Publié le 9 Mars 2021

LA POUPEE QUI DEVORA SA MERE de Ramsey Campbell

Né en 1946 à Liverpool, Campbell écrit des pastiches de Lovecraft dès ses 11 ans et publie son premier recueils de nouvelles lovecraftienne (THE INHABITANT OF THE LAKE) à 18 ans…et chez Arkham House en plus, excusez du peu ! Par la suite, Campbell désire se détacher de cette influence (il y reviendra cependant à plusieurs reprises) et, après diverses nouvelles plus contemporaines (à découvrir dans L’HOMME DU SOUTERRAIN) il propose son premier roman sous le titre très pulp et évocateur de LA POUPEE QUI DEVORA SA MERE. Campbell recevra, au cours de sa carrière, un nombre impressionnant de récompenses, en particulier le British Fantasy. On se permettra par conséquent de dire très modestement que ce premier roman n’est pas très folichon…

Après une scène introductive intrigante et effective, LA POUPEE QUI DEVORA SA MERE laisse cependant dubitatif. L’intrigue, en premier lieu, parait lâche et le lecteur se demande où l’auteur veut en venir. Il est question d’un accident de voiture au cours duquel le frère de l’héroïne, Clare, trouve la mort, d’un journaliste qui mène l’enquête sur l’auteur supposé de l’accident, un personnage bizarre qui s’est emparé du bras du décédé. Le journaliste, Edmund Hall, souhaite en tirer une histoire pour sa série de récits « true crime ». Il contacte Clare et débute une recherche du coupable dont nous apprenons l’histoire.

Le style de Campbell n’est pas constant : certains passages paraissent plus travaillés que d’autres mais, dans l’ensemble, l’écriture n’arrive pas vraiment à passionner. De son côté, la caractérisation des protagonistes manque de maitrise et n’évite pas les clichés. A vrai dire, ils ne sont guère sympathiques et le lecteur peut difficilement s’y attacher ou même s’intéresser à leurs aventures. Loin des personnages complexes et si bien brossés d’un King, loin du métier de page-turner d’un Koontz, loin des outrances d’un Barker ou de l’imagination délirante d’un Masterton, ce premier bouquin de Campbell déçoit. A mi-parcours, l’écrivain semble toutefois se reprendre et le récit devient un peu plus efficace, avec une description assez évocatrice de l’univers post-hippie du milieu des seventies. Petit sursaut car ensuite l’intérêt décline à nouveau jusqu’à une conclusion pas vraiment satisfaisante, elle non plus. Bref, un beau pétard mouillé, un grand coup dans l’eau et toutes ces sortes de choses. Vu le succès public et critique de Campbell on peut supposer que ses romans ultérieurs sont meilleurs…On tentera mais sans se presser.


 

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Fantastique, #Horreur

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Publié le 6 Mars 2021

TERREUR RAMPANTE de Peter Tremayne

Né en 1943, l’Anglais Peter Tremayne s’est imposé comme une des valeurs sures du policier historique via sa saga consacrée à sœur Fidelma qu’il débute en 1994 avec Absolution par le meurtre et qui compte à présent 31 volumes ! Mais, précédemment, l’auteur s’était déjà essayé à l’écriture, parfois sous pseudo, avec une trilogie consacrée à Dracula, une demi-douzaine de polars et, surtout, une quinzaine de romans d’horreur aux titres évocateurs (THE CURSE OF LOCH NESS, KISS OF THE COBRA, THE ANTS, TROLLNIGHT) dont seul un fut traduit en français, chez Gore, ce « Morgow rises ! » de 1982 alias TERREUR RAMPANTE.

