Publié le 26 Août 2026

LA CHAIR EST TRISTE HELAS d'Ovidie

En écoutant Ovidie raconter son histoire, sa grève illimitée du sexe, on ne peut être que triste pour elle, même si elle affirme « aller bien ». Il ne s’agit pas d’un texte structuré ou argumenté, plutôt d’une suite de courts chapitres dans lesquels l’autrice ressasse sa détestation des Hommes. Dès lors, « l’essai » ressemble à un fatras de maximes, de "belles phrases" ("le gode est la meilleure invention du monde, quand j'ai joui je n'ai pas à attendre qu'un gode éjacule") pour faire triper les journalistes de Libération. Elle se plaint de ses partenaires, tous plus détestables les uns que les autres, mais elle a quand même choisi de les mettre dans son lit et d’accepter des pratiques qu’elle réprouve aujourd’hui.

En une centaine de pages, Ovidie développe une vision du monde, de l'amour (et du sexe) atroce, entièrement marchandisée et ou l’unique critère d’appréciation des femmes réside dans son « niveau de baisabilité ». L’ensemble est déprimant. Elle a dû beaucoup souffrir et ne parait pas heureuse du tout. Elle a l'impression que tous les hommes qu'elle a connus l'ont violée et n'ont jamais tenu compte d'elle, qu’elle ne peut pas leur dire « non » sous peine de…quoi ? D’une rupture ? Avec des partenaires qu’elle n’aime pas ? Car selon Ovidie, « on ne peut dire non qu’avec une femme ». Et elle aimerait tomber amoureuse d'une femme… vu qu'elle déteste les hommes (« trois doigts seront toujours mieux qu’un pénis ») mais elle n'y arrive pas donc elle se contente de masturbation.

Mais même sa psy ne peut rien pour elle (dixit) puisqu’elle voudrait la voir retourner à une hétérosexualité détestée. Pour finir on ressort ce récit attristé. Surtout pour elle.

Voir les commentaires

Rédigé par hellrick

Publié dans #Autobiographie, #Porno, #Essai

Repost0

Publié le 25 Août 2026

TORTUGA de Valério Evangelisti

Etrangement, les romans consacrés à la piraterie ne sont pas si fréquents. Encore moins ceux qui essaient de donner une image plus historique et moins glamour des frères de la Côte. Car, depuis Errol Flynn et Johnny Depp, le pirate est vu comme un joyeux anarchiste entre l’aventurier souriant et le clown. TORTUGA remet les pendules à l’heure sous le Jolly Rogers : les pirates sont des crapules sanguinaires qui massacrent à tour de bras, violent leurs mousses le soir et boivent comme des trous pour oublier qu’ils ne feront pas de vieux os.

En 1685, alors que la piraterie connait ses dernières heures de gloire, le jésuite Rogerio se voit intégré de force dans l’équipage d’un pirate. Il redécouvre ainsi la vie dans la flibuste et perd peu à peu ses illusions humanistes.

Célèbre pour sa saga sur l’Inquisiteur Nicolas Eymerich, l’écrivain et historien Valerio Evangelisti règle ici son compte à la piraterie de manière similaire, en mêlant adroitement les faits à la fiction. Le contexte est ici la guerre qui oppose les Français (les flibustiers sont aux ordres de Louis XIV) et les Espagnols. Pour amateurs de roman historique, TORTUGA remplit parfaitement son contrat : tout se voit détaillé, que ce soit la hiérarchie sur les navires, les règles et loi qui régissent la piraterie, les expéditions pour trouver les esclaves et l’or, les tortures et autres punitions…C’est brutal et violent à souhait, loin de l’image proprette du boucanier hollywoodien. Mais en même temps on se dit qu’Evangelisti, tant qu’à faire, aurait pu se lâcher davantage. Les carnages sont à peine évoqués, les viols ne sont pas décrits, même les jurons et blasphèmes se voient en quelque sorte censurés. Etrange.

