Publié le 18 Juin 2021

AMAZING SPIDERMAN INTEGRALE 1968 de Stan Lee et John Romita Jr

Ce recueil débute avec « Disaster », la fin de la saga en quatre partie « Doc Ock wins ». Parker, toujours amnésique, affronte ensuite Ka-Zar (la version Marvel de Tarzan), ce-dernier étant manipulé par Jonah Jameson qui considère toujours le Tisseur comme une « menace ». Notre héros préféré retrouve cependant la mémoire et combat un second Spider-Slayer. Au cours de ces épisodes se poursuit la romance entre Peter et Gwen, ce qui lui permet de rencontrer le père de la jeune fille, le capitaine Stacy lequel connaitra un destin tragique. Par la suite, un récit assez abracadabrant mais typique de son époque imagine un nightclub qui sert de couverture pour des criminels désireux de « laver le cerveau » de personnalités importantes. Mary Jane, engagée pour y danser, sert ainsi, sans le savoir, les intérêts d’un mystérieux Brainwasher avant que le véritable cerveau ne soit révélé : le Caïd. Même le capitaine Stacy va subir un lavage de cerveau. Après un intermède dans lequel Spiderman rencontre Medusa, nous avons droit à l’association entre le premier Vautour et son successeur, Blackie Drago, qui s’affrontent pour déterminer qui a le droit de porter les ailes. Enfin Spidey doit encore combattre Mysterio le maître des illusions : ce-dernier lui fait croire qu’il dispose d’un rayon rétrécissant et expédie l’Araignée dans un parc d’attractions mortelles.

Ces épisodes (qui vont du 55 au 66 plus un annuel) sont tous sympathiques ; ils rappelleront aux plus âgés les fameux albums « une aventure de l’araignée » publiés aux Editions Lug durant les années 80 puisque ce recueil rassemble des histoires précédemment parues dans les albums « Le triomphe du dr octopus », « Rencontre avec Ka-Zar », « Amère victoire », « La proie du Vautour » et « La folie de Mysterio ». L’épisode avec Mysterio est probablement le plus original et réussi, le background des personnages se complexifie, Peter est toujours partagé entre ses activités super-héroïques, ses amours contrariés, la santé de Tantine, etc. Le duel entre les deux Vautours s’avère, lui aussi, plaisant. Une Intégrale peut-être un peu moins marquante que les précédentes mais fort agréable à lire ou relire pour les fans d’encapés nostalgiques.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Comic Book, #Marvel Comics, #Spiderman

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Publié le 14 Juin 2021

LA RAIDE MORTE d'Eric Verteuil

Duo d’auteurs dissimulés sous le pseudo collectif d’Eric Verteuil, voici des vétérans du roman populaire ayant signé de nombreux bouquins dans les collections phares du Fleuve Noir. On les a croisé chez Angoisse, Special Police et enfin Gore où ils se signalèrent par des titres à la fois très sanglants, très sexe et très drôles (pour ne pas dire parodiques). Dans ce polar humoristique fort bien torché, le duo nous présente une mère de (bonne) famille, jadis riche mais aujourd’hui plutôt désargentée, du genre à devoir se restreindre sur le caviar et à ne plus pouvoir garder de domestiques. Bref, c’est la dèche, ou presque. Heureusement, la dame dispose d’un dernier atout mais important : une fille, pas vraiment futée mais très séduisante et pas vraiment timide. Du coup, un beau mariage arrangerait la situation et justement un riche propriétaire terrien ne semble pas insensible aux charmes de la nymphette. Bon, petit problème, le bonhomme a déjà fait un mariage, certes pas très heureux, mais dans ce genre de milieu le divorce est irréalisable. Le meurtre, par contre, n’est pas impossible. Evidemment, comme on dit un meurtre ça va mais plusieurs bonjour les problèmes. Et dans les petites villes de province en apparence bien tranquille les langues se délient un peu vite, entre femme de chambre trop prompte à bavarder, gigolo un peu trop sollicité, belle sœur trop portée sur la bagatelle et autres secrets cachés qui pourraient facilement dégénérer en scandale. Car tuer, passe encore, mais ruiner sa réputation pas question !

