Publié le 12 Décembre 2021

VIEUX DEMONS de Simon R. Green

John Taylor est un détective privé spécialisé dans la recherche d’objets perdus, un don né de ses origines puisque Taylor est natif du Nightside, le côté obscur ignoré de tous de Londres. Comme tous les privés, Taylor connait des fins de mois difficiles et l’arrivée de la très riche Joanna Barrett lui apparait donc comme providentielle. Joanna, en effet, lui propose une forte somme pour retrouver sa fille, adolescente fugueuse partit s’encanailler dans le Nightside. Taylor accepte donc de retourner dans ce territoire incertain…à ses risques et perils.

Avec ce premier tome de la saga Nightside, Simon Green n’invente rien mais démontre son talent évident pour sublimer ses influences. Son John Taylor (un hommage au bassiste de Duran Duran?) ressemble à John Constantine et il déambule dans un univers d’urban fantasy inspiré à la foi par le NEVERWHERE de Nail Gaiman et les classiques du polar comme LE FAUCON MALTE. Personnages peu recommandables, femme fatale entreprenante, magouilles, trahisons et rebondissements s’invitent donc tout au long de ses 250 pages de littérature divertissante plutôt bien troussée.

Le Nightside lui-même, quoiqu’à peine effleuré(laissons d’autres découvertes pour les prochains tomes), se montre convaincant avec son obscurité perpétuelle (il y est toujours 3 heures du mat’) et sa galerie de “freaks” déambulant dans ses ruelles inquiétantes. Plusieurs époques et lieux se côtoient avec plus ou moins de Bonheur dans ce quartier magique niché au coeur de Londres. Simon Green parsème l’intrigue de références plus ou moins évidentes, d’emprunts à la culture anglaise (celle, plus fantasmée que réelle ancrée dans l’inconscient collectif depuis “Chapeau melon et botte de cuir” ou “James Bond”) et d’arguments rock & roll, son héros rencontrant notamment le Dieu Punk du Rasoir ou s’enfilant une bière dans un pub bloqué à jamais dans les swingin’ sixties.

Mélange de polar façon série noire retro, d’urban fantasy horrifique gluante et d’humour bien senti, VIEUX DEMONS constitue une plaisante découverte, une lecture “facile” mais très agréable qui donne envie de se plonger rapidement dans la suite.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Fantastique, #Fantasy, #Horreur, #Polar

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Publié le 6 Décembre 2021

THE HAUNTED VAGINA de Carlton Mellick III

Bon, avec un tel titre, l’amateur comprend immédiatement à quoi s’attendre. Nous sommes dans le genre littéraire « weird » ou, plus encore, le « Bizarro », un style initié à l’orée des années 2000 et qui se veut l’équivalent du cinéma culte ou grindhouse. Proche du splatter punk, le tout se vautre joyeusement dans le gore outrancier et le sexe tordu mais, alors que le splatter punk se veut réaliste (avec en référence moderne le torture porn), le Bizarro joue surtout la carte du surréalisme et l’imagination complètement délirante des auteurs ne s’autorise aucune limite. Les influences sont donc Philip K. Dick, William Burroughs, le Ero guro japonais, le surréalisme, le gore, le porno, la SF,…bref tout ce qui est de mauvais genre et hors du mainstream avec l’envie de proposer une littérature extrême, délirante mais aussi fun et surtout bizarre.

Ici, nous assistons aux aventures sexuelles de Steve et de sa copine, la très chaude Stacy. Problème, cette dernière a une chatte hantée. Oui oui, cette fois Satan l’habite pour de vrai. Ou presque. En réalité, le trou d’amour de Stacy est un tunnel donnant sur un autre monde. D’où la stupéfaction de Steve, on le comprend, lorsque sa compagne accouche d’un squelette qui finit par se désagréger. Stacy a la solution : faire entrer Steve en elle. Littéralement. A coup de lubrifiant et de branlette frénétique la demoiselle distant son vagin au-delà des limites physiques acceptables. Même dans le porno crade on n’a jamais vu pareil dilatation. Donc Steve s’y engouffre et découvre l’existence, dans la foufoune de Stacy, de tout un univers façon Fantasy.

