les derniers chapitres, beaucoup plus courts, avancent vite et simplifient grandement les événements (en gros seuls les USA et l’URSS influent sur le destin du monde). Mais on constate aussi le nombre de changements sociétaux (l’utopie hippie est largement décrite), politiques, culturels et moraux survenus en une génération, autrement dit en une période de temps dérisoire dans une perspective historique.

Moins passionnant que les deux premiers tomes et souffrant parfois d’une écriture passe-partout, AUX PORTES DE L’ETERNITE reste bien documenté et intéressant, rappelant à ceux qui en douteraient encore à quel point le communisme fut une saloperie qui, en plus n’a jamais marché.

Voir les commentaires

Rédigé par hellrick

Publié dans #Historique, #Ken Follett

Repost0

Publié le 15 Novembre 2024

LA VARIANTE DU DRAGON de Christophe Lambert

Après (entre autres) SWING A BERLIN et LES MESSAGERES, Christophe Lambert poursuit dans sa veine « historique » avec ce roman basé sur des faits réels peu connus. 


Nous sommes en 1943, à Washington. Markus Eisenberg, dix-huit ans, est un juif originaire d’Allemagne émigré aux USA. Il souhaite s’engager pour aller combattre en Europe et vengé son père, assassiné durant la Nuit de Cristal. Il vit avec sa tante, paralysée depuis cet événement, et sa mère. Cependant, sa passion des échecs change la donne : ses supérieurs lui assignent une mission différente. En effet, il existe un camp de prisonniers destinés aux scientifiques allemands et aux officiers détenant des renseignements importants. Ils vivent dans une « prison dorée » et les Américains y utilisent la manière douce afin de préparer l’après-guerre. Mais il faut gagner leur confiance. Hans Reinhardt, un haut gradé allemand, ne se livre pas facilement et la mission de Markus va consister à gagner sa confiance. En effet, le Nazi n’a qu’une seule passion : les échecs. Or Markus est très doué à ce jeu et parle parfaitement la langue de Rammstein. Dès lors, le voici contraint de faire « ami ami » avec son ennemi.


Le PO Box 1142 était, durant la Seconde Guerre Mondiale, un camp secret où furent enfermé plusieurs scientifiques ou militaires importants, en particulier Werner von Braun. L’auteur utilise ce fait peu connu comme base d’un récit qui se joue sur un échiquier à deux niveaux. De manière « réelle » tout d’abord puisque le duel entre le « jeune Juif » et le Nazi se déroule au fil des parties d’échecs, de manière plus symbolique ensuite puisque la relation entre les deux protagonistes évolue. Le premier finit par sacrifier bien des choses (nous n’en dirons pas plus) à son obsession de gagner, le second apparaissant finalement comme humain, comme un « monstre ordinaire ».

Cette partie du récit reprend une structure proche de la novella « Un élève doué » de Stephen King (d’ailleurs fort bien adaptée dans un film malheureusement oublié), une influence revendiquée par Lambert dans la postface. Le thème des échecs entraine évidemment une autre influence, plus récente et également avouée, celle de la série « Le jeu de la dame ». Enfin, on note un clin d’œil à James Bond avec un personnage de spécialiste en gadgets. On peut également retrouver, dans la relation entre les deux sœurs, quelques échos (heureusement en moins dramatique) de « Qu’est-il arrivé à Baby Jane ? ».

Si le déroulé du roman peut sembler linéaire et sans surprise il n’en est rien car l’auteur garde un atout dans sa manche pour diverses révélations durant les derniers chapitres. L’ensemble du livre est donc à réévalué à la suite de ses divulgations surprenantes et, une fois de plus, Lambert réussit un roman très réussit qui se lit vite et tient en haleine jusqu’au dénouement.

Pour les non familiers des échecs, de très nombreux diagrammes illustrent en outre les parties (basées sur celles de divers grands maîtres) et permettent de visualiser l’évolution des forces en présence, entre le héros et son adversaire. 
 

Voir les commentaires

Rédigé par hellrick

Publié dans #Historique, #Guerre, #Christophe Lambert

Repost0

Publié le 2 Septembre 2024

RING SHOUT: CANTIQUE RITUEL de P. Djeli Clark

 

Ce court roman a obtenu les prix Locus et Nebula. P. Djeli Clark y revisite la fantasy et le fantastique de manière étonnante, faisant écho, par sa manière de refondre les thèmes à sa manière, à la réussite de sa saga des « djinns ». 

Dans ce récit « southern gothique » uchronique, nous suivons l’héroïne, Maryse, décidé à exterminer les Ku Kluxes, des démons extraterrestres invoqués par le Ku Klux Klan par l’intermédiaire de la projection du film « Naissance d’une nation » dans les premières décennies du XXème siècle.

L’auteur mélange ici le fantastique gothique « sudiste », l’uchronie, des événements et personnages historiques authentiques et une horreur cosmique évidemment inspirée par Lovecraft.

Avec une pagination un peu en dessous de 200, le bouquin possède la longueur appropriée pour l’intrigue : cela permet un développement des personnages suffisant sans se perdre dans les détails d’une histoire alternative dont le lecteur ne connaitra pas tout mais dont il saura les éléments essentiels à la compréhension de cet univers.

