Publié le 28 Avril 2026
Graham Masterton revient une fois de plus vers les démons et autres mythes indiens dans ce roman qui adopte la forme classique de l’enquête surnaturelle. Malheureusement nous sommes loin de la réussite d’un MANITOU qui, en dépit de certaines faiblesses, se montrait original et surprenant. Ici, tout d’abord, l’intrigue s’avère très basique. L’idée d’une élite hollywoodienne accomplissant des sacrifices pour davantage de puissance n’est pas très neuve. Et surtout pas très développée. Le personnage principal, Trinity, enquête sur la mort d’une amie et en appelle au traditionnel ex-flic encore désireux de rendre justice. Là encore, pas franchement novateur. Le récit débute de manière intrigante avec Trinity se rendant à un rendez-vous à la suite d’un appel téléphonique d’une de ses amies découverte brûlée vive. Malheureusement, l’histoire patine ensuite…Elle est d’ailleurs assez curieuse.
Certaines références (« Casino », Nirvana,…) paraissent la dater dans les 90’s, d’autres sont plus actuelles, comme si Masterton avait remodelé un ancien manuscrit. Ce qui est possible…En tout cas malgré une pagination réduite le récit tire à la ligne et eut peut-être davantage convenu à une novella. Les réactions des personnages sont également curieuses et rarement vraisemblable, sans compter l’intrusion du fantastique et de la magie indienne chère à l’auteur dans un cadre voulu réaliste. Cela conduit à des petits twists absolument ridicules (le sortilège pour changer d’apparence, les mots de pouvoir mortels) décevant pour un auteur du calibre de Masterton. Le final apparait bâclé, ce qui est malheureusement assez courant chez l’auteur qui, on le sait, éprouve souvent de grandes difficultés à conclure de façon satisfaisante ses intrigues.
Tout n’est pas négatif pour autant…il reste un vrai métier de conteur entretenu par cinquante ans de pratique, qui laisse le bouquin se lire avec un certain plaisir et les chapitres défiler sans ennui. Masterton propose également 2 ou 3 scènes gore bien gratinées comme il les aime pour relever un plat un peu trop fade. Bref, THE SOUL STEALER n’est pas ennuyeux mais jamais vraiment passionnant non plus et, au final, apparait comme un des romans les plus faibles de l’auteur.
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