fantastique

Publié le 10 Septembre 2025

LE COMMANDEUR: SECRET OF BASHAMAY de Michel Honaker

Le commandeur débute sa carrière chez Média 1000, éditeur spécialisé dans l’érotisme hard. Un choix curieux. Par la suite il poursuit ses aventures chez Fleuve Noir Anticipation. Un choix tout aussi curieux car on n’y trouve nulle trace de science-fiction mais plutôt un mélange de fantasy urbaine, de fantastique et d’horreur saupoudré d’érotisme. Par la suite la série sera adaptée pour un public plus jeune chez Rageot.

Dans ce nouveau tome, le Commandeur affronte une ancienne déesse de la mort, Al Lat ,et se lance sur la piste d’une sorte de Necronomicon préislamique, le Bashamay. Au cours de son périple il combat un djinn et s’oppose à diverses manifestations magiques. Le récit se montre donc très court, ramassé sur moins de 200 pages, avec son héros alcoolique revenu de tout, sorte d’enquêteur du surnaturel à la John Constantine mâtiné de Solomon Kane. L’essentiel ? Des chapitres courts, nerveux, avec de nombreux passages sexuels et une bonne dose de violence quasiment gore. Bref, de la bonne littérature de gare, très classique mais efficace, qui déroule son récit sur un rythme rapide sans laisser au lecteur le temps de s’ennuyer. Le personnage reste suffisamment intéressant pour nous offrir une dose d’évasion appréciable et si le roman n’égale pas les meilleures réussites de l’auteur il demeure plaisant et divertissant.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Fantastique, #Pulp, #Roman de gare, #Horreur, #Erotique

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Publié le 1 Août 2025

L'HOMME DU SOUTERRAIN de Ramsey Campbell

Publié au Masque en 1979, ce recueil de nouvelles fit découvrir Ramsey Campbell au public français. Comme le précise la postface de Richard D. Nolan, Campbell délaissait alors ses premières influences très proches de Lovecraft (il n’en subsiste que d’infimes traces dans une ou deux nouvelles).

Cette anthologie n’a pas d’équivalent anglophone mais puise essentiellement dans les recueils originaux « The Height of the Scream” et “Demons by Daylight”. La plupart des nouvelles ressortent d’un fantastique moderne dans lequel l’épouvante est insidieuse et où l’étrangeté est de mise, laissant de côté les conventions coutumières (pas de vampires, loups-garous…ni même de monstres cosmiques tentaculaires) pour une ambiance onirique quelque peu Lynchienne pourrait-on dire de manière anachronique. Cependant, excepté quelques vraies réussites (notamment la première histoire, qui donne son titre à l’anthologie), les récits laissent une impression plus que mitigées : peu (ou pas) de frissons, une narration parfois confuse ou difficile à suivre, un ancrage très seventies dans les thématiques libertaires et une absence de chute qui rend le tout assez vain.

Pas vraiment conseillé mais certains lecteurs pourraient appréciés ces nouvelles, dans un style bien différent de ce que proposera ensuite Campbell en roman.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Fantastique, #Horreur, #Nouvelles (recueil)

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Publié le 30 Juillet 2025

DANGEREUSES PHOTOS de R.L. Stine

Le thème de l’appareil photo maléfique est un des classiques de la littérature fantastique, probablement utilisé depuis l’apparition de la petite machine soupçonnée de « voler l’âme » de ses utilisateurs. Ici, Stine le revisite de manière traditionnelle : les photos prises par quatre amis, ayant découvert un appareil photo dans une maison réputée hantée, annoncent des événement futurs sinistres.

L’auteur s’intéresse à un petit groupe d’adolescents, qui auraient pu figurer dans CA ou STAND BY ME, aux prises avec des manifestations surnaturelles. Evidemment, nous restons dans une épouvante « light » et on y retrouve les maniérismes habituels de Stine, notamment les cliffhangers obligatoires de fin de chapitres, parfois un peu forcés. L’auteur en use et en abuse, au point que le moindre événement est présenté comme terrifiant…pour se voir dédramatisé deux pages plus loin. Néanmoins, malgré cette roublardise, l’ensemble se lit agréablement et l’intrigue est bien construite, avec quelques petits twists efficaces.

