Publié le 7 Mai 2021

STAR TREK: EARLY VOYAGES (book 1) de Ian Edginton, Dan Abnett, Patrick Zircher, Michael Collins, Javier Pulido, Greg Adams, Steve Moncuse, Len Wein, Alberto Giolitti

Avant Picard, avant Kirk,…Pike avait les commandes de l’Enterprise. Pour ceux qui l’ignorent, Pike était le capitaine prévu par la production, comme on peut le découvrir dans le pilote (refusé mais depuis largement diffusé) « The Cage ». Dix ans avant les aventures de Kirk, Pike apparait donc aux côtés de Spock, pour un run publié de manière mensuelle par Marvel entre février 1997 et juin 1998. Au terme de 17 épisodes la série fut annulée (et le dernier arc resta, par conséquent, inachevé). Ce recueil reprend les quatre premiers épisodes du comics et débute avec « Flesh of my flesh », un long récit (40 pages) envoyant l’Enterprise investiguer une série de disparition de vaisseaux. L’Enterprise agit comme un appât et tombe sur un vaisseau organique. Différents flashbacks vont en parallèle illustrer plusieurs événements importants de la vie de Pike, notamment sa rencontre avec le jeune cadet Spock. Ce-dernier mène ensuite la contre-attaque contre la forme de vie extraterrestre et un virus qui a infecté l’Enterprise. Dans « The Fires of Pharos », Pike combat le Klingon Kaaj. Ensuite, dans « Our dearest blood », l’équipage observe le festival de la lumière sur la planète Rigel IV, un monde qui s’apprête à sortir d’une longue période d’isolationnisme grâce à diverses réformes. La planète doit ainsi rejoindre la Fédération. La suite traite des coutumes considérées comme barbares de Rigel IV et de l’opportunité de les transformer. « No Iron bars a cage » s’intéresse, enfin, à J.M. Colt, laquelle a été kidnappée par des extraterrestres dès ses débuts sur l’Enterprise.

Le recueil est complété par un épisode des comics « Gold Key » de 1971 montrant l’Enterprise découvrir une planète peuplée par des figures historiques célèbres de la Terre. Un bonus amusant mais qui souffre d’un développement expédié, caractéristique de nombreux comics de cette époque.

Quoiqu’il en soit les différentes histoires s’avèrent plaisantes. Elles fonctionnent agréablement sans nécessiter une connaissance approfondie de l’univers pour être appréciées, un plus toujours appréciable. Autre réussite : le tout bénéficie de dessins très corrects (certes un peu rétro mais agréables à l’œil) et les intrigues sont divertissantes, retrouvant le côté divertissant et parfois légèrement kitsch de « Star Trek TOS ». Bref, nous sommes dans des récits courts et non des arcs très développés alors la complexité des histoires reste réduite et la résolution emballée en  une vingtaine de pages. Cependant, le recueil reste fun : les auteurs privilégient le plaisir immédiat au détriment de trop longues circonvolutions et le plaisir de lecture s’avère, par conséquent, bien présent. Une bonne série détente.

STAR TREK: EARLY VOYAGES (book 1) de Ian Edginton, Dan Abnett, Patrick Zircher, Michael Collins, Javier Pulido, Greg Adams, Steve Moncuse, Len Wein, Alberto Giolitti

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Publié le 6 Mai 2021

LES AGENTS DE DREAMLAND de Caitlin R. Kiernan

Après une nouvelle récemment publiée dans Bifrost et située dans le même univers (« Noirs vaisseaux apparus au sud du paradis »), Caitlin R. Kiernan propose un court roman (environ 120 pages) qui reste tout aussi déstabilisant. Nous sommes vraiment dans le « weird », cette forme particulière de l’imaginaire qui (sans entrer dans les définitions complexes ou les querelles de clocher) mélange science-fiction, enquête sous forme de thriller paranoïaque, fantastique, urban fantasy, horreur, références aux mythes, etc. Avec LES AGENTS DE DREAMLAND l’autrice offre une synthèse d’un siècle de « bizarrerie » allant, pour faire court, de Lovecraft à « X-Files ».

