Publié le 21 Octobre 2022

100% STARS WARS TOME 10 – LA FUITE de Kieron Gillen

Contient Star Wars (2015) #56-61.

Et hop, la Rébellion continue de panser ses plaies après la désastreuse bataille qui a en quelque sorte tué l’espoir (cf. le tome précédent). Alors que faire ? Bah se retrouver sur une planète paumée pour s’y reposer un tantinet. Du coup Leia prépare la suite, Han attend qu’elle l’invite à entrer dans sa chambre (lorsque le moment arrive enfin le contrebandier est déçu…la princesse n’avait pas les mêmes idées en tête) et Luke conte un brin (mais pas trop) fleurette à une autochtone. Il y a aussi quelques combats complètement gratuits contre des bestioles monstrueuses, quelques notes d’humour mais dans l’ensemble c’est plat et pas très palpitant. En fait, il ne se passe pas grand-chose, à tel point que le scénariste rapatrie une fois de plus la (soi-disant) troupe d’élite des Scar, des super combattants qui font une nouvelle fois de la figuration. On note cependant moins de manichéisme que dans les épisodes précédents, notamment avec ce personnage qui affirme « qui peut savoir quand la République a disparu et quand l’Empire a commencé ».

Les dessins sont, dans l’ensemble, plutôt bons, ce qui change de ce que chiait (désolé n’y a pas d’autre mots) Larroca depuis bien trop longtemps.

N’empêche que tout cela ne donne pas vraiment envie de poursuivre (même si le final nous y encourage) car on reste une fois de plus dans l’anecdotique et le sans conséquence. L’univers « Star Wars » parait tellement cadenassé que toute surprise semble bannie, au point que l’on peut certes apprécier la balade (les comics restent, dans l’ensemble, tous agréables et plaisant), mais sans aucune réelle passion. Finalement ce sont ceux consacrés à DOCTOR APHRA, personnage original ne devant rien à la saga cinéma, qui demeurent les plus intéressants.

Bref, une petite pause s’impose dans la saga.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #BD, #Cinéma et TV, #Comic Book, #Star Wars, #Space Opera

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Publié le 20 Octobre 2022

LES IMPLACABLES de Louis l'Amour

Spécialiste du western, Louis l’Amour (1908 – 1988) en a écrit des dizaines dont un bon paquet furent adaptés au cinéma, notamment « Hondo » qui lui valut une nomination à l’Oscar. Le clan des Sackett constitue une de ses sagas les plus notables, riche d’une vingtaine de tomes dont seuls quatre furent traduits en français. L’écrivain y suit les aventures d’une famille très élargie (on croise un Sackett à tous les coins de rue, pire que dans les Terres du Milieu !) dans l’Ouest. Publiée sur vingt-cinq ans, la saga fut également adaptée en série télévisée en 1979.

LES IMPLACABLES, dixième volume, peut très bien se lire indépendamment. Nous y découvrons William Tell Sackett, en route avec sa jeune épousée Ange, dans les régions inhospitalières de l’Arizona. Partant en reconnaissance, William Tell laisse sa femme dans son chariot. Lorsqu’il revient, le chariot est brûlé et l’épouse décédée. William Tell se fait également tirer dessus et échappe à la mort par miracle. Mais on ne s’attaque pas à un Sackett impunément. A quarante contre uns, les salopards n'ont aucune chance, le jeu n’est vraiment pas égal.

Avec son intrigue classique, LES IMPLACABLES avance à un rythme soutenu. D’abord isolé, William Tell est bientôt rejoint par divers membres du clan Sackett qui prennent les choses en main. La vengeance se règle à coup de révolver et de Winchester mais, également, de manière plus subtile. En effet, la plupart des tueurs à gages engagés par les méchants ont été trompés et prennent le héros pour un assassin. Les Sacketts leur feront comprendre leur erreur, laissant le champ libre à William Tell pour le duel final.

En deux cents pages, l’écrivain ne déçoit pas : un premier tiers façon survival au cours duquel le héros est traqué de toutes parts, un second tiers où la situation s’inverse et, enfin, un dernier acte dans lequel les Sackett s’unissent pour permettre une résolution satisfaisante.

Rythmé, efficace, plein de dialogues ne lésinant pas sur les punchlines (le genre de répliques qu’un John Wayne ou un Clint Eastwood aurait aimé prononcer en mâchonnant un cigarillo), des descriptions succinctes qui donnent au roman son parfum western par petites touches bien dosées mais sans ralentir le récit,…Une lecture enthousiasmante qu’on a du mal à lâcher !

