Publié le 7 Septembre 2022

LADY ASTRONAUTE de Mary Robinette Kowal

Mary Robinette Kowal, né en 1969, signe une première tétralogie (« Jane Ellsworth ») avant d’obtenir la reconnaissance grâce à sa série consacrée à la « Lady Astronaute ». Pour l’instant, le cycle se compose de trois romans (dont VERS LES ETOILES lauréat des Hugo, Nebula et Locus) et de ce court recueil de cinq nouvelles. En 128 pages, l’auteur nous propose donc cinq récits (dont un ultra bref), à commencer par « Nous interrompons cette émission » qui relate la destruction de Washington par un astéroïde détourné de sa course par un mégalomane. La suite, « L’expérience Phobos », s’intéresse à une expédition sur les lunes de Mars. « Le Rouge des fusées » traite de la tentative de proposer un feu d’artifice sur la planète rouge avec les clins d’œil attendus (le dôme protecteur Bradbury) et une thématique moins science-fictionnelle qu’émouvante : un homme retrouve sa mère et se rend compte du temps qui passe.

Elma York, alias la « lady astronaute », boucle le recueil dans une nouvelle récompensée par le Hugo. Sexagénaire, Elma veille sur son époux en train de mourir d’une longue maladie. De quoi la décourager d’accepter de partir, une dernière fois, vers les étoiles. L’intrigue science-fictionnelle, basée sur une conquête de l’espace uchronique, constitue une simple trame de fond pour un récit humaniste sur la fin de la vie et le renoncement à ses rêves. Encore une fois, le temps qui s’écoule, le renoncement et la vieillesse sont le cœur de l’œuvre mais l’emballage SF n’en est pas moins soignée.

Un recueil de nouvelles (vaguement liées entre elles par l’univers et les thèmes abordés, en particulier l’écoulement du temps et les difficultés d’y faire face) intéressante mais dont on retiendra surtout l’excellente histoire qui lui donne son titre, le reste étant plus dispensable sans être désagréable. Une bonne introduction à l’univers de la « lady astronaute ».  

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Publié le 6 Septembre 2022

UN PALAIS D'EPINES ET DE ROSES de Sarah J. Maas

Précédé d’une bonne réputation, UN PALAIS D’EPINES ET DE ROSES est malheureusement loin de se montrer à la hauteur des attentes. Présenté comme un bouquin de fantasy romantique un peu sexy à destination des « young adults », il s’agit, en réalité, d’une très fade romance. Pire, le bouquin se montre rapidement ennuyeux vu la stupidité incroyable de son héroïne, Feyre. Car cette dernière accumule les décisions ridicules.

Ainsi, la jeune fille n’est pas aimée de sa famille, peine à survivre et se lamente à longueurs de journée. Après avoir tué un Fae (un Immortel…bon pas vraiment immortel donc) la voici conduite de force à Prythian, le royaume des Immortels en question. Elle se retrouve donc dans un palais (d’épines et de roses comme le titre le précise) et au lieu d’un cachot gardé par un geôlier elle peut déambuler à sa guise (ou presque) dans cette demeure. Cependant, une fois transposée dans cet environnement beaucoup plus accueillant, Freyre n’est pas plus contente pour autant. Pourquoi ? Euh…comment dire…ah oui, l’auteur a trouvé une raison, une idée de génie : elle a promis à sa môman, alors qu’elle avait une dizaine d’années, de veiller sur sa famille. Donc elle doit toujours s’occuper de son papa et de ses sœurs. Ces dernières, pourtant, non seulement n’en branlent pas une de leur vie mais en plus ne font que la critiquer. Déjà, c’est un peu gros. Mais admettons. Notre idiote apprend ensuite que sa famille, grâce à son « sacrifice », vit beaucoup mieux et ne manque plus de rien. Bref, elle a gagné au Win for Life ou presque et tout le monde est heureux. De quoi l’encourager à rester dans son « palais d’épines et de roses » et de profiter un peu de la vie ? Que nenni ! Elle veut rentrer. Pourquoi ? Bah euh….Mystère. Sans doute apprécie-t ’elle d’être libre comme l’oiseau. Voilà. Freeeeeeeee as a bird. Oui enfin l’oiseau il va surtout avoir froid et manquer de nourriture. Il est libre de n’avoir rien à bouffer, de trimer de l’aube au crépuscule et en plus d’être traité comme une moins que rien l’oiseau. Bref, la chieuse nous fait son caprice. Et comme l’auteur n’a pas d’autre solution pour nous faire accepter les aberrations de son intrigue il faudra s’en contenter. Et hériter d’une des héroïnes les plus connes rencontrées dans un roman. Pourtant dans la romance fantastique pour gonzesse il y a forcément de la concurrence. Mais rassurez-vous, Freyre les enterre tous et toutes. Une casse-burne qui passe son temps à insulter les gens qui essaient de l’aider, qui se croit indépendante et forte alors qu’il faut toujours que quelqu’un (un bellâtre musculeux) l’aide pour qu’elle se sorte de situations merdiques où, neuf fois sur dix, elle s’est fourrée elle-même. Mais c’est la gentille. Car en face d’elle se dresse la méchante forcément très mais alors très méchante. Il va donc encore lui arriver des bricoles et des épreuves. Mais pour se consoler elle pourra compter sur le grand beau musclé un peu bad boy un brin sadique limite violeur mais tellement seeeeeeeeeeeexy qu’il est irrésistible.