L’intrigue s’avère tellement classique qu’elle frise l’hommage et même la parodie en se référant aux classiques films de grandes bestioles irradiés des années 50 comme « Des monstres attaquent la ville ». Ici ce sont des vers de mers que les radiations ont rendus gigantesques au point de les voir assimilés au légendaire Morgow, une créature du folklore celte proche du monstre du Loch Ness. Pour les combattre : l’inévitable héros d’à peu près tous les bouquins de ce style dans les années ’80, le romancier solitaire mais séduisant aussi malin que prêt à en découdre façon Rambo avec les animaux géants. Une romance attendue, des dialogues amusants, quelques scènes d’angoisse (mais, au final, peu de réel gore) et un déroulement très linéaire, emballé en 200 pages dans sa version originale et en 150 chez Gore. Autrement dit, peu de place pour le développement des personnages, tous très schématiques, ou des sous-intrigues, le bouquin filant tranquillement vers son climax attendu. A la manière des bouquins de James Herbert qui restent la référence (en particuliers LES RATS), Tremayne aligne les scènes de manière quelque peu disparate, présentant des personnages pour simplement les tuer sous les coups des vers géants. Le tout se lit cependant sans déplaisir : c’est rythmé, efficace, agréable, tranquille (l’horreur reste, au final, « familial » sans les excès immondes d’un Shaun Hutson). L’originalité est proche du néant et le lecteur peut avoir l’impression d’avoir déjà lu cette histoire trop souvent, y compris dans la collection Gore (de VRILLES à LA MORT VISQUEUSE en passant par LA NUIT DES VERS VORACES) mais, dans l’ensemble, le contrat de divertissement est rempli y compris par sa scène finale (au cinéma nous dirons post-générique) pessimiste et prévisible.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Gore, #Horreur, #Roman de gare

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Publié le 3 Mars 2021

LA CHOSE DES TENEBRES de H.P. Lovecraft, A. Derleth, etc.

Les anthologies consacrées au Mythe de Cthulhu sont souvent de véritables casse-têtes pour l’amateur. On plaint d’ailleurs le lecteur d’avant Internet qui devait se retrouver dans ce fatras. LA CHOSE DES TENEBRES, « présentée » par Lovecraft et Derleth fut ainsi également publiée sous le titre LEGENDES DU MYTHE DE CTHULHU TOME 2. Mais ce n’est que le début du dédale car les nouvelles qui composent ce recueil se sont également retrouvées dans de nombreux bouquin. A tout saigneur tout horreur, nous commençons avec Lovecraft lui-même et son hommage amusé à Robert Bloch, « La Chose des ténèbres ». Le récit figura dans les recueils LE CAUCHEMAR D’INNSMOUTH, PAR DELA LE MUR DU SOMMEIL, LEGENDES DU MYTHE DE CTHULHU, LE CYCLE DE NYARLATOTHEP, CTHULHU LE MYTHE et LA MAISON MAUDITE, sans oublier, forcément, la volumineuse INTEGRALE LOVECRAFT de chez Laffont. Pour compliquer les choses la nouvelle (« The haunter of the dark » en VO) fut tour à tour affublée des titres suivants : « la chose des ténèbres », « L’habitué des ténèbres », « La créature de la nuit », « celui qui hante les ténèbres » et « celui qui hante la nuit ».

La « réponse » donnée par Robert Bloch, « The shadow from the steeple », eut pratiquement autant de succès puisqu’on la retrouve non seulement dans LA CHOSE DES TENEBRES mais également dans les recueils AUX PORTES DE L’EPOUVANTE, HUIT HISTOIRES DE CTHULHU, LES YEUX DE LA MOMIE, LES MYSTERES DU VER et L’INTEGRALE LOVECRAFT. On reste avec Robert Bloch et son « manuscrit trouvé dans une maison abandonnée », là aussi maintes fois publié : HUIT HISTOIRES DE CTHULHU, HISTOIRES D’HORREUR, LES YEUX DE LA MOMIE, ENFANTS ROUGES, LES MYSTERES DU VER et L’INTEGRALE LOVECRAFT. Une histoire classique mais convaincante.

« Epouvante à Salem » de Harry Kuttner se retrouva également dans HUIT HISTOIRES DE CTHULHU, dans LE LIVRE DE IOD et bien sûr dans L’INTEGRALE LOVECRAFT qui, décidément, fut une bénédiction pour le déchiffreur du Mythe. Cette nouvelle efficace reprend les thématiques classiques de la maison maudite absorbant, tel un vampire, la force vitale de ses habitants et l’influence pernicieuse exercée par une sorcière jadis exécutée.