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Aventures, #Western

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Publié le 17 Octobre 2022

UN CADAVRE DANS LA BIBLIOTHEQUE d'Agatha Christie

Douze ans après L’AFFAIRE PROTHEROE qui marquait la première apparition de Jane Marple, la vieille dame revient pour une deuxième enquête écrite en 1941. Comme le précise Christie dans sa préface, la découverte d’un cadavre dans une bibliothèque constituait, déjà, un cliché éculé du roman policier. L’auteur s’attaque à cette convention en plaçant un corps dans la propriété du riche Arthur Bantry. La victime est inconnue de tous et Miss Marple se voit invitée à résoudre l’énigme. Bientôt, il apparait qu’il s’agit de Ruby Keene, danseuse au cabaret Majestic. Un certain Conway Jefferson s’en était récemment entiché au point de la considérer comme sa fille adoptive… au désespoir du gendre et de la belle-fille de Conway.

Classique, UN CADAVRE DANS LA BIBLIOTHEQUE reste un des Christie les plus connus, justement par son jeu sur les clichés du whodunit, et apparait fréquemment dans les « top » consacrés à Marple. Pourtant, le roman possède quelques défauts évidents : la solution du mystère et le truc utilisé par le meurtrier apparaissent relativement évident pour les amateurs du genre (il a déjà été – et sera par la suite encore – fréquemment utilisé) tandis que les méthodes de Marple laissent perplexes avec sa manière de toujours se référer à des événements survenus dans son village. Ses techniques sont plus intuitives et moins mécaniques que celles de Poirot même si le déroulement de l’enquête, avec ses indices successifs et ses retournements de situation, fonctionne de belle manière. Comme souvent dans les « Marple », l’héroïne n’apparait qu’au début et à la fin du récit, laissant l’essentiel de l’investigation à la police officielle qui, bien sûr, patauge dans la semoule. C’est donc, après de nombreux tâtonnements, à Marple de boucler l’enquête (et le récit) dans les dernières pages. Les personnages secondaires, eux, manquent un peu d’épaisseur et apparaissent souvent stéréotypés, sans doute en partie pour se conformer aux conventions du whodunit, ici proches du pastiche.

Les révélations finales, évidemment tarabiscotées à souhait, ne sont pas toujours pleinement convaincantes en raison de la complexité de la machination élaborées mais participent, quelque part, au charme de ces romans d’énigme constituant de véritables « jeux » avec le lecteur. Pour finir, UN CADAVRE DANS LA BIBLIOTHEQUE manque un peu de nerf ou de réelle originalité pour être une vraie réussite mais l’ensemble reste plaisant et hautement divertissant si on accepte les règles du genre. Pas le meilleur « Marple » mais une lecture toutefois fort agréable.

 

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Agatha Christie, #Golden Age, #Policier, #Whodunit

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Publié le 14 Octobre 2022

ARSENE LUPIN CONTRE HERLOCK SHOLMES: LA LAMPE JUIVE de Takashi Morita et Maurice Leblanc

Revoici le gentleman cambrioleur embarqué dans une abracadabrante intrigue au cours de laquelle il croise à nouveau le chemin de son plus grand ennemi, le détective privé Herlock Sholmes. Le meilleur limier d’Angleterre, flanqué de son adjoint Wilson, a décidé de mettre hors d’état de nuire Lupin. Bien sûr, ce combat de Titans s’annonce difficile. L’Anglais est ainsi convié par un riche baron à résoudre une affaire de cambriolage apparemment simple. Evidemment, Sholmes comprend rapidement que tout est plus complexe qu’il n’y parait. Pendant ce temps, l’inspecteur parisien Ganimard, découragé, s’apprête à baisser les bras, convaincu de la supériorité de Lupin. Mais Sholmes, lui, refuse de se laisser abattre. Il identifie la jolie gouvernante Alice comme la complice du cambrioleur et essaie de la contraindre à avouer son crime. Toutefois, il se trompe sur la nature de l’affaire…

Le premier volume des adaptations « manga » de Lupin se montrait plaisant mais souffrait d’une théâtralité quelque peu forcée qui trahissait ses origines sur les planches. Ce deuxième volume, toujours épais de 250 pages, est plus mouvementé et énergique. Nous voyageons de Londres à Paris en compagnie d’un Sholmes forcément décalqué de qui-vous-savez. L’enquête avance gentiment tandis que Lupin reste tapis dans l’ombre durant les trois quarts du récit, manipulant son monde comme à son habitude. Il apparait finalement sur une barque isolée sur la seine afin de s’entretenir avec son rival dans une lutte d’esprit.