L’intrigue ne s’avère donc pas spécialement simple à aborder. C’est le moins que l’on puisse dire ! Alors disons simplement que nous nageons en plein thriller parano science-fictionnel déjanté. Nous avons deux agences de renseignements avec leurs agents secrets, le Signaleur et Immacolata Sexton, dépêchés pour enquêter sur des phénomènes étranges et notamment un cadavre mutilé découvert dans le désert. Une survivante à un massacre de secte annonce l’holocauste à venir et la fin de l’Humanité. Pendant ce temps, une sonde spatiale, New Horizons, voyage vers Pluton. Pour trouver quoi ?

Dans ce court roman, Caitlin R. Kiernan mêle la fiction et la « réalité » de belle manière, évoquant par exemple une adaptation d’Edgar Rice Burroughs par James Whale qui, bien sûr, n’existe pas. Cette démarche rappelle quelque peu l’intertextualité du steampunk lorsque les auteurs s’amusaient à provoquer des rencontres entre personnages ne s’étant, dans la véritable Histoire, jamais croisés. Beaucoup de thèmes science-fictionnelles sont donc revisités ou, parfois, simplement effleurés pour épaissir et opacifié encore davantage un récit décousu. L’intrigue brode ainsi autour des voyages dans le temps, du post apocalypse, des extra-terrestres, des entités cosmiques à la Lovecraft, etc. Les personnages principaux, pour leur part, restent flous et mystérieux, avec d’un côté un type revenu de tout (sauf de la bouteille) et de l’autre une sorte d’exploratrice temporelle. Enfin peut-être car, au final, le lecteur ne peut pas vraiment en être certain. D’ailleurs il ne peut être certain de rien. Les références culturelles et même la chronologie restent également peu clairs. Tout est opaque, comme si l’autrice avait volontairement sabré dans les passages explicatifs de son roman pour garder son caractère sybilin. Bien sûr, tout cela est voulu : le lecteur doit accepter d’errer dans le brouillard et ne pas obtenir toutes les pièces du puzzle, un peu comme si Fox Mulder devait résoudre L’APPEL DE CTHULHU mais que la série avait été annulée avant sa conclusion.

Tout comme « Noirs vaisseaux apparus au sud du paradis », cette novella provoque par conséquent des sentiments contradictoires qui peuvent aller de la fascination à l’irritation, pratiquement d’une page à une autre. Cependant, le positif l’emporte et la lecture des AGENTS DE DREAMLAND reste largement recommandable, le voyage, bien que ténébreux, étant fort agréable à condition d’être prêt à embarquer (pour Arkham aurait dit Robert Bloch !) pour un voyage n’ayant pas de réelle fin. Alors avouons-le c’est bien, voire très bien..mais on n’y comprends rien (ou du moins pas grand-chose). On salue donc la traduction de Mélanie Fazi qui a du galérer à transposer ce casse-tête.  

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Fantastique, #Lovecraft, #Roman court (novella), #science-fiction

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Publié le 4 Mai 2021

BLADE - L’EMERAUDE DE JOKKUN de Richard D. Nolane

Après les trente-sept romans originaux publiés par trois auteurs américains sous le pseudonyme collectif de Jeffrey Lord, la France, qui édite Blade depuis 1974 chez Gérard de Villiers, poursuit la série avec des écrivains maisons. Généralement ils ne sont pas mentionnés ou uniquement en tant que traducteur ou adaptateur. Le même principe déjà utilisé pour L’EXECUTEUR et d’autres séries de chez GDV.

Avec L’EMERAUDE DE JOKKUN, Richard D. Nolane nous propose une aventure bien plaisante, entre la science-fiction rétro à la Burroughs (période John Carter) et la fantasy. Toutes les conventions répondent donc présents : extra-terrestre conquérant assimilé à une entité démoniaque, grand méchant, joyau possédant des pouvoirs extraordinaires, etc. Les péripéties correspondent, elles-aussi, aux demandes des lecteurs de littérature populaire : capture par des méchants pirates, combats nombreux, trahisons, séduction d’une demoiselle,…La recette n’est pas neuve mais fonctionne joliment et permet trois bonnes heures de délassement, lesquelles valent bien celles offertes par une quelconque série B d’héroic-fantasy des années ’80 (au hasard « Ator l’invincible » ou « Deathstalker »). Une pincée de violence, une poignée de scènes érotiques (pas trop longues ce qui évite tout ennui), de l’action efficace et un rythme soutenu. Le lecteur apprécie le métier de l’auteur et la recette bien mitonnée. Nous suivons avec plaisir notre Richard Blade une fois de plus projeté dans une dimension parallèle par les services secrets anglais pour combattre la tyrannie. Blade est uniquement armé de sa bite et son couteau. Et le bonhomme use beaucoup des deux ! Alors évidemment on reste dans le classique, sans beaucoup d’innovations, et le roman se montre un peu trop linéaire pour emporter pleinement l’adhésion mais la sauce prend néanmoins, jusqu’au coup de théâtre final qui permet à l’intrépide et héroïque Richard Blade de triompher, tout seul, de l’entité maléfique. Dans l’ensemble, un bon moment et un chouette bouquin d’évasion qui donne envie de découvrir d’autres aventures de Mr Blade.

