Publié le 21 Septembre 2026

TRIPLE PROGRAMME QUEER: POISON IVY INFINITE TOME 4, LA PROMESSE D'UN BAISER (LENA CLARKE) et STRAIGHT (CHUCK TINGLE)TRIPLE PROGRAMME QUEER: POISON IVY INFINITE TOME 4, LA PROMESSE D'UN BAISER (LENA CLARKE) et STRAIGHT (CHUCK TINGLE)TRIPLE PROGRAMME QUEER: POISON IVY INFINITE TOME 4, LA PROMESSE D'UN BAISER (LENA CLARKE) et STRAIGHT (CHUCK TINGLE)

TRIPLE PROGRAMME QUEER

POISON IVY : LES RACINES DU MAL de G. WILLOW WILSON & MARCIO TAKARA

Les épisodes 19 à 24 de la dernière série en date consacrée à la plus belle plante de l’univers DC poursuivent son recentrage en anti-héroïne écologique et non plus en simple super vilaine. Le récit explore sa relation passée avec son mentor mégalomane Jason Woodrue et explique sa transformation en criminelle à la suite des manipulations de ce-dernier. Mais l’intrigue ne se contente pas d’un long flashback puisqu’elle poursuit également le récit concernant Harley Quinn, laquelle revient sauver Ivy, plus amoureuse que jamais.

G. Willow Wilson, la co-créatrice de Miss Marvel (Kamala Khan) continue son run sur Poison Ivy et lui donne une profondeur rare dans le comic mainstream. Nous sommes ici très loin des comics d’antan limité à un affrontement entre le « gentil » et le « méchant » et la scénariste propose au contraire un personnage très « gris », lancée dans une croisade meurtrière mais également attachante et sensible. Sa relation avec Harley demeure pétillante et, à elles deux, elles parviennent à laisser de côté leurs aspects les plus dangereux et cinglés pour vivre une vie de couple perturbée mais suffisamment équilibrée pour fonctionner.

Si le scénario est très efficace, les dessins de Marcio Takara le sont tout autant et contribuent, eux aussi, à la réussite de cette saga qui s’impose déjà comme le run (sans doute) définitif sur ce personnage emblématique et ambigu.

TRIPLE PROGRAMME QUEER: POISON IVY INFINITE TOME 4, LA PROMESSE D'UN BAISER (LENA CLARKE) et STRAIGHT (CHUCK TINGLE)

LA PROMESSE D’UN BAISER de LENA CLARKE

Spécialiste de la romance lesbienne, Lena Clarke se lance, elle-aussi, dans la romantasy. Troisième volet d’une tétralogie de « Promesse » (débutée par LA PROMESSE DE L’ETERNITE) pouvant se lire de manière indépendante, nous voici dans un monde de magie classique, du médiéval fantastique mais furieusement queer.

L’héroïne, Siobhan, dernière héritière de l’île de Blüme, a tout perdu lors de la conquête de son royaume. En exil, elle souhaite venger ses parents et s’embarque pour le royaume de Torn où elle rencontre Kyara, une princesse qui se dissimule sous l’identité d’une pirate toujours prête à partir à l’aventure.

Assez classique dans son déroulé, LA PROMESSE D’UN BAISER est une romantasy saphique assez plaisante saupoudrée de quelques touches d’humour. Mais, comme souvent dans ce genre de romans, la partie « romance » occupe les trois quarts du récit, ne laissant qu’un petit quart à la Fantasy pour se développer. Alors, certes la relation entre les deux princesses est plaisante, les réparties piquantes et l’autrice propose une belle tension qui se conclut par un passage sexy. La plume est agréable, la lecture fluide mais l’ensemble s’adresse bien davantage aux amateurs de romance qu’aux adeptes de la fantasy. Ce n’est pas une critique, le livre a manifestement trouvé son public, simplement un constat.

