fantastique

Publié le 1 Décembre 2025

LA QUETE ONIRIQUE DE VELLIT BOE de Kij Johnson

Publié de manière posthume, LA QUETE ONIRIQUE DE KADATH L’INCONNUE est un des rares textes au format du roman de H.P. Lovecraft. Il se situe dans l’univers des contrées du rêve, un versant plus axé sur la Fantasy du Mythe de Cthulhu même si on y retrouve certaines similitudes, comme la présence de Nyarlathotep, le Chaos Rampant. C’est un texte très descriptif, qui aurait sans doute demandé des révisions et du polissage, mais le décès de Lovecraft ne nous a laissé que cette œuvre disons…brute. Quelques beaux passages évocateurs mais une variation sur Alice et le Magicien d’Oz souvent très difficile à lire et pas toujours passionnante. Le roman a ses fans, je n’en suis pas, même si je lui reconnait certaines qualités.

Bref, Kij Johnson décide d’en offrir un reboot plus moderne. Pourquoi pas. Elle est femme et dans l’air du temps, sa réécriture sera donc féminine voire féministe car elle veut « explorer sa faille la plus patente : la place qu'il [HPL] y réserve aux femmes. »

Lauréate du World Fantasy Award pour cette relecture, Kij Johnson semble avoir réussi son pari et beaucoup de critiques se sont enthousiasmés à l’idée de lire un « pastiche lovecraftien » dont les principaux protagonistes sont des femmes. Lesbiennes, bisexuelles ou asexuelles en prime. Dans l’air du temps…Et pourquoi pas ? A condition que Kij Johnson ait autre chose à proposer que cette inversion des genres. Car son texte s’avère presque aussi difficile d’accès que celui de Lovecraft. Non par excès de complexité mais simplement parce qu’il ennuie. Beaucoup. L’intrigue est pourtant toute simple. Nous sommes dans le lieu commun le plus classique de la Fantasy : la quête d’un héros (ou d’une héroïne) partant à la découverte de contrées inconnues. Vellit Boe tente de retrouver une de ses étudiantes, partie avec un homme venu du monde de l’éveil. Comme Bilbo, elle part à l’aventure et nous avons droit à l’histoire d’un aller-retour jusqu’au royaume de ce bon vieux Randolph Carter. Lui il n’est pas cool. C’est l’idiot, l’homme blanc hétéro cisgenre misogyne. Il faudra très longtemps à Vellit Boe pour le rejoindre et c’est peu dire qu’on sent les pages passer, même si le tout fait seulement 180 pages…

Après la première vague de continuateurs lovecraftien (dont les œuvres furent jadis publiées dans de jolis recueils en France), le soufflet semblait quelque peu retombé. HPL était devenu, pour certains, persona non grata. En cause son racisme, son antiféminisme et son côté conservateur, voire réactionnaire. Le pauvre vit même son buste retiré des trophées de la Fantasy. Puis, depuis une dizaine d’années, est arrivé une nouvelle génération d’auteurs ambivalents, soucieux de proposer eux aussi des lovecrafteries mais policées, acceptables, débarrassées des « problèmes » des textes originaux. Encore une fois, pourquoi pas. LES AGENTS DE DREAMLAND ou LA BALLADE DE BLACK TOM ont prouvé qu’il était possible de proposer des textes relevant du Mythe de manière plus moderne et inclusive (pour ne pas dire « woke »). Mais, encore une fois, ils proposaient des récits novateurs  qui utilisaient à bon escient le Mythe. Or Kij Johnson (qui avait pourtant signé l’excellent UN PONT SUR LA BRUME) se limite à pomper le pauvre HPL en le rendant « compatible » avec les mentalités des années 2000. Et tout ça manque d’ampleur, de visions dantesques, d’émerveillement,…de tout ce qui est nécessaire à soutenir un voyage très plat. Et très long. Nous suivons donc notre héroïne sur presque deux cents pages joliment illustrées de. Deux cents pages de… rien. Du vide. Des péripéties reprises de Lovecraft mais sans la force de ses descriptions et le côté « ouah » de sa prose, aussi ampoulée qu’elle puisse parfois paraitre. L’impression d’assister à un « high concept » en pleine action. Genre « tiens si je réécrivais Jane Austen avec des zombies ? ». Ou « et si je mettais Abraham Lincoln et des vampires ensemble ? » Ou « et si je réécrivais un roman de Lovecraft avec une femme au lieu d’un homme tous les critiques bobo branleurs en gicleraient dans leur pantalon ».