Avec nuance et sans manichéisme, P. Djeli Clark nous offre un affrontement cosmique entre une poignée de rebelles et une force maléfique alimentée par la haine jusqu’au final explosif qui conclut une série de combats et de rebondissements fort adroitement gérés. De la belle ouvrage et une nouvelle novella de grande qualité pour l’auteur.

Voir les commentaires

Rédigé par hellrick

Publié dans #Fantastique, #Fantasy, #Uchronie, #Lovecraft, #Horreur, #Historique

Repost0

Publié le 3 Juillet 2024

TROIE TOME 2: LE BOUCLIER DU TONNERRE de David Gemmell

Volet central de la trilogie finale de David Gemmell, nous continuons de suivre les principaux protagonistes de la guerre qui s’annonce. Nous avons d’un côté les rois comme Priam, Ulysse ou Agamemnon, de l’autre les champions comme Achille, Helicon et Hector et les princesses comme Andromaque. Et puis de l’autre les « oubliés de l’histoire » comme la fugitive Pira et les deux guerriers Calliadès et Banoclès. Tous convergent vers Troie pour une bataille finale qui annonce la fin de l’âge des Héros.

Gemmell propose un grand roman historique (qualifié de Fantasy bien qu’il n’y ait aucun fantastique dans ce récit, à l’exception des prophéties de Cassandre) qui raconte en quelque sorte la préquelle à la fameuse guerre de Troie (laquelle occupera en grande partie le troisième tome). L’auteur va détailler les manigances des rois et de la politique, les jeux d’alliance des uns et des autres qui voguent au gré du vent sur la Grande Verte des retournements de vestes et des jeux de pouvoirs. Près de trois millénaires plus tard pas grand-chose n’a vraiment changé…

Gemmell continue sur sa lancée du premier tome. On pourrait dire tout simplement « qu’il fait du Gemmell » mais il le fait toujours aussi bien. On connait maintenant ses ficelles mais celles-ci fonctionnent parfaitement : de l’humour (ici surtout grâce au personnage du conteur Ulysse), des dialogues qui sonnent vrais et toujours emprunts d’une légère philosophie « naturelle » et de considérations sur le Bien et le Mal, des personnages riches avec leurs qualités et leurs défauts, une tendance à se placer « à hauteur d’hommes », du côté des protagonistes secondaires de la Grande Histoire plutôt qu’aux côtés des Rois (même si ceux-ci ont bien sûr un rôle important dans l’intrigue), etc.

Ce deuxième tome poursuit également l’alternance de passages calmes et intimistes avec des scènes d’action, lesquelles se multiplient et prennent de l’ampleur au fil des chapitres. Bref, voici une suite tout aussi réussie que le premier opus, un pavé de plus de 600 pages qui se lit très vite, comme un page turner plein de bruit et de fureur. Un livre testament d’une très grande richesse pour celui qui fut un des meilleurs romanciers de la Fantasy épique.

Voir les commentaires

Rédigé par hellrick

Publié dans #David Gemmell, #Aventures, #Historique, #Fantasy

Repost0

Publié le 3 Juin 2024

TROIE TOME 1: LE SEIGNEUR DE L'ARC D'ARGENT de David Gemmell

David Gemmell nous a quitté voici déjà pas mal d’années et c’est peu dire qu’il manque à la Fantasy. Heureusement il nous laisse une œuvre imposante riche en réussites exceptionnelles. Avec son ultime trilogie, consacrée à la chute de Troie, l’auteur retourne en quelques sortes aux éléments ayant assuré le succès de son premier grand cycle sur Alexandre, le LION DE MACEDOINE. Nous sommes donc en pleine Fantasy « historique » quoique légendaire et les éléments fantastiques y sont quasi inexistant, exceptés les prophéties de la petite Cassandre. Et les exploits d’Ulysse ? Les affabulations d’un « roi laid » qui distrait son équipage en racontant des contes incroyables. Il n’est qu’un des nombreux personnages de cette histoire, aux côtés de la princesse Andromaque, d’Hélicon (alias Enée) de Dardanie, du roi Priam, de l’Egyptien en exil Gershom, etc.

La guerre se prépare, se devine, s’envisage mais elle est encore loin, le monde méditerranéen étant séparé en deux : d’un côté Agamemnon, le roi de Mycènes possédant une puissante armée, de l’autre Priam dans sa cité réputée imprenable, aux hautes murailles protégées par une flotte maritime sans pareille.

