Publié le 8 Janvier 2026

CASSE CLOWN de Violaine de Charnage

Le « méchant clown » est devenu, en quelques années, un incontournable de l’épouvante. Depuis le Pennywise de Stephen King (dans ça), nous avons eu le Art des Terrifiers, les sagas des Killjoy et Camp Blood, dernièrement, Un clown dans un champs de maïs. Violaine de Charnage nous en propose donc sa déclinaison dans sa dernière livraison, Casse-Clown, publié dans sa bien nommée collection « Le diable au gore ». Nous y avions découvert les excellents « Slasher Island » (et sa téléréalité revisitée de manière sanglante) et » Croak Creek Maniacs » (hommage gluant à Hershell Gordon Lewis).

Ce nouveau (court) roman se montre cette fois plus axé sur le fantastique et délaisse quelque peu l’érotisme explicite et le gore. Il reste toutefois réservé à un public averti. Le pitch ? Quelques quidams adeptes des Coulrophobes Anonymes décident, un jour, que la peur doit changer de camp. Ils partent donc rendre justice et, comme le titre l’indique, s’en vont « casser du clown ». Hélas pour eux, nos apprentis vengeurs s’en prennent à des adeptes de la magie noire issus d’un cirque déliquescent façon Massacres dans le train-fantôme. 

L’intrigue étant plus classique que dans les précédentes œuvres de Violaine, l’autrice bouleverse la structure pour maintenir l’intérêt. Alternance de point de vue entre les coulrophobes et leurs victimes, aller-retour entre le présent et le passé, origine des frayeurs, etc. Pas le temps de souffler durant ces 150 pages bien tassées qui se lisent d’une traite. Une fois encore, Violaine de Charnage conjugue références cinéphiliques, clins d’œil, touches d’humour (les coulrophobes se désolent de la sortie prochaine de Petrifier 11), fantastique démoniaque, horreur sanglante et rebondissements jusqu’à la conclusion surprenante et ironique. Une belle réussite.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Horreur, #Novella (roman court), #Gore, #Humour

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Publié le 5 Janvier 2026

THE ROYAL COVEN de Juno Dawson

Présenté comme une alternative à Harry Potter, THE ROYAL COVEN se révèle, en réalité, surtout une attaque en règle contre J.K. Rowling camouflé derrière un récit d’urban fantasy. Les premiers chapitres se montrent plutôt réussis et agréables, avec ce « coven » secret de sorcières et les relations qu’elles nouent entre elles et le possible avènement d’un maléfique sorcier, un garçon surnommé L’Enfant Impur. Malheureusement, une fois le « twist » dévoilé, tout part en sucette. Car Théo ne peut être ce méchant garçon puisqu’il se sent fille et demande à intégrer la sororité des sorcières. Ces dernières sont d’accord, surtout si elles sont noires, asiatiques ou lesbiennes…A l’exception d’Helena, la méchante sorcière blanche hétéro cis-genre qui n’accepte pas de considérer Théo comme une fille et lui refuse l’entrer dans le monde des sorciers.

L’analogie est claire ? Sans doute pas pour tout le monde puisque l’autrice la resasse durant tout le reste du roman. Et c’est bien là le problème : l’intrigue passe totalement au second plan, remplacé par un prêchi prêcha inclusif d’une lourdeur pachydermique. THE ROYAL COVEN aurait pu être un récit de Fantasy saupoudré d’un message « trans friendly » mais ici c’est tout le contraire : le message, asséné sans la moindre nuance ou finesse, occupe tout l’espace, relégant l’histoire à la portion congrue. Lorsque l’autrice se décide enfin à reprendre son récit elle expédie sa conclusion voulue explosive en quelques pages.

Un autre problème réside dans la caractérisation très juvénile des protagonistes : après avoir vécu de nombreux événements traumatiques et alors qu’elles sont âgées d’une quarantaine d’années, nos sorcières se comportent comme des adolescentes immatures, ce qui permet de balancer des références incessantes à la pop-culture (avec les Spice Girls en étendard !). Elles paraissent en outre uniforme et Juno Dawson semble incapable d’imaginer un personnage neutre ou nuancé : d’un côté nous avons toutes les gentilles sorcières issues de la diversité et des minorités (notamment sexuelles), de l’autre la très vilaine Helena. Entre les deux ? Personne !