« La Chose dans le cimetière » de John Vernon Shea se retrouva également dans HUIT HISTOIRES DE CTHULHU et L’INTEGRALE LOVECRAFT. Pareil pour le « Sueurs froides » de Ramsey Campbell et « La cité sœur » de Brian Lumley (auquel on peut ajouter une publication dans COMPARTIMENT TERREUR) et « Le rempart de béton » du même Lumley (également trouvable dans COMPARTIMENT TERREUR et RECITS CTHONIENS). La plus-value de ce recueil était donc le plus rare « Ceux des profondeurs » de James Wade et « Le retour des Lloigors » de Colin Wilson…qui se retrouveront, par la suite, dans L’INTEGRALE LOVECRAFT. Le présent recueil ne sera donc indispensable qu’à ceux qui ne possède pas cette brique (en trois tomes !) sur H.P.L. ou les collectionneurs maladifs. Mais les nouvelles sont, pour la plupart, plaisantes et méritent bien une relecture, « Ceux des profondeurs » bien que classique fonctionne efficacement et « Le retour des Lloigors », une novella de 80 pages bien tassée s’élève au-dessus de la mêlée. Wilson, très intéressé par l’occultisme, y combine divers thèmes mystérieux : le manuscrit Voynich (qui serait en réalité le Necronomicon originel), la disparition du continent de Mu, les anciens astronautes (venus des étoiles et ayant réduits l’Homme en esclavage), les légendes galloises (déjà évoquées par Machen), sans oublier des considération philosophiques et ésotériques. Une réussite qui, en se basant sur des thèmes classiques déjà évoqués par HPL, renouvelle habilement l’épouvante cosmique chère à Lovecraft.

Dans l’ensemble un très bon recueil de textes relativement variés (thèmes, longueurs, modernisme ou récits à l’ancienne) inspirés par les écrits de Lovecraft. Recommandé.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Fantastique, #Golden Age, #Horreur, #Lovecraft, #Recueil de nouvelles

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Publié le 28 Février 2021

LE JEU de Richard Laymon

Richard Laymon est un des grands noms de l’horreur américaine, tendance brutale et sans concessions. Né en 1947 et décédé en 2001, il fut un des piliers du splatterpunk et eut les honneurs d’être traduit à 6 reprises dans la collection « Gore ». Mais sa production pléthorique reste encore à défricher, d’autant qu’il a usé de nombreux pseudonymes : Carl Laymon, Richard Kelly, Lee Davis Willoughby, Carla Laymon,…Loué par Stephen King pour ses talents de « page turner », préfacé par Dean Koontz, LE JEU constitue un roman qui s’apparente, dans ses deux premiers tiers, à un « simple » thriller avant de plonger plus frontalement dans l’horreur pure. Réussite ou ratage ? Difficile de trancher, le plaisir de lecture s’avère réel mais les défauts sont, eux-aussi, nombreux.

L’intrigue se base sur le fameux postulat « que seriez-vous prêt à faire pour de l’argent ? ». L’héroïne, Jane Kerry, vit tranquillement sa petite existence de bibliothécaire célibataire un peu rondelette dans son bled de Donnerville. Un soir elle trouve une lettre avec un indice mystérieux qui la conduit à chercher un livre dans lequel elle découvre une enveloppe. A l’intérieur, 100 dollars, une nouvelle énigme et une signature en deux lettres : MJ, le maitre du jeu. Jane accepte cette proposition et reçoit 2OO dollars de récompense. Ainsi qu’une devinette à résoudre. Le jeu a commencé et le maitre n’acceptera pas de l’arrêter avant sa conclusion…

Le roman se place résolument dans la position de Jane, on se trouve même dans sa tête et on suit ses pensées, ses hésitations, ses doutes,…C’est la force du bouquin mais également sa faiblesse. Parfois c’est prenant, parfois pas du tout. De longs passages auraient gagnés à recevoir les conseils d’un bon éditeur. En clair des scènes entières se trainent, sont inintéressantes et ne font aucunement avancer l’intrigue, au point qu’on finit par les parcourir en diagonale. Il faut également admettre que l’héroïne agit souvent en dépit du bon sens et que ses réactions donnent souvent envie de se taper la tête dans le mur tant certaines apparaissent d’une absolue stupidité. Il n’y a pas vraiment de remise en question en dépit des ruminations mentales de l’héroïne, pas vraiment de « j’en reste là » (ou ça ne dure que quelque pages), juste l’appât irrésistible du gain. La suspension d’incrédulité s’avère de rigueur, d’autant que l’omniscience du « maitre du jeu » ne sera pas vraiment expliquée. Le lecteur s’attend même à un twist pour expliquer sa capacité à observer l’héroïne, à la traquer et à la retrouver où qu’elle aille. Mais non, pas vraiment d’explications. Il parait avoir des moyens illimités, tant pour surveiller sa proie que pour lui donner des milliers de dollars. Comment ? Pourquoi ? Pour le simple plaisir de la cruauté et de la manipulation…Un peu facile Mr Laymon !

