Publié le 1 Mai 2026

COEURS A VENDRE de Erle Stanley Gardner

Nouvelle enquête pour l’avocat Perry Mason et sa secrétaire, Delly Street, encore une fois embarqués dans un mystère compliqué qui les oblige à transgresser la loi à plusieurs reprises. L’histoire se montre originale avec une jeune femme séduisante, Marilyn Marlow, venant d’hériter d’une importante somme d’argent de sa mère, infirmière d’un homme délaissé par sa famille. Bien sûr les héritiers naturels contestent le testament et tentent d’acheter Rose, une infirmière ayant servi de témoin lors de la signature. Lorsque cette dernière est assassinée, Marilyn se retrouve suspecte du meurtre…

Pourquoi ce titre ? Car l’énigme arrive dans le bureau de Perry à la suite d’une annonce passée par l’héroïne pour rencontrer un prétendant dans les pages d’un magasine matrimonial. Une fois de plus, cette trentième aventure suit les conventions établies par la série : une situation de départ étonnante pousse l’avocat Perry à se mêler d’une énigme complexe qui occupe les deux premiers tiers du récit. Le dernier acte se joue au tribunal où l’avocat dénoue l’affaire à coup d’objections ! et de contre-interrogatoires.

Erle Stanley Gardner possède un talent certain pour inventer des énigmes retorses et propose plusieurs retournements efficaces. L’enquête est également saupoudrée d’humour et se situe au carrefour du « cosy » et du polar « pulp » avec un enquêteur plus actif en la personne de cet avocat n’hésitant pas à effectuer quelques accommodements avec la légalité. Le bouquin permet également de constater l’évolution de la justice et des mentalités en trois-quarts de siècle, ce qui le transforme pratiquement, vu son côté délicieusement daté, en roman historique. On découvre ainsi l’importance, pour disculper une accusée, de sa capacité à plier correctement des vêtements dans une valise. Tout finira bien cependant pour notre pauvre héroïne et Mason jouera les entremetteurs avec son « lonely hearts club band» sans oublier de révéler le vrai coupable (qui parait un peu tiré d’un chapeau mais passons) dans les dernières pages.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Cosy Mystery, #Policier, #Whodunit, #Perry Mason

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Publié le 28 Avril 2026

THE SOUL STEALER de Graham Masterton

Graham Masterton revient une fois de plus vers les démons et autres mythes indiens dans ce roman qui adopte la forme classique de l’enquête surnaturelle. Malheureusement nous sommes loin de la réussite d’un MANITOU qui, en dépit de certaines faiblesses, se montrait original et surprenant. Ici, tout d’abord, l’intrigue s’avère très basique. L’idée d’une élite hollywoodienne accomplissant des sacrifices pour davantage de puissance n’est pas très neuve. Et surtout pas très développée. Le personnage principal, Trinity, enquête sur la mort d’une amie et en appelle au traditionnel ex-flic encore désireux de rendre justice. Là encore, pas franchement novateur. Le récit débute de manière intrigante avec Trinity se rendant à un rendez-vous à la suite d’un appel téléphonique d’une de ses amies découverte brûlée vive. Malheureusement, l’histoire patine ensuite…Elle est d’ailleurs assez curieuse.

Certaines références (« Casino », Nirvana,…) paraissent la dater dans les 90’s, d’autres sont plus actuelles, comme si Masterton avait remodelé un ancien manuscrit. Ce qui est possible…En tout cas malgré une pagination réduite le récit tire à la ligne et eut peut-être davantage convenu à une novella. Les réactions des personnages sont également curieuses et rarement vraisemblable, sans compter l’intrusion du fantastique et de la magie indienne chère à l’auteur dans un cadre voulu réaliste. Cela conduit à des petits twists absolument ridicules (le sortilège pour changer d’apparence, les mots de pouvoir mortels) décevant pour un auteur du calibre de Masterton. Le final apparait bâclé, ce qui est malheureusement assez courant chez l’auteur qui, on le sait, éprouve souvent de grandes difficultés à conclure de façon satisfaisante ses intrigues.

Tout n’est pas négatif pour autant…il reste un vrai métier de conteur entretenu par cinquante ans de pratique, qui laisse le bouquin se lire avec un certain plaisir et les chapitres défiler sans ennui. Masterton propose également 2 ou 3 scènes gore bien gratinées comme il les aime pour relever un plat un peu trop fade. Bref, THE SOUL STEALER n’est pas ennuyeux mais jamais vraiment passionnant non plus et, au final, apparait comme un des romans les plus faibles de l’auteur.