TRIPLE PROGRAMME QUEER: POISON IVY INFINITE TOME 4, LA PROMESSE D'UN BAISER (LENA CLARKE) et STRAIGHT (CHUCK TINGLE)

STRAIGHT de Chuck Tingle

Chuck Tingle s’éloigne de plus en plus du « porno homo rigolo » de ses débuts pour plonger dans l’horreur queer. Cette novela témoigne ainsi de son évolution et part d’une idée toute simple mais très efficace. Comme disait l’autre « il suffisait d’y penser mais personne ne l’avait fait avant Tingle ». Bref, chaque année, un phénomène spatial mystérieux provoque chez tous les hétéro du monde le besoin irrésistible de massacrer toutes les personnes LGBTQIA+ durant 24 heures. Si la première fois fut dévastatrice, la seconde le fut moins, un vaccin ayant été développé. Alors que la troisième nuit « désaturée » (en référence aux couleurs du drapeau arc-en-ciel) débute tout devrait bien se passer…Vraiment ?

Avec cette relecture queer de LA NUIT DES MORTS VIVANTS, teintée d’AMERICAN NIGHTMARE et probablement inspirée par le Covid, Chuck Tingle se plie aux règles des récits d’apocalypse zombie. Auteur de plus de 300 bouquins (de taille diverse), deux fois finalistes du Hugo (pour des raisons amusantes), personnage excentrique n’apparaissant que masqué, Tingle (un pseudonyme peut-être collectif ?) propose ici un court roman fort plaisant.

Sous couvert de farce gore, l’auteur s’en prend violemment à l’Amérique actuelle, critique l’homophobie latente (ou déclarée) et les antivax préférant leur liberté à la sécurité des populations. Mais certains passages sont volontairement drôles, en particulier ce drone affublé des couleurs arc-en-ciel diffusant du RuPaul pour attirer les « zombies ».

Avec ses personnages sympathiques, son écriture rentre-dedans, son humour, son rythme et ses passages émouvants ou violents, STRAIGHT fonctionne fort plaisamment. Certes, le roman ne va pas beaucoup plus loin que son idée de base et la morale est énoncée de manière quelque peu répétitive mais, dans l’ensemble, Tingle atteint son but : faire réfléchir sur notre société en partant d’une idée improbable et en ne négligeant pas le côté divertissant de son histoire d’horreur.

TRIPLE PROGRAMME QUEER: POISON IVY INFINITE TOME 4, LA PROMESSE D'UN BAISER (LENA CLARKE) et STRAIGHT (CHUCK TINGLE)

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Comic Book, #DC Comics, #Horreur, #Romantasy, #Novella (roman court), #LGBT

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Publié le 18 Septembre 2026

LA DEMOISELLE ET LE MOUSQUETAIRE TOME 1: FUNESTES FIANCAILLES de S.D. Fischer

Premier tome d’une série qui en compte déjà 7 aujourd’hui, voici un cosy mystery historique teinté de romance plaisant à lire.

Nous sommes au temps de Louis XIV, à la campagne, dans un château de famille où se sont réunis diverses personnes à l’occasion des fiançailles du fils. Mais la mère du futur marié est retrouvée morte et, rapidement, il apparait que de nombreux individus souhaitaient sa mort. Dès lors, Joséphine, jeune fille d’un médecin, mène l’enquête en compagnie du Comte Jérome, mousquetaire au service du roi.

L’ensemble peut sans doute paraitre quelque peu anachronique et l’héroïne semble un peu trop moderne pour son temps mais la lecture est agréable, avec une enquête riche en suspense et en suspect, traitée en huis-clos. Le récit reste classique (avec l’inévitable second meurtre d’une « qui en savait trop ») mais le duo au cœur de l’intrigue fonctionne bien, avec ses dialogues spirituels, ses petites piques et son humour.

