Publié le 15 Décembre 2025

LES AVENTURES D’UN APPRENTI GENTLEMAN de Mackenzi Lee

Premier volet d’une trilogie de romans d’aventures historiques et de romance teintés d’un soupçon de fantastique, LES AVENTURES D’UN APPRENTI GENTLEMAN se déroule au début du XVIIIème siècle. Henry Montague, dit Monty, est, comme le titre l’indique, un apprenti gentleman et, surtout, un libertin débauché vivant dans le luxe et l’oisiveté. C’en est trop pour son paternel autoritaire, bien décidé à lui remonter les bretelles et à l’obliger à se prendre en main. Après avoir accompli son formateur « tour d’Europe », Monty s’occupera du domaine familial. Le voilà donc parti à l’aventure en compagnie de sa sœur, Felicity, et de son ami Percy, un métis dont il est secrètement amoureux. Mais le voyage ne sera pas de tout repos : Monty dérobe, par jeu, une babiole appartenant au duc de Bourbon. Ce-dernier se lance alors à la poursuite du trio…

Bien documenté, voici un excellent roman historique agrémenté d’une bonne dose d’aventures, d’une romance pas trop envahissante et d’un humour bien dosé. Le livre se termine d’ailleurs par une postface éclairante qui explique les « Tours d’Europe » mais aussi la place des femmes, des métis ou des homosexuels à cette époque.

Le récit reste cependant léger, sans lourdeur didactique ou militante, déroulant une très agréable aventure qui permet au lecteur de voyager à travers l’Europe du début du XVIIIème siècle à la poursuite d’un secret alchimique apportant une petite touche de fantastique bienvenue.

Les trois personnages principaux sont fort bien brossés et loin des héros « tout d’un bloc » souvent croisés dans ce genre de récit. Le bouillonnant, impulsif et parfois capricieux Monty est loin d’être parfait : il se montre irréfléchi, exubérant, provocateur, protégé par son titre et sa fortune. Il se refuse d’ailleurs à y renoncer, même par amour. A ses côté, le posé et bien conscient de sa situation peu enviable Percy apporte le contre-point nécessaire pour calmer ses exubérances. Enfin, la « belle et rebelle » Felicity rêve de poursuivre des études inaccessibles à une femme. Ils croisent des nobles français retors, des bandits de grand chemin et même une très charmante bande de pirates, véritables bras cassés des mers en quête de pardon. L’évolution des protagonistes est réelle mais également réaliste tout au long de l’intrigue et Monty apparait comme bourré de défauts sans jamais perdre son côté attachant. Les relations et les dialogues sont également réalistes : Felicity accepte l’homosexualité de son frère mais sans vraiment la comprendre ou l’encourager. Elle ne vit pas non plus de romance annexe et garde, tout au long du livre, son côté frondeur et énergique.

Notons également que pour un roman estampillé « Young Adult » la plume de l’autrice se montre élégante, raffinée sans tomber dans la pédanterie pseudo-historique, et qu’elle gère fort bien le rythme d’un récit au long cours de plus de 500 pages. D’autant qu’à la fin on a envie de poursuivre immédiatement avec le second tome, cette fois centré sur Felicity, la « lady rebelle ».

Voir les commentaires

Rédigé par hellrick

Publié dans #Aventures, #Historique, #Fantastique, #Young Adults, #romance, #LGBT

Repost0

Publié le 8 Décembre 2025

POURVU QU'ELLE SOIT ROUSSE de Stéphane Rose

Journaliste, écrivain, humoriste, homme de radio et de télé, Stéphane Rose a écrit une vingtaine de livres sur des sujets divers : contre le couple et les enfants, pour le poil, sur les sites de rencontres et le vin,… Il est également auteur de nouvelles érotiques et a participé à diverses anthologies de la Musardine. Apparemment, Rose s’y connait puisqu’il a également rédigé « Osez devenir une bête de sexe ».