LA QUETE ONIRIQUE DE VELLIT BOE est donc un remake fade, aseptisé, bien-pensant, politiquement correct, sans un poil qui dépasse et tellement progressiste qu’il en tombe des mains. On hésite entre le foutage de gueule et la colère. Un petit point pour les illustrations et les 20 premières pages, qui semblaient prometteuses. Le reste partira à la poubelle.

LA QUETE ONIRIQUE DE VELLIT BOE de Kij Johnson

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Fantastique, #Fantasy, #Lovecraft, #Attention c'est nul

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Publié le 16 Novembre 2025

SKINWALKER de Gabriel Katz & Steven Dondt

Le romancier Gabriel Katz (AETERNIA, LE PUIT DES MEMOIRES, EXCALIBER,…) s’essaie à la scénarisation de bande dessinée avec cette histoire complète en 92 pages (plus quelques recherches et croquis). De quoi traite ce récit ? De skinwalker, une variante des loups-garous issu des croyances amérindiennes et plus spécifiquement Navajo. Ces « marcheurs de peau » sont donc des métamorphes capables de se changer en monstres redoutables mais contre lesquels les balles d’argent se révèlent inefficaces. L’amateur a pu en croiser, sous le nom d’Animagus, chez HARRY POTTER, ou encore dans un épisode de la série « Supernatural » et dans quelques séries B horrifiques.

L’intrigue démarre donc en 1870, après un prologue mystérieux concernant un interné nommé Fletcher. Nous nous retrouvons donc à suivre une cantatrice en déclin n’ayant plus guère d’admirateurs à la quarantaine. Bref, elle « aurait dû en épouser un plus tôt ». Le salut viendra d’un de ses derniers fans, lequel lui lègue une propriété aux allures de château dans le Far West. Notre diva part donc, avec une grande quantité de bagages, pour la poussière et les dangers mais escortée par un pistolero vieillissant et sa nièce, Jo. Là, ils vont se heurter aux skinwalkers…

Classique et efficace, Gabriel Katz déroule une histoire prenante située dans un cadre western bien rendu par les dessins de Steven Dondt, au style personnel et percutant. Le déroulé transpose les incontournables du survival horrifiques dans le cadre du Far West, avec un côté sanglant et aride hérité du Western Spagh’. Le dernier tiers, sous forme de siège, évoque immédiatement « La nuit des morts vivants » ou, pour prendre une référence moins ancienne, « Dog Soldiers ».

Quelques notes d’humour émaillent ce scénario bien mené qui offre une progression rapide du suspense et une poignée de scènes saignantes pour une décoction entre western, fantastique et horreur  sur le mode du survival. Pas révolutionnaire mais très plaisant, voici une bande dessinée confectionnée à la manière d’une bonne série B des années ’80 (ce n’est pas péjoratif, que du contraire !) qui ne demande qu’à être adaptée pour l’écran tant son rythme et son découpage s’avèrent, déjà, totalement cinématographique. Une réussite.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Western, #Horreur, #Fantastique, #bande dessinée

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Publié le 13 Octobre 2025

PETRIFIED de Graham Masterton

Les romans de Graham Masterton, depuis une quinzaine d’années, sont souvent « hit » ou « miss », autrement dit pour une réussite on trouve généralement deux ratés. Hélas, PETRIFIED appartient à cette deuxième catégorie. Second volet des aventures de Nathan Underhill (après BASILISK), nous retrouvons donc notre scientifique persuadé que les créatures mythologiques ont un jour existe. Il essaie ainsi de recréer le légendaire Phénix dans l’espoir de guérir les blessures des grands brûlés. Un autre savant tente, de son côté, de redonner vie aux Gargouilles, jadis pétrifiées par les membres de l’Eglise, afin, bien sûr, de devenir le maitre du monde (rire sardonique !). A cela s’ajoute une enquête policière assez classique et un père désespéré d’avoir causé un accident de voiture dans lequel sa petite fille a été défigurée par le feu. Secouez tout cela et vous obtenez un cocktail assez indigeste, qui ressemble à l’équivalent littéraire d’un téléfilm SyFy ou The Asylum. Rien n’est donc très plausible, c’est le moins qu’on puisse dire, dans ce récit qui a toutefois le mérite d’avancer à bon rythme et sans trop laisser le temps au lecteur de s’interroger sur toutes les invraisemblances proposées.