Et donc le caca nerveux de la demoiselle nourrit les 500 et quelques pages de cette intrigue rachitique qui se contente, grosse modo, de rejouer la partition de « La belle et la bête » matinée de « Cendrillon ». Tout ça écrit de la manière la plus plate possible, avec des longueurs à n’en plus finir, une romance incroyablement neuneu saupoudré de scènes voulues chaudes façon « mommy porn » pour adolescente. Le côté Fantasy, de son côté, est complètement cliché et vu et revu. En bref tout ça ressemble à un de ces machins autopubliés genre « Violentée par le seigneur elfe sur sa licorne » qu’on trouve sur le Net. Sauf qu’au lieu de faire 50 pages, UN PALAIS D’EPINES ET DE ROSES en fait 500.

J’ai p’tet louper quelque chose parce que bon, à mi-parcours, il a fallu enclencher la lecture en diagonale et l’avance rapide afin d’arriver au bout. Qui n’en est pas un puisque le machin a eu du succès (douze millions d’exemplaires vendus) et que l’auteur s’est dit qu’elle pouvait remettre le couvert. Donc elle a pondu six autres tomes depuis. Désespérant. Illisible. Pour résumer…à chier !

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Attention c'est nul, #Erotique, #Fantasy

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Publié le 2 Septembre 2022

GREEN LANTERN: ION LE PORTE-FLAMME de Ron Marz

Kyle Rayner le Green Lantern est devenu…autre chose. Rebaptisé Ion il est à présent le détenteur d’un pouvoir incommensurable. Après avoir appris à le maitriser, il évolue dans diverses aventures, combat un alien belliqueux dans une arène extraterrestre, affronte le fils de Darkseid avec l’aide de Donna Troy et doit faire face à la mystérieuse maladie de sa mère.

Ce recueil reprend plusieurs aventures de Ion. Les six premiers épisodes constituent l’intégralité de la saga du Porte Flamme dans laquelle Kyle apprend notamment qu’il est devenu une « sauvegarde » vivante pour les Gardiens d’Oa. L’intrigue se situe après INFINITY CRISIS et GREEN LANTERN : RECHARGE. Bref, durant 150 pages ou presque Kyle apprend à maitriser ses nouveaux pouvoirs, se souvient de ses anciennes conquêtes, de ses anciens ennemis, rencontre d’autres Green Lantern (Hal surtout) et même une version « alternative » de Green Lantern venue d’un monde parallèle en compagnie de Atom et Flash (eux-aussi en version modifiée).