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Publié le 2 Mai 2021

LA NUIT DE FRANKENSTEIN de Jean-Claude Carrière

Troisième volet des « Frankenstein » écrit par Jean-Claude Carrière sous le pseudonyme collectif de Benoit Becker, LA NUIT DE FRANKENSTEIN s’avère encore plus réussi et délirant que les deux premiers. Les trois bouquins furent réunis dans un recueil hautement divertissant de 470 pages, les trois suivants (car la saga compte en tout six tomes) furent également compilés dans un second volume, toujours au Fleuve Noir, en 1995. Plus récemment, les six tomes furent à nouveau réédités chez French Pulp, cette fois en trois volumes double.  

Nous sommes dans les Alpes, en 1920, aux côtés d’un pasteur sérieusement atteint et adepte illuminé de Nietzche. Depuis la disparition de sa servante, l’ambiance devient de plus en plus pesante. Et pour cause, notre Homme de Dieu s’est mis dans la tête de retrouver le Monstre de Frankenstein afin de créer le surhomme promis par Nietzche. Pour cela il envisage carrément de faire féconder son épouse par la créature !

Ecrit pour la collection « Angoisse » à la fin des années ’50, LA NUIT DE FRANKENSTEIN déroule sur un rythme soutenu une intrigue typique du « pulp » avec ses personnages déjantés (le pasteur est particulièrement « chargé »), ses morceaux de bravoure (les traques du Monstre dans les montages, les attaques de loups), ses passages horrifiques qui donnent volontiers dans le Grand-Guignol,…Bref, toute une époque qui rappelle sans doute davantage les séquelles cinématographiques produites à la chaine par la Universal dans les années 30 et 40 (« Le fils de Frankenstein », « le spectre de Frankenstein »,…) que le roman initial de Mary Shelley. Mais qu’importe, la lecture s’avère plaisante et le lecteur en redemande, d’autant que le roman ne traine pas en route (l’intrigue est ramassée sur 150 pages) : le style est fluide, efficace, sans recherche excessive mais sans verser dans le simpliste ou, pire, le bâclé. L’intrigue reste classique mais possède ces petites excentricités, cette petite folie, typique de la littérature populaire, quelque part entre feuilleton, mélodrame horrifique et Grand-Guignol. En résumé, un bon moment assuré !

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Rédigé par hellrick

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Publié le 30 Avril 2021

JUSTICE LEAGUE REBIRTH TOME 5 : HERITAGE de Bryan Hitch et Neil Edwards

Depuis des décennies un des grands classiques du comics consiste à nous présenter le futur, genre « dans 20 ans voici ce qui adviendra ». Or ce futur n’est jamais rose. Il est même souvent carrément sombre. En voici une nouvelle preuve avec cet arc en six parties de la Justice League. La planète a été dévasté, les héros se sont entretués, la toute puissante Souveraine règne sur un monde détruit dont elle traque les rares survivants. Alors, comme toujours, les héritiers de la Justice League, les enfants des héros que nous connaissons, voyagent dans le temps pour éviter l’apocalypse.

Chez Marvel, le classique « Days of Future past » et le plutôt convaincant « Age of Ultron » nous ont habitué à ces récits à la façon de « Terminator » qui nous martèlent, au final, que le futur n’est pas écrit. Dernièrement, nous avons vu débarquer le Tim Drake du futur dans Gotham afin de prévenir une catastrophe prochaine. Bref, la ligne narrative de cette intrigue de la Justice League ne se montre pas franchement innovante mais, surprise, Bryan Hitch abandonne l’artillerie lourde de ses précédents arcs pour concocter un récit davantage axé sur la subtilité. Dès les premières pages, le lecteur se voit plongé au cœur de l’action mais sans subir le tir de barrage fatigant des tomes antérieurs. De leur côté, les « héritiers » de la Justice League s’avèrent joliment caractérisés et offrent d’intéressantes perspectives. Ils ouvrent différentes possibilités alors espérons que nous pourrons les recroiser dans de futures intrigues.