La première partie de ce court roman (une centaine de pages) est la plus réussie avec ses prémices hallucinantes et ses scènes étrangement sexuelles plus « what the fuck ? » (c’est le cas de le dire) les unes que les autres. La seconde partie est plus classique, le héros se retrouvant dans un univers plus conventionnel qui cultive les tropes de la fantasy. Il reste toutefois de bons moments, notamment lorsque le héros manque d’être noyé par un torrent de spermes alors que sa copine s’offre un coup d’un soir. Ou lorsqu’une séance de masturbation de la demoiselle a des répercussions dignes d’un tremblement de terre (ou de chair) dans son intimité. Au final, le lecteur passe un bon moment et reçoit, grosso modo, ce qu’il attendait d’un court roman intitulé THE HAUNTED VAGINA. Pour les amateurs de romans romantiques ou philosophiques choisissez un autre bouquin.

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Publié le 3 Décembre 2021

WHO WILL JUDGE THE HULK? d'Archie Goodwin, Harlan Ellison et Roy Thomas

Un demi-siècle ! Voici un beau voyage en arrière aux temps lointains de la Maison des Idées, ce que l’on dénomme à présent l’Age de Bronze. Pourtant, la plupart des scénarios ici proposés ne semblent pas datés et tiennent encore très bien la route. On y trouve évidemment quelques facilités et autres naïvetés d’un temps plus « simple » et sans doute plus manichéen. Mais cela ne gène pas le plaisir de lecture tant les différents chapitres sont enlevés et inventifs. Ils capturent la condition de Hulk, moins super-héros / vilain que paria en quête d’un remède à sa condition (comme le Werewolf by Night ou Man Wolf)…bref le Hulk évolue dans un univers qu’il craint de détruire, d’où ses difficultés à poursuivre sa relation avec Betty Ross. Les tentatives du Général Ross de le retransformer en Bruce Banner occupent, par conséquent, une bonne partie de ce run surtout que Mr Fantastic essaie lui aussi de lui rendre son apparence humaine. Souvent, malheureusement pour le Titan Vert, l’expérience fonctionne mais une menace l’oblige à se « sacrifier » pour laisser de nouveau parler la bête.

Les vilains rencontrés sont, eux, variés : le Leader, un cafard soumis à une évolution accélérée, le Caméléon et Hydra. Il aboutit également dans un monde subatomique dans lequel il tombe amoureux d’une souveraine à la peau verte, Jarella. Le Hulk se confronte également à quelques héros, notamment Doc Samson, les anciens X-Men Havok et Polaris, les Avengers (à l’occasion d’un crossover en deux parties), Ant-Man.

Dans un épisode mémorable, le Hulk est mis en jugement par une grande partie de la communauté super-héroïque mais trouve un défenseur en la personne de l’avocat Matt Murdock. La question n’est plus de séparer l’homme de l’artiste mais bien l’homme du Hulk. Autre réussite, le chapitre où, après avoir absorbé les particules Pym, notre géant se retrouve à la taille d’un Playmobil et doit combattre les rats lancés à ses trousses par Hydra. Très fun, d’autant que l’arc se poursuit dans le monde de Jarella où le Hulk devient une sorte de libérateur anticipant l’excellent PLANET HULK publié plusieurs décennies plus tard !

Si le pathos peut sembler pesant par moment (surtout lorsque l’on lit les différents épisodes à la suite), la qualité des scénarios proposés, l’art du montage et l’enchainement des cases emportent l’adhésion, aidés par des dialogues très convaincants qui ne sombrent jamais dans le ridicule. Cerise sur le gâteau de cette excellente collection, les dessins sont souvent formidables et constituent le meilleur de cette époque : dynamiques, précis et incroyablement expressifs par l’utilisation totalement maitrisée des ombres et autres lignes de mouvement.

WHO WILL JUDGE THE HULK s’avère donc un témoignage de la qualité que pouvait atteindre le comic « mainstream » au début des années ’70 et le lecteur serait bien en peine de trouver un seul épisode réellement faible dans cet épais recueil. Hautement recommandé !

