Publié le 16 Mars 2026
Traducteur d’Agatha Christie et proclamé « sauveur du roman policier à énigme » ou « monument du polar moderne », Ragnar Jonasson propose ici une intrigue située dans un petit village perdu d’Islande en 1985.
Le début est plutôt intéressant. Notre héroïne pas toujours franchement sympa, Una, se retrouve donc à Skalar, un bled archi perdu où ne vivent que dix personnes. Dont deux fillettes à qui elle va devoir faire la classe durant un an. Très vite Una découvre la petite communauté, s’installe tranquillement, pense voir un fantôme (la maison est supposée hantée depuis la mort d’une petite fille voici des années), tente de renouer vaguement avec sa meilleure amie restée à la capitale et entame une petite romance avec le seul beau mec du coin. Faut avouer qu’il n’y a guère de choix si elle ne veut pas se payer une année d’abstinence. Comme nous sommes dans un roman policier (ah bon ?) un accident (ou un crime ?) se produit, pile à la moitié du roman. Aura-t-on droit à une enquête ? Pas vraiment. Le livre reprend son petit train-train façon chronique un brin social sur l’existence dans un lieu reculé.
Avec ses chapitres très courts le bouquin avance relativement vite. Encore heureux vu la platitude du récit. Le lieu isolé et les passages flirtant avec le fantastique laissaient pourtant espérer un peu de suspense mais le lecteur doit vite se rendre à l’évidence : en dépit de nombreuses pistes ouvertes par l’auteur tout cela n’est guère crédible. Et plus on avance plus l’ensemble apparait comme invraisemblable, peu aidé par des protagonistes unidimensionnels et stéréotypés. Et le mystère ? Résolu ou devrait-on dire expédié en deux ou trois pages dans un final bâclé. Bref, Ragnar Jonasson est loin de ses influences supposées, il apparait surtout comme un écrivain ayant voulu dépeindre l’existence dans un coin perdu de l’Islande au mitan des années ’80. Et puis il y a greffé une pseudo enquête policière en guise de justificatif. Mais ça ne prend pas et l’écriture très faible n’arrange rien. Le lieu choisi aurait pourtant permis un bon whodunit à l’ancienne…il faudra se contenter d’une petite histoire sans grand intérêt…
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