Publié le 11 Mai 2022

NE DIS PAS QUE TU AIMES CA de Céline Tran

Un témoignage intéressant de la vie mouvementée de Céline Tran qui, de Vietnamienne de bonne famille réussissant à l’école, décide de devenir hardeuse. Elle prend ce métier comme un autre, avec ses bons et ses mauvais côtés, accepte de devenir un « objet » et gravit les échelons en ne disant non à aucune pratique. Elle décrit également son amitié avec le spécialiste du porno crad franchouillard, le célèbre Alan Payet.

Céline Tran, ex Katsuni, ex Katsumi (elle perd un procès avec une homonyme) plutôt que continuer tranquillement sciences-po se lance donc dans le X à 20 ans. Elle réussit à y percer et, ce qui est encore plus difficile, à en sortir. Strip-tease, photos coquines puis porno. Dès ses débuts, elle bénéficie d’un film à sa gloire, signé par Payet, L’AFFAIRE KATSUMI. Elle restera dans le circuit pendant une douzaine d’années et des dizaines de vidéos avant sa reconversion dans le «trad » (une apparition dans la série télé METAL HURLANT CHRONICLE et, surtout, un des rôles principaux de l’excellent thriller martial JAIL BREAK). Même en ayant seulement vu les trois prestations précitées (alors qu’elle compte 360 crédits sur imdb mais il doit y avoir pas mal de remontages divers), Céline Tran reste un cas à part dans le hard, ne serait-ce que par ses origines asiatiques. Dans une industrie de plus en plus encombrée de bimbos interchangeable (les mutations du secteur avec l’arrivée du net sont abordées), elle reste aussi un des derniers « visage » reconnaissable, avec les Ovidie, Oksana, Clara Morgane et Laure Sainclair. Un témoignage de l’époque, début des années 2000, où les hardeuses étaient invitées sur les plateaux de télé dans les émissions de seconde partie de soirée.

Céline Tran parle également de sa vie de famille, de ses aventures amoureuses compliquées, de la difficulté à séparer la femme de l’artiste. La vision du X est plutôt positive (contrairement à celle d’un PORN VALLEY par exemple), Céline Tran / Katsumu semble n’avoir pas connu d’expérience pénible (excepté sur un tournage où Rocco prendra sa défense) et avoir pris du plaisir dans le hard. On a un peu de mal à croire à cette vision presque idyllique de l’industrie : si les tournages sur les productions « de prestige » sont évoqués, les vidéos gonzos se passaient-elles de manière aussi « cool », entre adultes consentants ? Laissons à l’autrice le bénéfice du doute dans une histoire quelque peu « conte de fées pour jeunes filles libertines ».

Cette autobiographie reste donc intéressante en dépit de quelques réserves sur le côté édulcoré du monde du hard. Toutefois, l’écriture est efficace, fort plaisante, agréable à lire, une plume convaincante pour une artiste à présent reconvertie dans de nombreuses autres activités et que l’on peut retrouver, transformée en héroïne de BD gore, dans les DOGGY BAGS.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Autobiographie, #Cinéma, #Cinéma bis., #Erotique, #Porno

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Publié le 9 Mai 2022

VERS UN AILLEURS MEILLEUR de Johan Heliot

La SF ayant abandonné l’utopie depuis le début du XXIème siècle, voici une nouvelle dystopie destinée aux ados. A la suite d’une catastrophe et d’un effondrement généralisé (pandémie, réchauffement climatique et autres), la France est coupée en deux. Le Nord est soumis à une dictature “à la chinoise” avec points de crédits social et reconditionnement des récalcitrants. Le Sud est considéré comme une zone libre plus avantageuse. Mais il faut encore y parvenir. Après avoir perdu tout son crédit, Maya n’a d’autre choix que de fuir avec son petit frère autiste. En chemin le duo se voit aidé par un autre migrant, Arno. Ils auront bien besoin de ce coup de main pour traverser la zone désertique qui sépare le Nord du Sud.

