Publié le 23 Août 2021

LE COMBATTANT DE L'AUTOROUTE (UN LIVRE DONT VOUS ÊTES LE HEROS) de Ian Livingstone

Ce « défi fantastique » s’éloigne du cadre fantasy prisé de nombreux « Livre dont vous êtes le héros » pour proposer un environnement post-apo totalement pompé sur « Mad Max II ». En 2022 (demain quoi), une pandémie décime 85% de la population mondiale. Les survivants se répartissent rapidement en enclaves désireux de rebâtir un semblant de civilisation et en hordes barbares sans foi ni loi. Au volant de son Interceptor (!), le lecteur / joueur doit rejoindre une raffinerie pour ramener une précieuse citerne d’essence. Et c’est parti pour une longue traversée du désert sur des routes infestées de tarés en tout genre.

Le système de jeu est classique, c’est celui des « défis fantastiques », il est donc simple et bien rodé, ce qui évite d’interminables jets de dés. De plus, l’Interceptor dispose de nombreuses armes et, avec des stats correctes, il est possible de réussir l’épreuve en 3 ou 4 tentatives. Une petite carte des paragraphes étant, comme toujours, le meilleur moyen de progresser. Sans cela, le risque de s’égarer dans le désert est grand.

Les adversaires ne sont d’ailleurs pas particulièrement difficiles et comme l’Interceptor est équipée de quatre roquettes il ne faut pas hésiter à les utiliser. Sur l’aventure le lecteur / joueur devra réaliser une demi-douzaine de combats motorisés, deux ou trois affrontements à mains nues et quelques duels au pistolet. Ce qui donne un bon équilibre. Bref, si le véhicule adverse parait costaud, une roquette résout le problème et les vrais combats seront réservés aux adversaires moins puissants.

Un solide blindage est toutefois nécessaire, les possibilités de réparer son véhicule étant réduites. Le « boss final » (L’Animal) est prenable, même sans posséder de poing américain (qui donne un bonus de dégât appréciable mais encore faut-il le trouver).

Pour arriver à destination, le lecteur devra cependant se ravitailler en essence à trois reprises : trouver un bidon, un garage ou disposer d’un tuyau en plastique pour siphonner une épave sera donc indispensable. Sans cela la panne sèche est assurée et la mission se termine prématurément.

Par contre le bouquin ne demande pas de disposer d’objets précis pour être terminé, ce qui évacue une bonne dose de frustration ressentie avec de nombreux « livre jeu ». Au cours de son périple, il est également possible de sauver le président (façon « New York 1997 » le cynisme en moins) mais si le lecteur n’y parvient pas il n’encourt pas de pénalité.

Quelques pièges et explosions peuvent mettre un terme à l’aventure de façon brutale mais avec un peu de logique (savoir à qui faire – ou non – confiance), tout devrait se dérouler sans trop de difficulté.

L’essence permettra de conclure le récit : sans en posséder suffisamment, c’est fichu. Veiller donc à se réapprovisionner avant une trop longue route.

L’ambiance est bien retranscrite, les erreurs de traduction peu nombreuses et le roman se déguste comme une bonne série B d’action, offrant quelques heures de distraction sans qu’il soit nécessaire de reparcourir inlassablement le même parcours pour trouver la solution. Une bonne pioche pour ce « défi fantastique » original et fort agréable.

LE COMBATTANT DE L'AUTOROUTE (UN LIVRE DONT VOUS ÊTES LE HEROS) de Ian Livingstone

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Publié le 20 Août 2021

BATMAN REBIRTH TOME 10: CAUCHEMARS de Tom Kings

En 168 pages, ce tome qui comprend sept épisodes (Batman #61-63, #66-69) rassemble l’arc « Cauchemars », un récit assez particulier composés de textes pratiquement indépendants. Ceux-ci font suite à l’annulation du mariage de Bruce Wayne avec Selina alias Catwoman. Tom King se charge du scénario global qui, de prime abord, parait déstabilisant.

