novella (roman court)

Publié le 15 Mai 2026

TWENTIETH ANNIVERSARY SCREENING de Jeff Strand

Influencé par Douglas Adams et Richard Laymon (hum !) ce qui donne déjà une idée de son travail, Jeff Strand est un spécialiste de la comédie splatter sous forme littéraire. Il propose ici une sorte de « documenteur » ou de « found footage » mais textuel, un long article consacré à l’histoire du « Couvreur », entrecoupé de commentaires et d’interviews. Qu’est-ce que le « Couvreur » ? Un médiocre slasher sorti en 1991, alors que la mode était passée, et réalisé sans génie ni innovation. Le film aurait disparu des mémoires si une de ses projections n’avait pas été marqué par un meurtre, commis par un copycat du tueur fictif dans une salle de cinéma. Or, ce cinéma, en grande difficulté, décide d’organiser une projection pour les 20 ans du « Couvreur ». Des centaines de curieux et d’amateurs de slashers Bis s’y rendent. Les mesures de sécurité semblent adéquates et une actrice du film accepte même de venir en personne. Que pourrait-il mal se passer ?

Vainqueur dans la catégorie « novella » du Bram Stocker Award, ce court récit capture parfaitement l’ambiance d’une soirée commémorative remplie de fans de cinéma d’horreur et multiplie les clins d’œil, les références aux classiques du genre et les touches d’humour. Sans oublier, bien sûr, quelques meurtres saignants.

Un très agréable divertissement, avec des twists attendus (c’est le jeu) et d’autres inattendus qui permettent de lire cette novella d’une traite le sourire aux lèvres. Recommandé.

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Publié le 5 Mai 2026

VALS SANGLANTE de Violaine de Charnage

Violaine est déjà de retour avec un petit livre qui se conforme aux normes de la collection Gore des Alpes, à commencer par une pagination très réduite. Nous voici donc devant une novella d’une centaine de pages revisitant, de manière détournée, le mythe de la Comtesse Bathory et du vampirisme.

Dès lors, le récit avance vite, peut-être un peu trop, passant de Verena à Katrin, Beatriz et Micha… Nous découvrons ces femmes et pourtant le thème reste le même entre les différentes époques, du Moyen-âge à notre monde dit civilisé : la quête de la jeunesse, de la beauté et pourquoi pas de la vie éternelle.

Le récit ménage donc des scènes gore puisque c’est le principe même de la collection mais tout ça reste plaisant. Pas d’horreur crade pour le seul plaisir de choquer, nous sommes davantage dans la comédie noire « splatter », avec un humour sous-jacent bien présent. L’autrice alterne ainsi les romans malaisants et éprouvant (LES ENTRAILLES DE L’ENFER) avec d’autres, comme celui-ci, plus porté sur le second degré, les références (en particulier à « Hostel 2 ») et l’horreur sanglante. A la manière d’un dessin animé pour grands enfants pas sages, le récit se déroule sans aucun temps mort, en tout juste 100 pages bien tassées.

Un titre court mais agréable et très rythmé, qui se lit d’une traite en écoutant un petit Venom ou un autre des groupes conseillés…

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Horreur, #Novella (roman court), #Gore

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Publié le 24 Février 2026

LES CONTES INTERDITS: LA REINE DES NEIGES de Simon Rousseau

Les Contes Interdits furent une entreprise littéraire visant à revisiter, de manière horrifique et souvent érotique, les contes de féés de notre enfance. Ici, l’auteur, un familier de la collection, reprend à son compte la Reine des neiges mais s’inspire, comme précisé dans l’introduction, de l’œuvre originale et non pas de sa relecture par Walt Disney. Cependant, le romancier glisse quelques clins d’œil à la fameuse version animée, notamment en donnant à ses personnages les prénoms d’Anna et Elsa.

L’intrigue est classique mais efficace et prenante, liant la mort d’un ancien prêtre, la libération d’une entité maléfique, un chamane, une fille à la recherche de la vérité, etc.