Ce manga nous replonge plus d’un siècle en arrière, au temps des premiers pastiches du détective de Conan Doyle. Pour des raisons de droits, Maurice Leblanc transforma avec humour le nom de Sherlock Holmes, utilisé dans les premiers chapitres du roman, en Herlock Sholmes. Le mangaka reprend donc cette anagramme humoristique pour son adaptation. Le personnage reste toujours aussi hautain et parfois antipathique mais guidé par sa logique. Il assène, une fois de plus, qu’il ne devine jamais, « je déduis, ce sont les imbéciles qui devinent ».

Enlevé et charmant, avec une belle reconstitution du Paris des débuts du XXème siècle, le manga s’avère efficace et agréable. L’intrigue opère un mélange d’humour, d’aventure et de mystère bien dosé. L’intrigue s’avère en outre plus solidement charpentée que dans le premier volume et les invraisemblances moins criantes quoique Lupin aime toujours se donner en spectacle. Plus que l’argent que lui rapporte les vols, effectués à la manière d’un Robin des Bois moderne, il joue et s’amuse, se moque gentiment des forces de l’ordre et apprécie son affrontement mental avec son égal, Sholmes, qu’il appelle « maître ». Le personnage est intéressant, passant d’un être logique et calculateur à un doux-dingue aux réactions presque enfantines. Sholmes, lui-aussi, alterne le froid détachement de l’homme d’esprit avec des colères foudroyantes. La rencontre entre le génie du crime et le prince des détective produit donc les étincelles attendues.

Les dessins, eux, sont bons, les décors bien rendus et les personnages efficacement croqués (quoique le côté elfique de Sholmes avec ses oreilles pointues paraisse étrange). Dans l’ensemble, la mise en page est dynamique, plus nerveuse que dans le premier tome.

Bref, ce bon recueil permet de s’initier à l’œuvre de Maurice Leblanc de manière détournée mais fidèle.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Arsène Lupin, #BD, #Manga, #Parodies et pastiches, #Policier, #Sherlock Holmes

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Publié le 12 Octobre 2022

DOCTOR WHO ET LE CERVEAU DE MORBIUS de Terrance Dicks

Cinquième épisode de la treizième saison de Doctor Who (période « classique »), LE CERVEAU DE MORBIUS devait s’inspirer des histoires de robots à la Asimov. Mais cette idée du producteur Philip Hinchcliffe, mal comprise, est reprise par un Terrance Dicks qui souhaite, pour sa part, une variation sur FRANKENSTEIN. Dicks et Robert Holmes écrivent donc un récit gothique dans la tradition de l’épouvante anglaise à la Hammer. Dicks souhaite mettre en scène un criminel, Morbius, dont le corps est reconstitué par son assistant à partir d’éléments extraterrestre. Holmes transforme cet assistant, au départ un robot, par un savant fou, Solon, et son serviteur Condo, dans l’esprit des films de la Universal. Désappointé, Dicks refuse de signer l’intrigue, crédité de « Robert Bland ». Novélisé en 1977, le roman est ensuite publié dans une collection éphémère parrainée par les Bogdnavov qui servent simplement de prête-noms, alors en pleine gloire grâce à Temps X.

Dans LE CERVEAU DE MORBIUS, le Quatrième Docteur et Sarah Jane se retrouvent sur une planète inhospitalière confrontée à un savant fou dans un hommage appuyé à la Hammer et la Universal, agrémenté de quelques clins d’œil à « Planète Interdite ». L’intrigue est très réussie et le romancier parvient à étendre l’ampleur du récit sans devoir se limiter par des contraintes budgétaires. Il ajoute donc divers éléments et remanie quelque peu l’histoire tout en restant globalement fidèle à l’épisode. Ceux qui ont visionné la version télévisée argueront sans doute que ce petit bouquin vite écrit et vite lu n’apporte pas grand-chose mais, parfois, se replonger durant deux heures dans le monde délirant de Doctor Who reste une occupation plaisante.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Cinéma et TV, #Doctor Who, #science-fiction