 

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Graham Masterton, #Horreur

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Publié le 23 Avril 2026

SHADES OF MAGIC de V.E. Schwab

Cet épais (plus de 500 pages) premier tome d’une trilogie de Fantasy Urbaine se lit pourtant très facilement. Les courts chapitres s’enchainent et la plume de l’autrice est fort agréable.

Nous sommes ici dans le Young Adult bien mené et efficace, avec en guise de héros Kell, le dernier magicien capable de voyager entre les quatre mondes. Dans chacun d’eux Londres en constitue le cœur mais les capitales sont très différentes : entre le Londres gris, dénué de magie (notre monde) et celui, rouge, de Kell empli de merveilleux existe aussi le blanc et le noir. Ce dernier, dévoré par la magie maléfique, a obligé les trois autres à rompre tout contact. Kell, fils adoptif de la famille royale, va néanmoins défier les lois et emporter une pierre venue du monde noire. Or, une jeune fille, Lila, la lui dérobe…et les événements se précipitent, compromettant le fragile équilibre entre les mondes.

Sans perdre de temps, V.E. Schwab nous plonge directement dans l’intrigue. Pas de descriptions à rallonges ni de construction d’univers pendant des centaines de pages comme dans de (trop) nombreuses œuvres de Fantasy : on découvre le monde au fil de la lecture, de manière très naturelle. Car, malgré les 500 pages, l’autrice ne nous laisse guère le temps de souffler tant elle parvient à caser des intrigues, des combats, de l’action, etc. Elle laisse certaines questions en suspens mais, dans l’ensemble, le livre offre un récit solide, bien charpenté, qui se suffit globalement à lui-même. Le lecteur n’a pas l’impression de lire une longue « intro » mais bien une histoire efficace et rondement menée avec un duo de héros certes classique (tout les oppose ou presque mais ils finiront par s’apprécier) mais efficace.

Entre les rebondissements, l’ambiance bien rendue et les touches d’humour, SHADES OF MAGIC constitue un divertissement très agréable et divertissant, qui se lit vite et facilement tant l’ensemble se montre dynamique et « coule » parfaitement.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Urban Fantasy, #Young Adults

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Publié le 21 Avril 2026

COSMOS CANNIBALE de Jérémie Grima

Hommage sympathique à l’horreur « survival », cette livraison de la collection Karnage transpose les classiques du gore redneck des seventies dans l’espace. Autrement dit, l’intrigue reprend celle de MASSACRE A LA TRONCONNEUSE dans l’environnement d’ALIEN avec quelques clins d’œil supplémentaire à LA COLLINE A DES YEUX, DETOUR MORTEL ou BLADE RUNNER.

Nous sommes sur un vaisseau spatial en partance pour des vacances. L’équipage, cryogénisé, est réveillé plus tôt que prévue par l’ordinateur de bord. Un signal de détresse venu de LV 427 oblige à une opération de secours. Et voilà nos baroudeurs de l’espace qui se dirigent vers une station spatiale apparemment abandonnée où ils tombent dans un piège tendu par une famille de cannibales dégénérés.

L’intrigue ne propose pas vraiment de surprises pour les connaisseurs du classiques de Tobe Hooper dont l’auteur reprend les grandes lignes, décalquant parfois certaines scènes clés comme le fameux repas de la famille anthropophage. Même les personnages paraissent issus de MASSACRE A LA TRONCONNEUSE avec une mention spéciale pour le changement d’héroïne entre la « final girl » attendue et sa sœur handicapée.

En dépit de l’aspect très prévisible du récit, COSMOS CANNIBALE reste une plaisante livraison de la collection Karnage. Le rythme soutenu, les chapitres courts et l’alternance des points de vue maintiennent l’intérêt. Le gore, de son côté, se montre bien présent sans verser dans la surenchère vomitive. Dans l’ensemble, le lecteur passe donc un bon moment.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Gore, #science-fiction, #Horreur, #Karnage

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Publié le 14 Avril 2026

LA MAGIE DE YULE de Charly Reinhart

Dernière déclinaison en date de la Fantasy, la Cosy Fantasy se veut à l’exact opposé de l’Heroic ou Epic Fantasy plébiscitée depuis plusieurs décennies et le succès de Donjons & Dragons. Ici, pas de luttes, pas de combats mortels, pas de boules de feu, de dragon courroucé ou de sorcier maléfique revenu d’entre les morts. Non, juste la vie tranquille et quotidienne. Bref, du banal, excepté le cadre qui reste celui de la Fantasy avec ses êtres surnaturels, sa magie et ses codes…