Autre point risible : Jane passe de bibliothécaire rondelette (son poids constitue une vraie obsession alors qu’elle parait juste un peu enveloppée et que tout le monde s’accorde à la trouver séduisante) à fille athlétique, mince, combattive et en pleine forme. A défaut d’avoir sa bite et son couteau elle a son ventre plat, ses gros nichons et son cran d’arrêt ! Au final elle rendrait coup pour coup à Rambo ! Or toute l’intrigue se déroule en quinze jours, cette transformation est donc totalement ridicule et le climax final, précipité, n’aide pas. Le style de Laymon n’est pas, non plus, franchement travaillé. Le genre ne nécessite pas de se montrer un styliste confirmé ou de retravailler chaque phrase durant des jours mais l’auteur n’a jamais eu la réputation de soigner sa littérature et, ici, encore on note pas mal de passages disons…relâchés.

Pourtant, le bouquin reste dans l’ensemble plaisant : malgré ses longueurs évidentes (une bonne centaine de pages auraient pu passer à la trappe sans soucis !) le côté page turner fonctionne et le lecteur a envie de connaitre la suite et, surtout, le fin mot de l’histoire (quitte à être déçu par le final). L’auteur parsème aussi son récit de scènes de sexe, le jeu semblant avoir une influence des plus stimulantes sur la libido de l’héroïne. Enfin, le dernier tiers s’emballe et verse plus gratuitement dans l’horreur bien sanglante avec toutes les scènes attendues pour divertir le lecteur friand de splatterpunk : victimes démembrées, tortures, autocannibalisme, viols, etc. Enfin du fun ! Laymon s’affranchit à ce moment du peu de vraisemblance que le roman gardait pour plonger dans la série B littéraire à la manière des films de torture porn. Ce n’est plus du thriller, c’est alors de l’horreur pure et dure et, avouons-le, tout ça se montre plus divertissant que la première partie un poil longuette. Bilan mitigé donc mais, à condition d’accepter ses faiblesses, de survoler certains chapitres sans intérêt et d’apprécier la cassure du dernier tiers qui ne se soucie quasiment plus de crédibilité, l’ensemble offre un bon moment.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Horreur, #Thriller, #splatterpunk

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Publié le 26 Février 2021

LA LEGION DES SUPER HEROS: THE GREAT DARKNESS SAGA (La saga des ténèbres) de Keith Giffen

La Légion des Super Héros reste une équipe assez mal connue en Europe mais populaire aux USA. Ils officient au XXXème siècle dans un monde où l’Humanité a rejoint les Planètes Unies et où de nombreuses races extra-terrestres coexistent en paix. Comme tout ne peut être parfait il reste une équipe de combattants d’élite aux superpouvoirs regroupés sous l’appellation globale de la Légion. Des personnages créés à la fin des fifties (et on le sent !) qui, pour la plupart, ne diront rien au lecteur européen d’aujourd’hui (heureusement Urban a prévu un lexique explicatif des différents légionnaires). Ils sont, avouons-le, caractérisés de manière très rudimentaires et ne se distinguent les uns des autres que grâce à leurs costumes bien colorés. Difficile, dès lors, de véritablement s’attache à ces Star By, Sun Boy, Saturn Girl, Timber Wolf, Chameleon, Blok, Lighting Lad, etc. etc. etc. Seul Brainiac 5 possède une identité plus travaillée mais le lecteur néophyte pourra se raccrocher à la présence de Superboy et Supergirl, transporté à travers les siècles pour prêter main forte à la Légion. Une des surprises de la saga résidait également dans la divulgation de l’identité du grand méchant…le temps ayant passé, le suspense n’est plus de mise (quoique pour la majorité des gens ça reste mystérieux) et la couverture annonce l’antagoniste, le terrible Darkseid.