Nous sommes loin des romans policiers historiques très documentés d’un Paul Harding ou d’un Steven Saylor, plutôt dans un cosy traditionnel dans lequel l’époque choisie a finalement peu d’importance. D’ailleurs toute cette histoire parait tirée d’un whodunit de l’âge d’or situé au début du XXème siècle…mais transposée 250 ans auparavant. Dès lors on ne ressent pas vraiment le côté historique qui se voit seulement survolé, surtout que le huis-clos ne permet pas réellement de s’imprégner du décor de la fin du XVIIème siècle. Mais l’écriture est agréable, l’enquête policière correcte (la romance ne prend pas le pas sur le mystère) et le tout se lit sans difficulté. Très léger mais sympathique.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Policier, #Historique, #Whodunit, #Cosy Mystery, #romance, #Humour

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Publié le 16 Septembre 2026

LES VAMPIRES DE CHICAGO TOME 1: CERTAINES METTENT LES DENTS de Chloé Neill

Ah la bit-lit ! Ou l’Urban Fantasy. Ou la Paranormal Romance. Plusieurs noms pour un seul (sacré) phénomène qui a agité le monde de l’édition durant une dizaine d’années. Toutes les maisons spécialisées s’y sont mis, en particulier Milady qui a inondé le marché jusqu’à saturation. L’apogée du genre se situe vers 2010 et enchante les (surtout) lectrices ayant grandi avec « Twilight ». Près de 20 ans après l’émergence du style, celui-ci existe toujours mais a été largement éclipsé par la dark romance et la romantasy. Il est donc agréable de se replonger dans quelques-unes des sagas phares de la grande époque, comme celle des « Vampires de Chicago » aujourd’hui riche de 20 volumes.

Et on trouve de bonnes choses dans ce tome introductif, notamment un bestiaire fourni qui convie pas mal de créatures originales comme des nymphes ou des fées. Malheureusement, les clichés sont également très présents. L’héroïne a un côté parfois insupportable. Certes elle a été vampirisée contre son gré mais c’était ça ou la mort. Or elle ressasse, elle se vexe…évidemment elle ne sait pas ce qu’elle veut, y compris amoureusement. Elle parait en outre immature pour ses 27 ans (on lui en donne plutôt 17) et, une fois passée dans le monde de la nuit, continue pratiquement sa vie quotidienne sans guère de changements, excepté ses obligations de protectrice de la « Maison » des vampires.

Forcément, notre demoiselle est très belle, fait tourner les têtes et démontre aussi ses connaissances, notamment grâce à ses études sur l’amour courtois. Et, bien sûr, le maitre vampire, Ethan, est immédiatement attiré par cette nouvelle venue. La tension sexuelle grimpe avec Ethan et tout ça se montre prévisible. Vu l’épaisseur du bouquin (on approche des 500 pages quand même), le lecteur doit passer outre les nombreuses longueurs et autres baisses de rythme. Cela manque d’action et l’enquête policière typique de la bit-lit passe au second plan pour laisser la place à une romance torride très clichée elle aussi.

Cependant l’autrice donne l’impression de s’être fait plaisir. Elle imagine une sorte de pot-pourri façon fan-fiction entre « Buffy », « Twilight » et « Anita Blak », ce qui, avouons-le, caractérise beaucoup (trop) de bouquins bit-lit du début du XXIème siècle.

Nous sommes donc dans un tome introductif sympathique mais pas transcendant : beaucoup de romance, un peu d’action, un brin d’humour et une touche sexy. Une recette déjà bien rodée. Malgré ses défauts et son côté balisé, le tout se lit toutefois plaisamment à condition de ne pas s’attarder sur certains passages rébarbatifs ou sur des descriptions laborieuses et peu utiles. Comme bien des œuvrettes de ce style, le livre aurait gagné à se voir élaguer d’une centaine de pages (éditeur fait ton boulot) mais l’ensemble accroche suffisamment pour donner envie de poursuivre la saga. C’est déjà ça.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #bit-lit, #Urban Fantasy, #Paranormal Romance, #Fantastique, #Vampires

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Publié le 11 Septembre 2026

CHLOE de Dominic Bellavance et FLORENCE de Louis-Pier Sicard - Double dose d'érotisme à la canadienne
CHLOE de Dominic Bellavance et FLORENCE de Louis-Pier Sicard - Double dose d'érotisme à la canadienne

FLORENCE

Ce court roman érotique canadien se base sur le principe des retrouvailles après dix ans. Des anciens amis d’école ne s’étaient pas donné rendez-vous à la Place des Grands Hommes mais organisent cependant une soirée pour découvrir ce qu’ils sont devenus. Par exemple Pierre Saint-Georges, champion d’arts martiaux destiné à devenir l’inévitable vedette de la soirée. Et puis Florence, qui était jadis amoureuse de Pierre mais n’est jamais passée à l’acte. N’est-ce pas le bon moment ?