Johan Heliot est productif. Très productif même. Une centaine de bouquins à son actif dont quelques déjà classiques comme la trilogie de LA LUNE SEULE LE SAIT. FAERIE HACKERS, DRAGONLAND, LE TEMPESTAIRE, le référentiel LA GUERRE DES MONDES N’AURA PAS LIEU…Autant d’œuvres plaisantes et souvent originales. VERS UN AILLEURS MEILLEUR parait, hélas, beaucoup plus conventionnel. La principale originalité réside dans la narration en alternance mais le cadre est, lui, très classique. Une sorte de Mad Max pour jeunes adultes qui se résume en gros à une fuite en avant vers le monde meilleur espéré par les protagonistes. Un contexte pas vraiment développé qui permet surtout à l’auteur d’asséner quelques réflexions sur l’état actuel du monde. Reste que le roman peine à vraiment passionner, on a connu Heliot beaucoup plus inspiré et on eut aimé davantage d’innovations ou de surprise.

Ensuite, même si ce n’est pas véritablement un défaut imputable au roman, lire encore une dystopie post-Effondrement à base de réchauffement climatique, de famine et de pandémie n’est pas le plus distrayant par les temps qui courent. Bien sûr, la science-fiction a, de tout temps, développé une volonté d’avertissement dans le but de sensibiliser le lecteur aux problématiques à venir (et même déjà présentes) mais le manque total d’espoir des écrivains de SF actuels n’incite guère à l’optimisme. Ils sont dans doute plus réalistes et lucides (ou mieux informés) que la majorité mais le résultat est là: pour le divertissement le lecteur repassera.

Bref qui aime bien châtie bien, VERS UN AVENIR MEILLEUR est un roman correct mais loin des plus belles réussites de l’auteur…que je remercie néanmoins pour l’envoi du livre.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Jeunesse, #Johan Heliot, #Post Apocalypse, #anticipation, #science-fiction

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Publié le 6 Mai 2022

SPIDERMAN: LA SAGA DU REDEMPTEUR de Peter David

Également connu sous l’appellation « La mort de Jean DeWolf », LA SAGA DU REDEMPTEUR reste un des classiques de Spidey, souvent reprise en haut des classements de ses meilleures aventures. Réalisée au milieu des années ’80, cette saga se distingue par une tonalité sombre et sérieuse éloignée des habituelles vannes lancées par l’Araignée préférée du quartier. Ici, le vilain, le Rédempteur (ou Sin-Eater) s’éloigne radicalement des super criminels folkloriques : c’est un taré, un vrai, qui se lance dans une croisade purificatrice armé d’un seul fusil à double canon. Au début du récit, notre Rédempteur tue Jean DeWolf, une des rares flics à apprécier Spiderman. Dès lors, ce dernier, qui porte à l’époque son costume noir, se lance à sa recherche, aidé par Daredevil et un policier et collègue de la défunte, le sergent Stan Carter, ancien du S.H.I.E.L.D.

Peu après, le Rédempteur fait une nouvelle victime, un juge ami et mentor de Matt Murdock. Par la suite, alors qu’il évite une balle lui étant destinée, Spidey provoque la mort accidentelle d’un passant…Devenu véritablement enragé, notre monte-en-l’air pourrait bien franchir la ligne rouge si l’Homme sans peur n’était pas là pour l’obliger à retenir ses coups.

Cet arc reste une pierre angulaire de la mythologie arachnéenne. Outre la mort d’un personnage importante, il marque aussi une collaboration accrue entre Spidey et DD, ce-dernier dévoilant à Peter son identité lors de l’épilogue afin d’égaliser les choses : DD a, en effet, percé à jour l’identité secrète de Spiderman en comparant son rythme cardiaque à celui de Peter. L’intrigue, entre polar et « vigilante », fonctionne parfaitement et la révélation concernant le Rédempteur se montre fort bien amenée et surprenante.

LA SAGA DU REDEMPTEUR se compose de deux parties, publiées dans « Peter Parker The Spectacular Spiderman ». La première, en quatre épisodes, va des N°107 à 110, la suite occupe les N°134 à 136. Cette séquelle, un peu moins réussie mais néanmoins très efficace, prend place un an après les premiers événements : le Rédempteur est un infirme, brisé physiquement et mentalement par Spidey. Libéré il ne trouve aucune possibilité de réinsertion et accepte de monnayer ses « mémoires » à un journaliste, ce qui suscite à nouveau la fureur de Spidey. Mais celui-ci se sent également coupable d’avoir rendu infirme son ennemi, ce que met à profit Electro. Plus classique, plus typiquement « super héroïque », ce coda à la saga n’en reste pas moins largement supérieur à la plupart des histoires de Spidey lues jusque-là.