Les Verteuil livre ici un polar rondement mené, qui se lit rapidement, fertile en rebondissements pas toujours surprenants mais néanmoins amené avec professionnalisme. Le roman se montre donc solidement charpenté et l’intrigue possède un côté à la fois implacable et déconnant de bon aloi. Tandis que les crimes se multiplient chacun tente de résoudre l’énigme mais les policiers sont complètement à côté de la plaque et c’est un pauvre gigolo trop crédule qui sera finalement accusé de tous les maux.

LA RAIDE MORTE constitue donc une bonne surprise : c’est rythmé, enlevé, plein de bons mots et de considérations amusantes…l’assurance d’une soirée réussie et un roman qui donne le sourire tout en ne se fichant pas de construire une intrigue bien ficelée.

 

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Humour, #Polar, #Policier

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Publié le 11 Juin 2021

CHEVALIERS DE L'ANCIENNE REPUBLIQUE TOME 1 et 2 de John Jackson Miller
CHEVALIERS DE L'ANCIENNE REPUBLIQUE TOME 1 et 2 de John Jackson Miller

Environ 4000 ans avant la bataille de Yavin…Le jeune Padawan Zayne Carrick, inexpérimenté et pas vraiment doué, se voit pris dans les manigances politiques et accusé d’un massacre dont il est innocent. Poursuivi par l’Ordre Jedi mené par Maitre Lucien, il fuit à travers la galaxie, en compagnie d’un contrebandier, Gryph. Le duo est rejoint par Campeur (un expert en gadgets divers) et la séduisante Jarael et la petite équipe va se retrouver mêler aux Guerres Mandaloriennes.

Publié mensuellement durant quatre ans (de 2006 à 2010) pour satisfaire les fans du jeux vidéos homonyme, CHEVALIERS DE L’ANCIENNE REPUBLIQUE s’avère une série très plaisante. Si le lecteur éprouve toujours une certaine crainte devant des « produits dérivés de produits dérivés », celles-ci sont balayées par l’énergie et l’enthousiasme déployés.

Située bien avant la trilogie (que l’on devrait à présent dénommé ennéalogie – de l’épisode I à IX), la saga nous présente des personnages bien différents de la « Skywalker family ». Evidemment, on retrouve cependant des points d’accrochage : un Jedi au départ bien peu à l’aise, un contrebandier sympathique, une jeune femme qui fait battre le cœur du héros, un droïde amusant, un grand méchant manipulateur, etc. Le premier tome, efficace, pose les bases de l’intrigue et présente les différents personnages, de manière attachante quoique le rythme enlevé ne donne pas vraiment le temps de s’y attacher. Cela sera corrigé par la suite. En effet, le second tome, plus « calme » en dépit de nombreux événements relançant l’histoire, se montre plus réussi et introduit également davantage d’humour, entre autre grâce à un trandoshan. Ce-dernier, berné par Gryph, se voit forcé de le servir puisqu’il a contracté une dette de vie à son encontre.

Space opéra de grande ampleur, protagonistes intéressants, courses-poursuites, combats nombreux, sabre-lasers, éléments de comédie, guerriers mandaloriens dans leurs rutilantes armures de combats,…avec ces deux premiers tomes, CHEVALIERS DE L’ANCIENNE REPUBLIQUE démarre de la plus belle des manières et parvient à combiner à peu près tout ce que l’amateur de STAR WARS apprécie dans cet univers. Largement recommandé ! On y reviendra certainement plus souvent qu’à l’épisode IX.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Cinéma, #Space Opera, #Star Wars, #Comic Book

