Publié le 25 Mai 2021

CA C'EST DU BILLARD d'Ed Lacy

Jadis publié dans la collection « Un mystère », ce roman d’Ed Lacy jette un pont entre le récit d’énigme, le polar « dur à cuir » et le « policier » plus porté sur les aspects psychologiques. Tout débute par la mort d’un type banal, Frank Andersun. Ce-dernier devait prochainement se rendre en Europe après avoir gagné à un concours. Un flic, Ed Turner, se fait descendre également. Sa veuve, Betsy, en appelle à un privé, Barney Harris, un colosse ancien garagiste et haltérophile reconverti dans la filature pour élever sa petite fille. L’enquête s’annonce tortueuse et Barney tombe sur un paquet de suspects, de types louches, de putes sympas et de mafieux peu fréquentables.

Leonard S. Zinberg (1911 – 1968) débute dans le métier en 1940. Après quelques romans signés de son nom il adopte le pseudo d’Ed Lacy et rédige de nombreux polars dont une quinzaine seront traduits, principalement chez « Un mystère » ou à la « Série Noire ». Il écrit également beaucoup de nouvelles, notamment pour la revue d’Alfred Hitchcock et gagne le Prix Edgar Poe pour A CORPS ET A CRIME.

Dans CA C’EST DU BILLARD, le lecteur retrouve toute l’ambiance du polar des fifties avec les quartiers new-yorkais miteux, les prostituées au grand cœur, les macs minables, les détectives sur le retour, les flics corrompus « mais pas trop », les malfrats ringards et les combines improbables. Le roman alterne donc entre l’enquête du privé, narrée à la première personne, et les considérations des deux truands contraints au meurtre pour protéger une géniale arnaque,…L’originalité de cette combine et les tuiles successives qui en découlent annoncent des séries à la « Fargo » pour donner une référence contemporaine. Bref, c’est l’escalade meurtrière, la boule de neige qui fait déborder le vase et toutes ces sortes de choses.

Rythmé, énergique, costaud comme son héros, CA C’EST DU BILLARD reste l’assurance d’une bonne soirée lecture. Plaisant.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Polar, #Policier

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Publié le 23 Mai 2021

LA VAMP AUX YEUX VERTS de Erle Stanley Gardner

Publié en 1953 voici une des innombrables enquêtes policières de l’incorruptible avocat Perry Mason. Il doit aider une jeune femme qui, comme le titre l’indique, est une irrésistible beauté aux yeux vert, Sylvia Atwood, dont le père, Ned, a jadis amassé une fortune considérable. Or il semble qu’il ait ai emprunté cet argent à un type peu fréquentable, J.J. Fritch…un magot provenant, en réalité, d’un hold-up. Bien que Ned ait été de bonne foi l’origine douteuse de l’argent pourrait porter atteinte à sa réputation. Et Fritch menace de révéler toute l’histoire à la police à moins, bien sûr, que Ned paie le prix de son silence. L’histoire se complique, des meurtres se produisent et, encore une fois, Perry Mason va devoir se démener dans une intrigue tortueuse. Il sera même suspecté de meurtre mais résoudra l’affaire au tribunal.

Erle Stanley Gardner se trouve ici à son meilleur et a trouvé sa vitesse de croisière, le lecteur ne sera donc guère surpris du déroulement puisqu’il se conforme à la recette de tous les Perry Mason : une histoire complexe, des points juridiques obscurs, un chantage, un meurtre, un Mason combattif embarqué quasiment malgré lui dans le tourbillon des rebondissements et, forcément, un dernier acte au tribunal. Dans cette ultime partie le lecteur aura son content de révélations, surprises et « objection votre honneur ! » au cours d’une bataille de plaidoirie haletante. Le style de Gardner ne change pas : dégraissé au maximum, pratiquement dénué de descriptions, focalisé sur les dialogues,…Nous sommes presque dans une pièce de théâtre rythmée par les dialogues incisifs qui confèrent un côté haletant au récit. Le roman est ramassé à l’extrême, chaque scène étant pertinente, bien trouvée (quoique techniquement datée le long passage où Mason doit copier un enregistrement puis l’effacer afin de neutraliser le maitre-chanteur reste un bon moment de suspense) et efficace. Si Gardner mentionne un fait il sera utilisé dans la narration, que ce soit pour aider à la résolution de l’énigme ou, au contraire, pour embrouiller le lecteur en le conduisant sur une fausse piste.

