Publié le 30 Septembre 2025

TERRE NOIRE 2: LE BRAS DE LA VENGEANCE de Michel Honaker

Et voici donc le second volet de cette trilogie historique à base de vengeance dans la Russie prérévolutionnaire. Bref, une sorte de relecture du comte de Monte-Cristo. Nous suivons dès lors notre héros, Stepan, rebaptisé en hommage à son domaine perdu, Terre-Noire, durant son exil et d’abord les cinq années qu’il passe en Italie, de 1887 à 1892. Là, sous le pseudonyme de Terra Nova, il dirige des bandits surnommés les Nègres de Toscane qui agissent un peu à la manière de Robin des Bois. Il explique ses motivations au journaliste Gandolfi et résume les motifs de sa vendetta, motivée entre autres par deux meurtres durant le carnaval. Par la suite, forcé d’abandonner cette identité, il se réfugie en Egypte où il attire l’attention d’une veuve de 40 ans, Lady Agatha. Cette dernière échappe à un kidnapping grâce à l’intervention de notre héros, cette fois rebaptisé Ahmed ou Stéphane de Terre-Noire puisqu’il se prétend Français.

Toujours construit de manière épistolaire, le roman alterne compte-rendu journalistiques, missives échangées entre Lady Agatha et sa sœur et journaux intimes, avec les pensées de Natalia qui milite en Russie pour gracier Stepan auprès de nouveau Tsar. Le rythme se montre de nouveau soutenu, nous voyageons de pays en pays au gré des changements d’identité du héros de plus en plus obsédé par sa vengeance, auquel il est prêt à tout sacrifier, même une vie paisible rendue possible par sa grâce.

Voici donc un deuxième tome tout aussi réussi que le premier, qui ferme de nombreuses portes dans le récit mais en laisse suffisamment d’ouvertes pour la conclusion attendue. Un très bon roman d’aventures historiques, fort bien écrit par un spécialiste de la littérature populaire, pour une œuvre estampillée « jeunesse » mais qui s’adresse en réalité à tous les publics et se lit très aisément.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Aventures, #Historique, #Jeunesse

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Publié le 23 Septembre 2025

TERRE NOIRE: LES EXILES DU TSAR de Michael Honaker

Premier tome d’une trilogie « jeunesse » mais en réalité destinée à tous les publics, LES EXILES DU TSAR se situe en Russie à la toute fin du XIXème siècle. Dans cette période prérévolutionnaire où les terroristes s’en prennent au Tsar nous suivons la famille Danilov qui, en raison de problèmes financiers, quitte l’Ukraine pour Saint-Petersbourg. La vieille baronne, sentant sa fin proche, refuse de revenir sur sa décision d’accorder un domaine, celui de Terre-Noire, à son fils adoptif Stepan. Ce-dernier, jeune compositeur fort apprécié semble avoir tout l’avenir devant lui. Mais le fils de la baronne ne l’entend pas ainsi. Il profite de l’amitié de Stepan avec des étudiants épris de liberté pour le faire accuser de trahison. Condamné à l’exil, Stepan prépare sa vengeance.

Entre roman historique et roman d’aventures, LES EXILES DU TSAR rejoue la grande histoire de la revanche d’un pauvre homme injustement accusé et trahi par une partie de sa famille. Michael Honaker, spécialiste de la littérature populaire ayant œuvré dans à peu près tous les mauvais genres possibles (thrillers, science-fiction, gore,…) dresse ainsi une fresque familiale classique mais prenante. Il emmène le lecteur à la suite d’une poignée de personnages intéressants et traite le récit sous forme de journaux intimes, passant ainsi d’un point de vue à un autre avec facilité.

Les chapitres, narrés à la première personne, alternent entre Stepan, le héros en exil, et sa sœur adoptive, Natalia. Ils sont donc courts et rythmés, avec un style très fluide et suffisamment de rebondissements pour rester alertes, dans un style « jeunesse » efficace. En parallèle, l’intrigue historique dépeint les transformations sociétales de l’Europe à la charnière du XIXème et du XXème siècle. Du bon divertissement intelligent !