Bref, ici, en pile poil 200 pages il nous offre une ode à l’odeur des Rousses. Car, après sa découverte – sa révélation quasi mystique – des capacités des Rousses, notre bonhomme est convaincu : à bas les blondes, les brunes, les châtains et les autres aux couleurs improbables. Il ne veut plus gouter qu’aux chattes rousses. De vraies rousses forcément. Dont l’odeur intime l’excite. Il a découvert Anaïs, « jeune minette de 23 ans » qui le comble pendant deux ans, aime se faire fesser, enculer et couvrir de foutre en s’enfilant de gros godes. Et puis surtout elle est rousse.

Mais la passion se transforme en vie de couple et l’auteur n’en veut pas, comme 99% des auteurs parisiens qui œuvrent dans le même style, quelque part entre Houellebecq, Beigbeder et la collection Média1000. Rose aime les jeux sexuels, l’imagination et, forcément, il doit rompre. Cette rupture le laisse si malheureux que notre bonhomme veut repartir à l’aventure. Son unique envie est liée à l’odeur de sa conquête. Jeune ou moins jeune, belle ou non, il s’en fout :  « pourvu qu’elle soit rousse » il la veut par tous les trous. Mais comment faire ? Car la Rousse est rare et, sur une journée, on ne peut espérer en croiser que deux ou trois. Alors Rose s’inscrit sur un site de rencontre et y repère 1003 rousses. Dès lors, il les aborde après avoir envoyé 1003 mails pour leur poser diverses questions en vue d’écrire un livre (celui qu’on tient dans nos mains).

Rose en est persuadé, la « rouquine est coquine ». Elle mouille plus, elle suce mieux, elle est supérieure aux blondes et aux brunes dans tous les domaines intimes. Il veut les goûter, leur brouter le minou et se délecter du parfum naturel de leur foufoune flamboyante et de la senteur de leurs sécrétions. Evidemment, ce qui commence comme un divertissement tourne vite à l’obsession, voire à la monomanie et finalement au fétichisme. Quoique l’auteur refuse ce terme il érige un petit musée de la Rousse composé de culottes sales, soutifs et, surtout, d’une collection de poils pubiens. Car Rose aime le poil et se montre « nostalgique des belles mottes touffues d’autrefois ».

Bref, l’auteur possède une plume agréable pour raconter sa marotte et le bouquin navigue ainsi de manière curieuse entre autobiographie (fantasmée ?), roman érotico-porno et essai vaguement philosophique. Il décrit les coucheries de l’auteur durant les deux années de sa quête de la rousse parfaite. Le tout ponctué de références littéraires en plein grand écart puisque Rose convie, dans un joyeux désordre, Peter Süskind, une universitaire belge ayant étudié la « roussitude », Apollinaire et le hardeur français HPG. Entre autres.

Entre crudité et poésie, POURVU QU’ELLE SOIT ROUSSE navigue donc joyeusement : « Mets-moi une gifle, et fourre-moi ta queue dans la bouche avec autorité. Et si tu estimes que je te suce mal, remets-moi une gifle. Je suis ta pute, c'est le minimum que je te suce correctement, non ? ». Ou encore « «J'étais fou d'elle quand j'enculais Anaïs pour la première fois dans son petit appartement d'étudiante, en levrette et face à un miroir, dans le reflet duquel je la regardais gueuler son plaisir de se faire élargir l'anus sous une pluie d'injures et de claques sur les fesses. »

Au final, Stéphane Rose nous offre un bouquin sympa et marrant dans lequel il objective, au sens propre, la Rousse, forcément un peu sorcière puisqu’elle a, de manière naturelle, la chatte couleur de feu. Mais l’écrivain pose ses conditions : ses partenaires doivent être de vraies rousses car « quelle sottise, de se teindre les cheveux en roux! (…) Peut-on devenir nègre et crier sa fierté d'être noir après avoir passé du cirage sur sa peau blanche? Possible que l'on chante le blues un peu moins juste quand même… ». Pas question de butiner de la blonde ou de la brune. Mais pas des beautés aux cheveux châtains. Et pourtant « châtain rime avec catin ».