Un solide whodunit bien emballé en moins de 200 pages : divertissant et plaisant, tout comme la plupart des Perry Mason. Les fans savent à quoi s’attendre et seront pleinement satisfaits.

 

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Policier, #Whodunit

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Publié le 21 Mai 2021

MORBIUS THE LIVING VAMPIRE (Marvel Epic Collection)

Au cours des années ’70, Marvel se diversifie et lance de nouveaux personnages qui s’éloignent des clichés du bon et du méchant pour s’inscrire dans un intermédiaire plus ambigu. L’époque est propice à ce genre de héros avec l’Inspecteur Harry ou le Justicier dans la ville. L’occulte et le surnaturel constituent, eux aussi, un nouveau terrain pour la Maison des Idées. La firme va ainsi réactualiser Dracula (TOMB OF DRACULA), le Loup Garou (WEREWOLF BY NIGHT), la créature (MONSTER OF FRANKENSTEIN),…La période voit aussi Ghost Rider, Man Thing ou Man Wolf devenir populaires, sans oublier l’apparition de Blade le chasseur de vampires. Dans ce foisonnement apparait également Morbius, le Vampire Vivant. Ce-dernier n’est pas une véritable créature de la nuit mais bien un scientifique, atteint d’une maladie du sang, qui tente de survivre en se transformant en un monstre assoiffé de sang. Le personnage va évoluer au fil des scénaristes et ce recueil copieux permet de voir les changements qui s’opèrent entre 1971 et 1975.

L’histoire tragique de Morbius (qui nous sera rappelée à plusieurs fois au cours du bouquin) débute dans AMAZING SPIDER MAN 101 et 102. A cette époque Spidey vient d’acquérir quatre bras surnuméraires et sollicite l’aide de son ami Connors pour s’en défaire. L’Araignée du quartier croise la route de Morbius et réveille le Lézard. Une bonne entrée en matière pour Morbius que l’on retrouve dans deux Team Up opposé à la Torche et aux X-Men.

La suite diffère grandement avec une large portion dévolue à VAMPIRE TALES : le dessin (très réussi) passe au noir et blanc et le ton se veut plus mâture et sérieux, avec un long arc narratif davantage porté sur le fantastique et l’épouvante.

Morbius combat également un étrange culte satanique, rencontre une gamine qui peut devenir son moi future (une puissante sorcière) et affronte Man Wolf et le Werewolf by Night.

Dans l’ensemble cette collection définit parfaitement ce que les anglophones appellent un « mixed bag » : les parties en noir et blanc sont visuellement superbes mais l’intrigue parait confuse et recourt trop fréquemment aux scènes de combats pour résoudre les problèmes posés. Le reste est plus satisfaisant et témoigne d’une époque où Marvel se diversifiait avec des personnages originaux comme Man Wolf ou Blade.

Le tout se lit cependant davantage comme une curiosité et une tentative, louable mais pas vraiment aboutie, de faire évoluer le comic mainstream vers quelque chose de plus personnel, mâture et audacieux. Un témoignage historique pour une lecture mi-figue mi-raisin.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Comic Book, #Fantastique, #Horreur, #Marvel Comics, #Spiderman, #Superhéros

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Publié le 20 Mai 2021

QUI A PEUR D'ED GARPO? de Fred Kassak

Sous ce titre en forme de clin d’œil à l’inventeur du roman policier se cache une série de dix nouvelles de longueur variée, certaine étant vraiment très courtes (3 ou 4 pages pour « Dédicace » et « L’âge des problèmes » qui misent tout sur leur chute), caractérisée par un humour noir prononcé, une ambiance macabre et une chute finale inattendue. Les sujets sont, eux, variés, et n’hésitent pas à plonger dans le fantastique afin de rendre davantage hommage à Edgar Poe. La nouvelle titre, en particuliers, s’inspire du « Cœur révélateur » de l’écrivain américain et suit un romancier français apprécié de la critique (mais guère lu) qui donne un petit coup de main à son neveu pour que celui-ci puisse publier une bande dessinée (horreur !) illustrant Poe (re-horreur !). Evidemment le jeune prodige reçoit tous les honneurs tandis que le grincheux écrivain sombre dans l’oubli. Jusque la chute.