Le romancier ajoute également quelques considérations disons philosophiques sur le Mal, des discussions intéressantes qui brisent un peu la linéarité d’un récit sinon fort prévisible. Donc, historiquement, TORTUGA se montre très intéressant. Malheureusement, le côté aventure s’avère, lui, moins convaincant. L’intrigue est mince, le principal protagoniste imbuvable (il se comporte vraiment comme un idiot et son obsession amoureuse pour une esclave peine à convaincre) et, en se voulant réaliste, le bouquin passe à côté de la gouaille, de la verve, de l’humour et du parfum des vagues. La fin parait également expédiée même si les toutes dernières pages sont, elles, réussies.

Au final TORTUGA constitue donc une semi-déception dont on retiendra surtout quelques éléments factuels et historiques peu connus de cette période troublée.

Voir les commentaires

Rédigé par hellrick

Publié dans #Aventures, #Historique, #Pirates

Repost1

Publié le 21 Août 2026

BIENVENUE A STURKEYVILLE de Bob Leman

Quelque peu survendu comme un classique oublié du fantastique, voici un recueil de Bob Leman, écrivain fort méconnu. Cet auteur de nouvelles a été publié dans « Fiction » entre 1977 et 1988. Une dizaine de récits d’inspiration lovecraftienne et proche de ce que pouvait publier Weird Tales. Leman (1922 – 2006) n’a pourtant commencé à publier qu’à la toute fin des sixties. Toutes ses nouvelles furent réunies dans un recueil anglais « Feesters in the Lake and Other Stories » en 2002.

En France, voici donc le premier « best of » de l’auteur, composé de six nouvelles se déroulant dans la ville fictive de Sturkeyville. « Entre Twin Peaks et Lovecraft » nous promet la publicité. Effectivement, il y a de ça. Leman aime les petites villes peuplées de personnages pittoresques, les ambiances étranges et les créatures tapies dans l’ombre. Nous sommes vraiment dans le climat poisseux de « L’appel de Cthulhu » ou du « Cauchemar d’Innsmouth » avec ces endroits viciés, ses personnages dégénérés par la consanguinité (notamment avec des êtres inhumains), et une revisite des thèmes classiques du fantastique. Car Leman mise moins sur l’horreur cosmique chère à HPL que sur les monstres plus traditionnels comme les vampires.

BIENVENUE A STURKEYVILLE mérite t’il toutes les éloges reçus ? Difficile à dire. D’un côté les histoires sont intéressantes et agréables, le livre constitue un bel objet avec des illustrations de qualité. De l’autre cela manque d’un petit « quelque chose » indéfinissable. Les 6 récits sont inquiétants, intrigants, parfois amusants (Leman a un second degré inconnu d’HPL) mais laissent quelque peu le lecteur sur sa faim.

En résumé tout ça se lit vite et facilement mais ne laisse pas un souvenir impérissable. Peut-être que les attentes, trop élevées, sont en cause mais BIENVENUE A STURKEYVILLE constitue  seulement une demi-réussite.

Voir les commentaires

Rédigé par hellrick

Publié dans #Fantastique, #Horreur, #Lovecraft, #Recueil de nouvelles

Repost0

Publié le 18 Août 2026

PRETTY LITTLE LIARS - LES MENTEUSES - TOME 1: CONFIDENCES de Sara Shepard

Voici le premier roman d’une longue saga littéraire à l’origine par la suite d’une série télévisée à succès (en 7 saisons) qui connut elle-même une déclinaison sous forme de soft reboot. Ce premier tome pose les bases d’une intrigue assez classique. Quatre jeunes filles d’environ 16 ans ont fait « quelque chose de pas bien ». Quoi ? Mystère. Mais un certain A semble le savoir et commence à leur envoyer des textos menaçant. Est-ce lier à la disparition de leur meilleure amie Alison ?