En résumé voici un porno rigolo et obsessionnel, une lecture avec carré blanc pour les hommes (ou les femmes) qui aiment les Rousses…

Voir les commentaires

Rédigé par hellrick

Publié dans #Humour, #Erotique, #Porno

Repost0

Publié le 5 Décembre 2025

MATT SHAW: INTO THE WOODS

Le retour de « l’imagination la plus noire de l’horreur »…Matt Shaw s’est imposé comme un spécialiste du splatterpunk et du splatterporn avec des titres volontiers extrêmes. Sa spécialité ? La novella basé sur un concept classique mais agréablement détourné et des passages outranciers. Il s’est aussi fait remarqué par quelques critiques virulentes sur des sites comme Goodreads. On note ainsi « DÉGUEULASSE !!! Si vous écrivez ces livres, vous devez être complètement fou, complètement dingue. J'ai renvoyé ce livre et demandé un remboursement. Je ne lirai plus jamais rien de cet homme tordu et malade. » Bien sûr, difficile de résister à ce genre d’arguments…

Ici, le bonhomme nous emmène dans les bois à la suite d’une petite famille tranquille décidée à camper de manière sauvage. Car le papa n’a pas obtenu sa prime espérée et voilà le beau voyage à l’étranger dans un hôtel abandonné pour une petite tente à la campagne. Bien sûr, nos citadins tombent sur des tarés adeptes de la chasse à l’homme.

Intrigue classique mais bien ficelée, rythmée et habitée par des personnages intéressants, INTO THE WOODS se distingue évidemment par son horreur brute de décoffrage.

La scène culte (attention spoiler)…

 

Deux maniaques s’en prennent au couple en vacances. L’un viole la femme, l’autre enterre le mari vivant, lui laissant uniquement un tuyau relié à sa bouche pour lui permettre de respirer.  Mais le violeur décharge dans le tuyau, provoquant l’étouffement de l’enterré…

 

INTO THE WOODS n’est sans doute pas la meilleure réussite de Shaw et les surprises y sont rares mais le bouquin « fait le job » comme on dit. Equivalent littéraire d’une série B post-Délivrance des seventies (on pense à « The Prey », « Survivance », etc.) dans laquelle tous les curseurs sont montés au maximum, le livre souffre de défauts évidents (les dix dernières pages se limitent à une énumération de meurtres atroces) et d’une construction prévisible mais l’enthousiasme de l’auteur à vouloir choquer le lecteur à tout prix emporte l’adhésion…A condition de savoir à quoi s’attendre.

Voir les commentaires

Rédigé par hellrick

Publié dans #Horreur, #Novella (roman court), #Splatterpunk, #Splatterporn

Repost0

Publié le 1 Décembre 2025

LA QUETE ONIRIQUE DE VELLIT BOE de Kij Johnson

Publié de manière posthume, LA QUETE ONIRIQUE DE KADATH L’INCONNUE est un des rares textes au format du roman de H.P. Lovecraft. Il se situe dans l’univers des contrées du rêve, un versant plus axé sur la Fantasy du Mythe de Cthulhu même si on y retrouve certaines similitudes, comme la présence de Nyarlathotep, le Chaos Rampant. C’est un texte très descriptif, qui aurait sans doute demandé des révisions et du polissage, mais le décès de Lovecraft ne nous a laissé que cette œuvre disons…brute. Quelques beaux passages évocateurs mais une variation sur Alice et le Magicien d’Oz souvent très difficile à lire et pas toujours passionnante. Le roman a ses fans, je n’en suis pas, même si je lui reconnait certaines qualités.