En résumé, THE ROYAL COVEN aurait pu être intéressant si l’autrice avait proposé un véritable univers de fantasy au lieu de simplement livrer un décalque d’Harry Potter qui apparait surtout comme un véritable assaut à l’encontre de J.K. Rowling. Sous ce pesant « agenda politique » se niche sans doute un roman intéressant mais le message est trop présent, trop peu nuancé et trop bavard pour que l’on ait envie de poursuivre la saga, en particulier vu la médiocrité du final.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Fantasy, #LGBT, #Young Adults

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Publié le 3 Janvier 2026

QUAND NOS OS RETOURNERONT A LA TERRE de V. E. Schwab

Attention gros pavé et lecture captivante ! V. E. Schwab signe ici une très vaste saga qui s’étale sur près de 800 pages et cinq siècles.

Jeune étudiante lesbienne, Alice voit son destin basculer le soir où elle rencontre Lottie: après une nuit en compagnie de cette dernière, Alice se découvre vampire et assoiffée de sang ! Elle tente alors de retrouver la trace de la femme qui l’a transformée…Lottie, alias Charlotte, a, de son côté, rencontrée son amante au début du XIXème siècle, Sabine. La rebelle Lottie, après un chagrin d’amour, part à Londres pour la « Saison ». Lors d’un de ses bals des célibataires, elle rencontre Sabine, dont elle refuse d’être séparée. Celle-ci exauce son vœu en la changeant en vampire. Mais l’amour peut-il vraiment durer éternellement ?

QUAND NOS OS RETOURNERONT A LA TERRE alterne les points de vue de trois femmes qui vont se croiser, s’aimer puis se détester au fil des siècles. Car l’amour de Lottie pour Sabine finit par pourrier. Leur relation devient toxique, la première essayant d’échapper à l’emprise de la seconde sans toutefois pouvoir lui faire du mal. En effet, les vœux prononcés par les vampires les engagent à jamais. Et Sabine refuse de voir Lottie aimer quelqu’un d’autre…

En dépit de quelques longueurs, pratiquement inévitables vu l’épaisseur du récit, le roman offre un plaisir de lecture quasi constant. L’écriture est très agréable et les chapitres s’enchainent de manière fluide, dans une optique « young adults » mais avec un riche vocabulaire, des phrases plaisantes et beaucoup d’émotions, sans que l’ensemble ne soit jamais pesant. Le lecteur parcourt les années, de 1532 à 2019 en passant par 1827, les trois dates clés de l’intrigue, qui correspondent à la mort et à la renaissance des trois héroïnes.

Si on peut rapprocher  QUAND NOS OS RETOURNERONT A LA TERRE des chroniques vampiriques d’Anne Rice, le récit possède suffisamment de nouveautés et de variations pour maintenir l’intérêt. Les pouvoirs des vampires sont, eux aussi, agréablement développés, notamment la manière de « revendiquer » un territoire ou les serments qui engagent les créatures de la nuit de manière indéfectible.

Une très belle réussite !

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Fantastique, #Horreur, #LGBT, #Young Adults, #Paranormal Romance

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Publié le 30 Décembre 2025

LE TRONE DE VERRE de Sarah J. Maas

Deuxième essai pour la “reine » (hum !) de la romantasy Young adult. Evidemment ça ne pouvait être pire qu’UN PALAIS D’EPINES ET DE ROSE ? Pas si sûr. Nous avons droit une nouvelle fois à une intrigue d’une lenteur exaspérante qui s’étale sur 500 pages et ne constitue que le premier dixième d’une saga en dix volumes.

