Publié le 24 Février 2026

LES CONTES INTERDITS: LA REINE DES NEIGES de Simon Rousseau

Les Contes Interdits furent une entreprise littéraire visant à revisiter, de manière horrifique et souvent érotique, les contes de féés de notre enfance. Ici, l’auteur, un familier de la collection, reprend à son compte la Reine des neiges mais s’inspire, comme précisé dans l’introduction, de l’œuvre originale et non pas de sa relecture par Walt Disney. Cependant, le romancier glisse quelques clins d’œil à la fameuse version animée, notamment en donnant à ses personnages les prénoms d’Anna et Elsa.

L’intrigue est classique mais efficace et prenante, liant la mort d’un ancien prêtre, la libération d’une entité maléfique, un chamane, une fille à la recherche de la vérité, etc.

Avec moins de 200 pages au programme, le récit avance vite et se lit avec plaisir. Si le tout reste prévisible dans ses grandes lignes, les détails et digressions proposées par l’auteur donnent à l’ensemble un certain cachet.

Beaucoup moins extrême que d’autres romans de cette collection, LA REINE DES NEIGES s’apparente à un roman fantastico-horrifique bien mené qui plaira aux connaisseurs du contes mais également à ceux qui ne l’ont jamais lu. On retrouve, dans la présence d’un Amérindien et avec la libération d’une force maléfique, une intrigue proche de celle de Graham Masterton à ses débuts. Les dialogues et expressions canadiennes confèrent, enfin, une coloration originale à ce roman bien ficelé et divertissant.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Fantastique, #Horreur, #Novella (roman court), #Contes Interdits

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Publié le 17 Février 2026

UN GENDRE IDEAL de Sophia Winter

Les romans érotiques constituent un univers souvent déstabilisants. Il est rare d’y trouver vraiment son compte. Soit, ils sont trop hard, soit ils sont trop soft. Les scènes érotiques sont trop nombreuses et l’intrigue inexistence. Ou l’intrigue prend le pas sur l’érotisme. Et souvent ils sont simplement trop long pour ce qu’ils racontent. Dès lors le format « novella » parait plus adapté et Sophie Winter s’en est fait une des spécialistes. Ici, on est sous la barre des 80 pages et comme le récit tourne déjà en rond vers la fin cette longueur est sans doute adéquate.

Pour les connaisseurs des pornos des années ’80, le récit s’inspire sans doute de « Tabou : La belle-mère perverse », un petit classique du X. Mais l’idée n’est évidemment pas neuve et alimente sans doute la littérature osée depuis ses origines.

Nous avons donc Ludivine qui présente son nouveau petit copain, Jean-Christophe, à sa mère, Mathilde. Et ce qui devait arriver arrive…Jean-Christophe se met à fantasmer sur sa trop séduisante belle-maman. Dès lors c’est l’engrenage, surtout que Ludivine invite innocemment sa mère à les accompagner pour des vacances aux Baléares.

Sophia Winter serait allemande et aurait écrit une cinquantaine de courts romans. Peut-être. Nous n’en savons guère plus. Elle semble avoir des fantasmes familiaux prononcés avec des titres comme SUGAR MOMMY, LE CERCLE DES AMIES DE MA MERE, BELLE MERE DOCILE, SOUMISSIONS FAMILIALES, etc.

Bref, nous avons ici un petit bouquin assez plaisant, avec quelques notes d’humour, une réelle intrigue façon soap opéra et beaucoup de passages sexy un brin répétitifs mais globalement efficaces et agréables à lire. Ca se lit sans ennui, ce n’est pas trop mal écrit et ça « fait le job ». De là à lire l’intégrale de l’autrice il y a un pas mais on trouve certainement pire dans ce genre de littérature érotico-porno de consommation courante.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Erotique, #Novella (roman court)

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Publié le 10 Février 2026

LA FEMME AUX CHIENS d'Alphonse Momas

Etrange vie que celle d’Alfonse Momas, petit fonctionnaire tranquille (1846 – 1933) qui publia sous pseudonyme un nombre incalculable de romans pornos. Rebaptisé Tap-Tap, Fuckwell, Le Nismois, Lesbos, Erosmane ou L’Erotin, il publia également des ouvrages théosophiques. Se proclamant « homme de lettres », le très prolifique Momas explora toutes les variations possibles pour l’érotisme et les perversions. Ses romans, publiés sous le manteau à la fin du XIXème siècle, se distinguent, comme beaucoup d’œuvres libertines de cette époque, par un vocabulaire délicieusement désuet. Les tournures de phrases volontiers archaïques combinent des mots précieux, des termes aujourd’hui oublié (« son vit »,) et des autres beaucoup plus crus. D’où une littérature assez agréable, une plume vive et alerte qui rend toutes les (nombreuses) scènes pornos agréables et différentes de celles, plus actuelles, des bouquins d’aujourd’hui.