En résumé, les deux volets de cette saga forme une belle et puissante réussite avec des dessins impeccables (et quelques clins d’œil comme la présence de Charles Bronson parmi les passants) et une intrigue pertinente qui n’a pas vieilli d’un iota. Définitivement incontournable d’autant que la saga complète a été rééditée dans un volume « discount » par Panini avec quelques textes de présentation, le tout pour 6,99 euros.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #BD, #Comic Book, #Hautement recommandé, #Marvel Comics, #Spiderman

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Publié le 2 Mai 2022

ET PUIS LES CHIENS PARLAIENT de Kââ

Nathan Waastresseles, un étudiant sans conviction et sans avenir, se traine dans Paris. Un jour, le voici convoqué chez le notaire : ce dernier lui apprend qu’il hérite d’une île perdue dans le Pacifique. Sans beaucoup hésiter, Nathan se rend sur place. Là, il rencontre un Japonais qui vit en reclus depuis la seconde guerre mondiale, assiste à des expériences bizarres et découvre que les chiens, scientifiquement modifiés, peuvent parler…

Prof de philo et auteur de romans populaire, Pascal Marignac (1945 – 2002) a signé sous différents pseudonymes : Kââ, Corsélien (chez Gore) et Behemoth (chez Maniac). ET PUIS LES CHIENS PARLAIENT constitue l’unique incursion de Marignac dans la science-fiction, le roman ayant trouvé sa place dans la mythique collection « SF » du Fleuve Noir (dans la branche « mystère »). Toutefois, celle-ci ne semble qu’un prétexte à conférer une étrangeté supplémentaire au récit. Le bouquin, en effet, reste essentiellement un roman d’aventures exotiques nimbé de mystère avec un côté Docteur Moreau assumé. Le tout se lit sans déplaisir mais ne peut prétendre égaler les productions « gore », bien plus inventives, de l’auteur.

On passe toutefois un bon moment dans cette île du Pacifique avec ce livre divertissant. Le lecteur regrette simplement que Marignac n’ait pas développé davantage un récit assez linéaire qui manque quelque peu de suspense ou de rebondissement pour emporter complètement l’adhésion. Mais le côté saugrenu des situations et la plume de l’auteur suffisent à rendre l’ensemble agréable.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Fantastique, #science-fiction

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Publié le 29 Avril 2022

LA PLANETE DES SINGES: INTEGRALE de Daryl Gregory & Carlos Magno

Ce copieux volume (reprenant trois tomes précédemment parus) se situe entre les préquelles récemment proposées au cinéma et la saga originelle des années 60/70.

Nous sommes environ 600 ans après la révolution simiesque menée par César et la situation s’est pacifiée entre les Hommes et les Singes, quoique ces derniers agissent de manière souvent supérieure. Cependant, l’assassinat du chef suprême de la Cité des Singes, un pacifiste convaincu, par un humain exalté remet en question toute la paix patiemment élaborée. Les singes vont dès lors se montrer davantage autoritaire et partir à la recherche d’antiques armes automatiques humaines supposées disparues. La course à l’armement reprend entre les deux espèces. Il apparait que le (ou plutôt la) coupable du crime se nomme Chaika. Après sa mort, la révolte gronde dans le clan humain de Southtown (rebaptisée avec dédain Skintown) et la leader humaine Sully éprouve bien des difficultés à préserver la paix.

LA PLANETE DES SINGES développe une intrigue traditionnelle mais bien menée qui se base sur l’opposition entre deux espèces, en alternant classiquement les points de vue des uns et des autres. Les actions des deux camps sont présentées, sans manichéisme, certains actes étant jugés nécessaires bien que condamnables. Si l’on penche évidemment pour les Hommes, le récit évite le dualisme outrancier et alterne passages intimistes (davantage orientés vers le drame ou la psychologie) et scènes d’action rondement menées avec, évidemment, quelques affrontements brutaux.