Et, une fois de plus, ça part mal. Nous avons une héroïne, Keleana, âgée d’à peine 18 ans et présentée comme la meilleure assassineuse (oui ça doit être le féminin inclusif branché d’assassin, bref) du royaume. Elle a passé une année dans les mines de sel où nul ne survit plus qu’une poignée de semaines. Elle a failli réussir à s’en évader mais a été reprise après avoir tué plus de gardiens qu’un John Wick en colère. Elle est alors conduite devant le Prince. Elle est toute sale mais s’en fiche…enfin pendant deux pages car ensuite elle est tout honteuse de se retrouver ainsi devant sa majesté. Heureusement la voici apprêtée, maquillée et pomponnée pour retrouver sa beauté. Mais attention, Keleana n’est pas simplement belle comme toute héroïne de romantasy qui se respecte, elle est d’une « beauté stupéfiante ». Elle fait tourner les têtes de tous les hommes et suscite la jalousie de toutes les femmes.

Mais il se passe bien quelque chose dans ce livre ? Non, pas vraiment. Nous avons droit au classique triangle amoureux entre Keleana, le prince et le capitaine des gardes. Elle hésite la coquine. Beaucoup. Tout le temps. Il faut dire aussi que le premier est très beau et aime la lecture. Et que le deuxième est très beau et…bon il est très beau quoi.

Donc, voici notre assassineuse forcée d’assassiner, dans un tournoi absurde organisé par le Roi qui se cherche un champion. Au lieu d’engager une vingtaine de super guerriers il les fait s’entretuer pour n’en garder qu’un seul. Logique. Bien sur Keleana n’aime pas ça. Elle a beau être soi-disant la meilleure tueuse du monde, avoir débuté son entrainement à 8 ans, elle se désole de devoir tuer. Enfin parfois. Car le personnage évolue d’un chapitre à l’autre au gré des envies de l’autrice qui ne sait pas trop quoi en faire. Elle pourrait s’évader (elle le répète souvent) mais si elle le faisait l’histoire se terminerait. Donc elle ne le fait pas. Notre assassineuse voulue super badass trop forte se révèle en fait une pimbêche immature, capricieuse, stupide et insupportable qui passe son temps à rougir, vomir (l’émotion !) et lancer des œillades aguicheuses à ses deux prétendus prétendants. Et, comme il s’agit du premier tome d’une décalogie (oh mon Satan !) on referme ce premier pavé sans avoir beaucoup avancé dans une intrigue insipide. Bref, poubelle et Sarah J. Maas aussi.

Certes, on pourrait excuser l’autrice vu son jeune âge au moment de la rédaction de cette histoire (16 ans) mais on admet moins facilement qu’elle n’ait rien amélioré (ou, si elle l’a fait, on n’ose imaginer la version initiale) lorsqu’elle a finalement publier le bouquin dix ans plus tard. Car en plus de proposer une intrigue risible et une héroïne insupportable, LE TRONE DE VERRE croule sous les redites et l’écriture a un niveau de vocabulaire pitoyable qui rend le tout proprement imbuvable. A fuir !

 

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Fantasy, #Romantasy, #romance

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Publié le 20 Décembre 2025

AMITYVILLE: L'ENQUETE ULTIME de David Didelot

Tous les « fantasticophiles » connaissent Amityville, paisible station balnéaire de la lointaine banlieue new-yorkaise jumelée avec Le Bourget. Pour les historiens, c’est de là que partit Lindbergh pour sa première traversée transatlantique. Pour les afficionados de l’épouvante, la bourgade reste célèbre pour une autre raison : la demeure d’Ocean Avenue, située au N°112, supposée hantée. Probablement l’affaire la plus connue du paranormal, au point que le logis a été surnommé « la maison la plus hantée d’Amérique ».

Résumons en quelques lignes : dans la nuit du 13 novembre 1974, Ronald DeFeo, âgé d’une vingtaine d’années, exécute ses parents et ses quatre frères et sœurs. Il sera condamné à six fois la perpétuité et mourra en prison en 2021. En 1975, une nouvelle famille, les Lutz, emménage dans la maison. Ils y restent seulement 28 jours puis affirment qu’ils furent harcelés pratiquement constamment par une force démoniaque. Jay Anson en tire un récit soi-disant authentique, devenu best-seller, suivi par une dizaine de livres (pour la plupart écrit par John G. Jones). L’affaire prend une envergure mondiale avec la sortie du film de Stuart Rosenberg, Amityville la maison du diable, en 1979. Son succès entraine sept séquelles d’un intérêt variable (Amityville 2 reste un des meilleurs métrages de possession) puis deux reboots en 2005 et 2017. Sans oublier plus de cinquante (!) petits budgets qui tentent de grapiller des miettes du succès et virent souvent dans le n’importe quoi assumé (Amityville In Space, Amityville Shark House, Amityville Emmanuelle,…). De nombreux livres d’enquête furent également publiés. David Didelot, fanéditeur et romancier bien connu, s’avoue obsédé par cette histoire à laquelle il a déjà consacré plusieurs zines et un excellent roman (« Destination Amityville »). Cette fois, il affiche l’ambition de livrer le compte-rendu définitif sur cette affaire et d’en démêler le vrai du faux.