Bref, Kij Johnson décide d’en offrir un reboot plus moderne. Pourquoi pas. Elle est femme et dans l’air du temps, sa réécriture sera donc féminine voire féministe car elle veut « explorer sa faille la plus patente : la place qu'il [HPL] y réserve aux femmes. »

Lauréate du World Fantasy Award pour cette relecture, Kij Johnson semble avoir réussi son pari et beaucoup de critiques se sont enthousiasmés à l’idée de lire un « pastiche lovecraftien » dont les principaux protagonistes sont des femmes. Lesbiennes, bisexuelles ou asexuelles en prime. Dans l’air du temps…Et pourquoi pas ? A condition que Kij Johnson ait autre chose à proposer que cette inversion des genres. Car son texte s’avère presque aussi difficile d’accès que celui de Lovecraft. Non par excès de complexité mais simplement parce qu’il ennuie. Beaucoup. L’intrigue est pourtant toute simple. Nous sommes dans le lieu commun le plus classique de la Fantasy : la quête d’un héros (ou d’une héroïne) partant à la découverte de contrées inconnues. Vellit Boe tente de retrouver une de ses étudiantes, partie avec un homme venu du monde de l’éveil. Comme Bilbo, elle part à l’aventure et nous avons droit à l’histoire d’un aller-retour jusqu’au royaume de ce bon vieux Randolph Carter. Lui il n’est pas cool. C’est l’idiot, l’homme blanc hétéro cisgenre misogyne. Il faudra très longtemps à Vellit Boe pour le rejoindre et c’est peu dire qu’on sent les pages passer, même si le tout fait seulement 180 pages…

Après la première vague de continuateurs lovecraftien (dont les œuvres furent jadis publiées dans de jolis recueils en France), le soufflet semblait quelque peu retombé. HPL était devenu, pour certains, persona non grata. En cause son racisme, son antiféminisme et son côté conservateur, voire réactionnaire. Le pauvre vit même son buste retiré des trophées de la Fantasy. Puis, depuis une dizaine d’années, est arrivé une nouvelle génération d’auteurs ambivalents, soucieux de proposer eux aussi des lovecrafteries mais policées, acceptables, débarrassées des « problèmes » des textes originaux. Encore une fois, pourquoi pas. LES AGENTS DE DREAMLAND ou LA BALLADE DE BLACK TOM ont prouvé qu’il était possible de proposer des textes relevant du Mythe de manière plus moderne et inclusive (pour ne pas dire « woke »). Mais, encore une fois, ils proposaient des récits novateurs  qui utilisaient à bon escient le Mythe. Or Kij Johnson (qui avait pourtant signé l’excellent UN PONT SUR LA BRUME) se limite à pomper le pauvre HPL en le rendant « compatible » avec les mentalités des années 2000. Et tout ça manque d’ampleur, de visions dantesques, d’émerveillement,…de tout ce qui est nécessaire à soutenir un voyage très plat. Et très long. Nous suivons donc notre héroïne sur presque deux cents pages joliment illustrées de. Deux cents pages de… rien. Du vide. Des péripéties reprises de Lovecraft mais sans la force de ses descriptions et le côté « ouah » de sa prose, aussi ampoulée qu’elle puisse parfois paraitre. L’impression d’assister à un « high concept » en pleine action. Genre « tiens si je réécrivais Jane Austen avec des zombies ? ». Ou « et si je mettais Abraham Lincoln et des vampires ensemble ? » Ou « et si je réécrivais un roman de Lovecraft avec une femme au lieu d’un homme tous les critiques bobo branleurs en gicleraient dans leur pantalon ».

LA QUETE ONIRIQUE DE VELLIT BOE est donc un remake fade, aseptisé, bien-pensant, politiquement correct, sans un poil qui dépasse et tellement progressiste qu’il en tombe des mains. On hésite entre le foutage de gueule et la colère. Un petit point pour les illustrations et les 20 premières pages, qui semblaient prometteuses. Le reste partira à la poubelle.