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Publié le 9 Juin 2021

MAGICIEN TOME 1: L'APPRENTI (LA GUERRE DE LA FAILLE 1) de Raymond Feist

Raymond Feist entame sa monumentale saga de fantasy en 1982 avec ce qui s’appelle alors « Les chroniques de Krondor ». Comme bien des auteurs du genre, Feist débute par une trilogie. Le premier tome est cependant découpé en deux parties : la première, alors titré PUG L’APPRENTI, compte environ 500 pages, son éditeur ayant effectué quelques coupes. Dix ans plus tard, Feist est devenu un auteur confirmé, sa saga s’est vendu par millions, le bouquin figure sur des listes prestigieuses des « meilleurs romans », et l’univers de Krondor s’est déjà développé au point d’être rebaptisé « la guerre de la faille ». Une édition intégrale du texte est forcément permise et PUG L’APPRENTI devient MAGICIEN, un gros volume qui sera néanmoins lui-aussi divisé en deux pour son édition « poche » (puis en quatre sans doute pour ne pas effrayer les plus jeunes…attention donc à ne pas s’embrouiller chaque édition changeant le titre !). L’APPRENTI voit sa pagination portée à près de 650 pages. Un bien ? Les longueurs déjà présentes dans la première version s’avèrent forcément encore plus flagrantes. Cette relecture, après près de vingt ans, ne change donc pas fondamentalement la donne : L’APPRENTI reste une high fantasy divertissante et dans l’ensemble agréable mais aux défauts évidents.

La première moitié du livre, la plus classique, demeure la plus réussie (eh oui !) et l’auteur assume complètement l’héritage du SEIGNEUR DES ANNEAUX. Pug, un jeune garçon, se désespère d’être accepté par un maitre. Il finit par être pris en main par un puissant magicien au cours d’une cérémonie attendue avec crainte par tous les jeunes appelés. Pug entame son apprentissage mais la période est difficile : un peuple malfaisant venu d’une autre dimension, les Tsuranis, menace l’univers en provenant d’une faille dimensionnelle. Au cours de leur voyage pour avertir les peuples des terres du milieu (pardon de Midkemia), nos amis rencontrent des elfes très beaux et très sages, des nains bons vivants, de méchants gobelins, des créatures surnaturelles, etc. Ils doivent même emprunter un chemin plus rapide qui passent par des mines souterraines mal fréquentées vu que les nains ont réveillés quelque chose. Bon, jusque là on comprend où l’auteur veut en venir mais ce n’est pas déplaisant. Par la suite, le roman prend une autre tournure, plus politique, plus complexe, avec des jeux d’influences entre diverses factions qui se tirent dans les pattes. Feist y ajoute une pointe de romance et une princesse partagée entre deux amis, Pug (qu’elle croit mort) et Roland. Le final s’oriente vers une grosse bagarre, laquelle s’étale sur pas mal de pages mais constitue seulement le prélude à la guerre totale qui s’annonce.

L’APPRENTI est donc une fantasy très classique, très rétro, qui s’inspire beaucoup de Tolkien et annonce quelque peu HARRY POTTER. Le déroulement de l’intrigue, certes plaisant, manque d’originalité pour passionner et sans doute également d’un minimum de « sense of wonder ». Lorsque Frodo voyage il s’émerveille de ses découvertes et le lecteur avec lui. Lorsque Pug rencontre les Nains, les Elfes, etc. il ne ressent pas grand-chose et le lecteur pas davantage. Rien ne sort vraiment d’un cadre formaté qui tient davantage du scénario de jeu de rôle que du roman maitrisé. Et les longueurs deviennent, à mitan, vraiment problématiques : l’auteur semble reculer la confrontation avec les ennemis en meublant par de nombreuses descriptions et dialogues pas vraiment passionnant. La multiplication des personnages et des points de vue rend l’ensemble plus brouillon que complexe et survoler certains passages ne fera pas perdre grand-chose au récit. Il aurait sans doute fallu qu’un éditeur se penche sur le bouquin et en coupe un cinquième. Comment ? Ca a été fait jadis ? Ah oui j’oubliais. Mieux vaut peut-être lire ou relire cette édition dans ce cas. En bref, un « director’s cut » n’est pas toujours pertinent quoiqu’il flatte l’égo du romancier.