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Publié le 10 Octobre 2022

SANS PASSER PAR LA CASE DEPART de Camilla Lackberg

Cette novella d’une centaine de pages donne l’occasion de découvrir la Suédoise Camilla Lackberg, devenu une valeur sûre du polar scandinave. L’intrigue, simple, se déroule durant le réveillon de fin d’année dans un quartier huppé de Stockholm. Quatre amis, deux filles et deux garçons, ont décidés de passer la soirée ensemble et picolent pendant que leurs parents font la fête dans la maison voisine. Très vite, ils s’ennuient. Heureusement, un Monopoly traine par là. Du coup ils se lancent dans une petite partie mais pimentent les règles en y ajoutant des « actions ou vérités ». Evidemment, la bonne ambiance ne tarde pas à se dégrader et la situation dégénère, de secrets dévoilés en gages idiots.

L’auteur nous décrit tout d’abord les quatre protagonistes. Martina, la très populaire bimbo aux milliers de followers qui part vomir aux toilettes après la moindre bouchée de nourriture. Liv, qui cache de lourds secrets, vit dans l’ombre de Martina et boit un peu trop. Max, la petite star, sûr de lui. Il sort évidemment avec Martina, un vrai couple idéal pour bal de fin de promo. Reste Anton. Un type légèrement en décalage par rapport à ses amis plus friqués qui aime raconter des blagues bien lourdes sur Liv.  

Peu à peu, dans la seconde partie du (court) livre, les choses s’emballent : les jeunots commencent à humilier les « petites gens » (un livreur de pizza, une serveuse chinoise,…) puis s’asticotent entre eux. De petits gages en secrets dévoilés, ils se rendent compte que leur vie n’est pas aussi idéale qu’ils essaient de le faire croire. De plus, ils ont tous un compte à régler avec leurs parents : des alcooliques, des infidèles et même pire. Et l’engrenage fatal et criminel se met à tourner, jusqu’à la conclusion…libératrice. Bonne année quand même !

Une lecture efficace et bien huilée, à la construction relativement attendue et linéaire mais capable toutefois de surprendre. En effet, le lecteur ne s’attend sans doute pas aux événements qui se déroulent durant les dernières pages. Si le thème (action ou vérité qui dégénère) n’est pas neuf dans la littérature l’idée reste plaisante et bien exploitée. Le Monopoly demeure cependant un simple prétexte et le côté ludique peut-être insuffisamment exploité. Mais ce n’est pas très grave : avec ce format court pas le temps de s’ennuyer.

Un récit dégraissé qui fonctionne à l’efficacité pure et se lit d’une traite pour profiter de l’effet « boule de neige » des événements décrits et du crescendo des actes commis par les « héros ». On passe donc un bon moment avec cette novella efficace et sans prétention.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Polar, #Roman court (novella)

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Publié le 7 Octobre 2022

ARSENE LUPIN: LE DIADEME DE LA PRINCESSE DE LAMBALLE de Morita Takashi et Maurice Leblanc

Premier tome publié chez nous des adaptations en manga du personnage de Maurice Leblanc, cet épais récit (250 pages) transpose la pièce de théâtre du début du XXème siècle, « Le diadème de la princesse de Lamballe » censé présenter Lupin à un plus large public. L’intrigue se déroule donc quasi exclusivement en huis-clos avec un Lupin dissimulé sous l’identité du Duc de Charmerace. Ce-dernier s’est absenté durant sept ans pour voyager en Antarctique et, une fois revenu, apparait quelque peu différent. Forcément puisque Lupin a pris sa place. Il va menacer Gournay-Martin, un milliardaire parisien, en le menaçant de lui voler sa plus précieuse possession, un diadème de grande valeur. Comme Lupin ignore où le bijou est caché, il espère pousser Gournay-Martin à lui dévoiler sa cachette afin de mettre le diadème en lieu sûr. Mais Lupin trouve un adversaire acharné avec l’inspecteur Ganimard, qui attaque le gentleman cambrioleur en essayant de lui faire révéler sa réelle identité pour protéger une jeune voleuse prise la main dans le sac.