LA QUETE ONIRIQUE DE VELLIT BOE de Kij Johnson

Voir les commentaires

Rédigé par hellrick

Publié dans #Fantastique, #Fantasy, #Lovecraft, #Attention c'est nul

Repost0

Publié le 23 Novembre 2025

CAPTAIN AMERICA EPIC COLLECTION: MONSTERS AND MEN de J.M. DeMatteis & Co

Gros volume scénarisé par DeMatteis, MONSTERS AND MEN se consacre à la période 1982 – 1983. Le scénariste semble décidé à jouer la carte de l’inadéquation de Cap vis-à-vis de la société sur le principe du « man out of time ». Ainsi, le héros se rend compte de la différence « entre le rêve américain et la réalité américaine d’aujourd’hui ». En parallèle, Sam Wilson renonce plus ou moins à jouer au Faucon pour briguer un poste de sénateur. Cap rencontre également différents vilains de seconde zone mais qui possèdent souvent un côté politisé dans leurs revendications. Le premier d’entre eux, EveryMan, donne le ton en se voulant la voix du peuple et de « tous les hommes ordinaires ». Ensuite, nous avons droit à un crossover avec les Défenseurs, suivi par une rencontre avec les motards de Team America (rien de passionnant) et une petite balade dans le monde du catch. Cap retrouve ensuite Nick Fury et ses Howling Commandos pour combattre des agents de Hydra et le monstrueux homme-rat Vermin. Différents Captain sont conviés par la suite ainsi que le Bucky anti-coco des années ’50, lequel se voit enfin identifié (Jack Monroe) et devient par la suite le nouveau Nomad. Cap affronte encore des néo-nazis, le fils du Baron Zemo, Arnim Zola, etc. Rien de déshonorant mais tout ça reste assez routinier. L’ensemble donne trop dans le « méchant de la semaine » pour passionner mais le contexte social et sociétal se montre, lui, plutôt pertinent pour du comic-book mainstream. Le héros découvre en quelque sorte la « vraie » Amérique avec ses inégalités, sa pauvreté, son antisémitisme, etc.

Le scénariste confronte également le héros toujours jeune au deuil via deux anciens amis de la Seconde Guerre Mondiale. Ils sont clairement en couple même si le mot tabou n’est jamais écrit, les comics des années ’80 ne pouvant (ou ne voulant) traiter le sujet.  

Parmi les meilleurs passages, la longue saga qui orchestre la rencontre entre Cap et Viper, aidé du Constrictor et Scarecrow, tandis que sa copine Bernie découvre enfin son identité secrète.

Difficulté de représenter l’héritage de Captain dans une époque plus compliquée, envie de représenter tous les Américains et de ne pas prendre parti, souci de défendre la liberté d’expression quoiqu’il en coûte (« noble et ignoble »),…Le scénariste opère le basculement du héros dans les années 80 et lui fait quitter le manichéisme antérieur, souvent pour le meilleur. Comme les dessins sont de très bonne tenue, l’ensemble apparait finalement (et en dépit des faiblesses précédemment mentionnées dans les actes super-héroïques) comme une belle réussite, certes avec ses hauts et ses bas mais globalement au-dessus de la moyenne.  

Voir les commentaires

Repost0

Publié le 16 Novembre 2025

SKINWALKER de Gabriel Katz & Steven Dondt

Le romancier Gabriel Katz (AETERNIA, LE PUIT DES MEMOIRES, EXCALIBER,…) s’essaie à la scénarisation de bande dessinée avec cette histoire complète en 92 pages (plus quelques recherches et croquis). De quoi traite ce récit ? De skinwalker, une variante des loups-garous issu des croyances amérindiennes et plus spécifiquement Navajo. Ces « marcheurs de peau » sont donc des métamorphes capables de se changer en monstres redoutables mais contre lesquels les balles d’argent se révèlent inefficaces. L’amateur a pu en croiser, sous le nom d’Animagus, chez HARRY POTTER, ou encore dans un épisode de la série « Supernatural » et dans quelques séries B horrifiques.