On apprécie aussi « le bon motif » dans laquelle des agents d’assurances cherchent la petite bête afin, à chaque fois, de trouver une faille dans les contrats signés par leurs clients. Le but étant bien sûr de ne jamais payer les indemnités mais, à la manière des TALES FROM THE CRYPT, tel sera pris qui croyait prendre.

Dans ce recueil de 150 pages le lecteur croisera encore un homme capable de voir à travers les corps et découvrant donc les gens sous forme de squelettes en mouvement, un espion russe qui fait échouer le plan parfait d’une criminelle ayant apparemment pensé à tout, un spécialiste de l’envoutement, une femme qui fait un faux numéros et tombe à plusieurs reprises sur le même correspondant… et bien d’autres personnages originaux et bien brossés.

Les récits combinent donc joyeusement polar, fantastique, humour noir et comédie grinçante avec une prédilection pour les « bons moments » et les répliques qui fusent, sans s’interdire de verser dans l’absurde et en portant toujours un regard décalé sur des protagonistes le plus souvent malheureux voire pathétique. Kassak rappelle ici les maitres de la nouvelle très courte comme Robert Bloch ou Fredric Brown qui, eux aussi, donnaient volontiers dans un mélange d’ambiance « noire », de fantastique décalé et de comique acide. Un recueil très divertissant qui se déguste rapidement !

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Fantastique, #Humour, #Policier, #Recueil de nouvelles

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Publié le 18 Mai 2021

GRAND GUIGNOL 36 - 88 de Kurt Steiner

Kurt Steiner, alias André Ruellan…Un poids lourd de l’imaginaire francophone né en 1922 et décédé en 2016. Près d’un siècle au service du fantastique, de la science-fiction, de l’épouvante,…Une carrière débutée en 1953 au Fleuve Noir. Le bonhomme a également été scénariste, par exemple des « Chiens » de Jessua ou du « Seuil du vide » de Jean-François Davy…mais également du « Distrait » de Pierre Richard !

Il publie également un unique « Gore », un hommage au théâtre du Grand Guignol et aux années ’30 situé à Paris. L’intrigue rappelle vaguement « Wizard of Gore » d’Hershell Gordon Lewis, inventeur du gore cinématographique et héritier naturel du théâtre horrifique parisien. Bref, la boucle est bouclée avec ce Gorps, organisateur de pièces de théâtre sanglantes qui se terminent par d’authentiques mises à mort afin de contenter un public de cannibales. Du snuff avant la lettre qui inquiète Sophie, une jeune femme dont une amie à disparu après avoir été sélectionnée pour une tournée au Canada. Or elle n’a jamais embarqué sur le navire transatlantique. Son compagnon, Thierry, enquête tout en voyageant dans l’avenir, jusqu’en 1988…

GRAND GUIGNOL 36-88 constitue une curiosité qui aurait pu figurer dans les collections Angoisse ou Anticipation : Steiner bouscule les genres et les mélange avec un talent de vieux routier de l’imaginaire. La description historique des troubles années ’30 (avec l’accession au pouvoir de Franco et la montée d’Adolph) permet toutefois à l’auteur de réfléchir sur les vertus cathartiques du Grand Guignol, le théâtre permettant à tout un chacun d’évacuer ses pulsions violentes. Mais l’écrivain n’est pas complètement dupe et pointe le caractère répétitif et attendu des spectacles, l’alternance de pièces sanglantes et d’autres purement humoristiques à la façon du Vaudeville.