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Aventures, #Historique, #Jeunesse

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Publié le 15 Septembre 2025

CRUEL JAWS de Brad Carter

Dernier film de Bruno Mattei à avoir bénéficié d’une sortie en salles, « Cruel Jaws » n’est sans doute pas la meilleure œuvre du réalisateur bis italien mais il bénéficie, depuis trois décennies, d’un vague culte chez les cinéphages pervers. Le métrage, en effet, se veut une fausse séquelle des « Dents de la mer », au point d’être sorti dans plusieurs pays sous l’appellation frauduleuse de « Jaws 5 ». En réalité il s’agit surtout d’un décalque assumé des deux premiers films dont Mattei reprend tous les éléments principaux : attaque d’un squale, maire qui refuse de fermer les plages, mesures de sécurité inefficace, capture d’un requin (qui ne sera pas le bon), régate de véliplanchistes qui tourne au carnage, hélicoptère attaqué et petite équipe déterminée s’en allant traquer la bestiole durant le troisième acte. Mattei y reprenait carrément la musique de « Star Wars » tout en recyclant les plans d’effets spéciaux de « Deep Blood » et « La mort au large ».

Bref, Brad Carter a du boulot pour transformer tout cela en un roman intéressant. Mais le bonhomme n’a peur de rien et fit subir le même traitement aux deux meilleurs films de Mattei : « Virus Cannibale » et « Les rats de Manhattan ». L’auteur développe ainsi les personnages (très schématiques dans le long-métrage), accentue le côté complotiste à peine évoqué (ici, le requin est clairement une arme biologique ayant échappé au contrôle de l’armée) et donne du rythme à l’ensemble en privilégiant les chapitres courts qui passent d’un protagoniste à un autre. Il ajoute également de nombreuses scènes érotiques, l’intervention de mafieux caricaturaux, un épilogue qui évoque immédiatement les séries B science-fictionnels horrifiques d’antan, des références et autres clins d’œil (par exemple à Mattei) et situe le récit dans une sorte d’univers parallèle à la temporalité incertaine : l’intrigue parait parfois se dérouler dans les années 90 et parfois à notre époque.

N'ayant pas à souffrir de stock-shots visibles, d’effets spéciaux ratés ou d’acteurs médiocres, CRUEL JAWS le roman réussit là où « Cruel Jaws » le film échouait en partie. Si la version cinéma demeurait distrayante quoique souvent foireuse, le bouquin se montre tout aussi distrayant (sinon plus) mais parvient, en outre, à fonctionner comme un authentique bon livre d’horreur pulp façon « agressions animales ». Dès lors on espère voir traduites les autres novélizations du bonhomme, dont celle du redoutablement nul « Mardi Gras Massacre ».

 

 

 

 

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Horreur, #Cinéma, #Novélization, #Compact Horreur, #Pulp, #Sharksploitation

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Publié le 10 Septembre 2025

LE COMMANDEUR: SECRET OF BASHAMAY de Michel Honaker

Le commandeur débute sa carrière chez Média 1000, éditeur spécialisé dans l’érotisme hard. Un choix curieux. Par la suite il poursuit ses aventures chez Fleuve Noir Anticipation. Un choix tout aussi curieux car on n’y trouve nulle trace de science-fiction mais plutôt un mélange de fantasy urbaine, de fantastique et d’horreur saupoudré d’érotisme. Par la suite la série sera adaptée pour un public plus jeune chez Rageot.

Dans ce nouveau tome, le Commandeur affronte une ancienne déesse de la mort, Al Lat ,et se lance sur la piste d’une sorte de Necronomicon préislamique, le Bashamay. Au cours de son périple il combat un djinn et s’oppose à diverses manifestations magiques. Le récit se montre donc très court, ramassé sur moins de 200 pages, avec son héros alcoolique revenu de tout, sorte d’enquêteur du surnaturel à la John Constantine mâtiné de Solomon Kane. L’essentiel ? Des chapitres courts, nerveux, avec de nombreux passages sexuels et une bonne dose de violence quasiment gore. Bref, de la bonne littérature de gare, très classique mais efficace, qui déroule son récit sur un rythme rapide sans laisser au lecteur le temps de s’ennuyer. Le personnage reste suffisamment intéressant pour nous offrir une dose d’évasion appréciable et si le roman n’égale pas les meilleures réussites de l’auteur il demeure plaisant et divertissant.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Fantastique, #Pulp, #Roman de gare, #Horreur, #Erotique

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Publié le 4 Septembre 2025

CARTE BLANCHE OO7 de Jeffery Deaver

Jeffery Deaver, auteur de thrillers à succès notamment l’excellent L’HOMME QUI DISPARAIT et LE DESOSSEUR (adapté pour les grands écrans), s’empare ici du mythe James Bond. Sa recette ? Faire table rase de tout ce qui précède, à la manière de « Casino Royale », le reboot avec Daniel Craig dont CARTE BLANCHE constitue en quelque sorte l’équivalent littéraire.