Et puis, comme de nombreux pornocrates de cette époques, Momas aimait s’attaquer aux tabous et osait des scènes à présent impensables dans la littérature sexy standardisée. Ici il suit le parcours de Régine, jeune veuve violée par un satyre (littéralement ?) démoniaque. Cette expérience la marque au point qu’elle se détourne des hommes pour trouver l’amour auprès des…canidés. Dès lors les scènes hard s’enchainent avec les chiens à sa mémère qui la prennent par tous les trous et dans toutes les positions. C’est très curieux, pas vraiment érotique mais hautement bizarre pour les amateurs de romans dérangeant. L’auteur prend soin, toutefois, de placer une romance teintée de domination entre Régine et sa femme de chambre, Coralie, ce qui offre les intermèdes lesbiens attendus mais plus conformes aux normes du romans pornos de gare. Le tout se termine par une scène d’orgie canine délirante voyant Coraline contrainte de choisir entre se faire dévorer par les clebs ou accepter les plaisirs zoophiles. Mais, comme souvent dans le porno d’antan la petite conclusion volontiers moralisatrice condamne nos pècheresses qui trouveront une punition à la hauteur de leur perversion.

Œuvre éminemment étrange qui, aujourd’hui, croulerait sous les « trigger warning » ou serait brûlée en place publique, LA FEMME AUX CHIENS demeure une expérience quelque peu lassante en dépit de sa courte pagination (120 pages) mais intéressante et à tout le moins « historique »

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Erotique, #Porno, #Bizarre

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Publié le 5 Février 2026

NORTHERN GOTHIC de Nick Mamatas

Une novella intéressante par son thème mais assez décevante à la lecture. L’auteur propose une construction assez étrange, basée sur deux lignes temporelles distinctes. La première relate les émeutes new yorkaise de 1863, la seconde se situe plus d’un siècle plus tard, en 1998. Dans le passé, un immigrant irlandais tente d’échapper à la conscription dans un monde en train de s’écrouler, victime de la guerre, de la violence et du racisme. Il essaie de rassembler les 300 dollars nécessaires pour ne pas aller combattre. Pendant ce temps la foule, de plus en plus hostile, s’en prend aux Noirs jusqu’à l’intervention de l’armée.

Dans la seconde le jeune Noir gay Ahmadi essaie de trouver sa place à New York. Apprenti acteur désargenté il reçoit des « messages » du passé, commence à ressentir le feu, la peur et la haine qui, a plus d’un siècle de distance, menace de l’atteindre.

Nick Mamatas propose ici un récit souvent puissant et prenant mais dont la conclusion déçoit. Les deux lignes temporelles ne se heurtent jamais réellement et l’ensemble parait ne faire que survoler son sujet. L’idée centrale, qui semble être la permanence du Mal à travers le temps, reste pertinente mais, dans l’ensemble, ce court roman reste moins réussi qu’espérait. L’éclairage historique sur les émeutes s’avère toutefois intéressant et justifie la lecture. Mais on en espérait davantage.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Horreur, #Fantastique, #Novella (roman court), #LGBT

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Publié le 2 Février 2026

THE LUCID DREAMING de Lisa Morton

Experte d’Halloween et autrice de la « Halloween Encyclopedia », Lisa Morton œuvre également dans la fiction comme en témoigne cette novella d’une centaine de pages. Nous sommes ici dans une dystopie teintée d’horreur parfois comparée à LA SERVANTE ECARLATE ou LE FLEAU de Stephen King sans oublier des métrages comme « 28 Jours plus tard »

Ashley, punkette Californienne d'une vingtaine d'années surnommé Spike, tente de mener une existence plus ou moins normale en prenant des médicaments qui soigne ses tendances schizophrènes et paranoïaques violentes. Le Prolixin peut, en effet, lui permettre de vivre tranquillement même si elle se retrouve parfois en hôpital psychiatrique. Un jour notre Spike découvre la porte de sa cellule ouverte et des tas de morts. Une étrange épidémie a rendu la quasi-totalité de la population complètement folle, victime de cauchemars éveillés destructeurs. Seules les personnes prenant du Prolixin ont échappé à la contamination. Et Spike se retrouve donc la jeune femme la plus saine d’esprit dans ce monde où les fous ont pris le contrôle…

Ayant remporté le Stocker Award du meilleur roman court, ce récit d’une centaine de pages se révèle très efficace, avec un rythme soutenu, des touches d’humour et une action rapide. La seconde partie se la joue « post apo » avec cette secte essayant tant bien que mal de reconstruire la civilisation après l’effondrement.

Si l’intrigue eut gagné à se voir quelque peu développée, laissant au final beaucoup de questions sans réponse, THE LUCID DREAMING reste une très bonne novella à la fin ouverte effective.

 

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