Malgré tout ces bémols, MAGICIEN reste appréciable : ceux qui aiment la high fantasy à la Tolkien et les bouquins façon jeux de rôles ou « livre dont vous êtes le héros » passeront un relatif bon moment en n’hésitant pas à survoler en diagonales les passages les plus barbants. Et en rappelant que Feist fera mieux par la suite, par exemple avec son CONCLAVE DES OMBRES. Une introduction honorable au vaste monde créé par le romancier.

 

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Aventures, #Fantasy

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Publié le 7 Juin 2021

SI LONGUE SOIT LA NUIT de Christophe Lambert

Le nouveau roman de Christophe Lambert débarque avec son pitch mystérieux et ses influences assumées (Stephen King) et la bande dessinée « Seuls ».

Le récit, mené sur un rythme alerte en 200 pages, alterne les points de vue entre cinq lycéens coincés durant la nuit dans leur école désertée. Ils ignorent ce qu’ils font là et comment ils sont arrivés en ce lieu. Dehors le ciel se teinte de couleurs étranges à la manière des aurores boréales, les eaux du fleuve montent et menacent de les submerger. Les portes sont bloquées et une créature proche de celle de « The Thing » rode dans les couloirs.

Les cinq jeunes gens ont évidemment des personnalités très différentes : d’abord l’adepte de jeux de rôle handicapé qui semble connaitre les tenants et aboutissants de l’histoire et semble adopter le profil de maitre du jeu bien que personne ne le remarque vraiment. Puis le bon élève timide et geek qui se rêve écrivain et lorgne sur une des demoiselles, la première de classe surdouée. Laquelle se dispute forcément avec la fille canon et populaire qui vient de rompre avec son mec et est à présent victime de revenge porn sur les réseaux sociaux. On note aussi le petit voyou plutôt grande gueule mais finalement pas si méchant et surtout perturbé par une hérédité pesante. Bref, des personnages assez classiques mais qui permettent une identification aisée pour les adolescents, cœur de cible du roman. Quoique très différents, ils vont néanmoins devoir s’unir pour résoudre le mystère qui les a conduit à cette école déserte. Et puis chacun cache un secret plus ou moins lourd qui les empêche d’avancer réellement et un fardeau duquel ils devront se défaire.

Peu à peu, le lecteur comprend où l’auteur veut nous conduire mais, en dépit de références évidentes et assumées (La bande dessinée « Seuls » comme déjà mentionné, John Carpenter, Stephen King, Lovecraft, Donjons & Dragons), le suspense fonctionne. Les plus âgés penseront certainement à des films des années ’80 comme « Stand by me », « Les Goonies », « Breakfast club », etc. Les plus jeunes citerons sans doute « Stranger Things » (qui recycle tous les titres précédemment cités) ou peut-être, pour les plus connaisseurs, l’excellent « Detention ».

Quoiqu’il en soit l’alternance des points de vue entre les protagonistes donne son rythme au récit et rend la lecture, divisée en chapitres relativement courts et ponctués de cliffhangers, très fluide.  L’énergie et le suspense développés sont d’ailleurs tels qu’il est bien difficile de ne pas terminer la lecture d’une traite.

SI LONGUE SOIT LA NUIT n’est sans doute pas le plus original ni le plus ambitieux des romans de Christophe Lambert (ce titre revenant probablement, dans le domaine de la littérature jeunesse en tout cas, à SOUL BREAKERS) mais il s’agit néanmoins d’un excellent divertissement young adult : du fantastique, du mystère, du thriller, une pointe d’épouvante, une bonne dose de considérations adolescentes et un suspense parfaitement maitrisé jusqu’au dénouement réussi. Une nouvelle fois vivement conseillé !