On peut regretter la fin ouverte un peu trop attendue (la série s’est encore poursuivi quelques volumes aux Etats-Unis) mais, dans l’ensemble, ces 280 pages se révèlent divertissantes et efficaces. Les dessins de Carlos Magno (qui a illustré ROBOCOP, HULK, SILVER SUFER, THE PHANTOM, TRANSFORMERS, KING KONG, etc.) sont réussis et l’écriture de Daryl Gregory (NOUS ALLONS TOUS TRES BIEN, MERCI) efficace.

Si cette bande dessinée n’est pas réellement indispensables, les fans de la saga cinématographique et de son univers seront toutefois ravis de s’y plonger. Un fort bon moment de lecture.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Comic Book, #Cinéma, #science-fiction

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Publié le 27 Avril 2022

T.I.M.E. STORIES: LE DOSSIER HEIDEN de Christophe Lambert

Le jeu de plateau scénarisé « T.I.M.E. stories », aux principes proches du jeu de rôle, invite les joueurs à incarner divers personnages à des époques variées. En effet, l’agence T.I.M.E. est une organisation chargée de garder l’Histoire sur ses rails et d’éviter toutes modifications intempestives du continuum. Le jeu est déjà riche d’une dizaine de scénarios, la particularité étant que si les joueurs échouent dans la mission assignée ils sont « rebootés » et recommencent l’intrigue (un peu à la manière cette fois d’un Livre dont vous êtes le héros…ou d’un jeu vidéo). Ils doivent également gérer le temps de jeu disponible pour remplir la mission. Bref, beaucoup de potentiel ludique et un contexte classique de la science-fiction qui a donné de belles réussites, on pense notamment aux séries télévisées « Code Quantuum » ou « Au cœur du temps » ou à la saga de littérature jeunesse TIME RIDERS. Et le roman qui nous occupe ? Il reprend les principes du jeu et les décline de manière littéraire.

Tess Heiden, jeune fille rebelle et violente, se voit recrutée par le mystérieux Rusk et soumise à une série de tests dans le but d’intégrer une agence gouvernementale secrète. Ayant réussi les épreuves, Tess rencontre le tout aussi énigmatique Bob. Ce-dernier lui apprend qu’elle se trouve à présent en 2469. Le voyage temporel est possible à cette époque mais la continuité temporelle doit être maintenue, certaines actions pouvant sérieusement mettre en péril l’Histoire telle que nous la connaissons. En compagnie de trois autres recrues (dont un extraterrestre), Tess est expédiée pour son premier run…dans le train privé d’Hitler.

Christophe Lambert s’empare de l’idée centrale du jeu pour un livre officiel qui permet aux curieux de découvrir l’envers du décor de l’organisation secrète T.I.M.E. Le résultat est-il réussi ? Oui ! Or, ce n’était pas gagné d’avance : on sait, par expérience, que de nombreux romans « spin off » se contentent d’exploiter une marque connue pour un résultat décevant. Ici, comme toujours, Christophe Lambert crée une intrigue intéressante avec suffisamment de clins d’œil pour contenter les amateurs du jeu (les noms des cocktails par exemple, quelques références disséminées dans le récit) mais sans perdre pour autant les néophytes. Les personnages sont bien dessinés, la romance amenée progressivement fonctionne et surprend tandis que l’action s’avère constante et le rythme alerte. Le principe de base du jeu est respecté : les protagonistes envoyés dans des « avatars » à travers le temps peuvent recommencer plusieurs fois une mission ratée. La première, en pleine Seconde Guerre Mondiale, peut paraitre classique (les « voyageurs du temps » semblent toujours confronté à ce dilemme, ou, pour citer Doctor Who « let’s kill Hitler ») mais rappelle avec bonheur l’excellent LA BRECHE qui révéla l’auteur. De toutes façons, le style du romancier reste toujours aussi efficace avec une gestion exemplaire de l’intimise et du spectaculaire. A ce sujet, l’inclusion de pages extraites du journal intime de l’héroïne se révèle une bonne idée : cela permet de garder un rythme soutenu tout en offrant suffisamment de background pour développer les personnages principaux.

Pour chipoter, le petit défaut réside surtout dans le dernier acte : le rythme s’emballe et la conclusion, quoique globalement satisfaisante, laisse le lecteur quelque peu sur sa faim. On eut aimé une suite mais, pour l’instant, celle-ci se fait attendre. Dommage car l’écrivain livre ici un roman plaisant et divertissant qui donnait envie d’en connaitre davantage sur l’agence T.I.M.E. En outre, les possibilités quasi infinies du déplacement temporel permettaient de revisiter avec bonheur cet univers riche.