Dans Amityville, l’auteur revient d’abord longuement sur le sextuple meurtre de DeFeo, probablement commis avec la complicité de sa sœur et rappelle les liens de cette famille avec la Mafia. Car, derrière la façade paisible, se cache une réalité moins reluisante composée de non-dits et de violence : fascination des armes, drogues, alcoolisme, délinquance,… L’auteur s’intéresse ensuite aux Lutz, soi-disant victimes de « 28 jours de terreurs » à Ocean Avenue. Là encore des individus moins parfaits que l’image d’Epinal ensuite véhiculée par le cinéma. Le gros morceau, « un formidable canular », annonce la couleur et tant pis pour ceux qui continuent de croire à cette histoire extravagante. David Didelot reprend la chronologie, les faits, les enquêtes des spécialistes du paranormal (dont les fameux époux Warren vu sans la saga The Conjuring), les contradictions des uns et des autres. A coup de citations toujours documentées et précises, il pointe les changements dans les témoignages des Lutz et révèle la vérité sur George Lutz, bien loin de l’innocent ignorant qu’il a présenté à la presse dans les années ’70.

Bref, Didelot démonte la supercherie et l’exploitation commerciale très lucrative de ce canular élaboré au cours d’une soirée bien arrosée. Mais il ne peut conclure sans évoquer la place prise par « l’icône des maisons hantées » dans l’inconscient collectif. Dès lors, la dernière partie du livre énumère la descendance littéraire de l’affaire et les (trop) nombreux films qui en furent tirés. Pour tous les amateurs de déconstruction du paranormal et les curieux de cette incroyable histoire, voici donc un ouvrage indispensable, rigoureux et très documenté qui met un point final à cinquante ans d’élucubrations et de charlatanisme.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Cinéma, #Fantastique, #Histoire vraie, #Paranormal

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Publié le 15 Décembre 2025

LES AVENTURES D’UN APPRENTI GENTLEMAN de Mackenzi Lee

Premier volet d’une trilogie de romans d’aventures historiques et de romance teintés d’un soupçon de fantastique, LES AVENTURES D’UN APPRENTI GENTLEMAN se déroule au début du XVIIIème siècle. Henry Montague, dit Monty, est, comme le titre l’indique, un apprenti gentleman et, surtout, un libertin débauché vivant dans le luxe et l’oisiveté. C’en est trop pour son paternel autoritaire, bien décidé à lui remonter les bretelles et à l’obliger à se prendre en main. Après avoir accompli son formateur « tour d’Europe », Monty s’occupera du domaine familial. Le voilà donc parti à l’aventure en compagnie de sa sœur, Felicity, et de son ami Percy, un métis dont il est secrètement amoureux. Mais le voyage ne sera pas de tout repos : Monty dérobe, par jeu, une babiole appartenant au duc de Bourbon. Ce-dernier se lance alors à la poursuite du trio…

Bien documenté, voici un excellent roman historique agrémenté d’une bonne dose d’aventures, d’une romance pas trop envahissante et d’un humour bien dosé. Le livre se termine d’ailleurs par une postface éclairante qui explique les « Tours d’Europe » mais aussi la place des femmes, des métis ou des homosexuels à cette époque.

Le récit reste cependant léger, sans lourdeur didactique ou militante, déroulant une très agréable aventure qui permet au lecteur de voyager à travers l’Europe du début du XVIIIème siècle à la poursuite d’un secret alchimique apportant une petite touche de fantastique bienvenue.