Cet épais volume (plus de 250 pages) rassemble donc la saga principale ainsi que quelques épisodes antérieurs et postérieurs à ce long récit. Si, à sa sortie, le tout fut encensé comme un modèle de narration et d’intelligence dans le comics, THE GREAT DARKNESS SAGA s’apparente quand même à un space-opéra suranné, où tous les aliens se comprennent, où les voyages dans l’espace ne prennent que quelques heures, etc. Ce n’est pas désagréable de se replonger dans cette ambiance à la Edmond Hamilton ou Jack Williamson (d’ailleurs auteur de LA LEGION DE L’ESPACE) mais la SF a (heureusement !) fait quelques progrès depuis lors. L’histoire, en effet, n’est guère originale : Darkseid s’est fait oublier pendant un millénaire, il absorbe les pouvoirs de divers personnages et se lance à la conquête de la galaxie. Divers légionnaires tombent devant ses séides (mais aucun ne meurt bien sûr) et la Légion rassemble longuement ses forces pour, au final, triompher.

LA LEGION DES SUPER HEROS: THE GREAT DARKNESS SAGA (La saga des ténèbres) de Keith Giffen

Difficile d’imaginer plus linéaire et plus daté que cette histoire dans laquelle des dizaines de héros apparaissent mais sans marquer durablement le lecteur. Seul Brainiac intéresse, les autres se querellent pour des motifs futiles (« je veux être le chef de la Légion », « non ce sera moi », « messieurs ce sera plutôt moi », « je refuse d’être sous tes ordres »,…blablabla) et se désolent de n’être pas à la hauteur. Pourtant, en quelques cases, et avec l’appui de Superboy et sa cousine, Darkseid sera finalement vaincu.

Malgré tous ces bémols, l’avis n’est pas totalement négatif pour autant, au contraire on passe un (relatif) bon moment : les dessins sont plaisants, l’histoire a un côté feuilletonnesque pas désagréable et, en dépit des longueurs, le lecteur attend de connaitre la suite de ce grand récit épique. Les deux derniers chapitres, qui sont consacrés aux événements survenus après la défaite de Darkseid sont bizarrement les plus réussis, ceux qui ont le moins souffert du passage du temps et où on a l’impression, enfin, que les héros agissent en hommes en n’ont pas en gamin se querellant dans le bac à sable.

THE GREAT DARKNESS SAGA doit surtout s’apprécier pour ce qu’il est : une capsule temporelle pour les curieux de l’univers DC du début des années ’80, un oeuvrette nostalgique qui, à la manière des films de l’époque, demande une certaine indulgence pour être estimée. Mais, dans l’ensemble, ce gros comics reste appréciable…néanmoins s’il s’agit de la meilleure histoire de la Légion on n’est pas trop pressé de lire les pires.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Comic Book, #DC, #Fantastique, #Space Opera, #science-fiction

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Publié le 25 Février 2021

FILS UNIQUE de Jack Ketchum

Jack Ketchum fut un spécialiste du roman d’horreur réaliste, la plupart de ses livres s’inspirant, de près ou de loin, de faits réels. Dans FILS UNIQUE il reprend fidèlement une authentique affaire criminelle, la postface nous apprenant qu’il s’est uniquement permis des altérations mineures (léger changement des noms et des lieux et, sans doute pour des questions de clarté, omission des autres membres de la fratrie). Mais le romancier relate fidèlement les faits ayant conduit Sherry Moore Nance en prison puisqu’elle fut condamnée, au final, à la prison à vie pour avoir abattu son mari violent. Aujourd’hui, elle purge toujours sa peine et cette injustice flagrante a poussé Ketchum à écrire ce livre, lequel s’apparente parfois à une charge virulent contre un système corrompu, des juges déconnectés de la réalité et une ordure d’avocat (pléonasme !) de l’accusation. FILS UNIQUE se base donc sur un documentaire visionné, quasiment par hasard, par l’auteur au sujet de femmes poussées à bout ayant été jusqu’au meurtre. Il relate l’histoire d’une femme, Lydia Dance, ayant épousé un type apparemment bien sous tous rapports, qu’elle soupçonne rapidement d’abuser de leur fils unique. Elle se lance dans un procès difficile pour faire éclater la vérité et se heurte à un système judiciaire pourri qui préfère défendre à tout prix l’accusé que la victime.