Avec ce volume, le lecteur possède l’intégralité des dernières aventures de Kyle en tant qu’Ion. Normalement, cela devrait donc constituer une intrigue complexe auto-suffisante. Mais ce n’est pas vraiment le cas. Une bonne connaissance du monde DC s’avère d’ailleurs nécessaire pour aborder l’intrigue. Mais de cela on a l’habitude. Le pire ? Tout ça semble partir un peu dans tous les sens, passant d’une aventure type « origin story » à un récit de fantasy spatiale pour se terminer façon drame intime avec le décès de la mère de Kyle. Divers combats contre les méchants se succèdent (Nero, Effigie, le fils de Darkseid) sans que l’ensemble ne parvienne à se montrer réellement cohérent. Ou passionnant.

LE PORTE FLAMME constitue donc un arc assez quelconque, qui sert surtout d’introduction pour la suite, ré-établit les bases (Hal en tant que chef de corps, les Gardiens, etc.) et annonce le run de Geoff Johns sur le héros. La dernière planche annonce logiquement la suite, SINESTRO CORPS WAR. Malgré des dessins irréprochables et parfois même somptueux, le tout se lit sans déplaisir mais sans jamais s’élever au-dessus de la moyenne. Bof.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #BD, #Comic Book, #DC Comics, #Green Lantern, #Superhéros

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Publié le 31 Août 2022

UN CRI DANS L'ABIME d'Oksana & Gil Prou

La nouvelle livraison d’Oksana et Gil Prou prend pour héroïnes les musiciennes du groupe de deathdoom danois Konvent. Lorsque le roman débute, les jeunes femmes s’apprêtent à jouer sur la scène du festival de Copenhell au Danemark. Bref, quasi à domicile.

Et puis…Un puit sans fond s’ouvre « brutalement au milieu du festival de Copenhell ». C’est noir, c’est inquiétant. Les musiciennes n’ont aucune envie d’explorer ce gouffre. Mais une voix leur ordonne de le faire : « descendez ! ». Du coup, le lecteur se voit convier à un nouveau VOYAGE AU CENTRE DE LA TERRE. Serait-ce un puit sans fond ? Les musiciennes vont-elles découvrir la fin de cet abime ? A moins qu’il s’agisse d’un labyrinthe sous-terrain ? Bref, elles partent en exploration. Mais pourquoi continuer alors qu’il leur suffirait de ressortir ? Peut-être parce dans ce cas « l’immense brèche ne ferait que s’agrandir. Elle engloutirait très vite la ville de Copenhague puis le Danemark, l’Europe et des continents entiers ».

Par la suite nos musiciennes « comprennent que leur mission sera beaucoup plus complexe et riche d’innombrables surprises que tout ce qu’elles avaient pu imaginer jusque-là ». En effet, la descente des deathmetalleuses dans cet enfer les conduits à affronter d’étranges adversaires au cours d’une « titanomachie » sonore. Les premiers monstres sortent de toiles d’araignées gigantesques : il faudra « une confrontation phonique face à des créatures lucifériennes » pour résoudre cet affrontement. Mais comment les musiciennes peuvent-elles combattre sans leur instrument ? Ils surgiront du néant car « le vide quantique est la matrice de tout ». Dès lors, il leur faut se battre sans pouvoir obtenir de réponses à leurs questions. Pourquoi ces batailles ? Une réponse sera, peut-être, livrée « lorsque vous aurez livré votre troisième bataille », précise leur guide.

Comme Bill and Ted dans le troisième volet de leurs aventures cinématographiques, nos deathmetalleuses ont pour mission de « jouer pleinement leur musique au profit de la plus noble des causes : sauver notre planète et tous ses habitants ». Mais, petit à petit elles se prennent au jeu : « la victoire est une nécessité bien sûr mais le plaisir venait en plus ». Les épreuves se succèdent donc avec traversée de lac de feu et projection de lave, sans oublier une poignée de créatures aux noms improbables et imprononçables (Stychöodacth, Hiryaxis, etc.). Elles doivent gagner pour assurer la survie d’une espèce humaine égoïste et malmenée par les crises récentes, pandémie comprise.