Nous sommes dans la cité de Northshore où vivent en paix divers peuples « magiques ». Ainsi l’elfe noire Shana a renié son passé guerrier pour ouvrir une boutique d’armures non loin de l’herboristerie de la très fofolle Ambre, une fée ayant quitté ses mamans pour trouver un peu d’indépendance. Ambre souhaite illuminer Noël, autrefois appelée Yule, avec sa poussière magique mais catastrophe ! un inconnu assomme Ambre et plus de poussière ! Que faire ? Car seul l’amour peut produire la magique poussière féérique et Ambre ne va certainement pas tomber amoureuse de cette Elfe grincheuse et colérique…A moins que… ?

Ce court roman (environ 160 pages) s’apprécie comme un conte de Noel à la manière des téléfilms qui pullulent à cette période. Mais l’univers Fantasy fait toute la différence et apporte beaucoup de fraicheur à cette romance sucrée comme un bonbon qui se déguste comme un chocolat chaud sous la couette. En dépit de certaines touches plus sérieuses, LA MAGIE DE YULE constitue un divertissement totalement « feel good », prévisible et linéaire sans doute, mais avec beaucoup d’humour, de douceur et de paillettes. C’est sans doute un peu court, un peu classique mais le lecteur y prend plaisir et apprécie cette petite virée dans un monde magique et dépaysant.

En résumé un récit très fluide, très mignon, servi par une plume alerte et des dialogues pétillant dont l’unique prétention semble être de faire passer un bon moment au lecteur. Mission remplie.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Paranormal Romance, #Cosy Fantasy, #Humour, #LGBT

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Publié le 7 Avril 2026

BLADE: LES AMAZONES DE THARN de Jeffrey Lord (Manning Lee Stokes)

Richard Blade est un héros de roman de science-fantasy pulp, violent et sexy, typique du roman de gare « pour hommes » ayant connu de nombreux avatars dans les seventies. La série se montre imaginative et avance à un rythme soutenu mais, comme la plupart des séries de ce style mieux vaut ne pas en abuser sous peine de voir apparaitre les grosses ficelles. Dès lors, deux ou trois romans par an semble un bon rythme pour s’amuser et ne pas se lasser.

Ce volume en particulier se révèle bien ficelé, reprenant les intrigues élaborées dans les deux précédents tout en augmentant le quota de retournements de situation, d’aventures et d’action.

Comme toujours, nous débutons le récit par une scène londonienne et les explications quelque peu redondantes du principe de la « machine » d’exploration spatiale qu’emprunte Blade, sous la direction de J et Lord Deighton, pour se retrouver dans une autre dimension.

Cette fois Blade se retrouve à Tharn, un monde gouverné par des Amazones forcément sexy qui toutes, se languissent de la virilité de Blade. Car le bonhomme en possède une grosse, à rendre jaloux Rocco, et sait s’en servir. Ce qui s’avère pratique puisque la planète ne compte que des sous-hommes eunuques et des « lordsmen », autrement dit des hommes inférieurs. Car une guerre ancienne a conduit à l’extermination de quasiment toute la population mâle. Ce qui n’empêche pas les Amazones de vouer un culte assez entreprenant au phallus. Or, tout se petit monde attend impatiemment le retour de Mazda, pas la voiture, mais le dieu viril qui ressemble sacrément à Blade. Oh ben ça tombe bien alors…Dès lors Blade devient le protégé de la princesse nympho Totha…

On retrouve dans ce nouveau volume tout l’attirail coutumier de Blade : voyage dimensionnel, civilisation décadente peuplée de demoiselles lubriques, combats dans l’arène, etc. Le tout dans un mélange de fantasy, de médiéval fantastique et de science-fiction assez plaisant qui inclut des champs de force, une épée à la Excalibur fichée dans la roche, des prophéties, de la magie, etc. Peu à peu Blade assume ses fonctions de grand chef conduisant la défense des Amazones contre leurs ennemis…

Blade constitue donc une lecture sympathique quoique très classique : les thèmes et péripéties reviennent d’un bouquin à l’autre de manière très prévisible, l’auteur s’appliquant à reprendre la même formule qui, avouons-le, fonctionne plutôt bien. On retrouve ici le culte de la virilité triomphante, les jeunes filles peu vêtues toujours prêtes à succomber devant Blade qui, armé de sa bite et son épée, l’emporte toujours. De la science-fantasy d’aventures masculiniste et réjouissante, quelque part entre CONAN, GOR et JOHN CARTER, écrite par Manning Lee Stokes sous le pseudo collectif de Jeffrey Lord  