Le problème de PETRIFIED est qu’il est impossible d’arriver à une suspension d’incrédulité suffisante pour accepter les décisions des personnages (avec une mention pour le savant qui s’automutile pour tester son remède). Et que ces derniers acceptent bien trop facilement l’existence du surnaturel. Deux éléments qui, associés au sérieux papal de l’intrigue (alors qu’avec de tels prémices il eut sans doute été plus judicieux de jouer la carte de l’excès autoparodique) rendent le tout difficile à terminer. Encore une fois seule la pagination réduite et le rythme soutenu permettent de le lire jusqu’au bout, le métier de l’auteur sauvant ce qui peut l’être…c’est-à-dire pas grand-chose.

Sans doute un des plus mauvais romans de Masterton…

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Graham Masterton, #Horreur, #Fantastique

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Publié le 10 Septembre 2025

LE COMMANDEUR: SECRET OF BASHAMAY de Michel Honaker

Le commandeur débute sa carrière chez Média 1000, éditeur spécialisé dans l’érotisme hard. Un choix curieux. Par la suite il poursuit ses aventures chez Fleuve Noir Anticipation. Un choix tout aussi curieux car on n’y trouve nulle trace de science-fiction mais plutôt un mélange de fantasy urbaine, de fantastique et d’horreur saupoudré d’érotisme. Par la suite la série sera adaptée pour un public plus jeune chez Rageot.

Dans ce nouveau tome, le Commandeur affronte une ancienne déesse de la mort, Al Lat ,et se lance sur la piste d’une sorte de Necronomicon préislamique, le Bashamay. Au cours de son périple il combat un djinn et s’oppose à diverses manifestations magiques. Le récit se montre donc très court, ramassé sur moins de 200 pages, avec son héros alcoolique revenu de tout, sorte d’enquêteur du surnaturel à la John Constantine mâtiné de Solomon Kane. L’essentiel ? Des chapitres courts, nerveux, avec de nombreux passages sexuels et une bonne dose de violence quasiment gore. Bref, de la bonne littérature de gare, très classique mais efficace, qui déroule son récit sur un rythme rapide sans laisser au lecteur le temps de s’ennuyer. Le personnage reste suffisamment intéressant pour nous offrir une dose d’évasion appréciable et si le roman n’égale pas les meilleures réussites de l’auteur il demeure plaisant et divertissant.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Fantastique, #Pulp, #Roman de gare, #Horreur, #Erotique

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Publié le 1 Août 2025

L'HOMME DU SOUTERRAIN de Ramsey Campbell

Publié au Masque en 1979, ce recueil de nouvelles fit découvrir Ramsey Campbell au public français. Comme le précise la postface de Richard D. Nolan, Campbell délaissait alors ses premières influences très proches de Lovecraft (il n’en subsiste que d’infimes traces dans une ou deux nouvelles).

Cette anthologie n’a pas d’équivalent anglophone mais puise essentiellement dans les recueils originaux « The Height of the Scream” et “Demons by Daylight”. La plupart des nouvelles ressortent d’un fantastique moderne dans lequel l’épouvante est insidieuse et où l’étrangeté est de mise, laissant de côté les conventions coutumières (pas de vampires, loups-garous…ni même de monstres cosmiques tentaculaires) pour une ambiance onirique quelque peu Lynchienne pourrait-on dire de manière anachronique. Cependant, excepté quelques vraies réussites (notamment la première histoire, qui donne son titre à l’anthologie), les récits laissent une impression plus que mitigées : peu (ou pas) de frissons, une narration parfois confuse ou difficile à suivre, un ancrage très seventies dans les thématiques libertaires et une absence de chute qui rend le tout assez vain.

Pas vraiment conseillé mais certains lecteurs pourraient appréciés ces nouvelles, dans un style bien différent de ce que proposera ensuite Campbell en roman.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Fantastique, #Horreur, #Nouvelles (recueil)

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Publié le 30 Juillet 2025

DANGEREUSES PHOTOS de R.L. Stine

Le thème de l’appareil photo maléfique est un des classiques de la littérature fantastique, probablement utilisé depuis l’apparition de la petite machine soupçonnée de « voler l’âme » de ses utilisateurs. Ici, Stine le revisite de manière traditionnelle : les photos prises par quatre amis, ayant découvert un appareil photo dans une maison réputée hantée, annoncent des événement futurs sinistres.

