Publié le 23 Novembre 2025

CAPTAIN AMERICA EPIC COLLECTION: MONSTERS AND MEN de J.M. DeMatteis & Co

Gros volume scénarisé par DeMatteis, MONSTERS AND MEN se consacre à la période 1982 – 1983. Le scénariste semble décidé à jouer la carte de l’inadéquation de Cap vis-à-vis de la société sur le principe du « man out of time ». Ainsi, le héros se rend compte de la différence « entre le rêve américain et la réalité américaine d’aujourd’hui ». En parallèle, Sam Wilson renonce plus ou moins à jouer au Faucon pour briguer un poste de sénateur. Cap rencontre également différents vilains de seconde zone mais qui possèdent souvent un côté politisé dans leurs revendications. Le premier d’entre eux, EveryMan, donne le ton en se voulant la voix du peuple et de « tous les hommes ordinaires ». Ensuite, nous avons droit à un crossover avec les Défenseurs, suivi par une rencontre avec les motards de Team America (rien de passionnant) et une petite balade dans le monde du catch. Cap retrouve ensuite Nick Fury et ses Howling Commandos pour combattre des agents de Hydra et le monstrueux homme-rat Vermin. Différents Captain sont conviés par la suite ainsi que le Bucky anti-coco des années ’50, lequel se voit enfin identifié (Jack Monroe) et devient par la suite le nouveau Nomad. Cap affronte encore des néo-nazis, le fils du Baron Zemo, Arnim Zola, etc. Rien de déshonorant mais tout ça reste assez routinier. L’ensemble donne trop dans le « méchant de la semaine » pour passionner mais le contexte social et sociétal se montre, lui, plutôt pertinent pour du comic-book mainstream. Le héros découvre en quelque sorte la « vraie » Amérique avec ses inégalités, sa pauvreté, son antisémitisme, etc.

Le scénariste confronte également le héros toujours jeune au deuil via deux anciens amis de la Seconde Guerre Mondiale. Ils sont clairement en couple même si le mot tabou n’est jamais écrit, les comics des années ’80 ne pouvant (ou ne voulant) traiter le sujet.  

Parmi les meilleurs passages, la longue saga qui orchestre la rencontre entre Cap et Viper, aidé du Constrictor et Scarecrow, tandis que sa copine Bernie découvre enfin son identité secrète.

Difficulté de représenter l’héritage de Captain dans une époque plus compliquée, envie de représenter tous les Américains et de ne pas prendre parti, souci de défendre la liberté d’expression quoiqu’il en coûte (« noble et ignoble »),…Le scénariste opère le basculement du héros dans les années 80 et lui fait quitter le manichéisme antérieur, souvent pour le meilleur. Comme les dessins sont de très bonne tenue, l’ensemble apparait finalement (et en dépit des faiblesses précédemment mentionnées dans les actes super-héroïques) comme une belle réussite, certes avec ses hauts et ses bas mais globalement au-dessus de la moyenne.  

Voir les commentaires

Repost0

Publié le 16 Novembre 2025

SKINWALKER de Gabriel Katz & Steven Dondt

Le romancier Gabriel Katz (AETERNIA, LE PUIT DES MEMOIRES, EXCALIBER,…) s’essaie à la scénarisation de bande dessinée avec cette histoire complète en 92 pages (plus quelques recherches et croquis). De quoi traite ce récit ? De skinwalker, une variante des loups-garous issu des croyances amérindiennes et plus spécifiquement Navajo. Ces « marcheurs de peau » sont donc des métamorphes capables de se changer en monstres redoutables mais contre lesquels les balles d’argent se révèlent inefficaces. L’amateur a pu en croiser, sous le nom d’Animagus, chez HARRY POTTER, ou encore dans un épisode de la série « Supernatural » et dans quelques séries B horrifiques.

L’intrigue démarre donc en 1870, après un prologue mystérieux concernant un interné nommé Fletcher. Nous nous retrouvons donc à suivre une cantatrice en déclin n’ayant plus guère d’admirateurs à la quarantaine. Bref, elle « aurait dû en épouser un plus tôt ». Le salut viendra d’un de ses derniers fans, lequel lui lègue une propriété aux allures de château dans le Far West. Notre diva part donc, avec une grande quantité de bagages, pour la poussière et les dangers mais escortée par un pistolero vieillissant et sa nièce, Jo. Là, ils vont se heurter aux skinwalkers…

Classique et efficace, Gabriel Katz déroule une histoire prenante située dans un cadre western bien rendu par les dessins de Steven Dondt, au style personnel et percutant. Le déroulé transpose les incontournables du survival horrifiques dans le cadre du Far West, avec un côté sanglant et aride hérité du Western Spagh’. Le dernier tiers, sous forme de siège, évoque immédiatement « La nuit des morts vivants » ou, pour prendre une référence moins ancienne, « Dog Soldiers ».