Quelque peu déstabilisant, le roman glisse peu à peu vers la science-fiction et les « mondes truqués », opérant un virage en forme de boucle temporelle guère explicable mais intéressante et adroitement négociée. Les scènes gore, de leur côté, sont rares et relativement timorées, manifestement elles n’intéressaient guère Steiner, ce qui change (agréablement) d’un Necrorian qui se vautrait dans la barbaque avec un BLOOD SEX utilisant déjà le principe de la mise en abime.

Intéressant par son contexte et sa localisation spatio-temporelle rarement usité dans le domaine du fantastique, ce GRAND GUIGNOL 36-88 constitue donc un bouquin atypique et globalement plaisant, à découvrir pour les curieux qui pensent que le gore francophone se limitait à la boucherie vomitive d’un Necrorian, au sadisme social d’un Corsélien ou à la dégueulasserie comico-porno d’un Vertueil.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Fantastique, #Gore, #Horreur, #Roman de gare, #science-fiction

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Publié le 16 Mai 2021

L'ESPIONNE D'HITLER de Gunther Hötzendorf

La collection « Les Soudards » se voulait une déclinaison trash des romans de guerre publiés par Gerfaut et ce bouquin en constitue la démonstration évidente. Le récit s’intéresse à une certaine Eva, « nymphomane asservie à ses passions » comme le précise la couverture, bien décidée à devenir, au sein du 3ème Reich, l’équivalent des anciennes courtisanes. Autrement dit une femme qui possède le véritable pouvoir tout en laissant ses nombreux amants penser qu’ils en tiennent les rennes. Cependant, Eva va pousser le bouchon trop loin en voulant carrément impressionner Hitler : pour cela elle tourne un petit film porno amateur qu’elle expédie à Adolf. Alors qu’elle pense s’attirer ses faveurs le Furher entre en fureur. Et voilà Eva expédiée chez un médecin décidé à la guérir de son addiction sexuelle et, accessoirement, lui rendre sa virginité (au sens propre et au figuré) pour la transformer en espionne docile.

Comme pour les naziexploitations cinématographiques, le roman reprend les thèmes classiques de l’érotisme et n’est véritablement choquant, pour les fragiles, que par son contexte. En effet, le récit de l’accession au pouvoir d’une jeune fille dévergondée et de sa chute constitue un lieu commun de l’érotisme, d’ailleurs traité à la manière d’un mélodrame épicé. Situé dans un autre contexte ou à une autre époque, le bouquin n’aura guère attiré l’attention (nous sommes dans le mélo polisson façon Marion, Caroline, Marie et même Angélique) mais, évidemment, la période nazie lui donne un côté sulfureux. Se voulant éducatif, l’auteur ponctue d’ailleurs l’intrigue de notes de bas de page historiques afin de resituer les personnages, les lieux, etc. Il précise les faits « authentiques » et accrédite la thèse des Etats-Unis ayant volontairement laissé se dérouler Pearl-Harbour pour mobiliser l’opinion. Laissons ces considérations aux historiens : vraie ou fausse l’idée n’est pas mauvaise et permet une seconde partie plus axée sur l’espionnage où le bouquin plonge, enfin, dans les intrigues guerrières. L’auteur utilise également l’allemand, ce qui permet d’enrichir son vocabulaire pour les prochaines vacances. Bon, le registre sexical, euh lexical, tourne surtout autour de « suce ma grosse bite salope », mais bon, ça peut toujours servir. L’indispensable passage choc intervient lorsque l’héroïne visite un camp de concentration : elle assiste au viol barbare d’une détenue par deux prisonniers juifs rendus fous par les privations. Puis elle les abat tandis qu’un dignitaire nazi la prend par derrière. Du pur « Ilsa ». Parmi les autres scènes complètement délirantes, citons celle où la belle espionne se venge d’un agent japonais en lui tirant dans les jambes, provoquant son basculement dans une déferlante de fourmis rouges (la fameuse Marabounta qui, parfois, gronde) qui le dévorent jusque l’os.