Les trois personnages principaux sont fort bien brossés et loin des héros « tout d’un bloc » souvent croisés dans ce genre de récit. Le bouillonnant, impulsif et parfois capricieux Monty est loin d’être parfait : il se montre irréfléchi, exubérant, provocateur, protégé par son titre et sa fortune. Il se refuse d’ailleurs à y renoncer, même par amour. A ses côté, le posé et bien conscient de sa situation peu enviable Percy apporte le contre-point nécessaire pour calmer ses exubérances. Enfin, la « belle et rebelle » Felicity rêve de poursuivre des études inaccessibles à une femme. Ils croisent des nobles français retors, des bandits de grand chemin et même une très charmante bande de pirates, véritables bras cassés des mers en quête de pardon. L’évolution des protagonistes est réelle mais également réaliste tout au long de l’intrigue et Monty apparait comme bourré de défauts sans jamais perdre son côté attachant. Les relations et les dialogues sont également réalistes : Felicity accepte l’homosexualité de son frère mais sans vraiment la comprendre ou l’encourager. Elle ne vit pas non plus de romance annexe et garde, tout au long du livre, son côté frondeur et énergique.

Notons également que pour un roman estampillé « Young Adult » la plume de l’autrice se montre élégante, raffinée sans tomber dans la pédanterie pseudo-historique, et qu’elle gère fort bien le rythme d’un récit au long cours de plus de 500 pages. D’autant qu’à la fin on a envie de poursuivre immédiatement avec le second tome, cette fois centré sur Felicity, la « lady rebelle ».

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Aventures, #Historique, #Fantastique, #Young Adults, #romance, #LGBT

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Publié le 8 Décembre 2025

POURVU QU'ELLE SOIT ROUSSE de Stéphane Rose

Journaliste, écrivain, humoriste, homme de radio et de télé, Stéphane Rose a écrit une vingtaine de livres sur des sujets divers : contre le couple et les enfants, pour le poil, sur les sites de rencontres et le vin,… Il est également auteur de nouvelles érotiques et a participé à diverses anthologies de la Musardine. Apparemment, Rose s’y connait puisqu’il a également rédigé « Osez devenir une bête de sexe ».

Bref, ici, en pile poil 200 pages il nous offre une ode à l’odeur des Rousses. Car, après sa découverte – sa révélation quasi mystique – des capacités des Rousses, notre bonhomme est convaincu : à bas les blondes, les brunes, les châtains et les autres aux couleurs improbables. Il ne veut plus gouter qu’aux chattes rousses. De vraies rousses forcément. Dont l’odeur intime l’excite. Il a découvert Anaïs, « jeune minette de 23 ans » qui le comble pendant deux ans, aime se faire fesser, enculer et couvrir de foutre en s’enfilant de gros godes. Et puis surtout elle est rousse.

Mais la passion se transforme en vie de couple et l’auteur n’en veut pas, comme 99% des auteurs parisiens qui œuvrent dans le même style, quelque part entre Houellebecq, Beigbeder et la collection Média1000. Rose aime les jeux sexuels, l’imagination et, forcément, il doit rompre. Cette rupture le laisse si malheureux que notre bonhomme veut repartir à l’aventure. Son unique envie est liée à l’odeur de sa conquête. Jeune ou moins jeune, belle ou non, il s’en fout :  « pourvu qu’elle soit rousse » il la veut par tous les trous. Mais comment faire ? Car la Rousse est rare et, sur une journée, on ne peut espérer en croiser que deux ou trois. Alors Rose s’inscrit sur un site de rencontre et y repère 1003 rousses. Dès lors, il les aborde après avoir envoyé 1003 mails pour leur poser diverses questions en vue d’écrire un livre (celui qu’on tient dans nos mains).

Rose en est persuadé, la « rouquine est coquine ». Elle mouille plus, elle suce mieux, elle est supérieure aux blondes et aux brunes dans tous les domaines intimes. Il veut les goûter, leur brouter le minou et se délecter du parfum naturel de leur foufoune flamboyante et de la senteur de leurs sécrétions. Evidemment, ce qui commence comme un divertissement tourne vite à l’obsession, voire à la monomanie et finalement au fétichisme. Quoique l’auteur refuse ce terme il érige un petit musée de la Rousse composé de culottes sales, soutifs et, surtout, d’une collection de poils pubiens. Car Rose aime le poil et se montre « nostalgique des belles mottes touffues d’autrefois ».