L’auteur s’intéresse à un petit groupe d’adolescents, qui auraient pu figurer dans CA ou STAND BY ME, aux prises avec des manifestations surnaturelles. Evidemment, nous restons dans une épouvante « light » et on y retrouve les maniérismes habituels de Stine, notamment les cliffhangers obligatoires de fin de chapitres, parfois un peu forcés. L’auteur en use et en abuse, au point que le moindre événement est présenté comme terrifiant…pour se voir dédramatisé deux pages plus loin. Néanmoins, malgré cette roublardise, l’ensemble se lit agréablement et l’intrigue est bien construite, avec quelques petits twists efficaces.

Si, après une dizaine de « Chair de poule », les ficelles apparaissent assez grosses et évidentes, le tout fonctionne et ces DANGEREUSES PHOTOS se révèlent une bonne surprise qui s’inscrit dans les meilleures livraisons du romancier.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Fantastique, #Chair de poule, #Novella (roman court), #Jeunesse

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Publié le 25 Juin 2025

LES EPOUVANTAILS DE MINUIT de R.L. Stine

Un « Chair de poule » classique avec dans l’ambiance un léger parfum de LA COULEUR TOMBE DU CIEL de Lovecraft. Deux enfants viennent rendre visiter à leurs grands-parents mais, cette année, les vacances se passent mal. Les papys et mamys semblent fatigués, comme s’ils accusaient un sacré coup de vieux. Et l’ambiance est tendue à la ferme. Peut-être parce que, le soir, les épouvantails des champs semblent s’animer.

Evidemment nous ne sommes pas dans le registre des ENFANTS DU MAÏS de Stephen King mais Stine propose un livre un peu plus angoissant que la moyenne des Chairs de poule. Il résiste aux effets faciles et maintient un bon suspense sur la réalité des événements qui se déroulent chaque nuit. Malheureusement il se laisse comme toujours aller à sa manie des cliffhangers de fin de chapitres. Or ces derniers fonctionneraient bien mieux s’ils étaient utilisés avec parcimonie et non balancés toutes les cinq pages. On se lasse un peu de cette héroïne qui hurle, voit quelque chose d’horrible et se rend compte, deux phrases plus loin, qu’il s’agit d’une ombre ou d’un chapeau de paille. Toutefois les deux personnages principaux sont bien écrits et décrits (dans les limites de ce genre de bouquin destiné aux enfants / jeunes ados) et l’intrigue progresse efficacement.

L’écriture est simple, l’originalité parfois défaillante mais la série complète des Chairs de poule a été écrite au kilomètre, pratiquement à raison d’un bouquin par mois durant six ans. Donc on pardonne les évidents défauts pour apprécier la balade nostalgique dans cette épouvante pour les plus petits.

 

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Fantastique, #Jeunesse, #Chair de poule

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Publié le 2 Juin 2025

ABIMAGIQUE de Lucius Shepard

La collection « Une heure lumière » nous offre une novella particulièrement intrigante de Lucius Shepard (1943 – 2014). Rédigée en « tu », ABIMAGIQUE nous fait découvrir la jeune fille au prénom étrange qui lui donne son titre, Abimagique (ou Abi), décrite comme une gothique de 25 ans, style Morticia Addams pour Halloween, avec ses mèches oranges, ses bijoux punks, ses tatouages, son maquillage outrancier et sa sexualité débridée. Notre héros en tombe rapidement amoureux et entame une relation avec elle bien qu’Abi soit secrète et se refuse à aborder de nombreux sujets. Ses amants précédents auraient disparu ou seraient à présents paralysés. Elle serait en outre un peu sorcière, adepte de la magie tantrique et des rituels sexuels. Et aurait également divers pouvoirs paranormaux, dont celui de voir l’avenir. Un avenir qui s’annonce dévastateur, pour ne pas dire apocalyptique. Mais qu’elle pourrait modifier par sa magie érotique…

Contrairement à la plupart des textes publiés chez Une Heure Lumière qui ressortent de la science-fiction, ABIMAGIQUE baigne dans le fantastique, celui où rien n’est certain. Le principal protagoniste est-il fou ? Abimagique est-elle une voyante, une sorcière new wave, une goth végane paumée, une nympho délirante, une prophétesse de la fin du monde ? Le lecteur ne le saura pas vraiment, même au terme des cent pages de ce court roman qui laisse globalement la porte ouverte à l’interprétation.