La maison d’édition ADA s’est surtout fait connaitre par « Les contes interdits » puis leurs nombreuses déclinaisons (« Dans l’univers des contes interdits », « Les classiques interdits »,…). Elle édite aussi des « romans dont vous êtes la victime » (une série de livres-jeux façon littérature interactive), de la bit-lit, de l’urban fantasy, de la romance et donc de l’érotisme sous la bannière « Fantasmes ». Tous les bouquins sont titrés d’un prénom féminin et font une centaine de pages. Les auteurs sont, pour la plupart, des vétérans ayant déjà signés des contes interdits, à l’image de Louis-Pier Sicard.

Pour cette unique incursion du côté des Fantasmes, l’écrivain s’en sort agréablement. Le récit est bien construit, classique mais plaisant, avec une présentation des personnages et en particulier de l’héroïne durant la première partie. Ensuite place aux scènes chaudes, qui occupent toute la seconde moitié du bouquin, avec en prime l’interrogation de l’héroïne : qui va-t-elle choisir ? Rien de fondamentalement transcendant mais une petite histoire qui se lit rapidement et fait le job de manière réussie.

 

CHLOE

Dominic Bellavance est un écrivain canadien ayant écrit de nombreux « contes interdits » pour le compte des éditions ADA. Mais il a également participé à deux reprises à leur collection érotique « Fantasmes » avec JADE et ce CHLOE. L’intrigue ? Deux cuisinières font des soirées sushis à domicile. Mais elles ont décidés de changer de vie et envisage d’épicer quelque peu leur dernière soirée repas organisée pour des clients fidèles et millionnaires.

Voici un petit roman sexy plutôt plaisant, avec une situation de départ quelque peu original et un jeu de séduction qui débute rapidement avant de se poursuivre par une série de défis de plus en plus osés entre les participants de la soirée. Si l’intrigue ne se montre pas franchement renversante et qu’on eut apprécié quelques petits twists, le tout se lit agréablement et offre un divertissement coquin sympathique.

 

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Erotique, #romance, #Novella (roman court)

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Publié le 9 Septembre 2026

DEFENSE D'EXTINCTION de Ray Nayler

Ce court roman de la collection « Une heure lumière » débute de manière déroutante et il faut quelques pages pour comprendre l’intrigue, le récit alternant deux vies de l’héroïne, Damira. Tout d’abord elle est une spécialiste des éléphants qui tente de protéger les derniers éléphants de l’extinction dans une Afrique aux mains des braconniers. Mais après son exécution par les trafiquants, Damira est « ressuscitée » : sa conscience sauvegardée se voit transférer dans le corps d’un mammouth ramené à la vie. L’idée ? Lui permettre de guider les animaux pour leur éviter une seconde extinction.

Ce roman au format « novella », lauréat du Hugo dans cette catégorie, commence de façon quelque peu décousue et il n’est pas toujours aisé de se situer : sommes-nous en présence de la Damira femme ou de la Damira pachyderme ? Néanmoins, au fil des pages, le lecteur s’habitue à cette narration et prend plaisir à suivre cette aventure basée sur un postulat étonnant et original. Nous découvrons également d’autres personnages, comme des chasseurs partis pour supprimer un mammouth dans la Taiga contre une forte somme d’argent.

Idée surprenante, personnages intéressants, belles descriptions,…le bouquin nous permet aussi d’en apprendre davantage sur les éléphants et constitue, en résumé, un fort plaisant petit livre qui, en seulement 160 pages, offre un subtil mélange d’érudition, de divertissements et de questionnement sur la science et l’écologie.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Novella (roman court), #Prix Hugo, #science-fiction

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Publié le 26 Août 2026

LA CHAIR EST TRISTE HELAS d'Ovidie

En écoutant Ovidie raconter son histoire, sa grève illimitée du sexe, on ne peut être que triste pour elle, même si elle affirme « aller bien ». Il ne s’agit pas d’un texte structuré ou argumenté, plutôt d’une suite de courts chapitres dans lesquels l’autrice ressasse sa détestation des Hommes. Dès lors, « l’essai » ressemble à un fatras de maximes, de "belles phrases" ("le gode est la meilleure invention du monde, quand j'ai joui je n'ai pas à attendre qu'un gode éjacule") pour faire triper les journalistes de Libération. Elle se plaint de ses partenaires, tous plus détestables les uns que les autres, mais elle a quand même choisi de les mettre dans son lit et d’accepter des pratiques qu’elle réprouve aujourd’hui.