L’intrigue démarre donc en 1870, après un prologue mystérieux concernant un interné nommé Fletcher. Nous nous retrouvons donc à suivre une cantatrice en déclin n’ayant plus guère d’admirateurs à la quarantaine. Bref, elle « aurait dû en épouser un plus tôt ». Le salut viendra d’un de ses derniers fans, lequel lui lègue une propriété aux allures de château dans le Far West. Notre diva part donc, avec une grande quantité de bagages, pour la poussière et les dangers mais escortée par un pistolero vieillissant et sa nièce, Jo. Là, ils vont se heurter aux skinwalkers…

Classique et efficace, Gabriel Katz déroule une histoire prenante située dans un cadre western bien rendu par les dessins de Steven Dondt, au style personnel et percutant. Le déroulé transpose les incontournables du survival horrifiques dans le cadre du Far West, avec un côté sanglant et aride hérité du Western Spagh’. Le dernier tiers, sous forme de siège, évoque immédiatement « La nuit des morts vivants » ou, pour prendre une référence moins ancienne, « Dog Soldiers ».

Quelques notes d’humour émaillent ce scénario bien mené qui offre une progression rapide du suspense et une poignée de scènes saignantes pour une décoction entre western, fantastique et horreur  sur le mode du survival. Pas révolutionnaire mais très plaisant, voici une bande dessinée confectionnée à la manière d’une bonne série B des années ’80 (ce n’est pas péjoratif, que du contraire !) qui ne demande qu’à être adaptée pour l’écran tant son rythme et son découpage s’avèrent, déjà, totalement cinématographique. Une réussite.

Voir les commentaires

Rédigé par hellrick

Publié dans #Western, #Horreur, #Fantastique, #bande dessinée

Repost0

Publié le 11 Novembre 2025

BRASIER de Brandon Sanderson

Deuxième volet de la trilogie consacrée aux super-héros (ou plutôt, dans le cas qui nous occupe super-vilains) par Brandon Sanderson, on y retrouve les mêmes qualités que dans le premier opus, l’effet de surprise en moins. Mais ce n’est pas très grave tant l’ensemble est riche et addictif.

Nous sommes dans un univers science-fictionnel où nous suivons David Charleston qui « tue ceux qui ont des super-pouvoirs. » Mais David commence à s’interroger, voire à douter de sa mission aux allures de croisade. La mort de Cœur d’Acier, le tout puissant Epique, aurait dû faciliter la vie des habitants de Newcago mais, pourtant, rien de vraiment positif n’a suivi la mort du tyran. David part ensuite dans une autre ville dirigée par un Epique, Babylone Restored, alias Manhattan. Mais la redoutable Regalia règne sur la métropole de manière modérée et les habitants semblent se satisfaire de cette dictature éclairée. Pourrait-on accepter les directives des Epiques ? David recherche également Megan, alias Brasier, une jeune femme qui a jadis aidé les Redresseurs anti-Epiques. Pourtant, elle possède aussi de terribles pouvoirs. Ce qui n’empêche pas David d’en tomber amoureux.

BRASIER c’est du page-turner millimétré, avec ses rebondissements qui rythment l’intrigue toutes les 50 pages, ces révélations surprenantes et bien amenées, bref c’est du travail de pro. Et nous n’allons pas nous en plaindre. Sanderson connait son métier : il concocte une intrigue super héroïque décalée, quelque part entre THE BOYS et la SUICIDE SQUAD, avec des personnages plus grands que nature. Et il déroule une histoire prenante qui alterne avec une efficacité éprouvée les points de vue des protagonistes et passe d’une scène d’action explosive et très cinégénique à un moment intimiste ou un passage plus porté sur l’humour.  

L’écriture est entrainante et donne au roman un côté visuel qui laisse penser que cette saga pourrait constituer une superbe série télévisée ou un blockbuster pétaradant. Si ce deuxième volet ressemble parfois un peu trop au premier pour susciter la même adhésion inconditionnelle, il reste largement au-dessus de la masse et s’impose comme un incontournable du divertissement. En plus nous bénéficions d’une très bonne traduction qui nous offre une lecture vivante pour un gros pavé (plus de 500 pages) à dévorer quasiment d’une traite.