Voici une aventure plaisante mais évidemment capilotractée, Lupin jouant avec son ennemi de manière saugrenue. Le vol semble moins important pour lui que le plaisir de faire tourner en bourrique les forces de l’ordre. On retrouve donc dans cette transposition fidèle les outrances de ce type de récit avec un Lupin insaisissable qui use des identités d’emprunts et des grimages pour continuellement échapper à la police. Epoque oblige on n’échappe pas à une naïveté parfois pénible des protagonistes : les demoiselles en détresse sont vraiment candide, Lupin vraiment très séduisant et sûr de lui, les flics se laissent abuser encore et encore,… Les dialogues en rajoutent dans la guimauve et les jeunes filles larmoyantes se pâment devant le trop sexy cambrioleur.

L’intrigue avance toutefois à bon rythme, permettant d’oublier les invraisemblances. Le côté théâtral est flagrant et le manga reproduit, dans sa mise en page, les mécanismes dramatiques scéniques : les personnages entrent et sortent du récit pour « jouer » leur scène et permettre au récit d’avancer. Les dessins, de leur côté, sont réussis bien que caricaturaux sur certains personnages dessinés de manière un peu trop cartoonesque pour un manga réaliste.

Malgré le côté vieillot de l’histoire et des rebondissements un peu attendu, le lecteur passe un bon moment avec cette transposition bien gérée d’un classique de la littérature policière.

Ce tome fut réédité en 2022, devenant le sixième dans la nouvelle numérotation, au risque de compliquer les efforts du collectionneur.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Cosy Mystery, #Manga, #Policier, #Whodunit, #Arsène Lupin

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Publié le 4 Octobre 2022

L'AVENTURE DE LA CITE ULTIME de Sylvie Denis

Les pastiches de Sherlock se multiplient de manière exponentielle ces dernières années, le personnage étant tombé dans le domaine public. Il a également été « réactivé » de manière moderne par les deux très réussies séries télévisées « Sherlock » et « Elementary », sans oublier les films avec Robert Downey Jr.

Sylvie Denis y apporte sa touche avec ce récit science-fictionnel respectueux. En une cinquantaine de pages, l’autrice emmène Sherlock et Watson dans un très lointain futur. Un petit paradis, apparemment, où nul ne se presse et où tous flânent dans une complète nonchalance. La semaine de 12 heures laisse, effectivement, beaucoup de temps pour se divertir. De plus, tout le monde vit en paix, les meurtres ont disparus, la guerre également. Bref, nous sommes dans l’univers de LA MACHINE A EXPLORER LE TEMPS de Wells à la différence que les Morlocks n’existent pas. Et pourtant, dans cet Eden, l’impensable s’est produit : des crimes sadiques l’ensanglantent et – horreur – les victimes sont de plus en plus jeunes. Une gamine vient d’être d’ailleurs découverte la gorge tranchée. Mais dans ce lointain futur où n’existent plus ni police ni détective qui pourra résoudre cette énigme ? La réponse semble évidente : Sherlock Holmes, tiré de son appartement londonien dans lequel il vivotait dans l’ennui et la cocaïne. Aidé de Watson, il va effectuer un grand bond dans le temps pour résoudre le mystère. Quitte à se montrer trop perspicace.

L’AVENTURE DE LA CITE ULTIME plonge le limier dans un univers différent et déstabilisant. Watson estime d’ailleurs que, dans ce monde futuriste, sa fameuse méthode sera inefficace. Bien sûr, le prince des détectives réussit à détromper le médecin débonnaire. Si la solution parait attendue, le dépaysement fonctionne et le rythme alerte empêche tout ennui. On eut aimé que Sylvie Dénis développe davantage le background de son « futur foutraque » (le titre du recueil dans lequel cette nouvelle – initialement publiée dans Bifrost – a ensuite été incluse) mais le lecteur passe un bon moment avec ce plaisant pastiche. Il y a certes de meilleurs « faux Sherlock » mais il y en a aussi beaucoup de bien moins réussis.

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Publié le 2 Octobre 2022

CADAVRE D'AUTOMNE de Magdalen Nabb

Ce court roman (192 pages) nous emmène à Florence. Dans les eaux de l’Arno, un cadavre est repéché, celui d’une femme de près de cinquante ans, nue sous son manteau de fourrure. Un suicide ? Un meurtre ? L’enquête s’annonce difficile ne serait-ce que pour identifier la défunte. Mais un flic, Guarnaccia, y parvient grâce au témoignage d’un portier d’hôtel : la victime se nomme Hilde Vogel. Mais quels secrets pouvaient cacher cette recluse ? Pourquoi a-t-elle était tuée puisqu’il apparait qu’il s’agit bien d’un meurtre.