 

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Fantastique, #Jeunesse, #Thriller

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Publié le 4 Juin 2021

L'AFFAIRE CHARLES DEXTER WARD de I.N.J. Culbard et H.P. Lovecraft

Le court roman de Lovecraft se voit ici transposé par le dessinateur britannique I.N.J. Culbard, fan de Sherlock Holmes (qu’il adapta à quatre reprises), Tintin et Adèle-Blanc-Sec. Des influences évidentes dans ce récit où se mêlent intrigue policière (la très belle couverture sous forme de puzzle ne ment pas), aventures mystérieuses et fantastique.

A Providence, en 1918, le jeune Charles Dexter Ward se passionne pour la vie d’un de ses ancêtres, Joseph Curwen, ayant fui Salem durant la chasse aux sorcières. Peu à peu, Ward, devenu obsédé par Curwen, se pique à son tour d’occultisme et son comportement devient de plus en plus étrange au point que ses parents, dépassés par les événements, font appel au docteur Willet pour étudier son cas. Le médecin va finalement mettre à jour une incroyable réalité.

Culbart (dont les quatre transpositions de Lovecraft furent rassemblées dans un épais volume intitulé QUATRE CLASSIQUES DE L’HORREUR) use ici d’un style dépouillé, sorte de ligne claire épurée, qui permet au lecteur de se concentrer totalement sur l’intrigue. Cette dernière s’avère parfois complexe à suivre de par la transformation du héros, possédé par son ascendant, et les événements se déroulant à deux époques différentes. Si beaucoup d’éléments du roman sont éludés par cette adaptation, le résultat reste néanmoins satisfaisant et constitue une porte d’accès aisée à l’univers de Lovecraft. Il est toutefois préférable de lire d’abord le court roman L’AFFAIRE CHARLES DEXTER avant de se plonger dans cette mise en image très correcte mais sans doute un peu trop sage pour emporter totalement l’adhésion.

L'AFFAIRE CHARLES DEXTER WARD de I.N.J. Culbard et H.P. Lovecraft

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Comic Book, #Horreur, #Fantastique, #Lovecraft

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Publié le 2 Juin 2021

CHASSE A LA PANTHERE de René Charvin

Eve Miller, alias la Panthère, reçoit la visite d’un type en fuite, Boris, qui a simulé sa mort et essaie d’empêcher un attentat à l’encontre d’hommes politiques. Une magouille autour du cuivre pourrait, en effet, entrainer de nombreux remous aux conséquences désastreuses. La Panthère croise la route du Triangle Rouge, une organisation qui regroupe ce que le monde possède de pire : des communistes. Les uns affiliés à Moscou, les autres à Cuba, les derniers à la Chine. Bref, un triangle du mal à anéantir à tout prix. Le bouquin s’oriente donc vers une course poursuite éperdue avec, comme le dit la couverture « des situations hors du commune, des bagarres épiques, des amours singulières (comprenez un intermède saphique plus ou moins imposé à notre féminin félin), etc. ».

Le tout nous permet de voyager, du Chili jusqu’à la cordillère des Andes. Notons toutefois que notre super espionne se fera capturer trois (trois !) fois au cours de cette aventure, qu’elle découvrira la cachette des méchants de manière très fortuite et qu’il faudra l’intervention providentielle de son disciple, le Léopard, pour la tirer d’un très mauvais pas. La Panthère n’est donc pas infaillible mais le roman se lit agréablement quoiqu’il s’agisse bien sûr de littérature de gare typique de son temps (la fin des sixties). Le lecteur a donc droit à une bonne dose d’exotisme, une pincée d’érotisme, une rasade de violence, quelques tortures saignantes, des rebondissements relativement attendus et une poignée de scènes d’action. Le tout en un peu plus de 200 pages conduites à vive allure.