 

Voir les commentaires

Rédigé par hellrick

Publié dans #science-fiction, #Superhéros

Repost0

Publié le 7 Novembre 2025

COEUR PIRATE d'Erine Kova

Présenté comme de la « new romance » ou de la « romantasay » voici un livre qui, à priori, parait prometteur. La couverture, avec son navire voguant au vent, plutôt sobre, intrigue. Les 100 premières pages partent plutôt bien. Nous avons donc une belle jeune princesse, Victoire, qui veut se venger du pirate qui a jadis tué sa maman et qui, justement, se fait capturer par ce-dernier. Mais bon tout n’est pas aussi simple et il y a aura attirance façon « ennemies to lovers » parce que le simili Jack Sparrow est trop mignon.

Que dire sur ces 500 (cinq putain de cents) pages ? D’abord le côté Fantasy est inexistant. Il n’y a aucune construction d’univers, juste 2 ou 2 noms inventés qui auraient pu être des royaumes existant comme la France ou l’Angleterre. Il n’y a pas de magie, pas d’espèces différentes, pas d’elfes, rien. C’est simplement un cadre de romans d’aventures historiques mais bon on ne va pas se fatiguer à vérifier l’Histoire alors plaçons tout ça dans un monde imaginaire et on n’en parle plus.

Donc notre immature insupportable gonzesse se retrouve embarquée sur le bateau du loup des mers trop sexy après une cinquantaine de pages et ensuite…Bah ensuite il ne se passe rien. Ils se tournent autour, ils blablatent et tout fini par quelques scènes vaguement sexy dans le dernier quart de ce (beaucoup trop) gros pavé. Car bien sûr même si notre petite Victoire est plutôt dans la défaite à force de se faire humilier et maltraité par le pirate elle tombe quand même amoureuse de lui à mi-parcours. Classique.

Pour l’univers des pirates on repassera. Pour les rebondissements aussi. Pour l’action pareil. Ce qui s’annonçait comme un bouquin de fantasy teinté de romance et de cape et épée se révèle en réalité…une romance insupportablement mièvre sur un navire.

Lorqu’on voit le reste de la production de l’autrice (avec des titres comme MY ENEMY MY LOVER ou SO SEDUCTIVE) on comprend que la Fantasy et la piraterie ne sont qu’un emballage vite confectionné autour d’une énième histoire d’amour entre une nunuche sexy et un bad boy trop beauuuu.

Voir les commentaires

Rédigé par hellrick

Publié dans #Fantasy, #Romantasy, #New Romance, #Erotique

Repost0

Publié le 3 Novembre 2025

DEVIL GIRLS d'Ed Wood Jr

Un petit bled des Etats-Unis ayant le plus haut taux de délinquance du pays. Des bandes urbaines hors de contrôle qui vivent uniquement pour la drogue et la violence. Pas de doute nous sommes au Texas ! Les pires criminelles de la région sont sans doute les Chicks, un gang de jeunes filles qui effectuent des tentatives d’approches auprès de leurs homologues mâles. Une enseignante ayant tenté de s’opposer à la violence juvénile finit ainsi assassinée. Mais comment combattre les Chicks, se demande le pauvre Shérif Buck Rhodes, complètement dépassé par la situation. La situation s’envenime encore lorsque surgit Lark, un dealer infâme qui achemine des tas de drogues par bateau. Problème : il a besoin de s’allier les Chicks pour poursuivre son trafic. Pire, Lila, une ancienne Chicks, emprisonnée pour meurtre, s’évade et entame une croisade vengeresse contre la petite localité.

Publié en 1967, ce roman rondement mené démontre qu’avec davantage de budget Ed Wood aurait probablement pu délivrer des films plus solides. En littérature son imagination n’est pas entravée par des contraintes budgétaires ni de piètres comédiens. Ed Wood laisse donc libre court à ses envies : une atmosphère de luxure, un érotisme prononcé et une bonne louche de violences.

Le romancier convoquer ici tous les clichés de la sexploitation façon JD (pour Juvenile Delinquents) de l’époque. Il a recours à tous les arguments capables de titiller le lecteur masculin : voyeurisme, viol, brutalité, etc. Sans oublier un fétichisme affiché envers les vêtements (et encore plus les sous-vêtements) féminins. Et quelques répliques fun comme « je n’avais pas une bonne tête mais j’étais bonne au lit ».