Magdalen Nabb, romancière d’origine anglaise établie à Florence, publie en 1981 LE GENTLEMAN FLORENTIN. Cette première enquête de Guarnaccia, saluée par Simenon et récompensée par le prix du meilleur roman policer par la British Writers Association, impose un personnage de flic nonchalant, bon vivant et à l’écoute. Un hommage à Maigret qui reviendra dans une douzaine d’enquêtes où l’énigme ne prend jamais le dessus sur les considérations plus personnelles du personnage. Et puis chaque roman permet également d’explorer la cité de Florence et de découvrir ses habitants, sa vie quotidienne, etc. Le héros, Sicilien, s’est retrouvé affecté à Florence et n’a jamais vraiment été complètement accepté par les Florentins. Il explore la ville, envahie de touristes, et mène ses enquêtes calmement, prenant le temps de discuter avec tout un chacun pour, progressivement, reconstituer le puzzle.

L’énigme en elle-même n’a rien de transcendante. On la qualifierait volontiers de banale, à l’image des faits divers qui encombrent les journaux. D’ailleurs, l’auteur y puisait son inspiration. Pas de machination criminelle complexe et capilotractée, pas de protagonistes très gentils ou très méchants, juste des personnages humains embarqués dans des affaires sordides. Du coup il n’y a ici ni coup de théâtre fracassant ni retournement de situation incroyable. Et encore moins course poursuite ou bagarre. Mais de cette banalité quotidienne, la romancière tire un roman suffisamment plaisant pour maintenir l’intérêt, en particulier par son écriture ciselée et dégraissée. Le cadre dépaysant de Florence est, bien sûr, un autre argument pour suivre l’adjudant sicilien dans sa quête du coupable. Au final, un récit agréable même s’il n’a rien d’exceptionnel.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Polar, #Policier, #Whodunit

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Publié le 27 Septembre 2022

MEURTRE INDEXE de Ruth Rendell

Dans cette nouvelle enquête (la neuvième), le vieillissant inspecteur Wexford doit investiguer l’assassinat d’une femme, Angela, retrouvée étranglée chez elle. Sa belle-mère qui la détestait a découvert le corps mais Wexford soupçonne rapidement le mari. Cependant, l’inspecteur se heurte à un manque de preuve décourageant. De plus, l’époux finit par s’énerver et accuse le flic de harcèlement. Celui-ci décide, dès lors, de poursuivre sa surveillance de manière officieuse, persuadé qu’il finira par se trahir. Dans le même temps, Wexford tombe sous le charme d’une autre suspecte, Nancy Lake.

Ecrit en 1975, ce court roman (un peu moins de 200 pages), se situe entre le polar psychologique et le policier traditionnel de type whodunit quoique l’on connaisse rapidement l’identité du coupable. L’enquête consiste donc à savoir non pas qui a tué mais comment l’inspecteur va réussir à accuser le principal suspect. Or le temps presse : il doit parvenir à l’arrêter avant que le suspect ne parte vivre au Brésil en compagnie de sa maitresse.

Si MEUTRE INDEXE parait, dès lors, quelque peu prévisible, la maitrise de Rendell maintient l’intérêt par son style très efficace. L’enquête se double d’une étude fouillée de la personnalité de son attachant inspecteur, souvent rapproché, par son humanisme, à Maigret. Les amateurs de suspense apprécieront néanmoins le retournement de situation finale surprenant. Les fans de romance aimeront, eux, cette relation particulière qui se noue entre l’inspecteur et Nancy Lake. Couchent-ils finalement ensembles ? L’auteur rend la scène très ambigüe, suggérant que Wexford, homme de principes, ne succombe pas à la tentation. Cependant, elle laisse la réponse à l’interprétation du lecteur.

En dépit de nombreuses descriptions et de passages quasi dénués d’action (l’enquête dure plus d’un an et avance lentement, sans coups de théâtre irréalistes ou effets de surprise fracassants), le roman demeure une lecture très plaisante. La caractérisation soignée des protagonistes principaux est réussie et les personnages secondaires attachants, comme cet ancien voyou reconverti détective amateur et adepte d’un étonnant cocktail Pernod / Guinness.

Un bon roman de mystère « psychologique », ce qui n’est pas toujours un gros mot ou un défaut.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Polar, #Policier, #Whodunit

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