Nous avons droit à quelques surprises : Hunter, le fils de Wonder Woman, abandonné à sa naissance car il n’est pas une Amazone. Il est (ou sera) élevé par Superman et Lois, d’où son ressentiment compréhensible à l’égard de sa maman. Autre nouvelle étonnante, Jessica Cruz aura des enfants avec Barry Allen ce qui, bien sûr, rend ce dernier perplexe. Le lecteur découvre aussi Nora « Cruise » Allen, héritière des pouvoirs du Flash et les jumeaux Jenny et Jason. Ces derniers disposent des lumières blanches et noires de Green Lantern. Eldoris « Serenity » Curry est bien évidemment la fille d’Aquaman et Merra tandis que Cube, le rejeton de Cyborg, dispose d’une technologie extrêmement évoluée. Baz, pour sa part, n’a pas d’enfant et son destin semble de prendre la tête des Yellow Lantern après avoir tué Sinestro. Comme toujours cet avenir demeurera probablement hypothétique mais, au moins, cela fonctionne le temps de l’album, tout comme le look mi-homme mi-machine d’Aquaman revisité par Cyborg. L’ensemble divertit souvent, surprend parfois, pour un titre gros calibre comme « Justice League », jusqu’ici peu convaincant, c’est déjà beaucoup.

Le run de Bryan Hitch, assez décevant, se termine donc de belle manière, peut-être pas en apothéose car des défauts subsistent (le dernier chapitre parait expédié et la résolution des problèmes intervient bien trop rapidement après une efficace mise en place) mais l’ensemble gère joliment les différents personnages, reste abordable et compréhensible et alterne adroitement action et passages intimistes. Une réussite certes mineure mais appréciable.

JUSTICE LEAGUE REBIRTH TOME 5 : HERITAGE de Bryan Hitch et Neil Edwards

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Comic Book, #DC, #Justice League

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Publié le 29 Avril 2021

CORSAIRE de Jack Du Brul & Clive Cussler

Jack Du Brul, parrainé par Clive Cussler, poursuit les aventures de l’Orégon, un navire surarmé camouflé en vieux rafiot et occupé par l’élite des mercenaires mené par Juan Cabrillo. Cette fois, une conférence de paix pourrait faire évoluer positivement la situation au Moyen-Orient. Mais la secrétaire d’état américaine est capturée par des terroristes. Juan et ses hommes vont tenter de la retrouver et, parallèlement, mettre la main sur les écrits d’un musulman qui, à la fin de sa vie, aurait rédigé un traité visant à la coexistence pacifique des religions.

Après le traditionnel prologue en pleine bataille navale avec corsaires barbaresques et coups de canon, le roman se recentre à l’époque actuelle. La majeure partie de l’action aura lieu en Lybie et le terrorisme va se trouver dans la ligne de mire des deux romanciers, par l’intermédiaire de leur héros, Juan Cabrillo.

Du Brul maitrise manifestement les ficelles du page-turner et, en dépit de quelques longueurs, l’écriture fluide et sans fioriture, maintient le suspense durant 502 pages. Les recettes ne changent guère : le roman alterne les aventures et les points de vue, avançant à un rythme soutenu avec des chapitres relativement courts, toujours nerveux et régulièrement ponctués de cliffhangers. Comme toujours, le côté serial de l’intrigue voisine avec des scènes d’action spectaculaires à la manière des gros budgets hollywoodiens. L’aspect cinématographique de l’intrigue, complètement assumé, multiplie d’ailleurs les références attendues à James Bond et Indiana Jones auquel s’ajoute une sous-intrigue à base de trésor et d’ésotérisme dans la lignée d’un Dan Brown. Toutefois, la série Orégon se distingue de la saga « mère » consacrée à Dirk Pitt en privilégiant l’action pure au détriment du mystère et de l’émerveillement teinté, parfois, d’un soupçon de science-fiction ou de fantastique. Là où Pitt doit résoudre des énigmes, découvrir l’Atlantide ou renflouer le Titanic, Cabrillo se « contente » de combattre les barbus et de sauver le monde à la manière d’un héros de roman de gare façon Exécuteur. C’est véritablement les romans d’aventures populaires (dit « pour hommes ») qu’évoque ce CORSAIRE avec leur qualité (rythme enlevé, explosions et fusillades à foison) mais aussi leurs défauts (linéarité de l’intrigue, prévisibilité des rebondissements et méchants fort caricaturaux), défauts évidemment accentués par une pagination conséquente. Toutefois ne boudons pas notre plaisir : CORSAIRE demeure un bon mélange d’action, d’aventures et de techno thriller agrémenté d’une touche historique et d’un soupçon de théologie (les dernières lignes s’avèrent d’ailleurs fort réussies et bien trouvées).