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Comic Book, #Marvel Comics, #Marvel Epic Collection, #Superhéros, #Hulk

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Publié le 1 Décembre 2021

SERPENT de Paul Kemprecos & Clive Cussler

Paul Kemprecos lance, avec SERPENT, une nouvelle série dérivée de l’univers développé par Clive Cussler dans ses romans consacrés à la Numa. Il introduit ici un nouveau héros, Kurt Austin, lequel sauve une archéologue, Nina, attaquée au large du Maroc par de mystérieux individus. Une enquête détermine qu’elle n’est pas la seule membre d’une équipe archéologique à avoir été attaquée après une découverte. Mais quelle découverte est assez dangereuse pour justifier ces attentats ? La réponse ne se trouve-t’elle pas au fond des eaux, dans l’épave du paquebot italien Andrea Doria ?

Né en 1939, Kemprecos écrit des thrillers et des romans d’aventures (la plupart non traduits) depuis le début des années ’90. En 1999 il rédige, sous la houlette bienveillante de Cussler, le premier bouquin des « Dossiers de la Numa ». Kemprecos écrira les huit premiers avant de laisser la place à Graham Brown. Une autre série dérivée, centrée sur Juan Cabrillo et son navire l’Oregon sera lancée début des années 2000.

Kurt Austin n’est guère différent de Dirk Pitt : séducteur, collectionneur d’armes anciennes, courageux et patriote, il vit dans un hangar à bateau et se tient prêt, lorsque le monde est menacé, à partir en guerre contre les génies du mal et autres cinglés mégalomanes. Bref, toujours le même héros inflexible, entre James Bond, Indiana Jones et les super-aventuriers du pulp (Bob Morane et autres). Le principe à l’œuvre dans les « Pitt » se retrouve ici : l’auteur part d’un événement maritime authentique (ici le naufrage de l’Andrea Doria) et brode une intrigue mêlant aventures, techno-thriller et histoire, donnant à son lecteur un paquet d’informations sur les expéditions de Christophe Colomb. Tout comme Dan Brown (ce n’est pas un gros mot !), l’équipe de Cussler interpénètre faits réels, événements historiques, rumeurs et légendes pour aboutir à un bouquin rondement mené qui parvient à remplir à merveille sa mission de divertissement. On regrette toutefois une fin un peu expédiée qui se conforme à tous les clichés du genre (on n’échappe pas au méchant mégalo très satisfait de longuement exposé son plan plutôt que supprimer nos héros) et manque un peu de l’ampleur apocalyptique d’autres « Cussler » comme CYCLOPE ou RAZ DE MAREE.

Alors pour le fan de Cussler, SERPENT peut sembler très classique (son intrigue « bondienne » parait avoir déjà servi pour de nombreux romans de l’auteur) mais les chapitres courts et façonnés sur le mode du page-turner, à la manière des antiques serials (révélations, suspense et cliffhangers de rigueur) rend le tout distrayant. Pas le meilleur livre signé (hum) Cussler mais un bon départ pour les aventures maritimes de Kurt Austin.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Aventures, #Historique, #Technothriller

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Publié le 29 Novembre 2021

LA PETITE SIRENE (Les contes interdits) de Sylvain Johnson

Disons-le d’emblée, ce roman s’avère meilleur que LE VILAIN PETIT CANARD ou LE PETIT CHAPERON ROUGE dans cette même collection de contes interdits, ne serait-ce que parce qu’il suit l’histoire originelle de manière plus fidèle. Mais précisons tout de suite que nous sommes loin d’une grande réussite.

Ici, nous suivons le destin d’Angie, jeune fille atteinte d’une véritable maladie, la sirénomélie, surnommée « le syndrome de la sirène », qui a transformé ses jambes en une sorte d’appendice caudale. A sa naissance, rejetée par son père alcoolique, l’enfant est confiée à des forains qui vont la transformer en phénomène de foire et tirer parti de sa condition. Là, Angie se lie d’amitié avec un « garçon homard » et subit des viols à répétition par des pervers qui paient pour coucher avec une « sirène ». Elle finit par s’enfuir et trouve refuge dans un étrange palais habité par des nains.