En une centaine de pages, Ovidie développe une vision du monde, de l'amour (et du sexe) atroce, entièrement marchandisée et ou l’unique critère d’appréciation des femmes réside dans son « niveau de baisabilité ». L’ensemble est déprimant. Elle a dû beaucoup souffrir et ne parait pas heureuse du tout. Elle a l'impression que tous les hommes qu'elle a connus l'ont violée et n'ont jamais tenu compte d'elle, qu’elle ne peut pas leur dire « non » sous peine de…quoi ? D’une rupture ? Avec des partenaires qu’elle n’aime pas ? Car selon Ovidie, « on ne peut dire non qu’avec une femme ». Et elle aimerait tomber amoureuse d'une femme… vu qu'elle déteste les hommes (« trois doigts seront toujours mieux qu’un pénis ») mais elle n'y arrive pas donc elle se contente de masturbation.

Mais même sa psy ne peut rien pour elle (dixit) puisqu’elle voudrait la voir retourner à une hétérosexualité détestée. Pour finir on ressort ce récit attristé. Surtout pour elle.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Autobiographie, #Porno, #Essai

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Publié le 25 Août 2026

TORTUGA de Valério Evangelisti

Etrangement, les romans consacrés à la piraterie ne sont pas si fréquents. Encore moins ceux qui essaient de donner une image plus historique et moins glamour des frères de la Côte. Car, depuis Errol Flynn et Johnny Depp, le pirate est vu comme un joyeux anarchiste entre l’aventurier souriant et le clown. TORTUGA remet les pendules à l’heure sous le Jolly Rogers : les pirates sont des crapules sanguinaires qui massacrent à tour de bras, violent leurs mousses le soir et boivent comme des trous pour oublier qu’ils ne feront pas de vieux os.

En 1685, alors que la piraterie connait ses dernières heures de gloire, le jésuite Rogerio se voit intégré de force dans l’équipage d’un pirate. Il redécouvre ainsi la vie dans la flibuste et perd peu à peu ses illusions humanistes.

Célèbre pour sa saga sur l’Inquisiteur Nicolas Eymerich, l’écrivain et historien Valerio Evangelisti règle ici son compte à la piraterie de manière similaire, en mêlant adroitement les faits à la fiction. Le contexte est ici la guerre qui oppose les Français (les flibustiers sont aux ordres de Louis XIV) et les Espagnols. Pour amateurs de roman historique, TORTUGA remplit parfaitement son contrat : tout se voit détaillé, que ce soit la hiérarchie sur les navires, les règles et loi qui régissent la piraterie, les expéditions pour trouver les esclaves et l’or, les tortures et autres punitions…C’est brutal et violent à souhait, loin de l’image proprette du boucanier hollywoodien. Mais en même temps on se dit qu’Evangelisti, tant qu’à faire, aurait pu se lâcher davantage. Les carnages sont à peine évoqués, les viols ne sont pas décrits, même les jurons et blasphèmes se voient en quelque sorte censurés. Etrange.

Le romancier ajoute également quelques considérations disons philosophiques sur le Mal, des discussions intéressantes qui brisent un peu la linéarité d’un récit sinon fort prévisible. Donc, historiquement, TORTUGA se montre très intéressant. Malheureusement, le côté aventure s’avère, lui, moins convaincant. L’intrigue est mince, le principal protagoniste imbuvable (il se comporte vraiment comme un idiot et son obsession amoureuse pour une esclave peine à convaincre) et, en se voulant réaliste, le bouquin passe à côté de la gouaille, de la verve, de l’humour et du parfum des vagues. La fin parait également expédiée même si les toutes dernières pages sont, elles, réussies.