Il faudra donc se contenter de ce tome unique, à déguster sans modération.  

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Christophe Lambert, #science-fiction

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Publié le 25 Avril 2022

LE BAL DU DIABLE de Nadine Monfils

Nadine Monfils nous propose ici un roman érotique et fantastique, sorte de re-visitation surréaliste des contes de fées. Bien sûr, la princesse n’en est pas une ! La très gourmande Nina, nymphomane sexy, pense toucher le gros lot en épousant un comte. Mais, une fois au château, Nina se retrouve prisonnière, répudiée par l’aristocrate et livrée aux désirs d’une floppée de personnages étranges et pervers.

Les adeptes du mommy porn ultra classique avec ses nymphettes bondagées par un patron séduisant peuvent passer leur chemin, LE BAL DU DIABLE ne joue pas dans le même registre. Certes, il s’agit d’un roman érotique, même carrément porno et cru, mais l’ambition est différente. Nous sommes ici dans le conte, le fantasme, la rêverie et rien de ce qui arrive à l’héroïne ne fait véritablement sens. Pas de véritable logique, pas de progression de l’intrigue de A vers B, uniquement des chemins de traverse, des détours et une suite de séquences osées et délirantes, souvent humoristiques. L’écriture est soignée, plutôt convaincante avec un mélange de passages évocateurs et d’autres plus explicite. Hélas, le bouquin, quoique court (180 pages) peine à tenir la distance et, à mi-parcours, l’autrice tourne en rond comme sa Nina qui passe d’une pièce à l’autre du château à la manière de Laure Sainclair dans « Labyrinth » (une des dernières réussites du porno franchouillard fantasti-cul).

L’aspect bizarre et surréaliste de ce BAL DU DIABLE demeure cependant intéressant avec quelques scènes amusantes et des dialogues aussi décalés que les situations décrites. Si tout ça n’est pas toujours convaincant cela reste donc, au minimum, une curiosité.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Erotique, #Fantastique

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Publié le 22 Avril 2022

MARVEL EPIC COLLETION: CAPTAIN AMERICA VOL. 12: SOCIETY OF SERPENTS

Tome 12 de la collection « Marvel Epic » qui permet de revisiter à prix modique l’Histoire de Marvel, voici donc les épisodes 302 à 317 de Captain America, associé à une courte histoire « sociale » tirée de Marvel Fanfare. Coscénarisée et dessinée par Frank Miller, cette intrigue à base d’incendiaires fonctionne agréablement avec un ton sérieux et un message patriotique et positif bien géré.

Par la suite, le recueil propose quelques intrigues au long cours. Dans la première Cap’, aidé de son partenaire Nomad, s’oppose à l’impayable mercenaire français Batroc (« sacre bleu ! ») lequel a réussi à lui voler son bouclier afin que Stane (l’ennemi d’Iron Man qui, à cette époque, a pris le contrôle de Stark Industries) recrée le fameux alliage indestructible. Jack Monroe, alias Nomad, est un de ses personnages mineurs à l’histoire compliquée : il fut le troisième Bucky avant de devenir le nouveau Nomad, un super héros terne au costume quelque peu ridicule. Son histoire personnelle a été retcon plusieurs fois mais tenter de suivre tout cela est fatigant et sans grand intérêt. On se contentera de dire que son partenariat avec Cap’ ne laisse pas de souvenirs notables.

Toutefois, ces épisodes restent agréables : Batroc – lui aussi assez risible – est un adversaire amusant, avec un code de l’honneur intéressant et une élocution hilarante à base de « m’sieu » et autres expressions datées se voulant franchouillardes. Il ne lui manque qu’une baguette et un accordéon. Bref, tout ça n’est pas spécialement génial mais, dans l’ensemble, cet arc se lit agréablement et offre au lecteur un bon moment : du comic-book divertissant, quelque peu old school (voire suranné) et des dessins de qualité.