Avec ce tome inaugural nous sommes dans une ambiance très « série policière pour ados agrémentée d’une touche de thriller / épouvante (très soft) et de romance ». Il n’est guère étonnant que cette saga ait été portée à l’écran avec succès. L’autrice possède une écriture vive et ne perd guère de temps même si elle abuse parfois du name-dropping. Les héroïnes sont en effet obsédées par les marques « prestigieuses » et Sara Shepard ne perd pas une occasion de préciser qu’elles portent une robe « machin » avec un sac « truc ». Parfois, c’est saoulant, comme dans la paranormal romance de la même époque. Le lecteur peut cependant s’amuser de l’évolution des références après 20 ans et se replonger dans une époque où on communique par BlackBerry, on consulte son agenda Sidekick, on est sur MSN et on possède un MySpace tandis que les réseaux sociaux n’existent pas vraiment. La préhistoire…en 2006.

Les quatre « menteuses » comprennent la mature Aria, Spencer qui vit dans l’ombre de sa sœur, Hannah la « nouvelle mince / ancienne grosse » devenue populaire et Emilie qui pourrait bien aimer les filles mais qui ne voudrait pas que ça se sache. Elles sont jeunes, belles, intelligentes, riches et de bonne famille. Et aussi quelque peu horripilantes il faut bien l’avouer avec leurs problèmes parfois très « filles riches capricieuses » qui consistent à porter la robe la plus chère ou à inviter au bal le mec le plus populaire de l’école. Bref, nous suivons leur vie dans une petite ville américaine typique proche de Philadelphie avec les sorties, les beuveries, les garçons, etc.

L’ambiance est plaisante, voire prenante, avec de nombreux retournements de situations et des secrets cachés ou dévoilés. Le bouquin se lit donc très vite, entre chick-lit et thriller young adult avec un soupçon de suspense hérité des néo-slashers des années ’90…Les prémices font, en effet, penser à « Souviens-toi l’été dernier » (davantage au roman d’ailleurs qu’à ses adaptations cinémas) ou aux bouquins pour adolescents de R.L. Stine à la « Fear Street » ou les « slashers gentillets » de Christopher Pike. L’autrice en reproduit en particulier leur construction addictive : des chapitres très courts, passant d’une protagoniste à une autre et des cliffhangers réguliers. De la littérature très facile pour adolescentes qui, probablement, n’aiment pas trop lire mais acceptent de lire un ou deux chapitres sur la plage pendant la bronzette.

Mais ne soyons pas médisant, c’est efficace. Le roman se termine d’ailleurs sur une révélation « fracassante » venant remettre en question les certitudes du lecteur pour lui donner envie de poursuivre la saga…

Voir les commentaires

Repost0

Publié le 7 Août 2026

Trois maîtres du cinéma modeste  (Joseph H. Lewis, Don Siegel, Budd Boetticher) d'Alain Cresciucci

Plutôt qu’un énième livre sur un « grand cinéaste » connu et reconnu, l’auteur propose ici de retracer le parcours de 3 petits maitres. Ce sont des spécialistes de ce qu’il nomme le « cinéma modeste » et qui peut s’apparenter à la série B ou aux films de « genre » à petit budget. Rappelons d’ailleurs que le terme « B » est essentiellement économique. A l’origine, il désigne les métrages de complément, tournés pour des budgets restreints et avec des acteurs moins réputés, qui accompagne les projections des « films A » plus prestigieux.

Le bouquin, qui demande de bonnes connaissances, s’intéresse à la carrière de trois de ces cinéastes. Joseph Lewis, tout d’abord, fut un spécialiste du polar « noir » (et livra également quelques solides westerns en fin de carrière) surtout connu pour son classique culte « Gun Crazy ». C’est ce film, forcément, qui sera le plus étudié et même disséqué par l’auteur.

Don Siegel est sans doute le plus célèbre du lot par le succès de « l’inspecteur Harry » même si, hors des cercles cinéphiles, le métrage est surtout considéré comme un « film Clint Eastwood ». Mais on doit également citer son classique de la science-fiction, souvent remaké, « L’invasion des profanateurs de sépultures ».

Enfin, Budd Boetticher reste indissociable de ses westerns tournés avec Randolph Scott, un cycle de films ramassés d’une rare efficacité.  