Ketchum souhaite provoquer l’indignation, voire la révolte du lecteur, il le plonge dans la fange, dans les sévices subis par le petit garçon et l’injustice vécue par la mère, les personnages sont réduits à leur statut de victime et de violeur / harceleur. En parallèle, un récit de serial killer (le mari, probablement) permet à l’auteur des descriptions additionnelles de viols, de tortures et de meurtres. Ketchum n’a jamais fait dans la dentelle et il livre ici un roman coup de poing et brutal à souhait, sans toutefois verser dans le craspec de ses « Gore ».

Dans les dernières lignes de la postface, Ketchum se demande cependant si la véritable Sherry Moore Nance a été 100% honnête dans ses déclarations et il avoue que certains éléments récents le chiffonnent mais que cela ne change pas fondamentalement les raisons pour lesquelles il a tenu à écrire ce livre, à savoir dénoncer un système inique.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Thriller, #Histoire vraie

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Publié le 21 Février 2021

SANCTIONS! de Talion

Sous le pseudonyme de Talion se dissimule (très peu) une personnalité bien connue du cinéma et de la littérature « bis » ayant débuté par le fanzine Videotopsie avant de livrer quelques livres de référence comme GORE AUTOPSIE D’UNE COLLECTION ou BRUNO MATTEI – ITINERAIRES BIS. Le bonhomme, que l’on sait férocement critique envers le climat de politiquement correct actuel et de « bien pensance » généralisé a donc tiré profit de son expérience personnelle dans le milieu scolaire (sur lequel il a, également, beaucoup de – mauvaises – choses à dire) pour livrer son premier récit de fiction. Nous suivons ainsi un couple d’enseignants totalement frappés qui ont décidé d’infliger quelques sévères sanctions à une poignée d’élèves récalcitrants et autres petites frappes de cité. Inutile de dire que le lecteur va se délecter à lire les tortures sexuelles innommables (mais pas indescriptibles puisque Talion ne nous épargne aucun détails) vécues par nos adolescents.

Premier bouquin de cette nouvelle collection Karnage (qui succède à Gore et aux plus confidentiels Maniac, Apocalypse ou encore Trash), il était logique de confier ce démarrage à un admirateur inconditionnel de « Gore » et Talion s’est permis toutes les outrances. Le romancier propose un roman pour adultes avertis, au contenu très explicite, qui mélange horreur, gore et pornographie. Il synthétise ainsi les différents sillons jadis labourés par les principaux pourvoyeurs français du gore : le côté sexe et sang (ou BLOOD SEX) de Charles Necrorian, l’aspect plus social véhiculé par Corsélien (on note une référence au chef d’œuvre de ce-dernier, LE BRUIT CRISSANT DU RASOIR SUR LES OS) et une touche d’humour noir rappelant les bouquins plus légers et référentiels d’Eric Vertueil (LES HORREURS DE SOPHIE, SANG FRAIS POUR LE TROYEN, etc.).

En 150 pages bien tassées, Talion dispense un véritable cauchemar de sang et multiplie les meurtres, les mutilations et autres supplices. Sans oublier une suite de scènes carrément pornos qui ne lésinent pas sur le sado-masochisme, l’urologie, la scatologie, etc. Bref, ça charcle, c’est parfois franchement dégueulasse (mais c’est voulu), c’est complètement extrême et traversé de quelques clins d’œil à divers « classiques » du cinéma bis italien (comme le signale un protagoniste on parle beaucoup d’holocauste et de cannibales) comme « Pulsions cannibales », « Holocauste Nazi », « Blue Holocaust », « Cannibal Holocaust », « Porno Holocaust », etc.

