romance

Publié le 30 Décembre 2025

LE TRONE DE VERRE de Sarah J. Maas

Deuxième essai pour la “reine » (hum !) de la romantasy Young adult. Evidemment ça ne pouvait être pire qu’UN PALAIS D’EPINES ET DE ROSE ? Pas si sûr. Nous avons droit une nouvelle fois à une intrigue d’une lenteur exaspérante qui s’étale sur 500 pages et ne constitue que le premier dixième d’une saga en dix volumes.

Et, une fois de plus, ça part mal. Nous avons une héroïne, Keleana, âgée d’à peine 18 ans et présentée comme la meilleure assassineuse (oui ça doit être le féminin inclusif branché d’assassin, bref) du royaume. Elle a passé une année dans les mines de sel où nul ne survit plus qu’une poignée de semaines. Elle a failli réussir à s’en évader mais a été reprise après avoir tué plus de gardiens qu’un John Wick en colère. Elle est alors conduite devant le Prince. Elle est toute sale mais s’en fiche…enfin pendant deux pages car ensuite elle est tout honteuse de se retrouver ainsi devant sa majesté. Heureusement la voici apprêtée, maquillée et pomponnée pour retrouver sa beauté. Mais attention, Keleana n’est pas simplement belle comme toute héroïne de romantasy qui se respecte, elle est d’une « beauté stupéfiante ». Elle fait tourner les têtes de tous les hommes et suscite la jalousie de toutes les femmes.

Mais il se passe bien quelque chose dans ce livre ? Non, pas vraiment. Nous avons droit au classique triangle amoureux entre Keleana, le prince et le capitaine des gardes. Elle hésite la coquine. Beaucoup. Tout le temps. Il faut dire aussi que le premier est très beau et aime la lecture. Et que le deuxième est très beau et…bon il est très beau quoi.

Donc, voici notre assassineuse forcée d’assassiner, dans un tournoi absurde organisé par le Roi qui se cherche un champion. Au lieu d’engager une vingtaine de super guerriers il les fait s’entretuer pour n’en garder qu’un seul. Logique. Bien sur Keleana n’aime pas ça. Elle a beau être soi-disant la meilleure tueuse du monde, avoir débuté son entrainement à 8 ans, elle se désole de devoir tuer. Enfin parfois. Car le personnage évolue d’un chapitre à l’autre au gré des envies de l’autrice qui ne sait pas trop quoi en faire. Elle pourrait s’évader (elle le répète souvent) mais si elle le faisait l’histoire se terminerait. Donc elle ne le fait pas. Notre assassineuse voulue super badass trop forte se révèle en fait une pimbêche immature, capricieuse, stupide et insupportable qui passe son temps à rougir, vomir (l’émotion !) et lancer des œillades aguicheuses à ses deux prétendus prétendants. Et, comme il s’agit du premier tome d’une décalogie (oh mon Satan !) on referme ce premier pavé sans avoir beaucoup avancé dans une intrigue insipide. Bref, poubelle et Sarah J. Maas aussi.

Certes, on pourrait excuser l’autrice vu son jeune âge au moment de la rédaction de cette histoire (16 ans) mais on admet moins facilement qu’elle n’ait rien amélioré (ou, si elle l’a fait, on n’ose imaginer la version initiale) lorsqu’elle a finalement publier le bouquin dix ans plus tard. Car en plus de proposer une intrigue risible et une héroïne insupportable, LE TRONE DE VERRE croule sous les redites et l’écriture a un niveau de vocabulaire pitoyable qui rend le tout proprement imbuvable. A fuir !

 

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Fantasy, #Romantasy, #romance

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Publié le 15 Décembre 2025

LES AVENTURES D’UN APPRENTI GENTLEMAN de Mackenzi Lee

Premier volet d’une trilogie de romans d’aventures historiques et de romance teintés d’un soupçon de fantastique, LES AVENTURES D’UN APPRENTI GENTLEMAN se déroule au début du XVIIIème siècle. Henry Montague, dit Monty, est, comme le titre l’indique, un apprenti gentleman et, surtout, un libertin débauché vivant dans le luxe et l’oisiveté. C’en est trop pour son paternel autoritaire, bien décidé à lui remonter les bretelles et à l’obliger à se prendre en main. Après avoir accompli son formateur « tour d’Europe », Monty s’occupera du domaine familial. Le voilà donc parti à l’aventure en compagnie de sa sœur, Felicity, et de son ami Percy, un métis dont il est secrètement amoureux. Mais le voyage ne sera pas de tout repos : Monty dérobe, par jeu, une babiole appartenant au duc de Bourbon. Ce-dernier se lance alors à la poursuite du trio…