UN CRI DANS L'ABIME d'Oksana & Gil Prou

UN CRI DANS L’ABIME s’avère déstabilisant et surprenant. On ne peut lui contester son originalité étonnante. On plonge ainsi dans un univers très bizarre dans lequel le lecteur peut se perdre. Le dynamique duo Oksana / Gil convoque death metal, Hugo, intrication quantique, Goethe, etc. Mieux vaut ne pas se poser trop de question et se laisser porter par l’étrangeté du récit en regrettant un côté parfois répétitif des motifs.

Heureusement, aux côtés des notions parfois obscures et cryptiques développées (« boucle alpha », « incubateur de plantète », etc.), l’humour est bien présent dans les relations entre les quatre héroïnes. Pourquoi les avoir choisies pour ce récit ? Par amitié sans doute. Bon, un groupe entièrement féminin qui joue du death / doom n’est pas si courant, on jettera donc une oreille au premier méfait des demoiselles, sorti chez Nuclear Blast en 2020.

Avec une écriture riche, aux termes parfois précieux ou rares, le roman s’apprécie également (surtout ?) comme un bel hommage au heavy-métal et à sa communauté. « Brothers of true metal, proud dans standing tall » chantaient Manowar, aujourd’hui on pourrait ajouter « and sisters of death metal will save the world».

Honnêtement, on ressort de cette lecture quelque peu tourneboulé, sans savoir vraiment où le roman voulait nous conduire mais en se disant que, en ces temps de bouquins formatés, cette plongée dans l’abime s’avère rafraichissante.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Fantastique, #Musique

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Publié le 30 Août 2022

LA TOUR SOMBRE: LE PISTOLERO de Stephen King

Premier volet du cycle monumental de la « Tour Sombre », LE PISTOLERO s’avère souvent négligé par les lecteurs qui lui reprochent son manque d’action, de suspense ou de « palpitant ». Il est vrai que le texte reste très obscur. Dès lors, on peine à comprendre les motivations de ces deux personnages qui se poursuivent dans une ambiance pesante et un décor désertique. Pourtant le tout reste globalement agréable à lire, l’ambiance très western italien donnant tout son sel à cette longue poursuite sous un soleil de plomb.

LE PISTOLERO convoque ainsi le nouveau western, la science-fiction, le post apocalypse et la Fantasy pour confectionner un univers apparemment construit de bric et de broc. A tel point que le lecteur se demande souvent où le romancier veut nous conduire. D’ailleurs, le bouquin constitue en réalité une collection de nouvelles ensuite transformées en roman. De son propre aveu, King ne savait pas où il allait lorsqu’il a entamé sa saga, au début des seventies. Par conséquent le lecteur ne sait pas vraiment, lui non plus, où il va. Il suit donc, un peu passivement et sans toujours une grande implication, Roland. Dernier pistolero « d’un monde qui a changé », il erre dans les plaines, fier, solitaire avec un gamin pour partenaire.

Si le roman ne se montre pas franchement original dans son déroulé ce n’est pas le plus important : on dit que ce qui compte c’est le décor. Et ici, le King réussit à donner envie de s’engager avec lui sur ce chemin semé d’embuches pour rejoindre une hypothétique Tour Sombre, qualifiée par King de point central de son univers et même de « Jupiter de son imaginaire ».

Le romancier nous donne également à percevoir un monde plus vaste, un multivers comme dirait Marvel. Le King saute les époques et les lieux pour un nouveau Far West. Il s’imprègne de mysticisme lors de la confrontation finale entre Roland et l’Homme en Noir. Dans le monde du rêve on termine par un happy-end et ici le bon Stephen opte plutôt par une fin ouverte. Celle-ci amène plus de questions que de réponses. On referme donc le roman quelque peu mitigé mais content d’avoir fait ces quelques pas en compagnie de cet émule de Clint Eastwood. La route vers la Tour Sombre est encore longue mais, un pas à la fois, on s’en approche. Du coup, intrigué, le lecteur est pressé de continuer. Tel le Champion Eternal engagé dans la quête de Tanelorn…

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Aventures, #Fantasy, #Fantastique, #Stephen King, #Western

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Publié le 26 Août 2022

EXCALIBUR: THE SWORD IS DRAWN de Chris Claremont

Voici un spin-off des X-Men lancé en 1987, peu après les événements du MASSACRE MUTANT. Kitty Pride et Kurt Wagner se remettent difficilement des blessures subies tandis qu’en Angleterre le Captain Britain tente de ne pas sombrer dans l’alcoolisme. Ils vont faire équipe pour protéger Rachel Summers et fonder une nouvelle équipe de mutants, Excalibur, amené par la suite à combattre les War Wolves et Arcade.