Avec ce titre, la collection Karnage débute très fort et on se demande comment les successeurs de Talion pourront faire mieux (ou pire). Pour les nostalgiques de la littérature « de gare » et « de gore » des années ’80, SANCTIONS ! fait figure d’incontournable. Par contre pour ceux qui pensent que l’horreur se limite à Stephen King ou l’érotisme à CINQUANTE NUANCES DE GREY, le choc risque d’être violent ! Un des bouquins les plus « jusqu’au boutiste » publié depuis longtemps, sorte de rencontre entre un AMERICAN PSYCHO et les 120 JOURS DE SODOME qui se déroulerait sur un lit souillé de merde, de foutre et de sang.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Erotique, #Gore, #Horreur, #Roman court (novella), #Karnage, #Splatterpunk

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Publié le 19 Février 2021

LES ENFANTS DU DIABLE de Don A. Seabury et Terence Corman

Troisième tome de la saga initiée par l’éditeur Media 1000 dans sa collection Apocalypse avec, derrière le pseudo collectif de Don A. Seabury et Terence Corman une poignée d’auteurs bien connus de l’imaginaire francophone : Michel Pagel, Michel Honaker et Richard D. Nolane en guise de réviseur pour ce troisième tome (et auteur complet du premier).

Sorti en septembre 1987, LES ENFANTS DU DIABLE se conforme à ce qu’on attend de cette collection populaire qui s’inspire à la fois des romans post-apocalyptiques pulp (comme la collection du SURVIVANT chez Gérard De Villiers) et du gore alors vendeur via la série dédiée chez Gore. L’intrigue n’innove pas vraiment et se contente de reprendre les aventures de Russ Norton, aventurier baroudeur n’ayant plus rien à perdre mais accomplissant des missions suicides dans le but de sauver son fils dont la maladie nécessite des soins couteux. Car l’humanité s’est effondrée, l’apocalypse a eu lieu et les régions dévastées sont, à présent, hantées par des sortes de mutants. Dans ce monde à la « Mad Max » la seule règle est la survie du plus apte et surtout du plus fort. Russ Norton, héros pur et dur qui rappelle un peu le Snake de « New York 1997 » se charge donc de rétablir un minimum de justice en affrontant sans relâche le terrible Terminateur.

Une pincée d’érotisme, beaucoup de violences sanglantes, quelques descriptions peu ragoutantes (arrachage de zigounette à coups de dents), un climat digne des meilleurs (ou des pires) films post-nuke italiens, entre « Les Nouveaux Barbares » et « Les Exterminateurs de l’an 3000 », LES ENFANTS DU DIABLE n’a pas de prétentions littéraires mais cherche simplement à divertir son lecteur pendant 2 ou 3 heures. Pari gagné pour ce bouquin plaisant et rondement mené.

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Publié le 16 Février 2021

LA SEPTIEME ETOILE (Les Chroniques pourpres tome 2) d'Alexandre Malagoli

Sans être très subtil ni original, SORCELAME constituait un divertissement de fantasy « young adult » plutôt plaisant. La suite reprend où le premier tome s’achevait mais sans parvenir à susciter le même enthousiasme (relatif). Nous sommes dans une intrigue balisée, très « old school » et jeu de rôle, avec sa petite compagnie de héros (l’élu d’une prophétie, un Troll, un magicien, une princesse,…) en route vers la ville de tous les vices, non pas Las Vegas mais bien Farnesa où chacun doit accomplir une tâche bien précise. A cela s’ajoute le classique réveil de la grande sorcière maléfique, les manipulations politiques, la révolte du camp du « bien » républicain contre les Rois, les chefs religieux mal intentionnés, l’épée magique, etc. Nous avons même quelques protagonistes tout droits tirés d’un antique « livre dont vous êtes le héros » à la manière des Templiers du Chaos ! Ne manque que les jets de dés !

L’ensemble avance donc de manière très linéaire, en laissant quelques interrogations en suspens pour maintenir l’intérêt (avec surtout un mystère sur l’identité de l’élu ici dénommé Ost-Hedan), au gré des pérégrinations des personnages qui se posent l’une ou l’autre questions vaguement philosophiques que l’on pourrait résumer par « La fin justifie-t’elle les moyens » ? » ou « tuer les méchants c’est pas vraiment mal, non ? ». Rendez-vous à l’examen de philo, vous avez deux heures.