Dans le premier épisode, « Vraiment d’un seul coup », le scénariste imagine une uchronie : Bruce Wayne voit ses parents assassinés mais il existe déjà un Batman. Celui-ci va se charger de traquer le meurtrier. La conclusion n’en est pas moins cauchemardesque pour le petit Bruce.

La suite confronte Batman à Pyg dans une histoire aux graphismes très particuliers et colorés qui provoqueront l’adhésion ou le rejet sans condition. La fin nous dévoile une partie de la vérité : il s’agit d’une « métaphore, un mythe, un conte…un rêve ».

Ensuite Batman rencontre John Constantine tandis qu’il revit une partie de sa relation avec une Catwoman finalement abattue par un sniper.

La rencontre entre Batman et Cat’ est une nouvelle fois au centre du récit suivant, durant un long interrogatoire façon polar entre Selina et The Question.

Détour par le « film muet » pour la suite, une très longue poursuite entre Batman et un Joker assimilé au Coyote des dessins animés qui déclare simplement « bip bip ». Le tout illustre le mouvement perpétuel des deux ennemis se courant inlassablement après sans jamais pouvoir sortir du statu quo.

L’arc s’achève de manière plus humoristique puisque Selina et Lois Lane profitent d’un diner entre Bruce et Superman pour investir la Forteresse de Solitude au cours d’une soirée bien arrosée. La morale en est finalement simple, et sous-tend tout le récit : sans ennemi à combattre, Batman est inutile. Batman doit être Batman. Et le plus grand cauchemar de Bruce serait un monde pacifié dans lequel le Chevalier Noir n’aurait plus de raison d’être. On n’imagine donc pas Batman heureux…

Tom King arrive ici au terme (ou du moins à « un » terme) de son exploration de la psychologie et des névroses de Batman. C’est donc un arc important qui permet de préparer la suite mais qui peut déstabiliser par son côté « puzzle » et son intrigue éclatée. Cette dernière n’est amenée à ne faire réellement sens que si le lecteur l’envisage dans sa globalité. Elle gagne donc à être ainsi  rassemblée en volume et à se lire d’une traite, les passages plus faibles étant compensés par les plus réussis.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Batman, #Comic Book, #DC, #Superhéros

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Publié le 19 Août 2021

OSS 117: ARIZONA ZONE A de Jean Bruce

Ecrit en 1959 et réédité à plusieurs reprises, voici un roman original pour OSS 117, lequel quitte le temps d’une aventure, les terres de l’espionnage pour frayer avec la science-fiction. Le résultat n’est malheureusement pas très convaincant.

Hubert Bonnisseur de la Bath doit enquêter sur des événements étranges : des soucoupes volantes aperçues par plusieurs témoins apparemment dignes de foi dans un coin perdu de l’Arizona. Hubert rencontre par la suite un médecin, Howard T. Hanks. Ce-dernier a autopsié un extraterrestre et peut renseigner OSS 117 sur leur morphologie, semblable à celle des humains mais avec quelques différences permettant de les distinguer et les identifier. Hubert continue ses investigations sur les « Intrus » et découvre que l’alien décédé avait refusé de donner son sang lors d’une collecte organisée sur son lieu de travail. Il ne prenait pas, non plus, sa nourriture à la cantine. Voici donc un moyen de repérer les autres extraterrestres implantés aux USA. A force d’enquête, Hubert rencontre le chef des extraterrestres qui lui annonce une prochaine attaque de la Russie contre les Etats-Unis !

La suite ? Et bien la suite rappelle grandement les romans « à la Jimmy Guieu » (notamment les fameux E.B.E.), avec le plan improbable des aliens pour conduire à une guerre mondiale entre les Rouges et les USA. Pourquoi ? Pour posséder un monde dévasté mais encore colonisable évidemment. Tout cela n’est pas très crédible, ni très passionnant et cette tentative de plonger un héros de roman d’espionnage dans un univers science-fictionnel laisse dubitative. Quelques passages sympathique, un début plutôt réussi dans sa volonté de mystère (anticipant les « X Files » de quatre décennies) ne compensent pas une deuxième partie ratée. ARIZONA ZONE A possède néanmoins un côté nostalgique parfois appréciable. Mais le tout se montre plus daté que suranné et si les informations dispensées par l’auteur (qui s’est manifestement documentés sur le sujet) pouvaient intéresser les lecteurs du début des sixties, elles paraitront probablement lues et relues aujourd’hui.