Avec moins de 200 pages au programme, le récit avance vite et se lit avec plaisir. Si le tout reste prévisible dans ses grandes lignes, les détails et digressions proposées par l’auteur donnent à l’ensemble un certain cachet.

Beaucoup moins extrême que d’autres romans de cette collection, LA REINE DES NEIGES s’apparente à un roman fantastico-horrifique bien mené qui plaira aux connaisseurs du contes mais également à ceux qui ne l’ont jamais lu. On retrouve, dans la présence d’un Amérindien et avec la libération d’une force maléfique, une intrigue proche de celle de Graham Masterton à ses débuts. Les dialogues et expressions canadiennes confèrent, enfin, une coloration originale à ce roman bien ficelé et divertissant.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Fantastique, #Horreur, #Novella (roman court), #Contes Interdits

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Publié le 17 Février 2026

UN GENDRE IDEAL de Sophia Winter

Les romans érotiques constituent un univers souvent déstabilisants. Il est rare d’y trouver vraiment son compte. Soit, ils sont trop hard, soit ils sont trop soft. Les scènes érotiques sont trop nombreuses et l’intrigue inexistence. Ou l’intrigue prend le pas sur l’érotisme. Et souvent ils sont simplement trop long pour ce qu’ils racontent. Dès lors le format « novella » parait plus adapté et Sophie Winter s’en est fait une des spécialistes. Ici, on est sous la barre des 80 pages et comme le récit tourne déjà en rond vers la fin cette longueur est sans doute adéquate.

Pour les connaisseurs des pornos des années ’80, le récit s’inspire sans doute de « Tabou : La belle-mère perverse », un petit classique du X. Mais l’idée n’est évidemment pas neuve et alimente sans doute la littérature osée depuis ses origines.

Nous avons donc Ludivine qui présente son nouveau petit copain, Jean-Christophe, à sa mère, Mathilde. Et ce qui devait arriver arrive…Jean-Christophe se met à fantasmer sur sa trop séduisante belle-maman. Dès lors c’est l’engrenage, surtout que Ludivine invite innocemment sa mère à les accompagner pour des vacances aux Baléares.

Sophia Winter serait allemande et aurait écrit une cinquantaine de courts romans. Peut-être. Nous n’en savons guère plus. Elle semble avoir des fantasmes familiaux prononcés avec des titres comme SUGAR MOMMY, LE CERCLE DES AMIES DE MA MERE, BELLE MERE DOCILE, SOUMISSIONS FAMILIALES, etc.

Bref, nous avons ici un petit bouquin assez plaisant, avec quelques notes d’humour, une réelle intrigue façon soap opéra et beaucoup de passages sexy un brin répétitifs mais globalement efficaces et agréables à lire. Ca se lit sans ennui, ce n’est pas trop mal écrit et ça « fait le job ». De là à lire l’intégrale de l’autrice il y a un pas mais on trouve certainement pire dans ce genre de littérature érotico-porno de consommation courante.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Erotique, #Novella (roman court)

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Publié le 5 Février 2026

NORTHERN GOTHIC de Nick Mamatas

Une novella intéressante par son thème mais assez décevante à la lecture. L’auteur propose une construction assez étrange, basée sur deux lignes temporelles distinctes. La première relate les émeutes new yorkaise de 1863, la seconde se situe plus d’un siècle plus tard, en 1998. Dans le passé, un immigrant irlandais tente d’échapper à la conscription dans un monde en train de s’écrouler, victime de la guerre, de la violence et du racisme. Il essaie de rassembler les 300 dollars nécessaires pour ne pas aller combattre. Pendant ce temps la foule, de plus en plus hostile, s’en prend aux Noirs jusqu’à l’intervention de l’armée.

Dans la seconde le jeune Noir gay Ahmadi essaie de trouver sa place à New York. Apprenti acteur désargenté il reçoit des « messages » du passé, commence à ressentir le feu, la peur et la haine qui, a plus d’un siècle de distance, menace de l’atteindre.