L’espion le moins secret de sa Majesté est donc envoyé en mission, d’abord en Serbie puis en Afrique du Sud. Il doit empêcher « l’accident Vingt », un projet terroriste qui pourrait couter la vie à des milliers de personnes. Ses soupçons se portent sur Severan Hydt, un homme d’affaire ayant fait fortune dans le recyclage de déchets aux penchants nécrophiles prononcés. Aurait-il l’intention de tuer de nombreuses personnes simplement pour pouvoir approcher les corps des victimes au plus près et s’en délecter ?

CARTE BLANCHE commence de belle manière mais ne tient pas toujours la distance. L’auteur reste fidèle à son style et débarrasse Bond de la plupart de ses caractéristiques, son côté tombeur, son humour, ses gadgets. Comme notre héros a 30 ans et vit dans une époque contemporaine moins glamour le lecteur n’a pas toujours l’impression de lire du Bond. Certes, les figures imposées sont présentes (le méchant mégalomane, l’infiltration dans son repère, les guests comme Moneypenny, M, etc.) mais le ton est complètement différent des romans bondiens antérieurs (que ce soient les « officiels » de Fleming ou les continuations). Nous sommes dans un monde globalisé, ultra technique et parano post-11 septembre. Bref, tout ça n’est pas très fun. En revanche Bond a bien gardé son côté snob quelque peu horripilant avec son obsession pour les vins, les montres et voitures de luxe, etc.

L’intrigue ménage quelques rebondissements intéressants mais n’évite pas certaines longueurs et de nombreuses descriptions qui ralentissent l’action. Un autre problème réside dans la sous-intrigue consacrée à la mort des parents de Bond que ce dernier soupçonne d’être un meurtre. Non seulement cela occupe une bonne partie du récit mais l’auteur n’offre pas de conclusion, laissant la porte ouverte à une suite qui ne vint jamais, le roman suivant ne respectant pas cette nouvelle chronologie qui resta donc un « one shot » estimable mais légèrement décevant.

 

 

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Aventures, #Espionnage, #James Bond

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Publié le 4 Septembre 2025

LA DEFENSE de Steve Cavanagh

Premier roman pour l’avocat devenu romancier à succès Steve Cavanagh. De quoi va-t-il bien parler ? D’avocat bien sûr ! Nous sommes donc en plein roman procédural mais revisité de manière plus musclée que les anciens Perry Mason. Ici le héros Eddie Flynn est un ancien criminel reconverti dans le droit. Or, Volchek, un chef mafieux russe l’engage pour le défendre. Nul ne peut gagner ce procès mais Volchek est bien décidé à sortir libre du tribunal. Argument de poids : il kidnappe la fille d’Eddie et pose sur ce dernier une bombe capable de le pulvériser en pleine plaidoirie. Autrement dit, Eddie n’a pas le choix, il doit assurer la défense de Volchek et remporter le procès en moins de 48 heures…

Parfaitement calibré à la mode des page-turners américains, Cavanagh propose ici un thriller tendu de 400 pages qui se lisent très facilement, notamment grâce à des chapitres très courts et rythmés. En quasi-huis-clos, le récit adopte les codes des séries avec retournements de situation à intervalles réguliers et, malgré quelques petites longueurs ou facilités, s’avère bien mené. On passera donc sur les invraisemblances et le côté parfois too much du héros (bien aidé par ses anciens contacts dans le monde criminel) pour apprécier la façon très professionnelle dont Cavanagh construit son intrigue autour des plaidoiries mais également de nombreuses scènes d’action sans jamais sortir de son tribunal.

Même si on voit parfois les grosses ficelles auxquelles l’auteur a recourt difficile de faire la fine bouche devant ce premier bouquin ultra efficace qui conjugue Piège de cristal et Perry Mason.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Thriller

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