Bref, un épais bouquin popcorn, bien huilé, facile à lire et globalement satisfaisant. S’il ne peut se hisser à la hauteur des meilleurs « Cussler », CORSAIRE reste l’assurance d’un divertissement efficace et plaisant qui saura contenter les fans de l’auteur (et de ses « collaborateurs » variablement doués).

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Aventures, #Technothriller, #Clive Cussler

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Publié le 27 Avril 2021

PERVERSE MARION d'Ugo Solenza

Plus de 400 romans ! Voici ce que nous laisse Georges-Jean Arnaud (1928 – 2020)…avec, évidemment, la saga de LA COMPAGNIE DES GLACES (une centaine de tomes), les romans d’espionnage signés Gil Darcy, les Commander (76 bouquins), les Pascal, les Marion et autres romans érotiques (75 livres !), quelques Angoisse et Gore,…Bref, un héritage monumental ! Avec Marion, sous le pseudo de Ugo Solenza, l’écrivain propose de l’aventure historique et érotique dans la lignée des Angélique, Caroline Chérie, Marie Galante, etc. Quinze tomes seront nécessaires à Solenza pour conter le destin de Marion, jeune femme libérée, bisexuelle et très charmante, originaire d’Irlande et emporté par les tourments de l’Histoire en l’an 1700. Ses aventures ont, forcément, un parfum feuilletonnesque assumé, l’auteur rendant hommage aux grands écrivains du « cape et épée » d’antan. L’intrigue est donc foisonnante et le lecteur se trouve plongé, après un court résumé du tome précédent, dans cette nouvelle histoire qui voit Marion partir en France afin d’obtenir les fonds nécessaires au combat que mène les Irlandais contre les Anglais. La belle débarque sur le vieux continent après une traversée en compagnie de son soi-disant époux, échoue dans un lazaret alors que la variole fait rage, séduit un médecin, fuit vers Versailles,… Une célèbre courtisane tombe amoureuse de Marion puis la jeune femme parvient à lever des fonds pour la lutte irlandaise. Mais elle est enlevée, violée et torturée par des bohémiens malfaisants dont le chef a un vieux compte à régler avec elle…

Avec cette PERVERSE MARION, Arnaud / Solenza ressuscite le roman feuilleton populaire et fonce à bride abattue en multipliant les rebondissements, les trahisons, les complots et, bien sûr, les amours contrariées. En 186 pages, le bouquin ne perd guère de temps en route et ne se soucie pas toujours de vraisemblance mais qu’importe, l’action soutenue le rend très plaisant. Arnaud / Solenza possédant un solide métier son écriture se révèle fluide, plaisante, avec un vocabulaire recherché et un côté quelque peu suranné dans les termes choisis, permettant au lecteur de s’immerger dans cette période historique fort bien décrite. Le cahier des charges (décharge ?) se compose, pour sa part, des passages érotiques intervenant de manière régulière mais sans être envahissant. L’auteur opte, là aussi, pour un vocabulaire plutôt soutenu et se plie aux conventions de ce genre littéraire : scènes hétérosexuelles classiques, sodomie, sexe oral, viol, tortures, intermède saphique, flagellation,…Marion use de son corps pour parvenir à ses fins et le tout se lit très bien, le romancier atteignant un délicat équilibre entre les descriptions historiques, l’aventure proprement dite, la romance mélodramatique, l’érotisme et les pointes de violence distillées ça et là. Bref, voici de la très plaisante littérature populaire, bien écrite, efficace, divertissante, enlevée et énergique. A la fin de cette PERVERSE MARION la seule envie du lecteur est de poursuivre les aventures érotico-sentimentales de cette charmante aventurière…

