Publié le 10 Février 2026
Etrange vie que celle d’Alfonse Momas, petit fonctionnaire tranquille (1846 – 1933) qui publia sous pseudonyme un nombre incalculable de romans pornos. Rebaptisé Tap-Tap, Fuckwell, Le Nismois, Lesbos, Erosmane ou L’Erotin, il publia également des ouvrages théosophiques. Se proclamant « homme de lettres », le très prolifique Momas explora toutes les variations possibles pour l’érotisme et les perversions. Ses romans, publiés sous le manteau à la fin du XIXème siècle, se distinguent, comme beaucoup d’œuvres libertines de cette époque, par un vocabulaire délicieusement désuet. Les tournures de phrases volontiers archaïques combinent des mots précieux, des termes aujourd’hui oublié (« son vit »,) et des autres beaucoup plus crus. D’où une littérature assez agréable, une plume vive et alerte qui rend toutes les (nombreuses) scènes pornos agréables et différentes de celles, plus actuelles, des bouquins d’aujourd’hui.
Et puis, comme de nombreux pornocrates de cette époques, Momas aimait s’attaquer aux tabous et osait des scènes à présent impensables dans la littérature sexy standardisée. Ici il suit le parcours de Régine, jeune veuve violée par un satyre (littéralement ?) démoniaque. Cette expérience la marque au point qu’elle se détourne des hommes pour trouver l’amour auprès des…canidés. Dès lors les scènes hard s’enchainent avec les chiens à sa mémère qui la prennent par tous les trous et dans toutes les positions. C’est très curieux, pas vraiment érotique mais hautement bizarre pour les amateurs de romans dérangeant. L’auteur prend soin, toutefois, de placer une romance teintée de domination entre Régine et sa femme de chambre, Coralie, ce qui offre les intermèdes lesbiens attendus mais plus conformes aux normes du romans pornos de gare. Le tout se termine par une scène d’orgie canine délirante voyant Coraline contrainte de choisir entre se faire dévorer par les clebs ou accepter les plaisirs zoophiles. Mais, comme souvent dans le porno d’antan la petite conclusion volontiers moralisatrice condamne nos pècheresses qui trouveront une punition à la hauteur de leur perversion.
Œuvre éminemment étrange qui, aujourd’hui, croulerait sous les « trigger warning » ou serait brûlée en place publique, LA FEMME AUX CHIENS demeure une expérience quelque peu lassante en dépit de sa courte pagination (120 pages) mais intéressante et à tout le moins « historique »
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