Bruce livre toutefois l’une ou l’autre scène efficaces, voire étranges. Hubert ne se prive pas, par exemple, de tenter une expérience sexuelle avec une belle alien afin, bien sûr, de faire progresser la connaissance entre les peuples. Un roman déstabilisant, unique dans la série, qui marque au moins une tentative de Jean Bruce de renouveler les recettes établies. Même si le résultat ne fonctionne pas vraiment, on apprécie donc cet essai en rageant toutefois que ce mix improbable d’espionnage, de thriller conspirationniste et de science-fiction ne soit pas plus mémorable.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Aventures, #Espionnage, #Roman de gare, #science-fiction, #OSS 117

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Publié le 16 Août 2021

HALLOWEEN PARTY (FEAR STREET) de R.L. Stine

R.L. Stine, auteur de « Chair de poule », propose avec la série « Fear Street » des romans fantastiques et horrifiques dans un style similaire mais destinés à un public un peu plus âgé. Si « Chair de poule » se destine aux grands enfants, les « Fear Street » (publiés en France dans la collection « Peur Bleue ») sont davantage orientés vers les adolescents, pour des lecteurs de 13 ou 14 ans. On y rencontre donc les problématiques propres à cet âge : amourettes, rivalités, vie scolaire, etc. Ici, l’auteur présente un trio de personnages centraux : Cindy, la jolie malentendante, son amoureux Terry et son ex, le très arrogant Alex bien décidé à la reconquérir. Ce petit monde se voit perturbé par l’irruption d’une nouvelle venue, la trop séduisante Justine aux allures de sorcière sexy. Afin de mieux connaitre les gens de son école, Justine invite neuf d’entre eux (dont les précités Cindy, Terry et Alex) à une soirée d’Halloween qu’elle promet riche en surprise. Cette perspective accroit la rivalité entre Terry et Alex, lesquels prennent la tête de deux clans rivaux, surnommés les « poules mouillées » et les « sportifs ».

Surprises diverses, fausses morts et cadavres baladeurs, agression par les deux loubards du lycée,…la fête débute de manière mouvementée mais le Vaudeville prend rapidement un tour plus tragique, Cindy étant persuadée que cette invitation cache quelque chose de sinistre. Et si les intentions de Justine étaient moins innocentes qu’elle le prétend ?

R.L. Stine écrit pour un public qui n’est pas celui de Stephen King, encore moins celui de Clive Barker, Richard Laymon ou Jack Ketchum, il ne faut donc pas en attendre le même niveau de frissons. Mais, pour sa cible, HALLOWEEN PARTY offre exactement ce qui est attendu : un peu de romantisme, quelques touches humoristiques, un mystère prenant et quelques passages légèrement angoissants ou surprenants, beaucoup de chapitres (courts) se concluant par un petit cliffhanger sympathique. Les révélations finales, par contre, sont attendues et le motif de la soirée convenu. Mais ça ne détruit pas le plaisir ressenti. Pour une lecture distrayante à l’approche d’Halloween, ce roman s’avère donc plaisant : essentiellement destiné aux plus jeunes il saura également divertir les plus âgés par son écriture très fluide et son ambiance de la fête des morts bien rendue. Et puis, « à Fear Street c’est Halloween tous les jours ».