 

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Aventures, #Erotique, #Historique, #Roman de gare

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Publié le 26 Avril 2021

CANYON ROUGE de Michel Honaker

Michel Honaker est déjà une valeur sure de l’horreur, de la SF et du fantastique au milieu des années ’80 lorsqu’il publie le premier de ses 2 « Gore ». On lui doit, par exemple, la très brutale saga du Commandeur, des bouquins de gare nerveux, très cul et très gore (du moins dans leur forme originelle puisqu’ils seront réédités dans des versions assagies). Du coup, le lecteur se dit qu’une fois adoubé par la collection Gore Honaker va se lâcher complètement. Surprise, CANYON ROUGE s’avère plutôt timoré : certes il y a quelques passages sanglants et l’une ou l’autre scènes « érotiques » mais, dans l’ensemble, nous sommes loin d’un Houssin ou d’un Necrorian. Pas grave ! Ce que le lecteur perd en potentiel trash, il le gagne au niveau du récit, très réussi, maitrise et bien mené.

Nous sommes à San Isabel, petite communauté brûlée de soleil où les individus, poissés de sueurs, vivotent en espérant, un jour, partir pour la grande ville. Stone Face, le chef indien Zunis, dirige une réserve dans le désert. Son peuple s’est adapté aux Blancs et lui-même ne croit plus en ses dieux, ce qui ne l’empêche pas de déposer, chaque année, des présents aux esprits de la rivière. Or, un flic, Joe McCurdy, n’aime guère les Indiens et décide de dévaster les offrandes laissées aux entités surnaturels, les Kachinas. Ce geste aura de lourdes conséquences…Honaker livre un Gore dominé par l’atmosphère étouffante d’un été caniculaire avec des personnages partagés entre modernité et tradition. Le chef Stone Face a droit, par exemple, a un développement intéressant et devient un protagoniste possédant une réelle épaisseur, loin des clichés. Ce climat donne au roman un côté intéressant, assez peu usité, parfois proche du western moderne. En réalité, avec CANYON ROUGE, Honaker braconne sur les terres d’un Graham Masterton première époque mais réussit un roman fantastique et horrifique de haute volée ponctué de rares mais effectifs scènes sanglantes. La plus réussie reste sans doute l’attaque d’un car de touristes dans la canyon maudit et le viol de la guide par le chauffeur décapité.

Dans son déroulement et ses références à la culture amérindienne, CANYON ROUGE s’avère soigné et, osons le dire, se montre au moins aussi réussi que le célèbre MANITOU de l’Anglais. Un des meilleurs Gore francophone de la collection, sans doute moins novateur que ceux de Corsélien ou moins rentre-dedans que ceux de Houssin mais tout aussi efficace et palpitant.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Fantastique, #Gore, #Horreur

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Publié le 24 Avril 2021

COPLAN SUR DES CHARBONS ARDENTS de Paul Kenny

Lors de la grande vague de l’espionnage, chaque maison d’édition souhaite « son » personnage et lorsque Jean Bruce quitte le Fleuve Noir, emportant avec lui OSS 117, une place se libère pour un nouvel héros. Deux écrivains belges, Gaston Vandenpanhuyse (1913 – 1981) et Jean Libert (1913 – 1995) inventent ainsi, au début des années 50, l’agent secret français Francis Coplan, dit FX 18, de la SDECE. Le duo d’auteurs adopte le pseudo collectif de Paul Kenny, repris ensuite par leur successeur, Serge Jacquemart, qui écrira les aventures de Coplan de 1989 à 1996. En tout 237 bouquins seront publiés et connaitront un énorme succès, encore accentué par six films puis une série télé.