L’auteur passe donc en revue les parcours de ces trois « petits maitres » : biographie, présentation de leurs films les plus emblématiques, analyse de scènes, etc. Une centaine de pages richement illustrées pour chacun des cinéastes. Tous ont travaillé a peu près à la même période et sont représentatifs de cette époque : ils tournent beaucoup, dans des genres précis et ne sont guère étudié par la critique « sérieuse ». L’auteur revient justement sur la « politique des auteurs » et propose une option disons contrastée et raisonnée de cette théorie, moins radicale que celle des Truffaut d’hier.

Après son ouvrage très documenté et érudit consacré à Sam Peckinpah voici quatre ans, Alain Cresciucci nous offre un nouveau guide cinéma sur trois incontournables de la série B américaine du milieu du XXème siècle.

Voir les commentaires

Rédigé par hellrick

Publié dans #Cinéma, #Cinéma Bis, #Série B, #Western

Repost0

Publié le 5 Août 2026

LES EXTRAORDINAIRES (Tome 1) de T.J. Klune

Les super-héros, après les comics, les jouets, les films et les séries télé, investissent les romans depuis une dizaine d’années. A côté de la trilogie de Sanderson en voici une autre signée T.J. Klune et davantage portée sur le côté « meta ». Nick, le héros, en effet, est un jeune adulte qui écrit des fan fiction au sujet d’un super héros (ou un Extraordinaire) surnommé Shadow Star dont il est amoureux. Si Nick a un TDAH il possède heureusement un père shérif très compréhensif et des amis sur lesquels compter, notamment son copain d’enfance Seth et le couple formé par Gibby et Jazz. Il entretient aussi une relation compliquée avec son ex, Owen, qui revient s’incruster auprès du quatuor. Pendant ce temps la rivalité entre Shadow Star et le méchant PyroStorm prend de nouvelles proportions…

Fidèle à son côté « feel good », TJ Klune propose un récit plein de bons sentiments dans un univers super-héroïque sympathique. Bien sûr, certains défauts apparaissent : l’intrigue se montre quelque peu prévisible, avec des twists attendus, Nick s’avère parfois énervant (il semble se comporter davantage comme un gamin de 13 ans que comme un adolescent de 16 ans) et le tout se traine dans certains chapitres. Parfois, on aimerait que le rythme soit plus soutenu et que l’auteur perde moins de temps dans les hésitations de son héros qui apparait quand même très naïfs.

Heureusement, l’humour se montre bien présent et souvent efficace, avec des clins d’œil aux comic-books. On note en outre une certaine originalité avec des passages des fan-fictions du héros intégrées dans la narration, ce qui confère au roman un côté meta plaisant. L’écriture, elle, s’avère plutôt efficace et plonge dans l’esprit de son héros TDAH ce qui se traduit par des chapitres passant parfois d’un sujet à un autre, dans une sorte de tourbillon déstabilisant mais également prenant.

Finalement, LES EXTRAORDINAIRES eut sans doute gagné à se voir raccourci d’une centaine de pages car certaines digressions sont un brin pesant. Mais les personnages attachants, l’humour et l’originalité relative du sujet (qui revisite les conventions et clichés sous l’angle adolescent énamouré) rendent l’ensemble agréable et donne même envie de continuer avec le tome 2.

Voir les commentaires

Rédigé par hellrick

Publié dans #Superhéros, #LGBT, #Humour, #Young Adults

Repost0

Publié le 31 Juillet 2026

DEMONICA: PLAISIR DECHAINE de Larissa Ione

Quinze ans après le déferlement de la bit-lit et alors que la communauté « young adult » ne jure plus que par la romance, dark ou non, il est agréable de se replonger dans quelques « classiques » de cette époque. La urban fantasy / paranormal romance / bit-lit semble aujourd’hui délaissée et on retrouve avec plaisir les qualités et les défauts de ses romans qui ont littéralement déferlés dans les librairies (on compte plusieurs centaines de titres publiés !).

DEMONICA constitue un récit archétypal de cette vague mais s’éloigne toutefois des traditionnels vampires et loups-garous pour les moins usités démons. On y découvre une nouvelle héroïne, une tueuse de démons qui, sauvée par un Incube, découvre qu’elle ne connait pas toute la vérité sur les êtres démoniaques. Elle tombe amoureuse et devra, classiquement, choisir son camp dans une intrigue proche des films « Underworld ».