René Charvin fut un de ces besogneux du roman populaire qui œuvra dans l’érotisme, le policier et l’espionnage, ainsi que la littérature religieuse nous apprend sa page wikipedia. Sa prose, surement kilométrique et alimentaire (la Panthère vécu des dizaines d’aventures, de même que sa « Belle » héroïne de bouquins sexy écrits à la pelle), n’en reste pas moins efficace et d’un niveau très correct dans le domaine de la gare. Le côté le plus intéressant reste sans doute le pragmatisme fataliste de notre Panthère, complètement désabusée par son boulot et qui tue sans état d’âme tout ceux (ou celles) qui pourraient entraver son enquête.

Le final frappe d’ailleurs par son ton ironique : « Ces deux là nous doivent la vie » dit la Panthère tandis que son adjoint rétorque « il y en a tant d’autres qui nous doivent la mort, cela fait une moyenne ». Une lecture suffisamment plaisante pour donner envie d’accompagner notre Panthère dans d’autres récits.

 

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Aventures, #Espionnage, #Roman de gare

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Publié le 31 Mai 2021

CRUCIFAX de Ray Garton

Bien loin de l’horreur sexy et excessive de TAPINEUSES VAMPIRES, SEDUCTIONS ou EXTASE SANGLANTE, Ray Garton s’attaque ici aux sectes avec un roman bizarre, annoncé comme un récit de terreur mais qui, en réalité, prend beaucoup de temps à décoller.

Si l’inscription du roman dans la seconde moitié des eighties s’avère plaisante avec le contexte classique des groupes de hair metal, les mouvements anti-musique rock, la crainte du satanisme, etc., CRUCIFAX ne se montre pas aussi divertissant qu’il aurait pu l’être. En dépit de quelques scènes cradingues qui témoignent de son appartenance au mouvement splatterpunk, Ray Garton joue surtout la carte d’une épouvante plus mesurée et plus sérieuse. D’où un ton posé et une construction progressive de l’horreur malheureusement pas franchement passionnante tant l’intrigue semble linéaire et, surtout, déliée par de trop nombreuses digressions qui ralentissent l’action.

L’écrivain œuvre dans un genre plus social ou sociétal avec des thématiques liées à l’adolescence, l’appartenance quasi tribale, la sexualité, la drogue, etc. CRUCIFAX nous dépeint des individus qui tombent sous la coupe de personnes peu fréquentables. Nous sommes donc quasiment dans un « roman nécessaire » comme on dit. Sauf que l’amateur de fantastique pure et de terreur restera sur sa faim. Excepté quelques passages réussis le tout manque de punch pour convaincre et l’intérêt se dilue trop au fil des pages pour aboutir à autre chose qu’une déception. Un roman atypique pour Ray Garton que l’on a connu plus ramassé et plus inspiré.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Fantastique, #Horreur

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Publié le 28 Mai 2021

DEMON SLAVE TOME 1 de Takahiro & Takemura

Premier tome d’une nouvelle saga, ce manga séduit immédiatement par son scénario déjanté. Un fruit, la Pêche, donne des pouvoirs aux femmes qui le mange, les transformants en défenseurs de la planète contre des hordes de démons. Comme tous les hommes, le jeune, timide et un brin pervers Yûki Wakura n’a pas accès aux super-pouvoirs et doit donc se contenter d’un rôle subalterne dans cette nouvelle société séparée entre les sexes. Agressé par des démons dans la dimension après avoir plongé dans le monde parallèle démoniaque de Mato, Yûki est sauvé par Kyoka, une jeune fille membre d’une escouade anti-démon. Il se transforme alors en un être très puissant mais à l’unique condition de devenir esclave de la demoiselle. Celle-ci va donc l’utiliser dans sa croisade vengeresse (elle est l’unique survivante de son village et a jurer de détruire les démons) mais, en échange, elle doit exhausser les désirs de Yûki et lui offrir une récompense chaque fois qu’il l’aide.