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Fantastique, #Horreur, #Jeunesse

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Publié le 12 Août 2021

BATMAN DETECTIVE TOME 1: MYTHOLOGIE de Peter Tomasi

Et voilà, le grand jour est arrivé : Detective Comics atteint son millième numéro ! Pour l’occasion débarque ce premier tome d’une nouvelle « série » chez Urban qui reprend la dernière ligne droite avant cet événement : les N° 994 à 999 de la saga du Dark Knight. Intitulé « Mythologie », cet arc commence pratiquement par une double page totalement iconique : un Batman tout en muscles et en ombres encrées voltige, accroché à son grappin, au-dessus des toits de Gotham. En légende : « un chevalier noir entend l’appel ». Belle entrée en matière…

Et voici le héros plongé dans une histoire sordide : la découverte d’un couple assassiné, maquillé et vêtu comme Thomas et Martha Wayne ! La prochaine victime sera Leslie, aide de longue date du protecteur de Gotham, victime du gaz hilarant du Joker. Puis Alfred est transpercé d’un coup d’épée par un inconnu affublé du costume de…Zorro ! Pas de doute, quelqu’un cherche à briser Bruce Wayne en s’attaquant à tout ceux qui l’ont conduit à devenir le Batman ! Qui peut bien s’en prendre ainsi à la « mythologie » du héros ?

Loin des enquêtes de la Bat family, ce début de run assuré par Peter Tomasi revient aux fondamentaux et, comme le suggère le titre choisi pour cette série, se concentre davantage sur les talents d’enquêteurs du Caped Crusader. Le ton évolue d’ailleurs entre sérieux et humour, notamment lorsque le héros, prisonnier d’un aquarium géant peuplés de requins, s’en tire grâce à un gadget de son casque avant de voir surgir des…piranhas ! On se croirait presque revenu à l’époque de la série télé des sixties et on se demande si Batman possède encore sa bombe anti-requin…

Faisant écho à l’arc « Cauchemar » de la série BATMAN REBIRTH, le final réassène une nouvelle fois des vérités aujourd’hui acquises : la croisade de Batman ne connaitra jamais de fin, Gotham aura toujours besoin d’un Batman et Bruce ne pourra jamais vivre une existence normale.

Cependant, en dépit d’un récit efficace, l conclusion de cet arc laisse toutefois songeur et constitue indéniablement une déception. Elle accentue simplement l’impression (volontaire ?) que depuis quelques années Batman n’est plus seulement torturé et instable mais complètement cinglé. Et que la suspension d’incrédulité demandée au lecteur est de plus en plus conséquente…

Globalement, l’ensemble se lit sans déplaisir mais, comme mentionné précédemment, le final n’est tout simplement pas à la hauteur d’un véritable « batman détective ». Reste un arc plaisant, mouvementé, servi par des dessins de très bons niveaux et l’introduction, à la toute fin, d’un nouvel antagoniste, le Chevalier d’Arkham. Un début en demi-teinte mais suffisamment satisfaisant pour donner au lecteur l’envie de poursuivre les aventures du Chevalier Noir détective…

BATMAN DETECTIVE TOME 1: MYTHOLOGIE de Peter Tomasi

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Batman, #Comic Book, #DC

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Publié le 11 Août 2021

LA NUIT DES HOMMES LOUPS de Gilles Bergal

Né en 1954, Gilbert Gallerne est un vieux routier de la littérature populaire : il a signé (du pseudo de Milan) des romans chez Fleuve Noir Anticipation (LE RIRE DU KLONE), de son vrai nom des polars (notamment AU PAYS DES OMBRES, lauréat du prix du Quai des Orfèvres ou LES SALAUDS DU LAC pour le Poulpe),…Sous le nom de Gilles Bergal, il propose CAMPING SAUVAGE et CAUCHEMAR A STATEN ISLAND pour la collection « Gore ». Dans ce dernier, nous faisions connaissance avec Coogan, un enquêteur confronté à des créatures étranges. LA NUIT DES HOMMES LOUPS, hommage aux classiques de la lycanthropie (en particulier à HURLEMENTS, roman également publié chez Gore et adapté par Joe Dante), devait lui-aussi enrichir la collection « Gore » mais celle-ci s’est arrêtée avant sa publication. On le retrouve heureusement près de vingt ans plus tard à la Rivière Blanche.

Le détective Coogan, forcément un peu sur le retour (comme tout bon enquêteur de polar), doit, cette fois, retrouver un enfant disparu apparemment enlevé par son père. Mais l’affaire n’est pas aussi simple. Coogan va se confronter à une secte adepte des sacrifices humains dont les membres sont des…hommes-loups.