Au final TORTUGA constitue donc une semi-déception dont on retiendra surtout quelques éléments factuels et historiques peu connus de cette période troublée.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Aventures, #Historique, #Pirates

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Publié le 21 Août 2026

BIENVENUE A STURKEYVILLE de Bob Leman

Quelque peu survendu comme un classique oublié du fantastique, voici un recueil de Bob Leman, écrivain fort méconnu. Cet auteur de nouvelles a été publié dans « Fiction » entre 1977 et 1988. Une dizaine de récits d’inspiration lovecraftienne et proche de ce que pouvait publier Weird Tales. Leman (1922 – 2006) n’a pourtant commencé à publier qu’à la toute fin des sixties. Toutes ses nouvelles furent réunies dans un recueil anglais « Feesters in the Lake and Other Stories » en 2002.

En France, voici donc le premier « best of » de l’auteur, composé de six nouvelles se déroulant dans la ville fictive de Sturkeyville. « Entre Twin Peaks et Lovecraft » nous promet la publicité. Effectivement, il y a de ça. Leman aime les petites villes peuplées de personnages pittoresques, les ambiances étranges et les créatures tapies dans l’ombre. Nous sommes vraiment dans le climat poisseux de « L’appel de Cthulhu » ou du « Cauchemar d’Innsmouth » avec ces endroits viciés, ses personnages dégénérés par la consanguinité (notamment avec des êtres inhumains), et une revisite des thèmes classiques du fantastique. Car Leman mise moins sur l’horreur cosmique chère à HPL que sur les monstres plus traditionnels comme les vampires.

BIENVENUE A STURKEYVILLE mérite t’il toutes les éloges reçus ? Difficile à dire. D’un côté les histoires sont intéressantes et agréables, le livre constitue un bel objet avec des illustrations de qualité. De l’autre cela manque d’un petit « quelque chose » indéfinissable. Les 6 récits sont inquiétants, intrigants, parfois amusants (Leman a un second degré inconnu d’HPL) mais laissent quelque peu le lecteur sur sa faim.

En résumé tout ça se lit vite et facilement mais ne laisse pas un souvenir impérissable. Peut-être que les attentes, trop élevées, sont en cause mais BIENVENUE A STURKEYVILLE constitue  seulement une demi-réussite.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Fantastique, #Horreur, #Lovecraft, #Recueil de nouvelles

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Publié le 18 Août 2026

PRETTY LITTLE LIARS - LES MENTEUSES - TOME 1: CONFIDENCES de Sara Shepard

Voici le premier roman d’une longue saga littéraire à l’origine par la suite d’une série télévisée à succès (en 7 saisons) qui connut elle-même une déclinaison sous forme de soft reboot. Ce premier tome pose les bases d’une intrigue assez classique. Quatre jeunes filles d’environ 16 ans ont fait « quelque chose de pas bien ». Quoi ? Mystère. Mais un certain A semble le savoir et commence à leur envoyer des textos menaçant. Est-ce lier à la disparition de leur meilleure amie Alison ?

Avec ce tome inaugural nous sommes dans une ambiance très « série policière pour ados agrémentée d’une touche de thriller / épouvante (très soft) et de romance ». Il n’est guère étonnant que cette saga ait été portée à l’écran avec succès. L’autrice possède une écriture vive et ne perd guère de temps même si elle abuse parfois du name-dropping. Les héroïnes sont en effet obsédées par les marques « prestigieuses » et Sara Shepard ne perd pas une occasion de préciser qu’elles portent une robe « machin » avec un sac « truc ». Parfois, c’est saoulant, comme dans la paranormal romance de la même époque. Le lecteur peut cependant s’amuser de l’évolution des références après 20 ans et se replonger dans une époque où on communique par BlackBerry, on consulte son agenda Sidekick, on est sur MSN et on possède un MySpace tandis que les réseaux sociaux n’existent pas vraiment. La préhistoire…en 2006.