Comme les autres titres de la série, ce conte interdit se veut horrifique et riche en passages osés. L’auteur étale donc pas mal de scènes chocs qui mêlent sexe et sang de manière très frontale. C’est d’ailleurs la principale qualité du bouquin : plonger dans la fange et offrir au lecteur son quota de scènes de viols et de tortures. LA PETITE SIRENE parvient ainsi à divertir lorsque le romancier joue à fond la carte de la perversité (la sirène se fait violer avec un harpon planté dans sa « queue », l’homme homard ébouillanté vivant,…) ou du délire, en particulier grâce à une bande de nains. Ceux-ci vivent dans un « palais des nains » où ils se livrent à toutes les turpitudes possibles. Faut dire que le nain s’ennuie. A part jouer dans Game of Thrones, Fort Boyard ou du porno hard-crad les débouchés sont minces. Alors il faut bien s’amuser et comme le chantait les VRP tripoter les « nénés des nanas des nains ».

Bref, ces aspects outrés peuvent paraitre ridicules, ils n’en sont pas moins plaisants et permettent de sortir quelque peu des sentiers battus. L’hommage plus ou moins volontaire au classique « Freaks » rend plus digeste un roman qui aurait cependant été plus réussi en sombrant encore davantage dans le porno gore rigolo. Ceux qui ont visionné les perles de cinémathèques que sont « La Baby Sitter violée par un nain » ou « The Sinful Dwarf » me comprendront. Notons toutefois que le bouquin se distingue aussi par son vocabulaire canadien dépaysant avec quelques expressions sympas (« hostie » ou encore « Viens moi dedans ! ») qui donnent le sourire.

Roman totalement invraisemblable mais en partie sauvé, justement, par ses péripéties délirantes, LA PETITE SIRENE aligne viols, tortures, perversions sexuelles et passages cradingues pour le plaisir de l’amateur de littérature déviante. Dommage que le tout se prenne un peu trop au sérieux (couverture classieuse et présentation prestigieuse) sans oser assumer jusqu’au bout ses orientations malsaines. On préfèrera donc relire un bon Gore ou un petit Karnage mais, au niveau des Contes Interdits, voici sans doute le bouquin le plus fun (pour l’instant).

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Erotique, #Gore, #Horreur

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Publié le 27 Novembre 2021

CLAYTON's COLLEGE de Connie O'Hara

Né à Gilly, en Belgique, José-André Lacour (1919  - 2015), fut un prolifique écrivain et dramaturge. Sous le pseudonyme collectif de Benoit Becker, il signe une demi-douzaine de romans dans la collection Angoisse puis, sous le pseudonyme de Marc Avril se lance dans une longue série d’espionnage, toujours au Fleuve Noir. Lacour s’essaie également à la science-fiction et multiplie les bouquins sous le nom de plume de Christopher Stork.

En 1948, il écrit un bouquin de cul, CLAYTON’s COLLEGE, qui subit les foudres de la censure. Soi-disant « traduit de l’anglais » et « venu des Etats-Unis », c’est José-André Lacour qui le rédige incognito. L’intrigue, étalée sur 124 pages, n’innove pas, du moins aujourd’hui, mais devait être plus originale à sa sortie : un collège de jeunes filles, une ambiance estivale chaude et moite (et même bien humide), un côté pesant dans l’atmosphère bien lourde de désirs réfrénés (enfin pas toujours) et de jeunes (pas si) innocentes.

Bref, « Connie O’Hara » inaugure la tradition de l’érotisme adolescent, des jeunes filles en fleur et des nymphettes peu farouches. Pas de doute aujourd’hui avec les conneries pseudo féministes, le retour de la censure, la cancel culture et le politiquement correct tout ça ne pourrait plus être possible. Le roman est en outre enrobé d’un côté « roman noir » et « polar », pas tellement dans l’intrigue (excepté lors du final qui verse davantage dans ce style) mais plutôt dans l’atmosphère.