Vivant des aventures échevelées, très rythmées et distrayantes sur un ton beaucoup plus léger que les X-Men de l’époque, l’équipe fonctionne joyeusement. Les auteurs offrent une caractérisation intéressante des divers protagonistes, plutôt adroitement typés dans les limites d’un comics mainstream. Nous avons donc des héros bien brossés, pour la plupart répondant aux canons de l’époque (mâles virils et demoiselles séduisantes en tenues avantageuses) mais avec des failles évidentes : remord, culpabilité, peur, alcoolisme,…Nous sommes à mi-chemin entre les personnages totalement héroïques et un peu niais des sixties (la première équipe de X-Men par exemple) et le côté anti-héros qui se développera dans les nineties avec la prédominance des Wolverine, Punisher, Deadpool, etc.

Chris Claremont, de son côté, se pique toujours de « faire de la littérature » en multipliant les dialogues et les commentaires explicatifs (un peu moins qu’au début de son run légendaire sur les X-Men toutefois). Un peu lourd mais typique de l’époque. Alan Davis, lui, offre des dessins agréables et colorés, là encire typiques de leur époque mais qui restent plaisants trois décennies plus tard. Certes, tout cela peut paraitre un brin daté et les scénarios ne volent pas toujours très haut mais dans l’ensemble le lecteur (nostalgique ?) passe un bon moment.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Comic Book, #Marvel Comics, #Mutants, #X-Men - Mutants, #X-Men, #Superhéros

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Publié le 25 Août 2022

BARRAYAR de Lois McMaster Bujold

La suite des aventures de Cordelia nous emmène sur Barrayar en compagnie de son époux, Aral Vorkosigan. Ce-dernier est nommé régent jusqu’à la majorité du jeune Empereur. A priori, l’existence semble sourire au jeune couple excepté les piques lancées par le père d’Aral. Mais un attentat blesse Cordelia, enceinte, mettant en péril son futur enfant. Et la guerre civile est déclarée par les opposants du régent.

Ce troisième tome, dans la continuité de CORDELIA VORKOSIGAN, reprend le schéma space opéra / planet opéra : intrigues de cours, romance, révolution de palais, affrontements entre factions rivales, etc. L’auteur mêle adroitement l’action, l’humour et le côté romantique sans trainer en route (contrairement à beaucoup de ses collègues de la Fantasy) et maintient un rythme enlevé sur près de 450 pages. Une première moitié centrée sur l’opposition entre Cordelia et son beau-père, une seconde plus mouvementée occupée par la révolution lancée par un noble prêt à tout pour accéder au pouvoir.

Récompensé par un prix Hugo mérité, ce nouveau volume rend ainsi accessible une science-fiction ambitieuse, de grande ampleur et politisée. Loin de la hard-science, Lois McMaster Bujold s’intéresse surtout à ses personnages, en particulier Cordelia, nouvelle arrivée sur Barrayar qui découvre, en même temps que le lecteur, les mœurs de cette planète. Mais le reste des protagonistes mérite également le détour et sont fort bien brossés.

Le style, pour sa part, reste fluide et agréable, privilégiant les dialogues pleins de réparties et de dynamisme, avec suffisamment de touches humoristiques pour rendre le roman facile à lire. Un véritable blockbuster de la SF, façon page-turner, qui se déguste avec bonheur.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Prix Hugo, #Space Opera, #science-fiction

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Publié le 23 Août 2022

LE TESTAMENT D'UN ENFANT MORT de Philippe Curval

Nouvelle assez réputée de Philippe Curval, originellement publiée en 1978, ce récit imagine le regard que porte un enfant encore à naitre sur le XXIème siècle. Or celui-ci n’est pas joyeux. Résultat, les fœtus ne veulent plus naitre. Ils vivent une maturation accélérée avant de mourir d’une sorte de « suicide ». Un chercheur veut découvrir les causes de ces morts mystérieuses afin de remédier au problème. Il entre dans les pensées d’un de ces bébés, surnommés hypermaturés, et la nouvelle nous donne ainsi à voir le point de vue du foetus.