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Richard Blade, #science-fiction, #Fantasy, #Pulp, #Roman de gare

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Publié le 30 Mars 2026

A QUOI SONGENT LES PSYBORGS? de Pierre Barbet

Deuxième volet du cycle de Setni, tenu en grande estime par les amateurs de science-fiction rétro et jadis publié au Fleuve Noir. Notre enquêteur spatio temporel se retrouve donc sur une planète d’inspiration médiévale gouvernée par trois êtres tout puissants. Assimilés à des magiciens ils recourent, en réalité, à la technologie pour s’imposer comme les maitres de ce monde. Setni enquête, découvre les vérités cachées et vit de nombreuses aventures dans un style assez alerte et plutôt agréable, quelque part entre la science-fiction, la fantasy et le planet-opéra.

Ecrivain parisien étant venu à la littérature à près de 40 ans, Pierre Barbet a ensuite écrit près d’un roman par an jusqu’à son décès en 1995. Il laisse donc un vaste corpus (une trentaine de titres) marqués par des rebondissements nombreux et un rythme soutenu, typique de la littérature de gare du tout début des années ’70. L’inspiration mélange le space-opéra américain (à la Jack Vance) et un côté « Star Trek » ou « Doctor Who » prononcé qui, par la suite, nourrira les similaires (mais plus sexualisées) aventures de Richard Blade ou de Gor.

Rien de révolutionnaire dans ce petit bouquin mais l’assurance d’un moment agréable pour les nostalgiques et une intrigue menée tambour battant en moins de 200 pages.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #science-fiction, #Fleuve Noir Anticipation, #planet opéra

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Publié le 24 Mars 2026

LA MAISON DE L'HORREUR de Frédéric Dard

Publié en 1952 sous le pseudonyme de Frédéric Charles dans la collection « la loupe », LA MAISON DE L’HORREUR sera rééditée quarante ans plus tard dans un volume intitulé ROMANS D’EPOUVANTE sous le véritable nom de Frédéric Dard. L’auteur de SAN ANTONIO a, en effet, écrit dans ses jeunes années une poignée de titres d’inspiration horrifique comme cette MAISON DE L’HORREUR plutôt classique mais efficace de par sa brièveté (144 pages !). L’intrigue débute par un accident de voiture impliquant deux jeunes gens. L’un périt, l’autre survit mais, désorienté, cherche refuge dans une étrange demeure pourvue de divers systèmes dissuadant les visiteurs d’y entrer et, surtout, d’en sortir. Le maitre de maison, un nain mégalomane, y poursuit d’étranges expériences et l’infortuné accidenté devient son cobaye.

Quelque peu « rétro » dans son déroulement, le roman adopte un côté très feuilletonnesque et pulp appréciable avec les conventions coutumières : maison isolée pleine de pièges farfelus, expérimentations délirantes d’un savant fou, surprises diverses et retournements de situation jusqu’au twist final. Ce-dernier s’avère aujourd’hui galvaudé mais suffisamment bien amené pour emporter l’adhésion. Le métier de Frédéric Dard suffit à assurer la réussite d’un livre sans doute mineur mais plaisant. On y retrouve en réalité la nostalgie des séries B horrifiques des années ’40 (sans doute une inspiration de l’auteur) proposée par les petits studios à la suite des succès de la Universal avec ses grands monstres. Le bouquin convoque donc les images de Bela Lugosi et autre Boris Karloff occupés à tripatouiller des produits chimiques dans un laboratoire constitué de bric et de broc. Et, dans l’ensemble, cela fonctionne et permet de passer un bon moment.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Horreur, #Fantastique, #Pulp, #Thriller

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Publié le 19 Mars 2026

BEHIND HELL de Hely Ka

Voici encore un roman catalogué Dark Romance mais qui serait sans doute plus à sa place dans le torture porn ou même le splatterporn.

Evy, une jeune femme de 22 ans, tombe en panne de voiture et se fait kidnapper par trois hommes qui l’emmènent dans un lieu secret où ils vont s’employer à la briser. A partir de là nous sommes partis pour une suite non-stop de violences sexuelles et de dégradations. Evy, rebaptisée Pissy puisqu’elle sert de toilette humaine à ses ravisseurs, subit des viols nombreux, des doubles pénétrations brutales, des fellations façon gorge profonde qui la font vomir, des sodomies forcées, etc. Très vite elle apprend à dire « maitre » et accepte les traitements subis mais l’arrivée d’un nouveau personnage, Silas, amnésique, remet tout en question. Il subit lui aussi les humiliations et les viols à répétitions mais ne perd pas espoir et une romance (ah quand même !) se noue entre lui et Evy dans cette ambiance de « proximité forcée ». Mais qui est réellement Silas ?