Bref, l’auteur possède une plume agréable pour raconter sa marotte et le bouquin navigue ainsi de manière curieuse entre autobiographie (fantasmée ?), roman érotico-porno et essai vaguement philosophique. Il décrit les coucheries de l’auteur durant les deux années de sa quête de la rousse parfaite. Le tout ponctué de références littéraires en plein grand écart puisque Rose convie, dans un joyeux désordre, Peter Süskind, une universitaire belge ayant étudié la « roussitude », Apollinaire et le hardeur français HPG. Entre autres.

Entre crudité et poésie, POURVU QU’ELLE SOIT ROUSSE navigue donc joyeusement : « Mets-moi une gifle, et fourre-moi ta queue dans la bouche avec autorité. Et si tu estimes que je te suce mal, remets-moi une gifle. Je suis ta pute, c'est le minimum que je te suce correctement, non ? ». Ou encore « «J'étais fou d'elle quand j'enculais Anaïs pour la première fois dans son petit appartement d'étudiante, en levrette et face à un miroir, dans le reflet duquel je la regardais gueuler son plaisir de se faire élargir l'anus sous une pluie d'injures et de claques sur les fesses. »

Au final, Stéphane Rose nous offre un bouquin sympa et marrant dans lequel il objective, au sens propre, la Rousse, forcément un peu sorcière puisqu’elle a, de manière naturelle, la chatte couleur de feu. Mais l’écrivain pose ses conditions : ses partenaires doivent être de vraies rousses car « quelle sottise, de se teindre les cheveux en roux! (…) Peut-on devenir nègre et crier sa fierté d'être noir après avoir passé du cirage sur sa peau blanche? Possible que l'on chante le blues un peu moins juste quand même… ». Pas question de butiner de la blonde ou de la brune. Mais pas des beautés aux cheveux châtains. Et pourtant « châtain rime avec catin ».

En résumé voici un porno rigolo et obsessionnel, une lecture avec carré blanc pour les hommes (ou les femmes) qui aiment les Rousses…

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Humour, #Erotique, #Porno

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Publié le 5 Décembre 2025

MATT SHAW: INTO THE WOODS

Le retour de « l’imagination la plus noire de l’horreur »…Matt Shaw s’est imposé comme un spécialiste du splatterpunk et du splatterporn avec des titres volontiers extrêmes. Sa spécialité ? La novella basé sur un concept classique mais agréablement détourné et des passages outranciers. Il s’est aussi fait remarqué par quelques critiques virulentes sur des sites comme Goodreads. On note ainsi « DÉGUEULASSE !!! Si vous écrivez ces livres, vous devez être complètement fou, complètement dingue. J'ai renvoyé ce livre et demandé un remboursement. Je ne lirai plus jamais rien de cet homme tordu et malade. » Bien sûr, difficile de résister à ce genre d’arguments…

Ici, le bonhomme nous emmène dans les bois à la suite d’une petite famille tranquille décidée à camper de manière sauvage. Car le papa n’a pas obtenu sa prime espérée et voilà le beau voyage à l’étranger dans un hôtel abandonné pour une petite tente à la campagne. Bien sûr, nos citadins tombent sur des tarés adeptes de la chasse à l’homme.

Intrigue classique mais bien ficelée, rythmée et habitée par des personnages intéressants, INTO THE WOODS se distingue évidemment par son horreur brute de décoffrage.

La scène culte (attention spoiler)…

 

Deux maniaques s’en prennent au couple en vacances. L’un viole la femme, l’autre enterre le mari vivant, lui laissant uniquement un tuyau relié à sa bouche pour lui permettre de respirer.  Mais le violeur décharge dans le tuyau, provoquant l’étouffement de l’enterré…

 