Fin des années ’70, Curval succède à Pierre Pelot (et à son roman FŒTUS PARTY) pour livrer sa propre version du « bébé qui refuse de naitre ». L’enfant n’est plus roi, le bébé n’est plus sacré. Le cinéma nous avait déjà donné « Rosemary’s Baby » et « Le monstre est vivant », la littérature nous le confirme.

On entre ainsi dans les pensées du petit être en devenir pour explorer son rapport au monde. Le texte, court, convoque les sciences sociales et humaines tout autant que la science-fiction spéculative, pour un pamphlet assez déstabilisant.

Le tout donne une nouvelle marquante par son thème (qui pousse forcément à la réflexion) mais pas toujours passionnante à lire. En réalité, le tout est assez rébarbatif (à mon sens) et surtout entièrement dédié à « l’idée » (au contenu), bref c’est davantage un texte socio-politique qu’une intrigue vraiment développée. Un défaut assez récurent dans la SF française « engagée » des années 60 / 70.

Néanmoins, par sa brièveté, le tout se lit sans déplaisir et, comme d’habitude, la collection adjoint à la nouvelle proprement dite des informations contextuelles pertinentes. Autrement dit, un beau petit objet pour les amateurs de curiosités littéraires.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #science-fiction

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Publié le 19 Août 2022

HOUSE OF X / POWER OF X de Jonathan Hickman

Après sa prestation sur les Avengers, Jonathan Hickman effectue un break avec Marvel. Lorsqu’il revient, en 2019, il propose de relancer l’univers « Mutants ». Pour ce faire, Hickman imagine deux séries qui se répondent, longues de 6 épisodes chacune : « House of X » et « Power of X ». Les voici rassemblées dans un très épais volume de 450 pages. Hickman se charge de redéfinir les X-men et toutes les séries dérivées (qui seront logiquement supprimées). Une tâche énorme que le scénariste parviendra pourtant à mener à bien.

L’intrigue est vaste : nous voyons Colossus, Tornade, Diablo, etc. sous la guidance de Xavier. Les Mutants disposent à présent d’une ressource incroyable : les fleurs de Krakoa. Celles-ci possèdent des propriétés curatives extraordinaires et prolongent la longévité. Différents ambassadeurs sont accueillis par Magneto, en remplacement de Charles Xavier, qui leur explique les souhaits des Mutants. Le récit se déplace alors de Westchester à Krakoa et nous rencontrons Marvel Girl, Wolverine et bien d’autres héros. Nous visitons également une station spatiale et assistons au combat entre les Fantastiques et les anciens membres de la confrérie, à savoir le Crapaud, Dents de Sabre et Mystique. Très vite, tout se complexifie !

Le scénariste se fait plaisir et lire ce récit d’une traite (ou du moins dans un intervalle de temps restreint) permet de ne pas se sentir (trop) perdu. Car Hickman balance de très nombreux personnages, entremêle les lignes narratives et temporelles, se permet des pages de texte dénuées de dessin qui expliquent les bienfaits des fleurs de Krakoa, le problème de l’augmentation de la population mutante ou la composition de diverses organisations en opposition.

L’intrigue passe vraiment à la vitesse supérieure en imaginant les mutants comme un peuple en construction. Ainsi, ils se détachent peu à peu de la branche homo-sapiens en se créant leur propre alphabet, leur langue, leur nation avec leurs dirigeants et leurs lois. Nous sommes ici très loin des « bêtes » bastons entre gentils mutants et mauvais mutants que proposaient les X Men à leurs débuts, voici six décennies. Le scénariste ne nous offre ainsi pas moins de dix vies possibles, soit autant de futurs envisageables, pour une mutante possédant le pouvoir de se réincarner. Or, dans tous les cas, le rêve de Xavier semble vouer à l’échec.