Comme souvent avec ce type de littérature, il y a à boire et à manger ou, ici, à prendre ou à lécher. Bref, beaucoup de passages érotiques ponctuent un récit assez traditionnel, la présence de « démons du sexe » permettant plus d’audaces que la moyenne des romances paranormales. Le tout est parfois un peu too much avec cette héroïne en pamoison devant l’énorme bite du démon (elle a peur de ne pas pouvoir accueillir un membre de cette taille mais en même temps elle mouille comme le Niagara rien qu’à le voir).

Toutefois, le côté porno très prononcé ne fait pas tout et l’autrice prend néanmoins la peine de construire un univers à peu près cohérent et relativement original (en dépit de ses similitudes avec d’autres sagas) où s’affrontent les démons et leurs chasseurs.

Au final, en dépit de longueurs et de passages languissants (pour ce genre de littérature ne pas hésiter à utiliser l’avance rapide ou la lecture en diagonale à la dixième description de la culotte de l’héroïne), DEMONICA se montre plaisant. C’est véritablement de la bit-lit « tout en un » : une romance contrariée, de l’action, une intrigue à base de coups fourrés et de trahisons et des passages sexy à intervalles réguliers. Pour les amateurs nostalgiques voici donc une oeuvrette très « bis » mais plutôt fun. Cela donne même envie de lire quelques autres tomes de la saga en se disant, malgré tout, qu’on ne lira probablement jamais cette série jusqu’au bout (26 volumes !!!).

Voir les commentaires

Rédigé par hellrick

Publié dans #bit-lit, #Paranormal Romance, #Urban Fantasy, #Fantastique, #Erotique

Repost0

Publié le 26 Juin 2026

LES VORACES: DOSSIER JENNIFER BEAUGRAND de Gaylor Kemp & Hervé Hernu

Curieux récit qui débute comme un « roman noir » social. Nous sommes dans le nord de la France, à la fin des années ’90. L’héroïne, Jennifer, vit en compagnie de sa sœur et de sa mère sous la domination de Jean-Pierre, un néo nazi complètement ravagé qui élève des chiens d’attaque. Il tente d’endurcir Jennifer qu’il appelle la mongole et la rabaisse continuellement, n’appréciant que sa sœur, une sportive elle aussi extrémiste. Peu à peu, la situation dégénère : un ami de Jean-Pierre tue un immigré et sa petite amie avant d’être tué en retour, les deux filles deviennent de plus en plus violentes et incontrôlables, etc.

Cette première partie façon drame sociale chez les cassos est très efficace, avec beaucoup d’énergie, de scènes chocs et brutales…Puis le roman se transforme dans sa seconde moitié au cours de laquelle Jennifer intègre une école élitiste visant à influencer le monde…n’en disons pas plus pour laisser au lecteur le plaisir de la découverte. Néanmoins cette construction s’avère un peu curieuse, pratiquement comme si les auteurs proposaient deux romans en un, très différents finalement.

Dès lors, la seconde moitié, qui commence après 125 pages, déstabilise et l’intrigue s’oriente dans une toute autre direction que celle proposée dans les premiers chapitres. Ces derniers s’apparente par conséquent à une introduction conduisant le lecteur à cette rupture de ton, de genre et de style.

Malgré tout le roman reste agréable, parfois surprenant, bien mené et bien écrit, d’une manière très vivante et efficace. On termine la lecture en se disant que tout cela ne nous a pas conduit où nous voulions aller mais, finalement, le voyage n’en reste pas moins plaisant. Et cela donne envie de découvrir d’autres romans dans l’univers des Voraces.  

Voir les commentaires

Rédigé par hellrick

Publié dans #Thriller

Repost0

Publié le 17 Juin 2026

NETTLE AND BONES: COMMENT TUER UN PRINCE de T. Kingfisher

Vainqueur du Hugo, voici un roman entre Fantasy et revisite des contes de fées.