INTO THE WOODS n’est sans doute pas la meilleure réussite de Shaw et les surprises y sont rares mais le bouquin « fait le job » comme on dit. Equivalent littéraire d’une série B post-Délivrance des seventies (on pense à « The Prey », « Survivance », etc.) dans laquelle tous les curseurs sont montés au maximum, le livre souffre de défauts évidents (les dix dernières pages se limitent à une énumération de meurtres atroces) et d’une construction prévisible mais l’enthousiasme de l’auteur à vouloir choquer le lecteur à tout prix emporte l’adhésion…A condition de savoir à quoi s’attendre.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Horreur, #Novella (roman court), #Splatterpunk, #Splatterporn

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Publié le 1 Décembre 2025

LA QUETE ONIRIQUE DE VELLIT BOE de Kij Johnson

Publié de manière posthume, LA QUETE ONIRIQUE DE KADATH L’INCONNUE est un des rares textes au format du roman de H.P. Lovecraft. Il se situe dans l’univers des contrées du rêve, un versant plus axé sur la Fantasy du Mythe de Cthulhu même si on y retrouve certaines similitudes, comme la présence de Nyarlathotep, le Chaos Rampant. C’est un texte très descriptif, qui aurait sans doute demandé des révisions et du polissage, mais le décès de Lovecraft ne nous a laissé que cette œuvre disons…brute. Quelques beaux passages évocateurs mais une variation sur Alice et le Magicien d’Oz souvent très difficile à lire et pas toujours passionnante. Le roman a ses fans, je n’en suis pas, même si je lui reconnait certaines qualités.

Bref, Kij Johnson décide d’en offrir un reboot plus moderne. Pourquoi pas. Elle est femme et dans l’air du temps, sa réécriture sera donc féminine voire féministe car elle veut « explorer sa faille la plus patente : la place qu'il [HPL] y réserve aux femmes. »

Lauréate du World Fantasy Award pour cette relecture, Kij Johnson semble avoir réussi son pari et beaucoup de critiques se sont enthousiasmés à l’idée de lire un « pastiche lovecraftien » dont les principaux protagonistes sont des femmes. Lesbiennes, bisexuelles ou asexuelles en prime. Dans l’air du temps…Et pourquoi pas ? A condition que Kij Johnson ait autre chose à proposer que cette inversion des genres. Car son texte s’avère presque aussi difficile d’accès que celui de Lovecraft. Non par excès de complexité mais simplement parce qu’il ennuie. Beaucoup. L’intrigue est pourtant toute simple. Nous sommes dans le lieu commun le plus classique de la Fantasy : la quête d’un héros (ou d’une héroïne) partant à la découverte de contrées inconnues. Vellit Boe tente de retrouver une de ses étudiantes, partie avec un homme venu du monde de l’éveil. Comme Bilbo, elle part à l’aventure et nous avons droit à l’histoire d’un aller-retour jusqu’au royaume de ce bon vieux Randolph Carter. Lui il n’est pas cool. C’est l’idiot, l’homme blanc hétéro cisgenre misogyne. Il faudra très longtemps à Vellit Boe pour le rejoindre et c’est peu dire qu’on sent les pages passer, même si le tout fait seulement 180 pages…

Après la première vague de continuateurs lovecraftien (dont les œuvres furent jadis publiées dans de jolis recueils en France), le soufflet semblait quelque peu retombé. HPL était devenu, pour certains, persona non grata. En cause son racisme, son antiféminisme et son côté conservateur, voire réactionnaire. Le pauvre vit même son buste retiré des trophées de la Fantasy. Puis, depuis une dizaine d’années, est arrivé une nouvelle génération d’auteurs ambivalents, soucieux de proposer eux aussi des lovecrafteries mais policées, acceptables, débarrassées des « problèmes » des textes originaux. Encore une fois, pourquoi pas. LES AGENTS DE DREAMLAND ou LA BALLADE DE BLACK TOM ont prouvé qu’il était possible de proposer des textes relevant du Mythe de manière plus moderne et inclusive (pour ne pas dire « woke »). Mais, encore une fois, ils proposaient des récits novateurs  qui utilisaient à bon escient le Mythe. Or Kij Johnson (qui avait pourtant signé l’excellent UN PONT SUR LA BRUME) se limite à pomper le pauvre HPL en le rendant « compatible » avec les mentalités des années 2000. Et tout ça manque d’ampleur, de visions dantesques, d’émerveillement,…de tout ce qui est nécessaire à soutenir un voyage très plat. Et très long. Nous suivons donc notre héroïne sur presque deux cents pages joliment illustrées de. Deux cents pages de… rien. Du vide. Des péripéties reprises de Lovecraft mais sans la force de ses descriptions et le côté « ouah » de sa prose, aussi ampoulée qu’elle puisse parfois paraitre. L’impression d’assister à un « high concept » en pleine action. Genre « tiens si je réécrivais Jane Austen avec des zombies ? ». Ou « et si je mettais Abraham Lincoln et des vampires ensemble ? » Ou « et si je réécrivais un roman de Lovecraft avec une femme au lieu d’un homme tous les critiques bobo branleurs en gicleraient dans leur pantalon ».