Pour les fragiles adeptes de la cancel culture, L’ESPIONNE D’HITLER provoquera surement poussée d’urticaire et envie d’un bain chaud aux huiles essentielles mais, pour les amateurs de roman de gare dégénéré, le tout reste divertissant et constitue l’équivalent littéraire d’un « Salon Kitty » de Tinto Brass (ou d’un « SS Girls » de Bruno Mattei). Enormément de passages pornos, pas mal de tortures sadiques, quelques scènes sanglantes et une intrigue certes ténues mais pas mal ficelées font de cette ESPIONNE D’HITLER une sympathique naziexploitation.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Erotique, #Roman de gare, #Guerre, #Soudards - Naziexploitation

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Publié le 14 Mai 2021

VAMPIRELLA - THE DYNAMITE YEARS OMNIBUS VOLUME 1

Personnage créé par le fameux Forest J. Ackerman et le non moins fameux dessinateur Frank Frazetta pour l’éditeur James Warren en 1969, Vampirella est, à l’origine, une extraterrestre provenant de la planète Drakulon. Ses habitants s’y nourrissent du sang qui y coule à la manière des rivières. Après qu’un vaisseau venu de la terre se soit écrasé sur Drakulon, Vampirella s’embarque pour notre planète dans l’espoir de sauver sa planète agonisante depuis l’explosion d’un de ses deux soleils. Elle découvre que sur Terre elle doit se nourrir du sang qui coule dans les veines des Humains.

Devenu rapidement populaire, le personnage connait une longue histoire chez différents éditeurs. Un projet de film est envisagé par la Hammer mais n’aboutira pas (Roger Corman produira cependant un tout petit budget durant les années ’90). Ses origines seront également plusieurs fois réécrites, faisant de Vampirella la fille de Lilith, la première femme d’Adam. Drakulon, au fil du temps, n’existe pas, existe (en tant qu’autre planète) ou existe… en tant que lieu de l’Enfer. Bref, l’histoire classique des personnages de comics populaires. Des personnages typiques de la mythologie vampirique apparaissent également au fil des cinq décennies d’existence de Vampirella : Dracula, les descendants de Van Helsing, etc.

Ce copieux omnibus (en anglais) reprend les 20 premiers chapitres (plus deux annuals) du relaunch effectué par l’éditeur Dynamite en 2010. Soit trois gros arcs narratifs : Crown of Worms (Vampirella #1-7) A Murder of Crows (Vampirella #8-11) et Throne of Skulls (Vampirella #12–20).

Les différentes intrigues sont efficaces, bien menées et disposent de suffisamment de pages pour se développer adéquatement, avec leur quota de rebondissements, retournements et révélations. L’humour est présent, tout comme les scènes d’actions énergiques et les passages plus horrifiques et sanglants qui ne lésinent pas sur les démembrements et autres éclaboussures écarlates. L’érotisme, pour sa part, se limite aux poses hyper sexuées de la principales protagonistes, laquelle porte les costumes les plus suggestifs de l’histoire du comics mainstream.

VAMPIRELLA - THE DYNAMITE YEARS OMNIBUS VOLUME 1

En outre, en dépit du ton sérieux et du respect porté à l’œuvre, une certaine folie se dégage de l’ensemble, ce qui rend cet Omnibus distrayant à souhait. Les clins d’oeils abondent : de ces cosplayeuses vêtues comme Vampirella à cette convention peuplée de fans de « Twilight » dans laquelle débarquent d’authentiques vampires. Au niveau des dessins, enfin, rien à redire : une excellence quasi parfaite à chacune des 500 et quelques pages de ce pavé.

Pour les néophytes ou les convaincus, cet Omnibus constitue donc un achat largement recommandé qui donne simplement envie de poursuivre la saga puisque Dynamite a publié trois autres copieux recueils. On espère simplement qu’ils soient aussi réussis que ce premier volume.