Voici un roman enlevé, avec une touche d’humour bienvenue, des personnages bien typés et des scènes énergiques (le recrutement d’un commando de mercenaires pour aller buter du loup-garou semble tout droit sorti d’un actioner des eighties). Le rythme rapide ne laisse guère le temps de souffler et les combats entre les hommes-loups et les hommes de guerre équipés de balles d’argents possèdent un souffle que l’on aimerait voir transposé sur grand écran, à la manière de « Dog Soldiers ».

Au lieu de sombrer dans la surenchère sanglante (souvent un brin stérile) de certains « Gore » (et assimilés comme Maniac, Trash et à présent Karnage), Bergal offre une intrigue efficace et des scènes d’horreur adroitement placées pour relancer une machine parfaitement huilée. Ceux qui ont jadis aimé CAUCHEMAR A STATEN ISLAND seront ravi de pouvoir enfin lire cette seconde aventure de Coogan, d’un niveau équivalent à la précédente. Bonne pioche !

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Fantastique, #Gore, #Horreur

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Publié le 10 Août 2021

LE MONSTRE DU LOCH NESS de Christian Jacq

Christian Jacq emmène son inspecteur intemporel, Higgins, en Ecosse pour une nouvelle enquête dont le principal suspect n’est autre que Nessie, le fameux monstre du Loch Ness. Deux corps ont en effet été découverts, étrangement mutilés. Très vite, la rumeur enfle, les médias s’emparent de l’affaire et les touristes affluent. Higgins, lui, reste pragmatique et méthodique, interrogeant divers suspects et adoptant une attitude plus terre à terre. L’inspecteur flaire l’entourloupe. Mais si le meurtrier n’est pas Nessie, qui peut-il être ?

La saga des « Enquêtes de l’inspecteur Higgins » s’inscrit dans une tradition de whodunit à l’ancienne, gentiment surannée et souvent teintée d’un climat empreint de fantastique, de mystère ou d’étrange. L’auteur se lance donc fréquemment sur les traces de John Dickson Carr ou de Conan Doyle. Quoique située à note époque, l’enquête aurait pu se dérouler voici un siècle sans qu’elle nécessite de réelle réécriture. L’essentiel du roman propose donc différentes rencontres avec des personnages pittoresques : le chef de clan des Highlands qui rêve d’un soulèvement contre l’Anglais, la responsable d’un petit musée local dédié à Nessie, le vieux libraire bougon, la nymphette virginale un brin foldingue, le paléontologue qui veut prouver l’existence du monstre, une sorcière locale escortée de son chien nommé Lucifer, etc.

Christian Jacq (précédemment dissimulé sous le pseudo de J.B. Livingstone lorsque le bouquin s’intitulait LES DISPARUS DU LOCH NESS) soigne son atmosphère écossaise sans lésiner sur les clichés : plats bizarres, dégustation de whisky à la chaine, châteaux, légendes et hantises,…Les Ecossais y sont décrits de manière caricaturale mais avec un côté chaleureux qui fait pardonner les outrances de l’auteur. De toutes manières, l’ensemble vise surtout à amuser et à donner le sourire. L’enquête en elle-même s’avère par contre moins palpitante : elle se contente d’aligner les entrevues des différents suspects jusqu’à ce que l’inspecteur énonce la solution (un brin décevante) dans le dernier chapitre. Un épilogue légèrement attendu mais plaisant achève toutefois sur une note positive ce petit roman plus agréable que passionnant, suffisamment rythmé et court pour assurer au lecteur un bon moment de détente, que ce soit à la plage ou au coin du feu.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Humour, #Policier, #Whodunit

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Publié le 26 Juillet 2021

POUR QUI RICANENT LES HYENES de David Rome (Joël Houssin)