Nick Mamatas propose ici un récit souvent puissant et prenant mais dont la conclusion déçoit. Les deux lignes temporelles ne se heurtent jamais réellement et l’ensemble parait ne faire que survoler son sujet. L’idée centrale, qui semble être la permanence du Mal à travers le temps, reste pertinente mais, dans l’ensemble, ce court roman reste moins réussi qu’espérait. L’éclairage historique sur les émeutes s’avère toutefois intéressant et justifie la lecture. Mais on en espérait davantage.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Horreur, #Fantastique, #Novella (roman court), #LGBT

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Publié le 2 Février 2026

THE LUCID DREAMING de Lisa Morton

Experte d’Halloween et autrice de la « Halloween Encyclopedia », Lisa Morton œuvre également dans la fiction comme en témoigne cette novella d’une centaine de pages. Nous sommes ici dans une dystopie teintée d’horreur parfois comparée à LA SERVANTE ECARLATE ou LE FLEAU de Stephen King sans oublier des métrages comme « 28 Jours plus tard »

Ashley, punkette Californienne d'une vingtaine d'années surnommé Spike, tente de mener une existence plus ou moins normale en prenant des médicaments qui soigne ses tendances schizophrènes et paranoïaques violentes. Le Prolixin peut, en effet, lui permettre de vivre tranquillement même si elle se retrouve parfois en hôpital psychiatrique. Un jour notre Spike découvre la porte de sa cellule ouverte et des tas de morts. Une étrange épidémie a rendu la quasi-totalité de la population complètement folle, victime de cauchemars éveillés destructeurs. Seules les personnes prenant du Prolixin ont échappé à la contamination. Et Spike se retrouve donc la jeune femme la plus saine d’esprit dans ce monde où les fous ont pris le contrôle…

Ayant remporté le Stocker Award du meilleur roman court, ce récit d’une centaine de pages se révèle très efficace, avec un rythme soutenu, des touches d’humour et une action rapide. La seconde partie se la joue « post apo » avec cette secte essayant tant bien que mal de reconstruire la civilisation après l’effondrement.

Si l’intrigue eut gagné à se voir quelque peu développée, laissant au final beaucoup de questions sans réponse, THE LUCID DREAMING reste une très bonne novella à la fin ouverte effective.

 

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Publié le 29 Janvier 2026

LES ARMEES DE CEUX QUE J'AIME de Ken Liu

Dans les « nouveaux noms » de la SF, Ken Liu s’est imposé comme un des meilleurs auteurs révélés ces dernières années. Fréquemment publié chez nous au format court, qu’il privilégie largement, il a donné de nombreux textes marquants comme L’HOMME QUI MIT FIN A L’HISTOIRE et ses recueils comme LA MENAGERIE DE PAPIER ou JARDIN DE POUSSIERES. Pour sa dernière livraison dans la collection « Une heure lumière, Ken Liu se montre malheureusement décevant. Ce sont des choses qui arrivent.

Comme souvent l’intrigue est originale et quelque peu déstabilisante mais, cette fois, elle parait également embrouillée et peine à maintenir l’intérêt malgré une pagination restreinte. Nous sommes dans un monde post apocalyptique, avec des villes mouvantes, des survivants qui considèrent les derniers gadgets technologiques fonctionnels comme magique et une adolescente vivant dans un arbre qui porte secours à un inconnu…

Ken Liu mélange ici science-fiction, dystopie anticipatoire et fantasy dans un univers pas vraiment clair ni facile d’accès bien que l’intrigue soit assez convenue. Le tout donne une novella obscure, dans laquelle on se demande souvent où l’auteur veut aller. Bref, pas le meilleur moyen d’aborder cet auteur habituellement passionnant.


 

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Publié le 26 Janvier 2026

THIRTY MILES SOUTH OF DRY COUNTY de Keelan Patrick Burke

L’Irlandais Keelan Patrick Burke a consacré quatre novellas et un roman à la ville fictive de Milestone. Gagnant du Bram Stocker Award avec ce récit, Burke invite le lecteur à une excursion dans ce patelin étrange, autrefois une ville minière prospère, devenue une ville fantôme non mentionnée sur les cartes. Warwick Tanner, un vieil homme qui « sait lire les gens », s’y rend pour espérer retrouver ses deux amis disparus. Il sait qu’il n’y a pas de miracle à espérer à Milestone mais il y rencontre les derniers habitants, désespérés et fantomatiques, jusqu’à découvrir la vérité sur le village et sa venue.