Bien documenté, voici un excellent roman historique agrémenté d’une bonne dose d’aventures, d’une romance pas trop envahissante et d’un humour bien dosé. Le livre se termine d’ailleurs par une postface éclairante qui explique les « Tours d’Europe » mais aussi la place des femmes, des métis ou des homosexuels à cette époque.

Le récit reste cependant léger, sans lourdeur didactique ou militante, déroulant une très agréable aventure qui permet au lecteur de voyager à travers l’Europe du début du XVIIIème siècle à la poursuite d’un secret alchimique apportant une petite touche de fantastique bienvenue.

Les trois personnages principaux sont fort bien brossés et loin des héros « tout d’un bloc » souvent croisés dans ce genre de récit. Le bouillonnant, impulsif et parfois capricieux Monty est loin d’être parfait : il se montre irréfléchi, exubérant, provocateur, protégé par son titre et sa fortune. Il se refuse d’ailleurs à y renoncer, même par amour. A ses côté, le posé et bien conscient de sa situation peu enviable Percy apporte le contre-point nécessaire pour calmer ses exubérances. Enfin, la « belle et rebelle » Felicity rêve de poursuivre des études inaccessibles à une femme. Ils croisent des nobles français retors, des bandits de grand chemin et même une très charmante bande de pirates, véritables bras cassés des mers en quête de pardon. L’évolution des protagonistes est réelle mais également réaliste tout au long de l’intrigue et Monty apparait comme bourré de défauts sans jamais perdre son côté attachant. Les relations et les dialogues sont également réalistes : Felicity accepte l’homosexualité de son frère mais sans vraiment la comprendre ou l’encourager. Elle ne vit pas non plus de romance annexe et garde, tout au long du livre, son côté frondeur et énergique.

Notons également que pour un roman estampillé « Young Adult » la plume de l’autrice se montre élégante, raffinée sans tomber dans la pédanterie pseudo-historique, et qu’elle gère fort bien le rythme d’un récit au long cours de plus de 500 pages. D’autant qu’à la fin on a envie de poursuivre immédiatement avec le second tome, cette fois centré sur Felicity, la « lady rebelle ».

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Aventures, #Historique, #Fantastique, #Young Adults, #romance, #LGBT

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Publié le 1 Juillet 2025

ET ILS MEURENT TOUS LES DEUX A LA FIN d'Adam Silvera

A la base une très bonne idée pour un roman de science-fiction dystopique (ou utopiste ?) : une société, Death-Cast, se charge d’appeler les personnes leur « jour final ». Autrement dit, elle les avertit de leur décès inopiné dans les prochaines 24 heures. Tout le monde ignore la manière dont Death-Cast connait cette information mais, en revanche, chacun sait que la société ne se trompe jamais. Inutile de se cacher, de s’enfermer, de fuir…une fois l’appel reçu il vous reste, au maximum, 24 heures à vivre. Les deux narrateurs du roman, dont les points de vue alternent au fil des pages, Mateo et Rufus, reçoivent la nouvelle le 5 septembre. Les deux jeunes hommes ne se connaissent pas mais se rencontrent sur une application spécialisée, « Dernier Ami », conçue pour permettre aux solitaires de passer leurs dernières heures en bonne compagnie. Ils décident de profiter au maximum de la journée et finissent par tomber amoureux…