Les dix épisodes suivants se consacrent à la Société des Serpents, un regroupement de super vilains inspirés par les reptiles. Nous avons également droit à l’apparition d’un autre vilain bizarre, Madcap, qui utilise un pistolet à bulles euphorisant, une sorte de dingue dans la tradition du Joker. Armadillo s’ajoute à la liste des criminels délirants : après une expérience il acquiert une force augmentée et une armure biologique qui le rend invulnérable. Il s’engage ainsi dans une fédération de catch utilisant des lutteurs avec des super pouvoirs (une idée géniale !). Le grand méchant ennemi du nationalisme, l’infâme Flag Smasher, est également présent et s’attaque carrément à la bannière étoilée ! Cap, forcément, voit rouge lorsqu’on s’en prend ainsi au symbole de la liberté ! Et les Serpents dans tout ça ? Ils se vendent au plus offrant, une belle bande de super-putes (pardon, de super mercenaires) qui commencent par assassiner Modok afin de se faire un nom dans le crime organisé. Ils manquent un peu de caractérisation mais le gimmick ophique s’avère amusant.

Les intrigues de Mark Gruenwald sont, dans l’ensemble, plaisantes mais n’évitent pas certains écueils en particulier l’abondance du texte, souvent redondant par rapport aux dessins. Le lecteur peut souvent survoler ces pavés textuels puisque les dessins, de qualité, se suffisent à eux-mêmes : à quoi bon décrire en trois phrases ce que l’on nous présente d’une simple image ? Mark Gruenwald invente pratiquement l’audiodescription dans la bande dessinée, sans doute pour affirmer qu’il œuvre dans le littéraire et le raffiné. Les membres de cette Société du Serpent sont haut en couleur (au propre comme au figuré) avec des costumes peu pratiques, voyant, flashy,…leurs pouvoirs sont, également, variables : l’acrobate de cirque Princesse Python ou Diamondback n’ont que des gadgets tandis que Asp et Rattler paraissent plus redoutables. Néanmoins, toute cette petite bande parait peu dangereuse (on pense aux vilains folkloriques de la série télé « Batman ») et le scénariste se concentre surtout sur les problèmes personnels du Cap. Alors qu’il est déjà épuisé par sa double vie de justicier et de dessinateur de comics, il s’installe une « hotline » afin de pouvoir agir dans toute l’Amérique, quitte à sacrifier sa vie amoureuse déjà bien perturbée. Le côté réflexif du dessinateur de Captain America (le comic book) qui, en réalité, est Cap lui-même amuse également mais se montre trop peu développé pour pleinement convaincre.

Dans l’ensemble, ce Marvel Epic fonctionne agréablement : rien de vraiment mémorable mais rien de mauvais ni même de moyen : une suite de bonnes histoires qui dosent habilement le mélodrame, l’intimiste, le spectaculaire et l’action. Un tome finalement très estimable et, surtout, très distrayant et fun, ce qui est (ou devrait être) la base pour un comic-book super héroïque.

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Publié le 11 Avril 2022

SABRE AU CLAIR ET PIED AU PLANCHER de Gérard De Villiers

Créateur du super-espion SAS et enfant terrible de la littérature de gare, éditeur de dizaines de séries qui firent les beaux jours des présentoirs avec leur couverture bariolée où se retrouvaient invariablement filles dénudées et armes de guerre, De Villiers nous raconte sa vie dans cette autobiographie fort plaisante. Il aligne évidemment toutes les outrances attendues (l’Homme, le Vrai, se vante à longueur de pages de ses innombrables conquêtes) mais, de manière plus instructive, revient sur ses débuts dans le journalisme. Il écrit d’abord pour un hebdomadaire d’extrême-droite puis dans diverses publications où il œuvre en tant que paparazzi, réexpliquant quelques-uns de ses « coups » les plus fumants, notamment la fameuse rumeur d’une Sheila ayant changé de sexe ! Certes, on eut aimé que De Villiers parle davantage de ses publications et de SAS mais le bonhomme n’est pas avare d’anecdotes, souvent amusantes, qui rendent la lecture de cette autobiographie plaisante. De plus, sa haine viscérale du communisme (et de la gauche de manière plus générale) le rend bien sympathique.

On le sait, comme il le répète, De Villiers était « trop engagé, c’est-à-dire pas assez à gauche ». Or, hélas, « la gauche est l’arbitre des élégances, elle dit qui admirer et qui vilipender ». Il affirme aussi que les deux périodes les plus douloureuses de son existence furent l’Occupation et l’arrivée des socialistes au pouvoir. Il fit front (national bien sûr), sachant que ça ne durerait pas tout en se lamentant de l’empoisonnement de la France par la pensée gauchiste. Nul doute qu’il aurait été ravi de voir aujourd’hui le PS plus bas que terre.