Si, après une dizaine de « Chair de poule », les ficelles apparaissent assez grosses et évidentes, le tout fonctionne et ces DANGEREUSES PHOTOS se révèlent une bonne surprise qui s’inscrit dans les meilleures livraisons du romancier.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Fantastique, #Chair de poule, #Novella (roman court), #Jeunesse

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Publié le 25 Juin 2025

LES EPOUVANTAILS DE MINUIT de R.L. Stine

Un « Chair de poule » classique avec dans l’ambiance un léger parfum de LA COULEUR TOMBE DU CIEL de Lovecraft. Deux enfants viennent rendre visiter à leurs grands-parents mais, cette année, les vacances se passent mal. Les papys et mamys semblent fatigués, comme s’ils accusaient un sacré coup de vieux. Et l’ambiance est tendue à la ferme. Peut-être parce que, le soir, les épouvantails des champs semblent s’animer.

Evidemment nous ne sommes pas dans le registre des ENFANTS DU MAÏS de Stephen King mais Stine propose un livre un peu plus angoissant que la moyenne des Chairs de poule. Il résiste aux effets faciles et maintient un bon suspense sur la réalité des événements qui se déroulent chaque nuit. Malheureusement il se laisse comme toujours aller à sa manie des cliffhangers de fin de chapitres. Or ces derniers fonctionneraient bien mieux s’ils étaient utilisés avec parcimonie et non balancés toutes les cinq pages. On se lasse un peu de cette héroïne qui hurle, voit quelque chose d’horrible et se rend compte, deux phrases plus loin, qu’il s’agit d’une ombre ou d’un chapeau de paille. Toutefois les deux personnages principaux sont bien écrits et décrits (dans les limites de ce genre de bouquin destiné aux enfants / jeunes ados) et l’intrigue progresse efficacement.

L’écriture est simple, l’originalité parfois défaillante mais la série complète des Chairs de poule a été écrite au kilomètre, pratiquement à raison d’un bouquin par mois durant six ans. Donc on pardonne les évidents défauts pour apprécier la balade nostalgique dans cette épouvante pour les plus petits.

 

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Fantastique, #Jeunesse, #Chair de poule

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Publié le 2 Juin 2025

ABIMAGIQUE de Lucius Shepard

La collection « Une heure lumière » nous offre une novella particulièrement intrigante de Lucius Shepard (1943 – 2014). Rédigée en « tu », ABIMAGIQUE nous fait découvrir la jeune fille au prénom étrange qui lui donne son titre, Abimagique (ou Abi), décrite comme une gothique de 25 ans, style Morticia Addams pour Halloween, avec ses mèches oranges, ses bijoux punks, ses tatouages, son maquillage outrancier et sa sexualité débridée. Notre héros en tombe rapidement amoureux et entame une relation avec elle bien qu’Abi soit secrète et se refuse à aborder de nombreux sujets. Ses amants précédents auraient disparu ou seraient à présents paralysés. Elle serait en outre un peu sorcière, adepte de la magie tantrique et des rituels sexuels. Et aurait également divers pouvoirs paranormaux, dont celui de voir l’avenir. Un avenir qui s’annonce dévastateur, pour ne pas dire apocalyptique. Mais qu’elle pourrait modifier par sa magie érotique…

Contrairement à la plupart des textes publiés chez Une Heure Lumière qui ressortent de la science-fiction, ABIMAGIQUE baigne dans le fantastique, celui où rien n’est certain. Le principal protagoniste est-il fou ? Abimagique est-elle une voyante, une sorcière new wave, une goth végane paumée, une nympho délirante, une prophétesse de la fin du monde ? Le lecteur ne le saura pas vraiment, même au terme des cent pages de ce court roman qui laisse globalement la porte ouverte à l’interprétation.

Pas de réponses réellement tranchées mais un récit envoutant, étrange, mystérieux, parfois nébuleux et déroutant mais adroitement mené, avec une bonne louche d’érotisme pour compléter ce cocktail à déguster d’un trait. Alors tant pis si, au final, le lecteur n’a pu en identifier tous les ingrédients, il ne regrette pas d’avoir tenté l’expérience, aussi bizarre qu’elle puisse paraitre.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Fantastique, #Erotique, #Une Heure Lumière, #Novella (roman court)

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Publié le 19 Mai 2025

PLUS NOIR QUE NOIR de Stephen King

Le King nous revient avec un nouveau recueil de nouvelles, toujours une valeur sûre chez l’écrivain du Maine. Car si le bonhomme se laisse souvent aller, dans ses romans, au délayage parfois excessif, il reste un des maitres incontestables du format court. Enfin, relativement court. Car le King oscille ici entre la très courte nouvelle « à chute » et la novella / roman court.