Le Scum revient ! Toujours piloté par Joel Houssin, dissimulé sous le pseudo de David Rome, l’équipe de mercenaires d’élite corvéables et sacrifiables à l’envi, véritables ancêtres déjantés des Expendables, s’en va chasser du Nazi à Abidjan. Et le lecteur ne peut que se désoler du temps qui passe, nous privant des meilleurs méchants que la littérature populaire puisse utiliser : les savants fous ayant survécus à la fin du Reich et souhaitant tuer la majorité de la population mondiale en lâchant un super virus hautement (et sexuellement) transmissible. D’où une histoire abracadabrante de putes infectées prêtes à contaminer la moitié de la planète que les agents du Scum (dans le désordre des tarés sadiques, des tortionnaires nymphos et des baroudeurs assoiffés de sang) vont venir dézinguer. Parce que le scum ne fait pas dans le détail et tant pis pour les dommages collatéraux, « ils viennent démolir, ils viennent détruire ». Mitrailleuses et lance-flammes gagnent le droit de s’exprimer, discuter vient ensuite. Ou jamais. ;

David Rome défouraille toujours de manière aussi énergique, pas vraiment de temps à perdre, l’intrigue doit être bouclée en 185 pages et il faut y caser des tortures, de la violence, des scènes de sexe,…Bref, les éléments nécessaires à un bon roman de gare des eighties, sauf que Rome / Houssin pousse le curseurs dans le rouge comme il avait pu le faire avec son DOBERMANN. Le bonhomme ne se refuse rien et l’ensemble, outrancier à souhait, acquiert au final un second degré réjouissant et, pour les plus pervers, un humour des plus noirs. Politiquement incorrect jusqu’au bout des ongles, le livre vomit ses « salopes », « nègres », « putes », à la chaine et ne se soucie aucunement de correction, de langage châtier ou de style littéraire relevé. Bref, comme les précédents opus, POUR QUI RICANENT LES HYENES aligne les poings dans la gueule, les balles dans la tête et les bites dans le cul. Ames sensibles, bobos et social justice imbéciles s’abstenir.  

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Aventures, #Erotique, #Polar, #Roman court (novella), #Roman de gare, #Thriller

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Publié le 23 Juillet 2021

VERSAILLES OF THE DEAD - TOME 1 de Kumiko Suekane

Nouvelle série manga, VERSAILLES OF THE DEAD démarre de belle manière avec son thème uchronique (assez proche de la piteuse série Netflix « La révolution ») : quelque temps avant la Révolution, Marie Antoinette est conduite à Versailles pour devenir reine de France. Attaquée par des zombies, elle est décapitée et seul son frère jumeau, Albert, survit. Ce-dernier décide de prendre sa place et de vivre dans le luxe à la Cour. Toutefois, il apparait rapidement qu’Albert est plus qu’un homme : il ne peut mourir, comme en témoigne sa survie après une agression au cours de laquelle il est transpercé par une épée.

Mené tambour battant, ce premier tome ne nous laisse guère le temps de souffler : en dix pages le monde est défini, Albert prend la place de la Dauphine et l’histoire continue sur ses rails divergents. Pourquoi Albert joue-t-il ce rôle ? Qui est-il réellement ? Comment a pris naissance cette épidémie de non-morts ? Nous ne le saurons pas au terme de ces premiers chapitres qui proposent plus de questions qu’ils n’apportent de réponses.

En un peu moins de deux cents pages, l’auteur livre donc un récit touffu (presque trop !) qui mélange fantastique et histoire, avec magouilles politiques, jeux de pouvoir (notamment par Madame du Barry) et quelques touches plus légères, quasiment humoristiques, lorsque Albert voisine les belles dames de la Cour et découvre les fastes de Versailles.

Les zombies, eux, sont présents et confirment le côté uchronique de l’intrigue mais sans qu’ils deviennent envahissant. Un point positif à une époque où les morts vivants ont un peu trop tendance à être cuisinés à toutes les sauces.

Niveau dessin, ce manga est également très réussi avec des traits certes typiques du genre mais fins et précis. Les visages sont joliment dépeints, les proportions impeccables, les décors attrayants et montrent l’application de l’auteur qui ne s’est pas contenté d’arrière-plans hâtivement brossés mais a, au contraire, soigné la présentation et le décorum.