Quelques notes d’humour émaillent ce scénario bien mené qui offre une progression rapide du suspense et une poignée de scènes saignantes pour une décoction entre western, fantastique et horreur  sur le mode du survival. Pas révolutionnaire mais très plaisant, voici une bande dessinée confectionnée à la manière d’une bonne série B des années ’80 (ce n’est pas péjoratif, que du contraire !) qui ne demande qu’à être adaptée pour l’écran tant son rythme et son découpage s’avèrent, déjà, totalement cinématographique. Une réussite.

Voir les commentaires

Rédigé par hellrick

Publié dans #Western, #Horreur, #Fantastique, #bande dessinée

Repost0

Publié le 11 Novembre 2025

BRASIER de Brandon Sanderson

Deuxième volet de la trilogie consacrée aux super-héros (ou plutôt, dans le cas qui nous occupe super-vilains) par Brandon Sanderson, on y retrouve les mêmes qualités que dans le premier opus, l’effet de surprise en moins. Mais ce n’est pas très grave tant l’ensemble est riche et addictif.

Nous sommes dans un univers science-fictionnel où nous suivons David Charleston qui « tue ceux qui ont des super-pouvoirs. » Mais David commence à s’interroger, voire à douter de sa mission aux allures de croisade. La mort de Cœur d’Acier, le tout puissant Epique, aurait dû faciliter la vie des habitants de Newcago mais, pourtant, rien de vraiment positif n’a suivi la mort du tyran. David part ensuite dans une autre ville dirigée par un Epique, Babylone Restored, alias Manhattan. Mais la redoutable Regalia règne sur la métropole de manière modérée et les habitants semblent se satisfaire de cette dictature éclairée. Pourrait-on accepter les directives des Epiques ? David recherche également Megan, alias Brasier, une jeune femme qui a jadis aidé les Redresseurs anti-Epiques. Pourtant, elle possède aussi de terribles pouvoirs. Ce qui n’empêche pas David d’en tomber amoureux.

BRASIER c’est du page-turner millimétré, avec ses rebondissements qui rythment l’intrigue toutes les 50 pages, ces révélations surprenantes et bien amenées, bref c’est du travail de pro. Et nous n’allons pas nous en plaindre. Sanderson connait son métier : il concocte une intrigue super héroïque décalée, quelque part entre THE BOYS et la SUICIDE SQUAD, avec des personnages plus grands que nature. Et il déroule une histoire prenante qui alterne avec une efficacité éprouvée les points de vue des protagonistes et passe d’une scène d’action explosive et très cinégénique à un moment intimiste ou un passage plus porté sur l’humour.  

L’écriture est entrainante et donne au roman un côté visuel qui laisse penser que cette saga pourrait constituer une superbe série télévisée ou un blockbuster pétaradant. Si ce deuxième volet ressemble parfois un peu trop au premier pour susciter la même adhésion inconditionnelle, il reste largement au-dessus de la masse et s’impose comme un incontournable du divertissement. En plus nous bénéficions d’une très bonne traduction qui nous offre une lecture vivante pour un gros pavé (plus de 500 pages) à dévorer quasiment d’une traite.

 

Voir les commentaires

Rédigé par hellrick

Publié dans #science-fiction, #Superhéros

Repost0

Publié le 7 Novembre 2025

COEUR PIRATE d'Erine Kova

Présenté comme de la « new romance » ou de la « romantasay » voici un livre qui, à priori, parait prometteur. La couverture, avec son navire voguant au vent, plutôt sobre, intrigue. Les 100 premières pages partent plutôt bien. Nous avons donc une belle jeune princesse, Victoire, qui veut se venger du pirate qui a jadis tué sa maman et qui, justement, se fait capturer par ce-dernier. Mais bon tout n’est pas aussi simple et il y a aura attirance façon « ennemies to lovers » parce que le simili Jack Sparrow est trop mignon.