Bref, LA SEPTIEME ETOILE peine à intéresser le lecteur même si on reste objectivement dans la « moyenne ». Le style est classique, pour ne pas dire facile, le vocabulaire pas toujours recherché (le monde est à peine esquissé), les dialogues sans grand intérêt, les péripéties attendues,…beaucoup de bémols mais le roman est, heureusement, court et raisonnablement rythmé. Un public adolescent peu exigeant et féru de jeux de rôle pourra probablement y trouver son compte mais, pour la majorité des lecteurs, l’ensemble risque d’être peu engageant. Bien évidemment, ne chargeons pas trop la mule, « il y a pire » et le roman se lit sans vrai déplaisir. Hélas, ce qui pouvait passer à une époque où le genre devait de contenter de quelques parutions par an et que l’amateur désespérait d’obtenir sa ration de High Fantasy parait anachronique aujourd’hui. Alors que le nombre effarant de sorties dans le domaine de la « grosse Fantasy épique avec prophéties et combats qui plaisent aux ados », ne cesse d’augmenter se contenter d’un bouquin juste « moyen » est-il raisonnable ? Surtout qu’il faudrait, pour connaitre la fin de l’histoire, se farcir encore un tome et qu’à l’issue de ce deuxième volet rien ne motive vraiment à poursuivre la saga…On en restera donc là pour ces « Chroniques pourpres » bien décevantes.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Aventures, #Fantasy, #Jeunesse

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Publié le 14 Février 2021

LES MEMOIRES DE L'HOMME ELEPHANT de Xavier Mauméjean

Pour son premier roman, Xavier Mauméjean nous propose de découvrir les mémoires (fictives) de John Merrick, plus connu dans l’inconscient collectif comme Elephant Man. Merrick a quitté l’univers des fêtes foraines où il était exhibé en tant que « monstre » pour mener une existence éloignée de la populace sous la surveillance du docteur Treves. Il vit ainsi dans l’hopital de Whitechapel et exerce les fonctions de « détective consultant ». Tout comme Sherlock Holmes il pourrait rédiger une monographie sur les cendres de cigares et n’a besoin que de son esprit affuté pour démasquer les criminels retors qui hantent Londres à la fin du XIXème siècle. Durant la dernière année de vie de Merrick, ce-dernier va ainsi résoudre quatre affaires criminelles, une par saison, tandis que sa personnalité semble se dissoudre pour laisser place à une entité plus puissante, la divinité Ganesha autrement dit le Dieu Elephant. Voici qui ajoute un côté fantastique, réel ou fantasmé, et une trame plus universelle dans un récit sinon proche des standards du « détective en fauteuil ».

Le récit alterne donc des passages d’une lecture aisée, proches du policier « classique », avec d’autres beaucoup, plus complexes et exigeants, qui n’hésitent pas à se montrer philosophiques ou poétiques. Le roman comprend aussi de nombreuses références historiques ou cinéphiliques (certaines évidentes comme cet accident de grossesse ayant causé la difformité du héros qui provient directement du film de David Lynch...et qui en réalité est issue de la véritable biographie de Merrick! ) et d’autres plus littéraires ou religieuses, en particuliers avec la mythologie liée à Ganesha.

Le roman demande par conséquent une certaine attention, nous ne sommes pas dans le « easy reading », il y a des notions historiques, politiques, etc. qui exigent du lecteur une réelle implication. Le style se montre, lui-aussi, de haut niveau, avec des phrases travaillées, un vocabulaire précis et parfois peu usité,…Mauméjean a toujours démontré ses talents formels et, dès ce premier roman, il s’impose comme un styliste doué qui propose une œuvre policée et de grande qualité.

Bien sûr, le livre peut, pour certains, avoir les défauts de ses qualités : ceux qui en attendent un simple décalque de Sherlock Holmes avec John Merrick pour héros (ou un texte proche du steampunk pour simplifier) risquent d’être décontenancés par les digressions de l’auteur ou parfois perdus dans les méandres de sa pensée. Mais, en dépit de passages ardus, LES MEMOIRES DE L’HOMME ELEPHANT reste un roman réussi, convaincant, qui embrasse plusieurs genres : le policier, le fantastique, l’histoire, l’essai « philosophique » et théologique même…bref, une lecture intelligente mais cependant divertissante et suffisamment marquante pour mériter l’investissement nécessaire à sa bonne compréhension. Recommandé.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Fantastique, #Historique, #Policier

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