Marra, dernière fille d'un souverain au royaume convoité, assiste impuissante aux mariages de ses deux sœurs avec le prince Vorling. Car, après la mort mystérieuse de l'aînée, la cadette a dû la remplacer pour tenter de donner enfin un héritier au triste sire.

Quand Marra découvre l'ampleur de la cruauté de Vorling, elle ne peut demeurer simple spectatrice plus longtemps : si elle veut sauver sa sœur et empêcher le sort funeste qui l'attend elle aussi, alors elle doit tuer le prince. Pour cela, elle recrute une sorcière capable de parler aux morts, un chevalier en disgrâce et une fée marraine…

A l’heure des romans de fantasy qui se déclinent en sagas interminables, il est agréable de pouvoir lire un « one shot » de moins de 400 pages. T. Kingfisher ne s’embarrasse pas de descriptions longues ni de digressions inutiles : le récit avance à bon rythme, avec une intrigue quelque peu linéaire, dont les enjeux sont résumés par son titre, mais riche en humour. Et puis surtout l’autrice propose tout un univers composé de personnages haut en couleurs que n’auraient pas renié Tim Burton ou Neil Gaiman.

On trouve ainsi de nombreuses petites touches macabres dans cette histoire avec un chien créé à partir d’os, une poupée étrangleuse, une poule possédée, une sorcière qui communique avec les défunts. Si le roman se permet des considérations plus sérieuses sur la place des princesses dans ce monde (elles servent de moyen pour forger des alliances entre royaumes rivaux), le tout reste léger, truculent et amusant. Des dialogues enlevés et une love story naïve achèvent de faire de ce conte de fées macabre une très plaisante lecture.

Voir les commentaires

Rédigé par hellrick

Publié dans #Fantasy, #Prix Hugo

Repost0

Publié le 12 Juin 2026

YOU’RE NOT SUPPOSED TO DIE TONIGHT de Kalynn Bayron

Les romans slashers se succèdent ces derniers temps, souvent orientés vers le young adult (UN CLOWN DANS UN CHAMPS DE MAIS, EUROPA HALLS, etc.). Kalynn Bayron, généralement autrice de Fantasy, se lance dans la danse avec cet hommage aux classiques des années ’80.

Pour Charity Curtis le job d'été de ses rêves est d’incarner la « survivante » (La Final Girl) au Camp Mirror Lake. L’idée ? Accueillir des visiteurs qui paient pour se faire peur dans ce jeu d'horreur immersif, où Charity et son équipe recréent des scènes du film culte « La Malédiction du Camp Mirror Lake » réalisé durant les années 80. Plus la peur est réaliste, plus le camp fonctionne. Nous sommes au dernier week-end de la saison et Charity organise la soirée finale, l’apothéose horrifique de l’année. Mais ses collègues commencent à disparaître. Et quand l'un d'eux est retrouvé mort, le rôle de Charity prend une tournure dramatique : elle devient une véritable Final Girl. Avec sa petite amie Bezi, la jeune fille doit survivre à la nuit et découvrir ce que cherche ce tueur. Le passé trouble du Camp Mirror Lake recèle-t-il des secrets que Charity n'aurait jamais imaginés ?

Roman quelque peu déstabilisant, YOU’RE NOT SUPPOSED TO DIE TONIGHT s’annonce comme un slasher traditionnel, dans la lignée des années ’80, excepté la romance saphique. L’autrice nous offre une montée en suspense appréciable, avec les légendes liées au lieu, les drames et autres amourettes entre adolescents, etc. Cependant, le rythme parait parfois un peu languissant et la seconde moitié du roman prend une autre tournure, davantage axée sur le paranormal. Le tout désarçonne, sans être inintéressant. Et le twist final apparait comme plaisant bien que totalement « over the top ». Cependant, le lecteur regrette quelque peu la direction prise car un véritable slasher en hommage aux meurtres perpétrés dans le camp aurait pu être fort divertissant. On ressort donc de cette lecture avec une impression un peu mitigée même si l’ensemble se lit agréablement et sans ennui.

Voir les commentaires

Rédigé par hellrick

Publié dans #Young Adults, #LGBT, #slasher, #Horreur, #Jeunesse

Repost0