Que dire sur ces 500 (cinq putain de cents) pages ? D’abord le côté Fantasy est inexistant. Il n’y a aucune construction d’univers, juste 2 ou 2 noms inventés qui auraient pu être des royaumes existant comme la France ou l’Angleterre. Il n’y a pas de magie, pas d’espèces différentes, pas d’elfes, rien. C’est simplement un cadre de romans d’aventures historiques mais bon on ne va pas se fatiguer à vérifier l’Histoire alors plaçons tout ça dans un monde imaginaire et on n’en parle plus.

Donc notre immature insupportable gonzesse se retrouve embarquée sur le bateau du loup des mers trop sexy après une cinquantaine de pages et ensuite…Bah ensuite il ne se passe rien. Ils se tournent autour, ils blablatent et tout fini par quelques scènes vaguement sexy dans le dernier quart de ce (beaucoup trop) gros pavé. Car bien sûr même si notre petite Victoire est plutôt dans la défaite à force de se faire humilier et maltraité par le pirate elle tombe quand même amoureuse de lui à mi-parcours. Classique.

Pour l’univers des pirates on repassera. Pour les rebondissements aussi. Pour l’action pareil. Ce qui s’annonçait comme un bouquin de fantasy teinté de romance et de cape et épée se révèle en réalité…une romance insupportablement mièvre sur un navire.

Lorqu’on voit le reste de la production de l’autrice (avec des titres comme MY ENEMY MY LOVER ou SO SEDUCTIVE) on comprend que la Fantasy et la piraterie ne sont qu’un emballage vite confectionné autour d’une énième histoire d’amour entre une nunuche sexy et un bad boy trop beauuuu.

Voir les commentaires

Rédigé par hellrick

Publié dans #Fantasy, #Romantasy, #New Romance, #Erotique

Repost0

Publié le 3 Novembre 2025

DEVIL GIRLS d'Ed Wood Jr

Un petit bled des Etats-Unis ayant le plus haut taux de délinquance du pays. Des bandes urbaines hors de contrôle qui vivent uniquement pour la drogue et la violence. Pas de doute nous sommes au Texas ! Les pires criminelles de la région sont sans doute les Chicks, un gang de jeunes filles qui effectuent des tentatives d’approches auprès de leurs homologues mâles. Une enseignante ayant tenté de s’opposer à la violence juvénile finit ainsi assassinée. Mais comment combattre les Chicks, se demande le pauvre Shérif Buck Rhodes, complètement dépassé par la situation. La situation s’envenime encore lorsque surgit Lark, un dealer infâme qui achemine des tas de drogues par bateau. Problème : il a besoin de s’allier les Chicks pour poursuivre son trafic. Pire, Lila, une ancienne Chicks, emprisonnée pour meurtre, s’évade et entame une croisade vengeresse contre la petite localité.

Publié en 1967, ce roman rondement mené démontre qu’avec davantage de budget Ed Wood aurait probablement pu délivrer des films plus solides. En littérature son imagination n’est pas entravée par des contraintes budgétaires ni de piètres comédiens. Ed Wood laisse donc libre court à ses envies : une atmosphère de luxure, un érotisme prononcé et une bonne louche de violences.

Le romancier convoquer ici tous les clichés de la sexploitation façon JD (pour Juvenile Delinquents) de l’époque. Il a recours à tous les arguments capables de titiller le lecteur masculin : voyeurisme, viol, brutalité, etc. Sans oublier un fétichisme affiché envers les vêtements (et encore plus les sous-vêtements) féminins. Et quelques répliques fun comme « je n’avais pas une bonne tête mais j’étais bonne au lit ».

L’ensemble se lit avec plaisir et n’a pas à rougir dans sa catégorie, que l’on pourrait résumer par « sleazy pulp hard boiled ». Ed Wood propose un récit cohérent, crédible dans les limites imposées, avec ses personnages relativement bien brossés, ses passages osés, sa violence cartoonesque et son écriture plutôt inspirée pour ce genre de paralittérature.

Autrement dit, nous sommes dans un polar d’action sexy, brut de décoffrage mais agréablement troussé (ah cet argot venu du fonds des temps !) et divertissant. L’intrigue, quoique basique, maintient l’intérêt durant un peu moins de deux-cents pages et l’ensemble s’avère agréable et, en un mot, fun ! A noter que le bouquin fut adapté au cinéma, de manière très amateur, en 1999.

Voir les commentaires

Rédigé par hellrick

Publié dans #Action, #Pulp, #Erotique, #Roman de gare

Repost0