Les quatre « menteuses » comprennent la mature Aria, Spencer qui vit dans l’ombre de sa sœur, Hannah la « nouvelle mince / ancienne grosse » devenue populaire et Emilie qui pourrait bien aimer les filles mais qui ne voudrait pas que ça se sache. Elles sont jeunes, belles, intelligentes, riches et de bonne famille. Et aussi quelque peu horripilantes il faut bien l’avouer avec leurs problèmes parfois très « filles riches capricieuses » qui consistent à porter la robe la plus chère ou à inviter au bal le mec le plus populaire de l’école. Bref, nous suivons leur vie dans une petite ville américaine typique proche de Philadelphie avec les sorties, les beuveries, les garçons, etc.

L’ambiance est plaisante, voire prenante, avec de nombreux retournements de situations et des secrets cachés ou dévoilés. Le bouquin se lit donc très vite, entre chick-lit et thriller young adult avec un soupçon de suspense hérité des néo-slashers des années ’90…Les prémices font, en effet, penser à « Souviens-toi l’été dernier » (davantage au roman d’ailleurs qu’à ses adaptations cinémas) ou aux bouquins pour adolescents de R.L. Stine à la « Fear Street » ou les « slashers gentillets » de Christopher Pike. L’autrice en reproduit en particulier leur construction addictive : des chapitres très courts, passant d’une protagoniste à une autre et des cliffhangers réguliers. De la littérature très facile pour adolescentes qui, probablement, n’aiment pas trop lire mais acceptent de lire un ou deux chapitres sur la plage pendant la bronzette.

Mais ne soyons pas médisant, c’est efficace. Le roman se termine d’ailleurs sur une révélation « fracassante » venant remettre en question les certitudes du lecteur pour lui donner envie de poursuivre la saga…

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Publié le 7 Août 2026

Trois maîtres du cinéma modeste  (Joseph H. Lewis, Don Siegel, Budd Boetticher) d'Alain Cresciucci

Plutôt qu’un énième livre sur un « grand cinéaste » connu et reconnu, l’auteur propose ici de retracer le parcours de 3 petits maitres. Ce sont des spécialistes de ce qu’il nomme le « cinéma modeste » et qui peut s’apparenter à la série B ou aux films de « genre » à petit budget. Rappelons d’ailleurs que le terme « B » est essentiellement économique. A l’origine, il désigne les métrages de complément, tournés pour des budgets restreints et avec des acteurs moins réputés, qui accompagne les projections des « films A » plus prestigieux.

Le bouquin, qui demande de bonnes connaissances, s’intéresse à la carrière de trois de ces cinéastes. Joseph Lewis, tout d’abord, fut un spécialiste du polar « noir » (et livra également quelques solides westerns en fin de carrière) surtout connu pour son classique culte « Gun Crazy ». C’est ce film, forcément, qui sera le plus étudié et même disséqué par l’auteur.

Don Siegel est sans doute le plus célèbre du lot par le succès de « l’inspecteur Harry » même si, hors des cercles cinéphiles, le métrage est surtout considéré comme un « film Clint Eastwood ». Mais on doit également citer son classique de la science-fiction, souvent remaké, « L’invasion des profanateurs de sépultures ».

Enfin, Budd Boetticher reste indissociable de ses westerns tournés avec Randolph Scott, un cycle de films ramassés d’une rare efficacité.  

L’auteur passe donc en revue les parcours de ces trois « petits maitres » : biographie, présentation de leurs films les plus emblématiques, analyse de scènes, etc. Une centaine de pages richement illustrées pour chacun des cinéastes. Tous ont travaillé a peu près à la même période et sont représentatifs de cette époque : ils tournent beaucoup, dans des genres précis et ne sont guère étudié par la critique « sérieuse ». L’auteur revient justement sur la « politique des auteurs » et propose une option disons contrastée et raisonnée de cette théorie, moins radicale que celle des Truffaut d’hier.

Après son ouvrage très documenté et érudit consacré à Sam Peckinpah voici quatre ans, Alain Cresciucci nous offre un nouveau guide cinéma sur trois incontournables de la série B américaine du milieu du XXème siècle.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Cinéma, #Cinéma Bis, #Série B, #Western

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