Dans le premier format on pointe « la cinquième étape » et son alcoolique repenti très content d’expliquer son parcours à un inconnu. On s’amuse aussi avec le très malchanceux « Finn » kidnappé et torturé par erreur car confondu avec un autre. « Ecran Rouge » se montre également efficace même si le thème n’est pas neuf et la chute un brin attendue. « Le spécialiste des turbulences » est plus original mais pas inédit puisqu’on trouvait cette histoire dans le recueil CLASSES TOUS RISQUES. « Les Rêveurs » constitue une sorte d’hommage à Lovecraft avec un détour à la « From Beyond », par-delà le mur du sommeil… « L’homme aux réponses » rappelle de son côté « La Quatrième dimension » avec ce quidam qui, a trois reprises, croisera la route d’une créature capable de répondre à toutes les questions.

Du côté des récits longs, « Le Mauvais Rêve de Danny Coughlin » est un très bon romans courts au sujet d’un homme ayant la vision d’une femme assassinée. Il dénonce le crime mais se voit ensuite traqué et harcelé par un flic maniaque persuadé qu’il a commis le meurtre. « Deux crapules pleins de talent » est une histoire plus humoristique qui renouvelle le thème éternel du pacte avec le diable. « Serpents à sonnette », enfin, reprend le héros de CUJO, quarante ans plus tard et toujours hanté par la mort de son fils…il va rencontrer une autre forme de hantise, personnifiée par deux enfants jadis tués par des serpents.

Excepté un ou deux textes un peu plus faibles, voici un excellent recueil du King, marqué par l’actualité (réchauffement climatique, élections américaines et surtout Covid, présent dans presque tous les textes) qui oscille entre fantastique et épouvante.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Stephen King, #Recueil de nouvelles, #Fantastique, #Horreur, #Thriller

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Publié le 20 Avril 2025

SUCCUBUS VENDETTA de Frédéric Czilinder

Voici un intéressant roman qui reprend quelques procédés bien connus des amateurs de page-turners horrifiques biberonnés à Stephen King et Dean Koontz. Beaucoup de personnages, une narration qui passe de l’un à l’autre, une ville en apparence bien sous tous rapport mais qui dissimule de nombreux secrets, des références et hommages, notamment musicaux…


 Nous sommes à Dunwich, là aussi une petite ville qui éveille l’intérêt des afficionados de H.P. Lovecraft par un été caniculaire. Tout débute par une scène mêlant horreur et érotisme voyant l’alcoolique local périr dans un accident de voiture suspect. Une jeune fille un peu trop sexy a été aperçue sur les lieux et serait peut-être responsable de sa mort. Dès lors les autorités enquêtent…Pendant ce temps deux amies très dissemblables continuent leur existence : d’un côté une populaire « Poupée Barbie », de l’autre sa meilleure amie gothique. Bientôt, l’irruption d’un type très séduisant brouille les cartes et la situation dérape.


Intéressant, SUCCUBUS VENDETTA manque sans doute d’un petit quelque chose pour se montrer une vraie réussite. La plume de l’auteur est efficace, l’intrigue bien menée (elle évoque vaguement le GHOST STORY de Peter Straub, dans une version plus adolescente) et le cocktail de fantastique, d’horreur et d’érotisme fonctionne tout en restant dans un côté « young adult » accessible. Le triangle amoureux qui se crée entre les héroïnes et le séduisant inconnu parait crédible et cette partie du roman est sans doute la plus réussie. Malheureusement, on trouve également des longueurs et le récit aurait sans doute bénéficié d’un « montage » plus court et nerveux. 


Toutefois, l’objet-livre en lui-même mérite néanmoins les éloges avec sa couverture incitative, ses illustrations immersives et sa pagination aérée et agréable. Sentiment mitigé au final mais cette tentative devrait trouver son public. 
 

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Horreur, #Erotique, #Young Adults, #Fantastique

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Publié le 27 Mars 2025

L'ÎLE DU CRANE d'Anthony Horowitz

Précurseur d’Harry Potter, ce roman possède effectivement quelques similitudes avec la saga de J.K. Rowling mais le ton en est radicalement différent. Ici, nous sommes beaucoup plus dans l’humour absurde avec un ton très proche de Monty Python. Un véritable dynamitage en règle de la fantaisie urbaine dans la tradition d’un Terry Pratchett.