VAMPIRELLA - THE DYNAMITE YEARS OMNIBUS VOLUME 1

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Comic Book, #Fantastique, #Horreur

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Publié le 12 Mai 2021

ELLE NOUS EMPOISONNE de Joanna Cannan

Née en 1896, Joanna Cannan débute sa carrière en 1922 et va livrer environ un roman par an jusqu’en 1961, année de son décès suite à la tuberculose. Dès 1929 elle rédige des romans policiers mais c’est la saga de l’inspecteur Ronald Price qui lui assure une certaine notoriété. ELLE NOUS EMPOISONNE constitue la première des cinq enquêtes de Price (la seule traduite en français).

Le personnage s’avère savoureux et original : il s’agit d’un horrible gauchiste amené à enquêter dans la grande demeure, reconvertie en pension, d’aristocrates désargentés suite à la Seconde Guerre Mondiale. Price ne peut, dès lors, s’empêcher de trouver ce petit monde affreux : des maitres et des serviteurs, des chatelains qui partent à la chasse à courre malgré la mort d’une de leur pensionnaire, des pièces si grandes qu’elles pourraient abriter des familles entières de travailleurs, des repas somptueux (que notre hypocrite détective désapprouve vigoureusement mais déguste avec plaisir),…Bref, un inspecteur absolument insupportable, bouffi de prétention, aveuglé par ses préjugés politiques, cataloguant immédiatement les suspects (le vieil aristocrate forcément à demi-sénile, la chatelaine qui l’a épousée pour son argent, etc.) et soucieux de faire cadrer les faits avec ses convictions (tout en se félicitant que certains puissent différencier les faits et les impressions). Le détective, gangréné par un gauchisme maladif, devient dès lors très drôle et le roman n’hésite pas à le ridiculiser pour amuser le lecteur.

Autre protagoniste original, Bunny, la paresseuse et sensuelle épouse qui porte des robes trop courtes, y compris en période de deuil, et prend son petit déjeuner au lit, habitude détestable qui s’explique par ses origines françaises et sa vie trop légère sur la Riviera.

Dans l’ensemble, ELLE NOUS EMPOISONNE constitue un roman policier plaisant et fort porté sur la satire, aucun intervenant ne semble recueillir les faveurs de l’auteur qui déroule donc joyeusement son petit jeu de massacre jusqu’à sa conclusion. Un cosy murder typique, ni particulièrement original ni franchement mémorable mais qui se distingue des nombreux bouquins similaires par son humour grinçant et ses commentaires socio-politiques acides.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Policier, #Whodunit

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Publié le 10 Mai 2021

ACID COP de Zaroff

Deuxième livraison de la collection Karnage, héritée de Gore, après le très extrême SANCTIONS !, cet ACID COP adopte une voie moins rentre-dedans et davantage ludique. Les influences y sont assumées et même avouées dès l’introduction : les vigilantes, les rape and revenge, les films de flics impitoyables,…Entre les bouquins de gare dans le genre de l’EXECUTEUR et le cinéma qui tape fort (« Maniac cop », « The exterminator », « L’Inspecteur Harry », « Un justicier dans la ville », « Robocop » et une pincée de « Toxic Avenger »…) l’auteur adopte une construction façon polar dans sa première partie, dans laquelle un flic, Frank, sans pitié tente de retrouver une bourgeoise kidnappée par une bande de loubards qui se surnomment les Morlocks. Après être tombé dans une embuscade, notre Frank est massacré par les Morlocks et laissé pour mort le visage ravagé par l’acide. A la manière d’un Robocop qui aurait couché avec Maniac Cop, Frank survit et commence sa vengeance à la manière d’un Punisher déchaîné.

En 160 pages, Zaroff tire joyeusement dans le tas et défouraille sur le politiquement correct : ça saigne et ça explose, les scènes d’action étant entrecoupées de passages de cul à la manière des romans de gare d’antan façon SAS ou Brigade Mondaine. Mais ACID COP se sont aussi des punchlines qui fleurent bon les années 80.