Servi par des dessins impeccables mis au service de l’intrigue mais capables, également, de planches d’une grande richesse, ces douze épisodes constituent une belle reconstruction de l’univers mutant. Avec une option évidente : privilégier le côté politique et social ainsi que la crédibilité de l’ensemble tout en questionnant le droit à la différence. L’option existe évidemment depuis soixante ans chez les X-men mais a rarement été aussi bien exploitée.

Entre le redémarrage, l’exploitation d’un riche passé (Hickman ne fait pas table rase mais pioche dans ce qui l’intéresse), le soft reboot et, surtout, la préparation du futur placé sous la continuité de ce riche nouveau statu quo, HOUSE OF X / POWER OF X s’impose comme une œuvre majeure de Marvel. Un déjà classique de la BD super-héroïque et un des récits les plus ambitieux de la Maison des Idées.

HOUSE OF X / POWER OF X de Jonathan Hickman

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Rédigé par hellrick

Publié dans #BD, #Comic Book, #Marvel Comics, #X-Men - Mutants, #X Men, #Superhéros

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Publié le 18 Août 2022

CORDELIA VORKOSIGAN de Lois McMaster Bujold

Lois McMaster Bujold entame réellement sa saga après le préquelle OPERATION CAY et délivre un space opéra bien mené, rythmé, efficace, qui a le bon goût de ne jamais se délayer dans d’inutiles digressions. 316 pages et basta ! Du coup, l’intrigue avance sans ralentir en nous présentant Cordélia Naismith de la colonie de Beta. La voilà propulsée au cœur d’une guerre absurde contre les forces de Barrayar menées par le terrible seigneur Aral Vorkosigan, surnommé le « Boucher de Komarr ». Mais Cordélia découvre que Vorkosigan n’est peut-être pas le militaire sadique et meurtrier qu’elle pensait. Se pourrait-il qu’elle en tombe amoureuse ?

CORDELIA VORKOSIGAN est un space opéra écrit par une femme et dont la principale protagoniste est une femme. Les fans de SF s’effraient déjà : ce sera mièvre et bourré de romance. En fait pas du tout ! Même si l’histoire d’amour entre les deux « ennemis » occupe une large portion du récit, le roman n’en oublie pas l’action, les combats spatiaux, les affrontements virils, etc.

Le bouquin se découpe en trois parties : la première raconte la première rencontre entre Cordélia et Aral sur une planète inhospitalière où ils vont devoir s’associer pour survivre. La seconde voit Cordélia accusée du crime d’une commandant barrayaran sadique tout en étant soupçonnée de trahison par les Bétans. Enfin, nos héros finissent encore par se retrouver alors qu’ils touchent tous les deux le fond avec dépression et addictions.

Lois McMaster Bujold développe ses personnages, tous bien brossés et attachants, son univers avec ses différentes planètes aux coutumes et mœurs parfois déstabilisantes. Elle oppose d’ailleurs les conceptions de Barrayar et de Beta sur les questions sociales, politiques, etc. sans prendre vraiment parti. La romancière critique les deux mais sans forcer le trait et en jouant souvent sur l’humour. Le tout avec une plume fluide et très agréable, quasiment dégraissée de toutes longueurs rébarbatives. Le lecteur s’imprègne de ce vaste univers en douceur, par petites touches intégrées au récit sans passer par de larges portions descriptives. « Show, don’t tell » !

A la fois hommage à la science-fiction d’antan par ses thématiques (conflits planétaires, intrigues de cour, complots et trahisons,…), roman d’amour gentiment féministe, étude de personnages impeccablement décrits et critique sociétale teintée d’humour, CORDELIA VORKOSIGAN constitue le début d’une très vaste saga. Un classique fort bien écrit et traduit avec des dialogues souvent alertes et qui « sonnent » vrais. Bref, un incontournable !

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Hautement recommandé, #Space Opera, #science-fiction

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