Le héros, David, vit dans une famille complètement loufoque, avec un père en fauteuil roulant (il a reçu trop de coups de son paternel mais approuve totalement les châtiments corporels) qui se dispute continuellement avec son épouse, au point de la poignarder. Mais tout va bien, la famille survit. Ils expédient donc David dans une école sur l’île du crane. Là, David rencontre Jill et Jeffrey et comprend rapidement que l’établissement n’est pas ordinaire. Les profs sont, au choix, des vampires, des loups-garous ou des fantômes. Et les élèves disparaissent parfois.


Une lecture très drôle et une relecture qui reste tout aussi plaisante. Voici un roman typique de l’auteur (et de sa saga Alex Rider) : de l’aventure, du mystère, de l’originalité et une plume bien aiguisée qui multiplie les passages amusants. C’est court et rythmé et l’ensemble divertit parfaitement, laissant cependant la porte ouverte à une suite (tout aussi réussie). 
 

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Fantastique, #Fantasy, #Jeunesse, #Humour

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Publié le 14 Mars 2025

ANTHOLOGIE WEIRD TALES: LA PRESENCE MONSTRUEUSE de Stéphane Bourgoin

On connait les anthologies thématiques de Jacques Sadoul sur les revues pulp américaines, en voici une autre, par Stéphane Bourgoin. Publiée à Amiens, dans la collection Pulp, chez Encrage, voici donc une collection de huit récits horrifiques proposés jadis par la revue Weird Tales. Ils datent des années 1924 à 1947 et convie les grands noms de l’époque. Franke Belknap Long, Robert Bloch, Edmond Hamilton, Ray Bradbury et bien sûr Lovecraft (pour une nouvelle alors inédite mais depuis reprises dans maints recueils). Bourgoin accompagne le tout d’une préface et d’une filmographie, ainsi que d’une présentation des différents auteurs.

 La nouvelle qui donne son titre à cette compilation reste sans doute la meilleure, les autres étant assez inégales, pas désagréables mais relativement anecdotiques. « Les lunettes de l’au-delà » de Robert Bloch s’avère cependant agréable et bien menée.

Au final, près de 250 pages d’un fantastique quelque peu suranné mais intéressant et qui permet d’approcher de la diversité des thématiques utilisées dans les pulps de ces années-là. On en ressort donc plutôt satisfait et, pour les amateurs de curiosités et d’horreur à l’ancienne, un peu dans l’esprit des Contes de la crypte, le voyage n’est pas désagréable.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #weird tales, #Recueil de nouvelles, #Fantastique, #Horreur, #Golden Age

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Publié le 5 Mars 2025

EAUX DORMANTES de Carl Laymon

Richard Laymon, spécialiste du splatter punk plusieurs fois publié chez Gore, s’est aussi permis une incartade dans la littérature horrifique pour jeunes adultes sous le pseudo transparent de Carl Laymon. Amusant de voir un auteur réputé pour ses dégueulasseries marcher ainsi sur les plates-bandes d’un R.L. Stine.

L’intrigue débute par la découverte, par deux jeunes gens, d’un squelette, sur une île perdue au milieu d’un lac. Nos héros, Burt et Sammy, sont par la suite averti qu’il s’agit d’un vampire. Bien sûr leur chien a malencontreusement retiré le pieux fiché dans la poitrine du défunt. Et ce qui devait arriver…arrive.

Douzième volume de la collection jeunesse « Spectres – Haute tension » qui en compte quarante-deux (et peuvent se lire indépendamment), EAUX DORMANTES ne cherche jamais à réinventer la roue. Un vampire avide de sang humain revient à la vie après qu’on lui ait retiré le pieu qui transperce son squelette et c’est parti pour les clichés de l’horreur light avec des attaques de créatures nocturnes changées en chauve-souris, un petit suspense sur l’identité du monstre, quelques rebondissements et une tendance à maintenir le suspense de manière assez artificielle (là encore tout comme Stine)…

Nous sommes en plein poncifs, façon « Club des Cinq » contre les suceurs de sang et le final (apparemment imposé par les éditeurs) n’arrange rien en proposant une conclusion banale et un twist déjà utilisé bien trop souvent. Toutefois, dans l’ensemble, ça reste une honnête lecture mais davantage destiné à un public de jeunes adolescents. Les adultes liront, de leur côté, les « vrais » Richard Laymon.  

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Young Adults, #Fantastique, #Horreur, #Jeunesse

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