Les prémices sont excellentes et le lecteur se dit que, sur plus de 400 pages (qui en réalité se lisent très vite car le bouquin est découpé en de très nombreux chapitres très courts), nous allons en apprendre davantage sur Death-Cast et l’univers évoqué. Eh bien non ! Il reste dans l’intimiste avec la relation qui se développe entre les deux narrateurs : amitié et ébauche de romance. Le tout parait donc très long car, une fois l’idée de base exposée, le romancier parait incapable de la développer autrement qu’au travers d’une « philosophie » pseudo gnan gnan qui se résume à « vivez chaque jour comme si c’était le dernier ». C’est tout ? Oui. Mais il y a bien quelques surprises et retournements de situation ou, a minima, du développement de personnages ? Non. Juste deux types plutôt sympas et mignons qui occupent leurs dernières heures. Et à la fin ils meurent. Oui c’est indiqué par le titre, pas de spoilers ni de tromperie sur la marchandise. Bizarrement aussi personne ne semble remettre le principe de Death-Cast en question : pas de révolte, pas de refus de recevoir l’appel, tout le monde semble accepter la « prémonition » et toute un système s’est installé autour du principe : applications de rencontre, réseaux sociaux réservés aux Deckers (les condamnés), parc d’attractions virtuelles pour vivre pleinement ses derniers instants, etc. L’auteur lance pourtant quelques pistes comme la possibilité de certains de falsifier un appel pour se venger d’une ex par exemple mais retombe presque aussitôt sur ses pattes en retournant à sa romance…

Autre problème : l’écriture se veut au diapason des protagonistes donc très simple, sans la moindre recherche. Une écriture familière, au fil de la plume, qui évoque des « post » sur des réseaux sociaux avec beaucoup de références et de « name dropping » déjà datés. Dans l’ensemble, malgré une idée intéressante et quelques passages efficaces, ET ILS MEURENT TOUS LES DEUX A LA FIN constitue une sacrée déception qui aurait sans doute fonctionné de bien meilleure manière sur une pagination deux fois plus courte. Un grand bof.


 

 

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Rédigé par hellrick

Publié dans #science-fiction, #romance, #LGBT

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Publié le 9 Janvier 2019

L'EFFET PYGMALION de Christophe Lambert

Il était une fois deux inventeurs de génie…Ned, 16 ans, un adolescent solitaire condamné, depuis son enfance, à porter un exosquelette vu la fragilité de ses os. Et Lawrie, quinquagénaire alcoolique sur la mauvaise pente qui vit reclus auprès de ses « robots de plaisir ». Un jour, Ned lance un défi au monde scientifique : construire un androïde pouvant passer pour totalement humain. Associé à Lawrie, le jeune et génial concepteur en intelligence artificielle se donne un an pour y parvenir. Le résultat se nomme Eva. Ned, pour s’assurer de sa réussite, lui fait intégrer son lycée dont elle devient immédiatement une « vedette » fort convoitée. Entre effet Pygmalion et complexe de Frankenstein, comment Ned va-t-il réagir au succès de sa « créature » ?

Avec ce roman estampillé « jeunesse » mais tout à fait capable de séduire les plus âgés, Lambert revient sur des questionnements philosophiques et moraux classiques mais plus que jamais d’actualité vu les développements rapides de l’intelligence artificielle.

Entre Philip K. Dick, Isaac Asimov et Mary Shelley, sans oublier le chef d’œuvre A.I. de Spielberg (on a vu pires références !), l’auteur s’interroge sur nos rapports à la machine et aux limites de celle-ci : simple objet ou « être pensant » ? Le récit, bien mené, nous offre une trame en apparence linéaire mais comportant son lot de surprise grâce aux développements des protagonistes, esquissés avec une grande justesse.

Comme toujours, l’œuvre réserve quelques références littéraires et cinématographiques, des touches d’humour et un subtil mélange de science-fiction réaliste et d’émotions. Lambert y revisite d’une certaine manière « My Fair Lady » sous le patronage des lois de la robotique et ce en trois cents pages. Certains trouveront cela un peu court vu les nombreux thèmes abordés, d’autres se réjouiront d’éviter de se perdre dans de trop envahissant problèmes moraux, le livre étant surtout destiné aux adolescents qui devraient apprécier cette romance geek du XXIème siècle.

Avançant à un rythme enlevé et avec une écriture très sûre et très plaisante (chapitres courts, dialogues efficaces, descriptions point trop envahissantes, vocabulaire à la fois précis et accessible), le roman est une nouvelle réussite (oui, une de plus !) à l’actif d’un Lambert comme toujours inspiré.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Christophe Lambert, #Jeunesse, #anticipation, #science-fiction, #romance

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