En résumé, ce premier volume très satisfaisant et intriguant donne envie de connaitre la suite, d’autant que la saga complète sera bouclée en cinq tomes, ce qui devrait éviter tout délayage inutile. Conseillé !

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Fantastique, #Historique, #Horreur, #Uchronie, #Manga

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Publié le 21 Juillet 2021

ATOMIC FILM de Vivianne Perret

Le tournage du « Conquérant » constitue la trame principale de ce récit. Le film, qui relate la vie de Gengis Khan (joué par John Wayne) est resté dans les mémoires, non par ses qualités cinématographiques, mais bien car son tournage va être responsable du décès prématuré de près de la moitié de son équipe : sur les 220 personnes, 91 développeront un cancer. De manière plus légère, « Le conquérant » est également cité comme un des exemples les plus marquants de casting improbable puisqu’aucun des comédiens jouant les Mongols ne sont asiatiques. En outre, ce fut un échec critique qui poussa le producteur Howard Hughes à vouloir en supprimer toutes les copies, rendant son visionnage quasiment impossible jusqu’à la fin des 70’s.

ATOMIC FILM relate cette histoire incroyable sous forme romancée. Au début des années ’50, la bombe atomique est une attraction : les touristes, à Las Vegas, assistent aux essais nucléaires et les enfants sont emmenés, par leur institutrice, observer les progrès des Etats-Unis dans le domaine des armes de destructions massives. On leur donne bien de petites pilules d’iode mais ça ne les empêchent pas d’avoir des symptômes bizarres et même de tomber malades. Les Amérindiens, eux, voient déjà les ravages de la pollution nucléaire. Et les fermiers, auxquels on répète que tout ça est inoffensif, commencent à douter lorsque le bétail meurt et qu’ils se mettent, eux aussi, à souffrir de diverses maladies. Le scandale sanitaire, organisé avec la complicité du gouvernement qui nie l’évidence des retombées, occupe environ la moitié du livre. L’autre partie étant consacrée à l’aventure du « Conquérant », deuxième réalisation de l’acteur Dick Powel et souhait de Wayne de s’attaquer au film épique, alors en vogue, mais de manière virile : Genghis Khan ne porte pas de jupette et son histoire aurait pu servir à un western.

Le roman relate donc ce tournage, dans un coin désertique de l’Utah qui frôle les 50°. John Wayne y apparait sympathique, honnête, bourru mais, finalement, droit et agréable. Il vient de tourner le western en 3D « Hondo », se trouve embarqué dans un divorce et une liaison qui, si elle était découverte, pourrait détruire sa carrière (un « scandale de mœurs » signifierait, en effet, la fin de son contrat). Cet homme simple regrette de s’être plié aux souhaits du studio et de n’avoir pas combattu durant la Seconde Guerre Mondiale. Conscient d’être un personnage, il souhaite parfois redevenir simplement Duke Morrison et non le héros américain John Wayne. Farouchement anticommuniste, il milite cependant, contrairement à Ward Bond, pour le pardon et souhaite engager les artistes de la « liste noire » ayant accompli leur peine. Bon vivant, il picole de la téquila avec les techniciens mexicains et insiste pour traiter tous les membres de l’équipe de manière égale, de la star au plus humble figurant, il aime également jouer aux échecs (il est même très bon) et s’avère plus cultivé et posé que son image de cowboy viril.

La dernière partie du livre nous montre l’évolution des personnages, rattrapés par la maladie, et tous ceux qui sont monté « dans le train des morts » après avoir rencontré « la sorcière rouge » comme dit John Wayne.

Le final, ironique, nous rappelle que les seules victimes des armes atomiques américaines après la défaite japonaise furent…américaine. Le gouvernement étant pleinement conscient des risques mais considérant les morts comme sans aucune utilité : Indiens, Mexicains, Mormons, fermiers, etc.

Une excellente lecture, divertissante et instructive, à conseiller aux amateurs de cinéma, d’histoire, de John Wayne et de récit incroyable mais vrai.  

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Cinéma, #Historique

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