Avec COPLAN SUR DES CHARBONS ARDENTS, écrit par Jacquemart, nous sommes dans le roman de gare certes écrit à la chaine mais qui ne se moque pas de son public. Le bouquin se montre en tout cas fort divertissant et c’est bien l’essentiel. Nous avons droit à toutes les conventions : des complots d’espionnage, des agents doubles, de belles espionnes chaudasses, etc. Pour détourner l’attention des jeux d’espion, s’ajoute en outre un tueur en série obsédé par la dépravation qui pense trouver la pureté auprès d’une touriste hollandaise obèse qui aime ça « par derrière ». Lorsqu’il comprend que la jeune femme (100 kilos sur la balance !) n’est pas aussi pure qu’escompté, notre homme l’étrangle en pleine action. Capturé mais refusant d’avouer ses crimes, le maniaque est balancé dans une cellule d’une prison turque peuplée de dizaines d’homosexuels en rut qui le prennent non-stop par tous ses orifices. Du coup il finit par craquer ! Coplan, de son côté, aboutit dans le harem d’un cinglé mégalomane : s’identifiant à un sultan il se constitue une cour féminine parfaite et enlève des jeunes filles issues d’à peu près tous les pays. Coplan, pour sa part, doit finir eunuque une fois qu’un chirurgien pas net l’aura soulagé de ses bourses. Bref, c’est excessif à tous les étages et le roman se rapproche davantage des aventures de Bob Sainclair évoquées dans « Le magnifique » que de John Le Carré.

Plus ludique et délirant qu’un OSS 117, nettement moins sérieux et politisé qu’un SAS, encore plus déjanté que le James Bond le plus délirant, ce Coplan parait construit de bric et de broc. Un écrivain plus consciencieux ou moins pressé par le temps aurait probablement pu en tirer trois romans différents (l’un d’espionnage, l’un consacré au sultan fou et un dernier centré sur le tueur en série) mais, à la place, notre « Paul Kenny » (ici, Serge Jacquemard donc), préfère mélanger toutes les intrigues possibles pour en tirer un brouet pas toujours très subtil mais incontestablement nourrissant. Très fun !

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Aventures, #Espionnage, #Roman de gare

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Publié le 22 Avril 2021

BURN THE WITCH de Tito Kubo

Voici un manga original et très sympathique au sujet d’un monde parallèle, le Londres Inversé, où vivent les dragons (au sens large, ce sont des créatures magiques) et des sorcières chargées de les empêcher de nuire. Car si la plupart de ces dragons sont pacifiques et même utilisés pour diverses fonctions, certains peuvent devenir maléfiques et sombrer dans le côté obscur, devenant des « dark dragon ». Une personne ainsi être « endragonnée » ce qui nécessite une intervention pouvant aller jusqu’au « dragonfinement ». Dans ce manga, un dragon n’est pas seulement le gros monstre cracheur de feu à la Smaug, c’est, en gros, à peu près toutes les créatures surnaturelles et magiques, lesquelles peuvent d’ailleurs servir de simples pot de fleurs ou…alimenter en énergie la cité.

L’auteur avance vite et ne traine pas dans son intrigue : au lieu de présenter son univers par touches successives il plonge directement le lecteur dans le grand bain. Plouf ! Avec plusieurs personnages principaux et un univers relativement complexe le début peut paraitre ardu mais, en réalité, le lecteur s’accroche rapidement  à quelques points de repères. Les protagonistes sont bien typés, un peu cliché mais agréables et attachants. Les deux sorcières se nomment Noel et Ninny, l’une voulant rester du côté pacifique de leur mission de protection, l’autre désireuse de rejoindre les Sabers, autrement dit l’élite amenée à se castagner avec les créatures légendaires. L’auteur introduit donc un système de points et une sorte de classement qui vise à sélectionner les sorcières les plus méritantes pour intégrer la crème de la crème des unités anti-dragons. Cela reste, dans ce premier tome, à l’état d’ébauche mais le succès permettra la sortie d’un deuxième volume afin, probablement, d’approfondir les questions laissées sans réponse. Cependant, pour autant, l’intrigue n’est pas confuse ni trop complexe : le lecteur assimile sans grande difficulté ce monde de fantasy urbaine. Un Verso Londres étoffé et cohérent une fois passé la découverte, quelque peu déstabilisante, de ce monde magique. L’humour est également bien présent avec le déjanté Balgo, un adolescent ordinaire embarqué malgré lui dans cette histoire suite à son obsession pour Noel…dont il veut absolument voir la culotte. BURN THE WITCH constitue au final une découverte des plus plaisantes, d’autant que le tome, tout en laissant la porte ouverte à de futures développements, se suffit à lui-même et propose 250 pages d’aventures, de fantastique et de comédie. Une bonne pioche !

BURN THE WITCH de Tito Kubo

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Fantasy, #Manga

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