Exemple :

« J’aime pas les pédés qui se prennent pour Rocky Balboa » déclare le héros

« Je te pisse à la raie Bruce Lee de mon cul » rétorque son indic’

Le roman ne donne donc pas dans l’humour fin et raffiné, plutôt dans la satire qui patauge dans la tripaille, le foutre et la pisse. Dès lors, ACID COP joue la carte de l’outrance et du délire très cinéma bis : lorsque le flic interroge une secrétaire cela se termine directement à l’horizontale et dans sa croisade purificatrice notre Acid Cop se soucie peu des dégâts collatéraux. Pour un pourri de dézingué deux innocents peuvent bien y passer. Tuez les tous, dieu reconnaitra les siens !

Le bouquin se montre donc divertissant à souhait avec toutes les scènes attendues du lecteur de littérature populaire : scènes érotico-pornos nombreuses, viols à la pelle, tortures et mutilations à profusion et carnage bien sanglant. On s’amuse beaucoup et en particuliers lors d’un dernier tiers qui passe à la vitesse supérieure au niveau massacre puisque notre émule de Paul Kersey s’arme d’un lance-flamme et d’une mitrailleuse lourde afin d’augmenter le body count.

Comme dans toute série B burnée qui se respecte, la fin laisse la porte ouverte à une suite. Nous ne dirions pas non !

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Gore, #Horreur, #Polar, #Roman de gare

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Publié le 9 Mai 2021

HARRY DICKSON: LES ETOILES DE LA MORT de Jean Ray

Harry Dickson a été longtemps présenté comme le « Sherlock Holmes américain ». On sait également depuis des années la méthode employée par Jean Ray : ne pas traduire les fascicules originaux mais laisser libre cours à son imagination pour développer une intrigue à partir des illustrations. Alors celui qui attend des enquêtes rigoureuses à la Holmes risque d’être déçu. En réalité, Harry Dickson, enquêteur de Baker Street, est bien plus proche du Holmes passé dans l’imaginaire collectif que du détective créé par Conan Doyle. Car Harry Dickson résout des énigmes complètement farfelues, dignes du serial ou des romans pulp, nous sommes davantage dans l’esprit d’un Doc Savage que du « canon » holmésien. Dans ce recueil, l’enquêteur se confronte à des singes dressés transformés en pyromanes, à des savants fous mi-homme mi-primate, à des cabinets de magie secrets,… Il recherche également le « miroir noir » du mage John Dee, etc. Bref, nous sommes loin, très loin, du « vrai » Sherlock Holmes…et finalement plus proche du Sherlock des continuateurs de Conan Doyle, celui qui se confronte au surnaturel, au rat géant de Sumatra et identifie le coupable à partir d’un grain de terre qui ne peut provenir que d’une région particulière.

En deux nouvelles d’une soixantaine de pages, Jean Ray nous offre donc un pur concentré de littérature de gare « pulp » : des histoires ramassées, découpées en chapitres courts terminés par des cliffhangers ou des révélations, avec des personnages schématiques et réduits à l’état de « personnages non joueurs » permettant simplement à l’enquête de progresser. Mieux vaut d’ailleurs ne pas trop réfléchir à la méthode de Dickson ou à ses déductions tarabiscotées, l’auteur sortant de son chapeau les éléments nécessaires à la progression, finalement très linéaire de son détective : il part d’un point A (le mystère), rencontre divers protagonistes étranges, découvre des éléments fantastiques et aboutit au point B (la résolution). Les explications finales, elles-aussi, feront se hérisser les cartésiens. Une fois encore nous sommes loin de Conan Doyle. Est-ce un bien ou un mal ? Probablement un bien finalement, celui qu’on présente comme un simple clone de Holmes acquiert ainsi son identité propre et devient un détective de l’étrange à la manière du Jule de Grandin de Seabury Quinn.  

Certainement suranné mais ayant aussi bien vieilli qu’un bon whisky, Harry Dickson propose un divertissement très plaisant et énergique. Alors on ne lira probablement pas toute la saga d’une traite (le côté mécanique de l’écriture apparait rapidement) mais une nouvelle de temps en temps est l’assurance d’une petite heure de distraction. Et ce recueil, qui propose deux histoires très sympas, une bonne manière de commencer son exploration.

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