L’ensemble se lit avec plaisir et n’a pas à rougir dans sa catégorie, que l’on pourrait résumer par « sleazy pulp hard boiled ». Ed Wood propose un récit cohérent, crédible dans les limites imposées, avec ses personnages relativement bien brossés, ses passages osés, sa violence cartoonesque et son écriture plutôt inspirée pour ce genre de paralittérature.

Autrement dit, nous sommes dans un polar d’action sexy, brut de décoffrage mais agréablement troussé (ah cet argot venu du fonds des temps !) et divertissant. L’intrigue, quoique basique, maintient l’intérêt durant un peu moins de deux-cents pages et l’ensemble s’avère agréable et, en un mot, fun ! A noter que le bouquin fut adapté au cinéma, de manière très amateur, en 1999.

Voir les commentaires

Rédigé par hellrick

Publié dans #Action, #Pulp, #Erotique, #Roman de gare

Repost0

Publié le 26 Octobre 2025

STIFF THINGS: THE SPLATTERPORN ANTHOLOGY

Voici une anthologie de nouvelles horrifiques particulièrement extrêmes donc à ne pas mettre entre toutes les mains. Si le splatterpunk se caractérise souvent, au-delà des mutilations sanguinolentes, par de nombreuses scènes disons…osées, ce recueil va encore plus loin. Publiée sous la bannière du « splatter porn », le lecteur sait à quoi s’attendre : du gore et du cul. Bref, ça va être dégueulasse et comme disaient les tontons « c’est du brutal ». Ou, comme l’écrivait un chroniqueur « voici de la comédie romantique feel good, sauf qu'elle contient beaucoup plus de fluides corporels et de sang et en fait aucune partie feel good. À moins de considérez la nécrophilie, le viol, la mutilation et la torture comme romantique ».

Les fragiles facilement offusqués peuvent donc préparer leur trigger warning… et se les mettre bien profond dans le fondement. Nous ne sommes pas dans le «  mummy porn », ni le « spicy ». Bref, ce n’est pas gentillet. Ni même pas érotique. Et si certains considèrent tout cela excitant une consultation psy s’impose peut-être. Evidemment, comme toutes anthologies de ce style, l’ensemble se montre inégale. On débute avec un « Modern Celebrity » plaisant dans lequel un couple recrute un sans-abri pour participer à un sex-show diffusé en direct sur Internet. Le lecteur comprend rapidement où l’auteur nous conduit mais le tout demeure efficace. La suite ? A boire et à manger…Les nouvelles combinent horreur extrême et perversions sexuelles de manière radicalement outrancière, au point de verser dans l’humour noir et de devenir drôles pour les plus dérangés. D’ailleurs les meilleures (ou du moins les plus mémorables) sont volontairement humoristiques : l’hommage à Iron Maiden (du moins dans le titre) « Charlotte the Harlot » et le clin d’œil à Robert Bloch avec « The Penis of Marquis de Sade ».

Bref, les auteurs sont pour la plupart inconnus mais on repère cependant Eric LaRocca (auteur de la brutale romance lesbienne THINGS I’VE GOTTEN WORSE SINCE WE LAST SPOKE) et Kristoffer Triana, récompensé de pas mal de prix dans le domaine du splatterpunk. Deux valeurs sures qui ne déçoivent pas.

Malgré un côté quelque peu répétitif (mieux vaut picorer ses récits de temps en temps et non pas les lire d’une traite) et quelques histoires peu intéressantes, cela reste une anthologie décente pour découvrir ce sous-sous-genre littéraire particulier. Et les histoires courtes lui conviennent mieux que les romans…

Voir les commentaires

Rédigé par hellrick

Publié dans #Gore, #Porno, #Splatterpunk, #Splatterporn, #Horreur, #Recueil de nouvelles

Repost0