L’ensemble se lit donc plaisamment, la courte pagination rend le roman assez enlevé et rythmé. Epoque oblige les passages osés ne le sont plus tellement, ils usent davantage de suggestions, laissent entendre plus qu’ils ne décrivent. C’est chaud mais nous sommes loin d’un Esparbec. Pas une mauvaise chose en ces périodes où le porno est partout ! Etrangement, retourner à davantage de retenue, à un climat de « non-dits » s’avère finalement plus intéressant qu’un déluge de mots crus.

Si l’histoire tourne cependant un peu à vide dans ses derniers chapitres et que la fin arrive de manière précipitée, CLAYTON’s COLLEGE mérite l’attention de l’érotomane curieux. Plaisant.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Erotique, #Roman de gare, #Roman court (novella)

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Publié le 25 Novembre 2021

GENITAL GRINDER de Ryan Harding

Empruntant son titre à un morceau instrumental de Carcass et adoubé par Edward Lee en personne qui nous avertit dans la préface du côté extrême du bouquin, ce recueil de nouvelles constitue une bonne surprise.

Le splatterpunk, genre littéraire totalement déjanté qui aligne à longueur de pages sadismes, tortures sexuelles et passages vomitifs, peut vite lasser, surtout dans la forme d’un roman. En optant pour le format court, l’auteur évite beaucoup d’écueils. Il prend d’abord le soin d’écrire de véritables nouvelles, avec une intrigue et des personnages, ne se contentant pas d’aligner les passages dégueulasses même si ceux-ci sont évidemment très nombreux. La première histoire donne le ton et parait de prime abord une variation sur une nouvelle jadis publiée dans le recueil HISTOIRES DE SEXE ET DE SANG : un homme ramène chez lui une obèse qui décède en pleine « action », s’écroulant sur son partenaire et le coinçant sur le lit. Ryan Harding dévie ensuite du scénario imaginé par le récit précité et propose une conclusion différente mais tout aussi crade. La deuxième histoire parait, elle, moins intéressante et sombre un peu trop dans le « full shocks ahead », impliquant un cinglé qui se sodomise avec une brosse de toilette tout en violant un cadavre en s’aspergeant de pisse. Ah oui j’avais oublié de mettre un avertissement. Bon tant pis. Comme disait l’autre « le lecteur est prévenu ». Nous retrouvons nos deux malades mentaux quelques pages plus loin pour un exercice de « snuff movie » avec viols et tortures à gogo.

La troisième histoire se révèle bien plus intéressante et plus proche de l’horreur mainstream (avec quelques détails « beurk » quand même) : un type découvre que son père était un tueur en série. Plutôt que le dénoncer, il imagine de tuer sa femme puis de faire porter le chapeau à papa. Mais tout ne se déroule pas comme prévu. Un très bon récit, enlevé, bien ficelé, aux twists nombreux et saupoudré d’une bonne dose d’humour noir qui oscille entre horreur et thriller. Rien que pour cette histoire, le recueil mérite la lecture !

Autre histoire d’humour noir : la relation qui se noue entre un jeune ado sexuellement frustré et un tueur en série qui garde un harem de proies féminines dans sa cave. Plutôt que de le dénoncer, le gamin décide de participer joyeusement à ses crimes. Un petit côté « Un élève doué » de Stephen King mais version courte et beurk à souhait avec les inévitables conventions du splatterpunk : viol, tortures sexuelles, cannibalisme et autres carnages.

La dernière nouvelle, qui tourne autour du bug de l’an 2000, des théories apocalyptiques et de l’art pouvant créer le réel se montre, elle aussi, efficace.

En résumé, un recueil plaisant pour découvrir le splatterpunk bien que, paradoxalement, la nouvelle titre soit la plus faible du lot.

 

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Erotique, #Gore, #Horreur, #Recueil de nouvelles, #Splatterpunk

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Publié le 24 Novembre 2021

UNE FILLE COMME LES AUTRES de Jack Ketchum

Dans la préface, Stephen King répète tout le bien qu’il pense de Jack Ketchum, chantre de l’horreur extrême et, à ses yeux, un des plus grands écrivains américains vivants (Ketchum décède en 2018). Il le rapproche également de Thomas Harris ou Jim Thompson. La spécialité de l’auteur consistait à s’inspirer d’un faits divers horrible pour accoucher d’une œuvre de fiction brutale. Il se fait ainsi connaitre avec le très gore SAISON DE MORT (ou MORTE SAISON), un des romans fondateurs du splatter punk. Mais UNE FILLE COMME LES AUTRES se montre beaucoup, beaucoup plus dérangeant, prenant place à côté du AMERICAN PSYCHO de Brett Easton Ellis ou du CORPS EXQUIS de Poppy Z. Brite parmi les bouquins les plus insoutenables de la littérature.