Pas de réponses réellement tranchées mais un récit envoutant, étrange, mystérieux, parfois nébuleux et déroutant mais adroitement mené, avec une bonne louche d’érotisme pour compléter ce cocktail à déguster d’un trait. Alors tant pis si, au final, le lecteur n’a pu en identifier tous les ingrédients, il ne regrette pas d’avoir tenté l’expérience, aussi bizarre qu’elle puisse paraitre.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Fantastique, #Erotique, #Une Heure Lumière, #Novella (roman court)

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Publié le 19 Mai 2025

PLUS NOIR QUE NOIR de Stephen King

Le King nous revient avec un nouveau recueil de nouvelles, toujours une valeur sûre chez l’écrivain du Maine. Car si le bonhomme se laisse souvent aller, dans ses romans, au délayage parfois excessif, il reste un des maitres incontestables du format court. Enfin, relativement court. Car le King oscille ici entre la très courte nouvelle « à chute » et la novella / roman court.

Dans le premier format on pointe « la cinquième étape » et son alcoolique repenti très content d’expliquer son parcours à un inconnu. On s’amuse aussi avec le très malchanceux « Finn » kidnappé et torturé par erreur car confondu avec un autre. « Ecran Rouge » se montre également efficace même si le thème n’est pas neuf et la chute un brin attendue. « Le spécialiste des turbulences » est plus original mais pas inédit puisqu’on trouvait cette histoire dans le recueil CLASSES TOUS RISQUES. « Les Rêveurs » constitue une sorte d’hommage à Lovecraft avec un détour à la « From Beyond », par-delà le mur du sommeil… « L’homme aux réponses » rappelle de son côté « La Quatrième dimension » avec ce quidam qui, a trois reprises, croisera la route d’une créature capable de répondre à toutes les questions.

Du côté des récits longs, « Le Mauvais Rêve de Danny Coughlin » est un très bon romans courts au sujet d’un homme ayant la vision d’une femme assassinée. Il dénonce le crime mais se voit ensuite traqué et harcelé par un flic maniaque persuadé qu’il a commis le meurtre. « Deux crapules pleins de talent » est une histoire plus humoristique qui renouvelle le thème éternel du pacte avec le diable. « Serpents à sonnette », enfin, reprend le héros de CUJO, quarante ans plus tard et toujours hanté par la mort de son fils…il va rencontrer une autre forme de hantise, personnifiée par deux enfants jadis tués par des serpents.

Excepté un ou deux textes un peu plus faibles, voici un excellent recueil du King, marqué par l’actualité (réchauffement climatique, élections américaines et surtout Covid, présent dans presque tous les textes) qui oscille entre fantastique et épouvante.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Stephen King, #Recueil de nouvelles, #Fantastique, #Horreur, #Thriller

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Publié le 20 Avril 2025

SUCCUBUS VENDETTA de Frédéric Czilinder

Voici un intéressant roman qui reprend quelques procédés bien connus des amateurs de page-turners horrifiques biberonnés à Stephen King et Dean Koontz. Beaucoup de personnages, une narration qui passe de l’un à l’autre, une ville en apparence bien sous tous rapport mais qui dissimule de nombreux secrets, des références et hommages, notamment musicaux…


 Nous sommes à Dunwich, là aussi une petite ville qui éveille l’intérêt des afficionados de H.P. Lovecraft par un été caniculaire. Tout débute par une scène mêlant horreur et érotisme voyant l’alcoolique local périr dans un accident de voiture suspect. Une jeune fille un peu trop sexy a été aperçue sur les lieux et serait peut-être responsable de sa mort. Dès lors les autorités enquêtent…Pendant ce temps deux amies très dissemblables continuent leur existence : d’un côté une populaire « Poupée Barbie », de l’autre sa meilleure amie gothique. Bientôt, l’irruption d’un type très séduisant brouille les cartes et la situation dérape.


Intéressant, SUCCUBUS VENDETTA manque sans doute d’un petit quelque chose pour se montrer une vraie réussite. La plume de l’auteur est efficace, l’intrigue bien menée (elle évoque vaguement le GHOST STORY de Peter Straub, dans une version plus adolescente) et le cocktail de fantastique, d’horreur et d’érotisme fonctionne tout en restant dans un côté « young adult » accessible. Le triangle amoureux qui se crée entre les héroïnes et le séduisant inconnu parait crédible et cette partie du roman est sans doute la plus réussie. Malheureusement, on trouve également des longueurs et le récit aurait sans doute bénéficié d’un « montage » plus court et nerveux. 


Toutefois, l’objet-livre en lui-même mérite néanmoins les éloges avec sa couverture incitative, ses illustrations immersives et sa pagination aérée et agréable. Sentiment mitigé au final mais cette tentative devrait trouver son public. 
 

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Horreur, #Erotique, #Young Adults, #Fantastique

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