Finalement, De Villiers livre l’autobiographie qu’on espérait de lui : rythmée, nerveuse, haineuse, pleine d’aventures sexuelles, saupoudrée d’une louche d’humour et surtout hargneuse. L’auteur est véritablement déchainé et s’en prend radicalement à un paquet de personnalités : tout ce qui est bobo gaucho démago se voit dézingué rageusement avec une énergie qui donne le sourire au lecteur.

Mais le bonhomme, en dépit de ses outrances, s’avère souvent sympa et même touchant, notamment lorsqu’il étrille la « grande littérature » (« Proust n’a aucun intérêt, avec ces interminables digressions il y a de quoi vous dégouter de la lecture ») ou les « auteurs contemporains nombrilistes typiquement franchouillard ». Qui pourrait lui donner tort ?

De toutes manière, quoique l’on pense du bonhomme et de ses œuvres, un homme qui détestait à ce point la gauche ne saurait être totalement mauvais.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Espionnage, #Erotique, #Essai, #Gérard de Villiers, #Autobiographie

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Publié le 8 Avril 2022

FLASH REBIRTH 3: LE RETOUR DES LASCARS

Le grand retour des Lascars ! L’arc principal (en quatre épisodes) de cette troisième fournée du rebirth du bolide écarlate bat le rappel de ses méchants les plus emblématiques, une équipe de vilains ayant connu de nombreuses itérations mais toujours dirigée par l’ambigu Captain Cold. Les Lascars, en effet, possède un code de l’honneur prononcé et se posent en voleurs non violents mais aussi en défenseurs de Central City. Ces derniers temps beaucoup les ont même considérés comme des héros, notamment lorsqu’ils ont combattu aux côtés de Flash les troupes simiesques de Gorilla Grodd.

L’intrigue n’est donc pas vraiment originale puisqu’elle reprend la classique opposition entre Flash et Cold, sans doute plus proches qu’ils ne voudront jamais l’admettre, avec le « vilain » décidé à partir en beauté après un dernier gros coup. Le rythme est sympathique (parfois un peu rapide dans sa dernière partie assez expédiée), les dessins inégaux (on passe de planches soignées à d’autres presque bâclées ce qui s’explique par l’intervention de pas moins de quatre dessinateurs différents), les relations entre les Lascars bien gérées, avec quelques révélations efficaces (en particuliers concernant Heatwave),…Bref cela se lit avec plaisir quoiqu’on ne trouve ici rien de fondamentalement novateur : après tout Flash combat les Lascars depuis plus d’un demi-siècle. L’écriture, elle, reste simpliste : les événements se succèdent de manière prévisible (Flash feint d’être tué par Heatwave pour le suivre et trouver le repaire des Lascars) et le tout manque de véritables enjeux. Néanmoins, les dialogues sont corrects et les relations entre les protagonistes crédibles, ce qui constitue déjà un bon point pour ce genre de comics « mainstream ».

Pour compléter le sommaire, ce tome 3 propose un petit arc (deux épisodes) consacré à la recherche du père de Wally West. Ce n’est pas très passionnant, on n’échappe pas aux facilités (Kid Flash maitrise instantanément les boomerangs aussi bien que Captain Boomerang) mais, finalement, l’intrigue principale marque enfin une évolution avec la révélation par Flash de sa véritable identité.

Enfin un petit « standalone » consacré à Iris clôt ce tome. Une enquête assez quelconque mais pas déplaisante au sujet de la mystérieuse disparition des victimes de Godspeed qui se conclut par un twist final attendu depuis une dizaine de numéros.

En résumé, FLASH REBIRTH TOME 3 constitue une lecture agréable mais son manque de véritables enjeux empêche d’emporter une totale adhésion. De plus, les lignes narratives sans surprise et les dessins inégaux diminuent l’enthousiasme procuré par des récits globalement plaisants et une bonne gestion des relations entre les différents protagonistes. On attend donc la suite sans impatience excessive mais en se promettant d’être néanmoins au rendez-vous.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Comic Book, #DC, #Superhéros

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