David, un garçon de 12 ans, rencontre un jour Meg, une jolie fille qui vient d’emménager chez sa tante Ruth en compagnie de sa sœur Susan encore handicapée suite à un grave accident de voiture. Ruth est une trentenaire charmante, un peu aigrie, un peu misandre mais finalement sympa, qui vit avec ses enfants, Donny, Willie et Woofer et offre des bières aux gamins du quartier. David aime bien Ruth et est copain avec ses fils. Peu à peu Meg devient le souffre-douleur de sa tante. David est témoin de la dégradation de leurs rapports mais ne fait rien et n’en parle à personne. Les adultes pensent sans doute que Ruth à la main lourde mais nul n’interdira jamais à un adulte de corriger un enfant n’est-ce pas ? Lorsque la situation commence à déraper, Ruth attache l’adolescente dans un petit abris anti-atomique. Avec ses fils et la complicité d’autres enfants du quartier elle va s’employer à humilier, torturer et violer Meg à longueurs de journées (et de pages puisque ces scènes occupent la moitié du roman).

Lauréat du Grand Master Award au prix Bram Stocker pour sa contribution exceptionnelle à l’horreur, Jack Ketchum n’utilise pas les conventions habituelles du genre. Un seul de ses livres recourt au surnaturel. Les autres parlent des vrais monstres, ceux qui sourient à leur voisin et qui ont l’air si gentils. Il s’inspire ici du meurtre de Sylvia Likens, tuée en octobre 1965. Un crime décrit comme « le plus sadique de l’histoire des Etats-Unis après une série de dégradations inimaginables ». Pour ceux qui estiment que Ketchum va trop loin (et il va certainement très loin) dans sa description des humiliations, violences sexuelles et autres tortures il précise dans la postface qu’il a « atténué la réalité ». La véritable histoire de Sylvia Likens fut relatée dans le film « An American Crime » avec Ellen Page dans le rôle. UNE FILLE COMME LES AUTRES fut également porté à l’écran en 2007.

Le roman de Ketchum constitue donc un gros coup de poing, un direct à l’estomac qui sans sombrer dans l’excès (et le grand guignol) n’occulte rien des tortures infligées à cette jeune fille pas comme les autres. Ce n’est pas une lecture facile ni agréable ni plaisante. Ce n’est pas un roman d’horreur gentillet avec des vampires, des loups garous ou des zombies. Ce n’est pas un bouquin qu’on referme en souriant en se disant « tout ça n’existe pas, c’était sympa mais là ça va ». C’est une plongée dans ce que l’Humanité est capable, une plongée dans l’ignoble et la dégueulasserie la plus éprouvante. Quasiment de la première à la dernière page il n’y aura ni répit ni espoir.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Horreur, #Thriller, #Histoire vraie, #Splatterpunk

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Publié le 22 Novembre 2021

OFFSHORE CONNECTION de Gerald Montgomery

402ème roman « Exécuteur » publié, OFFSHORE CONNECTION (n’eut-il pas été plus simple de garder le titre original de « Leviathan » ? ) constitue une agréable diversion des routines de la série. Mack doit, cette fois, intervenir sur un important site de forage pétrolier dans l’Océan Atlantique. La station Cassiopée est même considérée comme un état indépendant hors des juridictions nationales. Or, le pétrole n’y est qu’une couverture : on y trafique également de la drogue et la mafia et la CIA en font un terrain d’affrontements. Mais ce n’est pas tout car, pour ne rien arranger, intervient dans l’équation une bande de cultistes vénérant les étranges calamars géants qui nagent dans ses eaux. Nous voici donc entrainé dans un bouquin particulièrement délirant qui reprend quelques tropes de la saga de Mack Bolan mais les intègrent dans un récit plus vaste et plus original. L’auteur propose ainsi des clins d’œil prononcés à l’aventure façon 20 000 LIEUES SOUS LES MERS ou aux séries de science-fiction rétro comme « Voyage aux fonds des mers ». Bien sûr, la présence de cultistes et de monstres marins, fait immédiatement songer à Lovecraft et OFFSHORE CONNECTION ne se prive pas de plonger dans les territoires des Grands Anciens ou d’orchestrer un combat homérique entre un sous-marin et un gigantesque calamar. Pas spécialement vraisemblable mais qu’importe, l’essentiel reste le plaisir du lecteur !