Milestone n’est pas vraiment une ville maudite, c’est une ville qui « attire le mal » et ceux qui « sont attiré par le mal ». En une centaine de pages, Burke décrit un patelin constamment enveloppé de brouillard, où vivotent des personnages étranges comme cette ancienne beauté fanée à demi prostituée et ce maire mystérieux.

Loin de l’horreur tapageuse, Thirty Miles South of Dry County convoque surtout une atmosphère d’angoisse diffuse, de solitude et laisse au lecteur sentir le temps qui s’écoule tristement, à l’approche de la mort, entre secret oublié et regrets. A l’opposé du splatter punk et des effets grand-guignolesques, Burke installe un climat pesant et prenant totalement maitrisé. Une belle réussite.

 

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Publié le 21 Janvier 2026

DESPATCHES de Lee Murray

Une novella située durant la Première Guerre Mondiale, lors de la bataille des Dardanelles, racontée de manière épistolaire par le journaliste Cassius Smythe. En 1915 chacun est persuadé que la guerre va s’achever d’ici quelques mois. Smythe raconte dès lors le quotidien des soldats, les combats, l’attente, les décisions des gradés qui envoie leurs hommes servir de chair à canon pour s’emparer d’objectifs futiles.

Mais Smythe rencontre plus que la guerre puisqu’il découvre une ancienne légende et l’éveil d’une créature lovecraftienne qui ne fait aucune différence entre les alliés et les ennemis.

En moins de 100 pages, Lee Murray capture l’ambiance belliqueuse et injecte dans le conflit une bonne dose d’horreur cosmique tout en s’attaquant à la propagande. Elle utilise pour cela des techniques immersives bien employées, avec ces comptes-rendus qui doivent passer par la censure et sont donc en partie raturés. Cela permet à certains événements de rester légèrement flous, donnant une impression chorale aux péripéties bien menées qui conduisent logiquement à un final nihiliste témoignant de l’horreur du conflit et de la suprématie des « anciens dieux ».

Un bon renouvellement des thèmes lovecraftien traditionnels par le prisme d’un court roman de guerre qui ne lésine pas sur le pathos et le gore.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Guerre, #Horreur, #Fantastique, #Lovecraft, #Novella (roman court)

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Publié le 11 Janvier 2026

MY VAGINA SMELLS LIKE SULFUR de Sea Caummisar

Sea Caummisar semble s’amuser avec les titres de ses courts romans. Après le très efficace et amusant FRUT OF THE LOINS, l’autrice revient avec une novella splatter porn au sujet du dark web. Une de plus puisque le sujet inspire de nombreux auteurs d’horreur extrême. Ici, le récit traite d’une émission underground au sujet d’individus qui se suicident de la manière la plus horrible possible pour accéder à un hypothétique paradis promis par une organisation secrète.

Les premières pages annoncent du splatter punk classique mais potable. Malheureusement la suite tourne au n’importe quoi absolu et (plus ou moins) assumé. L’intrigue n’a aucun sens, les personnages sont ridicules, stupides et aucunement développés, chaque chapitre semble écrit dans l’unique but de surenchérir dans les tortures sexuelles vomitives, sans aucune volonté de progression dramatique. Les twists proposés sont complètement ridicules et la fin n’en est pas une, laissant le lecteur terminer (péniblement) un bouquin qui, heureusement, ne compte qu’une centaine de pages.

Le livre aurait pu être un minimum sauvé par un style percutant ou une certaine recherche mais la grammaire et le vocabulaire sont d’une pauvreté consternante. Si on proposait à un adolescent de douze ans d’écrire « l’histoire la plus dégueulasse possible » on aboutirait probablement à un court roman dans ce style. Et probablement meilleur.

Le splatterpunk / porn dans toute sa gratuité la plus nulle et le degré zéro de la littérature d'horreur. 

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