LA QUETE ONIRIQUE DE VELLIT BOE est donc un remake fade, aseptisé, bien-pensant, politiquement correct, sans un poil qui dépasse et tellement progressiste qu’il en tombe des mains. On hésite entre le foutage de gueule et la colère. Un petit point pour les illustrations et les 20 premières pages, qui semblaient prometteuses. Le reste partira à la poubelle.

LA QUETE ONIRIQUE DE VELLIT BOE de Kij Johnson

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Fantastique, #Fantasy, #Lovecraft, #Attention c'est nul

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Publié le 23 Novembre 2025

CAPTAIN AMERICA EPIC COLLECTION: MONSTERS AND MEN de J.M. DeMatteis & Co

Gros volume scénarisé par DeMatteis, MONSTERS AND MEN se consacre à la période 1982 – 1983. Le scénariste semble décidé à jouer la carte de l’inadéquation de Cap vis-à-vis de la société sur le principe du « man out of time ». Ainsi, le héros se rend compte de la différence « entre le rêve américain et la réalité américaine d’aujourd’hui ». En parallèle, Sam Wilson renonce plus ou moins à jouer au Faucon pour briguer un poste de sénateur. Cap rencontre également différents vilains de seconde zone mais qui possèdent souvent un côté politisé dans leurs revendications. Le premier d’entre eux, EveryMan, donne le ton en se voulant la voix du peuple et de « tous les hommes ordinaires ». Ensuite, nous avons droit à un crossover avec les Défenseurs, suivi par une rencontre avec les motards de Team America (rien de passionnant) et une petite balade dans le monde du catch. Cap retrouve ensuite Nick Fury et ses Howling Commandos pour combattre des agents de Hydra et le monstrueux homme-rat Vermin. Différents Captain sont conviés par la suite ainsi que le Bucky anti-coco des années ’50, lequel se voit enfin identifié (Jack Monroe) et devient par la suite le nouveau Nomad. Cap affronte encore des néo-nazis, le fils du Baron Zemo, Arnim Zola, etc. Rien de déshonorant mais tout ça reste assez routinier. L’ensemble donne trop dans le « méchant de la semaine » pour passionner mais le contexte social et sociétal se montre, lui, plutôt pertinent pour du comic-book mainstream. Le héros découvre en quelque sorte la « vraie » Amérique avec ses inégalités, sa pauvreté, son antisémitisme, etc.

Le scénariste confronte également le héros toujours jeune au deuil via deux anciens amis de la Seconde Guerre Mondiale. Ils sont clairement en couple même si le mot tabou n’est jamais écrit, les comics des années ’80 ne pouvant (ou ne voulant) traiter le sujet.  

Parmi les meilleurs passages, la longue saga qui orchestre la rencontre entre Cap et Viper, aidé du Constrictor et Scarecrow, tandis que sa copine Bernie découvre enfin son identité secrète.

Difficulté de représenter l’héritage de Captain dans une époque plus compliquée, envie de représenter tous les Américains et de ne pas prendre parti, souci de défendre la liberté d’expression quoiqu’il en coûte (« noble et ignoble »),…Le scénariste opère le basculement du héros dans les années 80 et lui fait quitter le manichéisme antérieur, souvent pour le meilleur. Comme les dessins sont de très bonne tenue, l’ensemble apparait finalement (et en dépit des faiblesses précédemment mentionnées dans les actes super-héroïques) comme une belle réussite, certes avec ses hauts et ses bas mais globalement au-dessus de la moyenne.  

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