Atypique et déjanté, OFFSHORE CONNECTION s’éloigne radicalement des conventions habituelles de la saga de Mack Bolan, lequel aurait d’ailleurs pu ne pas être présent. Nous sommes bien davantage dans un mélange de science-fiction, de fantastique référentielle et d’aventures à l’ancienne que dans les classiques guérillas urbaines typiques de nombreux « Exécuteur ». Une certaine idée du roman pulp, certes modernisé, mais qui renvoie davantage aux bouquins style Doc Savage qu’aux productions actuelles des « romans de gare ». Et ce n’est pas plus mal tant tout cela s’avère, dans les limites de ses ambitions, plaisant.

OFFSHORE CONNECTION de Gerald Montgomery

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Publié le 21 Novembre 2021

LA BELLE NUIT POUR UN HOMME MORT d'Henri Vernes

Ouvrage délirant, déjanté, rageur et rageux, LA BELLE NUIT POUR UN HOMME MORT porte la signature de  Charles-Henri Dewisme. Ecrit juste après la guerre et publié en 1949, encensé par Léo Mallet, le roman disparait ensuite des radars pour être republié soixante ans plus tard, sous le pseudonyme plus connu d’Henri Vernes. Car, en effet, le créateur de Bob Morane a également rédigé ce bouquin à ne pas mettre entre toutes les mains. Un condensé de cruauté, de nihilisme et de désespoir, parfaitement résumé par son titre explicite.

Brand va mourir, il l’a décidé. Il lui reste une nuit à passer sur terre, plus précisément dans un Paris postapocalyptique. Le jeune homme déambule, rencontre divers protagonistes et passe quelques temps aux côtés d’une demoiselle innocente qu’il s’amuse à pervertir et souiller à plaisir. Pourquoi ? Pour qu’elle accepte, par amour, de se sacrifier elle-aussi. Le bouquin s’avère noir, noir comme la mort, noir comme le souvenir. Et rouge sang. C’est de la littérature inclassable, coup de poing et coup de pied dans les burnes. Du polar brutal, une sorte de version déjantée et teintée de science-fiction (ou de fantastique) du fameux J’IRAIS CRACHER SUR VOS TOMBES de Vian.

L’œuvre est courte (140 pages), l’intrigue est mince, l’essentiel réside dans la charge au vitriol, le côté cruel (tout le temps), érotique (parfois), gore même… Nous sommes à l’opposé du côté gentillet et boyscout des Bob Morane. Ici, Henri Vernes se lâche, n’a jamais peur d’aller trop loin et de déverser sa bile, voire de vomir sa haine. Un flot dévastateur dont l’unique but semble être de tout emporter sur son passage, dans un tourbillon de rage. Du roman punk, qui crache à la gueule du lecteur avant de lui asséner un bon coup dans les valseuses.

Bref, une belle efficacité pour ce roman qui emprunte tout à la fois à la littérature « noble » (prétentions « littéraires » et considérations existentialistes incluses) et à tous les mauvais genres littéraires imaginables (polar, thriller, horreur, gore, fantastique, porno, science-fiction,…). Sa lecture n’est pas particulièrement agréable, ce tir de barrage laisse le lecteur quelque peu épuisé voir groggy. D’où sans doute l’envie ensuite de se replonger dans un bon vieux Bob Morane pour se détendre. Mais, dans l’ensemble, cette expérience reste mémorable et intéressante. A découvrir !

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