DEMON SLAVE constitue une bonne surprise : un monde de fantasy urbaine, des créatures démoniaques, un côté comédie / romance adolescente plaisante, de l’humour un peu gras, une louche d’érotisme,…C’est original, fun, divertissant et bien rythmé. Cependant, en dépit du sujet, ce tome reste timoré, on aurait aimé que le scénariste aille plus loin dans les scènes de récompenses : celles-ci sont néanmoins sympathique, Kyoka étant contrainte par son système de pouvoir à s’offrir contre son gré à son esclave. L’idée est amusante mais assez peu exploitée, espérons que les volumes suivants développent tout ça de manière plus perverse et que notre timide adolescent exige des récompenses plus exotiques de sa maitresse.

Voici donc une lecture satisfaisante et rondement menée : l’univers est riche, l’auteur le met en place de manière fluide au fil des pages, les personnages se dévoilent peu à peu (au propre comme au figuré), l’action prend de l’ampleur dans le dernier chapitre qui se conclut par un cliffhanger intéressant laissant la porte ouverte pour une suite qu’on imagine encore plus énergique. Belle découverte !

DEMON SLAVE TOME 1 de Takahiro & Takemura

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Erotique, #Fantasy, #Fantastique, #Humour, #Manga

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Publié le 27 Mai 2021

LA CLAIRVOYANCE DU PERE BROWN de G.K. Chesterton

Le Père Brown reste un des premiers grands détectives modernes en compagnie de Sherlock Holmes et de Dupin. Ce recueil reprend ses faits d’armes pour démêler diverses énigmes, des enquêtes publiées dans des magazines en 1910 et 1911. Autrement dit nous sommes au tout début (et même un peu avant !) de cette période ensuite dénommée le « golden age » de l’histoire de détection. La première originalité reste, évidemment, la personnalité de ce petit prêtre rondouillard, débrouillard et sagace qui profite des énigmes rencontrées pour professer une philosophie d’ailleurs plus humaniste que simplement religieuse en dépit de la conversion de l’auteur au catholicisme.

Occupant la 57ème place du fameux « top 100 » des meilleurs livres policiers établi par la Mystery Writers of America, LA CLAIRVOYANCE DU PÈRE BROWN garde son intérêt historique et propose quelques mystères bien ficelés. On peut, par exemple, citer « Le jardin secret », prototype souvent réédité des meurtres en chambre close (ou en jardin clos ici), « L’Homme invisible » dont le thème (ce qui est visible et ce qui nous est devenu invisible tellement nous avons perdu l’habitude de nous y intéresser) sera fréquemment repris dans les problèmes de crimes impossibles, « Le marteau de dieu », sans doute la nouvelle la plus connue de Chesterton traitant, encore une fois, d’un assassinat apparemment insoluble ou encore « Les 3 instruments de la mort » à la résolution hautement improbable mais cependant astucieuse et non dénuée d’un plaisant humour. Enfin l’original « Œil d’Apollon » fonctionne de belle manière et se clôt sur une chute efficace qui en font un des meilleurs récits de ce recueil.

Cependant, à côté de ces récits efficaces et réussis, d’autres paraissent plus datés comme tous ceux où intervient le cambrioleur Hercule Flambeau. Le style volontiers excessif et archaïque de l’auteur peut également s’avérer rébarbatif sur la longueur et il est sans doute préférable de lire ces histoires à petite dose plutôt qu’en une fois, sous peine d’indigestion.

En résumé ce recueil comprend une série d’histoires plaisantes, à l’intérêt historique indéniable, mais quelques peu inégales…Cinq ou six récits divertissants et réussis compensent néanmoins les nouvelles moins convaincantes ou trop datées pour passionner. Une lecture intéressante, instructive et sans doute nécessaire pour les amateurs de policiers traditionnels.

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