Etrange bouquin inclus dans la catégorie « romance » mais qui apparait surtout comme un catalogue de sévices et de brutalité. Toutes les perversions sont au programme (y compris le viol d’une fille de 14 ans par un homme surnommé l’anaconda vu la taille de sa bite) et l’autrice ne recule devant rien pour choquer. D’où une progression dans le trash qui culmine par le viol de l’héroïne par un chien à mi-parcours. Une fois cette étape franchie difficile d’aller plus loin et, à partir de là, le bouquin ressasse jusqu’à l’ennui (ou la nausée pour les plus fragiles) les mêmes scènes entrecoupées de passages sexuels entre les deux protagonistes.

Néanmoins le style se montre plus efficace et recherché que de coutume, avec des dialogues moins ridicules et même quelque touche d’humour. Sans oublier une alternance de point de vue classique mais efficace et des chapitres très courts qui rythment l’histoire en dépit du manque de rebondissement assez préjudiciable. En revanche l’ensemble n’avance pas vraiment, les réactions des personnages sont aberrantes (que ce soit l’héroïne nunuche ou le Silas à la fois jaloux et colérique qui reporte toujours la faute sur sa compagne d’infortune), certaines pistes ouvertes sont abandonnées et l’ensemble finit par ennuyer. Bref, un livre qui se lit surtout pour son côté choc.

Si on veut de la « romance » ce n’est sans doute pas le bouquin à conseiller mais pour les amateurs de récits extrêmes érotico-violents ça se lit plutôt plaisamment, du moins pendant 150 pages, la suite étant pénible jusqu’au happy end vite expédié. Encore une mauvaise pioche.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Dark Romance, #Horreur, #Erotique, #Porno, #Splatterporn

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Publié le 16 Mars 2026

DIX AMES PAS PLUS de Ragnar Jonasson

Traducteur d’Agatha Christie et proclamé « sauveur du roman policier à énigme » ou « monument du polar moderne », Ragnar Jonasson propose ici une intrigue située dans un petit village perdu d’Islande en 1985.

Le début est plutôt intéressant. Notre héroïne pas toujours franchement sympa, Una, se retrouve donc à Skalar, un bled archi perdu où ne vivent que dix personnes. Dont deux fillettes à qui elle va devoir faire la classe durant un an. Très vite Una découvre la petite communauté, s’installe tranquillement, pense voir un fantôme (la maison est supposée hantée depuis la mort d’une petite fille voici des années), tente de renouer vaguement avec sa meilleure amie restée à la capitale et  entame une petite romance avec le seul beau mec du coin. Faut avouer qu’il n’y a guère de choix si elle ne veut pas se payer une année d’abstinence. Comme nous sommes dans un roman policier (ah bon ?) un accident (ou un crime ?) se produit, pile à la moitié du roman. Aura-t-on droit à une enquête ? Pas vraiment. Le livre reprend son petit train-train façon chronique un brin social sur l’existence dans un lieu reculé.

Avec ses chapitres très courts le bouquin avance relativement vite. Encore heureux vu la platitude du récit. Le lieu isolé et les passages flirtant avec le fantastique laissaient pourtant espérer un peu de suspense mais le lecteur doit vite se rendre à l’évidence : en dépit de nombreuses pistes ouvertes par l’auteur tout cela n’est guère crédible. Et plus on avance plus l’ensemble apparait comme invraisemblable, peu aidé par des protagonistes unidimensionnels et stéréotypés. Et le mystère ? Résolu ou devrait-on dire expédié en deux ou trois pages dans un final bâclé. Bref, Ragnar Jonasson est loin de ses influences supposées, il apparait surtout comme un écrivain ayant voulu dépeindre l’existence dans un coin perdu de l’Islande au mitan des années ’80. Et puis il y a greffé une pseudo enquête policière en guise de justificatif. Mais ça ne prend pas et l’écriture très faible n’arrange rien. Le lieu choisi aurait pourtant permis un bon whodunit à l’ancienne…il faudra se contenter d’une petite histoire sans grand intérêt…

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Policier, #Polar, #Polar nordique

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