David Gemmell se débarrasse donc de tout son attirail de Fantasy pour ne garder qu’un récit historique où les Hommes sont responsables de leurs actes et de leurs décisions sans pouvoir se cacher derrière une quelconque volonté divine. L’époque est étrange et, souvent, les « héros » se sentent plus proches de leurs supposés ennemis que de leurs amis. Ils doivent prendre des décisions qui ne leur plaisent guère, au nom de l’intérêt ou de la destinée du royaume : mariage arrangé, alliance avec des personnages peu recommandables, retournements de veste,…

Dès lors, Gemmell laisse libre cours à son écriture et on y retrouve son style coutumier mais transposé du merveilleux à l’Histoire (réelle ou non de Troie). Ses personnages agissent de manière souvent héroïque puis s’en étonnent eux-mêmes, se disant qu’ils auraient mieux fait de passer leur chemin ou de détourner le regard. Mais, bien sûr, chez Gemmell ils ne peuvent pas agir hors des codes de l’honneur, de la loi de la Route (qui veut qu’on porte assistance à ses compagnons de voyage, fut-ils des « ennemis ») et des vertus de la camaraderie virile. D’où les habituels dialogues « simplement » philosophiques et cet humanisme chaleureux tempéré par un certain pessimiste nihiliste, l’auteur nous montrant que les héros n’ont souvent d’autres choix que de finalement se dresser contre leurs anciens amis, même s’ils ne le veulent pas. Car même si les dieux sont absents, les principaux personnages sont souvent ballotés par l’Histoire et contraint d’agir contre leurs valeurs au nom d’un intérêt supérieur pas toujours honorable. Il n’y a d’ailleurs pas vraiment de manichéisme : le roman nous présente des gens, tout simplement, avec leurs qualités et leurs défauts, dans une époque troublée où la guerre, la violence, le pillage, le viol et l’esclavage étaient acceptés et considérés comme la norme. Nous ne sommes donc pas dans « Hercule » façon Disney ou dans ces trop nombreuses sagas de fantasy récentes où l’on rencontre uniquement des héroïnes super belles super balèzes super intelligentes. Gemmell c’est une fantasy épique, héroïque mais aussi, parfois, brutale et rentre-dedans à la manière de son ancêtre Robert Howard.

Tout le roman, pourtant copieux, se dévore : sans temps morts, sans descriptions interminables, sans digressions inutiles, il s’étale sur plus de 600 pages et n’a pas une ligne de trop. Un exploit rare en Fantasy. Avec ce premier tome, Gemmell ajoute un nouveau (quasi) chef-d’œuvre à sa bibliographie, à placer entre LE LION DE MACEDOINE et LEGENDE. A l’image du fameux « Pour Sparte ! » de 300, on ressort du bouquin en criant « Pour Troie ! »…et on attend impatiemment la suite.

Voir les commentaires

Rédigé par hellrick

Publié dans #Aventures, #Historique, #Fantasy, #David Gemmell

Repost0

Publié le 8 Janvier 2024

TEMERAIRE - LES DRAGONS DE SA MAJESTE de Naomi Novik

Naomi Novik, né en 1973, entame en 2006 sa saga des « Dragons de sa majesté » avec TEMERAIRE, nominé au Hugo et lauréat du Locus. La saga, une uchronie de Fantasy historique, comptera au final 9 tomes.

L’intrigue suit Will Laurence, un Anglais capitaine de navire au tout début du XIXème siècle. Il s’empare d’un navire français et découvre un œuf de dragon qui éclot. Laurence est, dès lors, obligé de s’occuper du petit dragon, baptisé Téméraire, et de s’enrôler dans « l’aviation » britannique afin de combattre les forces de Napoléon.

Sur le papier, ce roman semble terriblement prometteur : une aventure historique et maritime revisitée sous l’angle d’une uchronie durant les guerres napoléoniennes avec des combats entre, non pas des aéroplanes, mais des dragons. Le début du livre parait d’ailleurs répondre aux promesses avec des personnages relativement intéressants et un univers riche. Hélas, comme (trop) souvent dans la Fantasy, tout traine rapidement en longueur. Nous avons droit à la romance contrariée et au long entrainement du dragon à « l’école militaire » des « aviateurs ».

La relation entre le héros et le dragon occupe une large part du bouquin. Un dragon qui, par ailleurs, semble à la fois très intelligent et d’une naïveté confondante. La révélation finale, sans doute too much, nous apprend en outre qu’il n’est pas un dragon « rare » mais carrément un « céleste », soit le plus rare et le meilleur dragon possible. Bon, mais sinon nous avons droit à des combats épiques à dos de dragons avec les cieux qui s’enflamment et tout et tout ? Pas vraiment. Quelques batailles interviennent à la fin du roman mais rien de véritablement formidable.

TEMERAIRE apparait donc comme une occasion manquée : le potentiel d’une flamboyante uchronie teintée de fantasy historique et d’une touche de romance impossible est là mais le résultat se montre, au final, assez terne. Le relatif cliffhanger final avec la révélation concernant Téméraire donne envie de continuer la saga mais la perspective de devoir s’enfiler huit tomes supplémentaires décourage les bonnes volontés.

TEMERAIRE n’est pas un mauvais roman malgré son côté « introductif » et ses longueurs. Le style est plutôt agréable et la plume est suffisamment vive pour ne pas susciter l’ennui. Mais il n’est pas non plus suffisamment emballant pour continuer une aventure qui promet beaucoup mais, hélas, délivre très peu. Bref, un roman sympa, potable, vaguement divertissant mais surtout décevant.

Voir les commentaires

Rédigé par hellrick

Publié dans #Aventures, #dragon, #Uchronie, #Historique, #Fantasy

Repost0